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La vision de l’art prônée par Superchunk…

Superchunk sortira son nouvel album, « Songs in the Key of Yikes », ce 22 août. En attendant, il a partagé le single, « Is It Making You Feel Something ». ‘Il a toujours été vrai que tout le monde traverse quelque chose dont on n'est pas forcément conscient’,…

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Jethro Tull

Living in the past… mais pas seulement…

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Pas de supporting act ce soir au Cirque Royal : le légendaire groupe de Ian Anderson occupe la scène d’entrée de jeu. Pour votre serviteur, il s’agit d’une toute première rencontre en direct avec Jethro Tull. On sait que Ian Anderson, figure de proue du groupe, n’hésite pas à critiquer certains comportements du public, en particulier l’usage intempestif des téléphones portables et les interruptions sonores déplacées. Force est de constater que son vœu est respecté à 98 %. Le concert s’inscrit dans la tournée ‘The Seven Decades : The World Tour’, une célébration de 58 années de musique et d’histoire, portée par l’énergie intacte d’Anderson et de ses musiciens.

Fondé en 1967 autour de son frontman et flûtiste écossais Ian Anderson, Jethro Tull demeure un ovni incontournable du rock britannique après près de sept décennies d’existence. Anderson est le premier à avoir intégré la flûte dans un univers dominé par les guitares saturées, et il en fait encore aujourd’hui son arme de scène, grâce à un chant saisissant et une présence toujours aussi théâtrale. Alors que nombre de groupes historiques se reposent sur leur gloire passée, Jethro Tull, désormais concentré autour de la vision d’Anderson, reste d’une activité remarquable. Ces dernières années, le groupe a enchaîné trois albums : « The Zealot Gene », « RökFlöte » et le tout récent « The Curious Ruminant ». Tous figurent dans la setlist actuelle, même si, naturellement, ils s’inclinent face aux monuments intemporels du répertoire que sont « Aqualung » et « Thick As A Brick ». La discographie regorge de classiques que le public réclame sans relâche et que le combo délivre généreusement. Au-delà de ces hommages au passé, Ian Anderson a tenu à mettre en avant « The Curious Ruminant », dernier chapitre de la saga Tull. Le long playing, qui réunit 9 titres oscillant entre 2 minutes et près de 17 minutes, mêle folk rock, textures acoustiques et réminiscences progressives. Une manière de renouer avec l’héritage foisonnant des années 1970, tout en affirmant que Jethro Tull est loin d’avoir dit son dernier mot. Aujourd’hui encore, à 78 ans, Ian Anderson assure toujours le spectacle. Il tire toujours parti de son style vocal particulier et de ses performances impressionnantes. Il n’a aucunement perdu la voix : elle demeure presque identique à celle de ses débuts.

Le concert commence légèrement en retard, dans une salle comble. Le groupe est en pleine forme et semble prendre autant de plaisir que le public. Jethro Tull a de quoi remplir une soirée entière de classiques, d’« Aqualung » (qui sera le rappel, où tout le monde pourra filmer et prendre des photos souvenirs) à « Thick As A Brick ». C’est exactement ce que les spectateurs attendaient, et la formation tient ses promesses.

Les musiciens prennent place. Le seul changement notable est le remplacement du guitariste Joe Parrish par le nouveau venu Jack Clark. Pour le reste, le line up demeure inchangé depuis la reformation de 2017. Soit Dave Goodier à la basse et John O’Hara aux claviers – tous deux présents depuis 2007 – ainsi que Scott Hammond aux drums. Ensemble, ils soutiennent avec constance et virtuosité l’inimitable Ian Anderson. Certes, sa voix n’a plus l’amplitude d’antan et ses facéties scéniques se sont un peu assagies, mais il reste fascinant à regarder. Vif, excentrique et étrangement charmeur, flûte en main, il mène la charge avec ce grain de folie qui fait sa marque de fabrique. Par moments, il s’accompagne aussi d’une petite guitare semi-acoustique, ajoutant une touche d’intimité à l’ensemble. La folie typiquement anglaise d’Anderson est, bien sûr, le point central, mais la véritable star du spectacle est la musique elle-même. Les chansons de Tull sont complexes et exigeantes, mais le combo actuel leur rend justice. Leur jeu est détendu sans jamais être relâché, précis sans paraître stérile. Si l’on a un reproche à faire – et l’on en a toujours – c’est que ce spectacle est encore une fois exclusivement assis, ce qui donne plus l’impression d’une soirée au théâtre que d’un concert de rock. Certains morceaux sont vraiment rock, beaucoup sont très dansants, et même les morceaux folk incitent à bouger. On aurait aimé pouvoir se lever et se déhancher un peu. Mais vu que l’âge médian du public était probablement égal, voire supérieur, à celui des membres du groupe (et que certains spectateurs étaient même assez jeunes), une configuration debout aurait peut-être présenté des risques médicaux.

Le show se déroule en deux parties.  La première s’ouvre par « Beggar's Farm », issu du premier album This Was (1968). Très marqué par le blues, teinté de rock et d’expérimentations qui paraissaient audacieuses à l’époque mais semblent aujourd’hui presque convenues, le morceau prend vie grâce à la flûte de Ian Anderson, magistralement exécutée tandis qu’il arpente la scène avec son énergie caractéristique. Du même elpee, vient ensuite « Some Day the Sun Won't Shine for You » : Anderson, touche-à-tout éclectique, insuffle au morceau un parfum de folk-blues où la flûte, parfois approximative mais toujours audacieuse, trouve toute sa place. L’harmonica complète l’ambiance, ancrant le blues au cœur du concert. Le public est ensuite emporté vers « A Song for Jeffrey », toujours tiré de « This Was ». Les visuels projetés en arrière-plan enrichissent l’atmosphère et plongent la salle dans l’univers de chaque chanson. Puis le monumental « Thick as a Brick », extrait de l’album éponyme de 1972, véritable concept-album de rock progressif, embraie. Plus complexe et éclectique que les œuvres précédentes, il demeure proche, dans l’esprit, d’« Aqualung ». Véritable pierre angulaire du groupe, ce morceau phare confirme le statut de « Thick as a Brick » comme l’un des chefs-d’œuvre incontournables de Jethro Tull.

