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La vérité selon RORI

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Hooverphonic
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Jean-Claude Mondo

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mercredi, 20 février 2013 11:55

Something ain't right

Les Rusty Roots sont incontestablement un des meilleurs blues bands, en Belgique. Fondé en 2004, cet ensemble limbourgeois a effectué ses débuts au célèbre Belgium R&B Festival de Peer. Son premier album, "100 miles", était paru en 2006. Il avait bénéficié de la participation du talentueux chanteur/guitariste Marc ‘Tee’ Thijs. Deuxième elpee, "Electrified" était sorti en 2008.

Jan Bas est le chanteur. Il est soutenu par deux brillants instrumentistes, le guitariste Bob Smets et l’harmoniciste qui double à la guitare rythmique, Kris ‘Rev Hotrod’ Rogiers. Le line up implique également le drummer Nico ‘Tutt’ Vanhove et le bassiste Stefan ‘Body’ Kelchtermans. Pour la première fois, les Rusty Roots signent toutes les compos. Et Tee s’est chargé de la production et du mixing !

"Wiggle" ouvre l’elpee. Le tempo adopté par cette plage me rappelle le Creedence Clearwater Revival. Proche de celle de John Fogerty, la voix de Jan est bien mise en évidence. Le travail opéré sur cette voix, tout au long de "Wake up", est particulièrement soigné. La mise en forme adoptée par Tee n’y est pas étrangère. Agitée de percussions et lacérée par les petits coups de griffe de l'harmo, l’instrumentation est minimaliste. "Too tight" est certainement la compo la plus originale de l’elpee. Allègre voire dansante, elle est couverte d’accents exotiques, latinos. Chant, cordes et cuivres s’y fondent dans un bel ensemble. "Country and wagons" est imprimé sur le rythme saccadé du chemin de fer. La voix est chargée de reverb, mais reste claire. Un morceau qui permet à Rev' Hotrod de s'envoler sur l'harmonica. Un éventail de percus bien choisi électrise "Get down", une piste dont la trame funky se révèle très passionnante. Rogiers arrache tout ce qu'il a dans les poumons pour faire exploser son harmo. Jan chante "Thing" à nouveau comme Fogerty. Son autorité et son assurance impressionnent. L'orchestration demeure sobre et efficace. Si "Easy" s’intègre dans le Chicago Westside, cette compo a été personnalisée. Des vocaux a cappella ouvrent "Money train", à l’instar d’une worksong enrichie de percussions. Puis la plage emprunte un rythme hypnotique, digne du mythique géant disparu, Howlin' Wolf. Le son proposé par Rusty Roots est vraiment original. "Let her down" et "Something ain't right", davantage ska, en sont de nouvelles illustrations. Cet album constitue certainement une des meilleures productions blues belges de ces dernières années…

 

mercredi, 20 février 2013 11:50

Haywire riot

Skinny Molly est né en 2004, lorsque John Estes, ancien membre de Lynyrd Skynyrd, Dave Hlubeck du Molly Hatchett et le drummer Kurt Pietro décident de partir en tournée européenne. Et au départ, leur aventure ne devait pas aller plus loin. Mais à l’issue du périple, le combo a décidé de poursuivre l’expérience. La formation a d’ailleurs sorti un premier album, "No good deed", en 2008. Hlubek est alors parti pour retrouver ses amis de Molly Hatchett. Il a depuis été remplacé par un ex-Blackfoot, Jay Johnson, un autre acteur de la grande famille du rock sudiste. Et c’est Luke Bradshaw qui se charge de la basse.

SM est plus populaire en Europe qu’aux States. Pas étonnant dès lors qu’ils aient été signés chez le label allemand Ruf! Les sessions d’enregistrement se sont déroulées à Sheffield, dans l’Alabama et à Nashville, au Tennessee.

