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Les ‘Archives’ de Vanishing Twin

Le mois dernier, Vanishing Twin a dévoilé deux nouveaux titres, annonçant par la même occasion la sortie de son nouvel album « Archives », prévue le 2 octobre chez Fire Records. Le trio dévoile également son prochain single, « Sugar Stone », accompagné d’un…

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Dernier concert - festival

Epica - 18/01/2026
Suede 12-03-26
Stéphane Reignier

Stéphane Reignier

Sarah Maison dévoile « Exister », un nouveau single incandescent, disponible depuis le 25 juin sur Capitane Records.

Un titre rock, onirique et résolument engagé, qui annonce la sortie de son premier album « DIVAD », prévue le 19 septembre 2025. Grâce à sa rythmique obsédante et ses guitares affûtées, « Exister », dont le clip est à voir et écouter ici, est une charge poétique contre les dérives néo-libérales, une ode à la nature et un cri du cœur face à une société en surchauffe. Sarah y campe un arbre immobile au milieu de la ville, observant sans fléchir la frénésie de notre époque. Elle y interroge nos désirs, notre rapport au temps, à la productivité, à ce qui compte vraiment.

Inspirée autant par The Kinks, Al Massrieen que par l’univers hallucinatoire de Jodorowsky, elle signe ici une chanson manifeste, organique, brûlante, à la croisée de la fable et du pamphlet.

Le morceau s’accompagne d’un clip réalisé par Diane Sagnier, entre rêve éveillé et dystopie pastel. On y retrouve Sarah au milieu d’un décor enfantin truffé de Polly Pockets, d’objets pop et de mises en scène décalées.

Le contraste entre la douceur visuelle et la tension du propos renforce le message : notre monde va mal, mais il n’est pas interdit d’en rire jaune, ni de le danser.

La compo a été écrite, composée et arrangée par Sarah Maison, puis enregistrée par Steve Surmely (Studio Pipo). Elle s’inscrit dans la lignée de son tout premier single, « Western Arabisant », en creusant plus encore la veine rock et contestataire de l’artiste.

 

jeudi, 14 août 2025 18:19

Superbus OK ou KO ?

« OK KO », le septième long playing de Superbus est paru ce 4 juillet 2025.

Après des années de silence, le groupe français signe un retour ambitieux en proposant un elpee qui réunit 12 titres inédits et deux reprises, dans un savant équilibre entre nostalgie revendiquée et dialogues entre générations.

Pour l'occasion, plusieurs voix emblématiques de la scène actuelle : Nicola Sirkis (Indochine), Hoshi, ou encore RORI se joignent à l'aventure, insufflant une nouvelle énergie à ce projet résolument tourné vers l'avenir.

« OK KO », titre maître de cet LP en écoute

 

jeudi, 14 août 2025 18:18

Roseland au-delà de l’ordinaire…

« Beyond the Usual » constitue le troisième album de Roseland, aka Emeline Marceau. Elle a composé les chansons de cet opus entre 2021 et 2023, période marquée pour la Bordelaise par des deuils familiaux, l’après Covid-19 et la naissance de sa fille.

Le disque évoque aussi bien la disparition ("Cycle", "Low") et le temps qui passe insatiablement ("Roses") que le dévouement parental ("Devotion Song"). La musicienne questionne aussi l'identité ("A piece of You"), parle d'amour utopique ("A Lover For No One") ou en ruine ("Drifting Apart", "Tell Me Something Sweet"), narre le besoin d'optimisme et de confiance en l'avenir ("Bring You blues") ou raconte le quotidien d’une vie en temps de guerre ("Slow Down").

Sans suivre aucune véritable chapelle artistique, elle affine son style entre énergie rock, sensibilité pop et textures électroniques, sur des titres aussi bien radiophoniques qu'intimes et dreamy ou d'autres construits en forme de gros 'build up' explosifs.

“Devotion Song” (sous forme de clip ic) est un hymne pop énergique et lumineux, conçu autour de rythmiques et de guitares rock et de refrains catchy. La chanson parle de dévotion maternelle, de l’amour que l’on ressent lorsqu’on devient parent ; un amour profond et transformateur qui donne un puissant sentiment de renaissance émotionnelle. C’est une déclaration profonde où l’autre devient un symbole de guérison et de douceur, comme un parfum rassurant, une trace indélébile du lien affectif.

jeudi, 14 août 2025 18:17

L’oiseau tonnerre de Lux Harmonia…

Le dernier single de Lux Harmonia, intitulé "Thunderbird", sera disponible sur toutes les plateformes à partir du 19 septembre 2025.

Formé par Saul au chant, Max et Antoine à la guitare, Patrick à la basse et Jérémy à la batterie, Lux Harmonia mêle le rock, le funk, la country et la pop pour offrir un son rock FM.

“Thunderbird" constitue le premier single indépendant du groupe. Ce morceau revisite le mythe amérindien de l'oiseau tonnerre et le transforme en une narration contemporaine de rupture, teintée de narcissisme.

L'esthétique visuelle plonge ses racines dans le glam rock flamboyant des années 70 et 80, tout en y ajoutant une touche bohème distinctive. Cette direction artistique se reflète tant dans le style des musiciens que dans celui des acteurs, créant un univers visuellement riche et cohérent.

Thunderbird est une invitation à l'interprétation. Baigné dans des couleurs chaudes et nostalgiques évoquant un crépuscule, il offre une expérience visuelle captivante qui laisse au spectateur la liberté de s'approprier l'histoire.

Le clip est à découvrir ici

 

jeudi, 14 août 2025 18:16

Technopolice vindicatif ?

À Marseille, une nouvelle scène s’agite – plus nerveuse, plus aventureuse, plus électrifiée. Technopolice, quatuor rapide et désaxé, y prend feu en 2024 après quelques concerts marquants en tant que simples spectateurs au QG local : L’Intermédiaire.

Une poignée de shows suffisent à déclencher l’étincelle. Des groupes australiens, allemands ou espagnols comme RMFC, Ghoulies, Billiam, Autobahns ou Seggs Tape débarquent à Marseille, bousculant les repères et redéfinissant l’attitude scénique. Ce n’est plus du punk comme avant : c’est rapide, bizarre, joyeusement foutraque. C’est là que Technopolice trouve sa voie. Quelques mois plus tard, les morceaux sont là. Écrits, arrangés à l’instinct et répétés jusqu’à trouver une tension juste.

« Chien De La Casse », son premier album, est à la fois furieux et joueur. Les guitares s’effacent parfois pour laisser place à des synthés aux sonorités 16-bits, évoquant autant Gee Tee que la bande-son de Mario Kart. Les morceaux alternent entre déflagrations punk ultra rapides et séquences ralenties à la limite de la no wave. Les textes, souvent en français, naviguent entre absurdité urbaine, ironie sociale et énergie crue.

L’enregistrement a lieu à la campagne, coupé du monde, entouré seulement de micros, d’instruments et de câbles. Pas de clic, pas de triche : tout est joué ensemble, en direct, pour garder l’énergie brute du groupe. À la manœuvre, l’équipe de Pollen Session, dont plusieurs membres font aussi partie du groupe Crache. Une alliance naturelle, dictée par une esthétique commune : son crade, attitude franche, zéro artifice. Le résultat est direct, vivant, imprévisible.

« Chien De La Casse » ne sonne ni comme un revival, ni comme un collage. Il témoigne d’un moment précis – celui où un groupe capte ce qui se passe ailleurs et décide d’en faire quelque chose de nouveau ici.

À Marseille, en 2025, Technopolice hurle dans la casse, et ça résonne loin.

Le clip de sortir le soir… » est à voir et écouter 

 

jeudi, 14 août 2025 18:14

Feu ! Chatterton circonspect

Quelques jours après avoir annoncé la sortie de son nouvel album « Labyrinthe », Feu ! Chatterton dévoile le clip du premier single « Allons Voir ».

« Allons Voir » est un appel à la joie, au jeu, au plaisir de la découverte de ce qui se cache juste là, derrière la porte. C’est une invitation à célébrer la vie et à réenchanter le présent. Le clip a été réalisé par Jean-Charles Charavin.

« Allons Voir » est le premier extrait de « Labyrinthe », quatrième opus du groupe qui paraîtra le 12 septembre 2025.

Le clip est à voir et écouter ici

 

 

dimanche, 27 juillet 2025 18:30

Les Gens d’Ere 2025 : dimanche 27 juillet

Il s’agit déjà de la dernière journée de festival. Celle-ci risque d’être compliquée sur le plan météorologique, car des averses orageuses sont annoncées.

Pourtant, les festivaliers risquent d’être nombreux. Et pour cause, Pascal Obispo constitue la tête d’affiche.

Lorsque votre serviteur foule la plaine, Fredz se produit déjà sous le chapiteau. Son accent ne laisse planer aucun doute, il vient du Canada, du Québec très exactement.

Il justifie le choix de son pseudo car sur scène, il n’est pas totalement Frédéric. Le ‘z’ complète son côté artiste. C’est un jeunot, il n’a que 23 ans !

Sa musique navigue aux confluents du rap français (Nekfeu, Alpha Wann), de la pop, de la trap et de la soul. Le style se distingue par une écriture introspective et mélodique.

Il débute la musique à domicile à 15 ans, entre guitare et beatmaking. Son premier Ep, « Dans ma tête » (2019), est suivi d’une mixtape « Pas d’épines, pas de roses », parue la même année.

