Pour célébrer son 25ème anniversaire, le label Glitterhouse a décidé de ressortir le tout premier elpee de son catalogue sous la forme d’un cd. Le tout a, bien évidemment, été remasterisé. 18 titres pour autant de combos qui émarge(ai)ent (alors) au garage. Difficile d’ailleurs de savoir si ces formations sont toujours actives. Une chose est sûre, ces morceaux auraient tout aussi bien pu figurer dans le répertoire de bands issus des sixties comme dans celui de groupes revivalistes, contemporains ou non. Ce qui n’empêche pas cette compile de se révéler particulièrement savoureuse. Et de constituer, pour tout aficionado de garage, une œuvre indispensable à sa collection. Si la plupart des ensembles sont issus des States et de Suède, l’Allemagne, l’Ecosse, l’Autriche, l’Italie et les Pays-Bas sont également représentés. Et le booklet est suffisamment explicatif pour vous y retrouver facilement.
Ce « Declaration of fuzz » épingle ainsi dans l’ordre Boys from Nowhere pour un sauvage et rageur « Jungle boy », The Not Quite lors d’une compo particulièrement mélodieuse, intitulée « Wars or hands of time », nonobstant la voix sépulcrale (Vincent Crane ?) du chanteur. Blacklight Chameleons nous entraîne dans un énigmatique et cosmique « Door ». Le « Don’t come with me » de Sick Rose est littéralement rogné par un orgue vintage, comme chez Inspiral Carpets. The Seen s’attaque à la cover de « Hey Joe », compo immortalisée par Jimi Hendrix ; mais en enlevant le tempo, il lorgne manifestement vers l’univers mod des Who et des Kinks. The Blackberry Jug nous plonge dans un univers cauchemardesque, fantasmagorique, tout au long du titre éponyme, imprimé sur un rythme frénétique. Minimaliste, « I’m glad I walked out the door » rappelle manifestement les premiers enregistrements des Beatles. Il est l’œuvre de Mystic Eyes. The Stomach Mouths se réserve un insidieux et étrange « Something weird ». Le « Nowhere to run » de The Cynics possède un refrain entêtant, hypnotique. Les Miracle Workers ont opté pour l’épileptique « L.O.V.E. ». Le folk fuzz de Cornflake Zoo prend toute sa dimension sur « 13 stations ». Les spectres des Yardbirds et des Electric Prunes ne sont pourtant pas loin. The Stepford Husbands concède un « Why aren’t you there ? » envoûtant, hymnique. The Otherside revendique l’héritage de Love pour attaquer le dépouillé et binaire “Say those magics words”. Le farfisa domine le « Gonna make you mine » de Crimson Shadows. On baigne à nouveau, ici, dans un univers sonore proche d’Inspiral Carpets. Un harmonica poussiéreux donne une coloration r&b au « I never loved a girl » de Running Stream, compo régulièrement enflammée par les cavalcades du drumming. Plus psyché, le « Make me stay » de Green Telescope, bénéficie d’une mélodie contagieuse. Le « Cryin’ shame » des Preachers est un fragment garage qu’on pourrait qualifier de classique. Et en finale, The Broken Jug se distingue des 17 autres combos, par un « 2120 south Michigan ave » lancinant, presque ‘doorsien’. Intemporel, ce style musical n’est pas encore prêt à emprunter une voie de garage…