New Brutalism de 087 à 089…

New Brutalism est un groupe de rock minimaliste formé à Knoxville, Tennessee, en 1998. Le groupe est composé de Shane Elliott (chant), Matt Hall (guitare/chant), David Basford (basse/chant) et Carey Balch (batterie). Son nouvel Ep, « Requiescat Record »,…

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Forth Wanderers

Les prolongations de Forth Wanderers…

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Forth Wanderers sortira son troisième album, « The Longer This Goes On », le vendredi 18 juillet 2025. Produit par Dan Howard et mixé par Al Carlson, il s’agite sa première production depuis l’opus éponyme, gravé en 2018.

Le groupe insiste sur le fait qu'il n’est pas de retour, mais que les musiciens se sont réunis pour enregistrer dix nouvelles chansons. Ils ont réimaginé leur processus de création musicale, travaillant de manière plus collaborative. L'elpee propose des mélodies brillantes, des harmonies vocales et des rythmes variés, montrant une maturité et une assurance accrues.

Les chansons de l'elpee reflètent leur croissance personnelle et leur évolution musicale. Ils explorent différents styles, du blues au country, tout en conservant leur son distinctif. Les paroles d'Ava Trilling sont honnêtes et poignantes, abordant des thèmes de l'amour et de l'incertitude.

Forth Wanderers ne sait pas encore ce que l'avenir lui réserve, mais ce long playing capture un moment précieux de son parcours musical. Les musicos font de la musique à leurs propres conditions, sans pression extérieure.

Le clip d’animation de « Bluff » est disponible ici et celui de « 7 months »

 

 

The Wandering Hearts

La maternité, source d’inspiration pour The Wandering Hearts…

Le trio britannique The Wandering Hearts sortira son nouvel album "Mother", le 22 mars 2024. Produit par Steve Milbourne, c’est un patchwork de récits folkloriques, d'accroches pop et d'énergie rock, le tout assemblé par des harmonies lumineuses. On pourrait le considérer comme un LP des seventies, perdu depuis longtemps, réalisé à Laurel Canyon et dépoussiéré dans un magasin de disques londonien vintage, 50 ans plus tard. "Mother" sortira en version numérique, en CD et en LP, y compris un vinyle coloré exclusif et signé. Le single "River To Cry", extrait du nouvel opus, est disponible dès maintenant.

La maternité change tout et les petits moments prennent une importance bien plus grande. Chaque souvenir a le potentiel de durer éternellement. Les responsabilités s'étendent, mais la joie aussi. The Wandering Hearts explore intimement cette transformation maternelle sur "Mother", son troisième opus. Le groupe, composé de Tara Wilcox [chant], A.J. Dean [chant, guitare acoustique] et Francesca 'Chess' Whiffin [chant, mandoline], chronique cette période de croissance et de changement à travers onze morceaux.

J'étais enceinte lorsque nous avons commencé à enregistrer l'album, et Tara l'était enceinte également lorsque nous l'avons terminé’, confie Chess. ‘Pendant ce processus, nous nous sommes vraiment trouvés en tant que groupe. La maternité nous a aidés à grandir et à trouver un sens à notre vie. Elle a porté notre écriture et notre interprétation à un niveau différent’.

 A.J. poursuit : ‘Cet album a commencé comme un Ep folk et s'est transformé en quelque chose de complètement différent.  Il contient bien sûr des éléments de folk, mais aussi de rock, de blues, de pop et bien plus encore, avec nos voix qui les relient tous’.

Sur "Mother", The Wandering Hearts a réduit l’expression sonore à l'essentiel : des paroles captivantes, une instrumentation organique et, comme toujours, des harmonies d'une grande puissance.

Le clip de "River to cry" est disponible ici

 

La Grande Sophie

Cet instant

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« Cet instant » constitue une œuvre tout simplement magique et magnifique à la fois ; et elle devrait assurément combler les aficionados de la Grande Sophie. Mais également les autres mélomanes…

Pour ce huitième opus, Miss Huriaux emprunte une emphase incantatoire où le temps reste l’axe central (« Une vie », « Hier », « Nous étions »). Celui qui passe, ronge, (s)’explique. Elle dépeint des instants de vie dans lesquels chacun y trouvera son compte. L’écoute dématérialise la conscience humaine et aborde une réflexion à laquelle on ne peut rester indifférent.

Tout va vite, beaucoup trop vite. Si l’exercice est à considérer comme un polaroïd de notre époque irrémédiablement brouillée, la dame n’en explore pas pour autant les travers nostalgiques.

Elle aborde cette thématique avec une neutralité toute relative et un positivisme qui sent bon la joie de vivre. Ses compositions, si elles peuvent être consensuelles, se posent sur des rythmes qui peuvent également se révéler aussi sacrément endiablés (« Missive », « Tu ne me reconnais pas »).

La prise de risque est évidente et à cinquante berges, la demoiselle livre là un bel hommage à cette notion clé dans l’existence humaine. Un essai qui lui va à ravir et dont elle devrait s’inspirer encore.

D’autant plus que c’est au piano que les morceaux ont été composés et construits, alors que la guitare reste son instrument de prédilection.

Et même si l’approche des arrangements s’avère contemporaine, ses chansons conservent une authenticité quasi-candide.

Enfin, cette voix à la fois personnelle et passe-partout fait d’elle l’artiste très populaire qu’elle est devenue.

Cette Sophie a vraiment tout d’une grande !

Forth Wanderers

Forth Wanderers

Écrit par

Issu du New Jersey, ce quintet, dont le patronyme s’inspire du nom d’un club de football écossais, a une histoire un peu particulière, puisque Ben Guterl, qui grattait déjà la guitare, était tombé sous le charme de Trilling, une prof de l’école secondaire qu’il fréquentait. Et il lui a envoyé une démo en lui demandant d’écrire les paroles. Ce qu’elle a accepté. De fil en aiguille ils ont commencé à collaborer, avant qu’elle ne rejoigne le groupe, qui va alors graver deux Eps et un premier LP. A la sortie du lycée, les étudiants vont malheureusement s’éparpiller aux quatre coins des States. Aussi, pour continuer l’aventure, ils ont commencé à échanger des fichiers, via Internet. Et ont réussi ainsi à concocter ce second opus. Il sera est éponyme.