Son opus, « Demain il fera beau », a été nominé aux Felix Awards 2024 (Album ‘rap’ de l’année) et aux Juno 2025 (Album francophone de l’année).

Son single, « Le stade », a dépassé les 21 millions d’écoutes et est devenu ‘single d’or’ au Canada.

Ses chansons touchent au quotidien et baignent souvent dans un spleen profond, comme sur « Ce soir – J’suis dans ma tête ».

Le public semble réceptif aux frasques du jeune homme, notamment lorsqu’il interpelle un Monsieur au premier rang et lui demande son nom. Il s’appelle Thomas. Tout de go, le chanteur annonce alors à son public que le concert sera dédié à tout le monde… sauf à Thomas.

Il met son succès sur le dos de chansons avec ‘3 accords’. Il le démontre en chatonnant cette comptine faussement légère.

Malgré son jeune âge, Fredz maîtrise les codes de la musique, des textes et de l’émotion, à l’instar de titres comme « Allo la lune » et « Dans les soirées ».

Force est de constater qu’au-delà de la musique, c’est l’ambiance qui a marqué la prestation, déclenchant l’enthousiasme au sein de l’auditoire, entre chants, battements de mains et sourires partagés.

Fredz est parvenu à créer un moment de connexion sincère, non seulement avec ses fans, mais aussi ceux qui le découvraient. Accompagné d’une équipe solide sur les planches, il a livré un spectacle sans temps mort, qui a capté l’attention du début à la fin, jusqu’aux derniers… accords.

Sur la grande scène, Léon attend sagement que le public se déplace en masse, pour un set inédit, puisque c’est la première fois qu’il se produit en solo.

Le type a déjà bien bourlingué. Il s’agit même de l’un des membres de Delta, un groupe belge de pop-rock bien connu, réunissant Benoît Leclercq et de Julien Joris.

En outre, Léon a collaboré avec des artistes comme Typh Barrow, Mustii, Florent Pagny, Yannick Noah et Arcadian.

Benoît se présente donc sans son comparse. L’estrade est parsemée d’instruments divers. Pourtant aucun musicien n’est annoncé, pour le soutenir. Ce qui laisse penser que le gars va devoir se charger de se coltiner la panoplie d’instruments en occupant tout l’espace sonore.

Il est venu défendre son premier Ep, intitulé « Aïe », tout fraichement sorti, qu’il a composé, enregistré et produit dans son propre studio à Bruxelles.

Le jeune homme semble assumer pleinement sa posture. Il enchaîne une série de titres issus de ce support. « Basique » et « Ça va pas durer » marinent au sein d’une atmosphère douce et mélodique. Mais, ne vous trompez pas, l’artiste sait aussi se montrer plus énergique en proposant, également, des titres chargés d’intensité.

Léon cisèle finement sa plume. Il explore, à travers ses textes, des émotions profondes, des blessures intérieures, entre pop, chanson et musique électronique contemporaine.

Afin de satisfaire les fans de la première heure, des chansons moins récentes sont également insérées dans sa setlist, comme une exploration intimiste d’un jeune chanteur cherchant sa voie.

Nonobstant une prestation relativement tendre, Léon est parvenu à susciter l’attention des plus curieux.

Le temps est de plus en plus menaçant. Il est temps de se mettre à l’abri. Et tant qu’à faire, y assister au concert de RORI.

Après avoir marqué les esprits en assurant la première partie de Lana Del Rey, au festival Rock en Seine, devant 40 000 spectateurs, RORI poursuit son ascension. Cet été, elle s'invite sur les scènes de plusieurs festivals dont Les Francos à Esch/Alzette, Les Gens d’Ere et Les Solidarités à Namur.

Nouvel espoir de la scène musicale belge, RORI s’impose grâce à un univers atypique, puissant et résolument moderne.

Portée par un style pop-rock instinctif et percutant, la jeune dame capture les tourments et les espoirs d’une jeunesse en quête de repères, devenant ainsi une voix authentique et inspirante. A travers des textes sincères et engagés, elle transforme ses émotions en hymnes générationnels, oscillant entre fragilité et intensité.

Les spectateurs les plus fervents auront remarqué qu’il ne s’agit pas d’une novice, puisqu’elle a milité aux côtés de Valentin Vincent – chez Beffroi, décédé à l’aube de sa vie.

La petite maîtrise les codes du marketing en faisant de la couleur rouge, une identité et sa marque de fabrique. On retrouve ainsi cette teinte sur le micro et son pied. C’est également celle qui domine le light show. Et puis celle qui a été choisie pour l’inscription sur la peau de résonnance de la grosse caisse.

Toujours flanquée de ses fidèles serviteurs, l’ex-The Subs, Hadrien Lavogez, préposé à la guitare, et Martin, caché derrière les fûts (NDR c’est aussi le batteur de Ykons), la demoiselle entame son tour de chant par « Ma Place », dont le phrasé, les sonorités pop et les appuis rythmiques sont très communicatifs.

Le band livre une forme de pop/rock chanfreiné, qui lui va comme un gant. Les fans de la première heure s’y perdront, l’artiste ayant jusqu’à présent chantourné dans la langue de Shakespeare.

Vêtue d’un crop-top de couleur noire, la jeune fille laisse apparaître un corps filiforme. Elle connait bien ce festival pour s’y être déjà produite dans le passé.

Capable de vous retourner de solides punchlines, l’ingénue est devenue une figure de proue de la scène musicale noir-jaune-rouge, pour l’avoir écumée depuis quelques années.

Aujourd’hui, elle s’affranchit des préjugés pour servir un répertoire cuisiné à la sauce pop acidulée, devant un public que l’on dit souvent élitiste. Mais « Ma place », met tout le monde d’accord. Les riffs de guitare, les frappes syncopées et la voix portante de RORI, font de ces ingrédients, une recette qui incarne une nouvelle génération d’artistes qui ramène le rock alternatif sur le devant de la scène pop, imposant son style avec une authenticité et une force indéniables.

Sur le percutant autant que ravageur « Vampire », la jeune dame vampirise complètement son auditoire. Un titre dont les sonorités résonnent encore aujourd’hui dans la tête de votre serviteur. Et donne le « Vertige » à son cœur, tout au long de cette compo livrée avec justesse et émotion.

Caractérisé par son phrasé haché, ses sonorités pop et ses appuis rythmiques, la musique de RORI, artiste manifestement charismatique et communicative, rallie rapidement la foule à sa cause et s'inscrit dans l'air du temps.

Malgré ce « Soleil » brûlant, les corps se dénudent. Force est de constater que cette situation suscite la « Jalousie ».

Alors que Rori embrasse différents styles, depuis la pop au rock en passant même par le funk, ses chansons abordent des sujets personnels et très intimes à l’instar de « Loser ». Alors qu’hier, ces thèmes la rongeaient, aujourd’hui elle semble les cultiver et en tirer parti.

Spasmodique, « Miroir » véhicule des accents nostalgiques. A moins que le rétroviseur ne soit un moyen de regarder le passé afin d’affronter l’avenir.

Touchante et la sensibilité à fleur de peau, Camille Gemoets (à l’état civil) a accordé un concert d’une intensité rare, dévoilant, un peu plus encore, le contenu de ses émotions.

Justement, « Docteur » vient doucement clôturer la fin d’un set très enrichissant. Une chanson ultra médiatisée dont les spectateurs semblent connaître les paroles du refrain et qui met exergue, ce sentiment de différence.

RORI a tout d’une grande : la musicalité, la justesse, l’émotion et ce désir de faire le bien à l’aide de textes dans lesquels le mélomane lambda s’y retrouve.

Amir est programmé sur la main stage. L’artiste avait été boycotté lors d’un festival précédent, organisé par un pair qui reprochait ainsi au chanteur franco-israélien d’être trop proche du Tsahal (l’armée israélienne pour laquelle il a servi) et du gouvernement Netanyaho.

A Ere, il semble avoir été épargné par ces frasques idéologiques. Mais, étrangement, au moment de son tour de chant, d’importantes trombes d’eau se sont abattues sur le site, contraignant les festivaliers à se mettre à l’abri. Y compris votre serviteur, trempé jusqu’aux os.

Le peuple attendra patiemment Cali pour les 20 ans de « L’Amour Parfait ». ‘Parfois on garde le meilleur pour la fin’. C’est par ces mots de Joe Strummer que Cali définit son album anniversaire.

Eh oui, vingt ans plus tôt, Cali présentait sa définition de l’amour parfait, un album qui s’est vendu à plus de 500 000 exemplaires et dont certaines chansons sont restées dans les mémoires.

En 20 ans, il a gravé 12 albums studio et accordé des milliers de concerts. 20 ans d’amour pour un public, et pour des artistes que Cali a eu la chance de côtoyer, d’admirer et d’aimer, dont certains constituent d’ailleurs, une influence majeure pour le chanteur.

La réputation suit l’artiste, inviter Cali dans un festival, c’est comme investir dans l’immobilier, cela reste une valeur sûre !

La pluie est tellement dense que l’estrade est inondée ; et ce malgré l’évacuation réalisée par des préposés, raclettes à la main. Ni une, ni deux, Cali accourt sur l’estrade et fait mine d’attraper les gouttes d’eau. Parfois en vain, mais souvent avec succès, il faut l’avouer.

« Elle m'a dit » donne le ton de ce qui sera un cocktail de fougue et de sincérité. Ce morceau met en lumière le choc émotionnel ressenti lorsqu'une relation s'effondre sans crier gare.