Retour ensuite à « Aqualung » (1971) à travers « Mother Goose ». Premier disque où le groupe affirme pleinement son identité rock-folk-hard-progressive, « Aqualung » alterne entre pièces acoustiques délicates, proches de Cat Stevens ou de « Led Zeppelin III », et morceaux plus puissants tels que le titre éponyme » ou « Locomotive Breath ». C’est l’un des long playings les plus aboutis et emblématiques du band. Le voyage se poursuit par « Songs from the Wood » (1977), titre éponyme du long playing où Tull revient au folk-rock, riche en sonorités bucoliques et en arrangements progressifs. La première partie s’achève sur « Bourrée in E Minor », adaptation virtuose de Bach devenue l’un des classiques de la formation.

Après une pause de vingt minutes, la reprise s’effectue par « My God » (« Aqualung »), porté par un blues habité et des chœurs épiques. S’ensuit un petit instrumental inédit, puis le public découvre « The Zealot Gene », extrait du dernier opus paru cette année. Jethro Tull y démontre qu’il sait se renouveler sans jamais renier ses racines.

Enfin, le final explose lors des incontournables « Budapest », « Aqualung » et, en rappel, l’inévitable « Locomotive Breath ». Une claque musicale qui rappelle que Jethro Tull, à l’instar de Yes ou de Pink Floyd, reste un groupe intemporel, traversant les âges sans perdre ni son ingéniosité ni sa puissance créative.

Setlist :

Première partie

« Beggar's Farm », « Some Day The Sun Won't Shine for You », « A Song For Jeffrey », « Thick As A Brick », « Mother Goose », « Songs From The Wood », « Weathercock », « The Navigators », « Curious Ruminant », « Bourrée In E minor » (Johann Sebastian Bach cover).

Deuxième partie

« My God », « The Donkey and the Drum », « The Zealot Gene », « Over Jerusalem », « Budapest », « Aquadiddley », « Aqualung ».

Rappel : « Locomotive Breath »

(Organisation : Greenhouse Talent)

 

Jet

L'art de transformer la moindre note en un véritable choc électrique

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Comme le clament The Stands au début de leur concert, ils sont de Liverpool. Ca se voit… et ça s'entend. Leur single 'Here she comes again' ne reflète que partiellement les influences et le style du groupe. Pour en savoir davantage, il est donc préférable d'écouter le premier opus. Croisement parfait entre les La's et Love, leur musique est teintée de psychédélisme 60's. Leurs morceaux sont parsemés de longs solos de guitare. Ce soir, ils achevaient leur tournée en première partie de Jet. Ils se sont surpassés en essayant de nous replonger jusqu'aux racines du rock. En apothéose, ils ont dispensé pour dernière chanson de leur set : « The way she does ». Ils reviennent au Bota le 5 avril, en supporting act des Shins.

Jusque dimanche, Jet se résumait à  'Are you gonna be my girl', un single qui nous a réchauffés tout cet hiver. J'avais écouté le cd d'une oreille distraite. Et j'étais passée à côté d'un vrai groupe rock, dans le sens le plus noble du terme. Ces Australiens sont incroyablement énergiques sur scène. Ils sautent, hurlent, incitent le public à se déhancher. Le groupe enchaîne les titres plus rageurs les uns que les autres… Tiens, on dirait ACDC sur 'Roll over DJ', tandis que pour 'Move on' le groupe affiche davantage de douceur. Et même dans ces moments là, le concert reste intense. Ce qui frappe le plus en les découvrant, outre leurs mélodies électriques? Leur jeunesse. Ils semblent ne pas avoir franchi le cap de l'adolescence. Leur rage aussi. Et puis leur façon de transformer la moindre note en un véritable choc électrique. Pour eux également, ce soir constituait la dernière date de leur tournée. Pour célébrer l'événement, le batteur chantera le premier rappel en solo. Une performance fabuleuse. A l'image du reste de la soirée d'ailleurs…

 

The Van Jets

Des références bien rock’n’roll…

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En 2004, The Van Jets remportait le Humo Rock Rally. Depuis, on peut affirmer que le quatuor ostendais a fait du chemin. Son cinquième elpee, « Future primitives », est paru en octobre dernier. Mais on se souviendra surtout de son tube, « The future », qui a littéralement squatté les ondes de Studio Brussel, au cours de l’année 2010. Un véritable hymne pour toute une génération issue du Nord de la Belgique.

Le supporting act est assuré par The Equal Idiots, un duo qui pratique du rock/garage énergique, à la croisée des chemins de The Experimental Tropic Blues Band, Mountain Bike et Black Box Revelation. Originaire de Hoogstraten, il a gravé son premier opus, « Eagle Castle BBQ », en juin dernier. Il implique le chanteur/guitariste Thibault Christiaensen et le drummer Pieter Bruurs.

