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(The) Nits

De véritables hommes-orchestres…

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Le feu, les épreuves physiques, les années : rien ne parvient à ébranler les Nits. Toujours élégants et raffinés, ces ex-jeunes Beatles hollandais reviennent auprès de nous, fidèles à leur rendez-vous depuis un demi-siècle. La salle affiche complet, le son s’avère irréprochable. Aucun band en ouverture : le set, scindé en deux parties, débute par 55 minutes, suivies d’un entracte de 20 minutes, avant que le trio ne reprenne possession des planches pour 75 minutes, unique rappel inclus.

Après avoir célébré leur cinquantième anniversaire par une tournée européenne l’an dernier, la formation se remet déjà à l’ouvrage. Cinquante ans ! Un demi-siècle que les Nits existent, composent et, surtout, interprètent leurs chansons sur l’estrade ! Car, si les elpees de nos Bataves préférés captivent toujours, et se révèlent parfois excellents (« In The Dutch Mountains », « Ting », « Giant Normal Dwarf »), leur spectacle demeure une expérience à ne pas manquer. C’est en live que l’on saisit le génie de Henk, Rob et Robert. L’intensité émotionnelle, l’énergie qui infusent ces miniatures musicales profondément originales, traversent un large spectre, de la pop aux accents beatlesques à l’expérimentation la plus audacieuse, en passant par la new wave, l’indie pop ou l’ambient. La virtuosité de ces musiciens d’exception ne sert jamais à complexifier les morceaux ou à étaler leur talent, mais bien à les rendre plus accessibles, plus lumineux, plus joueurs. Même lorsque les textes de Henk Hofstede abordent des thèmes graves – massacres de la guerre civile espagnole, occupation nazie aux Pays-Bas, enfants-soldats –, la musique des Nits demeure intensément vivante. Pour un curieux qui découvre le set, la surprise est totale ; pour les fidèles, il s’agit d’une formalité réjouissante.

En toile de fond, deux écrans projettent sans interruption des dessins primitifs, reflets de l’univers singulier du trio. Ces œuvres, principalement signées Sven Geers pour les pochettes et visuels récurrents, naissent souvent d’une collaboration étroite avec la formation elle-même, très investie dans la création, même si d’autres artistes y apportent parfois leur touche, forgeant ainsi une identité visuelle unique et onirique qui accompagne leur musique depuis des décennies. Le combo adopte une disposition triangulaire sur le podium : Rob Kloet, batteur, s’installe à droite derrière un kit enrichi de multiples percussions ; Henk Hofstede, véritable colonne vertébrale du band, occupe le centre, micro en main, entouré de ses guitares acoustique et électrique, son clavier en retrait ; à gauche, Robert Jan Stips veille sur les claviers.

Le trio fait son entrée triomphale, accueilli par une foule chaleureuse. Henk salue l’auditoire en français, néerlandais et anglais. Le set s’ouvre sur « Jardin d’hiver », extrait d’un opus charnière dans la discographie foisonnante du band, « Omsk » (1983), où leur musique s’émancipe de l’influence new wave dominante pour s’épanouir en une pop avant-gardiste. La pureté de la new wave ne subsiste que sur quelques titres. Le spectateur plonge dans un univers de rythmes chatoyants et de vibrations éblouissantes, sensations que l’on retrouve dans « Jardin d’hiver », aussi léger et scintillant qu’un flocon sous le soleil hivernal. Nits incarne une formation dont l’histoire s’écrit au fil de mutations et d’expérimentations, la musique se régénérant sans cesse, indifférente au temps et aux aléas de personnel.

« Boy in a Tree », issu du long playing « Giant Normal Dwarf » (1990), s’impose comme un classique du trio, bâti sur deux accords, à l’image de Pink Floyd ou Lou Reed. Mais ici, tout relève de l’architecture et du dosage, notamment dans ce refrain sublime où Henk module sa voix sur un tapis sonore somptueux tissé par Stips. « Long Forgotten Story », du même disque, suit et aborde la guerre, Stips et Kloet y inventent des solutions sonores originales. Les mimiques de Henk captivent ; derrière lui, les écrans déroulent des dessins enfantins, échos d’une imagination toujours empreinte d’enfance radieuse.

