Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

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Le cauchemar de This Will Destroy Your Ears…

This Will Destroy Your Ears verse dans le dark wave, puise son inspiration dans la noirceur des sons de l’Angleterre des années 80 tout en y mêlant des notes psyché accrocheuses et des salves soniques noisy. « Funland », son nouvel album, sortira le 10…

Miossec simplifie…

Miossec, le poète du Finistère, reprend la route avec "Simplifier", un album vibrant de…

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Grégory Escouflaire

Grégory Escouflaire

samedi, 31 décembre 2005 01:00

Black Mountain

Chez ses Pink Moutaintops, Stephen Gordon McBean se fendait d’un hommage à peine feint au rock des sixties, tendance psychédélique. Black Mountain c’est pareil, sauf qu’il passe au prog rock. Dès l’intro, des cuivres à la Roxy Music et de gros riffs ventripotents (Steely Dan ?) sèment vite fait la panique. Par-ci par-là des flûtes, des synthés, une batterie militaire et des chœurs défoncés se chamaillent pour jouer tous ensemble : on dirait du Fiery Furnaces version prog/acid folk. C’est une montagne, mais magique. Tout au-dessus, Stephen McBean cherche les tables : ‘Tu ne joueras pas de solo’, prévient l’une d’entre elles. Trop tard : le ciel est tombé sur sa tête, et le rock en est mort. Mission : retourner dans les années 70, et retrouver son ombre. On l’aurait vu picoler aux côtés des Chieftains et de Yes, jouer au poker avec ce vieux Neil Young. Ne reste plus qu’à attendre : bientôt, le revival Magma.
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Silent Alarm

Pour ceux qui n’auraient pas encore chopé le virus Bloc Party, qu’ils n’essaient même pas de se planquer chez eux en fermant toutes les portes à clé : il est déjà trop tard. Parce que Bloc Party est bien parti pour réitérer le carton plein effectué l’an passé par Franz Ferdinand. Ces quatre potes à la frange (post) punk (l’axe Wire-XTC-Cure) avaient déjà sorti un EP, « Banquet », comptant le tube du même nom, et deux autres singles (« Little Thoughts », non repris ici, et « Helicopter ») d’une puissance pop impressionnante. Il n’en fallut pas plus pour ériger ces Anglais en nouveaux porte-parole d’une jeunesse flamboyante, qui aime danser en boîte et pogoter dans les clubs de rock (ou vice-versa). Bloc Party incarne la synthèse moderne des beats glacés du disco et de la cold wave et de l’énergie incisive du rock à la Pixies. Un condensé d’humeurs a priori contradictoires, qui ici fonctionnent à plein tube (et il y en a plein, des tubes), sans que jamais ne pointe l’ombre d’un essoufflement. La grande différence chez Franz Ferdinand, c’est une autre sensibilité : plus féminine, plus romantique, plus posée (les ballades « This Modern Love », « So Here We Are »). Les Coldplay du post punk revival ? Même pas. Car si ces treize titres frémissent d’une émotion que certain taxeront de tiédeur (« Pfff, c’est quoi ces berceuses ? ! ? »), elle se trouve sans cesse ravivée par une rythmique proprement époustouflante (la basse et la batterie, hénaurmes). Bloc Party va sans aucun doute marquer cette année 2005 du sceau de l’hybridation pop et punk, slows et castagne, no et cold wave. Bref le passé, le présent et le futur, sur un seul disque. Et quel disque ! « Silent Alarm » est une vraie claque, à se taper en bloc. C’est bien parti pour Bloc Party : le jeu de mots est facile, mais il fallait le faire.
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Silent Alarm Remixed

Se faire remixer leur album entier par des musiciens de tous bords, voilà l’étrange idée qui a germé dans l’esprit des Anglais hype de Bloc Party. En général, les albums de remixes puent le coup marketing : si succès il y a, mieux vaut tirer bien fort sur la corde. Quelques mois seulement après le disque de la gloriole, Bloc Party se fend donc d’une autocélébration, et démontre par A+B que leur marque de fabrique équivaut bien au mix du rock et de l’électro, de la scène et du dancefloor. Pourquoi choisir alors de séparer ces deux faux frères, qui s’entendaient comme cul et chemise ? Une tentative vaine, parce que niant les composantes globales qui rendent le son de Bloc Party à la fois si groovy et abrasif, tendu et élastique. L’un pour l’autre au lieu de l’un dans l’autre. Certains invités parviennent toutefois à se distinguer, en s’éloignant bravement du squelette mélodique et rythmique d’origine. C’est le cas de M83, qui transforme « The Pioneers » en complainte synthétique, ambiance Badalamenti… Ou du remix de « Gasoline » par les rappeurs d’Automato, qui sonne quasi comme du Tiefschwarz. Mention plus que spéciale à Four Tet pour sa reprise krautrock du bouleversant « So Here We Are », et aux furieux Death From Above 1979, qui maltraitent le beau « Luno » de leurs riffs crasseux. N’empêche qu’il s’agit juste d’un exercice de style : amusant (parfois), mais loin d’être essentiel.
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Lost and Safe

