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Driving Dead Girl

Il est plus difficile de se produire en Belgique qu'à l'étranger…

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La Maison des Jeunes de Sambreville fêtait, en 2014, ses 40 années d'existence. Quatre décennies déjà que l'institution se décarcasse pour dynamiser la région de Sambreville. Et tout particulièrement dans le domaine de la musique. Nous sommes le 6 septembre 2014, soit le deuxième jour du festival organisé par cette MJ. Driving Dead Girl est un quatuor réunissant le chanteur/guitariste Dim Wild, le second gratteur Ronald Dondez, le bassiste Ruggero Catania et le drummer Vincenzo Capizzi. Ces trois derniers se sont volontiers prêtés au feu de nos questions.

Est-il exact que le festival de Dour a servi de détonateur au groupe ?

Ronald : Dour a été très important pour nous. C’est là que nous avons entamé notre aventure. Nous avions gagné le concours 'tremplin', ce qui nous avait permis de participer au festival. Je suis issu de Mons, donc un peu le régional de l'étape ; aussi se produire lors d’un tel événement alternatif était une aubaine pour nous.

Pourriez-vous nous relater la genèse de Driving Dead Girl ?

Ronald : En fait, Dim et moi étions amis depuis très longtemps. Au départ il évoluait dans l’univers du punk. Nous avons ainsi joué ensemble, brièvement, dans le même groupe. Puis nous avons monté Driving Dead Girl. Qui a vécu de nombreux changements de line up. Vincenzo y milite depuis pas mal de temps. Ruggero vient de débarquer. Il est vrai que plusieurs bassistes se sont succédé, avant son arrivée. Nous comptons 10 ans d’existence. Et Dan Diaz y a milité 4 ans. Pour tout savoir, si je suis montois et les 3 autres sont issus de Bruxelles.
Vincenzo : J’ai débarqué au sein du groupe, il y a 6 ans.

D'où vient le nom du groupe ? Driving Dead Girl signifie ‘conduire les filles mortes’. Ce patronyme a-t-il une signification particulière ?

Ronald : Aucune, en fait. Nous aimions ces mots-là et nous les avons réunis. En même temps, tout n'est pas faux non plus. Quelques anglophones nous ont avoué qu’il sonnait bien. Nous voulions simplement en dénicher un qui tienne la route.

Votre musique est souvent qualifiée de rock/garage. Une réaction ?

Ronald : J'allais justement t’en parler. Ce style de musique en englobe d'autres. Nous, on y a ajouté un zeste de psyché. Mais on pratique du rock pur et dur, tout simplement. On ne prétend pas émarger au garage, ce sont les autres qui le déclarent.
Vincenzo : On a déjà du mal à trouve notre place. On ne joue pas du punk, mais du rock. Energique.
Ruggero : Quand j’ai débarqué au sein du groupe, je n’ai pas pensé au genre de musique pratiqué ou que j’allais jouer. Je me suis amusé et c'est le but que je continue à poursuivre.

Avez-vous suivi une formation académique ou êtes vous autodidactes ?

Vincenzo : Pendant une année, j’ai fréquenté le Jazz Studio d'Anvers. Je n'ai pas d'autre formation particulière. On joue instinctivement.

Par quel hasard êtes-vous atterris sur le label at(h)ome ?

Ronald : En fait, c'est notre manager Bertrand qui s'est occupé de ce deal. Au début, nous étions hébergés chez Bad Reputation, un label français. On n’y a pas rencontré de problème majeur. Mais on ne peut pas dire que la communication et la promotion étaient optimales. On a alors décidé de changer. Bertrand a entrepris les démarches et a contacté at(h)ome qui était emballé par le projet.

Parmi les artistes belges sur se label, il n'y a que vous et MLCD ?

Ronald : En fait MLCD est chez notre tourneur. Il booke nos concerts et ceux de MLCD en France.
Vincenzo : Mais, il y a aussi un autre groupe belge…

Vous comptez 10 ans d'existence et avez gravé 3 elpees dont le dernier est paru l'année passée. Vous carburez au diesel ?

Ronald : Carrément oui. On est un peu fainéants, On se laisse bien vivre. Mais quand il faut, il faut.

Envisagez-vous de publier prochainement un nouvel album ?

Ronald : On a composé de nouveaux morceaux et on bosse dessus. Nous ne sommes qu’aux balbutiements de l’écriture. On a prévu sa sortie en 2015 ; mais il faudra mettre la gomme. Il devrait paraître au plus tard, fin décembre.

Vous avez prévu de nouveaux morceaux, dans la set list de votre concert ?   

Vincenzo : Du futur album ? Non. On en a composé quelques- uns, mais ils ne sont pas encore finalisés. Du troisième, oui c’est prévu. Mais, comme on ne t'a jamais vu à nos concerts, tu vas découvrir les plages du troisième.

Bie sûr que je vous ai déjà vu en concert, et il n'y a pas très longtemps. A l'Ancienne Belgique. Vous vous produisiez au club, juste après Alter Bridge, une formation de métal. Etre programmé après Von Durden et avant The Experimental Tropic Blues Band, c’est une belle opportunité ?

