Il n’existe pas de ligne droite pour The Beths…

The Beths, un groupe néo-zélandais composé de la chanteuse Elizabeth Stokes, du guitariste Jonathan Pearce, du bassiste Benjamin Sinclair et du batteur Tristan Deck, annonce la sortie de son nouvel elpee "Straight Line Was A Lie", le 29 août 2025. En avril,…

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Miossec simplifie…

Miossec, le poète du Finistère, reprend la route avec "Simplifier", un album vibrant de sincérité et d’émotions brutes. Entre coups de cœur, coups de gueule et coups de blues, il continue de chanter la vie comme personne, avec cet amour immuable pour sa…

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Charles

Le Sabotage de Charles…

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Après un premier Ep et un premier album remarqués, manifestes de son fascinant univers dark-pop alternatif, Charles revient avec une esthétique punk et pourpre pour présenter un projet audacieux qui la voit, pour la toute première fois, raconter ses histoires captivantes en français. Un nouvel Ep baptisé « Sabotage », et qui s’érige comme le récit initiatique chaotique et formateur d’une nouvelle femme forte, nourrie par les expériences et les mélodrames de sa petite vingtaine, qui fait enfin éclater sa bulle pour la faire sauter à nos visages et à nos cœurs.

La grande nouveauté de cet Ep réside dans une collection de morceaux entièrement déclinés dans les deux langues, en français et en anglais. Un défi fou et laborieux, mais surtout un exercice formateur pour celle qui a toujours douté de ses capacités dans sa langue maternelle.

D’abord pensés en anglais, les cinq titres ont été réécrits en français par la suite, en restant fidèles au sujet initial pour certains, et en revisitant la trame pour d’autres, comme sur « Miroir » et « Red Light », qui partagent les mêmes bases mais se séparent là où l’un parle de cette addiction à la fête, et l’autre d’une addiction plus précise aux opioïdes.

Pour Charles, le choix de la langue a toujours été purement affinitaire, et l’introduction du français sur « Sabotage » découle surtout d’une envie d’explorer d’autres horizons. Loin du mythe selon lequel on traduit plus facilement ses secrets dans une langue étrangère, Charles affronte ses vices et ses histoires avec la même hargne, dans la langue de Molière. En témoignent ses textes forts et importants sur les abus psychologiques (sur l’électrisant « Inner Peace » / « silence ») ou l’addiction à la drogue (« Marble » / « le marbre »), vibrants de sincérité, qu’importe la langue dans laquelle on les écoute.

Charles East

Dislocated

Écrit par

« Dislocated » constitue le premier elpee de l’artiste sud-africain Charles East. Pour l’enregistrer, il a reçu le concours de du multi-instrumentiste Jo Ellis (guitare, basse, batterie) et de plusieurs invité(e)s dont la violoncelliste Lliezel Ellick et la vocaliste Eva O (Christian Death, Shadow Project, Eva O Halo Experience, Super Heroines) sur « Resting in my Blood ». 

Quelque part entre post punk, goth rock et doom metal, sa musique est à la fois viscérale et funèbre, oscillant de la tendresse au désespoir en passant par la fureur.

Toutes les plages sont tramées sur des accords de piano puissants et malaisants, sur lesquels il vient poser sa voix chevrotante, très susceptible de rappeler celle de Matthew Bellamy (Muse).

L’opus s’ouvre par l’excellent et lyrique, « It holds my viscera subtitulada » (le clip est disponible ici). Malheureusement, au fil du temps, le climat devient de plus en plus oppressant, avant de provoquer une forme d’exaspération…

Podcast # 66 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

Charles in the kitchen

The fith mechanism (Ep)

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Charles in the Kitchen s’est formé en 2011. A Neuchâtel, en Suisse. Un quintet qui, à l’origine, se contente de reprendre des classiques du rock. Puis, progressivement, il commence à composer son propre répertoire, dans un style qu’on pourrait alors qualifier de grunge-punk-rock.