Dès la première écoute, on ne peut s’empêcher de penser aux Breeders, à Blonde Redhead voire à Veruca Salt, la voix lancinante, aigrelette, d’Ava Trulling rappelant même celles de Kim Deal, Tanya Donnelly voire Kazu Makino. Un joli clin d’œil adressé aux 90’s, en quelque sorte. Et cette voix dialogue régulièrement avec la guitare de Ben Guterl, et particulièrement tout au long de « Taste » ainsi que de « Never face ». Bien que languissantes et rêveuses, les mélodies finissent toujours par mordre. A cause des riffs de gratte subtilement noisy, acides, alors que la section rythmique est particulièrement soignée et bien maîtrisée. Un seul titre acoustique, « Be my baby », au sein d’un long playing de bonne facture, mais peut-être un peu trop homogène au goût de votre serviteur…

 

Andres Landero

Yo Amaneci

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Andres Landero est né en 1931, à San Jacinto, en Colombie. A l’instar d’autres artistes issus de son pays, il a permis à la cumbia d’être reconnue, à sa juste valeur, sur la scène contemporaine. Un parcours qu’il a entamé, dès 1964, au sein de son premier groupe, Discos Curro. Réunissant 20 plages, cette superbe compile, concoctée par les ‘diggers’ espagnols qui prospectent chez Vampisoul, lui rend un bel et vibrant hommage tout en nous replongeant au sein de cette musique singulière enfantée par les esclaves africains qui ont débarqué sur les côtes des Caraïbes d’Amérique Centrale et du Sud.

Durant toute sa longue carrière, ce musicien au talent indéniable a, dans le style, délivré de véritables pépites illuminées par des textes poétiques relatant des épisodes authentiques, et lustrées par des mélodies tropicales alimentées à l’accordéon, aux rythmes caribéens et à la ligne de basse métronomique, que l’on croirait piquée… à un Johnny Cash dans sa genèse. Ce recueil rend donc hommage à ce maître ès cumbia, mort à Carthagène, peu avant ce nouveau millénaire ; soit il y a déjà 17 ans. Si vous aimez cette musique tropicale et n’êtes pas rebuté par la faiblesse de production, cette anthologie est une véritable mine d’or…

 

Anderson, Rabin & Wakeman

Dites Yes, mais surtout ne le répétez à personne…

C'est un véritable évènement auquel nous assistons, ce soir, au Cirque Royal : le retour de Yes, la formation légendaire de rock progressif, dans un line up inédit, puisqu’il réunit Jon Anderson, le chanteur et fondateur, Rick Wakeman, le claviériste le plus important dans l'histoire du groupe ainsi que Trevor Rabin, le guitariste du combo, de 82 à 94. Pour de sombres raisons de droits, le trio ne peut pas utiliser le nom de 'Yes' ; donc il se produit sous l’appellation ‘Anderson, Rabin & Wakeman (ARW)'. Cette 'trinité' est complétée par Lee Pomeroy, à la basse (Archive, It Bites), et Louis Molino III, à la batterie.

En lever de rideau, les musiciens interprètent « Cinema », un instrumental tiré de « 90125 », l'elpee référence paru en 1983, au sein duquel figure l'énorme hit, « Owner of A Lonely Heart ». Vers la fin du morceau, la frêle et petite silhouette de Jon Anderson apparaît. Ce qui déclenche une véritable ovation, au sein de la foule. A 72 ans, le chanteur porte le poids de son âge sur les épaules mais son visage est toujours aussi lumineux et souriant. 'One, two, three, four !', balance-t-il, avant que la formation n’attaque « Perpetual Change », un titre remontant à 1971.

Dès le départ, on constate que, non seulement le groupe est au point ; mais, plus important encore, Jon Anderson est tout simplement parfait au chant. Sa voix n'a rien perdu de sa précision et de sa clarté, même lorsqu’elle monte dans les octaves.

La setlist parcourt toutes les périodes de la carrière de Yes et l'âme de Chris Squire plane au-dessus de ses anciens partenaires. Le bassiste, également membre fondateur, est décédé en 2015. Jon Anderson dédie donc « Long Distance Runaround » et « Fish (Schindleria Praematurus) » à cette figure tutélaire du rock progressif. 'Je suis heureux d'avoir travaillé pendant toutes ces années avec Chris', avoue-t-il. 'Il était un peu fou, mais c'était un gars très rock'n’roll ! Et son morceau s'appelle « Fish » parce né sous le signe du Poisson, il aimait s’attarder pendant des heures dans son bain !' Lee Pomeroy s'acquitte d'ailleurs impeccablement du légendaire solo de basse exécuté, comme il se doit, sur une Rickenbacker.

Quant à Trevor Rabin, particulièrement radieux, il a l'air en pleine forme. Il a mis sa carrière de compositeur de musiques de films entre parenthèses afin de pouvoir participer à cette tournée. Il a avoué, via Facebook, que ce choix n’a pas été simple pour lui. Et pour cause, pas évident de se replonger dans les complexités musicales de Yes, après 20 années d’absence. Au cours du set, il va d’ailleurs commettre quelques petites imperfections. Pendant « Changes », il se perd même entre ses pédales d'effets de guitare (il a perdu les pédales, en somme), au point de devoir s'arrêter en s'excusant : 'Give me one second'. Une petite erreur vite pardonnée, au vu de la prestation de ce virtuose, de ce surdoué à la guitare…

En parlant de virtuosité, on en vient tout naturellement au Maître des claviers, Rick Wakeman, probablement le plus grand claviériste de l'histoire du Rock. Tout comme il y a 30 ans, il a revêtu sa cape de velours et se dresse derrière une forêt de claviers disposés en arc de cercle. Seul son ventre, plus arrondi, le trahit –il affiche quand même 67 ans au compteur ! Aussi à l'aise dans les classiques comme « Heart of the Sunrise » que les extraits de « 90125 », auquel il n'a pourtant pas participé, il va connaître son plus grand moment de gloire sur « Awaken », un des nombreux 'magnum opus' de Yes, un extrait du chef-d'oeuvre « Going For The One » (1977). L'intro au piano est époustouflante mais ce sont surtout les sonorités d'orgue qui vous flanquent la chair de poule. Pendant le long passage plus 'ambient', au milieu de la compo, on n'entend pas une mouche voler. Jon Anderson joue quelques notes à la harpe et prélude une lente valse médiévale, rappelant Dead Can Dance. La chanson s'envole ensuite à travers une progression hallucinante de voix et d'harmonies pour retomber doucement et venir mourir sur le tapis diaphane de la voix d'Anderson. Parfait !

Pour clôturer le concert, comme prévu, rien de tel que le plus grand hit de Yes : « Owner of A Lonely Heart ». Ici, aussi, l'interprétation est brillante ; en outre, ARW nous réserve deux surprises. D'abord, Rick Wakeman enfile son clavier portable. Lui et Rabin descendent d’abord dans la fosse, puis accèdent aux gradins, afin d’y jouer leur partition ; et ce pour le plus grand bonheur des spectateurs. Ils reviennent ensuite sur le podium, moment choisi par le band pour adresser, au cours du morceau, un clin d'oeil au « Sunshine of Your Love » de Cream. Le final est paroxystique et suivi d'une très longue acclamation.