Le chanteur/amuseur ne cessera de faire le pitre durant le live et ce pour le plus grand bonheur des fans ébahis ! Serait-il dopé à une quelconque substance psychotrope ?  Grimaces, gestes amicaux, regards insistants accompagnent le gai luron lors de la seconde compo, tout aussi tonitruante, largement connue auprès du grand public : « C’est quand le bonheur ».

Pour cette tournée, il est accompagné d’artistes importants à ses yeux. Et la surprise est de taille ! A commencer par Noé Preszow, un auteur-compositeur-interprète et musicien belge venu le rejoindre pour un délire collectif.

La chanson à peine achevée, le troubadour de la chanson française commence à manifester une envie irrésistible de jouer avec le public. Et ce qui devait arriver, arriva. L'homme taillé comme un gringalet se hisse sur le frontstage, prend un élan, et s’abandonne au crowdsurfing pour entamer une danse du diable perché dans les airs. C'est un passage obligé chez lui et ce soir ne fera pas exception à cette règle, qui semble-t-il, est immuable ! Le tout sans perdre de souffle ! Pas mal pour un gars qui a la cinquantaine passée... Heureusement pour celles et ceux qui l'ont soutenu, le casse-cou doit à peine peser cinquante kilos, tout habillé !

Repoussant ensuite les principes des règles de sécurité, l'artiste dynamise un peu plus le spectacle et invite toute la presse à monter sur le podium devant un parterre de quelques milliers de personnes, pour immortaliser le souvenir d’une photo de famille puissance mille.

Sa réputation de personnage complètement déjanté est largement méritée.

Enfilant les tubes, le Toulousain, expose et s'expose à travers le prisme de sa vie, ses amours, ses attentes et ses envies. Et ce n’est pas « Elle m’a dit » qui va retenir les ardeurs des uns et des autres, lorsqu’on sait que le fanfaron se caresse la langue pour mieux se caresser le sexe, le tout sous les yeux ébahis des parents accompagnés de leurs chères têtes blondes. Proche de l’ignominie, Cali pose ensuite sa gratte sur le sol, s’y couche et fait mine de lui faire l’amour. C’est chic !

Preszow ne sera évidemment pas l’unique invité. Le suivant, Antoine Delie, un (autre) jeune Belge, affiche des allures d’intello. Ils forment à eux deux, un joli duo chic et choc.

Cali est connu pour être un artiste engagé qui traite souvent de sujets sociaux, politiques et des valeurs comme la liberté d’expression dans ses chansons et ses prises de parole.

Aujourd’hui, il sera notamment question de Paul Watson, officier de marine, militant écologiste et antispéciste canado-américain, détenu pour ses engagements. Ou encore des enfants qui décèdent chaque jour lors des conflits ou encore de Gaza.

Sur des musiques simples, mais accrocheuses, Cali a pris le parti de choisir ses mots avec une grande délicatesse afin de décrire intelligemment et sincèrement les maux de la vie et la difficulté d’aimer aujourd’hui. Au fond, n’est-il pas préférable de ne pas aimer plutôt que ne plus aimer ? A méditer...

Afin de tenir en haleine un public particulièrement en effervescence, Cali invite une jeune artiste belge bien connue des francophones. Il s’agit de Charlotte Foret, aka Charles, une auteure-compositrice-interprète belge, originaire de Braine-le-Château. Ensemble, ils entament une danse endiablée sur fond de décibels.

Cali entame enfin « Je m’en vais » et accompagne la parole aux gestes. Une fois de plus, il s’élance dans le public, obligeant les festivaliers à le transporter vaillamment pour quelques mètres. Et très rapidement, dans le feu de l’action, c’est Arno, récemment décédé, qui entre dans le cœur et la tête de celles et ceux qui chantonnent en chœur un « Putain Putain » acidulé. Au fond, il est vrai que nous sommes tous des Européens.

Delie refait surface pour un « La vie quoi », hymne à la vie et à l’amour, issu d’un album de 2015, qui n’a pas pris une ride. C’est franchement percutant, incisif et jouissif.

Mais c’est auprès de Nicolas Michaux qu’il termine les présentations. Un artiste qui s’est fait connaître en drivant Eté 67, une formation qui a sévi de 1998 à 2002. Depuis, il a embrassé une carrière solo. Il a vécu quelques années à Bruxelles avant de rejoindre l’île de Samsø au Danemark pour des raisons familiales. Retour donc dans le plat pays le temps d’un concert.

« 1000 cœurs debout » clôt le set. Un moment qui permet au drummer de se lâcher comme jamais et d'extérioriser toute sa technique de frappe.

Une page se tourne, mais un livre entier s’est écrit ce soir…

Généreux, Cali a offert une fois de plus un moment de pure grâce. Ses compos font mouche et il continue de partager son amour avec un public toujours aussi réceptif.

Une chose est sûre, le champ du possible de Bruno Caliciuri, à l’état-civil, est illimité. Véritable touche-à-tout, il respecte ses engagements, tant dans l’univers du théâtre, de la poésie, de la littérature et, bien évidemment, de la musique. Un artiste, un vrai !

Le dernier concert de cette édition du ‘Les Gens d’Ere’ sera assuré par Pascal Obispo.

La foule est compacte. Pas étonnant, puisqu’il possède une notoriété certaine. Auteur-compositeur-interprète français, il connaît le succès dès 1992, grâce au titre, « Plus que tout au monde ».

Parallèlement à sa carrière de chanteur, il signe de nombreux succès pour d'autres artistes, tels que Florent Pagny, Johnny Hallyday, Garou, Zazie, Marc Lavoine, Natasha St-Pier, Patricia Kaas, mais aussi la comédie musicale ‘Les Dix Commandements’. En tant qu'interprète, Pascal Obispo a vendu plus de cinq millions d'albums et en tant que compositeur quatorze millions.

Obispo a également mis sa popularité au profit d'œuvres humanitaires, et tout particulièrement au service des Restos du Cœur et de la lutte contre le SIDA.

Lorsqu’il se présente sur scène, il est habillé tout de blanc. Une bien belle idée, lorsqu’on constate l’état boueux du site, laissé par les pluies diluviennes qui ne cessent de tomber depuis quelques heures.

Il s’agit de sa dernière date en Belgique. Autant dire que la plaine est… pleine à craquer.

Entre moments au piano ou debout devant le public, guitare en bandoulière, alternant ballades et morceaux pop/rock, Obispo enchaîne les chansons. Celles de son répertoire, mais aussi composées pour les autres.

Mais c’est par un « Jamais » qu’il entame son show. Une aubaine, lorsqu’on sait qu’il va brasser 30 années d’une carrière riche et intense.

Ses chansons sont souvent ponctuées d’anecdotes et de souvenirs, l’artiste se remémorant les moments les plus marquants de sa carrière ou de ses rencontres.

Un concert au cours duquel il ne s’accorde aucun répit. Ses compos couvrent le temps d’une époque, à l’instar de « L’importance, c’est d’aimer », « Sa raison d’être » ou encore « Savoir aimer ».

L’artiste est soutenu par une kyrielle de musiciens. Des instrumentistes conventionnels, mais aussi des préposés aux cuivres et percussions. Ce qui donne davantage d’amplitude aux morceaux.

Pourtant, malgré une volonté certaine de bien faire et l’engouement du public, le concert peine à décoller, l’artiste se murant trop souvent dans des discours autocentrés.

Le live de ce soir constituera donc un best-of des chansons les plus populaires, depuis « Millésime » à « Un jour, une femme », en passant par « 1980 ». Des titres impérissables.

Le festival ferme boutique à deux heures du matin pour les plus courageux. Votre serviteur l’est moins.

Une fois encore, le festival ‘Les Gens d’Er’ a livré des concerts d’une qualité exceptionnelle. Tout y était : la joie, la bonne humeur, une musique de qualité et surtout une équipe entièrement composée de bénévoles largement récompensée par les sourires du public.

Vivement l’année prochaine !

(Organisation Les Gens d’Ere)

samedi, 26 juillet 2025 19:13

Les Gens d’Ere 2025 : samedi 26 juillet

Avant-dernière journée de festival. La chaleur est étouffante et le ciel est chargé de gros nuages orageux, de quoi craindre le pire !

Que cela ne refroidisse pas la joie et la bonne humeur des quelques impatients qui se sont pressés dès l’ouverture des portiques.

Votre serviteur arrive en début d’après-midi, la journée risque donc d’être longue. Autant qu’elle soit riche de découvertes !

C’est Coline BLF qui s’y colle ! Elle est accompagnée de ses quatre mousquetaires ! Exception faite, qu’à défaut d’épées, ils ont pour seules armes toute une panoplie d’instruments, basse, guitare, clavier et batterie.

Elle est originaire de Namur. L’univers musical au sein duquel elle baigne, oscille entre bedroom pop et French pop.

Chantant seule dans sa chambre depuis son plus jeune âge, accompagnée de sa gratte, ce n'est qu'à ses 18 ans qu'elle dévoile son goût pour le chant. Après une année passée en Californie, Coline se lance et travaille sur un premier Ep, « Blue Nostalgia », qui verra le jour en septembre 2022.

Elle entame son set en regardant droit dans les yeux votre serviteur pour lui balancer un je t’aime « A la folie », une compo au cours de laquelle ‘l’amour toujours’ est roi sur fond d’un flow down tempo.

Petite par l’âge, mais grande par la taille, elle se produit devant un parterre plutôt maigre, ce qui n’est pas sans rappeler que, généralement, le peuple ne se soucie guère des artistes émergents. Dommage parce que cette jeune fille possède dans la voix un grain virginal assez surprenant.