Dès le premier morceau, l’opus baigne dans une ambiance sudiste. Le son est puissant, lourd, chargé de décibels. Les guitares sont évidemment à l’avant plan. Imprimé sur un mid tempo, "If you don't care" ouvre les hostilités, un blues rock, caractérisé par la voix imposante de John, talonnée par les deux six cordes. "Devil in the bottle" adopte un profil semblable, même si une des grattes bien grasse, très amplifiée, s’autorise un billet de sortie. Cette plage rappelle inévitablement Lynyrd Skynyrd. Pas étonnant puisqu’elle avait été écrite par Estes, Johnny Van Zant et Gary Rossington, pour l’album "Endangered species" de Skynyrd. "Two good wheels" hausse le rythme. Illuminée par une mandoline, cette piste baigne dans un climat roots. Les spectres de Steve Earle ou des Georgia Satellites ne sont plus très loin. "Too bad to be true" adopte un profil plus classiquement rock. Les guitares s'y réservent un duel fraternel. Menaçant, inquisiteur, "Judge Parker" ne prête guère à sourire. Les changements de rythme accentuent la gravité du thème abordé. Et pourtant, il s’agit de la meilleure plage du long playing. ZZ Top aurait pu composer "Bitin' the dog". On croitrait même que c’est Billy Gibbons qui est à la guitare... Une voix grave se frotte aux cordes acoustiques et à la slide bien réverbérée sur "Lie to me", une ballade bien southern. Autre ballade, "None of me no more" véhicule des accents tragiques. Chargées de tonalités country, "Dodgin' bullets" clôt l’album, une piste qui permet une dernière fois aux six cordes d'Estes et de Johnson de jumeler leurs accords…

 

mercredi, 20 février 2013 11:41

The Blues Broads (Cd+ Dvd)

The Blues Broads, c'est le projet réunissant quatre chanteuses américaines, sous le giron du label californien Delta Groove. Deux blanches et deux noires. Ce qui s’inscrit parfaitement dans le contexte du blues contemporain.

Côté black, on retrouve Dorothy Morrison. Elle est devenue célèbre pour avoir coécrit "Oh happy day", popularisé jadis par les Edwin Hawkins Singers. Annie Sampson, ensuite. Elle a milité chez Stoneground, un band issu de San Francisco et a également participé à l’aventure de la troupe de comédie musicale "Hair".

Côté white, figure Tracy Nelson. Elle a aussi été membre d'un groupe légendaire issu du San Francisco des sixties, Mother Earth. Depuis, elle a embrassé une carrière solo. Angela Strehli enfin. Texane, elle sévit depuis le début des 70’s, sur la scène blues d'Austin.

Le quatuor est soutenu par une excellente équipe de musicos, parmi lesquels on épinglera, Deanna Bogard. Elle se réserve le piano et le saxophone.

A une plage près, le cd et le dvd nous proposent le même concert, enregistré en novembre 2011, au théâtre Throckmorton de Mill Valley, en Californie. Les quatre divas entrent en scène et abordent "Living the blues", une compo signée Miss Nelson. Tracy et Angela chantent successivement leur couplet. Annie Simpson prend le relais pour attaquer son "Bring me your love". Soul, sa voix est naturellement puissante et chaude. Dorothy jouit d’une belle expérience dans l’univers du gospel. Ce qui lui permet de réussir parfaitement sa reprise très nerveuse du classique "River deep mountain high". Tracy a une voix surpuissante. Mais elle la met au service du quatuor pour interpréter "Walk away", un blues lent, qui permet à Gary Vogensen de s’autoriser un bel envol sur ses cordes. Angel assure seule les vocaux de "Two bit Texas town", un R&B très bien ficelé. Et elle le fait avec panache. Deanna Bogart est derrière son piano électrique pour baliser "It won't be long". Elle ne tient pas en place tout au long de ce gospel boogie qui provoque une sorte d'excitation collective. Annie Sampson chante le classique de Dylan, "It's all over now baby blues". Elle est épaulée par Miss Bogart qui la rejoint pour souffler dans son sax ténor. En fin de parcours nos dames décident de retourner dans le gospel. A l’instar de "Mighty love". A capella, en compagnie de Deanna, pour "Jesus, I'll never forget" ; et en finale, lors d’une version dynamique de l’inévitable "Oh happy day".