En rappel, « Roundabout » est dispensé dans une ambiance très électrique ; de nombreux spectateurs ont d’ailleurs quitté leur siège pour s’approcher du podium. Quand les cinq musiciens saluent et quittent les planches, ils ont la banane aux lèvres et sont visiblement très heureux d'avoir partagé ce moment en compagnie de leurs fans. Pour ces derniers, comme pour votre serviteur, cette expérience, chargée d'émotions fortes, restera inoubliable. Le trio travaille, semble-t-il, sur de nouvelles compos et laisse entrevoir la publication d'un nouvel opus. Et pourquoi ne pas reformer un Yes (quasi) au complet en rejoignant Alan White et Steve Howe? Une perspective que nous appelons de nos voeux !

Setlist :

Cinema
Perpetual Change
Hold On
I've Seen All Good People
Drum Solo
Lift Me Up
And You and I
Rhythm of Love
Heart of the Sunrise
Changes
Long Distance Runaround
The Fish (Schindleria Praematurus)
Awaken
Owner of a Lonely Heart
(with Cream's 'Sunshine of Your Love')

Encore:

Roundabout

(Organisation: Gracia Live)

 

 

Anders Trentemøller

De l’électro… mais plus trop…

Anders Trentemøller, le Prince danois de l'électro, est de retour en Belgique pour présenter son dernier album, « Fixion ». Il se produit à l’AB et c’est sold out. Avant le spectacle, il nous confie, dans le cadre d’une interview, que tous les concerts de la tournée jusqu'à présent se déroulent à guichets fermés. Confirmant son virage vers un style davantage ‘post-punk’ et ‘wave’, il confie: ‘Avant, je jouais les basses à l’aide de mon Moog ; mais pour cette dernière tournée, j’ai voulu constituer un groupe complet afin d’obtenir un son plus rock. Outre les claviers, il y aura donc bien de la guitare, de la batterie et de la basse’.

Grand fan de post-punk, votre serviteur est tout naturellement impatient de découvrir le nouveau line up sur scène. Dès le premier titre, l'instrumental « November », une constatation s’impose : le concert diffère amplement des one-man-shows auxquels les musiciens électro se livrent habituellement. Trentemøller trône milieu du podium, derrière ses claviers. Le guitariste s’est placé à gauche et le bassiste ainsi que le batteur se sont installés à droite. Le son est puissant et organique. Résolument 'Curesque', il est entretenu par une basse ronde et illuminé par les notes cristallines de la guitare. On se croirait revenu à l’époque de «Faith», un des chefs-d'oeuvre de Robert Smith.

«One Eye Open» est marqué par l’entrée en matière de Marie Fisker, la chanteuse danoise et fidèle accompagnatrice de Trentemøller. Sur le podium, elle s'acquitte non seulement de ses propres parties vocales mais relève également un fameux défi : celui de reprendre celles de la célèbre invitée de l'album « Fixion » : Jehnny Beth, la chanteuse de Savages.

Derrière les musiciens, trois structures verticales de néons blancs dessineront des figures lumineuses tout au long de la représentation. Le fond de la scène est tapissé d'un grand motif en noir et blanc reproduisant la couverture du dernier opus. Après « Never Fade », le seul titre chanté par Trentemøller, le set opère pour la première fois un retour dans le passé: c'est l'instrumental « Shades of Marble », une plage issue du long playing « Into The Great Wide Yonder ». La partition 100% électro est ici revisitée par un groupe complet et le résultat est époustouflant. Trentemøller quitte sa place derrière les claviers et s’approche des premiers rangs, en emportant son tambourin. La réaction du public est immédiate : l'ambiance monte d'un cran et le final, rythmé par la progression dynamique des séquences électro, constitue un premier grand moment du concert.

L'atmosphère retombe quelque peu, le temps de belles chansons comme « Conviction » et « Redefine ». Après un « Trails » assez décevant, gâché par un discutable solo de guitare, Marie Fisker s’attaque aux deux titres chantés par Jehnny Beth sur le dernier LP : « Complicated » et « River In Me ». Non seulement elle s'acquitte brillamment de cette tâche périlleuse, mais en plus, elle ressemble un peu à la belle Camille (le vrai prénom de Jehnny) ; ses cheveux coupés courts et son look un peu 'tomboy' y contribuant largement.

Pendant « Miss You », la réaction de l’auditoire est symptomatique : des dixaines de smartphones s'allument et sortent comme des périscopes pour capter ce moment magique. Ce titre ambient reste clairement un de ses favoris. La dernière partie du concert va monter progressivement et scrupuleusement en puissance avant l'explosion finale traduite par « Vamp » et surtout « Moan ». Ce dernier morceau remonte à 2006. Il a été également remodelé pour une formation 'live' complète ; et c'est sans aucun doute le meilleur moment du spectacle. Le riff aux claviers, qui fait immanquablement penser au thème de ‘Twin Peaks’, fait mouche et la formation clôture le set sur une nouvelle déflagration électronique dont elle a le secret.

Au cours du rappel, on aura droit au superbe « Where The Shadows Fall », un titre récent également très inspiré par The Cure et Angelo Badalamenti. Puis à un inédit, « Hands On », une chanson qui devrait sortir en single dans les prochains mois ; et, c'est un scoop, elle sera chantée par Jenny Lee Lindberg, qui officie chez Warpaint. Enfin, « Take Me Into Your Skin » referme une prestation en tous points remarquable. Un bémol quand même : les nouvelles compositions, très orientées post-punk, n'ont pas le souffle rythmique et dansant des titres plus électro. On se prend donc à rêver d'un prochain opus, qui combinerait plus efficacement encore ces deux pôles de la personnalité, très attachante, d'Anders Trentemøller.

Setlist

November
One Eye Open
Never Fade
Shades of Marble
My Conviction
Redefine
Trails
Complicated
River In Me
Miss You
Still on Fire
Circuits
Vamp
Moan

Rappel:

Where The Shadows Fall
Hands On (new song)

Take Me Into Your Skin

Matteo Vallicelli assurait le supporting act. Un batteur italien qui milite chez The Soft Moon et Death Index. Curieusement, en solo, il se sert uniquement des claviers et il n'y a quasiment pas de rythmiques. L’expression sonore baigne dans l’ambient, parfois un peu industrielle. Pensez à Tangerine Dream et à Klaus Schulze pour les séquences krautrock de sons analogiques et les mélodies cosmiques aux accents psychédéliques. Il vient de publier un premier long playing, « Primo » sur Captured Tracks.

