La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

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Suede 12-03-26

Rock in Bourlon 2024 : du 23 au 25 juin

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Il y a déjà 2 semaines que le Rock in Bourlon a clôturé sa 12ème édition.

Une édition qui a vu défiler pas moins de 5600 personnes au détour de la rue de l'Abbaye, nichée au cœur de la petite bourgade de Bourlon.

Même s'il se cantonne à un site de petite taille, le Rock in Bourlon a tout pour rivaliser avec les plus grands festivals du genre.

La proximité est l'un des atouts de l'événement. Disposant de deux scènes, l'une de grande taille accueillant les headliners et une seconde plus modeste à l'arrière, le festival plaît par sa taille humaine.

L'affiche n'est cependant pas en reste ! Le line-up propose d’ailleurs des pointures du genre.

L'ouverture de la première journée est expérimentale et révèle deux formations polonaises. Tout d’abord Cisnienie qui, par les sonorités atypiques de son post-rock jazzy, pimentées par les interventions d'un violon et surtout d'un saxophone baryton. Et dans la foulée Krzta, qui prodigue son mathcore sur les planches du Paon. Enfin, Ni enfonce le clou en nous réservant un autre set mathcore complexe et déjanté qui est et restera l'un des points forts de la journée. Une accalmie s'ensuit lors les concerts de Iffernet et Spotlights, mais aussi et surtout de Morne. Cette première journée est couronnée par le set noise-rock intriguant d’Oxbow, dont les morceaux s'enchaînent au même rythme que l'effeuillage de son chanteur.

Au second jour, Queen(Ares) ouvre le bal sur la main stage, avant de céder le relais au band américain, Witching.

Mspaint constitue assurément la découverte de la journée. Son post-hardcore issu tout droit des States fait mouche. Sur le deuxième podium, les combos de hardcore s'enchaînent : Calcine, Jodie Faster, Jive Bomb et Worst Doubt.

C'est Zeal & Ardor qui conclut cette seconde journée en beauté en dispensant un set toujours aussi efficace.

Enfin, Ladeulas, Kanaan et Arabrot vont marquer le troisième jour de leur empreinte. Sans oublier Maud the Moth, dont le spectacle est offert au sein de l'église, située non loin, sur la place voisine.

Mais le festival ne fait pas la part belle qu'aux musiciens en proposant des expositions et des stands d'artistes en tous genres. De quoi vous procurer des affiches, cartes postales et autres œuvres de créateurs locaux.

Comment ne pas mentionner également la qualité de la nourriture ? Le festival étonne par son offre végan exquise. Au menu de chaque jour, deux plats différents pour le plus grand plaisir des festivaliers.

Les carnivores trouveront aussi leur compte en accédant au barbecue voisin ou en commandant le localement célèbre sandwich camembert et lard (à goûter absolument) !

En combinant tous ces éléments, on comprend mieux pourquoi l’ambiance est détendue ; d’autant plus que l’accueil est soigné aux petits oignons, et le tout, couronné par des concerts de haute voltige.

Loin de la folie des grandeurs des gigantesques festivals de chaque été, on y retrouve de la convivialité et on oublie le stress pour rester dans une bulle, hors du temps, l'espace de quelques jours.

Rendez-vous le 27, 28 et 29 juin prochains pour la prochaine édition d'un festival qui, de toute évidence, fait désormais partie des incontournables de l'été.

Pour les photos, c’est ici

(Organisation : Rock in Bourlon)

Festival au Carré 2024 : jeudi 04 juillet

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Le Festival au Carré se déroulait cette année du 28 juin au 7 juillet dans la ville qui a été Capitale européenne de la Culture, en 2015, Mons.

Il y en a pour tous les goûts. Ainsi, cette vingt-troisième édition propose du théâtre, du cirque et de la danse en plein air pour (re)découvrir le patrimoine montois, des révélations musicales intimes, fantasques ou inattendues, des moments où l’on danse follement, un temps unique dédié aux familles et puis une grande terrasse pour se retrouver durant les longues soirées d’été en fonction des conditions climatiques bien difficiles, rencontrées ces derniers temps. Bref, même les plus difficiles vont y trouver leur compte.

Une fois n’est pas coutume, au lieu de se focaliser sur la tête d’affiche, votre serviteur a choisi de suivre des artistes méconnus, incongrus ou iconoclastes. Ce 4 juillet, Françoiz Breut est à l’affiche, une Bruxelloise d’adoption.

Elle a l’honneur de se produire à la Maison Folie, une ancienne école devenue lieu culturel et citoyen qui a pour vocation principale de créer des liens. Tout simplement.

Dogbowl assure le supporting act. Un vieillard d’une soixantaine d’années aux cheveux hirsutes ressemblant à s’y méprendre à Christopher Lloyd, alias le docteur Emmett Brown, dans la célèbre trilogie ‘Retour vers le futur’. Et la comparaison ne s’arrête pas là puisque le bonhomme est aussi déjanté que le second.

Pépé est seul sur scène, juste armé d’une vieille gratte. Contrairement aux idées reçues, Stephen Tunney (NDR : c’est son vrai nom) n’est pas un inconnu.

Devenu l’une des figures majeures de la scène alternative outre-Atlantique, il se lance dans la musique à la fin des années 70, en formant des groupes de punk rock. Parallèlement, il s’investit dans l’écriture de chansons mélodiques.