 

mercredi, 13 février 2013 17:30

The black code

Les prémices de Wo Fat remontent à 2003, lorsque le guitariste Kent Stump se joint au bassiste Tim Wilson et au batteur Michael Walter. Le trio a un but commun : créer une musique féroce, puissante et lourde. Et pour y parvenir, il va puiser dans la quintessence de l’œuvre de Black Sabbath et Jimi Hendrix. Le combo est texan. Il est établi du côté de Dallas, à l’instar de ZZ Top. Pas étonnant dès lors que les racines southern rock soient bien présentes, tout comme le feeling bluesy. Il pratique du psyche-doom-adelic, se réservant une liberté totale d’improvisation ; un peu comme un jam band biberonné au stoner rock. Il avait publié son premier elpee en 2006, "The gathering dark". Un disque suivi par "Psychedelonaut" en 2009 et "Noche des Chupacabra" en 2011. Wo Fat est signé chez Small Stone. Et au vu du style proposé, ce n’est guère surprenant. En observant la pochette de ce "Black code", on a l’impression d’entrer dans un univers sidéral, lugubre et peu accueillant.

L’elpee est découpé en cinq longues plages. "Lost highway" nous précipite immédiatement dans un monde terrifiant, implacable. Les riffs sont écrasants. Les trois musicos manifestent une cohésion sans faille pour alimenter cette lame de fond dantesque. Le spectre de Black Sabbath est bien présent, c’est une certitude, même si le combo possède sa propre identité. Pas de hurlement intempestifs, mais une sensibilité autant métallique que dramatique ; et la voix de Kent s’inscrit parfaitement dans ce contexte. Caractérisée par ses changements de rythme, la structure de cette plage est complexe. Sa progression est indolente mais savamment orchestrée, jusqu’au moment où les cordes décident de s’échapper, telles des bêtes sauvages qui défoncent (les pédales ?) tout sur leur passage. Ce mal de vivre s’accentue encore tout au long de "The black code". Un code noir bien de rigueur alimenté par des cordes déchirées, triturées, agonisantes, décrété sur un tempo aux accents blues. Décharnée et glauque, la voix adopte le timbre d’un célèbre concitoyen, Billy Gibbons. Le choc des générations est impitoyable. Stump lutte à l’aide de ses cordes. Pendant près de 10', la pression exercée sur la pédale wah wah est impitoyable. Et "Hurt at bone" ose pousser le bouchon encore plus loin, si c’est encore possible. Pour la circonstance, Stump percute stoner rock et Mississippi blues basique, en se servant d’une slide qui n'est pas parvenue à fuir à temps. Une recette rappelant le Led Zeppelin des grands jours. Faut croire que Kent a du rêver de Jimmy Page, au cours des nuits qui ont précédé les sessions d’enregistrement. Nos trois rockers empruntent leur vaisseau spatial pour se rendre sur le nouvel astre, là où règne déjà le ‘sabbat noir’. Ce périple est reproduit tout au long de la longue introduction instrumentale de "The shard of Leng". A leur arrivée, ils y constatent que les débordements lysergiques sont d'une intensité inouïe. Wo Fat nous abandonne à notre cauchemar après s’être enfoncé dans une forme de sommeil particulièrement agité ("Sleep of the black lotus"). Pas de répit ni de repos sur cet opus, mais un voyage au cours duquel on a l’impression de vivre des moments de peur, d’angoisse, de torpeur et même d’agression. Et pourtant, cet album est superbe…

