La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

logo_musiczine

La fresque de Vincent Delerm

Six ans après « Panorama », le chanteur cinéaste au cœur battant Vincent Delerm élargit encore son travelling sentimental en gravant « La Fresque ». Un huitième album dont la chanson-titre parlée, sur un arrangement tout en palpitations électroniques et…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (94 Items)

Broken Social Scene

Broken Social Scene se souvient des humains

Écrit par

Broken Social Scene est de retour ! Il sortira son premier elpee studio, « Remember The Humans », ce 8 mai, soit depuis près de dix ans. Pour accompagner l’annonce, le collectif torontois dévoile le clip du single « Not Around Anymore », à découvrir ici 

Réunissant à nouveau le groupe et le producteur David Newfeld (à l’œuvre sur « You Forgot It in People » et leur album éponyme de 2005), « Remember The Humans » déploie 12 titres aux arrangements foisonnants : un tissage de cuivres, guitares, voix et textures électroniques où la mélodie garde toujours le dernier mot. La chanson phare « Not Around Anymore » ouvre l’opus sur une méditation lumineuse autour de la disparition des possibles — un thème reflété dans un clip qui mêle nostalgie et énergie renouvelée.

Le disque marque également un retour à l’esprit collectif qui définit Broken Social Scene : parmi les collaboratrices et collaborateurs, on retrouve Feist, Hannah Georgas, Lisa Lobsinger, et d’autres voix familières de la formatio.

Entre retrouvailles artistiques, deuils partagés et énergie créative retrouvée, « Remember The Humans » s’impose comme un album profondément humain, vibrant et sincère — un retour attendu d’un groupe qui continue de façonner le paysage indie depuis plus de vingt ans.

Vampire Weekend

Le crédo de Vampire Weekend…

Écrit par

Le nouvel elpee de Vampire Weekend, « Only God Was Above Us », sortira ce 5 avril 2024. Ce sera son cinquième. En attendant, il nous propose son single, « Capricorn », sous forme de clip. Et il est à voir et écouter

 Inspiré et hanté par le New York du XXe siècle, l'album a été enregistré à travers le monde, de Manhattan à Los Angeles en passant par Londres et Tokyo.

Le titre du long playing est directement tiré de la pochette de l'opus, composée de photos prises par Steven Siegel dans un cimetière de métro du New Jersey en 1988. Sur cette pochette, un homme dans un wagon de métro renversé lit l'édition du 1er mai 1988 du New York Daily News - l'article de couverture détaillant l'horrible explosion qui a arraché le toit du vol 243 d'Aloha Airlines. Le titre de l'article cite un survivant : ‘Seul dieu est au-dessus de nous’.

Hoboken Division

Un Pycholove pour soigner Hoboken Division…

Écrit par

Issu de Nancy, Hoboken publiera son troisième long playing, « Psycholove », ce 14 février 2024. Cette formation est parvenue à teinté son garage/blues/rock râpeux, glacial, furieux et authentique de psychédélisme.

En attendant, cette sortie, le groupe a partagé deux singles, tout d’abord, « Legion » (la vidéo est disponible ici), une ballade planante, presque solennelle, qui parle des choix de vie, des rêves à réaliser... ou non et ainsi, des potentiels regrets face à ceux qui ont osé franchir le pas malgré les obstacles.

Puis « Fool Moon » (clip à voir et écouter ), une compo axée sur une phrase répétitive blues à la sauce techno qui prend aux tripes car elle sonne la colère qui gronde au fond de nous, et les obsessions qui nous exaltent jusqu'à la folie. Telle une maraude en terre nocturne où l'obsession confine à la transe.

Kendra Morris

I Am What I’m Waiting For

Écrit par

En 2013, elle gravait « Mockingbird », un album de reprises sur lequel figurait une version du « Shine On You Crazy Diamond » de Pink Floyd qui servira de B.O. pour le film ‘Dead Man Down’, « Space Oditty » de Bowie, « Walk on the wild side » de Lou Reed », « Karma police » de Radiohead, « Black hole sun » de Soundgarden et une adaptation lascive du « I'm Gonna Be (500 Miles) » des Proclaimers. Notamment. Elle a multiplié les collaborations et particulièrement en compagnie de Ghostface Killah, Dennis Coffey, le guitariste de la Motown, mais surtout Jeremy Page, avec lequel elle travaillait en binôme.

Pour enregistrer « I Am What I’m Waiting For », elle a décidé de faire équipe avec Torbitt Schwartz (alias Little Shalimar (Run The Jewels) afin d’explorer de nouveaux horizons sonores. Cependant, on ne peut pas dire que la mise en forme apporte des changements radicaux. D’ailleurs cet opus est tout bonnement éclectique, naviguant à la croisée des chemins du funk, de la pop sixties (pensez aux productions de Phil Spector pour groupes de filles), d’indie rock et de néo-soul. Sans oublier l’une ou l’autre plage plus minimaliste au cours desquelles Kendra Morris démontre son talent de guitariste. Enfin, si elle a une superbe voix, la comparer à Janis Joplin semble quand même excessif…

Tiken Jah Fakoly

Tiken Jah Fakoly, porte-parole de SOS Méditerranée…

Écrit par

Figure majeure du continent africain et du reggae, Tiken Jah Fakoly est mondialement reconnu comme un artiste engagé et militant.

