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L’heure personnelle de Lucie Valentine

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Jean-Claude Mondo

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dimanche, 27 juillet 2014 19:03

United States

Ian McLagan est un claviériste insulaire qui jouit d’une belle notoriété dans l’univers du rock. Il a participé à l’aventure des Small Faces de Steve Marriott entre 1965 et 69 ; puis des Faces de Rod Stewart et Ron Wood, dans la foulée et jusqu’en 1975. Par la suite, il s’est converti en musicien de studio et de tournée. Il a longtemps apporté son concours aux Rolling Stones, mais également à Bob Dylan et Bruce Springsteen. Fin des seventies, il entame une carrière solo, malgré la collaboration d’un backing group. Il publie "Troublemaker" en 1979 et "Bump in the night" l'année suivante. Finalement, il baptise son combo, The Bump Band. Son dernier opus, "Never say never", remontait déjà à 2008. Ian a 69 balais. Il y a déjà un bon bout de temps qu’il s’est fixé à Austin, au Texas. Toute son équipe –soit le gratteur Scrappy Jud Newcomb, le bassiste Jon Notarthomas et le drummer Conrad Choucroun (impliqué également chez NRBQ)– s’est réunie au sein de son studio Doghouse, à Manor (NDR : c’est également au Texas) pour concocter ce long playing. Un disque mis en forme par McLagan en personne.

"All I wanna do" est un excellent roots rock. Au chant, Ian n’a pas le charisme de Marriott ou de Stewart. Mais ses interventions aux claviers sont excellentes. Un orgue qui mène de nouveau la barque tout au long de "Pure gold", une bonne plage rock, malgré la voix fatiguée de Mac. Le piano ouvre la voie à "Don't say nothing", une ballade qui colle parfaitement à la voix du leader, un titre au cours duquel Scrappy tire son épingle du jeu à la six cordes. Des sonorités de slide feutrées introduisent "I'm your baby now", un blues de toute bonne facture. Dans ce contexte, la voix passe ici bien mieux la rampe. "Mean old world" n'est pas le classique du blues composé par Little Walter, mais une ballade empreinte de douceur. Ian se consacre au chant et au piano, avant que, tout en sobriété, la guitare ne vienne mettre son gain de sel. Autre roots song, Love letter" exerce un charme discret. Le tempo est indolent. Les sonorités d’orgue rappellent Booker T et Billy Preston. Pas étonnant, puisque McLagan avoue avoir beaucoup appris de ces deux mythes ! Le début de "Who says it ain't love" se distingue par une mélodie particulièrement riche. Fragile, la voix tente de s’imposer dans un univers balisé par une rythmique quasi reggae! Une rythmique parfaitement structurée par l’orgue et la guitare. Plus soul, "Shalalala" aurait pu figurer au répertoire de Rod Stewart. "How blue" est un titre judicieux. Un boogie blues vaporeux conduit par le piano roadhouse de Mac. Particulièrement agréable à écouter, ce long playing s’achève par une ballade country folk. Ian y susurre ses mots, alors que Leigh Mahoney (David Byrne Band, Tosca String Quartet) vient apporter son concours au violon.

 

dimanche, 27 juillet 2014 18:58

Is set!

Lorsque après avoir vécu une véritable explosion, début des 70’s, le blues anglais commence à s’essouffler, il se retire dans les pubs. Ce qui va lui permettre encore de vivre de beaux jours. Notamment du côté de Southend, près de l'embouchure de la Tamise, et principalement grâce à Dr Feelgood, une formation alors drivée par le chanteur/harmoniciste Lee Brillaux et le guitariste Wilko Johnson. Quelques années plus, l'explosion punk va ramener ce blues sur le devant de la scène, grâce à des pubs bands énergiques, comme Nine Below Zero ou encore Count Bishops.

Garage, la musique de The Trap nous replonge au beau milieu de cette époque. Ce quintet est pourtant suisse… le line up réunit le chanteur Nico Cennamo, le bassiste Yannis Friederich, le drummer Fred Michaud ainsi que les guitaristes Dominguez et Olivier Bene. En 2011, il avait gravé un premier Ep 4 titres. Le combo signe l’intégralité de son répertoire, et c’est de la pure dynamite.

