New Brutalism de 087 à 089…

New Brutalism est un groupe de rock minimaliste formé à Knoxville, Tennessee, en 1998. Le groupe est composé de Shane Elliott (chant), Matt Hall (guitare/chant), David Basford (basse/chant) et Carey Balch (batterie). Son nouvel Ep, « Requiescat Record »,…

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Le parfum de vie de Goudi

Pierre Goudesone, alias Goudi, trace son chemin musical depuis la fin des années 80. Après s’être fait connaître en compagnie des groupes Flesh & Fell et Speaking T, il poursuit aujourd’hui une carrière solo. Son univers musical riche et profond l’a conduit à…

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Hooverphonic
Stéphane Reignier

Stéphane Reignier

mercredi, 29 avril 2026 14:51

Coconut joue dans la cour des grands

COCONUT, le mariage des voix et guitares de Marine Pichot et Louis Roms, a sorti son premier album, Pour des grands, il y a quelques jours sur le label Archipel.

Après un premier EP paru en 2023 (In the End), le duo basé à Nantes présente un disque pop, ouvragé, folk, inspiré d'Andy Shauf ou Hannah Cohen, évoquant aussi par endroits Julien Gasc ou Petit Fantôme.  Enregistré avec Quentin Le Gorrec aux studios du Garage Hermétique à Rezé et au Lonesome Studio à Blain - il se compose de 12 morceaux en français, enrichis par un ensemble (flûte traversière, clarinette, cor, violoncelle, alto...). 

Le duo fait preuve d’une grande minutie en ce qui concerne l’arrangement de ses morceaux et s’amuse à ajouter des parties de synthétiseurs vintage mais aussi un ensemble de vents et de cordes ajoutant une dimension plus lyrique à sa musique. 

Côté ‘’scène’’, de nombreux concerts en 2023 et 2024 (plus de 60) avec notamment les premières parties de Natalie Bergman à Stéréolux, de Cascadeur au VIP et de Black Sea Dahu au Temps Machine lors des dernières années, ainsi que, de nombreux festivals et une résidence au Novomax (Smac).

Découvrez aujourd'hui leur nouvelle vidéo pour le morceau "Chercher l'issue". Le clip réalisé par Jacques Frantz est à voir ici.

mercredi, 29 avril 2026 14:51

Danilo amorce son Virage

Chez Danilo, tout est affaire de contraste. Une élégance un peu passée, mais jamais figée. Une pop francophone qui bat au rythme électronique d’aujourd’hui tout en gardant le grain chaud des synthés analo et des guitares électriques.      

Révélé en 2024 avec LMQR (La Mélodie Qui Reste), Danilo s’est vite fait une place dans le paysage de la pop indé, quelque part entre Daho, Belin et Baxter Dury. Des refrains entêtants, un sourire en coin, une pudeur élégante : le décor était planté.                                             

Aujourd’hui, Danilo nous révèle un nouvel EP, Virage.

Il se dévoile autrement : plus direct, plus grave parfois mais toujours lumineux. Les chansons parlent des promesses auxquelles on aimerait encore croire, de ce que l’on perd et de ce que l’on retient, des désirs qui se fanent.

Le ton change, il creuse plus profond. L’écriture gagne en précision, la production en intensité. Les couleurs sont saturées, les guitares orageuses et la voix affirmée.

Ce qui reste, c’est la marque Danilo : une poésie piquante, une mélancolie dansante, cette façon d’éclairer les zones d’ombre par la musique.

Aujourd’hui, il avance avec une conviction simple : la pop peut encore dire l’intime.

Un titre en écoute ici.

mercredi, 29 avril 2026 14:50

Empty Head lève le rideau sur Freak Show

Après Don’t Wanna, Down the Rabbit Hole et Conquest, Empty Head dévoile aujourd’hui Vincent, quatrième extrait de son premier album Freak Show attendu pour le 29 mai 2026.

Porté par des guitares lourdes et un groove contagieux, le morceau brosse le portrait d’un « company shark », figure de la réussite moderne piégée par son propre succès. Derrière un costume impeccable et un « sourire peint », le personnage de Vincent incarne ce masque social que l’on finit par ne plus pouvoir retirer.

Soldat docile d’un système qui le dépasse, il joue son rôle, gravit les échelons et s’efface peu à peu derrière l’illusion du succès.

Entre ascension sociale vertigineuse et perte totale de repères, le groupe explore l’aliénation d’une vie où l’obéissance devient un réflexe et où le sens finit par disparaître. Vincent est une invitation à lâcher prise sur un tempo furieusement dansant, tout en observant le naufrage identitaire d’un personnage qui a troqué sa liberté contre un costume trop serré.