 

mercredi, 13 février 2013 17:28

Focus X

Dans l’univers de la musique progressive européenne, Focus est un groupe incontournable. Il était parvenu à créer un subtil cocktail de rock et classique. La naissance de ce combo batave remonte à 1969, il résulte de la rencontre entre deux musiciens exceptionnels, le claviériste/flûtiste Thijs Van Leer et le guitariste Jan Akkerman. Le duo était alors soutenu par une section rythmique. Au cours des premières années d’existence Focus rencontre un franc succès. Il aligne les albums "Focus plays Focus", "Focus 2", "Focus 3" et le live "At the Rainbow", sans oublier les singles "Hocus Pocus", "House of the King" et "Sylvia". La suite sera plus chaotique, à cause de ses multiples séparations et de reformations. Depuis le début de ce nouveau siècle, Van Leer, un des deux leaders historiques, a repris le collier. Mais s’il a remonté Focus, il faut avouer que son backing group est à géométrie variable. 

Pour concocter ce "Focus X", Van Leer s’est chargé de l’orgue, de la flûte et du chant. Il est soutenu par son beau-fils Bobby Jacobs à la basse, Menno Gootjes aux guitares et Pierre Vander Linden à la batterie. Ce dernier militait au sein du line up originel.

"Father Bacchus" ouvre la plaque. On se croirait revenu en 1970. A cause de cette dualité entre les cordes et la flûte traversière. Instrumental lent, majestueux, "Focus 10" est digne des anciennes compos également baptisées "Focus". Bien qu’empreintes d’émotion et d’esthétisme, "Victoria" et "Amok in Kindergarten" adoptent un format un peu trop copier/coller, en se référant exclusivement au passé. La suite est beaucoup moins intéressante. "All hens on deck" s’appuie sur un riff de guitare un peu trop lourd. En outre, les parties vocales sont très ‘limite’. Il est vrai que le chant n’a jamais été le point fort du combo hollandais. Je lui préfère "Birds come fly over". La voix du Brésilien Ivan Lins passe plutôt bien la rampe. Elle me rappelle même Richard Sinclair (Caravan). Et les accents hispaniques se marient parfaitement à l’ensemble. A contrario, celle plus grave et gutturale de Van Leer sur "Hoeratio", est irritante. Heureusement, ce morceau baigne dans un climat krautrock (Amon Düül ?) ; et puis la sortie de cordes opérée par Gootjes est superbe. Enfin "Message magique" nous ramène une nouvelle fois quatre décennies en arrière. Nostalgie… A signaler quand même, la pochette. Elle est signée Roger Dean, artiste qui en a illustré de nombreuses pour Yes, Asia, Uriah Heep, et j’en passe…

 

mercredi, 13 février 2013 17:27

Golden Void

Golden Void est un quatuor né à San Francisco, et à l’instar de nombreux groupes issus de la nouvelle génération, il puise largement ses influences dans le hard rock des 70’s. A l’époque, les formations insulaires jouaient sur les contrastes opérés entre l'orgue et la guitare, à l’instar de Deep Purple et Uriah Heep. Au sein de ces deux bands majeurs du hard rock progressif, on assistait alors régulièrement aux échanges magiques entre Lord et Blackmore, chez Deep Purple, et Hensley et Mick Box, dans Uriah Heep.

La face Heep est manifeste lors de l’ouverture d’"Art of invading". L'orgue Hammond de Camilla est incorporé au cœur du rythme. Les changements de tempo sont légion. Les effets sont variés. L’approche dramatique de la compo est bien palpable. "Virtue" émarge franchement au stoner rock. Les percussions de Justin Pinkerton sont à l'avant-plan. Denses, complexes, elles sont soudées à la basse d'Aaron Morgan. Le flux des interventions de guitare fuzz dispensé par Isaiah Mitchell semble naturel. Il n’hésite pas à écraser ses pédales. Et le résultat est plutôt réussi, d’autant que son chant (NDR : il est également le vocaliste d’Earthless) colle parfaitement à l’ensemble. Particulièrement atmosphérique, "Jetsun Dolma" est une plage aux accents mélodiques indéniables. Notamment à cause des accords de gratte. Planants, nuancés, créatifs. "Badlands" lorgne de nouveau vers Uriah Heep. L'orgue Hammond de Miss Camilla Saufley-Mitchell semble même hanté par le spectre de Ken Henskey, tandis que Justin cogne comme un dingue. "Shady Grove" est de la même veine. Une piste qui démontre toute la cohésion du combo. "The curve" creuse au sein du Purple Heep, soit les deux principaux filons de Golden Void. Puissante, cette piste ne manque pas de panache. Complexes, les arrangements adoptent un profil proche du space rock d'Hawkwind circa Lemmy. Il est vrai que "Golden Void" était le titre d’une plage issue de "Warrior on the edge of time", un elpee d’Hawkwind. Dans le style, cet opus éponyme est de toute bonne facture. Il s’achève par "Atlantis", une compo à la structure recherchée. Elle monte progressivement en intensité, avant que Mitchell ne lâche toutes ses cartouches dans un déluge de feu.