Tout au long d’"All night long", morceau qui ouvre la plaque, les guitares sont bien en rythme. Cesar Dominguez souffle comme un possédé dans son harmo alors que la voix furieuse de Nico rappelle le regretté Lee Brillaux. Excellent, "Lonely road" est victime d’une attaque punk énergique. L'harmo est totalement déchaîné! La rage au ventre, Nico éructe ses vocaux sur "Bound to love", une plage garage cinq étoiles, au cours de laquelle Dominguez s'envole enfin sur ses cordes. L'instant d'après, il récupère sa musique à bouche pour nous délivrer un nouveau brûlot, "Pay no mind". Un nouveau cri de rage plus tard, il se met à martyriser son harmo pour exécuter "That girl", une plage très agressive. Les guitares sont inépuisables tout au long de "You wanna rock", une solide tranche de rock'n'roll. Des riffs bien alignés préludent une intervention vocale bien punk sur "Not a sound". Inlassablement, The Trap  relance la machine à rythme. L'harmo de César et la voix puissante et offensive de Nico balisent "All the things". A cet instant, Cennamo me rappelle quelque part le chanteur du groupe australien Count Bishop, un ensemble remarquable qui a sévi à la fin des seventies. "Crazy" tourne au même régime. La basse ronflante de Yannis galvanise "Got the means", une piste aux guitares totalement débridées. Cesar a retrouvé son souffle pour attaquer "Lose my mind". On imagine alors un Status Quo qui aurait subi une cure de rajeunissement ou sous l’emprise de quelconques produits énergétiques. "Rock'n'roll" is not dead. Et le combo helvète le démontre. Le long playing s’achève par "Save your love", un titre au cours duquel la formation s’est autorisée un petit coup de Diddley Beat. Excellent !

 

dimanche, 27 juillet 2014 18:33

Un-Twisted

Chanteur/harmoniciste/compositeur, Dave Hoerl est né à San Francisco. Il a beaucoup appris de Rick Estrin, le leader des Nightcats. Il réside au Canada, du côté de Vancouver, depuis 1986. Et en 2012, il a acquis la double nationalité, canadienne et américaine. Lorsqu’il débarque dans son pays d’adoption, il devient très proche du pianiste Kenny ‘Blues Boss’ Wayne. Dave fonde les Twisters en 1994. La formation a gravé depuis 4 long playings ; et si elle et toujours en activité, seul Hoerl y milite comme membre originel. Une aventure qui lui a permis depuis de cumuler les nominations aux Awards du blues, décernés par la Toronto Blues Society. Hoerl développe également d’autres projets. En duo ou trio, au sein de Hurricane and the Hooligans.

Ce nouvel opus solo a été enregistré dans le studio Blue Wave, à Vancouver. Il est co-produit par Kevin Burke et Dave. Hoerl a écrit ou co-écrit 9 des 11 plages. Lors des sessions, il a reçu le concours de la crème des musiciens locaux. Et notamment Double D (Dave Dykhuizen) aux guitares, Charles Hart (l'un des Twisters) à la basse, Roger Brant à la batterie, Dave ‘Cob’ Webb aux claviers et Johnny Ferreira aux saxophones.