Mélange explosif d’energie punk, riffs acérés et mélodies infectieuses, Empty Head émerge de la scène underground de Liege (BE) en 2020. Formé par cinq amis d’enfance, le groupe s’est forgé une identité sans concession, ancrée dans une approche DIY et des influences ́ telles que Viagra Boys, Psychedelic Porn Crumpets, The Hives ou encore Mother’s Cake.

Après deux EPs (‘Empty Head’ en 2021 et ‘Tales of a Modern Man’ en 2023), le quintet s’est affirmé sur scène à travers de nombreux concerts en Belgique et en France, affinant un live direct et sans artifices, devenu un marqueur central de son univers.

Avec ce nouveau titre, Empty Head continue de dévoiler les contours de Freak Show, un album brut qui regarde son époque droit dans les yeux, où les figures du quotidien deviennent les attractions d’un cirque bien réel.

Le clip est à découvrir ici.

samedi, 11 avril 2026 14:41

WolfRock 2026 : samedi 11 avril

Cette 18e édition du WolRock prend une tonalité particulière : Fabien Dieu, figure centrale du milieu musical, s’est éteint courant septembre, au terme d’une longue maladie. Pour saluer sa mémoire, l’affiche réunit naturellement des formations qu’il tenait en haute estime.

Mission accomplie : l’événement affiche complet depuis plusieurs semaines.

Au programme, quatre formations (re)posent leurs amplis sur les terres douroises, également hôtes du Dour Festival.

Kaiser Place ouvre le bal. Le quatuor aligne Laurent Lallemand au chant, Jérôme Pichuèque derrière les fûts, Alex Bosser à la guitare solo et Deborah Lehane à la basse.

La formation ne débute pas : elle a déjà tourné sur des rendez-vous bien identifiés (DMF, Scène Sur Sambre, Fêtes de Wallonie) et assuré des premières parties pour Hooverphonic, Suarez ou encore Machiavel.

Le quatuor défend une pop-rock britannique, mélodique et nerveuse, nourrie notamment par Oasis, Stereophonics et Placebo.

Les titres s’enchaînent sans ménagement. Les mélodies accrochent vite, le son reste irréprochable et, même loin des radars depuis un temps, le combo n’a rien perdu de son potentiel.

Au micro, Laurent Lallemand impose une présence nerveuse, guitare en bandoulière, et soigne chaque attaque. La section rythmique verrouille le tempo et installe le groove qui porte les lignes mélodiques. Alex Bosser, lui, cisèle des touches de relief, entre mélancolie et éclats plus lumineux. Le résultat reste brut, tendu, efficace.

Kaiser Place ne se limite pas à dérouler un set : les morceaux prennent corps. La formation rappelle, une fois encore, que l’exercice du concert convient parfaitement à ses musiciens.

Après une vingtaine de minutes d’entracte, Dresscode investit l’estrade. Probablement la surprise la plus nette de la soirée.

Le duo belge naît en 2019 autour de David Brichard et Fred Hyat ; un troisième musicien les rejoint pour les prestations live.

Le « dress code » désigne l’ensemble, souvent tacite, des règles qui encadrent une tenue selon le contexte : projeter une image professionnelle, coller à un thème, maintenir une cohérence sociale, du White Tie le plus strict aux options les plus décontractées.

Ici, le lien reste flou. Le guitariste arbore une tenue Adidas qui l’apparente davantage à un sportif qu’à un musicien. Le chanteur mise, lui, sur une allure plus soignée. Quant au batteur, il opte pour la légèreté : le jeu réclame de l’amplitude.

Le duo compose des titres à la croisée du rock et de l’électro, sur fond de thèmes sombres : l’amour, la société de consommation.

Après plusieurs passages remarqués sur les podiums, la formation revient récemment par un nouvel EP, « Under The Surface », dont « Get Rid Of Fears » sert d’éclaireur.

Les chansons arrivent à maturité sans précipitation. Tout paraît naturel, presque instinctif : c’est direct, alerte, convaincant.

Les compositions brassent électro-rock, synthpop, industriel et new wave, sur un fil mélancolique qui mène de Depeche Mode à Interpol, en passant par Nine Inch Nails.

À la guitare, le jeu reste précis et maîtrisé : slides, bends et effets s’enchaînent sans démonstration inutile.

Le chant, chargé d’émotion, épouse la rugosité des synthétiseurs et la densité de la six-cordes.

Des refrains accrocheurs tranchent sur des climats plus sombres, au sein d’une atmosphère à la fois aérienne et profonde. Sous la surface, la tension affleure et le morceau menace de basculer.

Sans durcir totalement vers l’industriel, Dresscode conserve une élégance mordante et aligne ce soir une série de titres taillés pour fédérer, sur un socle résolument énergique.