 

mercredi, 13 février 2013 17:20

Real women

Mount Carmel (Mont Carmel) est une montagne, mais également le nom de plusieurs localités aux States, dont une est située dans l’Ohio. C’est aussi un patronyme choisi par un groupe issu de Colombus, au sein de cet Etat. Le line de base réunit les frères Reed et le très jeune Kevin Skubak aux drums. Chez les frangins, Patrick se réserve la basse et Matthew, le chant ainsi que la guitare. La formation avait publié un premier opus éponyme en 2010. Leur style ? Basique, essentiellement influencé par le blues boom insulaire de la fin des sixties. Le trio cite d’ailleurs comme influences majeures, The Cream, Free et Humble Pie. Mais celle qui me semble la plus marquante est certainement puisée chez le Free, un combo au sein duquel militait un chanteur remarquable, Paul Rodgers, et un gratteur de génie, trop tôt disparu, Paul Kossoff.

"Swaggs" nous replonge en 1969. On a l’impression d’être à nouveau porté par cette vague de blues qui avait alors déferlé sur l'Angleterre, lorsqu’elle manifestait de subtils accents hard rock. On pense immédiatement au Free. A cause de ces riffs de gratte, dignes de Kossoff, même si Matt ne possède pas sa sensibilité d’écorché vif, et puis de sa voix, tellement proche de Rodgers. "Real women" est de la même trempe. Omniprésentes, les sonorités de la six cordes sont cependant plus grasses. La voix rauque de Matt est à nouveau hantée par celle de Rodgers sur "Oh Louisa", mais elle hausse quelque peu le ton. La guitare est alors chargée de reverb. Un seul titre véritablement blues, "Be somebody", une compo limpide, dépouillée, réminiscente d’une époque au cours de laquelle des tas de jeunes groupes du style foisonnaient. Et ici, je pense tout particulièrement à Bakerloo, une petite formation anglaise, drivée par le chanteur/guitariste Dave Clempson, qui allait rejoindre un peu plus tard, Humble Pie. Nostalgie quand tu nous tiens… Quand le groupe décide de tester sa puissance de feu, il affronte alors d’autres démons du passé. Dont Mountain, sur "Choose wisely" et "Don't make me evil". Et le résultat est excellent! Blue Cheer, également, un trio yankee qui avait revisité judicieusement le classique d'Eddie Cochran, "Summertime blues". Cette référence est manifeste sur "Hear me now". En fin de parcours, Mount Carmel se révèle même parfois plus Free que nature. Encore que sur "Rooftop" et "Lullaby", les interventions de guitare rappellent plutôt Alvin Lee, quand il militait chez Ten Years After.

 

samedi, 29 décembre 2012 17:19

Right here right now

Sunny Crownover nous vient également de Boston. Spécialiste du swing, elle a aussi tapé dans l'oreille du maître Duke Robillard. C’était en 2010, alors qu’elle se produisait en compagnie du 2120 South Michigan Avenue. Bienveillant, Duke lui a dégoté d’excellents musicos issus de son entourage ; et en particulier Bruce Bears aux claviers, Brad Hallen à la basse, Mark Teixeira aux drums ainsi que le vétéran Sugar Ray Norcia à l'harmonica. Sans oublier la section de cuivres et même son ami Gary Nicholson. Le songwriter de Nashville lui a même réservé pas moins de cinq chansons.