Le public découvre ensuite « Ultramarine », courte fantaisie mettant en scène la rencontre improbable entre Claude Monet et Bob Dylan dans l’ascenseur du Savoy à Londres. Malgré leur goût pour l’expérimentation, les Nits, à l’instar d’Hergé, recherchent toujours clarté et précision dans leurs chansons. La légèreté s’invite pour « Yellow Socks & Angst » (inspirée par la grand-mère de Hofstede, tricoteuse compulsive), Henk arbore alors un petit chapeau jaune. La soirée se poursuit sous les notes de « Sugar River » et « The Swimmer », aux accents de tango argentin, avant de culminer dans un groove tzigane grâce au jeu incisif de Henk. Vient l’entracte de vingt minutes, après une première partie décontractée, teintée d’ironie.

Après une courte pause, la seconde partie du set révèle des pépites rarement jouées en concert, telles que l’entraînant « Moved By Her » enveloppé de claviers chatoyants, le réfléchi « The Tree » (extrait du dernier EP « Tree House Fire », Henk Hofstede au piano), ou la ballade country, rêveuse et discrète, « Road Not Taken ». Henk cède exceptionnellement le chant principal à Stips sur « The Long Song ». Pour « Lits-Jumeaux », Henk saisit un dulcimer des Appalaches et lance ce titre relatant une histoire de guerre, évoquant collaboration et Résistance. L’auditoire a droit à « Sketches Of Spain », qui évoque la guerre civile espagnole, puis au morceau entraînant « JOS Days », où Henk souffle dans l’harmonica et évoque sa brève carrière de footballeur. La valse mélancolique « Adieu Sweet Bahnhof » s’élève, suivie en rappel par « The Hours », dédiée à la regrettée Yasmine.

Ces trois musiciens accomplis se révèlent, chacun à leur manière, de véritables hommes-orchestres. Ils offrent une soirée d’une finesse musicale rare et d’une émotion profonde, confirmant leur statut de pionniers de la culture musicale européenne. Tour à tour enjoués et mélancoliques, originaux et vibrants, familiers et surprenants, les Nits ne déçoivent jamais. Pour une formation qui illumine les planches depuis cinquante ans, c’est un exploit. On en redemande

Setlist :

Première partie : « Jardin d'hiver », « Boy In A Tree », « Long Forgotten Story », « Flowershop Forget-Me-Not », « Nescio », « Ultramarine », « Yellow Socks & Angst », « The Swimmer », « Sugar River ».

Seconde partie : « A Touch of Henry Moore », « Moved By Her », « Sketches Of Spain », « The Long Song », « The Attic », « The Tree », « J.O.S. Days, J.O.S. Vrees », « Lits-Jumeaux », « The Flowers », « The Night-Owl », « In the Dutch Mountains », « Road Not Taken » (première fois depuis 2016), « Adieu Sweet Bahnhof ».

Rappel : « The Hours »

(Organisation : Live Nation)

(The) Nits

Un groupe intemporel

Écrit par

The Nits a publié son 23ème album, « Angst », l’an dernier. Un trio amstellodamois né en 1974, et qui réunit aujourd’hui Henk Hofstede, Rob Kloet et Robert Jan Stips. Compositeur, le premier se consacre à la guitare, le second aux drums et percus, le troisième aux claviers. Les trois participent aux vocaux, même si c’est Henk qui se réserve le lead.

Quasi-soldout, l’AB est en configuration ‘Théâtre’. Le set est partagé en deux parties, séparé par un entracte de 30 minutes.

Le décor est simple et dépouillé. A 20 heures piles, le combo grimpe sur l’estrade. Et il est accueilli par de chaleureux applaudissements. Faut dire que sa fanbase est nombreuse et particulièrement fidèle. Il y a même des aficionados qui ont fait le déplacement depuis Nantes ! Au cours de ce concert, le band va nous proposer de larges extraits de son dernier elpee, un concept album qui évoque l’héritage d’après-guerre aux Pays-Bas. ‘Que nous reste-t-il’, s’interroge Henk, ‘des souvenirs de nos parents pris dans la tourmente de l’occupation nazie puis de la libération ? N’avons-nous pas déjà tout oublié, nous condamnant dans un avenir proche, à de nouveaux drames ?’

