L’aurore de Lathe of Heaven…

Issu de Brooklyn, Lathe of Heaven sortira son nouvel elpee « Aurora », le 29 août. Né d’un processus d'improvisation, cet opus est propulsif, captivant et structuré, abordant des thèmes lourds et incorporant des influences littéraires. En attendant, la…

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Paddang à la poursuite des fantômes…

Paddang est un trio de rock psyché formé en 2020 à Toulouse. Osees et King Crimson à fond dans lʼautoradio et un nom de groupe inspiré d'un spot de surf en Indonésie, Paddang file à toute berzingue dans une épopée cosmique. Les trois voix dictent le ton et…

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Hooverphonic
Grégory Escouflaire

Grégory Escouflaire

vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Our Endless Numbered Days

Une guitare et une voix suffisent parfois pour que notre cœur chavire. Iron & Wine, alias Sam Beam, ne s’embarrasse pas d’autre chose, et sa musique sonne comme l’éternel. Après « The Creek Drank The Craddle » (2002) et un EP essentiel (« The Sea And The Rhythm »), ce deuxième album envoûte par sa désarmante simplicité, qui touche en plein mille. La guitare acoustique fait ici des merveilles, son équilibre instable nous renvoyant finalement à notre condition d’être humain fragile et rongé par le doute. Sam Beam joue de la country-folk en toute honnêteté ; et c’est tellement beau qu’on a envie de pleurer. Parfois, un banjo, la voix douce d’une fille délicate, enjolivent encore ces douze chansons d’une splendeur bucolique. Sans forcer le trait, par touches impressionnistes, Sam Beam et son folk céleste nous font voir un bout de paradis. Sur terre existent de vrais tisseurs de rêve, qui n’ont besoin que d’une guitare pour accomplir leur gracieuse mission. Buvez ces notes jusqu’à la lie, elles sont jouées pour vous.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Penance Soiree

Méchante claque que ce disque. Du proto-punk lorgnant dangereusement vers le prog, à la limite d’un Suicide version nu-metal. Joe Cardamone hurle d’une voix démente à la Iggy période Stooges. Sans cesse au bord d’un gouffre au fond duquel ne subsiste aucun espoir, la rythmique ne laisse aucune chance au pauvre sourd d’oreille en mal de sensations fortes. Vous voulez un truc qui arrache la tête, vrille les tympans et fait l’effet d’un rasoir coupant vos artères ? Ces types sont là pour vous servir. Ca sent l’angoisse. Ca fout les boules. Bizarre, cette sensation d’hypnose salace qui vous prend à la gorge dès le morceau d’ouverture. En plein milieu, des décharges plombées, qui vous tordent la colonne vertébrale de leurs riffs lancinants : un triptyque cradingue et psychopathe (« Kiss Like Lizards », « Getting Bright At Night », « Big Sleep ») à l’écoute duquel on ne ressort pas indemne. Comme une drogue dure, sans extase ni empathie. Juste l’impression d’être en plein trip mescaline, sans la certitude d’un jour revoir la lumière. Glauque. The Icarus Line est un groupe de jeunes décervelés (23 ans en moyenne) qui n’ont pas grand chose à voir avec leurs collègues de NYC (The Strokes, Interpol,…) ou de Detroit. Ici on vit le rock’n’roll comme une descente aux enfers. Faut s’accrocher, même si ça doit passer par une migraine ou quelques ecchymoses. Au final, on est sûr d’avoir survécu au pire. On n’a plus peur de rien. On est prêt pour le déluge.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

The Exorcist

Elizabeth Sharp ne devait pas avoir la pêche lors de l’enregistrement de cet album : à l’entendre ruminer des « Junkie Go Home » d’un ton nonchalant sur fond de guitares crapoteuses, on l’imagine bien la tignasse en bataille, la bouche pâteuse et les ongles noirs de crasse, à se moucher le pif entre deux prises, avec l’ingé son comme souffre-douleur. C’est bien indie tout ça, même si ce son bien crade ne donne pas envie d’aller plus loin dans l’écoute. Désolé pour les fans de Scout Niblett, les nostalgiques du grunge voire les révisionnistes no-wave : Ill Ease, c’est plutôt bof. Et même pas sale et méchant, en fin de compte. Juste bon pour choquer le bourgeois, celui pour qui Sonic Youth c’est du bruit et le rock, de toute manière, de la musique de dépravés. Tant qu’à se prendre une vraie claque, mieux vaut écouter Peaches… Les ceintures-godemichets, c’est quand même plus marrant que d’écouter une harpie chanter des trucs sur l’enfer, la drogue, la haine et l’Exorciste. M’en vais te lâcher une grosse quiche en pleine poire, moi !
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Hidden Between Sleeves