Milk prend ensuite possession du podium. À la basse : Sébastien Préaud, l’un des piliers de ce mini-festival. Les initiés le connaissent aussi chez At Night, passé la semaine dernière par l’Ancienne Belgique.

Le projet local s’est forgé une solide réputation dans les circuits régionaux. Puis il a tiré sa révérence il y a quelques années, lors d’un dernier passage au Canal10, lieu très fréquenté du côté de Saint-Ghislain.

Cette reformation, annoncée comme éphémère, poursuit un objectif simple : honorer la mémoire du fondateur du WR.

« I Want You » lance les hostilités. Dès l’intro, Milk va droit au but : zéro chichi, pas d’artifices. Le son s’avère organique, dense ; la section rythmique maintient une pression constante. Aline Renard porte le refrain, la voix un peu fragile au départ, puis de plus en plus assurée au fil du set.

Dans la fosse, la foule s’échauffe sur la pulsation répétitive et l’attaque sombre de la basse. Les riffs acérés de « Body Harmony » prennent vite le relais. Le titre figure lui aussi sur « Romantic », long playing paru en 2009, qui garde aujourd’hui encore une vraie fraîcheur.

Milk puise dans les meilleures aspérités du rock alternatif des années 90, sans pastiche.

Moment à part : Dorian, fils de Fabien, rejoint le band et reprend à la guitare électrique « Personal Jesus » (Depeche Mode). La salle retient son souffle.

« J’suis A Bout », « Fire Space », « Come On Me » : les morceaux s’enchaînent sans temps mort. Derrière l’énergie du concert, on devine une écriture rigoureuse ; la voix sert de fil conducteur à ce chaos parfaitement tenu, entre fragilité et puissance.

Les rythmes s’avèrent redoutablement entêtants. Le set reste cohérent du début à la fin, comme le confirment « Be Yourself » et « Forget », deux titres rugueux.

Milk referme la parenthèse par une version inattendue de « Forget » (Sofa Mix).

Les musiciens s’avancent ensuite au bord du podium pour saluer. Une bande-son enchaîne alors, pendant de longues minutes, « Avant de nous dire adieu » de Jeane Manson.

Pour conclure ce 18e chapitre, We Are Waves prend le relais.

La formation n’a rien d’inconnu ici : elle revient régulièrement sur les planches du micro-festival. L’auditoire répond présent, et le plaisir se lit autant côté musiciens que côté salle.

Le quatuor réunit Viax (voix, guitares), Cisa (synthés), Mene (basse) et Adriano (batterie). Direction Turin, en Italie.

Le combo cumule près de vingt ans de parcours. Parti du heavy metal, il explore ensuite le nu-metal, le rock alternatif, le post-rock, puis flirte même par moments avec le folk.

Animés par le rock, l’art et la recherche, ces Transalpins proposent une lecture personnelle de la new wave : un son hybride qui tire vers un heavy électro, puis vers des accents post-grunge.

Sur « EMDR », « Something To Lose » ou « 1982 », on comprend vite que l’on ne parle pas de musique de chambre.

Chaque composition tombe juste. Les musiciens affichent une vraie expérience, au point que l’instrument prolonge le geste.

À l’écoute de « Mirrors » ou « Lovers Loners Losers », les affinités avec The Cure sautent aux oreilles : guitares électriques, synthés, boucles hypnotiques et batterie évoquent l’ère « Disintegration ».

Autre détail frappant : certaines inflexions vocales rappellent Jim Kerr (Simple Minds). Le set assume des réminiscences eighties, jusque dans l’esthétique plus « garage ».

La température grimpe ; la sueur perle sur les visages. Le concert se termine sur « Sports », morceau où les instruments se dissolvent dans un brouhaha volontairement déroutant.

Il est un peu plus de minuit lorsque la soirée s’achève. Malgré les protections auditives, un sifflement persiste aux oreilles, souvenir tenace d’une longue série de concerts.

Les organisateurs fixent déjà le prochain rendez-vous : 10 avril 2027. Même lieu, même ambiance.

Fabien, lui, restera dans les mémoires. Et, d’une certaine manière, au premier rang.

(Organisation Centre culturel de Dour)

Epona possède déjà une longue carrière artistique et protéiforme. Elle excelle aussi bien au théâtre, au cinéma que dans la musique.

Jeune, belle et féministe jusqu’au bout des ongles, sa tessiture vocale n’est pas sans rappeler une certaine… Charles, épousant au passage de belles envolées sauvages et graves.

A travers un premier Ep intitulé « Help I’m Fine », cette femme/enfant au visage de poupon se met à nu, de manière touchante, maladroite parfois, mais toujours avec détermination, sur un lit d’histoires personnelles qui parleront au plus grand nombre.

