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L’heure personnelle de Lucie Valentine

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Jean-Claude Mondo

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dimanche, 31 décembre 2000 01:00

Saturday Night Rub

Parfait exemple de Belgique pluriculturelle ! Et c'est le blues qui nous donne cette occasion ! Elmore D, de son vrai nom, Daniel Droixhe est un membre actif de la Principauté de Liège. Ce n'est pas le Delta de l'Ourthe qui l'inspire, mais bien celui du Mississippi. Donnez une guitare à Daniel. Fermez les yeux. Ouvrez grandes vos oreilles. Le feeling du blues circule immédiatement.

L'homme possède la voix, la présence, le feeling et le doigté. Notre Liégeois est ici rejoint par plusieurs des fleurons de notre pays plat flamand. Des anciens Electric Kings. Big Dave à l'harmonica ainsi que Mark Thijs à la planche à lessiver, et surtout à la production. Et cela s'entend ! Ceux qui ont pris leur pied en écoutant l'album "This is Tee", reconnaîtront la marque de Marc!!

L'ouverture est implacable. Elle abat tout sur son passage. Il fallait s'y attendre, le son est sale, primaire, puissant. La voix d'Elmore reste dominante face à une section rythmique qui reste sur le devant de la scène. La guitare (NDR : qui est Lazy Horse, le "cheval paresseux"?) secrète un son gras. Tellement gras que le "Can't afford to do it" d'Homesick James est encaissé comme une véritable claque. Difficile d'ailleurs de s'en remettre, car "Drop down mama" continue dans le même registre. Big Dave souffle admirablement dans le décor. Willie Maze martèle ses peaux. Elmore chante tel un possédé, bien loin de la douceur de la voix de Sleepy John Estes. Cette sensation de brutalité s'explique sans doute par la composition de la section rythmique. Sans basse. Composée d'une batterie et d'une guitare rythmique agressive et métallique. Hound Dog Taylor adorait décoller devant une telle assise. Il est parfois dommage que les guitares acoustiques d'Elmore ne percent pas davantage l'écran sonore. Bien peu d'amateurs de blues comprennent réellement l'anglais ou tout au moins le langage du blues qui est souvent complexe à décrypter. Ceci pour dire qu'Elmore, en vrai wallon, chante ses compositions en patois liégeois. Un dialecte qui sonne très musical à nos oreilles. Je n'en saisis pas grand-chose, mon patois picard ne m'aidant guère dans l'aventure! Mais tant pis, là n'est pas l'essentiel. J'aime tout particulièrement "Li wrè dèl rowe d'Erquy" et surtout "Rahis èt rikètes". L'atmosphère lugubre et le son coupé au rasoir vaut toutes les productions Fat Possum de la terre! Tendez donc l'oreille à la finale. Comment voulez-vous que Sleepy John Estes reste endormi. Non, non, c'est impossible ! Un grand album belge!

 

dimanche, 31 décembre 2000 01:00

No hats

Lady Caroline est originaire de Louisville, dans le Kentucky. Elle a fait ses débuts en compagnie des Metropolitan Blues All Stars. Elle est venue chez nous, à Ecaussinnes, il y a quelques années, flanquée des excellents Rhythm Sheiks. Aujourd'hui, elle joue régulièrement avec le Rhythmtown Jive. Pourtant ici, c'est elle la seule maître à bord. Elle joue du piano, de l'orgue et de l'accordéon en compagnie de différents percussionnistes. " No hats " est donc bien un album instrumental.