Les sonorités de gratte sont instinctives, huileuses, graisseuses même. La frappe du batteur est à la fois primaire et métronomique. Pensez aux Ramones ! On aura cependant droit à une reprise étonnante du « Ca Plane Pour Moi » de Plastic Bertrand, une version qui reflète l’esprit bien punk du tandem. Et la prestation va s’achever par un « Put My Head In The Ground » sismique…

Johannes Verschaeve est coiffé de son éternel chapeau noir et chaussé de souliers de couleur rouge. Il se consacre à la guitare et au chant. Il est soutenu par son frère Michael, aux drums, le second gratteur Wolfgang Vanwymeersch et le bassiste Frederik Tampere. Ce soir, le line up est enrichi d’un claviériste, probablement engagé pour accompagner le quatuor en tournée. Tant derrière que devant, des toiles, de dimensions différentes, ont été tendues. Y sont reproduits, tantôt le titre du dernier long playing, un soleil, un revolver, des signes cabalistiques ou un majeur pointé vers l’avant.

Le musique de The Van Jets puise son inspiration à la fois chez Bowie, The Stooges, T. Rex, les Stones, et parmi les bands les plus contemporains, The Raconteurs et les Black Keys. Bref, pas de contestation, les références sont bien rock’n’roll, même si le tout est régulièrement assaisonné à la sauce électro. Et l’ensemble tient la route. En outre, charismatique, le vocaliste ne tient pas en place et arpente le podium, de long en large.

Issu du dernier LP, « 21st century boy » ouvre le concert. Incontestablement, malgré les boucles électro, c’est un clin d’œil adressé à Marc Bolan (NDR : ce titre !) Quatre autres plages de ce nouvel essai figureront dans la set list. « Rewild » d’abord. Un morceau caractérisé par ses cordes torturées à la manière de Jimi Hendrix, sur « Highway chile ». Puis le sémillant « Fiction vs Fiction », réminiscent des B52’s. Et encore le bondissant « Bang », moment choisi par Thibaut Chrisiaensen, le chanteur/guitariste de The Equal Idiots, pour rejoindre le band et se lancer (NDR : bondir ?) dans la fosse afin d’entamer un long exercice de crowdsufing. Puis enfin, cadencé par ses sonorités électro hypnotiques, « Days On Clouds », un titre qui donne pourtant libre cours à l’agressivité des six cordes. A cet instant, le volume sonore est vraiment à son paroxysme. Et pourtant, il faut avouer que si les compos sont sauvages, les mélodies restent soignées. Verschaeve ose également un petit plongeon dans la foule, pendant « Ready Made Wild Life »…

En rappel, le frontman interprète le bluesy « Here Comes The Light », alors que ses acolytes assurent uniquement les chœurs. Et bien sûr, c’est le hit « The future » qui clôt définitivement le show.  

(Organisation : Ancienne Belgique + Live Nation)

Lew Jetton

Palestine Blues

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Chanteur/guitariste, Lew Jetton vit aujourd’hui dans le Tennessee. Ce qui ne l’empêche pas de présenter la météo sur une chaîne de télévision locale, à Jackson. Ses débuts, il les a accompli dans le Kentucky voisin, au sein de 61 South, à partir de 1994. Et il va finalement en devenir le leader. Depuis le début de ce millénaire, le band à gravé quatre elpees, dont ce "Palestine blues", qui reflète une période difficile traversée par Jetton, ces 10 dernières années. Une décennie au cours de laquelle il a été confronté aux addictions à l'alcool et aux drogues, à la dépression, à la frustration et à l'absence de travail! "Palestine" est un quartier de Paducah qui abrite une communauté urbaine où il vit! La Palestine est aussi bien sûr un lieu de conflit, c'est un peu ce qu'il a vécu lui-même. Dix épisodes personnels, qui bénéficient, pour l'essentiel, du concours de la section rythmique de 61 South ; en l’occurrence le batteur Erik Eicholtz et le bassiste Otis Walker.

"Will I go to hell" pose d’emblée une question existentielle. Introduite par des sonorités de cordes empruntées à John Lee Hooker, la plage est rapidement contaminée par l'harmonica percutant de J.D. Wilkes (NDR : il a autrefois, milité au sein de 61 South et se consacre, depuis de nombreuses années, au chant, chez les Legendary Shack Shakers). Un brûlot abordé à la manière d’un boogie. Les riffs rythmiques sont puissants tout au long de "Oh my my", un rockin' blues dont le vocal solide ouvre la voie à envol enflammé sur les cordes. Ballade roots, "For the pain" est un morceau savoureusement suranné. Remarquable, la voix de Letton rappelle parfois celle du Van Morrison de la grande époque. Des riffs ‘rollingstoniens’ découpent "Mexico", une piste aux tonalités southern rock. Excellent ! Shuffle entraînant, "Sold us out" annonce le retour de J.D. Wilkes à l'harmonica ; et ses interventions sont toujours aussi saignantes ! Imprimé sur un mid tempo, "Don't need no devil" macère dans le delta. Les percus d’Erik tirent parfaitement leur épingle du jeu, alors que la voix est possédée et autoritaire. Très soudée, la section rythmique balise le troublant "Christ have mercy". Elle talonne les cordes du leader qui crachent des notes menaçantes. Roots/rock, "Drama" ne manque pas de charme. Une compo qui se singularise par l’excellente intervention vocale. Et l’elpee de s’achever par "Bout time", un blues/rock rapide et de toute bonne facture…

 

Lew Jetton

Rain

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Originaire du Tennessee, Lew Jetton a longtemps partagé son emploi du temps entre la musique et les prévisions climatiques. Ce chanteur/guitariste a ainsi longtemps bossé comme présentateur de la météo, sur une chaîne de télé locale. Dès 1994, il est engagé au sein de 61 South, un groupe établi dans le Kentucky ; un combo au sein duquel militait alors l’harmoniciste Col JD Wilkes des Legendary Shack Shakers. A ce jour, le collectif a commis trois opus : "State Line Bues", en 2000, "Tales from A 2 Lane", en 2006, et "Rain", en juin dernier. Soit après dix ans d’attente. Les sessions se sont déroulées au Coffee Street de Paducah, dans le Kentucky. Jetton est un artiste qui a plus d’une corde à son arc. Au chant, il est particulièrement convaincant. A la guitare, c’est un musicien affirmé. Et ses compos sont excellentes.