Sur ce troisième album aux collages mortifères, Nick Zammuto et Paul De Jong fignolent encore un peu leur méthode de - pour emprunter un terme inventé par Burroughs et Gysin - de cut up… Des entrelacs de voix et de discours samplés, d’acoustique désincarnée et de bleeps surréels : chez The Books le coupage (en quatre) de bruits, de notes et de vocalises s’apparente peut-être à une méthode, mais à une méthode qui marche et qui émeut. Folk mutant aux dérives électro, la musique du duo joue au flipper avec nos certitudes : point de repères ici, la carte musicale s’efface pour laisser le champ libre à nos envies. Et à nos doutes aussi. Entre deux couches de sons volés et de nappes sans attaches, le cerveau réfléchit sans boussole : à lui de trouver du vécu, dans ce banjo qui braille, dans ces cordes qui vibrent, dans ces paroles qui fusent. Ni chant ni chansons tels qu’on se l’imagine, l’univers de The Books échappe à tout rangement hâtif dans les couloirs étroits et poussiéreux de notre discothèque. « Lost and Safe » est un disque presque ‘monde’, où l’oreille se promène et découvre sans cesse… Tout est dit dans le titre : à chacun de s’y perdre sans craindre pour sa peau.
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Libra

Il fût un temps où Toni Braxton captivait nos mirettes de ses courbes graciles. Sur l’écran de la télévision, elle nous guettait en murmurant de gentilles cochoncetés, telle une panthère aguicheuse à la cambrure affriolante. C’était le temps d’« Unbreak My Heart », belle scie r’n’b qui excitait l’entrejambe des mâles en quête de chair fraîche. Sur ce nouvel album, Toni Braxton continue à feuler : c’est ce qu’elle fait de mieux. Profonde, sa gorge déverse toujours son lot de mignardises FM, qui fondent dans l’oreille… Mais ne laissent aucune trace sur le pantalon. Rien de neuf donc sous le gilet tendu de la belle carnassière. On s’y sent bien, il y fait chaud, mais manque à l’appel de bons gros hits qui rassasient nos phéromones. Toni Braxton t’es bonne, mais ta musique de biatche caviar sent un peu la morue.
Petit homme prolixe et volubile, Conor Oberst sort deux albums d’un coup: l’un country-americana (« I’m Wide… »), l’autre électro-pop-new wave (« Digital… »). A son âge (une vingtaine d’années) c’est quasi un exploit, d’autant que dans les deux cas on peut a priori parler d’étonnante réussite. Si « Digital… » pêche parfois par nonchalance, « I’m Wide Awake… » impressionne par sa maturité : on pense à Bob Dylan en pleine goguenardise sixties, voire à un Will Oldham qui viendrait de muer, les culottes courtes rangées pour de bon dans le placard. Même Emmylou Harris, grande prêtresse country devant l’éternel, a répondu présente à l’appel : son chant si doux illumine l’écriture d’Oberst, sur trois titres de l’album. Jim James de My Morning Jacket s’occupe lui des chœurs sur « At The Bottom Of Everything » (chair de poule), et l’on prie pour que jamais ça ne s’arrête. La pedal steel et les cuivres ? Ils sont forcément là, et pas las : jamais chez Bright Eyes on ne s’ennuie, parce qu’Oberst vient de la pop et qu’il sait trousser d’impeccables gimmicks. C’est surtout décelable sur « Digital Ash… », son exercice new wave : avec des titres comme « Gold Mine Gutted » ou « Take It Easy (Love Nothing) », Conor Oberst joue son petit prince de la pop à synthés. Plus anecdotique parce que moins émouvant, « Digital Ash… » aurait sans doute pu faire un bon EP. Sur la longueur ça tanne, au contraire de son pendant country. Une question de goût sans doute, mais chez Bright Eyes y en a pour tout le monde. Vous en reprendrez bien une louche ?