Mademoiselle Guillaume à l’état-civil accorde quelques minutes de son temps précieux à Musiczine afin de se livrer sans fard, mais avec la justesse des grand(e)s Sages juste après une prestation remarquée dans le cadre du festival ‘Aout en Eclats’.

Epona, le féminisme et les thématiques liées à l'égalité femmes-hommes appartiennent depuis longtemps à ton identité. Ce combat a-t-il aujourd’hui toujours une raison d’exister, et tout particulièrement en Europe occidentale ?

Oui, je le crois ! A cette différence près que nous sommes davantage privilégiés en Europe par rapport au reste du monde. De nos jours, il existe encore des combats à mener. Il faut continuer à en parler, c’est très important ! Ces thématiques me tiennent beaucoup à cœur, d’autant que je suis issue d’une grande famille, dont huit sœurs. Depuis toutes ces années, j'ai entendu énormément de témoignages choquants qui ne devraient pas se produire dans une société qui se dit contemporaine. Alors, si on peut les éviter, tant mieux !

Ton témoignage suit le mouvement ‘#MeToo’ né en 2006 et fondé par l’Afro-américaine Tarana Burke pour aider les femmes victimes de violences sexuelles et appartenant à des minorités. Initialement destiné aux habitantes d’Harlem, à New York, #metoo va être retrouver relayé auprès d’Américaines de toutes origines, grâce aux méandres d’Internet. Il faudra néanmoins attendre 2017 et le procès Weinstein, producteur américain accusé de multiples viols, pour que l’hashtag connaisse un développement international. J’imagine que cette mouvance #MeToo t’a impacté, non seulement en tant que femme, mais aussi comme féministe ?

J’ignore pourquoi, mais je me suis souvent retrouvée dans beaucoup de projets au sein desquels le viol était très présent, au théâtre avec des récits ou au cinéma lors d’interprétations de textes relatifs à ce type d’agression sexuelle. D’une manière générale, nous nous sommes beaucoup renseignées sur cette thématique par la lecture ou encore par le biais de documentaires. Je dirais qu’il y a plusieurs années que le mouvement ‘MeToo’ affecte ma vie.

On a la nette impression que les langues se délient davantage dans le milieu artistique pour faire cesser ces abus d’atteintes sexuelles d’hommes sur les femmes. Je viens de citer Weinstein. J’aurais pu parler de Depardieu, Jan Fabre ou encore R. Kelly, tous condamnés, alors qu’il y a encore quelques années, ces faits auraient été passés sous silence…

Tu as raison, mais il y a encore énormément de sujets tabous dans le milieu ! J’ai écrit une chanson dans laquelle j'aborde une histoire personnelle vécue dans l’univers du cinéma. Alors oui, évidemment, l’hashtag #MeToo dénonce de grandes célébrités, mais il subsiste encore énormément de petites personnes qui se font passer pour des réalisateurs dans le but d’arriver à leurs fins. Je suis contente de pouvoir défendre cette cause par le biais de la musique, même si le sujet reste difficile.

Savais-tu qu’il existait de grandes disparités en Belgique, selon les régions ? En Flandre, 5% ne connaissent pas le mouvement #MeToo, à Bruxelles 11% et en Wallonie 20%...

Je l’ignorais totalement.

Ce sont des chiffres officiels pourtant !

Je suis étonnée de cette différence culturelle, c’est surprenant !

De nos jours, les femmes restent également encore sous-représentée en Wallonie-Bruxelles dans une multitude de domaines, et notamment celui de la musique. Y consacres-tu une idéologie particulière en tant que jeune chanteuse dont le succès est croissant ?

On dénombre de plus en plus de mouvements ou de collectifs qui tentent   de valoriser les femmes. Tant mieux, mais cette proportion n’est pas encore assez élevée à mon sens. Il est nécessaire de continuer à en parler, d’organiser des événements spécialisés qui ne promeuvent que les femmes, de manière à leur donner plus de visibilité.

Un premier EP 4 titres intitulé « Help I’m Fine » est paru en 2023. Les thématiques développées tournent autour d’histoires personnelles ou de ton entourage. Se mettre à nu demande du courage et une bonne dose d’introspection. Au-delà de l’hommage rendu à toutes ces victimes, j’ai la nette impression que tes chansons exorcisent quelque chose de plus profond qui sommeille en toi.