Chanteur, auteur, compositeur, musicien, il se passionne également pour la peinture. Ses expositions font forte impression, paraît-il. Sans oublier ses aptitudes pour l’écriture. Il a d’ailleurs publié, en 1992, un ouvrage assez violent (‘Flan’) qui se distingue par ses éléments surréalistes.

Un set de seulement environ 20 minutes permettra largement de cerner ce personnage à la fois burlesque, grandiloquent et provocateur. Mais avant tout un amuseur public hautement sympathique. Et ça, c’est le plus important !

Grâce à un florilège de chansons à boire, qui parlent de femmes ou de sexe, des ballades aux histoires fantaisistes ou subversives, Dogbowl s’amuse beaucoup sur les planches. Pas le genre de type à se prendre au sérieux. Et ça marche ! Les badauds s’agglutinent face à l’estrade, le sourire aux lèvres et des étoiles plein les yeux. C’est bon enfant, et puis c’est une aubaine en cette veille de congé d’été.

Construisant son live sur la langue de Shakespeare, Stephen affiche fièrement sa propension pour les jeux de mots. Et apparemment, nombreux sont ceux qui maîtrisent la langue anglo-saxonne dans la salle.

Les constructions musicales du gaillard sont extrêmement simples. Elles tournent autour de quelques accords barrés. Mais il y tellement d’humanité, d’amour et de second degré chez cet artiste que l’ensemble devient rapidement cohérent.

Comme souvent dans ce genre de situation, la scène est déjà configurée pour la prestation suivante. Très vite, les musiciens rejoignent leur instrument de prédilection. Roméo Poirier se charge des fûts, Marc Melià des claviers et François Schulz est préposé aux cordes (basse et guitare).

Menue, Françoiz Breut, arrive d’un pas franc et décidé. Elle est vêtue de noir ; ce qui lui confère une apparence austère, telle une ‘bobonne’ du temps passé. Mais, très vite elle apparaît joviale et proche de son public. En toute honnêteté, Breut jouit d’une belle aura.

La donzelle n’est pas une minette dans le milieu. Comptant une petite dizaine d’albums à son compteur, elle écume les scènes depuis maintenant 27 ans, et son premier album de chansons, simplement éponyme, est paru en 1997. Pour les puristes, un disque composé et réalisé en grande partie par un certain Dominique A, dont elle sera la compagne de 1990 à 1999.

La chanson n’est qu’un pan de son histoire, puisqu’en parallèle à sa carrière de chanteuse, elle poursuit ses illustrations de disques et de livres pour enfants.

Dès les premières note de « Hors Sol », une compo downtempo, plage d’ouverture de son dernier opus, « Vif ! », Françoiz s’émancipe et s’affranchit d’un public déjà très ‘friendly’. La basse est très présente, à l’instar de « Fiver », titre phare de « Balthazar ». L’instrument le sera d’ailleurs tout au long de ce set empreint d’une émotion sidérale.

Que le mélomane lambda ne s’évertue pas à chercher quelque chose de rationnel chez ce petit bout de femme ; il n’y en a tout simplement pas ! A travers des compositions qui s’avèrent légères, un brin orgasmique, elle s’interroge quant à son rapport à la nature et au monde tout au long de « Sous Bois la Nuit » ou à l’absence sur « Ectoplasme ».

Les mouvements de son corps sont complètement instinctifs et deviennent comme une nécessité et un support audacieux aux chansons. Et si l’un n’existait pas sans l’autre ?

Elle s’imagine alors un monde gouverné par les animaux. Sans filtre, ni artifice, elle enchaîne par un poétique mais engagé « Cavales Animales ».

Si la prestation permet de découvrir les facettes du nouvel opus, certains titres plus anciens comme « La Certitude » (issu d’« Une Saison Volée » - 2005) sont interprétés, afin de contenter une fan base ravie qu’elle ne les oublie pas.

Marc Melià, qui joue le plus souvent sur ses deux synthétiseurs, apporte une dimension toute particulière au magnifique « Mes péchés s’accumulent », une ballade douce-amère, aux accents nostalgiques.

Accomplissant un show mi-organique mi-électronique, Breut emprunte des chemins intimistes en offrant un spectacle grandiose sur fond de ritournelles espiègles, mais d’une sincérité à toute épreuve.

Cette femme est une artiste hors de tout… hors du temps. De sa voix douce, en se servant de chansons parfois caricaturales, mais hautement surréalistes, elle embrasse un univers de proses et de métaphores. Elle est une ode à l’évasion sans lendemain où l’imagination s’étiole au firmament des étoiles, la nuit tombée…

(Organisation : Festival Au Carré)

 

 

Deadletter

Mother (single)

Écrit par

Issu du Yorkshire, DEADLETTER s’est établi dans le sud de Londres.

A ce jour la formation n’avait gravé que quelques singles et deux Eps, « Heat ! » et la compilation « Onwards (A Collection) », en 2022.

Son premier LP, « Hysterical Strengh », paraîtra ce 13 septembre 2024.

Lié par la reconnaissance d'une énergie et d'un rythme frénétiques, mais en laissant tout objectif idéologique plus largement ouvert, DEADLETTER a tourné sans relâche tout au long de l'année 2022, se forgeant au passage une réputation de groupe parmi les plus excitants du Royaume-Uni.

