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Grégory Escouflaire

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jeudi, 29 novembre 2018 11:38

Being Kurtwood

Zucchini Drive, c’est l’alliance explosive entre le Flamand Tom de Geeter (aka Siaz) et le Suédois Marcus Graap, de Stacs of Stamina. Pour rappel, Siaz est l’un des MC’s des excellents Cavemen Speak (et de Gunporn), sans doute l’un des groupes de hip hop les plus inventifs de notre plat pays… et les moins médiatisés. Comptant déjà cinq albums à leur actif, les Cavemen Speak s’avèrent en fait les seuls représentants post-/avant-hop made in Belgium. En bref du rap à la Anticon, s’abreuvant aux sources de l’électronica et du post-rock, et dont le flow se veut le plus souvent acide et mitraillette, comme sous hélium. Pour cet album de Zucchini Drive, Siaz et Graap ont réussi à s’entourer d’une pléthore de producteurs de qualité : Alias (d’Anticon), Lord Grunge (de Grand Buffet), Markus Acher (de Notwist et Lali Puna), Styrofoam, Bernard Fleishmann,… Bref l’internationale de l’indietronica (Morr Music) et du hip hop de traverse, pour un disque saturé d’ambiances mélancoliques et éclectiques (bref un bon disque). Big up au titre produit par Alias, dont le sample de cordes et le beat suave rappellent le meilleur de DJ Shadow, et à Markus Acher, qui réussit à nous captiver malgré sa voix de chiot battu. Pour le reste c’est du rap plein de groove, même si les puristes trouvent sans doute l’exercice un peu trop intello. On pense donc à cLOUDDEAD, à Boom Bip, à 13 & God et à Cavemen Speak (forcément), et rappelons-le ‘c’est du Belge’ ou quasi. Comment se fait-il que ces types ne soient pas connus, c’est là le grand mystère… Parce qu’il faut bien l’admettre : leur hip-hop s’avère quand même bien plus subtil que celui du « district 1030 », ridicule à force de clichés. Big up, donc, et plutôt deux fois qu’une.

‘Ils n’ont peur de personne et ils vont vous botter le cul’ : un sacré titre d’album (le douzième), qui prêterait à sourire si le trio d’Hoboken ne venait pas de pondre un des disques de l’année, peut-être leur meilleur. 78 minutes, 15 morceaux, rien à jeter : à l’heure de la culture-kleenex un tel constat ne peut qu’imposer le respect, surtout quand on sait qu’Ira Kaplan, Georgia Hubley et James McNew ne sont pas nés de la dernière pluie. Il y a vingt ans que ça dure, et voilà qu’ils signent un disque d’une qualité, et d’une variété (NDR : !) exceptionnelles. Tout le spectre pop-rock y est passé en revue, comme si l’on assistait en direct à une leçon de musique, sans les clichés et les rodomontades trop souvent en vigueur. « Pass the Hatchet, I Think I’m Goodkind » inaugure le disque en misant sur le psychédélisme : gros son, voix calcinée, schéma répétitif. On se rappelle alors que le trio s’est amusé par le passé à reprendre du Sun Ra, et là tout devient limpide. Par contraste, « Beanbag Chair » louvoie du côté pur de la pop sautillante : rondouillards, les cuivres jouent à saute-mouton avec la basse, pour le coup bien mutine. On dirait du Ben Folds Five sans le côté collège : une pop-song comme on en rêve la nuit, et c’est pareil pour le titre suivant, « I Feel Like Going Home ». Georgia s’y réserve le chant. On my mind ? On lui dédicacerait nos nuits, et tout le reste, mais déjà le soleil pointe ses dards, ça groove (« Mr. Tough », soul à mort), c’est l’extase kinksienne (« Black Flowers »). Après le vaporeux « The Race Is On Again » (« For the Prize » ?), le Rhodes se chamaille aux percus, pour un trip sous acide entre Stereolab et les Silver Apples (« The Room Got Heavy »). « Sometimes I Don’t Get You » est une autre pop-song parfaite (ce falsetto rieur !), avant l’instru « Daphnia », une ode bucolique qui sonne comme du Rothko joué par Virginia Astley. Aaaargh ! Pas la peine de vous frotter les oreilles en signe d’hébétude : oui, ce disque est un sans-faute. Du garage-rock qui trépigne, du rock’n’roll à la Trashmen ? « I Should Have Known Better » et « Watch Out for Me Ronnie », jouissifs. A la fin, Yo La Tengo boucle la boucle, retourne au kosmische rock (« The Story of Yo La Tango ») et nous envoie pour de bon en orbite. Maximum bamboule !