Elle aime les textes engagés. Que ce soient sur « Les poissons », Jours heureux » ou encore « Sunrise », la gonzesse s’interroge sur le monde et le devenir de la planète.

En quête de réponses existentielles, elle s’interroge à travers « Sunlight », sur toutes ces choses que l’on n’apprend pas à l’école. Une compo écrite lorsqu’elle avait 21 ans.

Sous le regard stupéfait des spectateurs, elle s’empare d’un drapeau palestinien, proclamant un ‘cessez-le-feu’ immédiat. Et quoi de mieux qu’un « Où on va », ersatz d’idéal idéologique, sociétal et politique pour s’en convaincre. Et tout cas, on peut affirmer que cette fille en a dans le…

Sa musique vintage et solaire est d'abord influencée par King Krule, Clairo et Mac Demarco, mais aussi par de nombreux artistes francophones tels que Lewis Of Man ou encore Claire Laffut. Et ce n’est pas « Cheveux argentés » qui démentira cette impression, une compo subtilement sautillante dédiée à sa mère, relative à la sénescence et à la honte qu’elle peut provoquer chez un individu ainsi que les dégradations causées par le temps sur le corps d’une femme.

Et puis, ses propos se transforment aussi en véritable plaidoyer à l’égard de l’inaction des politiques, tout au long de ce « Feu », bouillonnant de colère et caractérisé par son refrain entêtant, au cours duquel elle clame ‘Soyons heureux avec que le monde brûle’, véritable hymne repris en chœur par l’auditoire.

Parfois doux ou teinté d’une pointe de rock, l’univers de Coline BLF est protéiforme, passant à de jolies ballades aux textes plus rompus.

Loin des enjeux qu’elle défend, la belle sait se montrer davantage solaire lors de morceaux aux sonorités eighties, comme cette « Luna », personnage fictif qui invite le peuple à se déhancher. Une compo qui projette dans les esprits, l’image de la boule à facettes qui inonde le dancefloor de ses lumières…

Figure emblématique de la nouvelle chanson française, Coline BLF s’est montrée digne, sincère et hautement humaine transformant ses textes en combats contre un monde qu’elle dépeint avec hargne, mais dont elle ignore encore tout.

Direction ‘Babord’, où KOWARI est prête à en découdre sous le chapiteau.

C’est un projet au patronyme étrange drivé par le violoniste Damien Chierici (Dan San, Yew) et le pianiste Louan Kempenaers (Piano Club, Aucklane, au sein duquel il se consacre à la basse), tous deux issus de la scène pop/rock belge.

Si Kowari est un petit mammifère à la queue en plumeau, comme dans ‘Le Roi Lion’, le nom de scène évoque plutôt le totem scout d’une amie commune.

Bien qu’à la base, le projet était destiné à la musique de film, très vite on lui suggère le ‘live’, l’univers du duo s’y prêtant admirablement bien.

Tout en s’appuyant sur sa formation classique dans la structure des chansons, KOWARi propose une expression sonore qui navigue entre néo-classique et ambiant, Chierici se chargeant d’y apporter de la douceur alors que Louan la sublime de ses sonorités électroniques.

Une musique dont l’approche, la culture et l’instrumentation n’est pas sans rappeler celle du duo berlinois Two Lanes.

Cette formation s’inscrit au cœur de cette nouvelle génération d’artistes repoussant les frontières entre l’organique et l’électronique avec un souci de la précision et du show poussés à son extrême.

Secondé par un light show absolument délicieux, les deux comparses livrent un set nourri à l’instinct et l’expérimentation, grâce aux synthés et autres loops. Sans oublier les cut-offs sur les instruments. Bref, une panoplie technologique qui leur permet de s’exprimer cinématographiquement.

Sensorielle, profonde et altruiste, la musique de Kowari, entre passages calmes et envolées diaboliques, explore de grands espaces recouverts de sable chaud propices à la sensualité. Des chansons qui se vivent plus qu’elles ne s’écoutent.

Un groupe qui peut surprendre dans un festival où le line-up se veut plutôt populaire et accessible, mais ses élans sauvages et ses air(e)(e)s de liberté s’intègrent plutôt bien dans un tel environnement…

Autre endroit, autre style ! Cette fois, c’est au tour d’Elia Rose de grimper sur les planches !

Elle connaît bien la région. De son véritable nom Elia Fragione, cette auteure-compositrice-interprète est originaire de Tournai. Elle propose une pop éclatante, influencée par les années 80, à la fois funky, électro et très colorée à l’instar de « Gin Tonic ».

Elia est Issue d’une famille de musiciens : son père est un pianiste-chanteur italien et sa mère une chanteuse anglaise. Elle monte sur scène dès l’âge de 3 ans dans le piano-bar familial ‘Les Trois Pommes’ d’Orange. À 15 ans, elle est finaliste de l’émission ‘Pour la Gloire’, diffusée par la RTBF, au cours de laquelle, elle interprète une chanson de Vanessa Paradis. Plus tard, elle participe à ‘The Voice Belgique’ (2011 puis 2013), coachée par Natasha St-Pier.

Elia nous plonge au sein d’un univers pop électro vintage, très inspiré des années 80 (synthés, rythmes dansants, refrains catchy).

Elle enfile, à maintes reprises, une tête de licorne colorée. Un humour second degré et une auto-dérision qu’on retrouve sur « Colors ».

Parfaitement à l’aise tant à la basse qu’au un keytar (clavier-guitare), elle rallie un public particulièrement réceptif à ses frasques, à l’instar du succulent « Criminal », issu de « Album I Love It », caractérisé par son gimmick radiophonique.

Et pour couronner la fête, plusieurs danseuses s’invitent, le tout dans une ambiance foutraque.

Le show est visuellement intéressant, l’investissement personnel est à souligner, mais dans sa globalité, le set manque cruellement de constance et de cohérence.

Retour au chapiteau. Un artiste étrange s’y produit. I s’agit de Julien Granel. Lorsqu’il débaque, on dirait, à s’y méprendre, un clown tout droit sorti d’un cirque. Accoutrement bariolé, cheveux bicolores, lunettes trop grandes et moustache à la Magnum.

Auteur-compositeur‑interprète et producteur, Granel est réputé pour ses performances scéniques hautes en couleur. Son ascension sur la scène musicale francophone a été rapide.

Paru en 2019 et sculpté dans un électro‑funk-pop, son Ep, « Bagarre Bagarre », lui a permis de se faire remarquer. Tout comme ses multiples collaborations, et notamment celle opérée en compagnie de Léna Situations, pour « A la folie ».

Paru en 2022, son elpee « Cooleur » reçoit un accueil favorable de la part du public et des médias.

A l’aide de – notamment – son synthé OB‑6 analogique, soutenu par un Ableton Push, Julien Granel mise surtout sur l’improvisation et l’interactivité lors d’un show extrêmement énergique et visuel.

Le public ne s’y trompe pas, car avec Juju, c’est la fête. Invasives, mêlant fraîcheur, sophistication orchestrale et groove les compos tournoient dans les ‘portugaises’.

Bref, Granel est un artiste qui fait la fête visuelle autant qu’auditive. Une forme de kaléidoscope à l’esthétique flamboyante, entre mode colorée et ambiance kitsch assumée.

Juste le temps de rincer le gosier et votre serviteur est de planton face à la main stage pour y découvrir le set de Joseph Kamel.

Auteur-compositeur-interprète franco-égyptien, il grandit dans un univers musical riche, entre la France et l’Égypte.

À 8 ans, il commence la musique au Caire, apprenant le piano et l’oud, instrument traditionnel. Il s’installe en Normandie (Caen) à l’âge de 13 ans, découvre la guitare et la MAO, puis commence à écrire et composer ses propres titres.

Ses influences oscillent de la musique orientale traditionnelle à la pop urbaine, en passant par le slam, dans un style plutôt susceptible de rappeler Grand Corps Malade ou Ben Mazué.

Il se révèle auprès du grand public, en 2021, lors de l’émission ‘The Artist’ (France 2), en interprétant « Dis‑moi », un titre qui viralise ensuite les plateformes. L’année suivante, il assure la première partie de Julien Doré lors de ses tournées dans les Zéniths.

Doté d’une voix profonde, expressive et vibrante il est capable de transmettre émotion et authenticité, à l’instar de « Ton regard », une chanson écrite pour sa fille encore à naître et à… concevoir.

Kamel maîtrise sans aucun doute les codes du genre. Ce qui lui permet de s’attirer la sympathie du public. Ses interventions sont ponctuées de réflexions à l’humour tranchant, notamment lorsqu’il s’étonne qu’il fasse chaud en Belgique. Une première dit-il avec conviction.

L’artiste s’épanche sans fard sur sa vie personnelle et ses collaborations artistiques, notamment celle réalisée auprès de Mentissa pour « Tu vis », lors d’une alchimie vocale entre douceur et puissance, portée par une sincérité touchante. Mais, comme le binôme n’est pas présent, c’est le public qui se charge de pousser les petits cris.

Sans foi, ni loi, l’artiste-humoriste regarde dans le rétroviseur de sa vie, tout au long de « Miroir ». Le spectre de Garou rôde.