"Soul mate", titre qui ouvre les hostilités, est sans doute celui qui lorgne le plus vers le Chicago blues. L’ambiance est cool. Dave Webb assure derrière son piano. Parcimonieux aux cordes, James ‘Budd’ Rogers (invité pour la circonstance) est tout aussi efficace sur ses cordes. Mais les interventions de Hoerl à l’harmo sont à la fois personnelles et bouleversantes. Ce n’est pas un musicien extraverti qui en remet constamment trois couches. Il privilégie la sobriété tout en livrant son âme, à l’instar du très swing "Pure & simple blues", une plage au cours de laquelle il est soutenu par Double D à la slide. "I'd rather be blind, crippled and crazy" est issu de la plume de Charles Hodges et O.V Wright (avec la bénédiction du label Hi). Un soul blues indolent, qu’il chante discrètement. Webb tapisse l’expression sonore de ses interventions à l’orgue Hammond. Double D tire son épingle du jeu en mode jazz. "Snake charm" est une plage élégante, dansante et subtilement manouche. La six cordes de Brandon Isaak (le Twister) libère énormément de swing. Ferreira vient apporter son concours au saxophone ; et finalement David se sent comme un poisson dans l’eau au cœur de ce style qui incontestablement aurait plu à notre Toots Thielemans. "Fight of the century" est une piste lente, mais subtilement funky, une plage au cours de laquelle Webb tire son épingle du jeu à l’orgue Hammond. Empreint de délicatesse, "Don't think it can't happen to you" est un autre titre de toute bonne facture imprimé sur un tempo jazzyfiant. Un morceau qui baigne au sein d’un climat fragile entretenu par l'orgue et l'harmo du leader ! Chip Hart amorce "Grand old game" (NDR : une chanson dont le lyrics traitent du baseball), une compo dont le Diddley beat est imprimé par les percus de Hart aussitôt relayées par l'harmonica. "She took back my heart" trempe dans le soul funk. Roots song entraînante, "Long highway" repose sur une jolie ligne mélodique. "A little off the top" adopte un profil r&b emprunté aux 50’s. Câline, la voix s’inscrit parfaitement dans ce climat fin de soirée. Les accents jazz sont entretenus par la contrebasse, le piano et le sax ténor de Ferreira. "I left my heart in San Francisco" est un morceau autrefois popularisé par Tony Bennett. La version proposée est instrumentale. L’ombre de Toots Thielemans plane à nouveau. Hoerl et manifestement un musicien talentueux, mais en même temps créatif. Ce qui ne gâte rien !

 

dimanche, 27 juillet 2014 18:28

Black Liquor

Dash Rip Rock est un trio de roots rock louisianais formé en 1984. Le leader est le chanteur/guitariste Bill Davis. C’est également le dernier membre fondateur du groupe. Ses influences, il les puisait dans les groupes du style de l'époque, comme Jason and the Scorchers, les Beat Farmers ou encore Rank & File ; des roots bands qui avaient conservé leur énergie punk. Au départ, Bill était épaulé par le bassiste Ned Hickel et le drummer Clarke Martty. Au fil du temps, Davis est devenu une véritable référence dans les genres baptisés cow punk, country punk, alternative country, …

Eponyme, leur premier elpee est paru en 1986. Depuis, la formation en a publié une douzaine d’autres. Et sur le label de Jello Biafra, Alternative Tentacles, depuis 2004, dont "Recyclone", une compile sélectionnée par l’ex-Dead Kennedys, et "Hee haw hell" un concept album, sorte d’opéra punk rock, paru en 2007 ! Aujourd’hui le line up de Dash Rip Rock implique Bill Davis, le bassiste Patrick Johnson et le drummer Kyle Melancon.