Le band n’a pourtant pas perdu son légendaire humour. « Oom-Pah-Pah » ouvre le show en douceur. Discrète l’instrumentation est guidée par le vocal sombre, qui en prenant son envol emprunte un ton mélodieux. Tour à tour blanc ou bleu, le light show entretient une forme de mystère. « Les Nuits » est interprété alternativement en français ou anglais. Percus réverbérées, ligne de guitare claire, piano et synthés atmosphériques qui entrent ensuite dans les perturbations, alimentent ce morceau chanté par Henk d’une voix, ma foi, très ‘beatlenesque’… Faut dire que greffer à un style classiquement pop, des tas de claviers, des bruitages surprenants et des sonorités bigarrées, afin de communiquer une touche originale à sa musique, est une des caractéristiques essentielles du band. « Flowershop Forget-Me-Not » est un extrait du dernier opus, « Angst ». La voix suave de Henk se pose sur un filet de gratte. Pendant « J.O.S. Days », il souffle dans son harmo.  

Autre extrait du nouvel elpee, « Radio Orange » baigne au sein d’un climat électro/jazz ouaté, une plage réminiscente du long playing expérimental, « Tin ». Une voix déclame un texte poétique, empreint de douceur. Serait-ce des vers de Bertolt Brecht ? Avant d’attaquer « Lits Jumeaux », Hofstede empoigne une sorte de luth. Sa voix frise la perfection. Et le premier acte de s’achever par « Along A German River », moment choisi par les trois artistes pour marteler généreusement les cymbales mises à leur disposition.

Paisible et subtilement syncopé, « Breitner On A Kreidler » (Angst ») entame le deuxième volet. Une vache déprime. C’est sans doute de l’humour bovin. Alors pourquoi ne pas administrer un peu de XTC à cette « Cow with Spleen » ? Sur fond de bruitages, Henk va chercher des mobiles de différentes grandeurs pour meubler progressivement l’arrière-scène, et un collaborateur vient lui filer un coup de main. Et pendant que le décor prend forme, des images défilent sur une toile tendue dans le dos des musicos alors que des jeux d’ombres et de lumières sont projetées sur ces mobiles, créant ainsi une ambiance étrange. Chanson à la fois belle et envoûtante, « Two Sisters » raconte l’histoire de deux sœurs qui ont vécu la seconde guerre mondiale, à Amsterdam. Place ensuite au hit lumineux, « Cars & Cars ». De quoi rassurer les fans de la première heure. Percus et claviers entretiennent l’effervescence, tout au long de « No Man’s Land ». « Omsk » est un titre qui figure sur l’album « A Touch Of Henry Moore ». Parue en 1983, c’est une des œuvres préférées de votre serviteur. A l’époque, la formation s’était démarquée de son influence new wave, pour adopter une forme plus pop, mais avant-gardiste. Le martèlement métallique qui ouvre la compo est hypnotique et ravive le souvenir du célèbre sculpteur anglais. « Port Of Amsterdam » clôt le spectacle. On y retrouve cette ambiance portuaire spécifique : bruits, cris ou encore brouhaha qui règne dans les bars… En parvenant à traverser un peu plus de quatre décennies, The Nits peut revendiquer le statut de groupe intemporel…

(Organisation : Ancienne Belgique)

Setlist 1 : « Oom-Pah-Pah », « Les Nuits », « Flowershop Forget-Me-Not », « J.O.S. Days », « Soap Bubble Box », « Nescio », « Yellow Socks & Angst », « Radio Orange », « Lits Jumeaux », « Along A German River ».

Setlist 2 : « Breitner On A Kreidler », « Cow with Spleen », « Sketches Of Spain », « Two Sisters », « Cars & Cars », « No Man’s Land », « A Touch Of Henry Moore » , « Pockets Of Rain », « Port Of Amsterdam ».

Rappel 1 : « Zündapp Nach Oberheim », « Giant Normal Dwarf ».

Rappel 2 : « Adieu Sweet Bahnhof », « In the Dutch Mountains ». 