Spécialiste du boogie woogie, son parcours débute naturellement par un "Caroline's boogie" bien sémillant, avec Bowen Brown à la batterie. Vous entrez dans un bar select et vous entendez au loin un piano qui vous divertit de mélodies bien connues ; mais lorsque vous vous rendez compte que la musique diffusée n'est ni glacée ni stérile, vous levez la tête et apercevez alors une silhouette longiligne dont la crinière noire se trémousse devant le clavier : c'est bien Caroline qui affronte, en medley bien revigorant, "Tico Tico", "St Louis Blues" et "Bumble boogie". Une vraie diablesse, cette Miss Dahl ! Elle possède tonus, style et swing. Elle aborde "Sharp swinger" avec une facilité déconcertante ; et croyez-moi, ce n'est pas une tâche aisée. Au sein de son répertoire boogie, "Up and running" et "Bluegrass boogie woogie", flairent la dynamite à l'état pur, alors que la chaleur de son doigté vous étreint imparablement. Quelle santé ! Elle retrouve son enfance vécue dans le Kentucky, en alignant un bouquet garni de chansons appartenant sans nul doute au folklore local. Elle y mêle son piano d'un soupçon d'accordéon pour nous entraîner dans la fête. Un petit voyage baptisé "Kentucky sampler" qui dure plus de 10' ! Les percussions un tantinet festives de John Hanes nous entraînent dans une "Parrot dance". Et quelle danse du perroquet ! Pour les amateurs de piano, cet opus est une véritable aubaine !

 

dimanche, 31 décembre 2000 01:00

Poor boy in Concert

Il devient de plus en plus difficile de s'y retrouver dans la discographie contemporaine de Stan Webb. En fait, si elle a été majoritairement éditée par le label anglais Indigo, son importante production est essentiellement issue du passé. Stan est un des grands guitaristes révélés par le British Blues boom de la fin des 60s. Lorsque cette vague s'essouffla, il évolua vers un rockin' blues beaucoup plus dur et électrique. Cet album se partage entre deux époques. Nous le retrouvons tout d'abord chez Chicken Shack en octobre 1973, à la Brunel University. Stan partage sa position de soliste avec le claviériste Dave Wilkinson.

Le son des neuf plages est excellent ; et on n’a pas le temps de s'ennuyer. Nous y retrouvons des titres qui sont toujours à son répertoire, près de 30 ans plus tard. Notamment "Everyday I have the blues", "Going down", "Poor boy" et le célèbre blues de BB King, "The thrill is gone". Mais indéniablement, c'est dans le domaine du blues lent qu'il excelle. A l'instar de "You take me down" que Stan chante avec passion. Sa guitare ne distille que les notes nécessaires et les changements d'intensité sonore sont très réussis. Nous faisons connaissance avec toute la puissance orgiaque des sons sur "Going down" et son hymne à succès, "Poor boy". Et Stan très en verve cette nuit-là, nous produit deux instrumentaux saignants et dynamiques, "Webb's boogie" et "Webb's guitar boogie shuffle". Pour les 6 dernières plages, nous repartons dans le futur. Au Bridge House de Londres en 1981. Il y a du beau monde derrière lui, mais le son est moins bien restitué. Ric Lee (ex-Ten Years After) est à la batterie, Paul Butler (ex-Jellybread) à la 2ème guitare et Tony Ashton (Ashton, Gardner & Dyke) aux claviers. Au menu, un nouveau "Poor boy" (NDR : ce qui explique le titre de l'album), un nerveux "Tell me" et une longue version du "Back door man" de d'Howlin' Wolf, dont le son est trafiqué par les pédales. Stan achève son set par une courte intervention instrumentale du très célèbre "Hideaway" de Freddie King qui, n'oublions pas, fut sa 1ère référence au cours des 60s.

 

dimanche, 31 décembre 2000 01:00

New mountain

Voilà un autre vétéran de la scène blues anglaise. Ce chanteur guitariste s'était révélé au sein de la 2ème division du british blues, à la fin des 60s. Il était alors le leader de Killing Floor, une formation du sud de Londres qui sortit alors deux albums. Depuis fort longtemps, Clarke fait sa carrière personnelle avec pas mal de bonheur. La bonne poignée d'albums commise sur le label allemand Taxim en témoigne. De manière surprenante, Mick est très populaire dans le Nord Ouest américain. Cela lui valut de sortir un album, sur le label Burnside.

