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Le rire de Will Paquin

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Gavin Friday - Het Depot
Suede 12-03-26
Bernard Dagnies

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mardi, 31 décembre 2002 01:00

Cold house

Quelque part entre Auterchre et Mogwai, Hood pratique un electro post rock, qui intègre des éléments dub, jazz, rock, et même folk. Depuis, " Cold house ", faudra ajouter hip hop. A cause de la participation des rappeurs Dose et Why ?, qui dévissent habituellement chez Clouddead. Autrefois constitué d'un quartette, Hood est aujourd'hui réduit à un duo. Les frères Adams. Et si dans leur musique, ils ont encore recours à l'instrumentation basique (guitare électrique et acoustique, piano, drums, cuivres, basse, etc.), il faut reconnaître que la technologie moderne y est plus présente. Bidouillages électroniques, bourdonnements synthétiques, crépitements organiques, arrangements brumeux aboutissent à la confection de mélopées hybrides, filtrées dans les harmonies vocales frêles et cristallines. Des mélopées qui puisent dans la désolation et le dépouillement pour nous projeter dans un univers glacé, propice aux rêveries mélancoliques. Une œuvre qui au fil du temps se veut de plus en plus expérimentale, le tandem de Leeds justifiant ainsi sa volonté, son art et sa capacité à marier les contraires…

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Ideas above our station

Pour enregistrer leur premier album, ce quintette insulaire (NDR : du Surrey, très exactement) a reçu le concours de Dave Sardy aux manettes, un personnage dont la carte de visite mentionne des collaborations avec Red Hot Chili Peppers, Far et Helmet. Une formation dont le mélange d'émo rock, de post hardcore et de métal rappelle At The Drive In et Rival Schools. La voix du chanteur campe même un timbre fort proche de celui de Walter Schreifels. Beaucoup d'énergie, donc, tout au long de cet opus, énergie vitaminée par les deux guitares cinglantes, tranchantes, vivaces, et dynamisée par une section rythmique imparable. Malheureusement, hormis la chanson plus paisible " Falter ", le nu métal " Gone too far " (NDR : pas ma tasse de thé, cependant !), le semi acoustique " Avalanche ", et puis le splendide et hymnique " Gone too far ", fragment dont la texture oscille entre variations de tempo et de ton, le reste manque singulièrement de relief. Aux States, il y a pléthore de ce style de groupe…

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Sleeping on roads

Au cours des nineties, Neil Halstead a sévi chez Slowdive avant de fonder Mojave 3. Une formation dont il est d'ailleurs toujours le leader. " Sleeping on roads " constitue sa première expérience en solitaire. Un disque dont les mélodies raffinées, délicates, trempent au sein d'un climat paisible, intimiste. Neil Halstead a longtemps été un disciple de My Bloody Valentine. C'était tout à fait évident chez Slowdive. Sous une forme country en compagnie de Mojave 3. De nature plus folk en solo. Enfin, tout au long de ce " Sleeping on roads ". En extrapolant, on pourrait imaginer l'âme de Nick Drake envahir l'imagination d'un Jason Pierce (Spiritualized). Parce que Neil possède l'art d'écrire des chansons complexes avec une simplicité désarmante. Des chansons d'amour tantôt tristes, tantôt douloureuses, mais toujours teintées d'espoir, qu'il nous chuchote au creux de l'oreille d'une voix douce, enchanteresse. Pour commettre cet opus, il s'est quand même entouré de quelques collaborateurs : un pianiste, un drummer, un claviériste, un bassiste, un violoncelliste et même un trompettiste. Pas n'importe qui, puisqu'il s'agit de Mark Arsmstrong. Sur deux titres cependant : " Seasons " et " Driving with Bert ". Et à l'instar des interventions de Neil à la six cordes acoustique (NDR : le plus souvent en picking !) ou électrique, tous ces musiciens apportent leur concours par petites touches, un peu comme s'ils peignaient un tableau sonore impressionniste. Rafraîchissant !