Dès "Black liquor", un rock boogie puissant, l’énergie punk est palpable. Le chant de Davis est bien à l’avant-plan. Il injecte tout son feeling aux cordes pour attaquer "Dirt". Dramatique, son riff est accentué par les interventions de basse. Bill libère un déluge de notes torturées, tourmentées, coupées au rasoir, une plage manifestement marquante. "Blood swamp" évolue sur un tempo plus paisible. Cependant, la voix ravagée ne véhicule pas de bonnes nouvelles. Au cœur de ce marais trouble, sanglant, des créatures sauvages se profilent. Nous sommes à l’aube du crépuscule. Ruisselant de sueur, le manche exerce un effet dévastateur sur les cordes. Bien qu’acoustique, les cordes sont secouées, malmenées, tout au long de la ballade, "In this world". Un même canevas adopté par "Tugboats", une plage au cours de laquelle Davis condamne ces remorqueurs qui naviguent continuellement sur le Mississsippi, entre Memphis et New Orleans. "Touch of you" opère un retour au cowpunk pur et dur. Une piste qui ne souffre d’aucun compromis. Le trio s’y révèle particulièrement soudé. Bill nous invite à se baigner dans la rivière. Et pas seulement à y mettre les orteils. Caractérisé par d’évidentes références sudistes, son rock le comble de bonheur. "Voodoo doll" nous entraîne dans une forme de punk stoner. Les interventions de Bill, qui a décidé de se consacrer aux ivoires, sont particulièrement nerveuses. Rockabilly rageur, virevoltant, "Go ahead, baby" est manifestement hanté par les prémisses d’Elvis Presley. "Possession" adopte un profil blues rocker. Malgré une volonté de rendre sa voix plus douce, Davis conserve une férocité toute naturelle. "Beck Moi Tchew" en remet une couche. Sauvage, punk, la voix véhicule des textes en mauvais français, mais aux accents cajuns. Bill se sert même d’un accordéon. Il ose le démon ! Tourmentée, cette œuvre s’achève par un rock pur et dur, intitulé "Anvil or hammer". Un choix difficile lorsqu’on se trouve entre l'enclume et le marteau ! Un disque pas facile à avaler d'une seule traite !  

 

dimanche, 27 juillet 2014 18:26

Tell me

Meena Cryle est autrichienne. Chanteuse et compositrice, elle se produit depuis très longtemps en compagnie du Chris Fillmore Band. Chris en est le guitariste. Le line up est complété par le drummer Franky Cortez à la batterie et une jeune bassiste, Marlene Lacherstorfer. Meena est hébergée sur le label Ruf. Elle a publié un premier elpee en 2010. Intitulé "Try me", il a été enregistré à Memphis. Et un deuxième en 2012, "Feel me". Après "Essaie moi", "Sens moi", place donc à "Dis moi"…

La prise de son a été réalisée à Berlin. Les douze plages sont signées par Meena Cryle et Chris Fillmore. "Take this pressure off of me" est imprimé sur un rythme soutenu. La guitare libère des sonorités familières au Mississippi blues, alors que Franky impose un remarquable rythme du chemin de fer, derrière ses fûts. La voix de Meena est claire mais puissante. "Bring me the water" macère également dans le delta, une plage empreinte de douceur au cours de laquelle Chris se réserve le bottleneck acoustique et Roland Guggenbichler, l'orgue Hammond. Il émane de cette excellente compo un sentiment de mélancolie extrême, une piste qui monte progressivement en puissance. Empreint de tendresse, "Tell me" est un blues lent que Meena susurre au creux de votre oreille. Et elle y met toute sa passion. Tapissée par les interventions d’orgue, cette plage permet à Chris de distiller des notes empreintes d’une grande sensibilité. La section rythmique balise parfaitement "Enough is enough", un blues enlevé qui met bien en exergue sa guitare largement amplifiée. Et Fillmore injecte beaucoup de reverb à sa slide. La voix et les cordes entrent en parfaite harmonie tout au long du paisible, "I beg you". Et l’osmose entre les différents instruments démontre l’excellente mise en forme opérée par Raphael Tschermuth. Le rythme s'emballe à nouveau sur le country blues "Give it back". Chris y implique tout son arsenal acoustique : guitares, banjo et mandoline. Soulignée de chœurs, la voix de Mina est brûlante d’authenticité tout au long d’une autre ballade roots empreinte de douceur, "This is my will". Une piste dont le relief est apporté par la lap steel de Carl Kaye, invité pour la circonstance. Trempée dans la soul, mais légèrement teintée de rock, "You don't know" est une piste irriguée par les superbes interventions d’orgue Hammond. La voix se dilue dans une expression sonore dont le tempo est en constante évolution et les cordes de guitare sont franchement aventureuses. La tendresse et le charme sont encore au rendez-vous tout au long d’"I've been drinking", une autre ballade folk bues. Et "Baby goodbye" adopte un profil semblable. La voix de Meena illumine littéralement "Where is your love gone", un R&B acoustique, au cours duquel entrent dans le jeu de quilles, grattes sèches, orgue, voix féminine et percussions insolites telles que bouteilles et washboard. C’est toujours dans un climat de sensibilité extrême que ce long playing s’achève. "Tell me" nous le signale. Et dans le dépouillement absolu, "You may lose me today" le confirme…