Le public est attentif lorsque Granel raconte que dans sa ville natale, un petit garçon écoutait en boucle le premier album de Julien Doré. Et lorsque ce garçonnet a pu lui parler pour lui prier de chanter avec lui, Sieur Doré de lui promettre qu’un jour son vœu s’exaucerait. Kamel ne tient en haleine le public que quelques minutes, avant d’avouer qu’en fait, ce petit garçon était un… copain de classe. Ce qui déclenche l’hilarité au sein de l’auditoire, qui, un instant, avait cru à ce conte moderne.

Il poursuit sa prestation en faisant croire que Julien Doré attend sagement en backstage afin de l’accompagner sur un titre. Un leurre évidemment. Mas pour l’artiste, un public émerveillé durant quinze secondes est un public envahi de bonheur. Et comme une surprise n’arrive jamais seule, il récompense le public, en interprétant « Beau ».

Il évoque aussi régulièrement sa famille, ses racines et sa double culture, et rend un hommage intime à ce frère cadet sur « Petit frère ». Et comme le public semble rempli de tristesse en apprenant que cette chanson était la dernière, il promet qu’elle va durer… deux heures. Ce n’est plus de l’interaction qui s’installe entre la foule et l’artiste, mais une communion. Peut-être solennelle.

A peine dix minutes plus tard, le chapiteau est prêt à accueillir Puggy, un groupe belge réunissant le chanteur/guitariste Matthew Irons, le bassiste Romain Descampe et le batteur Egil ‘Ziggy’ Franzén.

Fondé en 2005, à Bruxelles, la formation propose une musique, fruit d’un mélange entre pop et rock acoustique, et le tout est teinté de légères mais remarquables influences latines.

Irons est loin d’être un inconnu. Il était membre du jury dans le télécrochet, ‘The Voice’, sous sa version belge.

Le chanteur est assez classieux, il porte une petite veste bleue et un t-shirt blanc, impeccablement repassés.

« The way we thought it was », une toute nouvelle compo, ouvre les hostilités. Il s’agit d’un extrait du futur long playing. De quoi mettre forcément l’eau à la bouche. Alors que Matt cisèle les riffs, Romain frappe ses cordes avec acharnement, tandis que le troisième larron tambourine aussi fort qu’il le peut sur les nombreux fûts et cymbales dressés devant son corps raide comme un piquet. C’est énergique, c’est rock et c’est fun.

La furie gronde, le public s’exalte et très vite la sueur apparaît sur le front des musiciens alors que « Never give up » embraie. « I do » baigne au sein d’une atmosphère emphatique, impression amplifiée par les ivoires largement syncopés.

Irons troque sa gratte électrique pour une semi-acoustique. C’est alors que « Simultaneously » prend son envol. Une compo aigre-douce qui permet au chanteur de monter allègrement dans les aigus, tandis que le batteur s’amuse à jouer à contre-temps. Mais c’est encore dans les vieilles marmites qu’on fait les meilleures soupes. Et pour cause, « To wind the world », une compo acidulée qui remonte à 2013, rallie tous les suffrages.

Plus structuré, « Change The Colors » libère des sonorités pop/rock dansantes, réminiscences de l’identité primaire du band.

Après avoir fait le pitre, les zicos changent de registre. Matt reprend son rôle de préposé à la gratte semi-acoustique et entame une seconde ballade dans une configuration atmosphérique. On se sent alors bercé par ce « How I Needed You ».

Afin de garder le cap et l’attention des festivaliers (qui se sont soudainement pressés), « Last Day On Earth » permet aux percus de décoller, alors que les cordes de la basse sont mises à rude épreuve. Un morceau percutant, aux riffs singuliers et au solo tonitruant parfaitement maîtrisé par Irons lors du bridge.

Un moment solennel ! La frontière entre l’estrade et la plaine disparaît au profit d’une communion où Dieu n’a d’égard que pour lui-même.

Le set prend doucement des allures de fin. « When You Know » constitue la pierre angulaire d’un show solide comme un bloc de béton. Un titre qui se distingue par de belles progressions au clavier et un solo de batterie étourdissant. La foule se montre particulièrement réceptive au show et la formation se fend d’une attitude fédératrice.

« Numbers » et « On my mind » sont magistralement interprétés. Un set que les festivaliers de cette édition du ‘Les Gens d’Ere’ ne sont pas prêts d’’oublier.

Alors qu’il fait nuit noire, Hoshi est dans les starting-blocks. Elle a enfilé de grosses godasses et des chaussettes à damiers noirs et blancs, afin, sans doute, de signaler le début du tour de chauffe.

Avant d’entamer sa carrière solo, Mathilde Gerner, à l’état-civil, a effectué ses premiers pas au sein du groupe amateur TransyStory, formé en septembre 2011. Passionnée par la culture japonaise, elle a d’abord choisi pour nom de scène Hoshi Hideko, puis simplement Hoshi, qui signifie ‘étoile’ en japonais.

Ses musiciens entrent en scène, lentement, tour à tour. Et dans cette bande, il n’y pas que des inconnus. A commencer par Lola Frichet à la basse (Pogo Car Crash Control), Charlène Juarez aux claviers (Brigitte) et Enzo Gabert à la batterie (Skip The Use). Et c’est Lucie, un joli bout de femme, qui se réserve la guitare… d’un vert éclatant.

« Mauvais rêve », titre phare, retrace les étapes d’une vie que l’on comprend difficile, rejetée de tous et du système.

Hoshi impose un style musical bien à elle. Des textes simples, mais touchants, une musique entraînante et une aura exceptionnelle. Sans oublier cette voix haut-perchée et quelque peu nasillarde qui peut perturber les non-initiés. Pas étonnant donc qu’elle soit devenue l’une des révélations de la chanson française de ces dernières années.

Très vite, elle embraie par « Papillon », une compo aussi légère que les ailes d’un insecte holométabole auquel il appartient.

« Puis, t’as dansé avec moi », très vite, s’épanche sur la cruauté extrême dont elle a été victime à travers son appel au manifeste, « Amour censure », hymne à la tolérance et à la sincérité des sentiments amoureux.

Hoshi, elle-même victime d'agression homophobe, a écrit cette chanson en réaction à une certaine libération de la parole discriminatoire, notamment après la ‘manif pour tous’. Une composition qui malheureusement a encore des raisons d'exister auprès des ‘biens pensants’. Et pour contrer toute cette haine, rien de tel qu’un gros fuck à tous ces enculés dont elle n’a plus peur aujourd’hui, dit-elle, tout en agitant un drapeau arc-en-ciel, symbole du mouvement LGBT+.

Son grain de voix particulier est mis en exergue sur « Neige sur le sable », une compo issue de « Cœur parapluie », installant l’Amour au cœur des débats. 

Elle empoigne ensuite sa sèche, comme à ses débuts, pour y jouer « Manège à trois », lorsqu’en rue, elle essayait d’accrocher du regard les passants, sans parvenir à ses fins. Sauf sa mère et son père, dit-elle, entre rage et désespoir.

Douée pour les métaphores et autres figures de style, elle poursuit sur un ton nettement plus rock sur un « Femme à la mer », hymne à la boisson-trahison où on l’entend chanter avec exaltation que plus elle boit, plus elle croit…

Généreuse et humaine, on la sent fusionnelle au sein de son band. Une belle complicité la lie avec sa bassiste. Et les puristes auront remarqué l’inscription gravée sur l’instrument, ‘One woman on stage’.

Celle dont le physique a été quelque malmené par le journaliste-chroniqueur Fabien Lecoeuvre, entame un « Je partirai », chanson percutante qui parle du désir de partir loin d'un monde qui ne l'aime pas, la juge et la blesse. Bref, un exutoire où elle exprime sa souffrance, son incompréhension et son besoin de liberté. Elle veut rester éternelle dans les mémoires, comme une étoile ou une comète. Gageons qu’elle y parvienne.

Le set s’achève doucement. Après avoir interprété « Ta manière », elle scande au public un « Réveille-toi » mémorable avec au centre des débats la petite aiguille qui défile…

Que l’on aime ou pas cette artiste, elle détient la recette du succès ! Un brin de folie, beaucoup d'amour et une énergie communicative.

Il est près de 23 heures, lorsque votre serviteur, dans un sursaut de vitalité emprunte le chemin du Chapiteau pour y voir et écouter Henri PFR.

Si, dès l’âge de six ans, il poursuit durant neuf longues années une formation classique de piano et étudie le solfège, c'est véritablement vers l’âge de quatorze que le jeune Henri commence à s'orienter vers la musique électronique.

Surnommé ‘le petit prince des platines’, il s’est imposé comme la nouvelle sensation de la scène électro made in Belgium.

Mais pas seulement, puisque ses titres l'ont amené à s'ouvrir vers l'international. Aujourd'hui, il se transporte au gré des festivals ; depuis Tomorrowland, où il revient chaque année, en passant par l'Ultra Music, Lollapalooza et même Electroland, à Disneyland.

Aux ‘Les Gens d'Ere’, le DJ tient ses promesses. Un show dynamique et sans concession où la seule constante est la flexibilité de son matériel.

Si le genre ne séduit a priori pas votre serviteur, il est important de s'ouvrir à toute forme de culture musicale.

Entre ‘beatmatching’, ‘drop’ ou encore ‘cue’ (des termes propres à ce genre musical), survitaminé, celui qui se produit au-delà de nos frontières, se livre…

Les compos s'enchaînent à en donner le tournis, au sein d’un décor riche en prouesses pyrotechniques.

Aucun doute, Mister Peiffer était le ‘King’ ce soir, en s'imposant non pas comme nouvelle sensation, mais en talent confirmé.