mardi, 07 mars 2006 01:00

Intensive Care

« Here I stand victorious / The only man who made you come » : Robbie Williams is back, prêt à faire chialer les gonzesses de ballades de plus en plus subtiles. Subtiles, oui, parce qu’ici l’ex-Take That a choisi un très bon songwriter pour lui écrire des tubes : rien moins que le Stephen Duffy, l’ex-leader des Pale Fountains, inconnu des fans mais culte chez tout amateur de mélodies jolies. Si James Blunt ravalait sa salive de crooner midinette et exigeait qu’on lui refile pareil bras droit pour torcher ses scies de « Rock’mantique », imaginez comme la vie serait belle… Heureusement, Robbie Williams est là, et que celui qui n’a jamais apprécié un de ses hits nous jette la première pierre. Depuis plusieurs années maintenant, notre homme sait comment faire pour trousser de belles chansons FM : c’est déjà mieux que rien, même si personne n’ose vraiment le dire. Alors, on l’écrit : Robbie Williams, c’est l’antidote au snobisme. Même que « Ghosts », « Sin Sin Sin » et « Random Acts of Kindness », eh bien ça sonne comme du David Bowie, ou presque. Un Bowie eighties, façon « Let’s Dance » (au pire) et « Scary Monsters » (au mieux). Voire du Neil Tennant (Pet Shop Boys), et l’on se demande d’ailleurs si le Robbie, tiens…, ne serait pas un peu bi (« I’ll be your gay friend »). Qu’importe le lynchage, la vie sans lui au hit-parade apparaîtrait bien fade. Plus de slows à la « Advertising Space » pour emballer la fille qui pieute au bar, ni de refrains tubesques (au hasard, « Tripping ») pour ensuite lui montrer qu’on danse comme personne. Ah, sans Robbie, qu’est-ce que la vie serait monotone ! D’accord on exagère, mais lui aussi et c’est pour ça qu’on l’aime.

mardi, 31 octobre 2006 01:00

As Told On The Eve Of...

Lee Van Dowski et Quenum ne sont pas nés de la dernière guerre 'minimale'. Actifs dans le milieu techno depuis plusieurs années, ces deux Français (exilés en Suisse) ont déjà sorti pléthore de maxis 4x4 sur des labels comme Cadenza (le fameux « Orange Mistake » de Luciano et… Quenum), Mental Groove, Imploz, Num ou Pnuma, la nouvelle sous-division de Soma. Adeptes d’un groove ascétique qui préfère jouer sur les atmosphères plutôt que sur l’action, Lee Van Dowski et Quenum tiennent ainsi leurs promesses tout au long de ces onze titres d’obédience minimale. Pas question donc de bourrer dans le tas dès les premières secondes : le beat dévoile ici lentement son potentiel de frappe. 'Acide' rime presque avec 'placide'. Il faut attendre « Little Doll Chaos Pounce Upon Option Assault Reverberation », le cinquième morceau, pour envisager un petit détour du côté du dancefloor : les genoux crient sous le beat casaque, l’artère fémorale panique en pleine montée de nappes... Voilà le 'killer track' qui se faisait prier, et on ne l’a pas volé.

