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Barrence Whitfield

Dig this savage soul

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Non, ce n’est pas une plaisanterie, mais le véritable nom de Barrence Whitfield est Barry White. Il est né à Jacksonville, en Floride, un haut lieu du rock sudiste (NDR : le southern rock est considérée comme la terre de l’Allman Brothers Band et de Lynyrd Skynyrd). Agé de 58 ans, il s’est forgé une belle notoriété comme chanteur de R&B et soul. Il a connu ses heures de gloire comme leader des Savages, au cours des années 1980 et 90. Il avait entre-temps déménagé à Boston. Dès 1977, pour être plus précis. Réputées explosives, ses prestations scéniques empruntaient aussi bien à Little Richard, Wilson Pickett que Don Covay. A l’époque, Barrence avait publié une dizaine d'albums.

L'homme a ressuscité ses Savages, l'année dernière ; cependant, sa musique ne trempe plus dans le soul/funk/R&B mais plutôt dans le rock féroce et primaire! Peter Greenberg, guitariste originel, qui a sévi chez des garage bands comme DMZ ou les Lyres, a accepté de recommencer l’aventure. Et il déborde toujours autant de dynamisme.

Barrence nous salue sur une rythmique franchement punk sur "The corner man". Il a conservé toute l’énergie extravertie qui l’enflammait au siècle dernier. "My baby didn't come home" est un R&B orageux. Le saxophone de Tom Quatrulli se met à hurler. Whitfield met toute la puissance dans sa voix et la guitare parvient à se frayer un chemin jusqu'à l'explosion attendue. Dévastateur, "Oscar Levant" est un rock'n'roll qui déménage. La basse de Phil Lenker et les percussions d'Andy Jody impriment le rythme alors que les autres acteurs se démènent. Et le tout macère dans un bouillonnement jouissif. Vraiment excellent ! "Bread" est du R&B rockant, soutenu par des voix féminines débridées. Les plages défilent. Les musicos ne s’accordent aucun répit, mais jamais ne se désunissent. Leur fougue leur permet de tout renverser sur leur passage. En outre, Greenberg n'hésite jamais à prendre un billet de sortie, en attaquant brutalement ses cordes comme pouvait le faire Ron Asheton, chez les Stooges. "Hey little girl" permet à Quatrulli de faire exploser son saxophone. Jamais rassasiée, la voix de Barrence libère une énergie comparable à celle d’un James Brown sur les planches. Barrence nous entraîne dans son monde où le répit n'existe pas! Et même si le tempo ralentit sur "I'm sad about it", la voix éclate d'un bout à l'autre. "Show me baby" nous dévoile les Savages sous leur jour le plus blues. "Turn your damper down" conclut dignement cette œuvre : un boogie au dynamisme détonant. Excellent et unique en son genre !