samedi, 31 décembre 2005 01:00

Dents and Shells

Sixième album de Richard Buckner, et là on se dit que le bonhomme a enfin compris qu’il ne sert à rien de faire du bruit pour qu’on parle de lui. En mode mineur les guitares, profil bas le chant et les intonations, basse tension, Léon : avec « Dents & Shells », Buckner prend tout le monde par surprise, ah ah americana. Entouré de types pourtant dérangés du ciboulot (les Butthole Surfers et Bob Mould, entre autres), le songwriter déballe ses hantises country-rock sans trop jouer au tortionnaire de la pedal steel. « Steel » comme acier, sauf qu’ici la seule chose de trempée, c’est notre bonne humeur. Ridiculisée par les plumes et le goudron, elle s’est barrée la queue entre les jambes. Résultat : il n’y a plus personne pour écouter Buckner se plaindre, et c’est un peu dommage. Y a d’la joie, bonjour bonjour les hirondelles ? Pas de bol : ce salaud les a butées. Gageons que sans le printemps, on écoutera ce disque jusqu’à l’hiver. L’été ? Un truc d’indiens, pas de cow-boys. Et Buckner en est le plus beau des spécimens… Et le plus rare aussi. Vivement l’empaillement : sur la cheminée ça fera plein de jaloux.
samedi, 31 décembre 2005 01:00

August Born

Revoilà Ben Chasny, en congé de ses Six Organs of Admittance et Comets on Fire, en pleine forme dans son joli costume de chaman ‘revivaliste’. Accompagné pour la circonstance par le Japonais Hiroyuki Usui (aka L), batteur émérite de Marble Sheep et de Fushitsusha, et même de Ghost (première cuvée). Le concept d’August Born (ils sont tous les deux nés au mois d’août) : ‘tu parles le nippon, je parle anglais, l’Océan nous sépare, personne n’y comprend rien, mais faisons tout de même de la musique ensemble’. Autrement dit : laissons la place à l’improvisation, au hasard de l’interprétation, au montage parallèle. Au final ça donne ce disque, conçu grâce aux miracles d’Internet : un condensé de folk tantrique, de jazz rock balbutiant, de drones et de fingerpicking, d’ambient et d’exotisme. ‘You’ve got a message… You’ve got a message… You’ve g…’
samedi, 31 décembre 2005 01:00

I´m a bird now

Qu’il ait l’air d’une geisha octogénaire fardée jusqu’aux orteils n’a pas d’importance. Qu’il se lamente de vouloir devenir une fille, non plus. Car la voix d’Antony est de celle qui vous colle à la peau, à la chair (de poule), et puis ne vous lâche plus. Cette voix, à la limite de l’emphase théâtrale mais sans aucun pathos, est notre amie, notre aimable confidente. On souffre aussi pour elle, puisque l’homme qui la porte est un artiste sensible, au bord de la rupture (d’identité, de sexe, de mue), qui combat ses démons en restant toujours digne. A ses côtés, Rufus Wainwright, Devendra Banhart, Lou Reed et Boy George lui donnent parfois le change : on compatit en douce, on se mouche dans la dentelle. Car ce disque, le troisième du pianiste (si on compte l’EP « The Lake »), sonne comme le glas du médiocre et du bruit qui nous tanne : il est beau à pleurer, du début à la fin. Bryan Ferry, Nina Simone, David Sylvian, Martin Gore, Hedwig,… Les grandes voix de ce monde ont souvent des secrets à cacher : celui d’Antony n’est pas lourd à porter, puisqu’il vole. Aucune gravité, donc, dans les chansons de ce grand romantique : juste un trop-plein d’empathie, pour le reste du monde. L’amour, c’est de ça qu’il s’agit. Il est temps d’avaler un petit peu de morphine.
samedi, 31 décembre 2005 01:00

So Much For Staying Alive

Après quatre albums solo de country-folk crépusculaire (dont les très beaux « Northern Blues » (2001) et « Loupita » (2004)) et des années de bourlingue EMO passées en compagnie de son groupe Fireside, le Suédois Kristofer Astrom a décidé, cette fois-ci, de ne plus couper la poire en deux. D’où cette pop-rock aux relents amerloques (Tom Petty-Bright Eyes-The Posies), pleine de riffs électriques et de piano boogie. Enregistré en été 2004, ce disque est plaisant comme une brise sous le soleil (les jolis chœurs de « The Wild », la ritournelle au piano d’« Until Tomorrow »). A la fin les nuages apparaissent (« Empty Hands » et son ambiance ‘waitsienne’, le country-blues de « Telling Lies ») mais la journée fût belle… « So Much For Staying Alive » ? Pas tant que ça, en fin de compte.
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