Pour écouter l'interview de Trentemøller, réalisée par votre serviteur en septembre dernier, c’est ici .

(Organisation : Live Nation et Ancienne Belgique)

Photo : Xavier Marquis

Christian Kjellvander

A village : natural light

Écrit par

Agé de 40 balais, Christian Kjellvander affiche aujourd’hui 20 années de carrière au compteur. Trois ans après avoir publié l’excellent "The Pitcher", il nous propose donc son nouvel opus. Un disque intitulé « A Village : natural light ». Le songwriter reprend les choses là où il les avait laissées. C’est-à-dire en embrassant, à nouveau, une forme de folk intimiste et mélancolique, dont il a le secret. Rien de bien original, cependant, à se mettre entre les oreilles, mais des morceaux impeccablement exécutés.

Tout au long de l’opus, le spectre de Bill Callahan rôde. La sèche sert de fil conducteur à une musique qui invite également piano, chœurs et ingrédients électroniques.

« Shallow Sea » ouvre parfaitement l’elpee. Une voix féminine épaule celle, caverneuse, du Suédois. « Dark Ain’t That Dark » plonge profondément dans le spleen. Les lyrics de « Midsummer (Red Dance) » sont particulièrement sombres, nonobstant un tempo plus enlevé et une certaine distorsion censée réchauffer l’atmosphère. Et le reste du long playing est de la même veine. Une exception qui confirme la règle, le plus intense « Staghorn Sumac », piste au cours de laquelle l’artiste se livre davantage… mais sans jamais se mettre en danger. Finalement, le Scandinave est resté égal à lui-même. On n’en demandait pas plus de sa part…

 

Russell ‘Hitman’ Alexander

The world moves on

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Russell ‘Hitman’ Alexander est chanteur, guitariste et compositeur. Il est issu de Brentwood, à deux pas de New York! C’est le fils de Ray Alexander, un vibraphoniste de jazz notoire. Il y a près de trente ans qu’il drive son Blues Band et "The world moves on" constitue son sixième album. Un disque qui fait suite à "Blooztown", paru en 2000, "Angel in the shadows", en 2003, "Live at Stonybrook University" en 2006, "Pale Rider" en 2009 et "Blues enough" en 2013. Ce véritable juke-box ambulant signe ses propres compos, mais propose également d’excellentes reprises. Il reconnaît pour maîtres, Buddy Guy, BB King, Elmore James, mais aussi les incontournables Winter, Hendrix, Vaughan et Page. Son backing group implique une section rythmique, des claviers et des cuivres.

Une slide bien métallique ouvre "Bad bad man", une plage classieuse qui nous entraîne déjà dans le delta. La voix de Mr Alexander est harmonieuse et excellente. La slide s’autorise déjà son premier envol, face à l'orgue de Kevin Bents ainsi que les saxophones de Mickey Vitale et Nick Clifford. Une entrée très prometteuse. En ‘live’, Russell adore dialoguer avec son public, et lui raconte aussi de petites anecdotes. Blues cool, "That's what it's like to be a man" y est certainement propice. La slide est constamment en éveil. Cuivres et ivoires enrichissent "Don't you tempt me", un rockin' r&b lancé au galop. Puissante, autoritaire, la voix me rappelle ici le Californien Tommy Castro. Superbe ! Caractérisée par les interventions de slide et tapissée par celles de l’orgue jazzyfiant de Kevin, "Movin' on" nous replonge dans le Delta, une piste dont le climat hypnotique lorgne vers Howlin' Wolf! Nonobstant quelques accès de funk léger, "Two minute warning" est une plage plus roots. Lorsqu'il élève le ton, la voix de Russell évoque John Fogerty. Souligné par les interventions d’orgue et de piano, "The world moves on" est un r&b lent, au cours duquel Mickey Vitale se réserve un envol brillant sur son ténor. Chicago blues, "Hammer down" est imprimé sur un tempo enlevé. Déterminée, la voix emporte tout sur son passage. Et lorsque la guitare s’emballe, c’est le même topo : plus rien ne peut la retenir. L'harmonica de Neil Alexander enflamme "Two trains running", un boogie particulièrement rythmé qui consent de multiples sorties instrumentales : de la guitare, du piano, du saxophone ténor et même de la basse. "Catch 22 Blues" est un blues atmosphérique, jazzyfiant, swinguant, infiltré par des interventions de vibraphone, sans doute exécutées par Daddy Ray Alexander. Et le fiston chante impeccablement la ballade "Angel in the shadows". "Jenny Goodbye" est un boogie rock qui fait mouche, un titre dansant au cours duquel Michael Snyder signe un extraordinaire solo de saxophone baryton. Blues lent, "I'm all about you" s’ouvre en mode piano/voix, avant que les autres musicos ne prennent le relais. "The world moves on" constitue le meilleur opus gravé par le Hitman Blues Band à ce jour, et il s’achève par une version accélérée du classique de Muddy Waters, "Hoochie Coochie Man", une jam qui devrait ravir les aficionados, en concert.

 

Matt Andersen

Honest Man

Écrit par

Canadien, Matt Andersen est originaire du New Brunswick. Chanteur/guitariste, il a entamé sa carrière musicale en 2002, au sein d’un groupe baptisé Flat Top. Depuis, il a multiplié les enregistrements et les tournées à travers le monde, démontrant un talent capable de s’exprimer aussi bien en studio que sur la route. Il a d’ailleurs décroché plusieurs prix dont quelques awards. Il a également magnifié le célèbre International Blues Challenge de Memphis, en 2010, comme solo performer. Bien reçu par la critique, son dernier elpee, "Weightless", remonte à 2014. La voix de Matt est souvent comparée à celle de Joe Cocker. Pourtant, elle n’est pas liée à un style particulier. Roots, sa musique est susceptible de se colorer de blues, de country ou de rock. Les sessions sont été réalisées au sein de différents studios, à New York, Nashville, dans le New Jersey et même à Kingston, en Jamaïque. La production a été assurée par Commissionner Gordon Williams, dont la carte de visite mentionne – notamment–  la mise en forme d’œuvres publiées par Carlos Santana, Joss Stone et Quincy Jones. L'accent a été posé sur la voix d’Andersen, plutôt que sur l’aspect musical. D'ailleurs, Matt, excellent gratteur, privilégie les cordes acoustiques. De nombreux musiciens ont cependant participé aux différentes séances de studio.