"Who’s texting you" ouvre l’elpee. Bien rythmé, ce superbe blues est très proche du style de Memphis. Spécifiquement southern, malgré son ton légèrement funk, il bénéficie d’interventions de guitares soignées, des interventions que se réservent Jetton et Alonzo Pennington, invité pour la circonstance. De bonne facture, "Move on Yvonne" adopte les accents swamp de la Louisiane, des accents entretenus par le vocal flemmard et l’harmonica tonique de Col J.D Wilkes, une piste au cours de laquelle J Solon Smith siège derrière le piano alors que Miranda Louise (NDR : issue de Nashville elle a notamment accompagné Lonnie Mack et Stevie Ray Vaughan) épaule Lew aux vocaux. Un riff bien acide et réverbéré hante "Mississippi rain", un titre alimenté par d’excellentes cordes, pendant qu’Erik Eicholtz imprime autoritairement le tempo et que Wilkes se révèle toujours aussi déterminé sur son harmonica. "Lay me down" est une ballade qui ne manque pas de style. Le chant est expressif et l’orgue de Dan Bell particulièrement chaleureux. Superbe ! Caractérisé par sa touche de country/gospel franchement savoureuse, le bref "Glory train" est à la fois rythmé, dynamique et rafraîchissant. Signé John Hiatt, "Feels like rain" campe un blues lent très roots. La voix de Lew est brûlante. Et tout est parfaitement mis en place, dans un univers southern, que domine l’orgue Hammond et la guitare de Sam Moore. Boosté par la section rythmique, "Done done it" est un blues/rock particulièrement entraînant. Blues plus classique, "Sandy Lee" est une plage nonchalante. Les cordes acoustiques et le piano de Smith y tirent parfaitement leur épingle du jeu. Un des meilleurs morceaux de l’elpee ! Chicago shuffle, "Keeping me awake" est un autre blues excitant. Le titre final nous replonge dans le climat de la Nouvelle Orléans. A travers une excellente version du "It’s raining" d’Allen Toussaint. Soutenue par les ivoires de Smith, la voix de Lew est éclatante. Excellent !

 

Mystery Jets

Curve Of The Earth

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C’est en 2006 que des gamins issus du quartier londonien de Twickenham publient « Making Dens ». Des jeunes encadrés par Henry Harisson, père de Blaine, l’actuel leader du groupe. Le paternel prend néanmoins rapidement du recul et laisse son fils et ses amis continuer leur chemin, sans guide… Et le parcours des Mystery Jets devient sinueux. Dix ans et quatre elpees plus tard, les Anglais peuvent se targuer d’avoir exploré de nombreux styles musicaux. D’abord un poil expérimentale, la musique des Mystery Jets a glissé vers une pop tendre avant de s’aventurer dans le rock, pour finalement atterrir dans le folk yankee. Réalisé au sein de la campagne texane, « Radlands », gravé en 2012, reflète parfaitement cette dernière option. 

Quatre ans plus tard, le band nous propose « Curve Of The Earth ». Le line up implique un nouveau bassiste. Et la musique opère un retour aux sources, par la même occasion. Pas de prairies, mais une ancienne usine de boutons sise à Londres, pour servir de décor aux sessions d’enregistrement. Le contraste entre les lieux est saisissant. Tout comme le style entre cet opus et les précédents. Bref, le band a concocté plus que probablement l’album de la maturité. Découpé en 9 plages, son titre et la pochette rappellent immédiatement le « Dark Side Of The Moon » du Pink Floyd ; et ce n’est pas un hasard. Ce quatuor mythique insulaire constitue la source principale d’inspiration de Mystery Jets. Tout au long de « Curve Of The Earth », Mystery Jets aborde des thèmes existentiels liés à l’univers, la vie à l’autre bout du monde, l’exploration de soi, le sang, etc. Elles sont bien loin les chansons qui se contentaient de relater des histoires d’amourettes, comme « Young Love » ou « Two Doors Down » !

Et pourtant, le groupe a continué de composer des morceaux sans prétention. Des compos trempées dans une pop délicate mais terriblement addictive, à l’instar de l’entraînant « Bubblegum », susceptible de provoquer une véritable débordement de joie. Mielleuse, la voix de Blaine Harisson rend la plupart des compos accessibles. Les effets sonores sont judicieusement dispensés. Comme sur « Tellomere », la chanson d’ouverture, « Midnight’s Mirror » ou encore sur « Blood Red Balloons », une piste balayée par une guitare atmosphérique.

L’elpee s’achève par le sublime « The End Up » (NDR : choix judicieux pour ce morceau !) D’une durée de 6 minutes 30, cette ballade mélancolique est ponctuée d’une explosion magistrale, invitant le mélomane à écouter ce « Curve Of The Earth », en boucle. A mon humble avis, la plage la plus réussie du long playing. Qui est probablement le meilleur du band à ce jour, et constitue le fruit d’une expérience acquise pendant une bonne décennie. Pas de doute, « Curve Of The Earth » est un des premiers albums incontournables de ce début d’année !

L’Objet

Toucan

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L’Objet est une formation issue de la région lilloise. Fondée en 2003, elle s’est déjà illustrée en supporting act de groupes notoires comme Russian Circles, Shipping News, Troy Von Balthazar ou encore DAAU. En outre, elle a également eu le loisir de participer à plusieurs ciné-concerts. Arnaud Boulogne et Julien Harpagès sont donc loin d’être des néophytes. A l’origine, le line up campait un trio. Réduit à un duo, le combo nous propose déjà son quatrième opus, « Toucan ».