Cet album aurait pu être parfait : à vrai dire on s’y perdait presque dans ses atmosphères fantomatiques et ses nappes sépulcrales, s’il n’y avait pas eu cette voix. Une voix qui pourtant joue la timide sur « The Most Dangerous Part », le titre d’ouverture, gênée de bousculer ces bleeps à la White Birch et ses notes suspendues comme chez Sigur Ros. Sans doute qu’il lui fallait un certain temps d’acclimatation : juste une chanson, avant de se racler la gorge sur « Shave The Gong » et d’émettre une vilaine plainte. Le genre d’emphase rocailleuse qui vous casse une ambiance : on pensait continuer dans la douceur à la Pulseprogramming, on se coltine du postcore genre Aereogramme. Heureusement, le type au micro (Rocky Votolato, frère de Cody des Blood Brothers… Tout un programme) la boucle trois minutes, de quoi nous laisser en paix avec nos démons et cette musique qui reprend des accents liturgiques (les violons « glassiens » de « The Bumper… », la BO parfaite de nos rêves les plus magiques). On évitera de reparler des titres chantés (qui a dit les Manic Street Preachers ?) pour se concentrer sur les instrumentaux : du post-rock/folk de haute tenue, qui marie la gravité des cordes (Constellation) à l’ardeur des guitares (Mogwai), la finesse des touches d’ivoire (Wim Mertens) au titillement précis des bleeps électroniques (Third Eyed Foundation). D’Immense on retiendra donc l’écrin somptueux, mais pas les tentatives vocales. Dommage pour eux, dommage pour nous.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Hobo Sunrise

Une batterie scabreuse prend d’assaut nos tympans, avant qu’explose un riff retors qui nous terrasse pour de bon, et qu’un cri guttural nous achève d’un coup sec : dans un dernier soubresaut apparaît l’ange de la mort, qui nous oblige, dernier supplice, à écouter The Hunches. Antichambre de l’enfer : le son est vicieux, la voix écorchée, la rythmique satanique. Du ‘black garage’ ? A côté, les fous furieux d’Eighties Matchbox B-Line Disaster passeraient presque pour des putains d’enfants de chœur. Bobby Beausoleil et ses trips mansoniens, c’est pareil : du pipi de chat. Kenneth Anger, pour son « Lucifer Rising », aurait dû faire appel à ces types de Detroit, The Hunches (pas des tapettes). Après un premier disque sorti en 2002 (« Yes. No. Shut It. »), ils reviennent au charbon ; et il tâche méchamment ! Attention les oreilles : ce disque vous écrase le cortex comme une enclume jetée du haut d’une montagne. Parfois le climat se calme (« Nosedive », du Jesus & Mary Chain en un peu plus couillu, « Two Ghosts », genre The Ponys, leurs potes de label), mais jamais très longtemps… Mieux vaut donc rester sur ses gardes, parce qu’avec ces types personne n’est à l’abri (d’un violent coma, d’une crise d’acouphène, d’un massacre à la Ted Bundy). Pas glop !
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Tant de belles choses

Ce qui est bien chez Françoise Hardy, c’est qu’elle a l’air douce et gentille : elle ne nous force pas à mettre un (son) nouveau disque tous les ans sous le sapin. Elle prend son temps, accorde peu d’interviews. Ce qui nous permet de ne jamais nous lasser de sa voix fragile mais si réconfortante. Ainsi, madame Dutronc, tous les quatre ans environ, sort du bois et nous offre un nouveau disque. C’est devenu presque une petite habitude, un rendez-vous immanquable, qui nous fait plaisir, un peu comme quand on n’a plus vu quelqu’un depuis longtemps même si on pense souvent à lui… Après « Clair Obscur » sorti en 2000, Françoise Hardy nous revient donc à pas de loups (ou plutôt à pas de louve), pour nous bercer encore une fois de ses mélodies douces-amères, au charme insistant, qui nous font dire qu’avec l’âge Françoise Hardy nous émeut de plus en plus, un peu comme une bonne bouteille de vin qu’on aurait laissé à la cave pendant plusieurs années avant de la boire religieusement. Mais ce qui frappe sur ce disque, c’est qu’on a l’impression que Françoise Hardy s’est fait à l’idée que plus rien ne sert de courir, et que chanter est vraiment devenu pour elle un plaisir pur et simple, dont elle nous fait cadeau sans demander son reste. Les sixties maintenant sont bien loin, Françoise Hardy ne chante plus la jeunesse éternelle, mais elle chante ce qu’elle éprouve au jour le jour, ses petites angoisses du temps qui passe, et c’est ça qui rend ce nouveau disque si attachant et si personnel…. Françoise Hardy se moque bien des tendances, même si sur cet album elle a fait appel à de jeunes auteurs en vogue comme Benjamin Biolay, ou les Anglais Perry Blake et Ben Christophers…. Au final, « Tant de belles choses » porte bien son titre, puisque les douze chansons ici présentes s’avèrent toutes (justement) d’une beauté rassurante. Dans ces conditions, comment lui dire Adieu ? Eh bien on ne lui dira pas, dans l’espoir qu’elle continue encore à nous offrir de si beaux disques le plus longtemps possible.

vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Elk-Lake Serenade

Il en va de notre assurance. Parce qu’écouter un disque pareil ne donne pas envie de taper dans les mains et de sourire à la vie. Depuis plusieurs albums, Hayden Desser s’évertue à conter des histoires qui n’ont rien de très amusant… D’autant que leur écrin musical hésite entre le folk autiste et la country suicidaire ; bref c’est dans la fange que nos oreilles baignent, jusqu’à la noyade. Ecouté en quatrième vitesse, on pourrait pourtant croire qu’Hayden s’est, au fil du temps, déridé. Fausse route : dans sa guitare il fait toujours aussi noir, et dans sa tête on n’y voit pas plus clair. Les cordes et les cuivres n’y changeront rien : les sérénades d’Hayden ne sont pas faites pour les slows, surtout en plein mariage. Au pire on pourrait les passer lors d’une veillée funéraire. De quoi plomber l’ambiance une fois pour toutes. Et ce n’est pas Julie Doiron, invitée aux chœurs sur " Roll Down That Wave ", qui arrangera nos bidons… Non : " Elk-Lake Serenade ", c’est vraiment pas la fête. Sur ce, je m’en vais aphoner un flacon de codéine.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

The Young Machines

Pauvre de lui ! C’est la première fois qu’un album de Marc Bianchi sort dignement chez nous, et c’est déjà son quatrième… Comment tel songwriter, à l’écriture si subtile et aérée, a-t-il pu rester coincé à l’embarcadère de l’aéroport d’Austin (Texas) pendant toutes ces années ? Pourquoi la douane l’aurait-elle prié d’ouvrir ses bagages, alors qu’à l’intérieur on y trouve de si belles mélodies ? Enfin des vacances pour cet orfèvre électro-pop, enfin du bon temps passé en notre compagnie. Tous ensemble autour d’un bon cocktail, on écoute les chansons qu’il nous a concoctées : ça commence plutôt bien avec « The Young Machines », instrumental rêveur où chantent les xylophones. On se ressert un verre avant « Tech Romance » et ses violons magiques : quel bonheur ! Très vite nos paupières deviennent lourdes… Quelqu’un aurait-il mis du Rohypnol dans notre Daïquiri ? Mais une décharge de guitares nous sort de cette douce léthargie (« My Girlfriend’s Boyfriend ») : autour de nous ça cause ruptures, divorce, tromperie,… Mieux vaut se rendormir et rêver d’amour, avec en sourdine le très beau « Girl Problem ». Comme c’est bizarre d’être toujours à la masse quand on parle de couples. C’est le cas de Marc Bianchi, qui trompe son malheur en sortant des albums. Tant mieux pour lui : sa pop mélancolique à la Postal Service peut servir de baume au cœur en cas de déprime. « The Luxury of Loneliness » ? Ouais, enfin, c’est lui qui le dit…
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Mississauga Goddam

Forcément, difficile de faire mieux que « The Smell Of Our Own », ce chef-d’œuvre de pop orchestrale : les Hidden Cameras, cette « chorale gay » emmenée par Joel Gibb (aucun lien avec les Bee Gees), avaient pondu un des disques majeurs de l’année dernière. Mais si ce nouvel opus est condamné à rester dans l’ombre de son mirobolant prédécesseur, il parvient quand même à nous émouvoir… En cause cette formule maintenant maîtrisée sur le bout des doigts par ces adeptes des « golden shower » (hum) : vocalises angéliques, lyrisme exacerbé, instrumentation arc-en-ciel, et ces mélodies si parfaites, qui donnent envie de courir nu dans la rue, une harpe à la main et des pâquerettes dans les cheveux. D’accord, l’effet de surprise n’est plus au rendez-vous, mais peu importe : si vous avez adoré « The Smell Of Our Own », vous aimerez « Mississauga Goddam »… Si Dieu existe, il est peut-être homo.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

A Sea As A Shore

Le label américain Secretly Canadian est sans aucun doute un des refuges les plus excentriques de l’alternatif pop-rock-folk US : de Windsor For The Derby à Jens Lenkman, on y croise d’authentiques fous à lier, tel cet Aaron Deer (membre de The Impossable Shapes et des John Wilkes Booze) qui s’est ici rebaptisé The Horns of Happiness… En fait un simple prétexte qui permet au bonhomme de se laisser aller aux délires les plus absurdes : folk psychédélique, country martienne, boogie décalé, rock troubadour,… Aaron Deer fait tout tout seul (guitares, banjo, piano, synthés, cuivres, machines,…), tel un docteur maboul et mégalo qui aurait mangé du peyotl avec ses céréales matinales. En 35 minutes, cet homme nous fait visiter les dédales obscurs de son cerveau dérangé : on y croise Wayne Coyne, des gros lapins blancs et Syd Barrett qui descend les poubelles. Faites sonner les clochettes et ramenez vos amis : plus on est (de) fou(s), plus on rit.
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