L'opus s’ouvre par "Break away". Le climat est ensoleillé, jamaïcain pour être plus précis, un reggae ma fois particulièrement chaleureux. La voix l’est tout autant, et bien mise en relief. Jolie ballade, "The gift of love" lorgne déjà vers Joe Cocker, en moins graveleux. Enrichie de claviers et de chœurs féminins, la ligne mélodique est particulièrement agréable à l’oreille. Imprimé sur un mid tempo, "Honest man" est légèrement coloré de funk, un southern R&B classieux dont les interventions vocales évoquent toujours feu le légendaire chanteur britannique, même si les inflexions sont plus personnelles et bien moins ravagées. La production met bien en exergue les cuivres. C'est dans le dépouillement que l'on mesure la richesse vocale de cet artiste. A l’instar de "I'm giving in", une superbe ballade qui libère énormément d’émotion. Un cri d’amour dans son dénuement le plus total. Juste la voix et le piano. "Quiet company" nous entraîne à Nashville, au cœur de la country. Une sèche et une lap steel aux accents blafards. La voix devient envoûtante tout au long de "Let's get back", une ballade à la mélodie impeccable. Orgue, piano et banjo se conjuguent avant de céder le relais à un trombone magique. "All the way" baigne subtilement dans du soul/funk alors que chargé de feeling, "Last surrender" nous ramène à Memphis, afin de faire revivre l'esprit d'Otis Redding. Une seule plage rythmée, "Who are you listening to?". Un rock entraînant, dansant, abordé dans l’esprit du rocker de Detroit, Bob Seger. Le piano balise le rythme, alors que Benji Bouron s’autorise une sortie remarquée sur sa gratte. De bonne facture, cet LP s’achève par "One good song", une dernière ballade pleine d'émotion…

 

Ian Anderson

Thick as a brick / Live in Iceland (cd + dvd)

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Ian Anderson a mis un terme définitif à l’aventure de son Jethro Tull, en 2012. La suite de son aventure, il la signe sous son propre nom. Fondée en décembre 1967, la formation a publié 21 albums dans un style né du fruit d’un cocktail de rock (parfois hard), de blues (le tout premier album), de folk celtique et de classique. Suivant les époques, il penchera d’ailleurs davantage vers l’un ou l’autre genre. De toute sa discographie, il faut reconnaître que « Thick as a brick » constitue son chef d’œuvre. Enregistré en 1972, il s’agit du véritable premier opus de prog pour le band de Blackpool. Quarante années plus tard, il lui a donné une suite. Qui recèle quelques bons moments, mais n’atteint pas le niveau du premier volet.

Et dans la foulée, Ian Anderson et son backing group sont partis en tournée pour interpréter les deux tomes de ces concepts, gros comme deux briques… Ces disques ont été immortalisés à Reykjavík, en Islande. Première constatation, la voix de Ian est toujours aussi nasillarde et emphatique, mais elle a perdu de sa puissance. Heureusement, elle est remarquablement compensée par celle de Ryan O’Donnell, dont le jeu de scène théâtral fait absolument merveille. Et les autres musicos affichent une homogénéité à toute épreuve, malgré ce solo de batterie rituel, qui fait quand même un peu ringard. La flûte champêtre d’Anderson n’a de cesse d’ensorceler l’auditoire. Et puis, Ian a le soin d’apporter sa touche d’humour bien personnelle (NDR : les mauvaises langues diront grivois). Le second volet de « Thick as a brick » est inévitablement moins intéressant, mais tient quand même la route, vu le talent des instrumentistes. La qualité du son est indéniable, ce qui rend peut-être l’ensemble un peu trop propret, quand on a connu les prestations ‘live’ instinctives du Tull.

Le Dvd nous réserve une interview de Ian Anderson ainsi que quelques bonus tracks accordés dans le cadre du festival de Montreux, la même année.

 

Liz Mandeville

Heart 'O' Chicago

Écrit par

Etablie à Chicago, Liz Mandeville est une chanteuse de blues. Compositrice prolifique, elle gratte également de la guitare. En outre, elle a également monté son propre label, Blue Kitty Music. Originaire du Wisconsin, elle s’est installée dans la Cité des Vents, en 1979. Elle s’était alors mariée à Willie Greeson qui militait au sein du Legendary Blues Band, une formation qui réunissait des musicos qui avaient sévi dans le Muddy Waters Band. Elle s'est d'abord révélée sous le nom de Liz Mandeville Greeson. Le nom de son mari a disparu, suite à l’échec de son union! Elle a longtemps travaillé auprès du bassiste Aron Burton, mais également bossé en compagnie de Willie Kent, Maurice John Vaughan et Michael Coleman. De couleur blanche, cette dame est parvenue à se forger une notoriété dans la plus grande ville de la région du Mid-Ouest. Ce qui n'était pas gagné d'avance. Elle vient de graver son sixième LP personnel.

Liz drive son propre groupe, les Blue Points, un combo au sein duquel militent le Japonais Minoru Maryama à la guitare, Darryl Wright à la basse et Jeremiah Thomas à la batterie. Un claviériste et une section de cuivres complètent le line up. Et suivant la tradition, quelques invités ont poussé la porte du studio. Quoique blues, "Heart 'O' Chicago" est largement teinté de soul, et notamment à caractère Stax et Muscle Shoals.

Liz Mandville s'échauffe sur "Cloud of love", un R&B bien dansant. Sa voix est claire. Elle conserve cependant une réserve de puissance conséquente. Les cuivres sont bien mis en exergue. Le prestigieux Eddie Shaw, autrefois leader du Wolf Gang, backing group de Howlin' Wolf, est venu renforcer l’ensemble de son sax ténor. Il émane de ce titre, un funk naturel, balisé par les interventions de basse de son compagnon Darryl et l'orgue Hammond de Miss Joan Gand. Elle adopte un timbre plus grave pour aborder "These blues", une ballade swing jazz au cours de laquelle Joan passée au piano, Minoru brille aux cordes et les cuivres se révèlent particulièrement en verve. "Don't doubt my love" est un titre de soul classieux. Liz et Charlie Love (ex-Casey Jones Revue), un grand spécialiste du style, se partagent les vocaux. Contemporain, dansant, "So called best friend" est un Chicago blues coloré par l'orgue Hammond et souligné par les interventions de Billy Branch à l’harmo. La voix de Liz est au sommet de son art sur "Quit me on a voice mail", un R&B très lent, abordé dans l'esprit du southern soul de Memphis. Elle y injecte toute sa sensibilité, épanche tout son vécu, face à l'orgue Hammond, le saxophone ténor troublant d'Eddie Shaw et les cordes mélodieuses de Maruyama. Imprimé sur un bon tempo, "Party at the end of time" est un Chicago blues plus conventionnel, marqué par le retour de Branch à l’harmonica. Et ses interventions sont vraiment atmosphériques. Les cuivres reviennent à la surface sur "Silver's lining", un blues rythmé destiné à la danse. "Tig Tok" est une composition qui accroche instantanément. Une compo de pop/r&b à la mélodie légère, tapissée par l'orgue Hammond. Les cuivres servent de rampe de lancement à la guitare, alors que Miss Mandville ne cesse de relancer le Tig Tok! Enchantée, elle empoigne sa gratte électrique et nous sert une tranche funk bien brûlante intitulée "Why would a woman sing the blues". Charlie Love revient servir de partenaire vocal pour le blues enlevé "Smart women foolish choices", une piste balayée par la trompette de Wade Baker, alors que Minoru semble bien avoir rechargé ses accus à la six cordes. "Life is like a wave" clôt l’elpee. Un pur bonheur ! Du blues très fifties dont le tempo semble avoir été emprunté à Jimmy Reed. Liz est toujours à la gratte, pendant que Dizzy Bolinski, une étoile montante de la Cité des Vents souffle passionnément dans son harmonica. De toute bonne facture, ce long playing propose onze compos originales également produites par Liz Mandeville…