"New moutain" est dans la lignée des précédents. Il consomme un boogie blues bien électique, inspiré par le Chicago blues. Mais au contraire de Rod Price, Mick compose l'essentiel des titres de cet album. Il a bénéficié du concours de quelques grosses pointures. Tout d'abord, l'excellent claviériste, Lou Martin. Ex Killin' Floor, ce fidèle compagnon était également un ancien familier de Rory Gallagher. Mais également Chris Sharley, à la batterie et Ian Ellis, à la basse. Ian est également un vétéran, puisqu'il fit notamment partie du Savoy Brown.

L'album débute par "Restless". Un blues rock rapide, classique, abordé dans l'esprit de Mick Clarke. "Honey do" est tout à fait excellent. Très proche dans la démarche de Rory Gallagher, il devrait ravir les nombreux fans de ce mythe trop tôt disparu. La guitare s'envole vers des sommets, escortée par les arpèges gouailleurs de Martin. Et l'ombre de Gallagher est encore plus présente tout au long de "Bed of nails". J'en ai encore le frisson! Une impression renforcée par le rapide "Gettin' round to it". Parmi les quelques reprises, soulignons le "See see baby" de Freddie King et "You gonna miss me" de Muddy Waters. Un blues lent, savoureux et poignant, irradié par le jeu aux ivoires de Lou Martin. Cet opus met constamment en valeur le talent de guitariste de Mick. Toujours d'attaque, jamais lourd ni encombrant. Comme sur la plage titulaire, "New Mountain". Mick signe aussi un hommage acoustique au géant du blue, "The howlin' wolf". A nouveau unplugged, il se révèle proche de Django Reihnardt sur "Singapore Strut". Un bon album!

 

dimanche, 31 décembre 2000 01:00

Tip of the top

Né en 1951 à Inglewood, sur la Côte Ouest, William Clarke était un harmoniciste merveilleux, bouleversant ; peut-être même le plus doué de sa génération. Et pourtant, la concurrence était rude face à Rod Piazza, James Harman et autres. Tout comme Piazza, cet élève de l'école de George Smith pratiquait une fusion entre les styles de Chicago et de Los Angeles. Il s'était aussi forgé son style à l'écoute des saxophonistes et organistes de jazz. L'album était sorti sous la forme d'un vinyle en 1987. En Europe, sur Double. King Ace a eu la bonne initiative de le sortir en CD, enrichi de quatre inédits.

Cet elpee est tout à fait superbe. Les musiciens en présence sont tous de grosses pointures. Parmi les guitaristes on retrouve Hollywood Fats, Junior Watson, Ronnie Earl et Joel Foy. Rob Rio et Fred Kaplan se partagent les claviers. Will Brinlee et Bill Stuve, la basse. Et la liste est loin d'être exhaustive !

Junior Watson ouvre l'album par "Drinkin' beer", dans ce jump style qui lui colle si bien aux cordes. Une entrée en matière tout à fait exceptionnelle car le 1er décollage de William est le bon ; et l'harmonica explose dans des phrases élégantes. Le pied!! Bill s'attaque à l'admirable "Just a dream", de Big Bill Broonzy, dans le plus pur style Chicago. Le blues s'accélère avec "Take a walk with me". Hollywood Fats est aux cordes. Tout est parfaitement en place. William s'empare de son harmonica chromatique. Les lumières baissent. L'émotion s'empare du géant pour annoncer l'hommage à son maître, "Tribute to George Smith". Et pendant tout ce temps, Fats et Kaplan se régalent derrière leur instrument. Charlie Musselwhite pousse la porte du studio pour chanter son "Charlie's blues", avec à la clé et pour le plaisir des oreilles, un duo d'harmonicas de légende. Un autre grand se présente : Ronnie Earl. Il prête sa guitare à "Hot dog and a beer". Et le menu simple se transforme en festin. Ronnie est au sommet de son art. Il nous délivre un "smokin" en solo. Georges Smith en personne s'approche sur la pointe des pieds. Il souffle dans le registre qui n'appartient qu'à lui, et chante avec des larmes au bord des yeux. Les inédits sont situés en fin de CD. 4 compositions de Clarke : "Party Party", dans le pur jump style avec Hollywood Fats, le très Chicago "Got my brand on you", ainsi que "My dog don't bark" et "My wife got mad" avec Jr Watson. Ces plages ont été cédées par la veuve, Jeannette Clarke, car William nous a quitté le 2 novembre 1996, sur une table d'opération de Fresno. Cet album assez exceptionnel avait été nominé à l'époque, pour les WC Handy Awards. Je vous le conseille vivement!