En attendant, il vient de graver un nouveau single. Intitulé « Mother », il s'inspire directement du titre du film tourné par le réalisateur et scénariste sud-coréen, Bong Joon Ho, sorti en 2009.

Décrite comme art punk, sa musique mêle des riffs de guitare complexes à des mélodies de saxophone en cascade, alors que ces segments montent et descendent de façon spectaculaire, laissant une impression pérenne…

Le clip consacré à « Mother » est disponible

Podcast # 39 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

So Totally

Double your relaxation

Écrit par

Avant d’opter pour le patronyme So Totally, cette formation philadelphienne répondait au nom de So Totally In Love.

Point culminant de l'ambition, de la volonté et de la résilience, « Double Your Relaxation » constitue son troisième opus, une œuvre dont la solution sonore, qui ne lésine pas sur les sonorités fuzz tout en se distinguant par ses mélodies chatoyantes, est le fruit d’un cocktail entre dream pop, rock et shoegaze. Et au cours de cette expérience immersive, la voix distordue de Roya Weidman se fond dans la production climatique, captivant l’esprit, le corps et l’âme de l’auditeur.

Cependant, certaines plages sont très susceptibles de rappeler les 90’s, et en particulier My Bloody Valentine et Smashing Pumpkins, à cause des murs de bruit stridents construits par les guitares …

Extrait de « Double your relaxation », « Welcome back » est en écoute ici 

Podcast # 39 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

Dayaway

True Cyan (single)

Écrit par

Dayaway, c’est le projet d’Amber Renee, dont le premier long playing –coproduit par son collaborateur de longue date, Graham Marsh– est éponyme. Pour concocter cet opus, elle a passé de nombreux après-midi sur Rockaway Beach, à composer et écrire, tout en observant l’océan, et ses vagues bleues qui s'écrasent sur un rivage doré.

Sous des paysages balnéaires se cachent des chansons d'amour élaborées avec art qui capturent les turbulences de cette expérience humaine : le désir pur, la nostalgie, le regret, la solitude, la perte, le chagrin et la félicité.

Naviguant quelque part entre new wave de plage et dream pop brumeuse, sa musique nous entraîne, quelque part en dehors de l'espace et du temps, au sein d’un univers visionnaire qui abrite des objets perdus, des souvenirs oubliés et des vies antérieures…

« True cyan » est à voir et écouter ici 

Podcast # 39 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

Heavydive

Foreign patterns

Écrit par

Heavydive est un groupe canadien dont le second opus, « Foreign Patterns », s’inscrit parfaitement dans le renouveau du mouvement post punk. Bien électrique, rafraîchissant, optimiste et énergique, cet LP solide, fluide et parfaitement cohérent, a trouvé un équilibre presque parfait dans ses intensités et ses émotions, de guitares rauques et d’autres plus délicates et pointues.

Émergeant au paysage musical vibrant de Calgary, en Alberta, le band comble magistralement le fossé entre les échos nostalgiques et les sonorités futuristes. Son expression sonore est une tapisserie vivante qui couvre tout le spectre neo-wave, créant une expérience auditive unique qui adresse à la fois un clin d’œil au passé tout en ébauchant un aperçu de l’avenir.

Plongeant ses racines dans les pittoresques contreforts des Rocheuses et un son qui s’étend comme une ombre sombre à travers les prairies, Heavydive révèle des influences gothiques britanniques des eighties tout en invitant les auditeurs à prospecter un univers fascinant de rêves lucides.

Pour enregistrer ce long playing, ce trio a bénéficié du concours de la productrice Lorrie Matheson, mais également de toute une série d’ingénieurs du son.

 « Foreign Patterns, est en écoute sur Bandcamp, réseau social que vous retrouverez facilement en cliquant sur le nom du groupe, dans le cadre ‘Informations complémentaires’.

Podcast # 39 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

Puremoon

Fade

Écrit par

Fondé fin 2018, Puremoon est un quatuor issu de Bandung, sur l’île de Java, en Indonésie.

A sa tête, le chanteur/guitariste Abdi Imam.

Fruit d’un mélange de shoegaze et de post rock, sa musique traîne une forme de spleen ressenti au quotidien.

Son premier elpee, « Fault » est paru en 2023 et « Fade » constitue son second, une œuvre au cours de laquelle l’expression sonore s’est également ouverte à l’ambient.

Le titre maître de cet opus est disponible sous forme de clip

Podcast # 39 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

Steve Hackett

Steve Hackett Lies Down... on Brussels...

Parmi les membres originels de Genesis, Steven Richard Hackett est le seul qui maintient vivant le souvenir de la période dorée, de 1970 à 1977, au cours de laquelle le groupe légendaire a sorti 8 albums considérés comme des chefs d'œuvre. Au fil de son impressionnante carrière, le Londonien –aujourd’hui âgé de 74 ans– s’est forgé un style fluide, éthéré et hyper-mélodique, reconnaissable entre mille. Ce soir, il établit ses quartiers à l'Ancienne Belgique, à Bruxelles, pour présenter un nouveau spectacle solo, imaginé d’après l'album culte de Genesis : “The Lamb Lies Down on Broadway”...