Son dernier Ep, « The Fith Mechanism », en revient cependant à rock plus classique qui met en exergue les sonorités de gratte. Ainsi, les refrains de « Slip to the Night » et « I Wanna Know » se distinguent par leurs tonalités stoner. « The Boy & the Girl » émarge carrément au punk. Et le disque de s’achever par le survitaminé « You never talk », un morceau de plus de 6’30 qui ne lésine pas sur les solos de guitare.

Quoique bien maîtrisées, les compos souffrent quand même d’une carence en originalité. Si bien que finalement, on ne peut pas dire qu’il soit parvenu à susciter l’intérêt de votre serviteur…

Charles Bradley

Décès du chanteur de soul Charles Bradley

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Né le 5 novembre 1948 à Gainesville en Floride, Charles Edward Bradley est décédé ce 23 septembre à Brooklyn, dans l’arrondissement de New-York, entouré de sa famille, ses amis, y compris les membres des groupes avec lesquels il a travaillé ces dernières années : Menahan Street Band, His Extraordinaires, Budos Band et Jimmy Hill Allstarz, sa toute première formation. Il luttait contre un cancer depuis quelques années, maladie qu’il l’a récemment rattrapé. Tout en assumant un job de cuisinier, pendant plus de deux décennies, il a chanté, sans avoir pourtant de groupe fixe. Ce n’est qu’à l’âge de 51 ans que sa carrière a véritablement commencé. Il a d’ailleurs enregistré son premier single en 2001 et ses trois albums entre 2011 et 2016. Grand admirateur de James Brown, il avait choisi le pseudo Black Velvet, pour se produire sur scène. Une grande voix de la soul vient de disparaître…

RIP

Charles Aznavour

Il n’a pas vu le temps passer ; nous non plus…

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Bien qu’âgé de 92 balais, Charles Aznavour est encore reparti en tournée. Qui passait par le Lotto Arena d'Anvers, deux jours avant la St Nicolas. Ce sera peut-être pour la toute dernière fois. Peu de têtes blondes, mais pas mal de grises. Quoique accusant 53 ans, votre serviteur devait probablement être un des plus jeunes spectateurs. Le concert est presque sold out. Aznavour est une des dernières icônes vivantes de la chanson française. Fréquentant le paradis des poètes, Trenet, Montand, Brel, Brassens, Ferrat, Ferré, Piaf et Gainsbourg ne sont plus de ce monde. Aznavour, bien. Le nonagénaire est un des précurseurs de la chanson à textes, des textes qui véhiculent, bien souvent, des discours engagés. Il y a déjà quelques années qu'Aznavour nous annonce sa retraite ; mais il nous revient chaque année, et plus vert que jamais. Il aime la scène. Si on compte bien, c'est sa dixième tournée d'adieu.

Pour synthétiser sa carrière en quelques chiffres on pourrait avancer ses performances. Jugez plutôt : 70 ans de carrière, 294 albums recensés, 1 200 chansons en 7 langues différentes, 180 millions d'albums vendus, 80 films à son palmarès cinématographique, des concerts dans plus de 94 pays et une étoile d'honneur (NDR : pas sur Hollywood Boulevard, cependant).

Pas de première partie. Très classe, Charles est vêtu d’un smoking de couleur noire. Il est soutenu par d’excellents musiciens : un pianiste (le piano trône au milieu du podium), deux claviéristes (l’une aux synthés, l’autre à l’orgue Hammond), un drummer (protégé par un paravent en plexiglas), un guitariste et un bassiste (ces deux derniers pourraient facilement militer au sein d’un groupe de rock). Sans oublier les deux choristes.

Hormis le moment où il s’est assis sur une chaise haute, il est resté debout les ¾ du show. Un show de près de 120 minutes, quand même. Il a quand même fini par tomber la veste, laissant apparaître d’élégantes bretelles rouges. Le light show est minimaliste. Seuls quelques spots se focalisent sur la star et ses musicos.

L’artiste va donc interpréter 22 chansons issues de l’ensemble de son répertoire ; mais aussi quatre nouvelles compos. Et le spectacle débute par une chanson de circonstance « Les Emigrants », écrite en 1986. Humble, il rappelle au public qu'il a 92 printemps, un peu moins de mémoire qu'à 20 ans, qu’il est un peu sourd et que sa vue baisse. Il nous dévoile la présence de trois prompteurs, installés face à lui. Toujours aussi particulière, sa voix accuse quelques ratés, mais sans grande conséquence sur l’ensemble de sa prestation.