Miss Crownover avait déjà partagé un projet auprès de Robillard, concrétisé par la sortie de "Sunny and her Joy Boys", en 2009. Elle a aussi participé à la confection de deux autres elpees du Duke, "Stomp! The blues tonight" en 2009 et "Tales from the Tiki Lounge" en 2012.

Southern R&B, "Oh yes I will" évolue dans un style bien proche de Memphis. La voix de Sunny est superbe. Duke en personne vient l'épauler aux cordes. Imprimée sur un tempo plus que modéré, "One woman man" est une ballade qui baigne dans un climat particulièrement cool. Un blues illuminé par la voix féminine que talonne par le piano de Bruce Bears (NDR : ce dernier a partagé la scène de grands bluesmen comme Little Milton, Big Jack Johnson, Toni Lynn Washington ou Luther ‘Guitar Junior’ Johnson. Excellent Chicago blues, "Love me right" bénéficie du concours du solide Sugar Ray Norcia à l'harmonica. Signée Fary Nicholson, "Right here, right now" est une superbe ballade qui colle parfaitement à la voix chaude et attachante de Sunny. "Roll me day" nous entraîne dans les bayous louisianais. Au cœur de cette atmosphère décontractée, Norcia s’autorise un l'envol à l’harmo. Robillard dirige la manœuvre sur "Cook in your kitchen", un rock'n'roll bien ficelé. Nouvelle tranche de R&B, "Warned" est soutenu par les cuivres drivés par le sax baryton de Doug James, mais aussi les cordes de Duke. Très enlevé, bien cuivré, "I might just change my mind" est un blues issu de la plume du compositeur bostonien, Al Basile. Blues teinté de jazz et de swing, "Hi-heels and home cookin'" met en exergue la clarinette de Billy Novick et le piano de Bears. En fin de parcours, Duke Robillard se signale encore, mais à la slide, sur "Trust your lover ; et sur ce tout bon Chicago blues, il s’y révèle particulièrement saignant. D’excellente facture, ce long playing s’achève en toute décontraction par "Can't let go"

 

samedi, 29 décembre 2012 17:13

What's it gonna take

Doug Deming est originaire de Detroit. Surtout notoire dans l’univers du blues, ce chanteur/guitariste puise pourtant son inspiration à de multiples sources ; et en particulier les racines américaines, le rockabilly, la country et le swing. Son blues est d’ailleurs largement teinté par les courants issus de la West Coast et du Texas. Il bourlingue depuis le début des années 1990. Il drive un backing band répondant au patronyme des Jewel Tones. En fait, une section rythmique réunissant le bassiste Andrew Gohman et le drummer Devin Neel. Son album précédent, "Falling through the cracks", était sorti en 2010. Il se produit le plus souvent en compagnie de l'harmoniciste Dennis Gruenling. Ils viennent ainsi d’enregistrer ensemble deux elpees, parus sur le label Vizztone. Deming possède un atout de plus que son ami Dennis : c’est un compositeur prolifique, il signe d’ailleurs huit des onze plages de ce long playing.

