Light Asylum lève le voile sur un nouvel album

Peu de groupes peuvent se targuer d'avoir le statut de 'groupe culte', mais c'est clairement le cas pour Light Asylum. Emmené par la voix énigmatique de Sharon Funchess, le projet basé à Portland, dans l'Oregon, a secoué le petit monde de la musique…

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Ora Cogan
Bernard Dagnies

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dimanche, 07 novembre 2021 11:30

Projector

Dan Carey, responsable de la mise en forme de l’album de Black Midi, « Schlagenheim », a produit le premier elpee de Geese, un quintet new-yorkais réunissant des musicos qui n’ont pas encore 20 ans. On devait donc s’attendre à un opus qui évolue dans un registre underground. Et c’est le cas, même si « Projector » n’est pas aussi tordu que celui du band insulaire. Ce qui ne l’empêche pas, tout au long de cet opus, d’expérimenter. 

Dans la musique de Geese, on rencontre des riffs de guitares –dispensés par Gus Green et Foster Hudson– qui s’entrecroisent, des variations ainsi que des ruptures de tempo, des fluctuations de feeling, des explosions et des implosions inattendues, sans oublier la voix de baryton, tour à tour emphatique ou éclatante de Cameron Winter, qui rappelle parfois Julian Casablancas (The Strokes) ou Paul Smith (Maxïmo Park). Même que parfois l’ombre de ces deux formations se met à rôder. Plus accessible que celle du combo londonien, la musique de Geese reste quand même complexe, se nourrissant de post punk (Squid, Parquet Courts), de punk/funk (Radio 4, !!!), de funky new wave (Talking Heads) et aussi de de néo prog (The Mars Volta) ; mais aussi et bien sûr, en général, de pop et de rock. 


 
dimanche, 07 novembre 2021 11:49

The myth of the happily ever after

Si l’album « A celebration of ending », paru en 2020, se voulait optimiste, « The myth of the happily ever after » se révèle plutôt sombre, traitant de sujets aussi brûlants que la religion ou les problèmes sociaux et personnels rencontrés au cours de l’existence. « Unknown male 01 » aborde même le sujet du suicide chez les hommes. Ce qui ne signifie pas que cet opus soit déprimant ; en fait, il traduit plutôt un sentiment de colère. Simon Neil, le chanteur, a même déclaré que les chansons constituaient une réponse émotionnelle à la tourmente vécue ces 18 derniers mois. Des compos qui oscillent, en général, entre post-hardcore, alt et pop rock. D’ailleurs, la ballade « Holy water » se mue en valse avant de s’enflammer, alors qu’enflammé, « Denier » prend le temps de souffler lors des refrains, en optant pour la valse.

On épinglera encore le solennel « DumDum » qui ouvre le bal (?!?!?), l’épique « A hunger in your haunt » et l’hymnique « Haru Urara » qui véhicule quelques accents jazzyfiants. Mais surtout le plus étonnant « Slurpy, slurpy, sleep, sleep ». D’une durée de 6 minutes, cette plage se distingue par ses changements incessants de tempo, épousant même, sans peut-être le vouloir, un profil néo prog. On a même droit à des accès post punk (cette ligne de basse) sur « Separate missions », une plage infiltrée de synthés à coloration eighties…


 
dimanche, 07 novembre 2021 11:27

I don’t live here anymore

Si à l’origine, la musique de The War on Drugs était souvent comparée à celle de Spacemen 3, au fil du temps elle s’est étoilée (NDR : le band est issu de Philadelphie), en épousant une forme plus américaine, mais dans l’esprit de Bruce Springsteen voire de Bob Dylan. Des références qu’on retrouve sur le dernier opus, mais en fin de parcours (« Old skin », « Rings around my father’s eyes »).