 

(The) Nits

Dans la machine à remonter le temps…

Écrit par

The Nits, c’est un peu le groupe qui a donné le goût de la musique, à votre serviteur. Inconsciemment d’ailleurs. C’est une certitude. Car les Bataves figuraient parmi les petits favoris de mon paternel, qui ne cessait d’écouter leurs nombreux albums, durant mon enfance. Aussi, lorsque je me suis penché davantage sur la discographie du band, il y a six bons mois, la plupart de leurs chansons, je les connaissais. En outre, j’éprouvais un grand plaisir à les réécouter. Une magnifique redécouverte. Et j’ai ressenti une irrésistible envie d’aller revoir la formation en concert. Comme elle se produisait à Ath, l’occasion était donc belle... Un concert programmé dans le cadre d’une tournée, mise sur pied, peu de temps après avoir soufflé ses 40 bougies. C’était en 2014.

Le Palace est d’ailleurs copieusement garni ce vendredi 3 avril. Mais je dois rapidement constater que je suis le plus jeune dans la salle. Enfin presque, car à l’instar de mon paternel, début des années 2 000, lors de leur passage à l’AB, des parents ont également emmené leur progéniture. Je prends donc place au troisième rang, en espérant voir rejaillir certains souvenirs. D’habitude, je n’aime pas trop m’asseoir pour assister à un concert ; mais ce soir, c’est obligatoire. Il faudra donc s’adapter.

Aucune première partie n’est prévue ; et vers 20h10 les Amstellodamois montent sur l’estrade et attaquent « dA dA dA ». Une chanson qui date du début des années 90 et qui lève le voile sur l’orientation de la set list, très rétro, alors que le trio vient de publier un nouvel elpee, en 2012. Mais c’est après les premières notes du superbe « Nescio » que le public se rend enfin compte du voyage qu’il va effectuer dans le temps. Les acclamations sont vives et le morceau, chanté en italien, rappelle à quel point les Nits sont doués pour innover. Aucun album ne sonne comme un autre. Et ils en ont gravé une vingtaine. Pour de nombreux morceaux, le jeu opéré par Henk Hofstede sur les langues, en est une des preuves les plus flagrantes. Et si au départ, le band surfait sur la vague de la new wave, au fil des années, sa palette sonore s’est considérablement enrichie.

Mais revenons à nos Oranges. Les trois compères sont radieux. Aucune lassitude ne se lit sur leurs visages. Henk aime toujours autant se poser entre deux titres, afin de raconter une anecdote, souvent croustillante ; ce qui provoque régulièrement de petits éclats de rire, parmi l’assistance.

Manière originale d’encourager la participation de leur audience, les Nits proposent, plusieurs fois durant le spectacle, le choix entre deux chansons de leur répertoire. C’est ainsi que des compos comme « The Bauhaus Chair » ou mon petit préféré, « Adieu, Sweet Bahnof », trouvent finalement leur place dans la set list.

Dommage quand même cette pause d’une demi-heure, imposée en plein milieu du show. Si on peut comprendre cet entracte, nécessité par l’âge des musiciens, il m’a complètement sorti du concert ; et j’ai éprouvé les pires difficultés à m’y replonger. Ne parvenant d’ailleurs plus à apprécier la suite, de la même manière… 

Après 1h45 de prestation et 30 minutes de break, le combo se retire, avant de revenir pour interpréter deux titres-phares oubliés jusqu’alors : « In The Dutch Mountains » d’abord et « JOS Days » pour conclure.

Nous avons accompli un voyage de deux heures, dans la machine à remonter le temps, en compagnie des Nits. De quoi convaincre l’auditoire qui leur a réservé une longue ‘standing ovation’ de plus de cinq minutes. Malgré leurs 4 décennies de carrière, leur public est demeuré fidèle. Et après ce spectacle, la situation n’est pas prête de changer…

(Organisation CC Ath)

(The) Nits

Un concert d’anthologie…

Écrit par

Rebaptisé Nits pour la circonstance, The Nits fête ses 40 ans d’existence. Une carrière longue, passionnante et riche en émotions. Au cours des années 80 et 90, j’ai eu la chance d’assister à une vingtaine de leurs concerts. Quelquefois à l’AB. Souvent chauffée à blanc. Depuis le début du nouveau millénaire, le combo s’est montré plus discret, opérant quand même un retour fracassant, l’an dernier, dans une même salle comble. J’attendais donc impatiemment ce 19 décembre, pour enfin les revoir. L’AB est à nouveau sold out et le concert sera proposé en mode théâtre semi-flex-assis. L’auditoire est partagé entre aficionados, jeunes et quinquagénaires.