Le public est attentif, respectueux même. « Je n'ai pas vu le temps passer ». Nous non plus ! Le show est réglé comme du papier à musique. Entre les morceaux, Charles aime discuter avec la foule. Son humour est décapant. Au cours du spectacle, l’éclairagiste perd de vue Aznavour. Charles lui indique : ‘Je suis là’. La préposée aux synthés troque régulièrement son instrument contre un accordéon. Avant d’attaquer « Mon Ami, Mon Judas », Charles signale que si vous avez de l'argent ou une situation, des pique-assiettes peuvent vous tourner autour. Un grand moment de recueillement illumine « Ave Maria ». A l’issue de « Les Plaisirs Démodés », Charles présente ses musiciens. Une seule chanson interprétée en anglais : « She ». Le set s’achève par « La Bohème ». En fin de show, une centaine de fans grimpent sur l’estrade pour rendre un hommage à Charles Aznavour, qui vient plus que probablement de rendre visite pour la dernière fois (?) au public belge...

Setlist : « Les Emigrants », « Je N'Ai Pas Vu le Temps Passer », « Viens M'emporter », « Paris Au Mois D'Août », « La Vie Est Faite De Hasards », « Mourir D'Aimer », « Je Voyage », « Sa Jeunesse » « Mon Ami, Mon Judas », « Avec Un Brin De Nostalgie », « J'Ai Connu », « T'En Souvient-Il », « Il Faut Savoir », « Désormais », « Parce Que », « Ave Maria », « She », « Les Plaisirs Démodés », « Comme Ils Disent », « Les Deux Guitares », « La Bohème ».

(Organisation : Benelive Entertainment)

Voir aussi notre section photos ici

 

 

 

Charles Bradley

Un Pasteur d’amour…

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Nouveau phénomène sur la scène soul contemporaine, le New-yorkais Charles Bradley se produisait sur les planches du Cirque Royal, ce jeudi 7 avril. Malgré ses 67 balais, on ne peut pas dire que ce soit un vétéran sur la scène musicale. Et pour cause, il n’a été découvert que tardivement ; en outre, son premier album, n’est paru qu’en 2012. Faut dire que sa vie tumultueuse a plus que probablement retardé son éclosion. D’ailleurs, il faut reconnaître que sa signature sur le label Daptone, constitue un petit miracle. Et l’artiste est venu défendre son dernier né de sa très courte discographie, « Changes », qui vient à peine de sortir en Belgique.

Malgré cette reconnaissance tardive, la salle est sold out ; et l’auditoire est impatient de découvrir les déhanchements de ce nouveau golden ‘papy-soul’. Sur les planches, il est soutenu par un fameux collectif de 7 musicos, dont les indispensables cuivres et orgues. Et manifestement, il sait s’entourer. Sa formation, judicieusement baptisée His Extraordinaries, va se révéler irréprochable d’un bout à l’autre du show. Mention spéciale à l’organiste qui avait la lourde tâche de chauffer la salle pour annoncer le soulman avant son entrée, mais également combler les intermèdes entre ses changements de costumes et moments de récupération. Après une intro instrumentale, caractérisée par son groove irrésistible, l’artiste déboule sur l’estrade, vêtu d’un costume pailleté digne de James Brown (NDR : qu’il avait d’ailleurs découvert en live, à New-York, en 62). Malgré une condition physique limitée liée à son âge (et ses excès ?), Charles Bradley parvient, dès le départ, à combler son auditoire grâce à son incroyable voix et une présence charismatique. Il transcende ses morceaux et les transforme en condensés d’émotions parfois difficilement supportables, à l’instar du final bouleversant « Whi is It so Hard ? », morceau qui retrace son parcours de vie qui l’a entraîné de Brooklyn à la Floride, en passant par l’Alaska, tout en rappelant l’épisode de l’abandon par sa mère dès ses 8 mois (NDR : qu’il retrouvera à l’âge de 8 ans). Véritable showman, il prend beaucoup du plaisir en ‘live’ et communique beaucoup avec son public. Il parvient même à créer des connexions à travers l’évocation des récents attentats bruxellois. Mais avant tout, l’Américain annonce être là pour partager son amour… et il va le démontrer tout au long du concert qui atteindra son apothéose lors du rappel, quand il décide de serrer les mains de ses fans comme un pasteur évangéliste, dans une église baptiste de la ‘bible-belt’, du Sud des Etats-Unis. Il se permet même un lancer de roses… Pas ridicule pour un sou, tant le geste cadre avec le personnage et l’esprit du concert. Mais on retiendra avant tout l’excellence des morceaux et l’osmose incroyable entre l’artiste et son groupe, une synergie qui permet au chanteur de réaliser ses rêves totalement et librement. Définitivement le ‘feelgood’ concert de la semaine…