Une première journée faite de belles découvertes. Le dernier jour du festival s’annonce plus délicat sur l’autel météorologique.

Quoiqu’il en soit, Pascal Obispo devrait attirer la foule, que le temps soit clément ou pas !

(Organisation : Les Gens d’Ere)

vendredi, 25 juillet 2025 17:24

Les Gens d’Ere 2025 : vendredi 25 juillet

Et pourtant ce festival est né d’une envie de faire de la musique, un lieu de concentration de joie et de bonne humeur ! Enfin, ça c’était avant, parce que Les Gens d’Ere jouissent aujourd’hui d’une renommée internationale et les formations qui veulent s’y produire sont légion.

Pour cette année, du ‘Belge’, évidemment, mais aussi des artistes issus de la planète dont, notamment, Obispo et Mel C. (une fille des Spice Girls, groupe de pop anglais formé en 1994, à Londres, et constitué à l'origine de cinq chanteuses et danseuses : Victoria Beckham, Melanie Chisholm, Melanie Brown, Geri Halliwell et Emma Bunton).

Au cours des dernières semaines, il a beaucoup été question des modèles économiques des festivals, notamment celui de Ronquières qui a invité Will Smith en guest, obligeant les organisateurs à ajouter 1 million d’euros à un budget déjà serré de 4,5 millions d’euros. A Ere, le modèle fonctionne à merveille, grâce notamment aux 500 bénévoles qui font office de capitaine, car, il faut bien le dire, le paquebot est de taille !

L’esprit de camaraderie, lui, n’a pas changé d’un iota depuis l’origine du festival ! Exit les trucs pompeux, la simplicité EST la règle ! Même le stand VIP fait les frais de cette culture ; il est réduit à sa plus simple expression ! Celui qui veut s’y restaurer ne trouvera ni caviar, ni champagne, mais de la bière et une bonne grasse frite ! Et celui qui n’est pas content ‘qu’il aille se faire voir !

Bref, Les Gens d’Ere est le festival par excellence où l’on s’y sent comme chez soi, entouré d’une équipe de gens, vrais, passionnés et souriants.

La configuration du site est identique aux années précédentes. Prix du ticket fortement accessible, parking gratuit et restauration pour toutes les bourses. La seule différence par rapport aux années précédentes, c’est l’existence d’une petite scène supplémentaire dispensant de la musique électronique aux plus jeunes. Sans oublier ‘Le Chapito’ et le ‘Plein Ere’ logiquement outdoor, les deux endroits principaux où les artistes se produisent, situés à une encablure l’une de l’autre, ce qui permet de s’y rendre en quelques pas seulement.

Les organisateurs ont flairé le bon filon en organisant les festivités en cette fin juillet. D’autant plus que le temps est de la partie, même si la veille quelques averses orageuses sont tombées, sans aucune conséquence directe en matière d’accessibilité et de mobilité.

Se déroulant sur quatre jours maintenant (rentabilité oblige), le jeudi fait la part belle à un groupe de covers qui sévit beaucoup dans la région : Zénith. Trop peu pour votre serviteur !

Priorité donc aux vendredi, samedi et dimanche !

Et comme mise en bouche, place à Lemon Straw. Le groupe, drivé par le charismatique Gianni Sabia, a l’honneur de se produire sur la main stage.

Le gars, longs cheveux huileux, poils sur la face, est plus en forme que jamais. Quoique les traits un peu tirés tout de même. C’est ça aussi la vie d’artiste : se produire aux quatre coins du plat pays (en Belgique) ou de la planète, le plus souvent dans un Berlingo, pour les néophytes, et un tour-bus pour les plus notoires.

L'origine du patronyme est relativement iconoclaste. Lemon Straw pourrait se traduire par une paille et un citron. Celle-là même que Gianni servait quand il vivait à New York et travaillait dans un bar pour subsister. C'est aussi là-bas qu'il a vécu ses premières expériences scéniques en chantant des reprises dans le métro ou en rue.

Ce soir, il est accompagné par Grégory Chainis (basse), Boris Lori (Steel) et Jean (batterie). L’habituel préposé de service aux fûts, Martin, est empêché pour raisons médicales.

Sabia a failli voir ses rêves se briser en 2017, à la suite du départ du claviériste Xavier Bouillon (qui avait lui-même déjà remplacé feu Renaud Lhoest). S'ensuit une période de doutes et de remises en question. L’idée d’un projet solo a même traversé l’esprit du frontman.

L'arrivée de Chanis (on a pu le voir au sein de plusieurs groupes qui sévissent dans la région) et de Martin (Minga Wash, Feel) a vraiment permis au combo de prendre un nouvel élan et d'insuffler une nouvelle énergie aux musicos.

Boris est coiffé d’une casquette. Il est assis, guitare steel sur les genoux. Parfois, il cale un harmonica entre les lèvres.

C'est par « Jump » que le band ouvre le set. Un titre issu d'un dernier LP éponyme, paru cette année. Une compo qui permettra au leader, posté derrière son clavier, d'explorer toute l'ampleur de ses vocalises chaudes et puissantes. Un outil qui représente le prolongement de son âme.

Hanté par une carrière professionnelle à l'usine dont il se sait à jamais éloigné, le Belgo-italien se déchaîne. Lorsqu’il se positionne, gratte sèche en bandoulière, il frappe ses cordes hargneusement et avec énormément de conviction. Entre folk, rock, blues et pop, sa musique reste sans doute le meilleur exutoire pour oublier les affres du passé.

Issu de « Jump », « Home » s'immisce alors dans les ‘portugaises’ des aficionados.

Lemon Straw nous réserve « Straw ». Issu de « Jump », ce single imparable constitue un virage important dans le parcours du combo. Surtout, quand on se remémore le premier essai (plutôt réussi), « See You On The Other Side ». En tout cas, une prise de risque qui n'a pas désarçonné les fans de la première heure.

« Mistery train » prend le relais. Boris tient la lap steel sur les genoux (NDR : une guitare que l’on tient à l’horizontale en utilisant un bottleneck pour former des accords sur le manche). Le versant rock et rageur de cette compo vient renforcer un peu plus encore cette atmosphère électrique.

Mais là où Lemon Straw brille le plus, c’est lorsque les compos trempent dans le spleen. A l’instar de « Home », un morceau que Gianni a composé seul dans sa chambre lorsqu’il avait 15 ans, entre la frustration de ne pas trouver d’inspiration et la générosité que lui procure la musique.

Le set touche doucement à sa fin. « Don’t Look Up », référence à la comédie dramatique américaine écrite et réalisée par Adam McKay, booste littéralement Gianni. Harmonica en bouche, il livre une démonstration haute en couleurs. Chapeau bas M’sieur.

Un set taillé dans le rock !

On regrettera l’absence de titres plus gracieux comme « See you on the other side », le titre éponyme du premier LP, qui raconte une histoire sur l’amitié. Une ballade douce-amère écrite pour l'arrangeur et multi-instrumentiste bruxellois Renaud Lhoest (Yann Tiersen, Pierre Rapsat, Dominique A), parti trop tôt (en 2014) des suites d'une longue maladie dont il souffrait depuis longtemps.

Son âme planait quand même quelque part aujourd'hui aux Gens d'Ere. De là où il est, il est peut-être fier du chemin parcouru par son pote de longue date.

Adieu l’ami !

Petit détour sous la tente pour y (re)découvrir Poulycroc. Le groupe pardi, pas l’espèce de fricadelle que l’on mange à toutes les sauces !

Il s’agit d’une belle bande franchouillards, ventres bedonnants, totalement sculptés dans l’esprit folklorique belgo-belge qui caractérise ce beau pays.

En chemin, il a déjà croisé quelques pointures ; et en particulier des noms qui font partie intégrante du folklore musical belge : Le Grand Jojo, Les Gauff’ Au Suc’, Urban Trad, Lou & The Hollywood Bananas (Lou Deprijck)  ,.. ou de la scène ska et punk : La Ruda, Les Cameleons, Babylon Circus, etc.

Les joyeux lurons adaptent une série de morceaux qui trouveraient facilement leur place lors de la ducasse à Bouboule, à l’instar de « A la queuleuleu » ou « La tactique du gendarme ». C’est sympa, vivant et fun, mais ça ne vole pas très haut, il faut bien l’avouer.

Poulycroc a mis un point d’honneur à poursuivre son aventure et à propager son folklore, sa manière festive de voir la vie, son goût immodéré pour le divertissement, sans oublier les styles musicaux qu’il apprécie. Mais surtout, et c’est l’essentiel, sa bonne humeur générale.

Mais, l’absurdité n’étant pas une option chez votre serviteur, il file tout droit au stand food, pour y manger… une fricadelle sauce mayo !

Le monde s’est pressé à l’extérieur pour y voir et écouter la formation liégeoise, Ykons.

Elle est une fidèle au festival. Il s’agit de son quatrième passage.

Chaque concert a connu ses contrariétés. Le premier s’est déroulé sous une chaleur caniculaire. Le second sous des torrents d’eau. Le troisième a essuyé quelques couacs techniques au niveau des liaisons entre les tables de retour et les tables de façade. Quelle surprise nous réserve le concert de ce soir ?

Ykons promet un set impeccable en tout cas !

Alors que le batteur assure derrière les fûts durant de longues secondes, le claviériste le soutient rapidement, puis le guitariste et enfin le bassiste embraient, alors que le chanteur est perché tout en haut d’une estrade plantée au milieu du podium. « Red light » ouvre alors les hostilités ! Et tout au long de cette compo, l’idiome du groupe s’illumine… en couleur rouge, évidemment !