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

The Margin + live

Réédition (NDR: of course, remasterisée pour la circonstance ; mais par Peter lui-même) du double elpee 'live' " The Margin ", paru en 1985 (NDR : le titre " The second hand " figure sur le deuxième compact disc, mais sous une version différente). Cette œuvre offre un concentré époustouflant du talent insolent de ce 'magnificent loser' ; et propose la synthèse d'un itinéraire exemplaire qui court alors sur quinze années. En vingt et un fragments, pas douze. Puisque la deuxième plaque réunit des versions inédites enregistrées également en public, à la même époque, et sous le même line up. Seule différence, les plages sont en général plus urgentes et agressives. Pas de production gonflée, de soumission aux standards sonores de la FM, de recours aux synthés et boîtes à rythmes, mais un son parfait : musique lancinante de dépouillement qu'Hammill propose dans les combinaisons d'instruments qui lui sont habituellement propres. En virtuose du déroutement, le K Group l'encadre avec une remarquable souplesse. On y retrouve la section rythmique du défunt Vandergraaf Generator : Guy Evans et Nic Potter ainsi que l'ex Vibrator John Ellis à la guitare. Hammill assure évidemment les parties de piano et joue aussi de plusieurs guitares. Mais la caractéristique principale reste avant tout la voix écorchée de cet artiste hors pair. Les morceaux proviennent en partie des albums solos de Peter : " A black box " et " Sitting targets ", mais le K Group s'est laissé aller à des improvisations et à de nouvelles compositions. La recette reste la même : l'ardeur du chant, les ruptures de rythmes, l'austérité de certains passages. Le poète mutant de la rock music fermait ici un parcours jalonné de seize elpees, désormais attachés à la composition d'un opéra inspiré de l'œuvre d'Edgar-Alan Poe…

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

The thin man sings ballads

Comme Peter Hammill le précise au sein du booklet, cette compile n'est pas représentative de son œuvre. Elle réunit tout simplement douze ballades que l'artiste de Bath a écrites entre 82 et aujourd'hui. Douze fragments parus sur 9 de ses derniers albums, donc chez le label Fie. Douze plages qui dévoilent une seule des facettes de l'artiste : le romantisme. Car il en possède une multitude. Pas pour rien qu'il est considéré comme un des artistes les plus alternatifs de la musique progressive. En outre, lorsqu'on sait que Hammill a gravé, à ce jour, plus de 30 elpees (si on cumule ceux en solo et en compagnie du Vandergraaf Generator), on comprend mieux sa mise en garde ; d'autant plus qu'hormis " Fool's mate " (NDR : son tout premier !), " Fireships " et " Everyone you hold ", les ballades ne sont pas légion. Deux titres de chacun des deux derniers opus cités ont d'ailleurs été retenus. Pas du premier, puisqu'il remonte à 1972. Une entreprise un peu trop limitée dans le temps à mon goût, mais pas désagréable à écouter. Surtout pour celles ou ceux qui ne connaîtraient pas Peter. Les compositions ont inévitablement été remasterisées, et certaines d'entre elles carrément remixées. Soit par l'incorporation des voix soprano de ses filles, soit par le violon ou les arrangements de cordes de Stuart Gordon…

 

mardi, 30 septembre 1997 02:00

Prog pop, mais pas seulement…

Depuis Bel Canto, la Norvège n’avait plus mis au monde de groupe aussi intéressant. Retenez bien ce nom: Motorpsycho. Fondé au tout début des nineties, il comptait à son actif, avant l’enregistrement d’« Angels and daemons at play » une volée de singles, un mini CD et quatre albums studios. Tous passés inaperçus. Phénomène qui s’explique facilement pour une formation en avance sur son temps. Mais qu’il est difficile d’admettre au vu de l’originalité et de la qualité de sa musique. Entretien avec Snah (NDR: prononcez ‘Schann’), porte parole mais surtout guitariste de cet ensemble finalement plus européen que scandinave.