(Organisation : Live Nation)

 

 

Jean-Charles De Keyser

L’amour mord la vie

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Ex-patron de RTL-TVI et actuel président de Belgacom TV, Jean-Charles de Keyser est un passionné de chanson française et un fervent admirateur de Jacques Brel. De cette passion est née, en 2002, une gentille collaboration avec Salvatore Adamo qui lui conseille de reprendre « Et maintenant » de Bécaud. S’ensuit une première montée sur les planches pour interpréter un recueil de chansons françaises issu des années 60/70 puis lors d’un spectacle baptisé ‘Claude Nougaro’, en 2004, sous la houlette d’Aldo Martinig, arrangeur et accompagnateur de Salvatore. En 2006/2007, nouveaux spectacles en hommage à Brassens pour l’un et aux grands de la chanson française pour l’autre (Trenet, Aznavour, Gainsbourg, Jonasz). En 2008, une tournée de ‘concerts Jacques Brel’ est organisée au profit du Télévie, suivie, dans la foulée, de l’enregistrement d’un album, en hommage à son idole.

Voilà pour la petite histoire…

Il y a deux ans, JCDK s’essaie à l’écriture. Il prend la plume et concocte une dizaine de textes qu’il confie au même Aldo Martinig afin de les mettre en musique.

Le résultat est… d’un ennui mortel. Ringard, sans âme, JCDK, grâce (sans doute) à sa position dans le milieu de l’audio-visuel réussit à se faire publier par un standard de l’édition alors que ses compos sont vides de sens, sonnent creux et manquent totalement d’attrait. En outre, sa voix monocorde et froide manque de relief. Martinig tente bien d’aligner quelques notes sur ces mots mal choisis, entendus mille fois sur les ondes, mais sans grand succès.

Car les compos proposées sont à l’image des textes : insipides, incolores et inodores.

Heureusement pour lui qu’il n’a pas tenté l’expérience via le parrainage des internautes. Ou plutôt, malheureusement pour nous, devrais-je préciser. Car à l’heure qu’il est, je ne gaspillerais pas mon temps à écouter (quel mérite !) ce ramassis de chansons niaises. Qui, en effet, aurait parié un kopeck là-dessus ?

Summum du mauvais goût, « Le petit prince » ferait hurler de rire ; et en prenant cette histoire au 3ème, voire 4ème degré, elle ferait même cavaler les plus courageux !!!

Enterrement de première classe pour ce boss de l’audio-visuel. A éviter, vraiment !

 

Charles Blistin

Charles Blistin

Écrit par

Moitié des Tellers depuis ses débuts, en 2006, Charles Blistin a décidé de quitter le navire, lorsque son groupe a enfin surfé sur la vague du succès. Fort de deux albums très remarqués, le combo belge commence à engranger les mérites et récompenses de la critique qui lui sont dues. C’est pile poil à ce moment que Charles lâche ses potes pour prendre un peu de recul et s’engager sur des chemins de traverse.

Fatigué par les tournées interminables destinées à promouvoir les sorties des deux Cds et freiné par une pop rock qu’il estime en bout de course, il décide d’aller se balader du côté de la chanson française à coloration folk.