C'est le deuxième concert de cette tournée. Il fait suite au coup d'envoi donné hier, au Grand Rex, à Paris. Vêtu très simplement de noir, il n'arbore pas, pour une fois, son inséparable écharpe en velours rouge. Il est, comme d’habitude, d'un abord très discret, voire timide. On le sait, Steve Hackett ne porte pas de masque de renard ni de costumes à motifs fleuris ; ce n'est pas Peter Gabriel ! Toute l'émotion est concentrée sur la musique et sa sublime Les Paul, dont il tire des sons cristallins, d'une beauté quasi-mystique.

La première partie du show constitue, en quelque sorte, un ‘panaché’, au cours duquel il aligne une sélection de titres de son répertoire solo. Après un faux départ, causé par une erreur de branchement de sa guitare, commentée avec humour par Steve Hackett (‘false start !), le band ouvre le bal en interprétant trois morceaux de son nouvel LP, “The Circus and The Nightwhale”. “People of The Smoke”, “Circo Inferno” et “The Passing Clouds” confirment le spectre musical, très large, embrassé par ce ‘concept album’ semi-autobiographique. Première surprise, Steve assure, en personne, les parties vocales, alors que les paroles sont signées par son épouse (NDR : depuis 2011), Joanna Lehmann-Hackett. Sur “The Passing Clouds”, on est emporté, pour la première fois, par ces longues envolées de guitare qui portent la griffe du ‘génésien’.

Au moment de “The Devil's Cathedral”, solennel et sombre à souhait, on découvre les musiciens du groupe, ses fidèles ‘acolytes... de voyage’ (hum...) Au chant principal, l'Américain Nad Sylvan (Agent of Mercy) ; à la basse, le Suédois Ronald Reingold ; à la flûte, au saxophone et à la clarinette, Rob Townsend ; aux claviers, Roger King et à la batterie, Craig Blundell, qui milite également au sein du backing group de Steven Wilson.

Grâce à ces musicos d'exception, on se délecte de petites perles comme “Every Day”, extrait du meilleur opus d'Hackett, “Spectral Mornings”, paru en 1979. En même temps, Hackett adresse un clin d'œil musical à Beethoven (La 9e “An Die Freude”) dans le thème principal du morceau et on s'envole à nouveau sur les ailes de la Les Paul lors du solo final.

“Spectral Mornings” traite de la vie après la mort et il ne faut pas oublier que ce thème traverse l'œuvre de l'Anglais. ‘A l'époque, en parler revenait à être traité de hippie’, ironise Hackett ; ajoutant ‘Aujourd'hui, la science s'est emparée du sujet et parle de phénomènes quantiques...’ Tiens, tiens, Sir Hackett serait-il également intéressé par les thématiques liées à l'élévation de conscience ?

“Camino Royale” embraie. Remontant à 1983, cette compo –précédée par un époustouflant solo de basse, au cours duquel Jonas Reingold glisse des références à Bach (la Suite N° 1 en sol majeur pour violoncelle) et à Jimi Hendrix' ("Voodoo Child”)– est rehaussée ici par une étonnante ‘jam session’ carrément jazzy. La séquence se termine par la dernière partie, instrumentale, de “Shadow of the Hierophant”, la plage titulaire du premier opus solo de l'artiste, sorti en 1975. Comme à chaque fois que l'on assiste à l'interprétation de l’hypnotique “Shadow...”, on est scotché par la beauté de la ligne mélodique et par l'incroyable montée en puissance, culminant dans une apothéose assourdissante. Un grand moment !

Après une courte pause, place au plat de résistance du spectacle et à ‘la nostalgie’, comme le précise Hackett dans un français presque parfait. Focus sur “The Lamb Lies Down on Broadway”, l'album ‘new-yorkais’ de Genesis. Paru en 1974, il constitue un des plus grands succès critiques, artistiques et commerciaux de la formation de rock progressif, mais sera le dernier réalisé en compagnie de Peter Gabriel.

En redécouvrant l'elpee en live, on est frappé par l'incroyable richesse de ce disque, tant au niveau des mélodies que dans les harmonies et les textures sonores. L'ambiance est plus sombre que sur les œuvres précédentes du groupe ; certainement à cause des dissensions régnant entre les musiciens et de leurs problèmes familiaux. Mais, par-dessus tout, cette musique est d'une incroyable force. Ce soir, Steve a troqué sa Les Paul Gold pour une autre Les Paul, noire celle-ci, au son plus brillant, plus tranchant. Et Craig Blundell propose un jeu de batterie qui, dans les moments les plus intenses, casse littéralement la baraque.

Ce “Best of The Lamb” recèle clairement les meilleures plages du double-album. D'abord, la plage titulaire, suivie de “Fly on a Windshield”, “Broadway Melody of 1974” et “Hairless Heart” ; mais le point culminant est atteint par “Carpet Crawlers”, une sublime chanson qui donne, encore aujourd'hui, la chair de poule. “The Chamber of 32 Doors”, “Lilywhite Lilith”, “The Lamia” et “it” complètent cette convaincante évocation. Seul regret : l'absence des diapositives qui magnifiaient ‘le show’ lors de la tournée de 1974-75 et que certaines formations de covers utilisent lors de leurs concerts. Dommage mais, comme déjà souligné auparavant, pour Steve Hackett, seule la musique compte.