 

dimanche, 27 juillet 2014 18:23

Tightrope

Chatham County Line est un groupe américain de bluegrass. Il est né en 1999, à Raleigh, en Caroline du Nord. Avant d’entamer cette aventure, le chanteur Dave Wilson et le bassiste Greg Readling  militaient chez Stillhouse. Et lorsqu’ils décident de monter une formation country, ils sont rejoints par le banjoïste Chandler Holt et le multi-instrumentiste John Teer. Le quartet publie un album éponyme en 2003. Il est ensuite signé par l’écurie Yeproc. "Tightrope" constitue déjà le sixième elpee paru sur ce label!

L'opus est de conception plutôt uniforme. Les arrangements bluegrass sont bien ciselés ; les voix, le plus souvent en harmonie. Dès le départ guitares, banjo et violon alimentent "The traveller", une compo qui accroche bien l’oreille. Bien qu’imprimé sur un tempo plus enlevé, "Should have know" adopte un même profil instrumental. Les interventions au violon de Teer mettent bien en exergue la tendre ballade "Any port in a storm". "Tightrope of love" est sans doute la meilleure plage de l’elpee, une ballade pour cow-boys au rythme léger, parcourue par les cris du banjo de Chandler et séduite par le charme de la mandoline. Un charme qu’on retrouve dans la plupart des ballades de Chatham County, qui conjuguent élégamment les différentes cordes acoustiques. A l’instar de "Love I found" ou de "Will you still love me". Très belle chanson, "Final reward" clôt le long playing, une compo qui évoque les funérailles d'un soldat. Fragile, la voix est soutenue par le piano de Gref Readling…

 

dimanche, 27 juillet 2014 18:21

Solid ground

De père italien et de mère cubaine, Albert Castiglia est né à New York, mais vit depuis longtemps à Miami. Un chanteur, guitariste et compositeur de blues âgé aujourd’hui de 44 ans. "Solid ground" constitue son septième opus. Le premier, "Burn", remonte à 2004. Le dernier, "Living the dream", à 2012. Albert a forgé son expérience en bossant au sein du backing group de l'harmoniciste noir chicagoan, Junior Wells. Les sessions d’enregistrement se sont déroulées au sein des studios de Dave Gross, Fat Rabbit, sis dans le New Jersey. Et c’est le proprio des lieux qui a assuré la mise en forme. Pour concocter cet elpee, Albert a reçu le concours de sa section rythmique, soit le bassiste Matt Scheler, et le drummer Bob Amsel. Mais également de quelques invités de marque.