Un peu des deux, je pense ! Rendre hommage à mon entourage ainsi qu’à toutes ces femmes, est une démarche qui me touche évidemment. C’est très important pour moi ! Le prochain EP, qui sera bientôt disponible (NDLR : « Traumas » est paru le 7 novembre 2025 et la release party s’est déroulée au Botanique, en janvier 2026) aborde ces sujets, mais sous un angle un peu plus personnel. Je me suis plongé un peu plus profondément encore dans mes histoires. Longtemps, chanter en anglais me permettait de me cacher. Mais, j’ai très vite remarqué, lors des interviews que les thématiques étaient scrutées. La difficulté du français est qu’il demande plus d’investissement sur le plan psychologique. Est-ce que cela me permet d’exorciser quelque chose de plus profond ? Oui, je le pense. Il y a des sujets que j'aborde et dont je ne parle pas nécessairement dans mon entourage. Coucher des textes sur le papier et en faire des chansons, permet au sujet de prendre vie et de susciter le débat avec mes proches. Pas plus tard qu’hier, j’ai publié sur les réseaux sociaux un contenu sur les violences. Beaucoup d’internautes souhaitaient que j’en fasse un podcast. La parole libère autant qu’elle peut engendrer de la difficulté. Certains artistes craignent de parler de leurs expériences vécues, de peur de devoir se justifier lors d’interviews. Pour ma part, je suis parvenue à m’en détacher. La violence n’est pas un tabou, mais un combat permanent.

« Naked man (in the forest) » relate la rencontre de l’une de tes sœurs avec un exhibitionniste dans une forêt alors qu’elle y faisait des besoins pressants. Alors que cette scène pourrait prêter à sourire, tu as réussi à la transformer en chanson satirique à la musicalité légère …

Tu es fort bien renseigné ! Effectivement, l’une de mes sœurs a eu la désagréable surprise de rencontrer un exhibitionniste en allant faire ses besoins dans une forêt. Dans la musicalité de cette compo, il y a quelque chose de très léger, c’est vrai. Pour le nouvel EP, ce côté satirique s’effacera pour laisser la place à davantage d’intimisme. Je craignais les préjugés tout simplement. En réalité, la simple idée que les auditeurs puissent me coller l’étiquette de celle qui reparle de sujets embarrassants, trop lourds à entendre, m’effrayait. Le premier opus abordait les événements suivant une perspective pas ‘trop dure’, pas ‘trop meurtrie’ ; ce qui est sans doute plus intéressant et captivant pour le public. Pareil pour « Don't Care », une chanson évoquant le harcèlement de rue et dans laquelle j’interprète le ‘mindset’ d'un agresseur, en exagérant constamment. Il s’agit d’un point de vue personnel. La musicalité légère parle sans doute au plus grand nombre. Et si les auditeurs sont réceptifs aux messages véhiculés, tant mieux.

Je me permets de faire le parallèle avec « Siner you » qui aborde l’agression d’un proche sur d’autres proches. Encore un sujet d’une gravité extrême, mais traité sous une forme rock très colorée…

Oui, c’est un peu une chanson de vengeance. Il s’agit de l’histoire d'un proche qui a agressé sexuellement plusieurs personnes que je connais également. Lorsque j’en ai parlé, mes propos n’ont pas été prise en compte. J’étais rouge de colère. Alors, j’ai ressenti le besoin de coucher cette histoire sur papier. Cette chanson est une réaction à ce déni. Je n’avais qu’une envie : que le nom de cet agresseur et ses agissements soient dévoilés.

En abordant des sujets aussi personnels, ne crains-tu pas des dérives ? De te voir reprocher une forme d’égotisme ? De de devenir, en quelque sorte, le porte-parole d’une cause, si juste soit-elle ?

Un peu, si. Mais, en l’état, le projet musical n’a pas encore suffisamment décollé. Donc, on ne pose pas encore énormément de questions à ce sujet. Mais, s’il le faut, je deviendrai la porte-parole de cette cause, oui !

Finalement, Epona dénonce tout ce qui n’est plus possible d’accepter ?

J'aime beaucoup cette phrase ! J’essaie d'aborder les petites choses au quotidien. Nous avons discuté de la chanson « Naked Man in the Forest », qui traite de l'exhibitionnisme. Si l’histoire peut effectivement prêter à sourire, en réalité, la situation est bien plus interpellante. Il y a toutes ces micro-agressions que les femmes éprouvent en rue ou dans les transports en commun. Combien ne subissent-elles pas l’insistance des hommes ? Ces agressions quotidiennes finissent pas être banalisées pour tomber ensuite dans l’oubli. Il est donc normal de penser que les femmes puissent être rapidement tétanisées par un simple toucher, un mot déplacé.

« Peine pour toi » surprend. Un titre exclusivement chanté en français dans lequel on apprend qu’un type a subtilisé des photos que l’on devine intimes. Tu y dévoiles une facette plus vulnérable, alors que, jusqu’ici, les chansons étaient plus engagées.