Le résultat a au moins le mérite d’exister. Délaissant les textes un peu ‘gnan-gnan’ des chansons interprétées en anglo-saxon, Blistin se lance, à l’inverse, dans des compos où l’écriture de textes a plus d’importance que le support musical. D’autant plus qu’ils sont exprimés dans la langue de Molière. Mais hélas, justement, c’est ce support qui fait un peu défaut. Au sein d’un elpee éponyme qui se décline en huit titres, un seul parvient à marquer les esprits : « Le ciel bleu ». Il devrait rencontrer son petit succès radiophonique. Bien soutenu par un jeu de cordes irréprochable, Charles parvient à faire illusion sur ce seul morceau qui rappelle, de (très) loin, un Manu Chao lorsqu’il devient ‘doux poète’…

Les sept autres plages donnent l’impression que l’ex-Tellers n’en est qu’à un stade d’ébauche de sa nouvelle carrière. L’enregistrement est (volontairement ?) de qualité brouillonne. Le ton est mièvre et on a la sensation que la déprime est la couleur principale qui tapisse l’âme de Charles. La pochette noire et blanche et plus encore son graphisme renforcent cette triste impression.

A 24 ans tout juste, Blistin fait preuve de courage et d’originalité et rien que pour cette raison, son initiative mérite d’être soulignée.

Mais… c’est pas gagné d’avance !!!

Charles Wilson

Troubled child

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Chanteur de soul/blues, Charles Wilson est originaire de Chicago. C’est le neveu du fameux bluesman Little Milton Campbell. Il s'est forgé une certaine réputation sur le circuit du southern soul. Son premier single date de 1964. Et son premier elpee de 1991. Intitulé "Blues in the key of C", il est paru chez Ichiban. Il aligne ensuite plusieurs opus sur le label Eecko, avant de fonder son propre label, Wilson Records. Il grave pourtant "If heartaches were nickels", pour la célèbre écurie blues Delmark, un long playing concocté en compagnie de son oncle Little Milton et du guitariste Carl Weathersby. Ce qui va lui permettre de décrocher une nomination aux W.C Handy pour le meilleur album de soul blues paru en 2005. Après avoir édité deux elpees chez CDS, il a décidé d’opérer son retour dans le giron du blues en signant chez Severn.

Pour la circonstance, il a reçu le concours de la crème des musiciens locaux ; et en particulier le guitariste Monster Mike Welsh, le claviériste Benjie Porecki ainsi que le bassiste Steve Gomes et le drummer Robb Stupka. Episodiquement, l’équipe est épaulée par une imposante section de cuivres et de cordes. Les références vocales de Charles sont plutôt solides, puisqu’il cite Bobby Blue Bland, Otis Redding, Sam Cooke et Nat King Cole parmi ses maîtres…

L'album s'ouvre dans le pur southern blues ; et ce n’est pas une surprise. En l’occurrence le "Where my baby went" de Don Robey, issu du répertoire de Bobby Blue Bland. La voix de Wilson est d’une grande pureté. Elle est taillée pour ce répertoire tout en nuances. Un répertoire dont l’homogénéité impressionne. Tant les arrangements de cuivres, de chœurs et de cordes. L’osmose s’opère naturellement, mais ne laisse guère de place aux prouesses instrumentales. De bonne facture, les compos sont mises au service des cordes vocales de l'artiste. Et je pense tout particulièrement à "Someone must have taught you", "I want to shout about it", deux morceaux issus de la plume de Steve Gomes et "Troubled child". L’opus recèle également une reprise rythmée, mais empreinte de douceur du célèbre "Is this love" de Bob Marley. Mais le meilleur moment de l’elpee procède de la cover du "Somebody's tears" de Denise Lasalle. Une compo qui rend hommage à son oncle Little Milton. Sa voix richement texturée s'épanouit devant l'orgue Hammond de Porecki. Et Mike Welsh se permet une de ses rares sorties en solitaire. Cependant, il manifeste un maximum de retenue tout en injectant une fameuse dose de sensibilité dans son intervention. Il se rappelle encore à notre bon souvenir, lors de la finale, "Put something into it". Dans le style, cet opus est impeccable…

 