Malgré son curieux patronyme, le combo dispense une musique intéressante et diablement efficace. Découpé en 6 plages, cet elpee navigue entre kraut-rock et post-rock. Pensez à Aucan ou à Maserati. Les deux musicos intègrent des lignes de guitare au cœur de rythmiques captivantes, tout en arrosant le tout de synthés tout droit sortis des 70’s. Même si l’expression sonore est essentiellement instrumentale, certains titres bénéficient de vocaux bien sentis, communiquant alors un plus grand raffinement au sens mélodique (« Abidjan », « Transparent »).

Bref, comme « Toucan » brille par son originalité, L’Objet mérite donc une attention toute particulière.

 

Mystery Jets

Radlands

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Petites célébrités locales, les lads de Mystery Jets comptent déjà 3 albums à leur actif. Si le pop/rock de ces Insulaires véhicule des accents psyché, il faut reconnaître que leur expression sonore lorgne de plus en plus vers les States. Leur précédent elpee, « Serotonin », en était une belle illustration. 

Et pour concocter « Radlands », les Anglais son allés au Texas ! En regardant l’illustration de la pochette, les intentions de Mystery Jets sont claires. Et puis il y a le titre de cet opus. Fruit d’une contraction entre celui du premier film de Terence Malick (Badlands) et le nom de la maison de Keith Richards (Redlands). En enregistrant ce disque dans l’Etat pétrolier cher aux Bush(s), le quatuor allait-il carburer à la super yankee ? Pas vraiment ! En fait, si on décèle des interventions à la slide, un zeste de country et un chouia de chœurs gospel dans leur musique, l’ensemble de l’œuvre nous renvoie carrément aux Kinks. Et en début de parcours, la formule fonctionne à merveille. Depuis le titre maître qui ouvre l’album (NDR : très réussi, par ailleurs), jusqu’au très référencé single « Greatest Hits ». Mais, progressivement, la formation s’essouffle, sans pour autant jamais démériter, lorgnant même en chemin, vers Erland & the Carnival (« The Nothing ») ou Blur (« The Ballad of Emmerson Lonestar  »).

 

Mungolian Jetset

Schlungs

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Mungolian Jet Set réunit deux artistes norvégiens, Pal Nyhus et Knut Petter Saevik ; un duo qui puise essentiellement son inspiration dans l’électro et le disco. Et quand on parle de disco on pense inévitablement aux seventies. A ses boules à facettes et aux pattes d’éph’.

Découpé en 8 titres, « Schlungs » constitue déjà le troisième opus du band.

« 2010 – A space Woodysey » ouvre l’elpee. Il évoque inévitablement le film de Kubrick. Enfin presque. Le jeu de mot est quand même subtil. Et ce titre est plutôt agréable, respectueux de la bande son originale tout en se révélant suffisamment travaillé pour s’en différencier. Un bon démarrage donc.

Malheureusement, la suite est moins drôle. La forme, aussi la production que le mixing, est irréprochable. Mais le fond est anodin voir fadasse.

Les titres s’enchaînent parfaitement et bénéficient d’arrangements bien équilibrés. Mais il manque un petit quelque chose, une dynamique susceptible de rendre cet elpee différent. Un peu comme si le tandem avait eu peur d’expérimenter. La première plage avait pourtant démontré qu’il en était capable. Elle méritait donc un prolongement. Qui n’est jamais venu. Faute de deuxième étincelle, l’elpee n’a jamais décollé. Il s’avère donc sympathique mais sans prétention et s’adresse évidement aux adeptes du genre…

 

L’Objet

Plank

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L’Objet est une drôle de chose. Fondée en 2003, dans le nord de l’Hexagone, elle nous revient flanquée d’un 3ème Ep, intitulé, « Plank », partagé en 6 morceaux. Récemment devenu duo, ce combo lillois pioche à gauche et à droite des éléments musicaux pour concocter sa musique. Et ses influences ne sont pas toujours faciles à discerner, même si son expression sonore évolue dans une forme de post-rock contaminé par la pop et le shoegaze. Six plages instrumentales –sans le moindre temps mort– imprimées sur un tempo hypnotique. Mais pour baliser des compos sculptées dans une pop aussi légère que celle de Battles, parce que nourries aux guitares, loops et claviers. Un bel Objet, pas nécessairement volant, mais finalement parfaitement identifié…

 

Mystery Jets

Serotonin

Écrit par

En 2006, Mystery Jets publiait « Making Dens », une première œuvre sans saveur, sans détermination. Depuis, les Britons ont publié un deuxième essai, « Twenty One », orienté pop électro, passé quasi-inaperçu. Ils ont ensuite quitté Warner Music pour rejoindre le circuit indépendant. Grand bien leur en a pris tant « Serotonin » se démarque de la première bouse pop qu’ils avaient engendrée. Plus proche de l’univers de Syd Barrett, leur héros ultime, ce troisième labeur présente un quatuor qui prend enfin conscience de son potentiel et de la direction à prendre pour exploiter ce dernier au maximum. Les Londoniens délivrent onze morceaux de pur rock british parsemés d’une dose idéale de synthés. Il leur reste bien entendu de la marge pour progresser mais des titres tels que « Dreaming Of Another World », « Serotonin », « Show Me The Light » et « Melt » sont de véritable tubes en puissance, susceptibles d’amener Mystery Jets un chouïa plus près de la lumière des spotlights. Ne reste plus qu’à espérer qu’ils continuent sur la même voie.

The Van Jets

Cat Fit Fury !

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The Van Jets avait remporté l’édition 2004 du Humo’s Race Rally. Organisé par le magazine flamand, ce concours bisannuel se déroule à l’Ancienne Belgique et consacre tous les deux ans, un groupe en devenir. Evil Superstars, Das Pop, Admiral Freebee ou encore plus récemment Hickey Underworld, en sont certainement les plus illustres lauréats. Donc, cette épreuve accouche rarement de mauvaises surprises.