« Lust Part 1 » et « Ultimate Desert Ambassador » arrondissent le propos et nous offrent un pont deep goûtu, avant que le poumtchak ne revienne à l’attaque, lentement mais sûrement (« Lust Part 2 »). Ne serait-ce pas d’ailleurs l’adage qui sied le mieux à la tech minimale ? Si le début du disque rappelle le son spartiate des prods à la M_nus (« Vegas Nevada Shooter », « The Joint Echo »), la fin navigue davantage dans les eaux troubles de l’electronica. « Thomas Edison Invents The Lazy Dance » (?) et « Dune » rappellent ainsi les paysages bucoliques de Boards of Canada et les « Ambient Works » d’Aphex Twin, voire le terreau calciné dans lequel prennent racine les compos de Nathan Fake... Lee Van Dowski et Quenum peuvent donc s’estimer heureux : ils ont franchi le pas de l’album sans se prendre une gamelle sous la boule à facettes… Chez Soma il paraît que tout le monde a même retrouvé le sourire : ce n’était plus arrivé depuis la signature d’Alex Smoke. Eh oui les temps sont durs, il faut bien s’adapter à l’envie populaire. Minimale, quand tu nous tiens !

mardi, 19 septembre 2006 02:00

On The Jungle Floor

On découvrait Van Hunt il y a deux ans lors de la sortie d’un premier disque pétulant, mix élégiaque de soul, de funk, de pop et de r’n’b dans la lignée des grands crus de Prince et de D’Angelo. Produit par Bill Bottrell (Michael Jackson, Madonna, Sheryl Crow,…), le deuxième album de Van Hunt grossit le trait pour plaire au plus grand nombre. Tel un bonbon qui fond lentement dans la bouche, « On The Jungle Floor » réunit donc 16 titres qui font la part belle aux mélodies sucrées, à consommer fissa. « If I Take You Home » ouvre le bal, et déjà toutes les filles se pressent sur la piste de danse. Ne reste plus qu’à les cueillir, ouvertes, sur le groovy « Hot Stage Lights », en feignant de miauler comme un chat en chaleur (la voix, falsetto). Un « Girl, I wanna be your superman » dans l’oreille (« Daredevil, Baby »), et le tour est joué : elles se pâment, glissent sur les cordes, lovent leur bassin dans le creux de notre ventre offert. ‘Ride, Ride, Ride !!!’, crie-t-on en tirant une grosse langue comme Lenny Kravitz (le riff), avant de calmer nos ardeurs sur « Suspicion », « No Sense of Crime » (une cover des Stooges !) et le très « smooth » « Priest or Police ». « On The Jungle Floor » réveille en nous, mâles ou femelles, les démons de minuit : entre chien et loup, mieux vaut ne pas choisir et rugir de plaisir. C’est la jungle, baby, alors assure ton derrière : la nuit ne fait que commencer.

mardi, 31 octobre 2006 01:00

Going To Where The Tea Trees Are

Le Suédois Peter von Poehl n’est pas un inconnu pour ceux qui ont déjà jeté une oreille attentive aux disques de la galaxie Tricatel. Guitariste au sein du backing band qui accompagnait sur scène Burgalat, Chamfort et Houellebecq à la charnière des années 2000, von Poehl séduisait alors davantage les filles que les garçons par ses sourires et sa blondeur mirifiques. C’était pourtant sans compter sur le talent de songwriter de ce Scandinave émigré à Paris, qui préférera émigrer à Berlin que de rester au sein du groupe de Tricatel, bientôt rebaptisé A.S. Dragon. De cette époque à ce premier album, Peter von Poehl sera d’abord resté dans l’ombre de la production, pour son ami Florian Horvath, Doriand et l’ingénue Lio. Qu’il déboule ainsi sur le devant de la scène en tant que singer-songwriter n’étonnera donc personne, mais qu’il déboule avec un si bon disque, c’est une toute autre histoire.