Charles Walker Blues Band

The world and things

Écrit par

Le Charles Walker BB est né à Milwaukee, il y a trois ans. Son fondateur ? Aaron Charles Walker. A l’origine, un amateur de jazz. Passionné par la musique de John Coltrane, Lester Young et Charlie Parker, il joue du saxophone et des claviers. Avant d’entamer son projet personnel, il a milité chez Muddy Blue. Au sein de son line up, le chant est assuré par Miss Shanna Jackson. Un vocal qui semble envoûté par Shemekia Copeland et Koko Taylor. Originaire de Turquie, Emre Alp est préposé à la guitare. Enfin, Kent Hamùele et Nic Furgate forment la section rythmique. Le premier à la basse. Le second à la batterie. Avant d’enregistrer ce nouvel opus, la formation comptait trois albums à son actif : "Keep takin", "Hotel room blues"(tous deux parus en 2005), et enfin un elpee enregistré en public, "Live and Low down", commis également en ce début 2007. On peut donc dire que ce combo est vraiment prolifique. Enfin, Charles signe les dix plages de cet album.

 "Dog catcher" met le feu aux poudres dès les premières secondes. Puissante, naturelle et taillée pour le blues, la voix de Miss Shana Jackson est divine. Solide comme le roc, la section rythmique est infaillible. La guitare se limite à son rôle rythmique, mais on sent qu’elle en garde sous la pédale. Le saxophone de Charles est toujours prêt à bondir tandis que l'orgue Hammond B de Rob Waters tapisse le décor sonore. "Slow thunder" émarge au soul funk. La voix féminine excelle. Particulièrement inventif, Walker est un musicien bourré de talent. Doué pour construire une ligne mélodique, son intervention au sax ténor monte en puissance. "Outta mind" campe un blues imprimé sur un tempo enlevé. L'orgue Hammond participe toujours activement au rythme. Mais pour la circonstance, c'est le guitariste, Dr Emre Alp qui s’autorise un billet de sortie, révélant au passage un talent certain. Une intervention suivie par celle de Waters, qui fait décoller son orgue. Pur blues, "Ain't no doors" s’ébroue sur un tempo ralenti avant de prendre sa vitesse de croisière. Le vocal de Shanna est toujours aussi sublime, mais le maître à bord, c'est Charles. Un véritable virtuose au saxophone. Un régal! Instrumental, "Hand clappin' évolue sur un rythme endiablé. Un boogie shuffle au cours duquel Rob est passé au piano acoustique, tandis que son leader s'époumone sur son honkin' saxophone. Impressionnant de maîtrise! "Gamblin on love" constitue le slow blues rituel. Une longue plage enregistrée ‘live’ au Cuda Cafe, au cours de laquelle tous les acteurs rivalisent de talent. Et en particulier la voix de Miss Jackson, l’orgue de Waters, ainsi que la guitare de notre gratteur turc. Il libère ici un maximum d'énergie. Chicago shuffle rapide, "Mil town blues" bénéficie du concours d’un nouvel invité : Steve Cohen. Issu de Milwaukee, il souffle vigoureusement dans son harmonica (pour votre information, sachez qu’il excelle également au chant et à la guitariste acoustique) avant de céder le relais à Rob au piano. Autre slow blues, "Cold as hell" est sculpté pour la voix magique de Shanna. Elle vit ici passionnément son texte. "Queen bee" est un autre shuffle issu de la Cité des Vents. Emre Alp a retrouvé toutes ses couleurs sur ses cordes tandis que Steve Cohen est revenu souffler dans son harmo! "Holdin out" achève l’opus. Une ballade blues très mélodique, caractérisée par une dernière excellente intervention du Dr Alp à la guitare. Si cet album est manifestement de très bonne facture, on regrettera que le leader n'apparaisse pas davantage sur le devant de scène.