 

dimanche, 31 décembre 2000 01:00

Reservation blues

Agé de 65 ans, Eddy Clearwater fête cette année un demi-siècle de performances ‘live’. Il a écumé la plupart des planches de cette planète. Ce qui ne l'empêche pas de nourrir de nouveaux projets. Comme celui d'ouvrir, d'ici quelques semaines, son propre club à Chicago. Un club qui portera le nom de ce nouvel album, "Reservation blues". Un nouveau clin d'œil à l'héritage indien, et en particulier aux Cherokees, dont il se réclame. Sorti en 80 sur Rooster Blues son premier album était d'ailleurs intitulé "The chief". Son sobriquet Clearwater lui vient de sa passion pour Muddy Waters. De son vrai nom Harrington, il est le cousin de Carey Bell (Harrington).

A l'instar de son album précédent, "Cool blues walk", sorti chez Bullseye en 1998, Duke Robillard en exécute la production. Et il en a profité pour ramener en studio, son Duke Robillard Band au grand complet. Cela s'entend et se goûte dès la 1ère plage, "Winds of change". On se croirait sur un album de Duke. Car il assure même le solo devant les saxes de Doug James et de Dennis Taylor. Eddy est bien sûr un fervent adepte de Chuck Berry. Il enregistre ici une nouvelle version de son "I wouldnt lay my guitar down". Face au piano sautillant de Matt McCabe, la guitare toute en accords est très caractéristique. La face Muddy Waters se retrouve sur "Find yourself", lorsque le cousin Carey Bell vient souffler dans son harmo! La plage titulaire est un bien bel exercice de slow blues fin de soirée ; et l'ambiance feutrée est plus proche de T-Bone Walker que du Chicago Blues. Par contre, "Running along", trouve son inspiration dans le West sound cher à Eddie. Il est ici fort proche de l'un de ses mentors, Otis Rush. Sur "Easy is my style", nous retrouvons à nouveau ce même schéma très Rush. Et vous pouvez me croire, c'est interprété au plus haut niveau. Il faut entendre cette guitare fluide se dégager des deux cuivres. "Blues cruise" est un instrumental puissant, inspiré par le R&B de la Nouvelle Orleans. La section rythmique de John Packer et de Jeff McAllister est très soudée. Titre très original, "Halls of hate" constitue une ballade sortie tout droit du pays des swamps. Elle célèbre Eddy le songwriter qui traite ici de racisme, d'injustice et d'oppression. Très en verve, Eddy referme cet album en rocker, en reprenant le "Sweet little rock and roller" de Chuck Berry. Un superbe album ; peut-être le meilleur de Clearwater !

 

dimanche, 31 décembre 2000 01:00

Soft place to fall

La charmante Deborah est une artiste prolifique Et ses albums se déversent dans nos oreilles attentives. Toujours fidèle au label Blind Pig aux USA, elle est toutefois distribuée chez nous via la machine allemande Ruf. Après "Takin' a stand", sorti en 1995 sur new Moon, "I can't lose", en 97 et "Where blues begins", en 98, tous deux sur Blind Pig, elle nous revient avec un quatrième album.