Il revient avec un nouveau single intitulé « Où est-ce que tu vas ? » qui annonce un nouvel album pour l’automne.

Composé par le producteur et musicien français Matthieu Bost en collaboration avec Moussa Doumbia, ce nouveau morceau s'adresse à la jeunesse africaine attirée par la traversée de la Méditerranée, espérant trouver une meilleure vie en Europe ...

Voix des sans voix, infatigable militant contre l’injustice, l’oppression et la misère, l’artiste ivoirien interpelle ses compatriotes africains sur la tragédie des traversées en Méditerranée. Alignant sa parole avec ses actes, il s’engage auprès de SOS Méditerranée et lance un appel au don sur les réseaux. Perché au sommet de la Tour d’Afrique de Bamako, Tiken fait résonner sa voix le plus loin possible, dans le clip réalisé par Toumani TSK Keita.

Exilé au Mali depuis de nombreuses années, suite à des menaces en Côte d’Ivoire, il est retourné enregistrer son nouvel album (le 12eme) à Abidjan, qui sortira à l’automne 2022.

Le clip de « Où est-ce que tu vas » est disponible

En concert

22/07/2022 - Aulnoy-Aimeries (France) - Les nuits secrètes.

05/08/2022 - Bruges - The Moods

12/03/2023 - Bruxelles - Ancienne Belgique

 

Chickenbone Slim

Sleeper

Écrit par

Larry Teves, alias Chickenbone Slim, est issu de San Diego, en Californie. Il compte déjà plus de trente années d'expérience musicale. En 2011, il a fondé son groupe, The Biscuits, dont il est, bien sûr, le leader. Le premier opus de ce chanteur/guitariste, "Gone", remonte à 2015, un disque pour lequel il avait reçu le concours de Big Joe Atkinson. Deux ans plus tard, il publie son second elpee, "The Big Beat", un essai dont les sessions s’étaient déroulées au studio Greaseland de Kid Andersen. A cours de l'été 2019, il est retourné à Greaseland pour mettre en boîte cet elpee. Pour y parvenir, il avait invité une belle brochette d’amis musiciens. Dont Laura Chavez, Kid Andersen ainsi que Joey Harris et Jerry Rainey, deux ex-membres du combo alt country Beat Farmers, également issu de San Diego, mais également de son backing group.

"Vampire baby" entame les hostilités. Un shuffle bien ficelé, caractérisé par une intervention bien huilée et tranchante à la gratte (NDR : serait-celle de Laura Chavez ?) et de l'harmonica que se réserve Troy Sandow. "Tougher than that" vire au rock'n'roll, une plage percutante à nouveau rehaussée par les sorties marquantes des cordes et de l'harmo. Rockabilly, "The ballad of Dick" et "Ride" sont imprimés sur le rythme du cheval au galop par le drumming de Marty Dodson. Instrumental, "Strolling with Chickenbone" transpire de swing. Bien soudée, la section rythmique balise les envols des guitares de Chavez et Kid Andersen, alors au sommet de leur art. Blues flemmard, "My bad luck" nous entraîne au cœur des marais du sud. Proche d’un Slim Harpo, cette piste décolle en puissance. Enfin, plus rock, "Little Victory" macère dans le bayou. Chargée de reverb, la six cordes libère des sonorités immortalisées par John Fogerty chez le Creedence Clearwater Revival…

Lori McKenna

The Tree (2)

Écrit par

Outre-Atlantique, Lori McKenna jouit d’une certaine notoriété. Elle a ainsi décroché de nombreux prix dans l’univers de la country et de l’americana. Native du Massachussetts, cette songwritrice compte un peu plus de 20 ans de carrière, une période au cours de laquelle, elle a gravé dix albums, dont le dernier s’intitule « The tree ». En outre, récemment, elle a co-écrit la bande originale du film “A Star is Born”.

Les onze morceaux de cet opus sont sculptés dans ce même style bien classique. Lori McKenna nous raconte des bouts de vie (qui concernent le plus souvent sa famille), en s’accompagnant à la sèche. Parfois, elle est soutenue par une basse, quelques chœurs mais aussi l’incontournable lap steel pour ce style de musique. Si l’écoute des morceaux de cet elpee n’est pas désagréable, il faut reconnaître qu’ils se ressemblent beaucoup trop. Bref, ce n’est pas après avoir publié ce « The Tree » que Lori McKenna parviendra à dépasser les frontières du pays de l’oncle Sam… 

Solbakken

Zure Botoa

Écrit par

Parfois rock, parfois noisy, parfois Pixies, parfois Wedding Present ou parfois Blonde Redhead (‘et donc parfois Sonic Youth ?’ me demande-t-on). Mais pas seulement. L'ensemble représente toujours plus que la somme des parties. Mais ce " Zure Botoa " ne se livre pas facilement. Et c'est peut-être là son handicap. Qui prend aujourd'hui encore du temps pour découvrir des cd's chez un disquaire ou sur Internet ? Alors pour ceux qu'une seule écoute ne suffirait pas voici un petit jeu : essayez de le dénicher, écoutez-le une première fois. Ne l'achetez pas de suite. A moins que ce ne soit déjà fait. Dans ce cas, revenez-y quelques jours plus tard. Même système. Jusqu'au jour où ça vous paraîtra évident. Certains me diront qu'ils ont mieux à faire. Peut-être. Ou alors voilà peut-être une des utilités de Napster, pour ne citer que ce site. Pas de titres à conseiller, tous ont suffisamment d'intérêt pour mériter un téléchargement.