« Blissard », votre album précédent avait été enregistré dans les anciens studios d’Abba à Stockholm. Cette aventure a dû vous coûter un os?

Effectivement. Mais, nous avons pu bénéficier des infrastructures d’un studio nickel, à la pointe de la technologie moderne, meublé d’instruments historiques tel qu’un piano à queue dont Abba s’était servi pour enregistrer. On a même eu la chance de pouvoir l’utiliser. C’était une chouette expérience qui n’a duré que 15 jours, mais elle nous a coûté la peau des fesses. Pas seulement à cause du studio. Mais aussi des chambres d’hôtel que nous avons dû louer. On en garde cependant un très bon souvenir. « Angels and daemons » a été enregistré en Norvège. En sept jours. Dans un studio moins onéreux. On s’était brûlé les ailes une fois, c’était largement suffisant. Et puis nous ne souhaitions pas y séjourner trop longtemps. Parce que nous serions incapables d’y passer 2 mois. Nous deviendrions complètement fous. Il ne nous a d’ailleurs fallu que 3 semaines pour le terminer. C’est largement suffisant. Nous avons tout fait nous même. Même le mixing et la production. L’inspiration et l’énergie étaient au rendez-vous à ce moment-là. Ce qui nous a permis de conserver ce feeling ‘live’ auquel nous tenions absolument.

« Demon box » en 93 et « Angels and daemons at play » aujourd’hui. Etes-vous fascinés par les forces du bien et du mal? Par la mythologie, les divinités, la vie après la mort?

Oui, bien sûr. Nous lisons énormément de bouquins consacrés à la littérature ésotérique, aux phénomènes paranormaux. Nous sommes intéressés par ce genre de choses. Ce qui ne veut pas dire que nous jouions au tarot pour décider de notre avenir. Nous savons ce que nous devons faire et ne prenons jamais nos décisions sur un coup de tête. Néanmoins, j’estime que la mythologie, l’histoire et les fables sont très importantes pour nous. Surtout lorsqu’on vit dans un monde qui veut se couper du passé, pauvres en relations humaines, ultra matérialiste. Ce qui ne veut pas dire que nous adhérions à la sorcellerie ou que nous organisions des messes noires. On est loin de tout ça. Tout simplement, on essaie de réinventer une certaine philosophie de la vie...

Votre musique est à la fois riche et complexe. Il y a des tas et des tas d’influences. Etes-vous intéressés par l’histoire du rock’n’roll?

Absolument! Nous reconnaissons être influencés par beaucoup d’artistes issus de l’histoire du rock’n’roll. Certains plus que d’autres. Cela nous permettra peut-être de projeter une nouvelle lumière au sein de l’univers du rock et de la pop. Nous aimons les groupes issus des sixties et des seventies. Le jazz aussi. Notamment John Cotrane. Le krautrock de Can et de Faust. Et puis une multitude d’autres formations dont les noms m’échappent pour l’instant.

Telles que King Crimson et Sonic Youth?

Nous écrivons nos chansons un peu à la manière de Sonic Youth. Nous les composons à la guitare en partant d’une hauteur mélodique branchée sur un réglage spécifique. Le problème, c’est qu’en tournée, vous trimballez une bonne vingtaine de guitares. Parce que chaque chanson exige un réglage spécifique. Mais cela en vaut la peine.

Est-ce qu’on peut dire que Motorpsycho est quelque part prog pop? Nous voulons dire dans l’esprit de Spiritualized et d’Ozric Tentacles; mais dans un autre style?

Oui ! Parce que nous exprimons nos chansons à la fois de manière semblable et différente. Différente parce que nous avons chacun notre style. Semblable, parce que l’interprétation de nos compositions est à chaque fois différente. Prend l’exemple d’Ozric Tentacles qui ne programme que 50 % de ses chansons. Le reste se construit suivant un schéma totalement improvisé. Et ça marche!