La plaque s’ouvre par le léger "What's gonna take". Tout est parfaitement en place. Les musiciens sont très soudés. Le tempo est indolent, paresseux, rappelant le climat humide des swamps louisianais. Remarquable harmoniciste, Gruenling souffle sobrement mais magistralement dans son instrument tout au long de "Think hard". Davantage rockabilly, "One good reason" est parcouru d’accents de contrebasse sautillantes, pendant que les deux solistes s'échangent quelques phrases bien maîtrisées. Place ensuite au swing. Mr Deming nous propose sa version du "Poison Ivy" de Willie Mabon, une compo qui remonte à 1954 (NDR : ne pas confondre avec celle signée par Leiber & Stoller" pour les Coasters). Gruenling tire son épingle du jeu sur l'instrument chromatique avant de mettre sur orbite les cordes du leader plongées dans un bain West Coast. Blues lent, "An eye for an eye" est largement inspiré par les sonorités du Chicago Southside de Muddy Waters. "I want you to be my baby" a valu un succès à Louis Jordan, en 1953. La reprise permet à Deming de réaliser une véritable performance vocale. Articulés à toute vitesse, les mots sont soulignés par l'harmonica insatiable de son pote. La piste est, en outre, ponctuée d'une sortie de guitare digne de Charlie Christian. L’ambiance au sein de laquelle baigne "No big thrill" évoque le Jimmy Reed au sommet de son art. Invité, Anthony Smith souffle dans les aigus. Sa maestria est diabolique !  Imprimée sur un mid tempo, "Lucky charm" ne manque pas d’élégance, les solistes rivalisant de sorties créatives… "A pretty girl" est une plage issue de la plume du compositeur/pianiste de jazz et blues, Buddy Johnson. Les Jewel Tones la restituent dans une atmosphère jazz, réminiscente du Cotton Club de New York! Ce festival de swing s’achève par "Bella's boogie", un instrumental percutant, théâtre des derniers échanges entre deux talentueux musiciens!

 

samedi, 29 décembre 2012 17:12

Livin' the dream

Mickey Freeman est une chanteuse de couleur blanche dont le parcours musical a commencé en 1980. A Boston. A l’époque, elle avait répondu à une petite annonce qui recherchait une candidate, susceptible d’intégrer un quartet vocal. Elle est ainsi devenue membre d'un ensemble de swing, les Boo-Bettes. Pendant deux ans, au sein de cette aventure, elle se forge une belle expérience. Et monte The Ritz, en s’inspirant de Manhattan Transfer. La formation sillonne les festivals de jazz et commet deux albums, au cours des 80’s. Elle fonde alors une famille et s’établit dans le New Jersey. La décennie suivante, elle privilégie la configuration duo, avec piano, ou trio. En 2008, elle en revient à la formule de groupe vocal. En 2011, son ami Duke Robillard lui demande de se concentrer sur le chant –jazz, bien sûr– et l’invite à rejoindre son nouveau label, Blue Duchess qu'il crée en compagnie de Jesse A. Finkelstein.

Pour enregistrer cet opus, Mickey a choisi un répertoire qui embrasse une belle variété de styles : ballades, swing blues et scat. Douze compos mises en boîte sous la houlette de John Paul Gauthier. Elle est soutenue par un trio : Paul Nagel au piano, Marty Ballou à la basse et Mark Teixeira aux drums, soit la section rythmique de Robillard. Sans surprise, Duke Robillard s’est chargé de la production et s’est réservé quelques parties de guitare…

Dès le départ, le ton est donné. "I've got the world on a string" baigne au sein d’un univers jazz intimiste, couleur cabaret. La contrebasse amorce la plage, rapidement rejointe par les ivoires. Très musicale, la voix de Mickey est douce. Tout en swing, ce jazz blues évoque des divas du passé, telles qu’Ella Fitzgerald et Sarah Vaughan. Des percussions exotiques stimulent "An occasional man", une piste traversée par les interventions de flûte dispensées par Wendy Klein. "More than you know" est empreint d’une tendresse extrême. Scott Hamilton souffle toute son émotion dans son sax ténor, lors de cette compo alliant simplicité, verve et passion, dédiée à feu son époux, Bob Zelnick. Miss Freeman injecte un zeste de sensibilité blues dans la voix pour attaquer "I ain't got nothin' but the blues", une plage fin de soirée, qu’elle interprète sobrement, soutenue par une intervention magique de Duke Robillard aux cordes. Et tout en swing, "Taking a chance on love" reproduit le même schéma. Tout au long de cette œuvre, le feeling de Paul Nagel au piano est chargé de passion. Il le démontre particulièrement sur "Surrey with the fringe on top" ou aux côtés de Scott Hamilton pour "Red top".

 

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