Le line impliquait, à l’origine, Renaud, Yann, Patrick, David et Ben. Mais, le drummer originel a quitté le bateau. Il a, depuis, été remplacé par un petit jeune d’à peine 30 berges. Un certain Louis…

Né sur les cendres de Can D, le band emprunte un chemin initiatique, dès 2019. Le succès progresse lentement. Ykons grave un premier elpee, « Reflected », qui lui permet de se forger une solide réputation et par conséquent de disposer d’un répertoire substantiel pour les festivals. La suite ? Un beau succès critique et d’estime !

Le vif et entraînant « State of mine » permet à Renaud de jauger la forme du public. Il est chaud-boulette. En effervescence il s’emballe déjà, et les muscles, jusque-là statiques, sont pris de mouvements saccadés au gré de cette rythmique pourtant un brin indolente. Et s’il s’agissait du syndrome Gille de la Tourette ?

Le combo embraie par le notoire « Sequoia Trees », un message adressé à l’être humain et à sa responsabilité à l’égard de tout ce qui l’entoure. Et de rappeler également que c’est ce titre qui a permis au band d’acquérir une véritable aura au royaume du moules/frites.

Et si « Sequoia Tree » a propulsé le combo dans les charts, cette chanson a aussi servi d’emblème au personnel hospitalier lors de la pandémie, dans une nouvelle version acoustique, accompagné d'un clip tourné au sein du CHR de Verviers.

C'est techniquement époustouflant, humainement enrichissant et musicalement céleste. Un combo qui signe le retour à de la bonne musique comme sur ce « Open eyes », nourri à l’indie pop et coloré de touches électro.

Un mouvement de foule s’organise, jeunes et moins jeunes jumpent solennellement dans une ambiance bon-enfant lorsque survient l’inévitable « Have a great crash ».

Pour « Cloud nine », debout face aux ‘floortoms’ posés sur l’estrade, le frontman et un de ses comparses prennent le pouvoir en martelant avec force et conviction les peaux, pendant que la guitare post-pop aérienne et légère s’envole et que la basse vrombit dans les frontaux en transperçant les corps plantés devant les barrières.

Et « By the storm » prouve une fois encore qu’entre show diabolique, sueur, adrénaline et surprises, qu’Ykons détient toutes les cartes pour emmener avec lui les plus fidèles, dans un tourbillon insensé. Sa seule limite étant l'imagination !

Grâce à des effets de guitare aériens, il y a chez Ykons une filiation lointaine avec Coldplay (groupe de pop/rock britannique originaire de Londres en Angleterre, formé en 1997, et drivé Chris Martin), tant en termes de compositions que de l’approche sonore.

Le set touche à sa fin. Le personnel s’affaire derrière les coulisses pour installer une estrade. Renaud s’excuse auprès du public de devoir raccourcir le set d’une chanson. Mais surprise, c’est pour y découvrir deux jeunes artistes, Bastien et Quentin, fondateurs de Calumny.

Apportant une touche pop à leurs productions, ils enchainent les singles et les festivals jusqu'en 2021. En 2023, Calumny frappe encore los de la sortie de son tout premier elpee, « Hatch ». Mais ici, ce sera pour revisiter « Sequoia Trees » vs disco et boules à facettes. Pas mal, mais ça ne casse pas la baraque, non plus…

« Run little one » clôture un set décidément explosif, entraînant et hautement humain, mais au cours duquel on n’a eu guère de répit.

La suite du menu est amplement moins intéressante. Entre Mister Cover et Mel C., le cœur de votre serviteur balance. Direction le parking, la route du retour est longue et parfois semée d’embûches…

(Organisation : Les Gens d’Ere)

dimanche, 20 juillet 2025 17:54

Dour festival 2025 : dimanche 20 juillet

La pluie s’est invitée (une nouvelle fois) à Dour ! Mais aucune inquiétude, l’or bleu a formidablement percolé et la boue n’a pu rendre le site impraticable.

Et puis, il en faut plus pour entamer la joie et la bonne humeur de celles et ceux qui souhaitent profiter un maximum des derniers décibels. Car, oui, la seule certitude qui règne dans cette région située à l'extrémité Ouest du sillon Sambre-et-Meuse est que le fête sera digne de ce nom, peu importe le courant musical qui l’emporte.

Ce dimanche sonne le glas d’une édition qui aura marqué par son côté hétérogène, sa complexité, sa bonne humeur et sa programmation musicale d’un autre monde. Pas un adieu, juste un au revoir, les dates de la prochaine édition étant déjà annoncées.

D’un pas avancé, votre serviteur déboule sur la plaine comme un cochonnet sur un terrain de pétanque. Au loin des cris stridents se font entendre. Un festivalier serait-il en train d’agoniser ? De dégueuler ? Loin de là, un agitateur quelque peu éméché lance un ‘Dourreeeuuhhhhhhhh’ comme si on égorgeait un goret.

Turquoise a donné rendez-vous au ‘Garage’, lieu de rassemblement des vieux briscards amateurs de rock.

Drôle de nom pour un groupe ? La gonzesse qui drive le band aurait-elle la tignasse bleuâtre ?

Même pas ! Il faut entendre derrière ce patronyme, la fraîcheur, la pureté, et le renouveau, souvent associé à des environnements naturels comme la mer ou le ciel. Une couleur qui symbolise également la protection, la force, et l'équilibre émotionnel. Ça en jette !

Les trois musicos qui accompagnent la jeune dame enfourchent leur instrument tel le cycliste au Tour de France. Mais ici, pas de sprint, juste de l’endurance !

Le set débute par « Le bruit », réminiscence des années 80. Ça sent la VHS et la cassette audio pourrie. Mais c’est d’une puissance ventrale rarement entendue.

Impatiente de jouer devant un parterre aussi enjoué, la formation enfile les morceaux à la vitesse de l’éclair, se donnant à peine le temps de respirer entre deux compos.

 « Tumulte » ou encore « Les yeux verts », expriment la quintessence d’une rage chantournée en français. Une aubaine, l’essentiel du parterre étant constitué de francophones.

Et si la demoiselle qui se plante en milieu du podium a un visage de poupon, elle déborde d’une énergie post-punk sous ses airs faussement gentils. Ça sautille et ça virevolte, comme une sauterelle.

La basse est incisive. Sur « Paranoïa », on y perçoit l’effervescence d’un Peter Hook (bassiste et fondateur du groupe cold wave Joy Division). Même la guitare et ses riffs incestueux renvoient aux bons vieux sons de New Order, quand le groupe était au sommet de sa gloire. Ce n’est pas le fruit du hasard. Même si le combo est trop jeune pour avoir été biberonné à l’eighties, il y a le son et l’intention. Un manifeste au retour d’un passé pas encore révolu.

« Les yeux verts » particulièrement. Ce morceau ne fait pas dans le détail, son synthé généreux lui communiquant de faux airs à la Cure.

Et si le quatuor s’était encore montré clément, il faut maintenant montrer des dents acérées. Ni une, ni deux, « Miroir » et ses accents ravageurs et crasseux prennent le dessus, dépassant tout entendement.

Le quatuor n’a maintenant plus rien à prouver, le public s’étant rallié à sa juste cause dans un méli-mélo bruitiste et bestial.

Une prestation des plus intéressantes. Un groupe dont on entendra encore parler prochainement.

Et hop, direction ‘La Petite Maison dans la Prairie’ pour y écouter et voir Jan Maarschalk Lemmens, qui emprunte depuis environ dix ans le nom de Glints sur les planches.

Ancien enfant de chœur à l’Opera Ballet Vlaanderen, il a radicalement changé de registre pour développer un style rap hybride, mêlant hip hop, grime, indie pop et éléments électroniques.

Il se présente seul, habillé d’un training bleu. Tout laisse à penser qu’il va enfiler des baskets et entamer son petit jogging matinal.

Après une intro destinée à faire monter la pression, « Bugatti » permet au bonhomme de montrer toute l’étendue de son organe vocal. De manière à remplir l’espace, il fait les cents pas d’un bout à l’autre de l’estrade.

Au milieu trône une petite boîte blanche posée sur un pupitre. Il s’agit d’un sampler lui permettant de lancer l’instrumentalisation de ses compos. « Fear », « Get U What U Want » et « All Blue Hair » s’enchaînent dans un tumulte grandissant.

Rien à dire, Glints propose un univers singulier à l’énergie redoutable ! Et comparer l’artiste a un chanteur de rap pourrait s’avérer relativement réducteur et constituer une injure profonde. De sa verve raffinée, ce gars possède un talent inné pour le flow.

Reconnu pour son accent britannique distinct (hérité de sa famille habitant au Royaume-Uni), il fusionne avec une facilité déconcertante, chœurs, éléments d’opéra et beats incisifs. Cela s'entend clairement dans l’épique « Roma », un hit accrocheur issu de son deuxième album, 'The dark ! » paru en 2023.

Même si le style minimaliste surprend, on peut dire que Glints a le son de la formule hypnotique.

Tantôt sans fard « Minimum Wage », tantôt en véritable meneur de foule, Glints est un nom qui, assurément, restera marqué dans les annales de Dour.

Mais un des moments clé reste sa version très personnelle de « Acid », avec sa rythmique acidulée, son flow acéré et son prisme new beat rappelant les beaux jours des prémices de la musique électronique.

Glints s’en tire pas mal.