Comment expliquer ce boom de la scène pop/rock scandinave?

On assiste pour l’instant à une véritable explosion de groupes en Europe et pas seulement en Scandinavie. C’est le résultat de cette nouvelle vague psychédélique. En fait, elle a été fort négligée au cours des 20 dernières années. Le punk et ses dérivés l’ont empêchée de se développer. Surtout sur le Vieux Continent, plus réceptif à une musique progressive, élaborée. Elle a dû se terrer dans l’underground en attendant son heure...

Que représente Bel Canto pour Motorpsycho ?

Nous les connaissons bien. Ils sont en train de prendre du bon temps, ils viennent de sortir un dernier album, qui soit dit en passant n’est pas fameux. Issu du Nord de la Norvège, ils ont un caractère typiquement scandinave. Ils vivent à Tromsø, un lieu très particulier. En fait, l’hiver il fait toujours nuit, et en été presque toujours clair...

Vous avez écrit la bande sonore pour un film de country & western appelé « The tussler ». Aimez-vous le cinéma italien? Et tout particulièrement le western spaghetti?

Nous aimons les films de Sergio Leone et de Clint Eastwood. Et nous avons été très heureux de pouvoir composer cette bande sonore. D’autant plus que nous apprécions beaucoup la musique country. En fait, les Américains de peau blanche sont d’origine européenne, et la country vient également d’Europe. Mélodiquement, nous nous sentons très proche de ce style de musique. Et régulièrement, il nous arrive de jouer du banjo ou de la steel guitare. C’est un défi pour nous. Nous apprenons beaucoup à travers tous ces différents styles de musique. Nous avons même réalisé un projet en compagnie d’un groupe de jazz norvégien. Nous avons beaucoup répété pour finalement nous produire ensemble lors d’un concert de jazz en Norvège. Nous sommes ouverts à tous les styles musicaux. Nous sommes capables de passer du heavy metal aussi sauvage que celui de Motörhead à la musique psychédélique.

Quelle est la genèse du nom du groupe? Y a t-il une certaine corrélation avec la psychomotricité? Et pourquoi?

Nous étions invités à Londres en 1990 pour assister à une conférence sur la psychomotricité, mais nous n’y sommes jamais allés, car nous étions bourrés. Avant de fonder le groupe, je travaillais dans un centre de réhabilitation pour les accidentés de la route. J’étais, il est vrai, déjà dans ce milieu de la psychomotricité. Mais, en réalité, nous n’avons jamais pensé à cela lorsque nous avons choisi le nom du groupe. En fait, nous trouvions que c’était un nom qui collait bien et puis on l’a choisi parce qu’on aimait l’étymologie du mot: Motor Psycho...

Merci à Vincent Devos.

(Article paru dans le n° 56 du magazine Mofo de septembre 1997)

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Up

Honnêtement, j'ai l'impression que l'Archange a dû traverser des moments très difficiles pour enregistrer une œuvre aussi sombre. Une sorte de concept album au cours duquel, sur plus de la moitié des morceaux, il pose des réflexions sur la séparation, la mort et la douleur qu'elle engendre ; même si régulièrement il laisse une place à l'espoir.