 

Matt Andersen

Weightless

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Matt Andersen est canadien, du New Brunswick très exactement. Auteur/compositeur/chanteur/guitariste, il a entamé sa carrière en 2002. Au cours des dernières années, il a publié "Second time around" en 2007, "Something in between" en 2008, "Piggyback" et "Live at Phoenix Theatre" en 2009 et "Coal Mining blues" en 2011. Sans oublier, au cours de ce même exercice, "Push Record", en duo avec Mike Stevens, et "Spirit of Christmas", un album de Noël. Janvier 2010, il avait remporté le réputé International Blues Challenge de Memphis!

Matt possède un timbre vocal aussi graveleux et ravagé que celui de Joe Cocker. Et c’est manifeste dès "I lost my way", la plage qui ouvre l’elpee. Pour ce r&b de toute bonne facture, il est soutenu par d’excellents musicos, et notamment une armée de cuivres et de chœurs. Tout au long de l’opus, on remarque que lors de la mise en forme, Steve Berlin (Los Lobos/ex-Blasters) est venu ajouter son grain de sel… Caractérisé par sa superbe mélodie, "My last day" est une ballade lente, colorée par l'orgue Hammond de Ross Billard, une piste que chante Andersen comme un Cocker juvénile… La tendresse envahit "So easy", une autre ballade country transcendée par les interventions cristallines de la pedal steel que se réserve un autre Canadien issu de Vancouver, Paul Rigby. Le titre maître baigne dans le r&b, une piste légère qu’illustre parfaitement la plume reproduite sur la pochette ; et pourtant, on ne peut pas dire que la corpulence d'Andersen soit un argument de poids (?!?!) pour refléter cette subtilité. Son partenaire habituel et ami, Mike Stevens (NDR : un spécialiste du bluegrass) vient apporter son concours à l’harmonica. La six cordes sort enfin de sa réserve sur "Alberta Gold", un titre imprimé sur une rythmique sobrement rock. Il était temps! "Let's go to bed" reconduit un peu la formule utilisée pour "So easy" : l’intimité et la tendresse. Sentiments que traduit parfaitement la pedal steel. Andersen libère le max de sensibilité sur les compos les plus paisibles. Il élève pourtant la voix sur "The fight", un combat valeureux et convaincant. Sans aucun doute, la plage qui m’a botté le plus. Délicatement country, "Drift away" opère un retour à la country. Un peu de rythme qui anime "City of dreams" suffit pour libérer les cordes acoustiques et amplifiées. "Between the lines" est empreint d’une douceur extrême. Paisible, la voix se laisse cajoler par les interventions limpides de l’orgue et de la guitare, échangeant des baisers, des roses et du chocolat…

 

Anders Trentemøller

Lost

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Poursuivant son aventure solitaire en compagnie d’invités triés sur le volet, le Danois Anders Trentemøller donne enfin une suite à « Into The Great Wide Yonder », paru en deux mille dix.

Et puisqu’il est question de comparaison, j’affiche d’emblée toute ma déception.

L’unité semble s’être effritée, et s’il n’est pas question d’un album raté, « Lost » ne possède ni la grâce, ni l’intemporalité du précédent opus.

Il recèle de très bons morceaux, garde une certaine cohérence dans l’ensemble, mais souffre d’un défaut majeur : il s’efface trop souvent derrière ses invités.

Du coup, la liste exhaustive de ceux-ci confère à l’ensemble une impression de patchwork, sorte de grande fresque rapiécée.

Allant jusqu’à donner cette impression que Trentemøller passe de rôle d’hôte de marque à invité de luxe.

Bref, la majeure partie des titres ressemble davantage à des remixes qu’à des compositions originales.

Et si les univers ici présents ne sont certes pas incompatibles (de Low à Blonde Redhead en passant par Lower Dens), l’homogénéité générale s’effiloche au fil du parcours.

Trentemøller signe donc une très jolie compilation de réinterprétations personnelles du répertoire de ces groupes qu’on imagine très facilement trônant fièrement dans sa collection.

En se faisant plaisir, l’artiste nous gratifie quand même de bons moments.

Mais j’attendais nettement plus de la suite à ce monument que restera son précédent LP.

« Lost » constitue donc à mes yeux une jolie vitrine à contempler sans désir exacerbé.

Christian Kjellvander

The pitcher

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Depuis la sortie de « I Saw Her From Here/ I Saw Here From Her », il y a deux ans, Christian Kjellvander n’a cessé de bourlinguer en Europe et outre-Atlantique. Entre deux villes, le Suédois ne s’est pas tourné les pouces et a continué à écrire. Le résultat figure sur cet énième album du songwriter intitulé sobrement « The Pitcher ».

L’opus a été enregistré live en 5 jours ! Difficile de croire qu’il ait réalisé une telle prouesse, lorsqu’on écoute ces neuf morceaux de country-folk. L’instrumentation est luxuriante et variée. Les cordes, les cuivres, les chœurs, tout y est ! Kjellvander crée une ambiance pour chaque titre et prend son temps pour l’installer. Aucun morceau ne descend sous les trois minutes. « The Valley » est par exemple plus entraînant tandis que sur « The Zenith Sunset » et « The Woods » la tension est palpable. Néanmoins, « The Pither » est un album qui exige plusieurs écoutes avant d’être apprécié à sa juste valeur. Seule la voix du Scandinave fait un peu tâche d’huile. C’est sans doute le seul point faible de ses chansons. Malgré ce bémol, cet opus vaut clairement le coup !