La naissance des Nits remonte à 1974. A ses débuts, le band pratique une forme de new wave, avant d’évoluer vers un style plus personnel, néanmoins largement influencé par les Beatles et les Kinks. Mélodique, entraînant et chargé d’humour, leur pop/rock se caractérise alors par des mélodies subtiles aux refrains contagieux. Ce qui n’empêche pas les compos de s’avérer complexes, atmosphériques ou encore expérimentales. Et surtout de devenir intemporelles. En fait, si le combo prend des risques, ils sont judicieux et calculés.

Au cours de ce spectacle, il va nous permettre de redécouvrir quelques perles irrésistibles. Un show au cours duquel Henk va s’attacher à présenter chaque chanson, en racontant une petite histoire, afin de tenir le public en haleine. Et c’est dans un climat de recueillement qu’il va célébrer sa messe aux hits qui vont s’égrener, pour le plus grand bonheur de nos oreilles…

Pas de supporting act. Le trio débarque, comme d’hab’, un grand sourire aux lèvres. Henk Hofsted, le ‘serial lover’ de ses dames se plante au centre de l’estrade. Il se consacre au chant, à la guitare et aux ivoires. Son piano est placé derrière lui. Robert Jan Stips s’installe à gauche. Il se charge des synthés. Et Rob Kloet, à droite, sur un petit podium. Il est préposé aux drums. Les musicos sont placés en ligne, histoire d’exprimer un partage des rôles au sein du line up. Des images vont défiler sur les trois écrans, placés derrière les artistes. Enfin, quoique discret, le light show va s’avérer particulièrement efficace, tout au long des 120 minutes (et même plus !) de concert...

« Radio Shoes » ouvre le set. C’est un extrait de « Giant Normal Dwarf », paru en 1990. Les interventions à la flûte de pan sont remplacées par celles du synthétiseur. Mais on sent déjà l’émotion qui vous envahit. Et pour cause, des tas souvenirs vous traversent l’esprit. L’auditoire connaît le refrain de « dAdAdA » et ne se prive pas de le reprendre en chœur. Les eighties ont alterné le pire et le meilleur. Nits en est une belle preuve. Issu d’« Omsk », publié en 1983, « Nescio » est ainsi une véritable perle. A cours de « Ting », Henk joue… du triangle. Mais deux claques nous attendent, deux hits ; en l’occurrence « The Train » et « Cars And Cars ». J'attendais impatiemment ces compos, tellement ‘beatlenesques’. L’instrumentation est d’une précision extrême. Le son cristallin. Les mots sont justes. Et le sens mélodique est irrésistible. Notons que pour confectionner la setlist, à trois reprises, Henk va solliciter la foule pour lui demander le choix entre deux chansons. Il semblerait d’ailleurs que ce concert serve de test pour concocter un répertoire en forme de ‘best of.’ De quoi tendre vers la perfection voire atteindre le max d’intensité émotionnelle. A l’issue de chaque chanson, les applaudissements sont nourris et durent parfois de longues minutes. Les artistes semblent prendre grand plaisir sur le podium ; et tout en savourant le succès récolté, ils remercient régulièrement l'assemblée conquise.

Gravée en 1984, « Adieu Sweet Bahnhof » est une œuvre que votre serviteur adore. Je l’écoute encore aujourd’hui. Le titre maître constitue dès lors la cerise sur le gâteau, un diamant à sortir précautionneusement de son écrin. Sans trop savoir pourquoi, j’ai envie de la siffloter ; sans doute, est-elle encore contagieuse...

« Think It Over » est également tiré du même elpee. A cet instant, je jubile. On arrive à la fin du concert. Après « Christine's World », « A Touch Of Heavy Moore », « Dapperstreet », il s’achève par “Port Of Amsterdam». Du grand art ! L’auditoire leur réserve une standing ovation bien méritée.  