Hormis le récréatif et funkysant " The Barry Williams show ", réminiscence de " Sledgehammer ", on ne rigole pas beaucoup à l'écoute d'" Up ". Certaines plages ne manquent pourtant pas de mordant. Et je pense tout particulièrement à " Growing up " et à " More than this ", deux morceaux électro-tribaux. Le premier 'björkien', boosté par un groove de basse viscéral. Le second, truffé de samples. Ou encore du semi post industriel, semi atmosphérique, " Darkness ". Mais au fil de l'écoute, une profonde mélancolie commence à vous envahir ; le ton particulièrement intimiste et pessimiste des chansons accentuant cette impression. Depuis " Sky blue ", qui bénéficie pourtant du concours des choristes du Blind Boys of Alabama et surtout de l'omniprésence de Daniel Lanois ( percus, machines, guitare et bidouillages) à " The drop " (NDR : tout au long duquel il se la joue à la Peter Hammil, en accompagnant sa voix de son seul piano, avant de sauter dans le vide), en passant par la prière filmique (Ennio Morricone ?) " No way out ", l'éthéré, 'wyattien' " My head sounds like that " (falsetto, cuivres et mellotron y compris), et deux symphonies contemporaines, prog rock. Tout d'abord " I grieve ". Mais surtout " Signal to noise ". Une compo qu'il avait conçue et jouée 'live', en compagnie de Nusrat Fateh Ali Khan, mais également de Youssou N'Dour. NFAK participe à cette nouvelle mouture, mais également le London Session Orchestra. Sans oublier les percus de The Dohl Foundation. Le tout pour un fragment bouleversant de mélancolie. Beau à pleurer ! Comme d'hab, le Gab s'est entouré d'une pléiade de musiciens de studio, parmi lesquels on retrouve les incontournables Manu Katche, Tony Levin et David Rhodes. Mais faudra vraiment être un inconditionnel de Gabriel pour apprécier cette œuvre, car nonobstant l'intensité phénoménale qu'elle libère, elle n'est plus dans l'air du temps ; et surtout, elle m'a foutu le bourdon. Là dessus je m'en vais remettre Manu Chao dans mon lecteur Cd…

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Cover magazine

Cet opus pourrait bien être le dernier de Giant Sand. En fait, vu son succès, Calexico exige de plus en plus de dépense d'énergie au tandem Convertino/Burns. Résultat des courses, il ne dispose plus assez de temps pour épauler Howe Gelb. Ce dernier va donc devoir, plus que probablement, se concentrer sur sa carrière solo.

Pour fêter le 20ème anniversaire du groupe, le trio est quand même parvenu à se réunir, le temps d'enregistrer cet opus. Un disque presque exclusivement constitué de reprises, qui a bénéficié du concours de leurs meilleurs amis. Et tout d'abord de Polly Jean Harvey. Sur la cover aride, fiévreuse du " Johnny hit and run Pauline " de X. Aux backing vocaux. Ou plus exactement aux gémissements sanglants. Matt Ward ensuite. Aux chœurs et au piano. Pour la version énigmatique, méconnaissable, cuivrée, du célèbre " Iron man " de Black Sabbath. On frôle même parfois ici l'univers du jazz moderne. Neko Case et Kelly Hogan, encore. Toujours aux backing vocaux. Sur le blues lo fi signé Johnny Cash " Wayfaring stranger/Fly me to the moon ", dramatisé à la manière de Will Oldham. Jim Fairchild, le guitariste de Grandaddy, enfin. Chez le crazyhorsien " Blue marble girl ". Une compo de Gelb interprétée 'live' à Oslo. Le disque épingle encore deux enregistrements immortalisés en public. Et en particulier le classique de concert " The inner flame ". Un morceau signé par feu Rainer Ptacek, un pote de Gelb disparu en 1997. Sans oublier l'adaptation du célèbre " The beat goes on " de Sonny & Cher. Qui bénéficie ici de deux versions sculptées dans la rumba. Une live : la dernière de l'elpee. Et une autre en studio, qu'il partage en duo avec Sofia, son épouse. Les autres covers épinglent encore le folk sinistre " Red right hand " de Nick Cave ; le lugubre " Human/lovely head " de Goldfrapp, dont l'atmosphère oscille entre jazz et trip hop ; une interprétation très libre du classique de jazz " King of the road " ; la cover bluesy du " Plants and rags " de PJ Harvey (NDR : encore !) ; " I'm leaving now (Adios) " de Johhny Cash, une adaptation de country jazz que ce même Cash aurait pu jouer s'il s'était mis à écouter Chuck Berry ; et enfin, " El paso/Out of the week end ", un medley qui s'ébroue dans le tex mex, ou si vous préférez le mariachi, avant de virer assez rapidement vers une superbe adaptation d'" Out of the week end " de Neil Young, plage qui figurait sur l'incontournable " Harvest ". La sélection de toutes les plages de cette œuvre varie en style et en genre ; démontrant ainsi que Gelb possède parfaitement l'art d'assortir une cover avec l'invité approprié…