Albert nous réserve, comme entame, un boogie de bonne facture, intitulé "Triflin'". Bob imprime ce tempo spécifique derrière ses fûts. La voix d’Albert passe bien la rampe. Elle devient même autoritaire sur "Keep you around too long", une plage caractérisée par un aspect jump percutant. Véritable prodige, Dave Gross met également la main à la pâte, alors que Jeremy Baum siège derrière le piano. Et le niveau atteint par cette compo est déjà très élevé. Une claque indiscutable ! Signé Graham Wood Drout (Iko-Iko), "Searching the desert for the bues" est un soul blues contaminé par le funk. Lou Bevere (chanteur/guitariste au sein d'Enzo and the Bakers) se réserve le micro sur "Have you no shame", une compo issue de la plume de Donnie McCormick et Tommy Carlisle (NDR : les deux musicos militent chez l'Eric Quincy Tate), et un blues lent de bonne facture. Baum est préposé à l'orgue Hammond B3, alors que Gross et Castiglia s'envolent très haut sur leurs cordes. "Put some stank on it" est un blues rock imprimé sur un tempo énergique. Albert profite de l’occasion unique qui lui est accordée de se mesurer à Debbie Davies, une des meilleures guitaristes féminines du blues. La voix d’Albert est chargée de passion lorsqu’il aborde "Love one another", une soul song illuminée par quelques beaux échanges de cordes. Mais aussi "Sleepless nights", un blues lent plus conventionnel, marqué au fer rouge par ses six cordes ! Ecrit par St Louis Jimmy Oden, "Goin' down slow" est un classique du blues popularité par Howlin' Wolf. La version proposée par Castiglia, est ici plus proche de l’esprit Allman Brothers Band. "Celebration" est une ballade roots séduisante. Blues acoustique sculpté dans les cordes d’une sèche et d’une mandoline, "Hard time" est impeccablement ficelé. "Bad avenue" est un autre blues lent. Quoique bien amplifié, il est plutôt conventionnel. L'orgue Hammond tapisse l’ensemble, un contexte idéal pour une solide envolée de guitare. "Sway" est une des chansons des Stones que je préfère. Elle figure sur "Sticky fingers", paru en 1971 ; et on y rencontre un solo mémorable de Mick Taylor, sur sa guitare. L’adaptation n’est guère surprenante. Lou Bevere s’y réserve le chant, Castiglia et Gross les grattes. Instrumental véhiculant des accents de rumba, "Little havana blues" est une piste particulièrement réussie. Le long playing s’achève par un morceau acoustique, le très doux "Just like Jesus".

 

dimanche, 27 juillet 2014 18:18

Turn blue

Les Black Keys nous viennent d'Akron, dans l'Ohio. Un duo réunissant le chanteur/guitariste Dan Auerbach et le drummer Patrick Carney. A l'origine, il pratiquait un garage rock teinté de blues. Leur premier album, "The big come up", remonte à 2002. Il est paru sur le label underground Alive Records. L'année suivante, le tandem signe chez Fat Possum, une écurie blues établie dans le Mississippi qui héberge d'authentiques bluesmen noirs du terroir ; à l’instar de R.L Burnside et Junior Kimbrough, artistes qui n'hésitent jamais à mêler leurs racines à celles imaginées par de plus jeunes musicos. "Thickfreakness" paraît en 2003 et "Rubber factory" en 2004. Le tandem décroche ensuite un contrat chez Nonesuch, division du groupe Warner. C’est à cette époque qu’il s’installe à Nashville, la ‘Music City’ du Tennessee. Les elpees se succèdent, réunissant désormais les compositions originales du duo. Publié en 2010, "Brothers" récolte un franc succès commercial. Et l’année suivante, "El Camino" confirme le succès de ces chantres de la musique alternative.

"Turn blue" constitue donc leur nouvel opus. L’image de la pochette est représentée par un vertigo psychédélique. L’œuvre est ambitieuse. Les compos sont extrêmement travaillées, raffinées, de manière à bien mettre en exergue la voix délicieusement pop d'Auerbach. Mais si la mise en forme réalisée par Brian Burton, dit Danger Mouse, est destinée à rendre leur expression sonore plus accessible et commerciale, il ne gomme pas pour autant la puissance créative du duo. Par sa volonté mélodique, le son accroche facilement l’oreille ; et pourtant la structure des compos demeure complexe, poursuivant ainsi la démarche entamée par "El Camino". Pour enregistrer cet LP, la paire a quand même reçu un solide coup de main de Burton. A la production, mais aussi à l'écriture et à l’instrumentation…