La première plage "Look what you do to me", est une ballade soul enrobée de chœurs qui accroche par sa mélodie. Avec "Confused", elle est proche d'un rock hard au riff lourd et puissant. Pourtant, le plus souvent, son blues est tendre, doux ; et sa voix, pas très forte, se prête mieux à ce type d'exercice. Il est facile de s'en rendre compte sur "Soft place to fall" et "So damn easy". Elle peut sans difficulté hausser le rythme, chatouiller le boogie. Comme sur "Don't lie to me", mais vous n'aurez jamais le souffle coupé! Ce boogie tient facilement la route grâce à la section rythmique sans faille constituée de Dave Smith à la basse et de Steve Potts aux baguettes. Non, ce qu'elle fait le mieux, ce sont les petites plages dansantes, parfumées d'un funk léger. Tout au long de "If you love me like you say", de Little Johnny Taylor, sa guitare se détache très aisément dans ce décor mouvant! Ernest Williamson prête main forte à l'orgue pour les blues intenses "Another hoping fool" et "Nothin' to do with love". Le Chicago blues classique n'est cependant pas dédaigné, à l'instar du familier "I'm a woman", composé au masculin par Bo Diddley. Billy Gibson, l'homme de Memphis, est venu souffler dans son harmonica. L'opus s'achève par une fête des voix autour de la slide, enfin sortie de sa cachette, pour un "The day it comes" vivifiant. La production est signée Jim Gaines.

 

dimanche, 31 décembre 2000 01:00

Long shot

Plein feu sur le Minnesota. "Just a bit west from Chicago". Un peu à l'ouest de Chicago comme le clame le boss de Blue Loon. Joe Lunsheim avait sorti un 1er album en 94, "It ain't so easy". Depuis, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts. Il s'est marié, est devenu père et… propriétaire. Le revoilà, en pleine forme et le souffle puissant.

Il traite son harmonica comme un possédé sur l'ouverture "I'm leaving you" (de Howlin' Wolf), sonnant ainsi très proche de son ex-concitoyen R.J Mischo. Joe écrit, le plus souvent dans l'esprit de Chicago. La plage titulaire est proche du rythme connu de "Help me". Il joue dans l'esprit des grands, tels Little Walter et Sonny Boy Williamson. "I got a goodun" est un shuffle. Joe est très percutant et le guitariste John Franken met le nez à la fenêtre. John est un gratteur bien connu à Minneapolis Il figurait également au sein du Joël Johnson Band. Dans la version très tonique du "Little baby" de Willie Dixon, l'harmo est inspiré par Rice Miller. Joe est très en verve. Bruce McCabe l'entraîne dans le boogie "Short burning fuse". Tous les instruments débordent de partout. Excellent en effet! Changement de climat musical pour aborder "Got to be with you tonight", un swamp blues de Slim Harpo. "Easy street" reste en Louisiane, du côté de la Nouvelle Orléans. Le piano de Bruce McCabe sautille avec légèreté. John Schroder (l'ex-bassiste de RJ Mischo) et Dwight Dario assurent le rythme. Blues accéléré, "Soo line Sally" est imprimé sur un tempo d'enfer. Joe est vraiment intenable. Dernière reprise, "Think" de Jimmy McCracklin est une nouvelle opportunité de mettre le feu, la musique à bouche serrée aux lèvres. Ces musiciens savent tout faire ; et attaquent "Somebodfy pinch me" tout en swing et jump. Cet excellent album se termine par "Heart of darkness", une composition chantée avec passion et force, tout au long de laquelle Frank gratte dans l'ombre des illustres bluesmen BB King et Peter Green ; mais un Green du passé.

 

dimanche, 31 décembre 2000 01:00

Cuttin´ in

Ce jeune chanteur/guitariste avait sorti un premier album prometteur en 97, "Call the cops". Il réapparaît, signé par Landslide et entouré d'une solide bande de musiciens.