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

In our gun

Franchement, je n'aurais jamais imaginé que Gomez puisse un jour injecter une telle dose de technologie moderne dans sa solution sonore. Enfin, pas à ce point, puisque si dans le passé le quintette avait eu recours à l'un ou l'autre gadget électronique, il faut avouer que tout au long de " In our gun ", il a mis la gomme. Avec d'excellents, de bons et de moins bons résultats. En fait, le quintette a conservé pour formule basique son mélange de funk, de britpop, de folk, de punk, de soul, de country, de rock, de blues et de psychédélisme. Il l'a même enrichi de cuivres. Et il peut toujours compter sur trois chanteurs, dont un Ben Ottewell doué d'une voix savoureuse ; une voix dont le timbre rocailleux campe un hybride entre celui de Tom Waits et d'Otis Redding. Une véritable corne d'abondance que le groupe a délibérément décidé de cuisiner à la sauce contemporaine (NDR : pour ne pas dire techno !). Les rares titres sculptés dans la ballade intimiste, constituant les exceptions qui confirment la règle. Le douloureux " Sound of sounds ", tout d'abord. " 1000 times ", ensuite. Ce dernier glissant même progressivement au sein d'un climat semi-acoustique à caractère 'Remesque'. L'énigmatique et hanté " Miles end ", enfin. Valse country alternative, le morceau maître vire ainsi dans la techno musclée d'un Prodigy, au beau milieu du fragment. Funk déjanté, enrichi de percussions métalliques et parcouru d'un clavier kitsch, " Ruff stuff " frôle l'univers d'un Beck. Des claviers kitsch qu'on retrouve sur le reggae industriel " Army dub ". Des effets technologiques dispensés à des doses diverses, mais le plus souvent avec bonheur. A l'instar d'" Even song ", piqué de cuivres sous Morphine. De " Rex Kramer ", dont le groove est littéralement allumé par la slide caoutchouteuse. Ou encore de " Shot shot ", caractérisé par ses riffs de guitare trempés dans le delta blues et galvanisé par un saxophone presque free jazz. Reste trois titres, allègres sans doute, mais dispensables, sans aucun doute.

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Retox

Au sein de Freeheat, on retrouve les deux guitaristes de Jesus & Mary Chain, Jim Reid et Ben Lurie, l'ex drummer d'Earl Brutus, Nick Sanderson, ainsi que Romi Moss, bassiste qui a transité par le défunt et mythique Gun Club. Evidemment, sous un tel line up, vous vous doutez bien que la musique de Freeheat marche sur les traces de J&MC. Enfin, c'est l'impression que nous a laissé ce mini Cd 5 titres, même si sur le premier morceau du disque, la voix sensuelle, féminine, de Romi partage les vocaux avec le timbre languissant de Jim. Un fragment au cours duquel on retrouve ces accès d'électricité vibrants, menaçants, crépitants, qui enfièvrent littéralement le feeling des mélodies pop. Si " Facing up the facts " et " Shine on little star " s'inscrivent dans la lignée de " Darklands ", " The long goodbye " épouse un profil acoustique, proche de " Stoned & Dethroned ", alors que " Nobody's trip my wire " pénètre au cœur même du psychédélisme, un peu à l'instar d'Oasis, lorsqu'il se passionnait encore pour " I'm the walrus " des Fab Four… Bien vite l'album !