"Weight of love" ouvre le disque. C’est aussi la plus longue plage. Plus de 7’ ! Après une longue intro instrumentale, au cours de laquelle se bousculent cordes acoustiques, claviers atmosphériques et enfin les interventions de guitare suramplifiées de Dan, la voix entre dans la danse, épousant rapidement un refrain accrocheur. On pense au Pink Floyd d'une certaine époque. A cause de cette gratte aux sonorités ravagées qui se dédoublent en fin de parcours. Des voix féminines (NDR : ou androgynes) amorcent "In time". La voix d'Auerbach y adopte le timbre et même les inflexions de Marc Bolan (T Rex). Une nouvelle fois, le refrain émarge à la pop. Le titre maître colle parfaitement à son époque. Constante, la ligne mélodique est colorée par des sonorités synthétiques. Soutenu par un clavier ‘vintage’, "Fever" est imprimé sur un tempo enlevé. Un titre contagieux et excitant, paru en single. Des rythmes synthétiques agitent "Year in review", une plage particulièrement percussive, mais très éloignée des Black Keys originels. "Bullet in the brain" s’ébroue en douceur sur un lit de cordes acoustiques, avant de subir un fameux coup d’accélérateur ; une formule imaginée par Danger Mouse. Patrick Carney imprime un tempo tribal à "It's up to you now". La compo macère dans un climat plus garage. Dan a d’ailleurs sorti sa fuzz box. C’est sous ce profil tortueux que je préfère les Black Keys. L’œuvre replonge à nouveau dans la pop. "Waiting on words" est empreint de tendresse et "10 lovers", de charme. Des pistes truffées d'effets sonores dispensés en boucle. Une formule un peu trop explorée sur cet elpee. Ce qui ne l’empêche pas de receler des moments autant inattendus que réussis. A l’instar d’"In our prime", une plage dont les interventions de guitare psychédéliques savoureuses et la beauté immaculée du sens mélodique, rappelle les Beatles de la grande époque (66/67). Et le final nous réserve une autre bonne surprise, puisque The Black Keys nous réserve le blues/rock "Gotta get away", comme pour rappeler que le duo n’a pas renié totalement ses sources…

 

dimanche, 27 juillet 2014 01:00

Original

Janiva Magness s'est forgé une excellente réputation dans les milieux du blues et de la soul. Malgré ses 57 ans, elle a toujours beaucoup de charme. A ce jour, sa discographie compte 9 albums. Au cours des dernières années, elle a décroché plusieurs Awards du blues. Originaire de Detroit, sa jeunesse n’a pas été facile. Ses deux parents se sont suicidés à trois ans d'intervalle. Elle est devenue mère à 17 ans, et elle a immédiatement perdu la garde de son enfant qui a été adopté. Elle a aussi tenté à plusieurs reprises de mettre fin à ses jours. C’est la musique qui va notamment lui permettre de remonter la pente. Elle émigre à Phoenix, d’abord, puis s’établit à Los Angeles, ensuite, en 1986. A partie de 1997, elle enregistre et publie des productions locales. Elle est alors signée par le label blues Northernblues Music ; ce qui lui permettra de graver "Bury him at the Crossroads", en 2004 et "Do I move you?", en 2006. Elle décroche ensuite un contrat chez Alligator, label sur lequel paraît "What love will do", en 2008, "The devil is an angel too", en 2010 et "Stronger for it", en 2012.

En 2013, elle cumule les nominations aux Blues Awards. Elle en récolte pas moins de sept! Et pourtant, Janiva et Alligator arrêtent leur collaboration. L'artiste veut se lancer de nouveaux défis. Elle souhaite mettre davantage en exergue ses propres compos. Ce qui explique pourquoi elle a décide de revenir chez Fathead Records, son propre label, dont elle avait partagé la gestion, au départ, en compagnie de son ex-époux. Une structure certes plus modeste, mais qui lui permet une totale liberté. Elle sait qu'elle est aussi sur la corde raide en prenant en main son propre destin, mais elle est désormais animée d'une volonté et d’une foi inébranlable pour réaliser ce challenge, qu’elle veut vivre ce qu'elle appelle, sa déclaration d'indépendance ! Elle a intitulé cet opus "Original", pour sa renaissance artistique, mais également parce que les 11 plages sont toutes originales, sept émanant même de sa plume.