Le premier essai de la formation ostendaise n’est cependant paru qu’en 2007. Une publication qui leur a permis d’entamer un périple à travers l’Europe, mais également de se produire sur les scènes des festivals belges (Pukkelpop, Dour, Rockwerchter). En Flandre, le groupe jouit d’une certaine notoriété. En cause, plusieurs hits qui ont sévi au sommet des charts pendant plusieurs semaines. Malheureusement, il faut bien reconnaître, que de l’autre côté de la frontière linguistique, la popularité du combo en est encore à ses premiers balbutiements. En concoctant, « Cat Fit Fury ! », The Van Jets a donc décidé de séduire le public du Sud du pays.

Lors de la confection de cet elpee, la troupe des frangins Verschaeve a bénéficié du concours de Jon Gray (The Subway, Editors, The Kooks) à la mise en forme. Quant au mixage, il a été opéré par Greg Gordon (Wolfmother, Jet, Soulwax). Côté technique, le combo a donc fait le max.

« Cat Fit Fury ! » est sculpté dans une forme de pop/rock glamoureux bien britannique. Un fil conducteur : les guitares. Une plage comme « Our Head » puise ainsi manifestement son inspiration chez David Bowie. La voix de Johannes Verschaeve ne manque pas d’expression. Et il le démontre à nouveau sur « Matador », un des meilleurs morceaux de l’opus, au cours duquel, son timbre puissant se fond parfaitement dans les lignes de gratte électriques. Imprimé sur un tempo entraînant, le single « The Future » est un hit potentiel (NDR : des deux côté de la frontière linguistique ?) Plus langoureux, « Comes The Crying » évoque même les White Stripes. Mais le reste ne propose strictement rien de révolutionnaire. On a même parfois l’impression d’avoir déjà entendu certains morceaux. Attention, « Cat Fit Fury ! » n’est pas un album de mauvaise facture. Il recèle même d’excellents titres ; mais il est vraiment trop inégal et souffre d’une trop grande carence en originalité pour convaincre. Surtout si le public est très exigeant… Ce sera peut-être pour la prochaine fois ; encore que « The Future » est un tube en puissance, et il suffirait que les radios décident de le diffuser, pour que The Van Jets trouve l’ouverture. Enfin c’est tout le mal qu’on lui souhaite.

 

Jethro Tull

Live at Avo Session Basel (Dvd)

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L'Avo Session Basel est un festival qui se déroule d’octobre à novembre à Bâle. L’an prochain, il fêtera d’ailleurs son 25ème anniversaire. La particularité de ce rassemblement procède de l’organisation de concerts intimistes (NDR : tables, chaises, chandelles et proximité des artistes à la clef), ainsi que de nombreuses (re)diffusions en radio et télévision. Sans oublier la confection de Dvds immortalisant ces événements.

Comme celui auquel a participé Jethro Tull, automne de l’année dernière. Pour la circonstance le groupe a privilégié ses classiques, dont de nombreuses chansons, écrites à leurs débuts. Depuis « Serenade to a Cuckoo » à « Living in the past », en passant par « A new day yesterday », « Bourée » (NDR: la célèbre adaptation de Bach), “Nothing is easy” et “My Sunday feeling”. Sans oublier les inévitables “Thick as a brick” (NDR: un extrait), “Aqualung”, “Too old to rock & roll, too young too die” et le tubesque “Locomotive breath”. Bien sûr, l’audience qui assiste au set, n’est plus toute jeune ; et elle ne se lève que lors de ce dernier morceau. Pas très rock & roll tout ça. Mais bon, le public de la bande à Ian Anderson a probablement le même âge que lui. Soit entre 55 et 65 ans (NDR : Ian est né le 10 août 1948). N’empêche, l’Ecossais pète la forme ; et puis à la flûte, il est toujours aussi fantastique. Sa voix a perdu un peu de timbre (NDR : raison pour laquelle il a dû arrêter les clopes), mais heureusement pas ses inflexions si caractéristiques. Et son groupe, constitué de vétérans, étale toute son expérience. Y compris Martin Barre à la guitare. Après presque 40 années de bons et loyaux servies, ce serait un comble pour ce gratteur limité. Mais qui fait quand même partie de la légende. On a même droit à un solo de batterie aussi ridicule que ringard. Anderson souffle un peu dans un harmonica et nous rappelle qu’il excelle à la sèche ; d’ailleurs les sonorités alors libérées par ses cordes vous flanquent des frissons partout, nous rappelant que le Tull a aussi vécu une période folk fort intéressante (NDR : à contrario de son épisode métallique, complètement grotesque). Ce Dvd s’adresse bien évidemment aux sexagénaires et aux quinquas qui ont toujours la nostalgie d’une certaine époque. Personnellement, j’avoue toujours être séduit par le sens mélodique des chansons de cette formation mythique ; mais estime que si Jethro Tull a écrit une des plus belles pages de l’histoire du rock & roll ; en 2009, il est, à l’instar de Marc Ysaye et George Lang, « Living in the past »…

 

We Were Promised Jetpacks

L’Ecosse, une terre promise ?