Un jour la police m’a contactée pour me signifier qu’on avait retrouvé des images me concernant. Je ne savais évidemment pas que ce type possédait ce genre de photos. Plus tard, j’ai reçu, dans ma boîte aux lettres, une série de documents concernant des plaintes à ce sujet. Je me suis dit qu’il fallait convertir cette affaire en chanson. J’étais seule face à ma haine car c’était une histoire que je n’avais pas dévoilée. Il fallait donc que je puisse l’extérioriser. Les mots sont ainsi venus naturellement comme glissant de mes mains. Côté musique, Dimitri venait de composer et il était satisfait du résultat. Voilà comment cette chanson est née.

Tu possèdes le statut d’artiste, ce qui te permet d’être rémunérée grâce au théâtre et au cinéma. La rémunération des artistes belges est une question qui se pose depuis la nuit des temps. Est-il encore utopique de penser que l’on peut vivre de sa musique en 2025 vu l’émergence des plates-formes de streaming ?

J'ai publié récemment un post sur Instagram à ce sujet. Avoir ce statut permet de rémunérer à sa juste valeur toutes ces semaines de répétition et de création de visuel. Ce message a récolté beaucoup de vues et suscité de nombreuses réactions. D’une manière générale, il est devenu relativement difficile de vivre de sa passion. Très honnêtement, j’ai pris énormément de plaisir à jouer ici aujourd’hui, mais le cachet est amplement insuffisant pour combler tout l’investissement derrière le projet. Quant au visuel, il est essentiel dans ce métier si on veut se faire connaître car aujourd’hui, les programmations de festival et de musiques sont réalisées, la plupart du temps, par le biais des réseaux sociaux. Et pourtant, le visuel n’est pas rémunéré. Les artistes n’ont alors d’autres choix que d’avoir une profession en parallèle. Je possède effectivement ce statut grâce au théâtre, mais malheureusement, pas par la musique. Pour être tout à fait transparente, si je n’avais pas perçu ces cachets, j’aurais été dans l’obligation de prendre un travail alimentaire. Et par conséquent, consacrer moins de temps pour l’écriture et devoir éventuellement m’absenter pour monter sur scène ; ce qui dans la pratique serait tout simplement impossible. Il est donc important de soutenir les artistes, d’où l’existence de cette démarche personnelle.

Tu es issue d’une famille très nombres, 10 enfants, dont 8 filles, nés de deux pères différents. L’une de tes demi-sœurs est relativement connue dans le milieu puisqu’il s’agit de la moitié du binôme Colt, anciennement Coline et Toitoine. Je crois savoir qu’elle t’a aidée pour l’écriture d’un prochain morceau qui devrait sortir prochainement. Est-ce exact ?

Mais, où as-tu donc trouvé cette information ? Je n’ai dû la communiquer qu’à deux ou trois reprises en concert. Elle a effectivement une très belle plume. Elle devrait prochainement entamer une formation aux Beaux-Arts. Elle aimerait beaucoup écrire un livre sur notre famille, sur ses affres et son côté ténébreux. Coline va également m’épauler dans l’écriture de chansons d’autant qu’il est plus difficile d’écrire en français. J’aime beaucoup sa manière d’appréhender les textes.

Si je peux me permettre, ta voix est sublime dans les chansons douces, comme sur ces guitare/voix. Cependant, en formule groupe, on la perçoit plus difficilement. J’ignore s’il s’agit d’un problème de balance, mais c’est dommage car on ne parvient pas toujours à percevoir la subtilité du propos…

Tu as parfaitement raison ! J’en suis consciente ! Ces défauts techniques m’ennuient d’autant plus que je n’arrive pas à les expliquer. Lors des premiers concerts, les gens entendaient parfois difficilement ce que je chantais. Nous avons même dû changer d’ingénieur du son. C’est quelque chose de très frustrant. On devrait peut-être envisager d’autres moyens de mettre en évidence la voix, comme diminuer les frappes sur les peaux lorsque je pose ma voix et les augmenter à nouveau sur les parties instrumentales par exemple. D’une manière générale, les gens apprécient la combinaison guitare/voix. Mais, j’aime aussi énormément les chansons qui envoient du lourd lorsque le batteur nous accompagne. En concert, j’aime alterner chansons douces et fortes.

Tu as récemment prouvé sur la RTBF que tu étais une artiste complète, capable de porter des mots sous cette formule guitare/voix. Comptes-tu l’exploiter dans le futur ?

A vrai dire, on a déjà pas mal tiré parti du format guitare-voix, y compris dans le cadre de concerts privés. A mes débuts, je manquais de confiance. J’avais pourtant des retours positifs lorsque j’adoptais cette formule intimiste. Je ressens l’envie d’en faire davantage. Mais, toutes les chansons ne s’y prêtent pas. Je pense, par exemple, à « Sinner, you », plus difficile à jouer en guitare-voix.