 

Anders Trentemøller

L’art de se fondre naturellement dans un ensemble…

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A l’instar de son homologue James Lavelle et pléthore d’artistes contemporains, Anders Trentemøller n’est toujours pas parvenu à choisir entre veine Electro ou Rock. Il préfère brasser et piller allègrement divers genres, mélanger savamment différentes sonorités et s’accaparer le génie d’autrui pour nourrir son propre talent.
En résulte des albums audacieux et captivants qui ont révélé le bonhomme à la face du monde et ont propulsé le timide lascar au-devant de la scène.
Lieu de tous les dangers, alors, quand il est question de retranscrire, réadapter et réinterpréter en ‘live’, des morceaux préalablement conçus dans une seule et même caboche, assistée par des machines asservies à sa vision.
Reste alors à définir la configuration de ses shows, entre confort rassurant de programmations, et samples lui permettant de s’abriter derrière une façade austère ou prise de risque en groupe, hautement plus audacieuse.
Ayant privilégié la deuxième option, bien plus excitante il est vrai, il débarquait à Bruxelles ce vendredi, veille de long week-end, se proposant de nous faire vibrer à l’unisson.

Si les impératifs et les contraintes de la semaine avaient eu raison de mon début de soirée, il est heureux que je sois arrivé pile poil à l’heure pour le début du concert de Trentemøller. J’ai donc loupé la première partie.

De la prestation accordée par Den Sorte Skole, responsable d’un savant et étonnant mélange de cultures, il faudra que je me contente du téléchargement gratuit proposé sur leur site (http://densorteskole.net), avant d’éventuellement retrouver ces résidents de Copenhague à l’occasion de l’un ou l’autre festival.

Quand Anders débarque sur les planches accompagné de ses musiciens, derrière un épais rideau de fumée, il est bien difficile de le repérer tant l’homme s’efface derrière son collectif.

Si Trentemøller est la musique d’un seul homme, rehaussée de pertinentes collaborations vocales en studio, sur les planches, elle prend forme au travers d’un groupe tout acquis à la cause de son maître.

Et l’on en vient à oublier l’existence de celui-ci.

Car hormis quelques timides avancées en bord d’estrade, on ne peut vraiment pas dire que notre ami Anders tire la couverture à lui.

A l’abri des regards, derrière ses claviers et machines, il laisse le soin aux autres musiciens d’assurer le spectacle.

Au point que sa présence en devient anecdotique.

Reste que le show est rondement mené par ses hommes… et ses deux représentantes de la gente féminine, qui loin de n’apporter qu’une touche bienvenue de sensualité, sont l’équilibre parfait dans une composition scénique balancée entre une section rythmique précise et la quasi-invisibilité de leur leader.

Principalement assurées par l’une de celles-ci, les voix à l’origine campées par diverses personnalités, prennent vie dans une seule cage thoracique.

Une voix qui se fond parfaitement dans l’ensemble et qui, si elle n’imite pas les artistes impliqués sur disque, donne corps et âme à ce concert.

Entre Electro et Rock, le set propose une relecture des morceaux sans chambouler quoi que ce soit à l’univers de Trentemøller.

Ainsi, s’il prend certains risques en studio, Anders propose en live ce que le public est venu chercher.

Ce qui confère au show un côté un peu trop propret ; et pour cause, l’essentiel est assuré de manière largement conventionnelle.

Mais sans excès non plus.

On a donc droit à un light show modeste mais respectueux de l’esthétique, grâce à de très beaux luminaires qui auraient belle allure au plafond de n’importe quel salon, mais à cinq mètres de hauteur.

Une chorégraphie robotique simple mais suffisamment distrayante que pour conquérir le public.

Et bien sûr, quelques montées d’adrénaline bien senties à des moments clé, au détour de ses morceaux phares.

Les premières notes de « Lullaby » de cure amorcent la fin du concert.

Enfin, bien entendu, le groupe revient sur le podium, pour accorder un rappel pressenti, un ‘encore’ qui s’achève sous une avalanche de bulles de savon tandis que nos musicos déboulent sur une vague Surf destinée à réveiller quelque peu l’apathie de l’auditoire (« Silver Surfer, Ghost Rider Go!!! »)

Un concert réussi, professionnel et parfaitement maîtrisé, mais sans surprise…

(Organisation : Live Nation)

 

Jann Halexander

Tristes Tropiques

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« Tristes Tropiques » n’est pas uniquement le titre de l’œuvre de Claude Lévi-Strauss, mais également celui du nouvel opus d’un chanteur franco-gabonais répondant au nom de Jann Halexander. Né un 13 septembre, il y a aujourd’hui 31 ans, cet artiste (?) aux multiples facettes (il gravite aussi dans le milieu de la pellicule) nous livre en 12 chansons ses impressions sur les thèmes du métissage, de la famille, de l’amour…

‘Tristes’ en effet sont les pauvres ritournelles mal fagotées, mal interprétées, sans aucun soutien musical et sans fond. Dès le premier mot ‘chanté’ par notre brave Euro-africain, on a la mauvaise impression qu’on ne pourra pas supporter ce disque jusqu’au bout. Et rien n’est plus vrai ! Tout est réuni pour passer un pauvre et triste moment. Désolé, mais la voix est ennuyeuse, pire même, elle est désagréable et me casse les oreilles. C’est comme ça ! Et le reste ne relève pas le niveau. Les compos sont mal embouchées, pauvres et ringardes. Les effets spéciaux réservés à « 3 Parques » sont à mourir de rire. Le ton se veut grave et susciter la réflexion, mais c’est l’effet inverse qui se produit dans mon pauvre cerveau embrumé par ce maelström de mauvais goût.

Sorry mon vieux mais ton album ne me convainc pas du tout. Il me bassine dès la première seconde et pour être honnête, je peux pas en dire plus car j’ai décroché dès la 4ème chanson introduite par une (très mauvaise) redite de « Chez ces gens-là » de Brel. Affligeant !