Car « Going To Where… » ne s’embarrasse d’aucun détail superflu : 12 chansons d’à peine trois minutes chacune, où chaque note, chaque arpège, chaque instrument joue un rôle majeur (c'est-à-dire réfléchi) dans la quête mélodieuse de von Poehl. Voici donc le Graal 2006 catégorie pop-rock à fort potentiel commercial. Il serait sans doute vain de décrire toutes les admirables chansons qui composent cet album, du titre éponyme à ce « The Bell Tolls Five » cuivré comme une ballade militaire. Il suffit à von Poehl de mixer une guitare acoustique avec un sax et une flûte pour emballer un single pop à faire pleurer Brian Wilson (« Virgin Mountains »). De rajouter quelques cordes à une batterie câline pour sonner comme du Air vaporeux, du Neil Hannon en rien pompeux (« Travelers »). De faire péter la basse et les trompettes pour faire danser les filles, en un slow éthéré qui ne manque pas de groove (« Global Conspiracy »). De trouver le riff simple (mais funky) pour reléguer Das Pop au rang de boys band de pacotille (« Scorpion Grass »). De sortir encore de sa boîte magique un xylophone pour trousser le tube Mobistar en or (« The Story Of The Impossible », élégiaque). Et ainsi de suite…

Sans grands artifices - seulement beaucoup de talent, d’à-propos et de mélancolie - Peter von Poehl vient de signer un premier disque tout bonnement excellent. Taillé dans le même écrin que ces albums qu’on aime ou qu’on déteste parce qu’ils nous mettent à nu en même temps que leur auteur (ex : les premiers Tom McRae, Maximilien Hecker, Spain,…), « Going Where The Tea Trees Are » fait partie de ces disques de chevet qu’on aimerait partager. Si vous aimez la pop, faites confiance à ce type. Il vous le rendra bien.

mardi, 29 août 2006 03:00

Comes to Your House

« Play Loud » : le genre de sacerdoce rock’n’roll qui fait toujours du bien à lire, à l’heure où la musique ne doit surtout pas déranger, surtout en plein souper (la pochette). Pourtant, écouter Todd remplace au mieux le digestif après le dessert : plus besoin de déboucler posément sa ceinture, mieux vaut tout de suite sortir de table et aller pogoter dans le jardin, en piétinant les jonquilles et bastonnant les poules. Parce qu’écouter « Comes to Your House » de Todd, c’est comme revenir à l’état primal de l’espèce humaine : celui d’avant la parole (le chant, éructé), d’avant les politesses (les textes, sombres), d’avant la contrition (on se lâche, bordel). La civilisation ? On se pose la question. L’hygiène, la pureté, la sagesse ? « Amenez-moi un homme sain d’esprit et je vous le guérirai » (C.G. Jung). Une bonne cure de « Comes to Your House » devrait largement faire l’affaire. A taaable !

mardi, 26 septembre 2006 03:00

L.S.T.

Shogu Tokumaru n’a que 26 ans, mais sa musique est d’une maturité tout bonnement incroyable. Originaire de Tokyo, ce Géo Trouvetout de la pop schizophrène manie les instruments comme autant de jouets délirants, et c’est peu dire qu’on adore son univers, entre Cornelius, Animal Collective, The Pascals, The Books et l’exégète Brian Wilson. « L.S.T. », son deuxième album sorti au Japon en 2005, nous arrive enfin grâce à l’entremise du label parisien Active Suspension (Davide Balula, Domotic,…), et là on se met à genoux, on embrasse ces types sur la bouche et on verse une larme, voire deux, parce que ce disque est une véritable merveille. Mélange ludique et addictif de pop ensoleillée, de boucles facétieuses et de ritournelles acides pleines de tiroirs magiques, l’univers musical de Shugo Tokumaru nous donne envie de croire qu’au Japon le soleil ne fait que se lever, tout le temps, tellement ce « L.S.T. » se révèle un bonheur d’une intelligence rare. Dix chansons pop (etc.) aux couleurs chatoyantes, dix raisons d’apprendre le nippon pour reprendre en chœur ces non-refrains à l’euphorie naïve. C’est simple : « L.S.T. » est un petit chef-d’œuvre d’une demi-heure qui ne lasse jamais, tant chacune de ses compositions en révèle dix autres. Et au final on se retrouve avec cent disques en un. Ce disque serait-il l’antidote miracle à la neurasthénie ? La réponse se trouve dans son titre, à une lettre près.