Stella Rose a giflé votre serviteur. Pas physiquement bien évidemment. Juste une baffe artistique.

Un nom qui ne vous dit rien ? Pourtant, vous connaissez son père qui n’est autre que Dave Gahan, chanteur emblématique de Depeche Mode, groupe britannique de musique électronique et de rock alternatif, associé à la new wave. Si Jennifer Sklias-Gahan, sa mère, a moins d’écho auprès du public, elle n’est reste pas moins une actrice, productrice et scénariste de renom.

La chanteuse est accompagnée d’un bassiste et d’un batteur. Une version minimaliste dans l’apparat, mais maximaliste dans le son.

Elle se charge de la sixcordes électrique. Chétive, elle est fringuée d’un chemisier blanc qui lui donne de faux airs de Sainte-Nitouche. Mais souvent, les apparences sont trompeuses...

Le set s’ouvre par le très corrosif « Hollybaby », titre éponyme d’un album récent. Le trio ne ménage pas ses efforts pour que les décibels s’agitent dans les ‘portugaises’ du peuple qui s’est déplacé pour voir ce personnage iconoclaste.

Miss Gahan utilise une technique de positionnement de la guitare bien personnelle. Elle la tient généralement de manière que le corps de l’instrument soit positionné entre ses jambes, la corne reposant sur sa jambe gauche, plutôt que sur la jambe droite comme c'est la tradition. Cette posture lui permet de maintenir une posture droite et d'atteindre facilement les cases graves, en évitant la tension dans le bras.

Alors que les premiers acouphènes apparaissent, très vite, « MS. 45 » (NDR : titre d’un film sanglant signé Abel Ferrara), est balancé au public, afin de faire durer la souffrance. Il s’agit d’une compo noire et abrasive relevée par une rythmique syncopée et qui accorde à Stella toute la crédibilité qu’elle mérite.

Naviguant entre Nick Cave pour son côté énigmatique et PJ Harvey pour son style, sa musique mêle rock alternatif des 90’s, punk, indus des eighties, post punk et blues. Sa voix est puissante et expressive. Bref, la Rose maîtrise les arcanes du genre. Nul doute que très vite, elle pourra se détacher de l’ombre du paternel et s’assumer comme une grande.

Sa dégaine colle parfaitement à l’univers cathartique qu’elle embrasse.

Le morceau « Drugstore Romeo » possède quelque chose de théâtral voire de dramaturgique. Tout y est impressionnant : le refrain, la voix haute perchée ou encore ces coups de gratte qui ne tarissent pas. Etrangement aussi, la compo recèle des relents à la Texas, le combo écossais drivé par la chanteuse Sharleen Spiteri.

Après un premier opus envoûtant, « Eyes of Glass », gravé en 2023, la chanteuse revient plus en forme que jamais et se livre sans pudeur dans « Maid », « Beautiful Twentysomethings » ou encore « Faithful ».

La belle termine son trop court show par « Angel », en guise de révérence. Mi-ange, mi-démon, Stella Rose détient toutes les cartes pour s’affranchir et se faire un… prénom dans l’univers de la musique.

Cap, ensuite, sur le ‘Garage’ pour le set de GRLWood.

C’est à nouveau un band féminin. Une quasi-constante depuis le début de ce festival. Alors qu’à l’origine, il était formé par Rej Forester (chant, guitare) et Karen Ledford (batterie, backing vocals), il a depuis été secoué par des affaires de mœurs, Ledford accusant Forester de viol, la question du consentement étant au centre des débats.

Si Karen a quitté le groupe, une nouvelle préposée à la batterie a pris sa place en la personne de Mia Morris.

GRLwood nous vient de Louisville (Kentucky, États-Unis). Le côté minimaliste de la formation n’est pas trop dérangeant, l’une et l’autre insufflant une énergie débordante dans la manière d’aborder la musique et de la restituer.

Elles mêlent habilement une multitude d’influences multiples, dégainant au riot gun des compos brutes et expressives, à l’instar de « Bisexual » ou encore « Nice guy », laissant peu de doute quant à l’orientation sexuelle des gonzesses. De la musique de mâles dans le corps de femmes !

Les guitares saturées, la batterie puissante et le chant rageur rappellent les influences punk, à l’instar de « Clean ».

GRLWood livre une prestation crue, imagée, sans fausse pudeur ni concession qui ravit les plus sceptiques.

A une encâblure, Dry Cleaning s’apprête à faire le ménage au sein de la ‘Petite Maison dans la Prairie’.

Le style est relativement éloigné du précédent. Tant l’énergie vorace de la chanteuse constituait le fil rouge de GRLWood, ici, c’est la nonchalance qui domine.

Dry Cleaning est une formation anglaise, unique dans le paysage post‑punk contemporain, impliquant Florence Shaw (spoken word), Tom Dowse (guitare, claviers, loops), Lewis Maynard (basse), et Nick Buxton (batterie, claviers, saxophone).

Le drummer s’est installé dans un cube ouvert constitué de plexis. Une image qui renvoie aux précautions prises durant la période Covid. Un peu touchy quand même…

Rapidement, « Leafy » ouvre les hostilités, suivi par « Gary Ashby » et « Don't Press Me », des titres post‑punk bruyants sur lequel Florence déclame. L’approche de la narration lyrique de la chanteuse surprend, compte tenu de la ligne mélodique des musicos. Mais, ça passe étrangement…

Alors que ses comparses se démènent comme de beaux diables, Florence, stoïque et presque passive, récite ses textes sans sourciller, ni exprimer la moindre émotion, si ce n’est quelques rares sourires détachés. Mais l'alchimie qui se dégage de cette formule unique est sincère et vraie et c’est finalement l’essentiel.

Alors que « Strong Feelings » et « Her Hippo font forte impression, certaines compos sont davantage plus nerveuses et incisives que d’autres, comme « Hot penny day » au cours de laquelle la basse de Maynard et la guitare de Dowse surpassent allègrement la voix de Shaw, comme s’il s’agissait du jeu du chat et de la souris.

Mais au fond, c’est le spleen qui règne en maître, chacune des impulsions sonores servant, avant tout, à sortir le public d’une léthargie bien normale après cinq longs jours de festival.

A l’issue d’un set d’une heure émaillé de titres plus curieux les uns que les autres, et notamment « Half Pint », « Evil Evil Idiot » ou encore « No Decent Shoes for Rain”, on a l’impression que Dry Cleaning s’est livré à un nettoyage à sec sur nos cerveaux, devenus parfaitement propres…

Curieux, efficace et soigné !

Alors que les orages commencent à menacer, votre serviteur décide de rester à l’abri en assistant à la prestation de King Hannah.

Il s’agit d’un duo anglais originaire de Liverpool, réunissant Hannah Merrick et Craig Whittle. La paire a gravé deux long playings. Un premier, « I'm Not Sorry, I Was Just Being Me », en 2022 et un second « Big Swimmer » en 2024.

Merrick est vêtue d’une longue robe rouge lui conférant un air de diva. Elle prodigue une musique à l’image de son physique. Il y a de la douceur, de l’espièglerie et une petite touche de fun. Un savant mélange qui… (dé)tonne !

Porté par la voix déclamatoire de Hannah et la guitare saturée de son comparse, « Somewhere Near El Paso » constitue une entrée en matière idéale. Un morceau vaporeux, atmosphérique et chargé de spleen bon marché qui fédère auprès des couples, ceux-ci se rapprochant amoureusement à chaque accord pour se rouler des galoches.

Et ce n’est sûrement pas « Milk Boy (I Love You) », malgré ses sursauts électriques, qui viendra contrecarrer cette ambiance chaudement partagée à la Cigarettes After Sex…

Alors que d’aucuns imaginaient le genre obsolète, force est de constater qu’il séduit plus que jamais, l’instrumentation éthérée permettant au corps et à l’esprit de s’autoriser un lâcher-prise poétique (!?!).

Les compos défilent : « Suddenly, Your Hand », « New York », « Let's Do Nothing » alors que le temps s’est arrêté, la petite aiguille demeurant figée sur ce spectacle magique.

Les riffs s’entrechoquent tandis que la voix est lascive. Aucun doute, il y a quelque chose de très sensuel voire de sexuel, dans la musique de King Hannah.

« Leftovers » s’avance sur la pointe des pieds, sans éveiller de soupçons. Puis le lyrisme et l’instrumentation ne font qu’un à l’image d’un couple uni face aux affres de la vie.

Clôturant le concert, la ritournelle douce-amère « Big Swimmer » est responsable d’un véritable choc émotionnel. Un rayon de soleil parmi les gros nuages qui attendent votre serviteur à l’extérieur comme s’ils s’apprêtaient à se venger de tout le bonheur jusqu’à présent accumulé.

Il est passé 23 heures. Bon nombre de festivaliers s’apprêtent à quitter ce champ de bataille incontrôlable.

Il est maintenant temps de saluer une dernière fois cette vaste plaine et ce public complètement barge. Ne garder que les bons souvenirs et oublier les mauvais, telle est la devise de ce festival basé sur la curiosité.

Les plus résistants et insatiables sont restés dans un brouhaha burlesque, la musique électronique ayant décidé de jouer les trouble-fêtes encore de nombreuses heures durant.

Et puis, résonne aussi au loin, ce Dourreeuuuuhhhhhh véritable cri guerrier distinct, les festivaliers à Dour se constituant en tribus pour se motiver avant d'aller au combat et aller au-delà de ses limites.

(Organisation : Dour festival)

 

 

 

 

 

 

 

 

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