Mais impossible de ne pas prolonger ce moment de bonheur. Les Nits reviennent pour « The Swimmer » et « The Dutch Mountains ». On est le cul par terre. Et un deuxième encore nous plonge dans une ambiance country/americana, à travers « J.O.S. Days ». Jamais deux sans trois, puisque ce concert d’anthologie va se conclure par « Aloha Drums » et ensuite une reprise étonnante du « Tomorrow Never Knows » des Fab Four.

Même s’ils sont issus du Vieux Continent, les Nits appartiennent à l’histoire du pop/rock. S’ils avaient été insulaires ou yankees, il seraient sans doute devenus aussi célèbres que U2 voire les Stones, mais en célébrant ce succès à échelle humaine. Rendez-vous en avril 2015, à Ath, pour un autre rendez-vous mémorable !

(Organisation : Ancienne Belgique)

(The) Nits

Doing the dishes

Écrit par

Du line up initial des Nits, il ne demeure plus que le chanteur/compositeur/guitariste Henk Hofstede et le drummer Rob Kloet, même si avant de prendre place aux claviers (outre les backing vocals ainsi qu’une participation régulière à l’écriture), en 1989 (e), Robert Jan Stips se chargeait déjà de la production. Et en tenant compte que ce dernier avait tenté une aventure en solitaire, de 1995 à 2003, avant de revenir au bercail. N’empêche, ce qui impressionne le plus, c’est la longévité de cette formation batave née en 1974 et responsable de hits incontournables comme « Nescio », « Adieu Sweet Bahnhof » ou encore « In The Dutch Mountains ». Sans oublier leur créativité scénique unique en son genre.

Bref, ce “Doing the dishes” constitue leur 19ème album. Un opus découpé en 15 fragments. Hormis le mélancolique et ténébreux « Grrr… to you », dont la mélodie imprimée sur un tempo martial peut rappeler Marianne Faithfull, et la ballade lente « Cowboys & Indians », le reste des morceaux adopte un profil up-tempo. Mais curieusement, la voix de Henk emprunte curieusement et très souvent le timbre et même les inflexions (voire le débit) de Mike Scott, à moins que ce ne soit ceux de Bob Dylan. Hofstede joue même presque autant du banjo que de la guitare. L’elpee recèle quand même des plages assez surprenantes dans le chef des Nits. Et notamment le légèrement rockabilly « In Dutch fields », l’hypnotique « I’m a fly », réminiscent des Mothers Of Invention de Frank Zappa, le blues/rock hymnique « Moon Dog » (au cours des 70’s ce titre aurait pu décrocher un hit), l’electro-rock frénétique « The twins », digne de Suicide, et puis « Heart », une chanson mid tempo, feutrée, chantée d’une voix chaude et sensuelle par Robert Jan Stips. Enfin, pour votre info, le titre de l’elpee a été emprunté à une interview accordée par Léonard Cohen, au cours de laquelle il avait déclaré que la musique servait à toutes les occasions. Aussi bien les mariages que les enterrements, et même les occupations quotidiennes comme la vaisselle. Quand au digipack, il a été réalisé conjointement par Henk et Riemske Kuipers. Et franchement, il est très réussi !

MSN: http://sib1.od2.com/common/product/Product.aspx?shop=40&associd=4&catno=OD2DI6256930

I-tunes: http://phobos.apple.com/WebObjects/MZStore.woa/wa/viewAlbum?id=270353349&s=143446

 

 

(The) Nits

Hits

Après plus d'un quart de siècle d'existence, le quatuor amstellodamois a donc décidé de sortir un "best of". Une anthologie, plutôt, puisque ce " Hits " est découpé en trois disques, dont un live. Et vu le titre du recueil, vous imaginez certainement qu'il réunit tous les succès du combo. Et vous avez raison, depuis " In the dutch mountains " à " Adieu, sweet banhof " en passant par " Va Hollanda seni seni ", " Nescio " et bien d'autres. Aucune composition des deux derniers opus n'ont cependant été retenues. Ils figureront peut-être sur la prochaine compile, en 2025...

