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Georgia

Un set de bonne facture, mais un peu court…

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Plutôt que de devenir une star du football féminin, Georgia Barnes a décidé de se lancer dans la musique, mais elle n’a conservé que son prénom comme patronyme. La chanteuse britannique a ouvert en ‘one woman show’, le festival de Werchter, l’année dernière. Soit sa voix, une batterie électronique, 4 cymbales Zildjian, un synthétiseur et des sequencers. Ce soir, à l’ABClub, elle est venue présenter son nouvel album, « Seeking Thrills ».

Bryan Mugande, aka Bryn, assure le supporting act. Ce dernier a fui le Rwanda il y a sept ans. Il a vécu quelques années en compagnie de ses parents et son frère au Centre de demandeurs d'asile à Vielsalm. La musique lui a servi d’exutoire et a marqué la véritable empreinte de son identité. Il a éprouvé les pires difficultés pour obtenir ses papiers, malgré le soutien de la population locale. Il n’a finalement été régularisé qu’à l’issue de longues démarches qui pourtant, au départ, semblées vouées à l’échec….

Le jeune artiste a tout pour plaire : une voix soul de tueur et un profil de beau gosse séducteur. C’est la première fois qu’il foule les planches à l’Ancienne Belgique. Il connait la salle pour y avoir vu ses idoles. S’il a le trac, il le cache bien et semble plutôt cool. Après être monté sur l’estrade, il observe l’auditoire, en attendant que l’ordinateur de son assistant se mette en route. Il se déplace, en chantant de jolies mélodies (NDR : en anglais, sauf « Du bruit », qu’il interprète dans la langue de Molière), sur toute la longueur du podium… (voir notre section photos ici)

Setlist : « Teenage Dream », « Du Bruit », « Ego », « Pretties Boy », « Love That I Want Your », « City Kids», « A Degree », « Other Boys ». 

Georgia se produit seule sur les planches. Un hexagone lumineux, formé d’un fin néon rouge trône en arrière-plan. Elle est convaincante aux pads électroniques et surtout sur ses cymbales qu’elle frappe avec une dextérité impressionnante. Des percus qui se révèlent particulièrement généreuses tout au long de « 24 hours ».

Elle vient naturellement au contact de la foule tout en l’incitant à jumper et à danser. Il ne faut que quelques minutes pour que les premiers rangs réagissent ; et au fil du show, l’ambiance va devenir de plus en plus fiévreuse…

Percutants et contaminés par le drum&bass, « Ray Guns » et « Feel It » sont cependant dominés par les claviers. « Never Let You Go » est taillé pour le dancefloor. D’ailleurs ses compos s’avèrent bien plus nerveuses en live que sur disque.

Tout au long de « The Thrill », on ressent les influences techno puisées au sein de la scène berlinoise. Elle clôt son set par une version puissante mais étirée de « Started Out ».

Lors du rappel, elle va notamment nous livrer une adaptation dansante du « Running Up That Hill (A Deal With God) » de Kate Bush

Georgia ne compte que deux albums à son actif ; ce qui explique peut-être pourquoi son concert n’a duré que 50 minutes. Bref, un set de bonne facture, mais un peu court. Cependant, si vous êtes fan de la Danoise Lydmor ou de la Suédoise Robyn, vous devriez également apprécier la musique de cette jolie trentenaire à la crinière de lionne…. (voir aussi notre section photos )

Setlist : « Intro », « 24 Hours », « Ray Guns », « Never Let You Go », « Feel It », « Nothing Solution », « Honey Drip », « The Thrill », « About To Work the Dancefloor », « Started Out ».

Rappel : « Ultimate Sailor », « R.U.T.H. » (« Running Up That Hill (A Deal with God) »)

(Organisation : Ancienne Belgique et Live Europe)

Georgia Anne Muldrow

Olesi : fragments of an earth

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Faites attention à cet objet sonore non identifié, il risque de vous brûler les neurones. Cet improbable mariage entre hip hop et free jazz (réalisé par une chanteuse américaine d’à peine 23 ans) convie les fantômes de Sun Ra et Albert Ayler, mais aussi de Pharoah Sanders, de l’Art Ensemble of Chicago ; bref tous ces musiciens mystiques et politiques qui ont poussé la musique populaire afro-américaine vers l’avant-garde tout en gardant un pied dans la ‘soul music’. La voix de Georgia Anne Muldrow évoque celle de Lauryn Hill. D’ailleurs, à l’instar de cette dernière, elle est aussi à l’aise dans le domaine rap qu’au chant. La différence réside dans la manière de chanter. Tout au long de la vingtaine de titres (souvent très courts) de ce « Fragment of an earth », Georgia explore des harmonies étranges et peu entendues, révélant leur grande musicalité au fil des écoutes de plus en plus intriguées que génère cette galette. Côté musique, le disque oscille entre titres pas du tout électroniques - à l’instar de l’obsédant « New Orleans » qui rappelle les albums ‘free jazz gospel’ d’Archie Schepp) - et morceaux plus électroniques proches de certaines productions d’artistes maison comme Madlib ou encore le défunt J-Dilla. Le tout dispensé avec un feeling incroyable, comme sur le très beau « Patience ». A découvrir en priorité donc, mais à petites doses, sous peine de sombrer sous les assauts répétés de cette dense matière musicale.