Le grand jour est arrivé. Dernier festival d’été pour nous. Dur dur le réveil à 7h, mais le train débarque à 9h09, donc pas le temps de traîner. Dernières vérifications, une petite douche vite fait, on emballe et on se précipite à la gare. Pas autant de monde que prévu sur le quai. Super, on va pouvoir poser nos fesses pendant le voyage.
1h30. Trop long. Ca laisse pas mal le temps de se triturer les méninges. Et c’est là qu’on se rend compte qu’on a oublié d’emporter un tas de trucs. Tant pis, on fera sans. 10h30, arrivée à Kiewit. Un coup d’œil aux cieux cléments nous laisse augurer qu’il n’y a rien à craindre au niveau du temps. Mais autant se dépêcher d’aller monter cette bête tente avant de connaître une mauvaise surprise. Un petit tour au coin presse pour choper le ticket, une petite fouille express, un petit repérage des lieux, le choix d’un endroit tranquille où se poser et un montage rapide. On peut alors grignoter un bout avant de se diriger vers la plaine.
Pas beaucoup de changements au niveau de la configuration du site. On a simplement droit à un ‘Petit Bazar’ en complément. Et petite modification également au niveau de la ‘Skate stage’ qui est recouverte d’un chapiteau et rebaptisée ‘The Shelter’. Franchement, on s’en fout, on n’y met que très rarement les pieds. Direction le ‘Dance Hall’. Premier concert, celui des Australiens de Midnight Juggernauts. Pas aussi convaincant qu’en juin dernier au Botanique. Ils souffrent d’une sono merdique et ce ne seront pas les seuls. Trop de basses tuent la basse. Le public remue timidement sous la ‘Dance Hall’. On décide donc d’aller voir ailleurs, si on y est.
Sur la ‘Main Stage’, Billy Lunn de The Subways est manifestement à bloc. Il gueule plus qu’il ne chante ou ne parle ; et nous casse légèrement les bonbons. Il réussit, en outre, à massacrer « I Want To Hear What You have Got To Say ». On en oublie même la présence de Charlotte Cooper. Aucun intérêt.
Petit tour au ‘Château’ où A Mountain Of One s’emballe sur un charmant morceau. Pas assez charmant pour nous retenir. Il y a bien trop d’artistes à découvrir.
Passage rapide par la ‘Main Stage’ où Amy MacDonald succède aux Subways. Ce n’est pas sa pop anesthésique qui parvient à retenir notre attention…
L’après-midi prend enfin tout son sens grâce au méchant set de Santogold. La ‘Dance Hall’ vibre toujours autant au son des basses surpuissantes. Et ce ne sont pas les bombes « You’ll Find A Way (Switch & Sinden Remix) », « L.E.S. Artistes », « Creator » ou « Say Aha » qui me contrediront. Un putain de premier bon moment !
On ne peut pas en dire autant de Serj Tankian, Infadels ou même Tricky. Un trio perdant. Ou si vous préférez trois grosses déceptions. Heureusement, Hot Chip est là pour sauver les meubles. La ‘Dance Hall’ est pleine à craquer et le sol tremble sous les beats de « One Pure Thought », « Hold On », « Boy From School », « Ready For The Floor », le terrible « No Fit State », l’inévitable « Over & Over » et même une reprise inattendue du « Nothing Compares 2U » de Prince, popularisé par Sinéad O’Connor. La formation en devient véritablement incontournable tant ses prestations live ne cessent de se bonifier au fil du temps.
L’heure du dîner est arrivée. 3€ le paquet de frites, 8€ la pitta. A ce prix là, il ne nous reste plus qu’à parcourir des kilomètres pour retrouver nos tendres tartines sous la tente. Par contre, pour avoir oublié toutes boissons non alcoolisées, il va falloir douiller. A 2,25€ le verre de coca, on a plutôt intérêt à le déguster. Après ce petit repas vite fait bien fait, retour au ‘Club’ pour l’excellente prestation d’Iron & Wine qui a choisi de ne jouer que des morceaux ‘upbeat’, histoire de garder la foule éveillée.
Sur la ‘Main Stage’, Róisín Murphy se la pète à donf’. « Don’t Cry » en guise d’intro, danseuses à clef, constitue une bonne mise en bouche. Par contre, pas très subtile, la donzelle. Dès le deuxième morceau, elle enchaîne sur un titre de Moloko (« Forever More »). Aussi retravaillé soit-il, c’était du Róisín Murphy que l’on était venu écouter, pas du Moloko. Sa version insipide de « Let Me Know » conclut notre visite à la ‘Main Stage’ pour la journée. On verra si elle fait mieux à Forest dans quelques mois…
Après quelques minutes de patience, The Flaming Lips débarque sous le ‘Marquee’ pour y foutre un sacré bordel. Ballons, confetti et un joli lâcher de tubes, comme « Do You Realize ?? », « Fight Test », « The Yeah Yeah Yeah Song » ou « Yoshimi Battles The Pink Robots ».
Au ‘Club’, The Ting Tings n’a pas été aussi convaincant, ni la hauteur de la hype. Les hits populaires « Great DJ » ou « That’ Not My Name » sonnent creux. On aura beau fait des allers-retours entre la Marquee et le Club, le set du duo n’a pas l’air de s’améliorer.
On décide alors de se poser sous le ‘Château’ pour ce qui va s’avérer être le meilleur moment de la soirée. Holy Fuck triture ses instruments analogiques comme nul autre. Les tueries de « LP » font frémir le cortex cérébral de l’assistance. Du « Super Inuit » introductif à « Safari » en rappel, en passant par le splendide « Lovely Allen » et l’obsédant « The Pulse », le quatuor a prouvé qu’il méritait bel et bien sa place en tête d’affiche de la journée (bien remplie) sous ce chapiteau. De quoi terminer en beauté… Allez, dodo !