Jean Louis Murat, Fred Jimenez & Jennifer Charles

A bird on a poire

Écrit par
Sacré tombeur ce Jean Louis !.... Non content d’avoir épinglé Mylène Framer (ça date), Camille et Armelle Pioline (des retro-tango-pop-française-à-l’ancienne Holden) à son tableau, c’est au tour de Jennifer Charles, la chanteuse d’Elysian Fields de s’acoquiner au bouillonnant Auvergnat... Accompagné du fidèle Fred Jimenez, Murat rempile pour 12 titres parmi les plus pop de toute sa discographie. Rendons à César ce qui lui appartient, le rôle de Murat dans la composition de cette galette se limite à l’écriture des paroles et au chant partagé de fort douce et belle manière par Jennifer Charles. Car toutes les musiques sont issues de la plume de Jimenez. Je vois les détracteurs de Murat s’écrier : “Voilà l’explication !”. Qu’ils se gaussent. N’empêche que “A bird on a poire” est excellent de bout en bout, ce qui n’était pas nécessairement le cas du “Parfum au jardin d’acacias” sorti il y a quelques semaines. A ce titre, une chanson comme “Elle était venue de Californie” illustre à elle seule toute la qualité des compositions ici présentes : paroles dignes de Murat (sans les lyrics et à moins d’être calés en géographie française vous m’en direz des nouvelles), duo de voix écrit sous forme de dialogue bilingue français/anglais (pour rappel Jennifer Charles est anglophone, mais elle chante en français), des cordes à tomber, un clavier et une batterie (presque) tout en discrétion. Bref, voici une nouvelle fois la preuve que Murat et sa clique incarne définitivement un pan unique de la production musicale hexagonale. Loin de se scléroser, de se répéter, du haut de son volcan, le Jean Louis laisse ses amis artistes issus de la capitale loin derrière. C’est où encore la Californie ???

Charles Caldwell

Remember me

Écrit par
Pour que le flambeau du blues rural continue à brûler, Matthew Jackson est à la recherche de ces vieux bluesmen qui deviennent de plus en plus rares. Aussi, le fondateur de Fat Possum sillonne constamment les terres de son Mississippi natal. C'est presque par hasard que ce fin limier a déniché Charles Caldwell. En mai 2002. A quelques kilomètres de chez lui. Un colosse de 59 balais qui, hormis pour se rendre à son travail à Grenada au volant de sa vieille Cadillac, n'avait pratiquement jamais quitté son fief de Coffeeville. Jackson l’a donc convaincu de le suivre dans le studio Money Shot à Water Valley. Armé de sa vieille Gibson 135, Charles aligne ici onze chansons issues de sa plume. Il est parfois épaulé par l'un ou l'autre drummer (Spam, Tino Gross ou Ted Gainey). Son blues est primaire, rudimentaire ; sa voix est puissante et claire. Un organe idéal pour déclamer ses textes entrecoupés par son jeu de guitare amplifié, incisif, parfois approximatif, mais toujours reflet de la sensibilité naturelle de l’artiste.
 
Il entame les hostilités par un excellent "Hadn't I been good to you". Un parfait résumé de l'album. Un blues qui à force de répéter les mêmes motifs entre en transe. Après une intro chaotique, "Old man" embraie par un boogie convaincant. Sa voix devient chevrotante. Le rythme me rappelle étrangement le John Lee Hooker de ses débuts. Paisible, "I know I done you wrong" est un véritable joyau. Très ancré dans le Mississippi profond, ce blues poignant, grave, est tellement authentique. Sa voix reste limpide tout au long d’"I got something to tell you". Le rythme s’accélère. Seul aux cordes, il libère généreusement son blues si personnel. Particulièrement minimaliste, "I'll do anything you say" évolue sur un thème musical sans doute emprunté à "You don't love me". "Alone for a long time" traduit le cri déchirant émis par un être solitaire. Il ne parvient pas à trouver l’âme sœur susceptible de l’accompagner. Sa voix n'en finit pas de trembler au rythme de "Movin' out movin' in". Sa manière de chanter et son attaque percussive des cordes sur "Down the road of love" évoquent une nouvelle fois John Lee Hooker. Le tempo épouse une forme hypnotique sur "Same man". Sa voix nasillarde ravage tout sur son passage. Soutenu par les baguettes de Spam (NDR : le batteur de T-Model Ford), Caldwell relance sans cesse ses cordes rythmiques. Le tempo maintient sa vitesse de croisière pour nous entraîner dans les bois ("Goin' through the woods"). Cet opus attachant s’achève par un "Remember me" totalement bouleversant. Sur un ton toujours aussi répétitif, il sanglote : "Pouvez-vous vous rappeler de moi ?". Une prière prémonitoire lorsqu’on sait qu'au cours de l'enregistrement de ce premier et seul album, il devait tomber malade. Atteint d’un cancer du pancréas, affection qu'il pouvait difficilement soigner par manque de moyens, il nous a quittés en septembre 2003. Il avait à peine soixante ans, laissant une veuve, cinq filles et quatorze petits-enfants.