Au moment où l'on croit le set terminé, le combo nous gratifie de 3 extraits de “Selling England by The Pound”, le long playing qui précède “The Lamb”. Au début de "Dancing With The Moonlit Knight", les fans entonnent la mélodie hyper connue : ‘Can You Tell Me Where My Country Lies...’ Pendant le break instrumental, on redécouvre l'exceptionnelle technique de Hackett, qui est un des inventeurs du 'finger tapping'. Popularisée par Eddie Van Halen, elle consiste à venir frapper le manche à l’aide des doigts, en hammer-on/pull-off pour dispenser des séquences très rapides de notes. Hackett a élaboré cette méthode en regardant des jazzmen (surtout Emmett Chapman, le créateur du 'Stick'). Le tout premier 'finger-tap' figure probablement dans l'intro de "The Return Of The Giant Hogweed", paru sur "Nursery Cryme", en 1971 !! A noter que feu Eddie Van Halen confesse avoir également été inspiré par la technique de Jimmy Page. Sur ce même morceau, décidément légendaire, Steve Hackett utilise aussi le ‘sweep picking’, qui consiste à faire glisser très rapidement l'onglet au travers de plusieurs cordes de haut en bas et de bas en haut, une technique popularisée par Yngwie Malmsteen...

Mais refermons cette parenthèse musicologique car, “The Cinema Show” nous attend. Un morceau époustouflant grâce aux arpèges de guitare à 12 cordes et, surtout, au long solo de claviers créé par Tony Banks, qui constitue le moment de gloire de la soirée pour Roger King. A l'issue de “Aisle of Plenty”, les musiciens viennent tous à l'avant du podium pour remercier le public et... pour souhaiter un joyeux anniversaire à Rob Townshend.

Comme il fallait s’y attendre, “Firth of Fifth” amorce la partie rappel du concert. Un moment vraiment magique ! Ce tour de force musical est illuminé par un solo d'anthologie à la gratte, d'une beauté déchirante. Au moment de la célèbre note qui reste perchée sur un long 'sustain', le spectre de Carlos Santana se met à planer.

La partie finale du set rayonne autour de “Los Endos”, le brûlot extrait de “A Trick of The Tail”. Craig Blundell nous réserve un extraordinaire solo de drums en intro, et un passage de “Slogans” (1980) est inséré dans le morceau, à mi-parcours. Quand le rappel prend fin, l'ambiance est indescriptible. On a l'impression que l'AB va exploser. Le public réclame un second ‘encore’, mais en vain, car les lumières se rallument.

On quitte l'AB la tête remplie d'une musique magnifique et on remercie Steve Hackett d’avoir donné une seconde vie à la période la plus inspirée de Genesis. Ce soir, on aura tous chanté ‘And The Band... Lies Down... On Bru-u-ussels...’

Setlist :

People of the Smoke

Circo Inferno

These Passing Clouds

The Devil's Cathedral

Every Day

A Tower Struck Down

Basic Instincts

Camino Royale

Shadow of the Hierophant (closing section only)

Set 2 :

The Lamb Lies Down on Broadway

Fly on a Windshield

Broadway Melody of 1974

Hairless Heart

Carpet Crawlers

The Chamber of 32 Doors

Lilywhite Lilith

The Lamia

it

Dancing With the Moonlit Knight

The Cinema Show

Aisle of Plenty

Encore :

Firth of Fifth

Los Endos (1st half; introduced first by a drum solo)

Slogans

Los Endos (2nd half)

(Organisation : Ancienne Belgique + Live Nation)

 

Chelsea Wolfe

En maitresse de cérémonie…

C'est une belle affiche que nous propose l’AB ce soir. Au programme, deux formations qui explorent un univers très 'dark' :  Kælan Mikla et Chelsea Wolfe. Mais dans les deux cas, il s'agit d'une noirceur propice aux scintillements de lueurs brillantes, aveuglantes même.

C'est à 19h45 que Kælan Mikla monte sur les planches. Le trio féminin basé à Reykjavík a été formé en 2013 et on mesure le chemin parcouru entre le Bonnefooi, le café situé en face de l'AB, où les 3 Islandaises avaient joué en 2017, coincées entre la porte et le bar, et la prestigieuse scène de l'Ancienne Belgique. Dès les premières notes de leur morceau éponyme, on est immergé dans un univers spectral, peuplé d'ombres et de sorcières, une cold-dark-wave teintée de folklore islandais, glacée et envoûtante. Mais on retiendra surtout le magnifique “Sírenur”, extrait du dernier album du combo, l'excellent “Undir Köldum Norðurljósum”, une composition d'une beauté déchirante, qui met parfaitement en valeur la voix de Laufey Soffía. Sólveig Matthildur Kristjánsdóttir se consacre, quant à elle, aux voix, aux claviers et à la flûte tandis que Margrét Rósa Dóru-Harrýsdóttir nous gratifie des sons énormes et abyssaux qu'elle tire de sa basse. Une très belle prestation, qui donne envie de se replonger dans l'atmosphère nordique de leurs productions. (Pour accéder la page ‘Artistes’ de Kælan Mikla, c’est ici).