L'album est essentiellement constitué de reprises, qui baignent, pour la plupart, dans le Chicago blues. A commencer par une version musclée du "Talk to your daughter", de J.B Lenoir. Puissante, agressive, elle s'appuie sur une section rythmique très cohérente. Malvin Zachary est à la basse et Tim Gunther à la batterie. Le disque enchaîne immédiatement avec la plage titulaire, en l'occurrence le célèbre "Cuttin' in" de Johnny Guitar Watson (NDR : qui ne connaît pas le fameux "Excuse moi partenaire! " ?). Et de nouveau, le traitement de ce classique est impeccable. Sean s'embarque alors sur son "Cold cold ground", traçant à la guitare des phrases inspirées par BB King, mais bien plus saignantes et amplifiées. Son camarade, Paul Linden, pose le décor à l'harmonica pour la reprise de "Mellow chick swing", de Sonny Boy Williamson, et favorise un théâtre d'échanges entre les cordes et le piano de Matt Wauchope. Sean a bien pris ses marques dans la Cité des Vents, le voici dans une démonstration de puissance, au cœur de "I want to be loved", de Willie Dixon. L'énergie atteint son paroxysme sur "Who's been cheatin' who", un véritable forcing rythmique qui porte le chant et l'harmonica. Pour l'exercice du blues lent, Costello force le respect dans une cover de "Double Trouble". D'Otis Rush bien entendu ! Le résultat est superbe, croyez-moi! Et Sean manifeste une sensibilité exacerbée jusqu'au bout des ongles. "Goombay rock" est savamment parfumé d'Orient! Effluves de R&B, "I got loaded" et "Those lonely lonely nights" sentent bon les vieux juke-boxes des sixties. La lutte finale se concentre à Chicago. L'harmonica de Linden hurle de plaisir sur "Close to you". Et pour clore cet excellent album, Sean cède les vocaux à Paul pour attaquer le "Ah'w baby", de Little Walter.

 

dimanche, 31 décembre 2000 01:00

Tyler, Texas session

John n'a traversé la comète du blues que quelques années ; mais ce passage fut suffisant pour atteindre le statut de légende. Né en 1952 à Shreveport, en Louisiane, il s'est éteint à la suite d'une crise cardiaque, en juin 1993. Découvert par Ronnie Earl, il enregistre l'album "A man and his blues", pour Crosscut, en 1988. Il sera signé par le label major Elektra, sur lequel il sort successivement "One believer", en 91 et "Howlin' Mercy", en 93. Edition limitée, numérotée, "Tyler, Texas session" trempe dans le country blues le plus pur. Rien que l'homme et sa guitare acoustique. En réalité, cet opus a été réalisé sur base d'une démo enregistrée en 1979. Dans les studios Robin Hood de Tyler, au Texas, avant qu'il ne soit connu du grand public. John y passe en revue tous les grands du Delta Blues. Un voyage en douze tableaux. C'est une œuvre très soft, conventionnelle, traitée dans le strict respect des créateurs.

Défilent ainsi des adaptations de Robert Johnson, Muddy Waters, John Lee Hooker, KC Douglas, Elmore James et de Lightnin' Hopkins. J'apprécie tout particulièrement John lorsqu'il sort son bottleneck, pour travailler en slide. A l'instar d' "I can't be satisfied". Le travail peut paraître rudimentaire, mais Campbell était doté d'une solide technique pour épauler son feeling exacerbé d'homme écorché vif. Le "Watch dog blues" de KC Douglas est un moment fort. La National Resphonic imprime un son métallique à son blues vécu. Le travail sur les cordes de "Driftin' and driftin" laisse augurer le talentueux artiste qu'il allait bientôt devenir. Le bottleneck revient, bien sûr, lorsqu'il aborde le répertoire d'Elmore James. Et en particulier "Talk to me babe", "The sky is crying" ainsi que "Terraplane blues", qui me flanque chaque fois la chair de poule. Cette tranche de blues à fleur de peau s'achève en beauté par le "Mojo hand" de l'oncle Sam (Hopkins).