La ballade soul "Let me breathe" ouvre la plaque. Une compo séduisante que chante Javina d’une voix chargée de passion et de feeling. Les musiciens sont sobres mais efficaces. Zach Zunis est préposé à la guitare, Jim Alfredson, à l’orgue. "Twice as strong" est de la même veine. La voix de Javina est cependant soutenue par les chœurs généreux de ses musicos auxquels est venu se joindre le producteur Dave Darling. "When you were my king" baigne dans une atmosphère intimiste, empreinte de sérénité, un blues somptueux, introspectif, au cours duquel les cordes de Zunis s'intègrent parfaitement dans l’ensemble, mais également celles –acoustiques– de Darling qui cumule le dobro, le celeste et le glockenspiel. Matt Tecu imprime un diddley beat sur le nerveux "I need a man". Gospel, le chant est brûlant. Lorsque Janiva cherche un homme, sa prospection ne s’opère pas dans la discrétion, mais la ferveur collective. Pas de temps faible sur cet elpee. Janiva livre toute son âme dans la voix pour  hurler son bonheur sur "Everything is alright". Elle partage les vocaux en compagnie de Dan Navarro (NDR : son timbre est particulièrement expressif) tout au long du superbe "With love", un morceau au potentiel commercial manifeste. Miss Magness se les réserve sur "Mountain", un southern soul qui nous flanque des frissons tout au long de l’épine dorsale. "Who am I" est encore une excellente compo. De la soul dansante, généreusement contaminée par l’orgue. Les voix se conjuguent sur "Badass", une piste caractérisée par une sortie aux cordes de Zunis. Et le long playing de s’achever par deux jolies ballades trempées dans la soul. Un excellent opus ! Ton indépendance te sied si bien, Janiva…

 

lundi, 21 juillet 2014 15:31

60 clicks

Lee Palmer est canadien. Originaire du Brunswick, il vit à Toronto depuis 1980. Aujourd’hui âgé de 60 balais, cet adepte de la roots music avait publié un album solo en janvier 2013. Il explore la musique de ses racines, où se mêlent folk, et surtout blues ainsi que country. Il chante d’un baryton chaleureux, en s’accompagnant à la sèche. "60 clicks" a été enregistré live dans le studio torontois de Rogue, des sessions au cours desquelles Lee a reçu le concours d'excellents musiciens locaux, dont Alec Fraser préposé à la basse, mais également responsable de la production.

Palmer signe les 11 plages. Parmi elles, figurent quelques blues de très bonne facture, à l’instar de la plage d’ouverture, "Do what I does", qu’on pourrait qualifier de particulièrement harmonieuse. La section rythmique est impeccable. Fraser et Al Cross se chargent des percussions. Rony Platt à l’harmo, Elmer Ferrer à la sèche et Burke Caroll à la slide excellent chacun sur leur instrument. La rythmique adoptée par "Waiting on my love to come" rappelle Howlin' Wolf, même si l’approche est plus soignée. Roly Platt (NDR : il a été plusieurs fois nominé aux Maples Blues Awards, distinctions réservées à la scène blues canadienne) brille sur son harmonica. Il est talonné par le bottleneck de Carroll. Un effet et des musicos qu’on retrouve sur "Fighting the blues" ; Wendell Ferguson (à la guitare 66 Tele cameo) renforçant pour le circonstance le line up. Le reste du long playing baigne essentiellement dans la country. Tout d’abord la ballade "Parents child". Puis "Sometimes", une plage caractérisée par les interventions tout en délicatesse des solistes. "Things are too good to be blues", ensuite ; mais dans l’esprit du western swing. Et du swing, cette piste n’en manque pas, l’harmo et la pedal steel entretenant ce climat. "Changed man" nous transporte au Sud de l’Espagne. A cause de ces accords de guitare dispensés par Elmer Ferrer. "Wrong not to write" nous ramène du côté de Dallas. Une compo au cours de laquelle l’harmo et la pedal steel de Burke Carroll sonnent comme à l’authentique. Le titre maître est une jolie cover de Bill Smith, disparu il y a quelques mois. Caractérisé par ses accents country/blues, "Together we roll" nous plonge dans le bluegrass. C’est également la piste finale. Platt y émerge à la manière de Sonny Terry.

 

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