 

(The) Nits

Wool

Écrit par

Dix-septième album pour les Nits. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il nécessite plusieurs écoutes avant d'être apprécié à sa juste valeur. Enregistré aux studios Abbey Road, il ne recense aucune guitare, mais des cuivres, des cordes, des chœurs, des claviers, une contrebasse, des marimbas et des drums duveteux. Le tout enrobé d'arrangements en demi-teinte, dont seul Hofstede a le secret. Toujours flanqué de son inséparable ami Rob Kloet, à la batterie, Henk a élargi son line up à deux nouvelles recrues. Deux musiciennes qui apportent une touche féminine aux compositions pourtant déjà tellement raffinées et délicates. D'ailleurs, hormis la finale " Frog ", sorte d'hypothétique rencontre entre le funk blanc de Spandau Ballet et le disco de Cerrone, l'opus baigne dans une atmosphère cotonneuse, mélancolique. Douloureuse, même. A l'instar de " Ivory boy ", chanson écrite en souvenir d'un jeune homme décédé d'un cancer à l'âge de 21 ans… Suivant leur bonne habitude, le quatuor d'outre-Moerdijk n'a pas oublié de teinter ses mélodies de coloris sonores différents. Depuis la soul atmosphérique de " The wind, the rain " ou du très beau " 26A (Clouds in the sky)" au nightclubbien "Walking with Maria", en passant par la trip hop de " The darling stone ", l'easy listening de " The angel of happy hour " et l'arabisant " Crime & punishment ". Le tout abordé sous une forme plus jazzyfiante. Ce qui confère au climat de l'œuvre un charme impressionniste dont les ombres et les contours auraient pu être dessinés par Robert Wyatt, Kevin Ayers, Talk Talk ou encore Broadcast. Superbe !

 

(The) Nits

La grande aventure d’une vie…

Écrit par

Malgré le départ de Robert Jan Stips, leur claviériste fou, les Nits persistent et signent un nouvel album. Et l'an prochain, le groupe amstellodamois fêtera son quart de siècle d’existence. Malgré quelques succès fugaces, cette formation modeste et parfois brillante n'a vraiment jamais reçu la consécration populaire. L'occasion était donc belle de recueillir les propose de Henk Hofstede, leur chanteur et porte-parole…

- Les Nits, c’est devenu toi et seulement toi, non?

Non, nous ne sommes plus que deux, mais d’autres personnes gravitent autour de nous. Je ne me suis jamais senti seul leader. Lors du tournage d’un film, il y a un réalisateur, mais aussi différents collaborateurs, dont des acteurs, des producteurs et des techniciens. C'est un peu pareil. Plutôt que leader, je dirais que je suis un porte-parole des Nits, ça oui.

- Que signifie "Alankomaat'; le titre du Cd?

C'est la traduction finnoise de ‘Pays-Bas' ; nous entretenons des relations privilégiées depuis longtemps avec la Finlande. Depuis 83, je crois. J'y ai beaucoup d'amis. J'y connais des musiciens. Certains nous ont aidé pour réaliser ce disque, et j’estimais que c'était un bel hommage d'intituler ainsi notre album. Parmi les musiciens, figure notamment Kimmo Kajasto, un claviériste qui a repris le rôle abandonné par Robert Jan Stips. Mais en principe, il n'est pas impliqué à temps plein : les Nits pour l'instant, c'est moi et le percussionniste Rob Kloet. Mais cc n'est probablement qu'une étape. Normalement, l'un ou l'autre membre qui nous accompagne sur scène devrait progressivement entrer au sein du line up, à titre définitif.

- Sur la pochette, vous êtes représentés par des figurines en miniature. Une explication?

Je n'ai pas trop envie de m'étendre là-dessus. Mais la maison, qu'on y voit est celle de ma mère (également reproduite au verso de la pochette). Cette demeure représente un endroit important de mon passé. Ma mère y vit toujours. Moi aussi, j’habite toujours à Amsterdam, mais à l’autre bout de la ville. C’est un ancien immeuble que j’occupe depuis 10 ans et où il y a une très belle vue sur le parc…

Clin d’œil à Simon & Gardfunkel

- Tout album nouveau est censé apporter quelque chose de neuf. De quoi s’agit-il, cette fois-ci?

C'est le genre de question à laquelle il m'est vraiment difficile de répondre. Je peux juste enregistrer les réactions des gens. A mon estime, cet album propose plusieurs ambiances différentes, il est plus pop, il y a des aspects folk, la fin de l'album est mélancolique et concerne les personnes que je connais. Aller plus loin dans l’analyse, sans recul, je n’y parviens pas.