Dès 21h, c'est au tour de la grande prêtresse, Chelsea Wolfe, de monter sur les planches. A ses côtés, son comparse à la scène comme à la ville, Ben Chisholm, se charge de la basse et des synthés, Bryan Tulao (Black Math Horseman, MGR, Mother Tongue) de la guitare et Jess Gowrie (Horseneck, Red Host, The Drama, Mrs. Piss) des drums. Tout de noir vêtue, la Californienne focalise tous les regards. Etablie à Sacramento, Chelsea est responsable, à ce jour, de 8 superbes albums. Aujourd'hui, elle vient présenter le 'petit dernier', paru récemment sur Loma Vista. « She Reaches Out To She Reaches Out To She » constituera donc, tout naturellement, l'épine dorsale de la setlist.

En grande maîtresse de la soirée, Chelsea Wolfe entretient une atmosphère mystérieuse, déroulant les lentes vagues d'un post-doom-folk lancinant... Dans les arrangements du dernier opus, Chelsea a renoué avec le style plus électronique de “Pain Is Beauty”, qui reste, aux yeux de votre chroniqueur, son chef-d'œuvre. Mais le son est ici moins trip-hop / electronica et lorgne carrément vers le ‘power electronics rock’ de Nine Inch Nails. Pour notre plus grand bonheur.

C'est particulièrement audible dans les 2 premiers titres de la setlist : “Whispers in the Echo Chamber” et “Everything Turns Blue”. Pendant “House of Self‐Undoing”, imprimé sur un rythme plus rapide, l'artiste se saisit du micro et ose quelques pas sur le podium. Elle ne se cache plus derrière un voile comme à ses débuts mais on sent qu'elle est toujours très farouche, très fragile. Il y a néanmoins une sérénité dans son attitude, qui n'est pas étrangère à sa décision, il y a quelques années, d'adopter un mode de vie sobre et sans-alcool.

Au moment de “16Psyche”, extrait de “Hiss Spun”, on est de retour dans le versant ‘guitaristique’ de Chelsea Wolfe et le public se manifeste dès les premières notes du riff aux accents ‘bluesy’. Cette incursion dans “Hiss Spun” se poursuit grâce à “The Culling”, un morceau qui permet d'admirer la maîtrise de la dynamique affichée par le band car on passe en quelques secondes d'un mur du son bruitiste à un final apaisé et tout en retenue. Pendant le très beau “After The Fall”, Ben Chisolm qui, à propos, arbore désormais une imposante moustache, passe des claviers à la basse et la beauté pénétrante de la mélodie finit par nous crucifier. Le chant de Chelsea est parfait et ce, en dépit des petits problèmes de voix qui nous avaient été rapportés par son entourage. 

Pour “The Mother Road”, extrait de “Birth of violence”, Chelsea passe à la guitare acoustique et c'est un des moments les plus poignants de la soirée. Le final tout en harmonies mineures est époustouflant et éminemment hypnotique. Ayant acquis les bases de la sorcellerie blanche grâce à sa grand-mère, l'artiste a le talent pour élaborer des élixirs soniques capables de nous emmener très loin.

Autres grands moments : “Feral Love” et “Salt”, deux superbes compos ‘dark-trip-hop’, qui évoquent Portishead et Tricky. Dans “Unseen World”, Chelsea nous guide dans les mondes parallèles en agitant un pendule, avant une dernière série de 3 plages extraites de son dernier opus. Pour clôturer le set, le désormais classique “Flatlands” nous amène tout en douceur vers un rappel qui renouera d'abord avec le post-metal, grâce à “Carrion Flowers” avant de laisser retomber définitivement le rideau sur un déchirant “The Liminal”, interprété en solo à la gratte sèche...

Setlist :

Whispers in the Echo Chamber

Everything Turns Blue

House of SelfUndoing

Tunnel Lights

16 Psyche

The Culling

After the Fall

The Mother Road

Deranged for Rock & Roll

Feral Love

Salt

Unseen World

Eyes Like Nightshade

Place in the Sun

Dusk

Flatlands

Rappel :

Carrion Flowers

The Liminal (Chelsea Wolfe solo)

Crédit photo : Hugues de Castillo

(Organisation : Ancienne Belgique)

INmusic 2024 : lundi 24 juin

Envie de découvrir d’autres festivals d’été ? A l’affiche résolument rock, à moins de deux heures d’avion de Bruxelles, dans la capitale croate Zagreb, se déroule l’INmusic. Et plus précisément sur une île au milieu du lac Jarun (NDR : un cadre idyllique comme celui du Sziget, à Budapest). And last but not least, le tarif est tout à fait abordable. 109 euros pour les trois jours ! Le INmusic festival est fait pour vous et possède autant d’atouts incitant à l’exode hors des frontières. On l’a testé pour vous et on vous raconte.

La météo est clémente lors de ce premier jour de festival. Ce sera un peu moins le cas le lendemain, à cause de quelques orages ; mais rien de comparable avec notre météo nationale (NDR : qui avait provoqué, récemment, l’annulation du Feel Good ou nécessité des mesures lors du Graspop metal meeting).