Les artworks des singles et des EP montrent soit des visages brouillés que l’on parvient difficilement à distinguer, des ombres ou une partie du personnage. Est-ce un manifeste pour l’anonymat ?

Je me suis toujours inspirée du rock, tant pour le son que l’image. Lorsque j’ai lancé le projet, je ne ressentais pas nécessairement l’envie d'être représentée physiquement. J’ai accepté un jour de clipper avec quelqu’un tout à fait librement. Pour le second, je souhaitais avoir moins de visibilité. Finalement, on m’y voit beaucoup (rires). Dans le milieu, pas mal de personnes m’ont conseillé de montrer mon visage, quitte à le supprimer plus tard. Pour le second EP, je souhaitais me montrer davantage et m’assumer pleinement. Une manière déguisée d’aimer mon corps sans doute. Je serais même prête à être nue sur scène et de le revendiquer (rires).

Tu as collaboré avec Dimitri Eggermont pour ton premier EP. Comment envisagez-vous la suite des aventures ?

Nous continuons d’écrire en vue d’un potentiel troisième EP qui se focalisera sur la chanson française. Je travaillerai toujours avec Dimitri. Mais, en vue d’améliorer les compositions, nous cherchons de petites collaborations. La première a été assurée par Charles de Schutter, ingénieur du son établi à Bruxelles. Nous avons également travaillé en compagnie d’un autre ingé-son basé à Gand qui a bossé pour pas mal d'artistes connus en Flandre comme Kids With Buns, Isée, etc. Nous n’avons donc aucune idée précise du prochain qui se chargera du troisième EP.

Tu as surpris ton public en interprétant une reprise d’un groupe de rock américain, originaire de New York, The Strokes, qui a acquis sa renommée dès le début des années 2000. Etonnant pour une jeune femme de 24 ans, dont ta génération est plus encline à écouter de la techno ou du rap.

A une certaine époque, j’étais entourée de jeunes baignant dans le rap. Mais très vite, j’ai découvert le rock. De plus en plus, autour de moi, les gens écoutent du rock. A vrai dire, j’ai accroché il y a 4 ou 5 ans. Les Strokes sont venus s’ajouter très vite à cet algorithme. Dimitri et moi, nous nous sommes vite rendu compte que nous partagions les mêmes goûts musicaux. Il était assez surpris d’apprendre que ce que j’aimais, lui, l’écoutait il y a 20 ans (rires).

vendredi, 10 avril 2026 12:11

Dour (update 10-04-2026)

Depuis 1989, le Dour Festival rassemble chaque été plus de 230 000 festivaliers autour d’une programmation actuelle et polyvalente, dispersée sur 7 scènes mythiques. En tant que festival de référence européen, Dour défend une vision libre, inclusive et passionnée de la musique et des rencontres humaines. 

À l’approche de son édition 2026, le Dour Festival dévoile l’intégralité de sa programmation. Fidèle à son identité, l’événement propose un line-up ouvert et éclectique. 

Cette année, encore 200 artistes réunis autour de 4 grandes familles musicales nous offrirons l’occasion de célébrer la musique dans toute sa diversité. 

Le festival réaffirme par ailleurs son ouverture et son attachement à la diversité musicale. Depuis ses débuts, Dour fait de la pluralité des styles une force centrale, avec une ambition claire : permettre à chacun de s’y retrouver dans une atmosphère collective. Cette programmation en est le reflet. 

Dans cette continuité, le festival fait évoluer son approche et repense l’expérience proposée à son public. Plusieurs nouveautés viennent enrichir cette édition, avec une attention particulière portée à la proximité, à la convivialité et à cette énergie singulière qui caractérise Dour. Le célèbre « DOUREUUUH » en est l’expression la plus spontanée, symbole d’un lien unique entre artistes et festivaliers. 

Mais avant le rush, le Dour Festival ouvrira son édition avec THE OPENING, dans une forme repensée pour faire de la première journée du festival un véritable moment à part entière. Inspirée de l'énergie d'un before entre amis, cette journée inaugurale invite le public à se retrouver dans une atmosphère chaleureuse et fédératrice, où la musique devient le point de départ d'une expérience collective.

Comme un premier souffle avant l'intensité des jours suivants, THE OPENING prendra place sur le site du festival, repensé pour l'occasion dans une configuration inédite. Quatre scènes y seront activées, réparties sur environ un tiers du site, afin de favoriser la proximité, la circulation et les découvertes au fil de la journée. Pensée comme une montée en puissance progressive, cette journée spéciale posera dès les premières heures les bases de l'énergie singulière qui caractérise Dour. 

Plus d’infos :

Site web officiel.

Instagram.

YouTube.

Pour Marco Bartoccioni, qui se produit sous le nom de scène Bartok, l'actualité est brûlante : il sort son quatrième album, simplement intitulé Bartok, le 5 juin 2026.