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Pour un concert de rentrée au Bota, We Were Promised Jetpacks constituait une véritable attraction. Raison pour laquelle je m’étais déplacé afin d’assister leur set. Cette formation écossaise s’est d’ailleurs forgé une excellente réputation. Surtout depuis la sortie de leur premier elpee, « These Four Walls », paru le 15 juin dernier. Le combo accomplit aujourd’hui la dernière date de sa tournée. Et Adam Thompson, le leader, promet que la soirée sera réussie. Il tiendra parole…

Rendez-vous donc au Witloof Bar. Une salle de petite taille, mais qui accueille un parterre bien garni. Etonnant pour un groupe aussi peu notoire tant en Belgique qu’à travers le monde. Les quatre musicos débarquent vers 20h30. Ils sont très jeunes mais semblent très à l’aise. Sculpté dans le rock, le début de leur set est tendu et hanté. Mais je ne connais guère leurs compos. Pourtant, les chansons séduisent d’emblée. A cause des mélodies qui libèrent une belle dose d’énergie et d’émotion. Et puis du drumming particulièrement impressionnant de Darren. La plupart des morceaux débutent en mode mineur avant d’exploser sous de véritables déflagrations soniques. A l’instar de « It’s Thunder And It’s Lightning », « Quiet Little Voices » ou encore, « The Conductor » ; manifestement des sommets de leur prestation.

La formation avoue pour influences majeures Frightened Rabbit, The Twilight Sad et le Biffy Clyro originel. C’est indéniable. J’ajouterai Futureheads et Arcade Fire, à des degrés divers. Ce qui explique pourquoi leur power-rock teinté de post-punk, responsable de petits hymnes très efficaces, est susceptible de séduire un public bien plus large. Véritable source de talents, l’Ecosse n’en finit plus de surprendre. Agréablement, bien sûr ! Après Mogwai, Franz Ferdinand, Belle And Sebastian ou encore The Phantom Band, il faudra compter sur We Were Promised Jetpacks

(Organisation Botanique)

 

Jet Black Crayon

In The Interim

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Jet Black Crayon est une formation née en 1999. Tommy Guerrero venait de convaincre deux complices susceptibles de partager les mêmes perspectives musicales, de tenter l’aventure d’un groupe. Depuis, il faut reconnaître que le projet est en constant développement, et qu’il a acquis une fameuse réputation dans le monde de la découverte musicale.

« In The Interim » constitue une nouvelle étape dans leur exploration musicale. Pour y parvenir, le trio de San Francisco a reçu la collaboration de différents compositeurs. Des réalisateurs de films. L’univers sonore de « In The Interim » est troublant, atmosphérique, mélancolique. Alimenté par quelques beats cérébraux, des cordes de guitares douces, des rythmes drum’n bass et un piano aux accords profonds, le disque audio passe néanmoins trop vite pour pouvoir être apprécié à sa juste valeur. Faut dire que 26 minutes, c’est un peu court. Par contre, le Dvd prend une toute autre dimension. Ce magnifique voyage dans le monde audiovisuel propose une série de sept courts métrages mis en musique par le combo. Et il faut reconnaître que l’association entre l’image et le son est une parfaite réussite. Le trio yankee s’est d’ailleurs investi totalement pour atteindre son objectif. Et apparemment, l’‘Art Concept’, c’est vraiment son truc. D’ailleurs, on se demande si le projet ne risque pas de récolter davantage de succès dans le cadre d’une exposition d’art contemporain que lors d’un concert…

Jethro Tull

La flûte vedette de la soirée

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C’est le ‘petit’ Forest National qui accueille ce soir le mythique Jethro Tull. La salle est bien remplie, mais pas sold out. C’est dire que l’évènement rassemble trois à quatre mille personnes. Score honorable pour un groupe certes emblématique, mais sans actualité et aux performances scéniques en dents de scie. Le public est mélangé : quinquas et quadras, majoritaires, se mêlent à de plus jeunes, dont certains visiblement encore aux études-leurs enfants ? Le groupe, il est vrai, n’est pas bien loin des quarante ans de carrière. Me concernant, j’ai assisté à mon premier concert de Jethro Tull ici même, en 79.

 Premier constat : le père Anderson-chanteur rencontre de vrais problèmes. Son chant est poussif, manque de puissance et ne s’aventure plus du tout ni dans les attaques dures, ni dans les aigus (et ce qui n’arrange rien, c’est qu’il est parfois sous-mixé). L’artiste en est parfaitement conscient et gère clairement son show de façon à s’économiser. Par contre, Anderson flûtiste a bonifié au fil du temps. La flûte est d’ailleurs la vraie vedette de la soirée, tant elle ne quitte plus que rarement les mains du maître, pour le plus grand bonheur des fans. Fidèle à la tradition, l’homme en jouera sur une seule jambe à plusieurs reprises. C’est pourtant à l’harmonica qu’il inaugure son concert, interprétant un vieux blues, seulement accompagné de son vieux complice Martin Barre. Lequel se révèle toujours aussi redoutable à la guitare.

 Jethro Tull pourrait se contenter d’un show très classique et satisfaire facilement son public en alignant ses morceaux les plus connus dans des versions convenues. Mais Anderson a ce très grand mérite de toujours chercher à s’amuser sur scène. C’est pourquoi il propose souvent des versions revisitées de ses standards. Ainsi, ‘Aqualung’ patiente derrière une longue intro décoiffante, ‘Jack in the Green’ ne reconnaît plus son ventre, et même une relique aussi vénérable que « Bourée » n’échappe pas au dépoussiérage. « Thick as a Brick », dans sa version contractée et dynamisée, s’avère quant à lui un des points forts du concert, au même titre que « My God ».

 En bref, Jethro Tull a fourni une prestation tout à fait honorable, énergique et enthousiaste, teintée d’humour british (les claviers sont dissimulés dans un… piano à queue) et d’autodérision. Et après un seul rappel (« Locomotive Breath »), le band a pris congé d’un public ravi !