Notre journée débute sur le coup de 18 heures par Sleaford Mods. Originaire de Nottingham, le duo de quinquas est connu à travers le monde pour son univers musical unique en son genre. Les deux inséparables de la scène post-punk britannique, Andrew Fearn (comme MC), toujours accompagné de son acolyte chanteur Jason Williamson, déboulent sur l’estrade, en short, t-shirt basic et sneakers. La formule musicale est, elle aussi, toujours minimaliste, mais la sauce prend rapidement ‘live’. Andrew multiplie les pas de danse derrière son PC, et Jason, d’une voix rauque, tel un supporter des ‘Three lions’ en fin de match, assène ses coups de gueule. Il a pour habitude de crier sa rage contre les travers de l’Angleterre, et on l‘imagine devant les piètres prestations récentes de l’équipe de foot britannique. Le concert débute quand même en douceur par « UK Grim » (NDR : le titre maitre de son dernier elpee, paru en 2023) et « Kebab spider ». Mais très vite « Jolly fucker », qui date maintenant de 10 ans, commence à faire danser les premiers rangs de l’audience, grâce à des beats allant crescendo. Williamson, semble de plus en plus possédé, en débitant des tirades incessantes lors d’un « Fizzy » agressif. Qu’il enchaîne à un « On the ground » tout aussi frénétique. Avant une reprise surprenante du « West end girls » des Pet Shop Boys. Et de clôturer une prestation alignant une vingtaine de titres en une bonne heure vingt, par le trippant « Tweet, tweet, tweet ». Parfait pour chauffer l’ambiance !

En se déplaçant dans le cadre verdoyant, on rejoint la ‘World stage’, située aussi au milieu d’arbres, qui nous rappelle le cadre du Cactus festival à Bruges. Seuls quelques centaines de spectateurs sont massés devant le podium, mais on peut déjà révéler que les absents vont avoir tort ! bar italia confirme son statut de hype londonien, en proposant une pop indé entretenue par sa chanteuse élancée Nina Cristante et les deux guitaristes Sam Fenton et Jezmi Tarik Fehmi, responsables de sonorités aux accents shoegaze. Plus discrets et plantés en arrière-plan, la bassiste féminine et le batteur impriment le tempo. Et dès les premières notes, l'énergie envahit les premiers rangs qui se laissent emporter par le son entraînant du groupe. La douce voix de Nina tranche avec celle plus nasillarde (et digne de Thurston Moore) de Sam. Les deux lead vocals réussissent à captiver l’auditoire et le transporter dans un univers musical singulier, parsemé de riffs noisy. Le seul hic finalement sera la courte durée du set : une petite cinquantaine de minutes à peine…

Notre review ne serait pas complète sans relater la prestation d’un des groupes nationaux programmés dans le cadre de ce festival. Nous longeons le lac, pour retrouver à l’extrémité de la presqu’île, la bien dénommée Hidden stage, où se produit Nemanja. Un collectif croate donc, originaire de la bucolique ville de Pula en Istrie (NDR : un peu de promo touristique au passage). Difficile de coller une étiquette sur cette musique psyché aux réminiscences 70’s, derrière la basse, la batterie et le chanteur/guitariste. Mais pas seulement, puisque des sonorités afro-cubaines sont balancées par les percus de la choriste, et une autre choriste et saxophoniste ajoute des touches de mambo/salsa. On pense parfois au Grand orchestre du Splendid. Le tout dans la langue locale. Dépaysement garanti ! Le public autochtone semble apprécier. Le chapiteau est plein à craquer et surchauffé, et on comprend mieux l’absence de monde pour bar italia qui se produisait, plus ou moins, au même moment.

Et pas de temps à perdre d’ailleurs, car les Viagra Boys sont programmés sur la Main stage. Quel plaisir de les retrouver, après ce concert mémorable accordé dans le cadre des Nuits Botanique, en mai 2022 (où le plancher avait bien vibré). Ce soir, l'ambiance est à son comble dès le début du set. Surexcités, les fans sont prêts à en découdre avec la musique punk-rock déjantée du band. Dès les premières notes, le public se laisse emporter par l'énergie brute et la voix rauque du chanteur Sebastian Murphy, tatoué de la tête aux pieds. Les guitares distordues et les rythmes débridés font trembler la scène, tandis que les fans sautent et pogotent dans une frénésie collective. Le band enchaîne les tubes comme "Just Like You" ou "Worms", provoquant des réactions enflammées dans la foule qui scande à l’unisson les paroles crues et provocantes, créant une atmosphère de communion sauvage et festive. Et Sebastian sait y faire pour introduire un autre tube, en l’occurrence « Sports », sachant que l’équipe de football de la Croatie joue sa qualification à l’Euro, pour l’instant ; ainsi, il demande le score au public (NDR : malheureusement dans les toutes dernières secondes de la rencontre, la Croatie sera éliminée par l’Italie). Le show des Viagra Boys reste tout aussi intense que leur musique. Des membres du band se jettent dans la foule, se roulent par terre, baissent leur pantalon et se lancent dans des performances déjantées. Sebastian, entre deux dégustations de bières et alcools fruités locaux, signale aussi que leur guitariste est absent pour maladie, et précise qu’un dénommé Billy joue pour la première fois avec eux (NDR : il s’en sort plutôt bien). Le public est conquis par cette débauche d'énergie et de folie, se laissant emporter par l'ambiance survoltée du concert. Et que dire de « Return to the Monkey », interprété en rappel, sous forme d’Extended play. Alors qu’en fond d’écran un singe vert fait son apparition, la foule martèle le refrain : ‘Leave society, be a monkey’. Après une heure trente de spectacle parfois brouillon mais exalté, la formation quitte la scène sous les acclamations d'un auditoire, venu des quatre coins du monde et épuisé par tant d'émotions.