mardi, 06 juin 2006 03:00

The Brave and The Bold

Quand on connaît la discographie respective de Will Oldham et des têtes chercheuses de Tortoise, forcément l’on salivait à l’annonce d’un disque composé en commun, même s’il s’agit de reprises. D’un côté l’un des apôtres de la scène néo-country, ex-fomenteur des divins Palace, de l’autre les parrains du post-rock, réunis pour la première fois sur un disque qui se devait d’être explosif… Mais au final, « The Brave and The Bold » se révèle décevant : alors qu’on s’attendait à un clash de titans, le résultat pèche par auto-complaisance. Où se terre donc la folie créatrice qui suinte tant des albums de Tortoise et de Bonnie ‘Prince’ Billy, qu’en est-il de l’ingéniosité qui parcoure l’essentiel de leur œuvre ? Une telle collaboration aurait dû enfanter d’un grand disque : à la place on s’ennuie à l’écoute de ces gentilles covers, jouées sans vigueur et sans chambardement. Seul le « Daniel » d’Elton John connaît un traitement atypique, tout en boucles et guitares diffractées… Pour le reste, c’est un bide (Devo, Richard Thompson, Minutemen, Melanie, Bruce Springsteen, Lungfish, Don Williams, Milton Nascimento, Quix*o*tic) : un comble pour Tortoise et Will Oldham, d’habitude plus fureteurs que glandeurs. Le début de la fin ?

mardi, 17 octobre 2006 03:00

The Headlight Serenade

Triosk est né en 2001. Cette formation australienne (un trio, tiens) tente vaillamment de subvertir les genres (ici le jazz et l’électro) en frictionnant vigoureusement sa colonne vertébrale. En médecine on parlerait de scoliose, ici d’expérimentation, voire d’improvisation, mais ça ne fait ni mal au dos, ni aux oreilles. Adrian Klumpkes (piano, synthés, samplers), Laurence Pike (batterie, percus) et Ban Waples (basse) n’ont donc pas peur d’envoyer valdinguer toute bienséance en matière de jeu (de chaises) musical(es) : ce n’est ni du jazz à papa, ni de la musique électronique, mais les deux à la fois (et plutôt deux fois qu’une). Après « Moment Returns » et « 1+3+1 » (NDR : Jan Jelinek y participait), leur troisième album marque une nouvelle avancée en termes de fusion électro-acoustique, et surtout de production. « The Headlight Serenade » creuse le vocabulaire imaginé par le groupe depuis sa formation : la batterie, la basse, le piano et les beats convolent joyeusement en noces, sans se tirer la couverture au moment de l’orgasme. Comme dans tous bons préliminaires les Australiens prennent d’abord leur temps pour installer l’ambiance, épinglant comme premier climax ce « Lazyboat » rêveur, à la texture idoine (cfr. Fennesz, Radian). Peu à peu les circonvolutions sonores prennent davantage d’ampleur, jusqu’au final épileptique de « Moment Returns » et de « Fear Survivor », qui porte bien son titre. La dynamique toute en boucles de Triosk laisse augurer un avenir serein pour les musiques dites ‘en marge’ : perdue au milieu de ces breaks rageurs et de ces notes suspendues (Keith Jarrett vs. Fridge ?), l’oreille se dilate et frétille à l’idée d’être ainsi malmenée. Pour rester aux abois, il faut de la tension. Et ce disque en regorge, de la plus belle manière.

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