C’est un artiste italien fascinant, souvent décrit comme un "architecte sonore" du blues moderne. 

Oubliez le blues traditionnel acoustique. Bartoccioni mélange le Blues primitif avec du Rock alternatif et des touches d'électronique minimaliste. 

Il joue de la guitare Lap Steel debout, une rareté technique qui lui permet une présence scénique très rock. 

Il utilise des synthés analogiques et des guitares brutes pour créer des atmosphères denses, presque hypnotiques. 

En attendant, la sortie de l’album, vous pouvez découvrir son nouveau single He Comes To Me ici.

vendredi, 10 avril 2026 11:58

Mega Surf … sur la vague du succès !

Mega Surf c'est le nouveau projet des frères de feu Last Night We Kill Pinneapple Mario et Pierre, rejoints par Bob et Mathilde. 

Après avoir dévoilé un premier titre avec le clip “Pars, pars !”, puis un second sur l’after-movie “Les Têtes Parlantes”, le quatuor amiénois revient avec un nouveau single intitulé “Le Passant”. 

Pour ce nouveau clip réalisé par Jules Marquis, les musicien.ne.s de Mega Surf ont fait le choix de confier l’interprétation de leur scénario à trois artistes (musicien.ne.s-plasticien.ne.s) amiénois.es : Jason Binet, Jean Detrémont et Marie-Laure Duplessis. 

Ce clip les suit dans des déambulations urbaines et dresse le portrait de trois personnages hauts en couleurs, aux prises avec leur environnement. 

Mega Surf expérimente et mélange les registres. Si bien qu’on les qualifie parfois de “rock indé”, “post-punk”, “math rock” ou encore “indie noise”... C’est dans l’expression “no wave” que Mega Surf s’identifie : leur goût pour la dissonance, les changements de signature rythmique et l’émancipation des compositions classiques “couplet / refrain”, rappellent ce style sans étiquette, sous l’étendard de la pure expérimentation. 

Né d’un mélange des genres de la scène amiénoise, le quatuor no wave de Mega Surf s’aventure autant dans des ballades et chansons mélancoliques que dans des rythmes brisés par des guitares distordues et basses noisy. 

Leur quatre voix, tantôt en canon, tantôt à l’unisson, surfent sur des compositions rappelant The Cure, OMNI ou encore Crack Cloud. 

Un extrait ici.

Formé en 2020 et rattaché au projet collectif B.U.N.K. depuis la sortie de leur premier disque (Spulctures, 2024), Gut Model ambitionne d'apporter sa pierre à l'édifice dans un courant Art Rock maximaliste qui traverse les époques. Le groupe vient de sortir un deuxième album pour lequel le quatuor belge s'est émancipé de son langage post-punk en réunissant de nouvelles inspirations allant du rock progressif des 1970s au noise rock des 2000s, en passant par divers courants expérimentaux actuels. 

Né d'un « sentiment d'urgence » et d'une nouvelle ambition, Hex on us! explore la recherche d'un nouveau langage stylistique de rock alternatif, alternant structures accrocheuses et non-linéaires. L'album s'articule autour de thèmes récurrents tels que la fantasy et la fuite mentale, les technologies addictives, l'impérialisme numérique, le folklore, le médiévalisme, l'individualisme et l'egotrip. Il a été enregistré par le groupe dans leur local de répétition au Brussels Unlimited Noise Klub (B.U.N.K.), mixé par Rinola Mirco et masterisé par Gabriel Séverin (Sub Rosa). 

En dehors de la musique, les membres de la formation sont engagés : ils jouent à Donjons & Dragons et Lucas prépare une thèse sur le punk et le post-punk bruxellois (1976-1985). Ils affichent leur opposition aux politiques ultra-libérales et fascisantes, aux dynamiques de gentrification et de destruction des écosystèmes, ainsi qu'aux discriminations et au colonialisme persistant.

Un extrait ici.

vendredi, 10 avril 2026 11:58

Camille Anssel a retrouvé la flamme !

Lauréat du TREMPLIN MUSIC’AL 2022, Camille Anssel poursuit son chemin sur la scène indé française. 

Après un premier EP sorti en juin 2024, orienté chanson française, l’artiste opère un virage assumé avec L’étincelle, un nouvel EP indé-pop attendu en juin 2026. 

Porté par des sonorités plus modernes et une énergie renouvelée, L’étincelle conserve l’ADN poétique de Camille Anssel : une voix sensible, des textes ciselés, et cette mélancolie lumineuse qui fait sa singularité. 

Après un premier extrait éclos sur les plateformes le 13 mars dernier :  Dans mes rêves, voici Le Tour du Monde. A découvrir ici.

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