Merde, moi qui croyais reprendre avec de bonnes nouvelles après 3 mois d’absence, ben c’est raté…

Alexander Tucker

Dorwytch

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« Dorwytch » est avant tout le fruit d’un savant mélange de musique d’antan et d’outils modernes. La recette pour le déguster à la meilleure sauce est simple : allongez-vous, la pochette du CD ouverte sur le ventre (le dessin représente un ciel bleu troué de deux nuages blancs) et laissez-vous porter par les mélodies. Un incroyable voyage vous attend. Vous y traverserez toute une série d’époques et de lieux. De ceux qui ne vous avez peut-être même jamais effleuré l’esprit. La voix d’Alexander Tucker vous sert de guide. Elle flotte tranquillement à la surface des notes que laissent s’évaporer nonchalamment les instruments. Son timbre vous emmène sur des parcours que vous n’aviez encore jamais explorés. Des surprises vous guettent le long des premières plages de sentier. Mais lorsqu’on voit la fin de la route, ces ébahissements s’estompent. Et là, le périple devient quelque peu monotone. Il manque de salivation à l’idée d’explorer encore. Les notes, tout à l’heure à l’état de vapeur, se transforment en une pluie qui vient assombrir la fin d’une radieuse expédition. Mais on broie rapidement ce nuage noir. On le réduit à une contrariété insignifiante au milieu d’une escapade éclatante. Et là, on se souvient finalement que « Dorwytch » est un voyage qu’il faut tenter.

 

Agent Wander

Vanguard (Ep)

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Né au printemps 2009, Agent Wander est en fait le projet de Wim Kesteloot. Auteur compositeur, cet artiste gantois débute en solo, dès 2008, sans pouvoir hélas percer.

Afin de se faire une petite place au soleil dans le paysage rock belge, il s’adjoint les services de Stefan Valenberghs à la guitare (Viper Rosa, This Is Where My Little Saturn Sleeps), du drummer-singer Koen Gallet (Viper Rosa, Saturn) et du bassiste Bart Van Lierde (Zita Swoon, Kowzi). Belle association qui part directement à la conquête de la Flandre profonde.

Après avoir bourlingué durant quelques mois au nord du pays, le combo décide de s’autoproduire et de publier par ses propres moyens ses compos les plus représentatives. En effet, aucun label ne soutient encore Agent Wander pour le moment. Au vu de ce qui est proposé, cette situation ne devrait pas perdurer, tant les quatre morceaux affichent tous une bonne dose d’originalité, de savoir-faire en plus d’une excellente musicalité.

Si « Caroline » lorgne un peu du côté de Roxy Music, « Sunday Call » rappelle, de loin, JJ Cale. « Waiting for a Change » trahit des relents d’Iggy Pop et le morceau de clôture, « Angie », nous entraîne dans l’univers de Morphine. Bref, on ne peut pas dire que les 4 morceaux de cet Ep, se contentent de plagiat. On est loin du compte, d’ailleurs. 

Un coup d’essai, pas un coup de maître, mais pas un coup dans l’eau non plus ! Directement touché par la voix et le jeu de guitares omniprésent, Agent Wander donne l’impression de disposer de ressources qui ne demandent qu’à s’exprimer.

Alors, qu’attendent les distributeurs pour intégrer cette nouvelle formation belge de talent, dans leur écurie ?

 

Stranded Horse

Humbling Tides

Écrit par

Lorsqu’on possède un nom de famille tel que Tambour, il n’est pas étonnant que l’on soit contaminé par le virus de la musique. Yann est français, et il serait quand même urgent que l’Hexagone se rende compte qu’elle possède en son sein, un artiste exceptionnel et unique en son genre. Mieux connu sous le pseudo d’Encre, il mène un projet parallèle, davantage orienté vers le format acoustique. Un projet qu’il avait baptisé à l’origine Thee, Stranded Horse, avant de le réduire en Stranded Horses.

« Humbling Tides » constitue le quatrième opus de ce curieux cheval. Un disque qui fait suite à un opus commis en compagnie du musicien malien Ballake Sissoko, long playing qui privilégiait le recours à la Kora, sorte de ‘harpe-luth’ africaine.

Tout au long de son dernier elpee, Yann sculpte de longues plages acoustiques propices à l’évasion. Les mélodies sont douces. Intemporelles, atmosphériques, belles et étranges, les compos puisent leurs références, à la fois dans le folklore médiéval, africain et insulaire. Tout un programme ! La voix de Tambour est fragile et très caractéristique. Carla Palone (Mansfield. TYA) y pose des accords de violon ou de violoncelle. Parfois, le spectre de Joanna Newsom se met à planer. Et le climat devient même carrément surnaturel, lorsque Tambour décide de chanter dans la langue de Molière (« Les Axes Déréglés » ou « Le Bleu et l’Ether »). Probablement les titres les plus singuliers de la plaque. Dommage que certaines plages tirent parfois en longueur, mais ne boudons pas notre plaisir et retenons essentiellement ce qui fait la quintessence de cette œuvre…

Anders Trentemøller

Northern Lights

Écrit par

D’abord au sein de Tribag, puis seul aux commandes depuis la sortie de son premier album, « The Last Resort », paru en 2006, Anders Trentemøller a réussi à s’imposer comme une figure de proue de l’électro minimale. Au point de se produire aujourd’hui à guichets fermés dans des salles telles que l’Ancienne Belgique. Ce que peu de ses contemporains militant dans le genre sont parvenus à réaliser jusqu’ici.  La salle du centre-ville bruxellois accueillait le Danois venu défendre « Into The Great Wide Yonder », son deuxième essai publié en juin dernier lors d’un show aussi jouissif pour les oreilles que pour les yeux.

Ceux qui, comme votre serviteur, s’attendaient à un show sobre du genre ‘DJ derrière ses platines et projections à l’arrière-scène’ auront été bien surpris ce soir. Trentemøller n’est manifestement pas homme à faire les choses à moitié. Pour accomplir sa plus grande tournée à ce jour, le Danois est accompagné de pas moins de sept musiciens. Un vrai ‘live’ en perspective. Le décor, créé par Henrik Vibskov, à la fois designer de mode et… batteur pour son comparse, est à la fois simple et impressionnant. La scène est parsemée de grillages s’élevant du sol, participant à une mise en scène rondement menée. Trentemøller prend place derrière ses platines, suivi de tous ses musiciens. « The Mash And The Fury », extrait d’« Into the Great Wide Yonder », ouvre le bal. Le talentueux Dj/musicien/producteur/remixeur construit son set crescendo. La tension dans le public monte au fur et à mesure que les titres s’enchaînent, soutenus parfois par deux demoiselles se partageant le micro à  tour de rôle. « Sycamore Feeling », « Miss You », Something Better », « Silver Surfer, Ghost Rider Go!!! » agitent tour à tour le public de l’Ancienne Belgique.

Lors du rappel, le concert de Trentemøller s’achève en apothéose sur un « Take Me To Your Skin » qui met tout le monde d’accord. L’espace d’une petite heure et des poussières, le Danois a démontré par A+B que l’électro minimale et atmosphérique est la forme la plus classieuse et peut-être même la plus fédératrice du genre.

(Organisation : Live Nation)   

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