Vient ensuite la grosse déception de la soirée : The Gaslight Anthem. Un combo US qui a eu sa période de gloire entre 2010 et 2014. Opérant d’ailleurs des passages au Rock Werchter en 2010 puis 2013 (NDR : il y sera de retour ce jeudi 4 juillet 2024). Il a connu un hiatus entre 2015 et 2022. Avant une reformation en 2023 et un nouvel opus sous le bras, baptisé « History books ». L’intro est de mauvais goût (Cindy Lauper, « Girls Just want to have fun »). L’entrée sur scène est sobre et quelques fans, notamment des trentenaires se réjouissent de les voir… mais pas vraiment nous. Car les compos sombrent vite dans le rock pour ados ou midinettes, où le pire des Foo fighters ferait une jam avec Biffy Clyro ou Against me ! Seule la voix du leader Brian Fallon sort du lot. On la compare parfois à celle de Springsteen (ils sont tous deux originaire du New-Jersey et le Boss a participé à son single « History books », titre maitre du dernier lp). Pour le reste, on ne peut être et avoir été, même si la formation affiche une attitude vraiment sympa…

The National est toujours aussi productif, que ce soit lors de ses tournées (quasi-annuelles) ou à travers sa discographie ; ainsi, il a publié deux opus, en 2023, « First Two Pages of Frankenstein » et « Laugh Track ». Sans compter ses projets parallèles. Dont celui d’un des frères Dessner (Bryce), également compositeur, qui sera présent à Bruxelles, au Bozar, pour présenter sa sinfonietta, soutenu par le Brussels Philharmonic Orchestra. Et ce soir, le groupe de rock indie américain enflamme directement le show lors d’un énergique « Sea of love », qu’il enchaîne par son dernier single, « Eucalyptus ». Les groupies sont transportées dans un univers musical où les mélodies sombres se mêlent à des refrains puissants et émotionnels. Les membres du band semblent, pour la circonstance, être en parfaite symbiose, créant une alchimie musicale qui transcende les limites de la scène, pour envelopper tout le public de leur aura. Quand ce n’est pas le leader Matt Berninger qui s’autorise différentes incursions dans la foule, terminant certains titres en criant ou balançant son micro par terre. Les jeux de lumières et les effets visuels contribuent également à l'ambiance envoûtante du concert, entretenant une atmosphère sombre, mystérieuse et conviviale à la fois, qui colle parfaitement à l'esthétique du groupe. Au fur et à mesure que le set avance, l'émotion monte en intensité ; les aficionados anglais et américains présents lors de ce spectacle reprennent certains refrains en chœur. Jusqu'à atteindre un climax émotionnel lors des titres les plus connus, comme « Fake empire » et son final appuyé par la section de cuivres. « Mr. November », « Terrible love » et « About today » viennent ponctuer un set de plus de 2 heures, qui pour beaucoup constituera un moment inoubliable, où la musique et l'émotion ont fusionné pour créer une ambiance unique et envoûtante. Une expérience à vivre au moins une fois dans sa vie pour tout amateur de rock indépendant. Surtout dans ce cadre féerique du lac Jarun.

Un dernier coup d’œil à la ‘Hidden stage’ s’impose. Et pour cause, Deadletter s’y produit. Le line up du sextet implique toujours Zac au chant, Poppy (et sa touche féminine) au saxophone, George à la basse, Will et James aux guitares, ainsi qu’Alfie à la batterie (plus discret en arrière-plan). Caractérisé par longue intro au sax et aux percus « Credit to treason », lance les hostilités. Torse nu, Zac Lawrence est déjà prêt à en faire le show. Tantôt accroupi face au public, tantôt n’hésitant pas à s’incruster au milieu de la foule pour y finir un titre. Les faux airs de punk et ska de « The snitching hour » sont l’occasion pour les premiers rangs de reprendre en chœur ‘Love the neighbour’. On ne sait pas si c’est l’heure avancée ou/et un chapiteau un peu trop sombre, mais toujours est-il qu’on se lasse un peu de la prestation. Il faut bien écrire que le groupe paraît encore jeune, et l’attitude de Zac, bien qu’énergique, n’est pas aussi charismatique que celle de Sebastian Murphy ou Matt Berninger (vus juste avant). Mais gageons que ce groupe mûrira bien et sera agréable à revoir dans d’autres conditions.

On traverse une dernière fois le site pittoresque du festival, en visitant au passage d’autres petites scènes. Comme celle dédiée au ‘Silent disco’ ou encore un karaoké géant (et son logo de fond ‘Tko pjeva zlo ne misli’) que semble apprécier les locaux. Quand ce n’est pas l’une ou l’autre dance stage. Ou plus originale encore une ‘Tesla tower stage’. Où l’intérieur de cette tourelle métallique est recouvert d’écrans de projection. Diffusant différents thèmes culturels ou militants. Il est aussi agréable de longer le lac, peuplé de cygnes, avant de rejoindre le bus qui nous conduira à nos pénates…

(Organisation : INmusic festival)

THE NATIONAL, VIAGRA BOYS, DEAD LETTER, SLEAFORD MODDS, THE GASLIGHT ANTHEM, NEMANJA, BAR ITALIA

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