« I don’t live here anymore » constitue son cinquième elpee, un disque coproduit par Shawn Everett et Adam Granduciel, le leader et chanteur/guitariste de la formation. Et il faut reconnaître que la mise en forme est particulièrement soignée. Résultat des courses, les compos sont sculptées dans une forme de soft/classic rock qui devrait flatter l’oreille de tout mélomane lambda. Donc très susceptibles d’être diffusées sur la bande FM. Les sonorités de gratte sont cristallines ou gémissantes, vintage, les claviers fluctuent entre synthés eighties (New Musik ?) et orgue sixties bien rogné. Et puis, métronomique, le tempo est imprimé par une section rythmique basse/drums très soudée. Quant aux lyrics, ils soulèvent un questionnement sur le changement et le destin. Enfin, accrocheuses, les mélodies réverbèrent des échos empruntés à Deacon Blue, la voix de Granduciel rappelant même quelquefois celle de Ricky Ross. La formation s’autorise pourtant une plage plus électro au rythme frénétique, « Victim ». Une frénésie qui s’arrête là. Car en cherchant la perfection à tout prix, The War on Drugs a gommé toute aspérité créative. Et ce n’est pas la participation du duo indie pop Lucius au titre maître qui change quoi que ce soit au climat général de cet album. Dommage !


 
dimanche, 07 novembre 2021 11:26

9

Si à l’origine, Pond était considéré comme un groupe de rock psychédélique, il semble de plus en plus perdre son identité rock, pour embrasser un format plus électro/pop, voire disco, parfois glam, quand même. Une démarche qui ressemble fort à celle entreprise par Tame Impala, depuis deux elpees. Et Tame Impala, parlons-en, puisque Pond compte en son sein, un ex-membre Nick Allbrook et Jay Watson, qui y est toujours impliqué.

Pour la première fois depuis longtemps, le groupe australien n’a pas fait appel au producteur /mixeur Kevin Parker pour mettre en forme ce nouvel opus, le quintet ayant privilégié l’autoproduction.

En se servant de synthés analogiques, de chœurs et de lignes de basse pulsantes, le combo cherche à démontrer que le psychédélisme est multi-facettes. En outre, la reverb dans la voix de Nick ajoute un effet ondulatoire à l’expression sonore. Encore que sur l’ensoleillé « Rambo », elle emprunte un falsetto réminiscent de Brett Anderson (Suede).

Particulièrement indus, "Pink Lunettes" s'inspire ouvertement de Suicide et de Cabaret Voltaire. Morceau final, « Toast », est subtilement tartiné d’orchestrations symphoniques. Seul « Gold Cup/Plastic » revient quelque peu aux prémices du combo, les interventions carillonnantes à la guitare (une Rickenbacker ?), renforçant cette impression.

Un album (NDR : le neuvième, vous vous en doutez) bien dans l’air du temps, mais qui ne convainc pas votre serviteur…


 
dimanche, 31 octobre 2021 17:07

Midnight Oil, bien avant la COP 26…

Nous sommes en pleine COP 26 et plus qu’un beau discours, le nouveau clip de Midnight Oil résume en un peu plus de 5’ les catastrophes engendrées par le dérèglement climatique. Impressionnant ! Il s’agit également du tout nouveau single du groupe australien. Sans compromis, "Rising Seas" ajoute la voix unique du groupe à celle de milliards d'autres personnes dans le monde qui cherchent un avenir sûr, habitable et équitable pour notre planète.

Midnight Oil fait campagne pour la justice sociale et environnementale depuis 1978. La musique et les actions sans du groupe ont inspiré des générations de militants dans leurs campagnes pour un monde meilleur.

Et comme le morceau est excellent, martelé sur les ondes, il pourrait servir d’hymne à ce combat pour la survie de notre planète…

Le clip est disponible là

 


 
dimanche, 31 octobre 2021 17:03

Un sorcier appelé Eels…

« Extreme Witchcraft », le nouvel album d’Eels sortira le 28 janvier 2022. Mark Oliver Everett, alias E, a mis en forme le disque en compagnie du producteur et guitariste de PJ Harvey, John Parish, leur dernière collaboration remontant à « Souljacker », paru en 2001. Deux singles ont déjà été extraits de ce long playing. Tout d’abord « Good Night On Earth » (en écoute ici) ; puis le tout dernier « Steam engine », doublé d’un clip vidéo, disponible là

 


 
dimanche, 31 octobre 2021 17:02

Dan Sartain, lève-toi et marche !