Vincenzo : On a déjà partagé la même affiche. Ce sont tous des amis. C'est chouette, on est très contents et impatients de se revoir. Et puis Von Durden remplace au pied levé Vegas. D'habitude, on les précède. Ils ont davantage de notoriété que nous. Nous avons tourné en compagnie d’Experimental, en France et aux Pays-Bas.

Eprouvez-vous davantage de difficultés à vous produire en Belgique plutôt qu’à l’étranger ?

Ronald : Dans notre cas, il est vrai qu’il est plus difficile de se produire en Belgique qu'à l'étranger. S’exporter est donc une obligation.
Vincenzo : Nous avons effectué des tournées en Tchéquie, en Slovénie, en Slovaquie et en Italie. Après avoir accompli le tour des maisons de jeunes branchées et transité par quelques salles de concert, tu as vite fait le tour de Belgique.

Sur les planches, vous vous montrez particulièrement dynamiques. Accordez-vous une grande importance au ‘live’ ?

Ronald : C'est ce que je préfère dans la vie d'un groupe.
Vincenzo : Monter directement sur scène, sans répéter à chaque fois, me procure un tas de bonnes sensations. Mais les répètes sont nécessaires, sinon on s'éclate systématiquement. Quand je reviens de tournée, je me sens mal dans la peau. Après deux ou trois jours, j'ai le cafard, je suis crevé, mais j’aimerais bien reprendre la route.

Entre les Ramones, Pearl Jam, Nirvana et John Spencer, vous avez une préférence ?

Vincenzo : Spencer et Ramones. Et Pearl Jam quand on est bourrés.
Ronald : John Spencer.
Ruggero : Certainement pas Pearl Jam.

Quelle est la décennie musicale la plus riche, dans l’histoire du rock, pour Driving Dead Girl ?

En chœur : Les sixties !

(Photo : Lara Herbinia)

 

Driving Dead Girl

Don’t Give a Dawn About Bad Reputation

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« Don’t Give a Dawn About Bad Reputation » constitue le deuxième album de Driving Dead Girl. Fondé en 2003, le groupe belge a connu des débuts plutôt heureux, puisqu’il a été invité à participer à l’édition 2004 du festival de Dour, et assuré les premières parties de groupes bien dans l’air du temps comme The Rakes, Radio 4, Tokyo Sex Destruction ou encore The Black Angels. Un début de parcours sur les chapeaux de roues, ponctué par la sortie d’un premier opus, intitulé « 50,000 Dead Girls Can’t be Wrong ». Manifestement, à ce moment-là, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. La suite coulera un peu moins de source. A cause d’une multitude de changements de line up. Une situation qui va presque déboucher sur un split. Finalement, le combo parvient à se stabiliser. En 2008. Il peut alors reprendre du service…

Malheureusement, sur ce second elpee, on ne peut pas dire que le rock’n roll/garage de « Don’t Give a Dawn About Bad Reputation » casse vraiment la baraque. On a l’impression qu’il a même pris un coup de vieux. Ses influences ont beau être puisées chez Black Rebel Motorcycle Club, Jon Spencer Explosion ou encore Johnny Cash, DDG ne parvient pas à les transcender. L’énergie est bien présente (NDR : un héritage de leurs prestations ‘live’), la maîtrise instrumentale irréprochable, mais on cherche vainement ce petit trait de génie, ce petit truc, cet infime détail qui pourrait faire pencher la balance. Et surtout décoller l’expression sonore. Une exception qui confirme la règle : « The Way Your Heart Ain’t Easy To Ride », une compo low tempo à vous flanquer des frissons partout. 

Avant de pondre un tel second opus, Driving Dead Girl aurait peut-être dû se remettre en question. Attendre 7 longues années pour balancer un disque pareil, ce n’était pas vraiment une bonne idée.

 

Driving Dead Girl

50 000 Dead Girls Can’t Be Wrong

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Ok ok ok… fallait pas les chercher, pas provoquer leur ire. Boostés après ‘leur’ festival de Dour, nos petits compatriotes Montois commettent ici un premier véritable album, suite attendue de leurs 2 premières démos prometteuses. Aux volants de leurs bolides, la course semble déjà commencée depuis longtemps. Dès les premières notes de « 50 000 Dead Girls Can’t Be Wrong », ça pète, ça râle, ça gueule. Les chromes se rapprochent pour se frotter, provoquant ça et là quelques gerbes d’étincelles. Frôlant les murs à toute allure, l’aspiration de l’air semble avaler la voix de Dimitri Rondeau qui peine à se frayer un passage dans la course. La queue de renard sur l’antenne flotte comme en apesanteur, s’amincissant sous la pression de l’air. Le duo de dés en poils (détail indispensable dans ce genre de course) s’entrechoque en silence sous le rétro. Tout va très vite, mais pour aller où ? Personnellement, je n’en ai aucune idée. Je me suis laissé transporter, accrochant à pleines mains fauteuils et poignées de porte. Voici un univers où la guitare, maître, balise la piste, voici un univers rockab’, où se poser des questions fait perdre du temps et de la distance. Alors comme moi, écoutez ce disque sans vous en poser et rendez-vous à l’arrivée !