- Sur la chanson « 3 Sisters », le mot ‘frightened"’(‘effrayé’) revient sans cesse. Est-ce un sentiment que personnellement, tu éprouves souvent?

J'aime le sujet, même s'il ne s'agit pas exactement de moi. Ici, c'est l'histoire de trois petites filles égarées dans un zoo, à la recherche de leurs parents…

- L’album recèle aussi une chanson intitulée "Robinson" qui fait une référence évidente à « Mrs Robinson »; le célèbre hit de Simon & Garfunkel et donc au film "Le lauréat" (sorti en 67). Quel était le but?

L’idée de cette chanson m'est venue en réalisant une maquette à la maison. J'ai imaginé aujourd'hui que le gars qu'interprétait Dustin Hoffman se souvenait... J'ai donc emprunté les paroles de la chanson originale, mais en utilisant une autre mélodie. J'ai envoyé une lettre à Paul Simon pour avoir son accord, mais apparemment cette autorisation soulève des problèmes juridiques! Bref, reprendre une chanson ne pose pas de problèmes ; mais uniquement les paroles, ce n'est pas permis... C'est logique? L'affaire est toujours en discussion par avocats interposés.

La Grande Aventure

- Comment les plus jeunes, Hollandais ou non, évaluent-ils ton travail?

Aucune idée, je dois avouer que je ne vais pas à la rencontre des jeunes, et n'aime pas trop assister aux concerts... Et je dirais d'ailleurs, qu'en règle générale, j'ai très peu d'amis dans le monde de la musique.

- Les Nits se sont formés en 1974 ; ce qui fera donc 25 ans de carrière, l'an prochain. Avez-vous prévu de marquer le coup?

Non, je ne suis pas sûr qu'on aille célébrer cet anniversaire. Mais peut-être devrais-je y penser? On pourrait sortir un nouvel album, peut-être? Ce serait une idée constructive, ça, non? Une grande fête? Non, c'est pas trop notre genre.

- Comment considères-tu ta carrière en cette fin de siècle?

Avant tout, comme une grande aventure. On a enregistré de bons disques, on n’a pas suscité que de l'indifférence. On a pu se produire sur scène, et les concerts, j'adore ça. Et puis, c'est un métier où on voyage beaucoup ; ce qui rend déjà la vie moins prévisible et plus passionnante. Je considère les Nits comme une grande aventure, la grande aventure de ma vie. Je ne retiens que des points positifs. On est à notre niveau et je ne voudrais pas, en définitive, qu'il en soit autrement. Si je devais donner deux cents concerts par an, je crois que le rythme finirait par me dégoûter.

Article paru dans le n°98 du Magazine Mofo d’avril 1998.

 

(The) Nits

Da Da Da

En 1992, les Nits s'étaient complètement plantés en nous infligeant un "Ting" emphatique, sophistiqué à l'extrême, à la limite du prétentieux. Aujourd'hui, l'ensemble batave semble vouloir faire marche arrière. D'abord, le trio de base Hofstede-Stips-Kloet est revenu à une forme instrumentale plus conventionnelle. Impliquant la guitare, par exemple. Et même si elle n'est pas encore suffisamment mise en évidence, elle a enfin de nouveau voix au chapitre. Le mellotron et l'harmonium également. Quant à la participation d'un bassiste et d'un violoniste-percussionniste, elle permet au groupe d'élargir son horizon sonore... Ensuite, la construction mélodique épouse les vertus les plus naturelles, les plus beatlenesques de la pop. Pas seulement à cause des harmonies vocales qui sont toujours aussi raffinées et savoureuses. Mais parce qu'elles réverbèrent certains accents mélodiques courtisés par John Lennon, tout en abritant l'un ou l'autre intermède savoureusement chaotique, réminiscent de "Good Moorning, Good Morning" voire de "A Day In The Life". Un seul regret, l'album se complaît un peu trop dans un style confidentiel, sentimentaliste. Pourtant avec davantage de fragments de la trempe de "Bilbaoboa", cet opus aurait véritablement pu décrocher la timbale... Ce n'est peut être que partie remise.