Quelques mois avant son décès, le 20 mars 2021, Dan Sartan avait terminé les sessions d’enregistrement d’un nouvel album. À la demande de la famille de Dan, sa femme et sa fille, Il paraîtra ce 26 novembre 2021, et s’intitulera « Arise, Dan Sartain, Arise ».

La totalité des bénéfices de cette sortie, tant la part des artistes que celle de la maison de disques, sera versée à un fonds d'affectation spéciale pour la jeune fille de Dan.

Au cours des dernières années, Dan Sartain a beaucoup expérimenté, que ce soit à travers les sonorités de gratte des 50’s, l’électronique, comme sur "Dudesblood" et son dernier opus, "Century Plaza", en 2016, qui incorporait des synthés grinçants et des boîtes à rythmes rappelant Suicide et Depeche Mode.

https://joindansartain.bandcamp.com/album/arise-dan-sartain-arise-2


 
dimanche, 31 octobre 2021 17:00

Un Spoon d’enfer !

« Lucifer on the Sofa », le nouvel opus de Spoon sortira le 11 février 2022. Il a été coproduit par le groupe et Mark Rankin (Florence & The Machine, Bloc Party, Frank Carter & The Rattlesnakes, Queens of the Stone Age) et a bénéficié des contributions de Dave Fridmann et Justin Raisen.

Ce sera le 10ème elpee du groupe texan qui a déclaré qu’il s’agissait de l’album le plus rock’n’roll qu’il ait enregistré à ce jour. Le leader Britt Daniel a même ajouté : ‘C'est le son du rock classique tel qu'il a été écrit par un type qui n'a jamais compris Eric Clapton’.

Son premier single issu de cet LP, "The Hardest Cut", est accompagné de la vidéo, qui met en scène Spoon lors d’une fête étrange. Pour découvrir la vidéo, c’est ici

 


 
dimanche, 31 octobre 2021 16:48

Le comeback de Russ Rankin en solitaire…

Neuf longues années que Russ Rankin, le chanteur de Goog Riddance, n’avait plus gravé d’album solo. Il est donc de retour pour un elpee qui sortira ce 28 janvier 2022.

Santa Cruz. Sans aucun doute, Russ Rankin a été l'un des frontmen les plus influents du punk de ces 30 dernières années. Avec Good Riddance et de nombreux autres projets, il a contribué à l'agenda de la scène punk mondiale.

Sur ses albums personnels, Rankin aborde des sujets sociaux et politiques, ainsi que certains thèmes existentiels comme l’amour ou la perte d’un être cher. Avec l'habileté de l'expérience et une honnêteté sans faille, ses chansons cherchent à comprendre la tourmente introspective de la condition humaine, tout en cherchant à défendre le meilleur de nous-mêmes.

En attendant la parution de "Come Together, Fall Apart", le single intitulé "Babel" sera disponible ce 3 novembre 2021.

https://www.facebook.com/RussRankinMusic


 
dimanche, 31 octobre 2021 16:46

Un poison mortel pour Nesles…

« Arsenic », c’est le titre du nouvel elpee de Nesles qui sortira ce 5 novembre 2021. Après l’organique et flamboyant « Permafrost », « Arsenic » dévoile une autre facette de son auteur.

Réalisé une nouvelle fois par Alain Cluzeau, « Arsenic » creuse plus profond encore le sillon qu’avait commencé à sonder Permafrost. En explorant les recoins de sonorités rock ou folk échouées sur les rives électroniques, Arsenic fait le choix de ne pas choisir. Entre l’organique et le numérique. Entre le jour et la nuit. Entre la terre et le ciel. Les participations de Matt Swanson (Lambchop), d’Armelle Pioline (Superbravo) ou d’une chorale d’enfants parachèvent l’échafaudage subtil d’un édifice sonore en clair-obscur.

Dans un dernier paradoxe, l’album dévoile d’ailleurs, sous ses sombres atmosphères, une énergie, une soif de vivre, un élan qui jaillit au coeur des cendres.

Le clip de « Pégase » est disponible là