(Organisation : Live Nation)

 

The Van Jets

Electric Soldier

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Vainqueur du Humo’s Rock Rally en 2004, The Van Jets vient d’enregistrer son premier album sur son propre label, Belvédère Records. Un groupe belge que la presse du Nord du pays ne tarit pas d’éloges. Le titre de ce disque ? « Electric Soldiers ». C’est également celui du single destiné à faire connaître la formation ostendaise. Et surtout son engagement politique. Influencé – suivant ses propres dires – par Bowie, Thin Lizzy ou encore The Datsuns (dont ils ont assuré la première partie, en 2006, à l’AB), le band pratique un rock, à première écoute, clair. Pourtant, lorsqu’il est volontairement mixé, il se révèle un peu plus ‘crade’. Très entraînant, bourré d’énergie positive, le cd est découpé en 12 titres parfois un peu courts. Dommage d’ailleurs que le band ne s’autorise pas davantage de développements instrumentaux. Une exception qui confirme la règle : « Run ’n’ Hide », un morceau un peu plus long et logiquement le plus captivant de l’opus. Les riffs de guitare électrique alimentent efficacement un rythme soigneusement et pertinemment construit. Un bon moment à ne pas écouter au garde à vous ; mais plutôt en prévoyant une activité physique à la hauteur de l’ambiance générale du disque… Rompez !

 

 

Jet

Shine On

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Aaah, ce difficile exercice du second album… Certains groupes devraient vraiment s’abstenir. Après la salve de critiques dithyrambiques adressées à « Get Born », les Australiens de Jet ont sans doute imaginé remettre le couvert en nous pondant à nouveau le même canevas wok’n’wol. Le côté tranchant en moins. Pas de tube de la trempe de « Are You Gonna Be My Girl ? » ou « Cold Hard Bitch ». On ne s’en plaindra pas vu la surexploitation de ces morceaux. Mais, pris dans leur ensemble, « Shine On » et sa série de ritournelles tantôt sympathiques (« Rip It Up », « Eleanor », « Come On Come On »), tantôt casse-couilles (« Stand Up », « That’s All Lies », « Shiny Magazine ») ont, à la longue, une fâcheuse tendance à exaspérer. Bref, le genre de disque qui nous fait hurler ‘Ta gueule !’ avant de se rendre compte que l'on s'adresse à la chaîne hi-fi. S’habiller comme un Beatle et hurler à la AC/DC dans le micro, il en faut bien plus pour convaincre…

 

 

 

Jet Lag Gemini

Business

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En provenance du New Jersey, ces quatre touffes ébouriffées sont à l’image du monde entier : câblés en permanence sur les chaînes télé. A l’écran, les derniers clips de Green Day et Jimmy Eat World passent en boucle. A s’en décoller la rétine ! Lobotomisés, Misha Safonov (chanteur et guitariste d’origine russe), le batteur américain Dan Di Liberto et les deux Roumains, Vlad et Matei Gheorghiu, consacrent leur jeunesse à singer les riffs télévisés de leurs modèles médiatisés. Aussi, à son tour, Jet Lag Gemini pourrait-il se payer une petite gloriole. Le temps d’un gentillet single pop-punk (« Don’t Leave Me Hanging »), le groupe squatterait le téléviseur. Pop-punk ? D’ici, on voit déjà quelques crêtes vertes fluo s’hérisser... A la grande tristesse des fans des Ramones et autres Damned, les blousons cuivrés de Jet Lag Gemini sont taillés pour les charts... Cependant, ces quatre enfants ne sont pas méchants. « Business » renferme 6 titres énervés à écouter sur une rampe de skate entre un ‘ollie’ et un ‘flip’. Mais une fois la planche au placard, le « Business » peut attendre...

Mystery Jets

Making Dens

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En février dernier, les Mystery Jets s’évertuaient à faire vibrer une Orangerie pleine à craquer, en première partie de leurs compères, The Subways. En vain. La prestation, plutôt tiède, ne laissa que le souvenir vague d’un groupe qui se faisait légèrement chier sur scène. Ce sentiment, on le garde un peu à l’écoute d'un « Making Dens » quelconque. A l’exception du semi instrumental « Diamonds In The Dark » et de la plage d’ouverture « You Can’t Fool Me Dennis / Purple Prose », le sextet donne l’impression de s’emmerder royalement et qu’il ne délivre là que le résultat d’une commande. Ok les gars, c’est cool de faire de la musique et d’être dans un groupe de rock mais faudrait peut-être y mettre un tout petit peu de passion et d’originalité. Bref, circulons (NDLR : circulez ?), y’a rien à entendre…

Projet A7

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Anorak Supersport est un des derniers labels à avoir fait son apparition dans le paysage musical belge. Suite à une judicieuse politique artistique, il peut déjà se vanter d'avoir signé une série de projets musicaux qui ont déjà rencontré un succès critique et public. On peut citer Showstar (fortement influencé par la pop anglaise), Jéronimo (et ses comptines désabusées) ou encore Starving (baigné dans une électro-pop sur fond d'affres sexuelles féminines).

A l'instar des deux derniers projets cités, Projet A7 a uniquement recours à la langue de Molière. Les sept membres du collectif proposent une dizaine de morceaux teintés d'électro estampillée années 80, sur lesquels plusieurs voix racontent plus qu'elles ne chantent (NDR : habitude fastidieuse et récurrente de la chanson française d'aujourd'hui) leurs vicissitudes. A cheval entre Alain Chamfort et Jean-Louis Murat (en moins inspiré), on a bien du mal à entrer dans l'univers froid de Projet A7 ; et l'abus de vocoder et de vocalpitch utilisés sur les voix n'arrange pas les choses. Musicalement peu inspiré, la multiplication de tics sonores faisant référence aux années 80 (comme par exemple ces guitares funky façon Gainsbourg période " You're under arrest "), même si cette tendance semble être à la mode aujourd'hui, ne rend pas aisée l'écoute de l'album, plongeant l'ensemble dans une désagréable uniformité.

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