Johnny Jones & Charles Walker

In the house

Écrit par

Ces deux vieux fusils de Nashville sont ici réunis pour la bonne cause du blues. Deux hommes noirs qui se connaissent depuis 1959. Johnny a longtemps été le guitariste attitré de Bobby "Blue" Bland. Il a aussi participé à de nombreuses sessions pour son concitoyen Earl Gaines. Il existe aujourd'hui un solide regain pour le blues à Nashville, alors que la Music City est surtout réputée pour la country. D'ailleurs, dans l'excellente série, "Blues Across America", du label Cannonball, Jones et Walker sont bien présents sur le volume "The Nashville Scene". Jones a déjà sorti l'album "I was raised on the blues", sur Black Magic, suite à son passage à la célèbre Blues Estafette d'Utrecht. Charles Walker a commis tout récemment "Leavin' this old town", un opus paru sur Cannonball. L'une des lumières du Nashville blues contemporain, c'est indubitablement le chanteur, guitariste, compositeur et producteur Fred James. Il est bien évidemment derrière ce projet de réunion entre Jones et Walker, organisée live en novembre 1999, lors du Lucerne Blues Festival. Notons que c'est le groupe de James qui assure ici le backing.

Jones chante les deux 1ères plages, "Can't do that" et "The drifter". La voix claire, magique, soul, pure de Charles Walker irradie le lent "Slave to love". Billy Earheart siège derrière l'orgue Hammond pendant que Jones donne une leçon d'efficacité aux cordes. Ce "Slave to love" était également le 1er titre que nos deux gars avaient interprété ensemble, voici plus de 40 ans. La sérénité de l'ensemble se retrouve sur l'instrumental "Finger lickin'". Deux titres de Charles Walker, issus de "Blues across America", sont ici repris live: "They all look better in green" et "99 000 Watts of soul power". Jones nous imprègne de son blues si personnel et tout en feeling tout au long de "Can I get an Amen". Il est difficile de succomber à une voix plutôt qu'à une autre, tant les deux chanteurs possèdent des timbres ciselés pour le blues ; mais le prix de la pureté ira sans doute à "Wigg" Walker pour son interprétation de "Storming and raining blues". Parce que son timbre y épouse à merveille la section rythmique. Sur les 3 dernières plages, Fred James et Mary-Ann Brandon viennent assurer les chœurs. Une collaboration qui devient même magique lors de la finale "Nothing a young girl can do", un R&B écrit par Don Covay. Une bonne et solide tranche de blues !

 

Charles Aznavour

Aznavour 2000

Écrit par

Puis-je l'avouer ? Dans ma discothèque, à la lettre ‘A’, on trouve Arno, Annegarn et Afghan Whigs. Mais pas Aznavour. Et, jamais je n'aurais imaginé qu'on puisse l'y trouver. Quelle agréable surprise, dès lors, de découvrir son écriture artisanale. Pas d'esbroufe mais de vrais thèmes, de vraies histoires. Qu'Aznavour décline habilement en strophes aux rimes toujours justes. Cela nous change des textes, tout en clin d'œil et en jeux de sonorités mais peu "palpables", dont raffolent les auteurs actuels. Aznavour enroule le tout d'une chaude voix que vous connaissez tous. Une réticence tout de même : les orchestrations sont bien trop conventionnelles pour séduire un public plus jeune. L'arrangeur Yvan Cassar ne dégage pas ici la même pêche que sur l'album de Nougaro.