 

Vampire Weekend

Father of the Bride

Écrit par

Après la sortie de « Modern Vampires of The City », en 2013, les membres de Vampire Weekend ont développé leurs propres projets. Ils sont donc de retour pour ce quatrième LP baptisé « Father of the bride ». Enfin pas tous, puisque Rostam Batmanglij s’est distancié du combo depuis 2016, même s’il a apporté son concours sur un titre, comme producteur et co-auteur. Le line up du band implique donc aujourd’hui, le drummer Chris Tomson, le bassiste Chris Baio et le chanteur/guitariste/parolier Ezra Koening qui semble donc avoir pris le leadership.

Si vous avez aimez les rythmes caribéens des trois premiers essais, vous risquez d’être déçus. Et pourtant, tout au long des 18 compos de ce long playing, V.W. continue d’expérimenter. Mais en tirant un peu dans toutes les directions, le mélomane finit par perdre le fil conducteur. Lors des sessions, le band a reçu le concours de quelques invités, dont Danielle Haim au chant, et tout particulièrement sur l’excellent titre d’ouverture, « Hold you now », une piste de country/folk alimentée par une guitare jouée en picking, du violoncelle, de la pedal steel et une chorale angélique. Puis Steve Lacy, le guitariste d’Internet. En particulier sur le jazzyfiant « Sunflower » et la samba/rock « Flower moon ». Parmi les titres qui sortent du lot, on épinglera « Harmony hall », une compo caractérisée par cette guitare encore et toujours en picking, mais en boucle, et des ivoires sémillantes comme chez Primal Scream. Caractérisé par cette ligne de basse jazz/fusion et ses orchestrations flottantes, « Unbearably white » lorgne carrément vers le « Graceland » de Paul Simon. Tout comme le rétro et minimaliste « Rich man », malgré des arrangements de cordes sinueux, presque orientaux. Et enfin, le singulier et enlevé « Sympathy » qui aurait pu naître d’une rencontre entre Arcade Fire et les Doobie Brothers.

Pour confirmer cette impression de fourre-tout, on pourrait encore signaler la présence d’une guitare gémissante empruntée à feu George Harrison, sur le folk futuriste « Big blue », une autre réminiscente de Big Country sur « We belong together », de la rumba, du cabaret, des figures de style baroques, du funk 70’s et des samples. On a même droit à ce clin d’œil adressé à Van Morrison sur l’insouciant et allègre « This life ». L’album s’achève par l’hymnique et mélancolique, « Jerusalem, New York, Berlin », une compo colorée par quelques jolis arpèges de piano.

Bref, une œuvre sans doute audacieuse, agréable à l’écoute mais manifestement trop longue et un peu trop décousue pour vraiment faire la différence.

Kenny Smith

Drop the Hammer

Écrit par

Kenny ‘Beedy Eyes’ Smith n’est autre que le fils de Willie ‘Big Eyes’ Smith. Dans la famille, les grands yeux sont donc devenus globuleux mais père et fils se partagent la passion pour la batterie. Il est vrai que le regretté Willie a milité, durant 18 ans, au sein du Muddy Waters Band, un fameux pedigree pour tout bluesman qui se respecte. Beedy Eyes est devenu un drummer très respecté et il a déjà remporté de nombreux awards. Il a créé son propre band, the House Bumpers. C'est le bassiste Felton Crews, un ancien musicien de Miles Davis qui complète la section rythmique. Autour de ce duo, d'excellents musiciens ont collaboré à la confection de cet opus, dont plusieurs gratteurs talentueux, parmi lesquels figurent l’omniprésent Ari Seder, mais également le vétéran Billy Flynn, un blanc passionné de jazz.

Blues authentique, "Head pounder" est une ouverture royale, une piste idéale pour une formule trio. La voix de Kenny est poignante. Elle peut cependant s’appuyer sur des cordes acoustiques, le sitar de Flynn et l'harmonica du concitoyen, Omar Coleman. Luca Chiellini balise "Hey daddy" de ses ivoires, un Chicago blues classique au cours duquel les trois rejetons du leader, Mae, Clara et Theodore, donnent la réplique vocale à leur daddy. Superbe blues lent, le titre maître est enrichi de chœurs féminins, alors que les interventions de Greg Guy (NDR : c’est le fils de Buddy et il sait de qui tenir !) à la six cordes sont somptueuses. Et chacune d’entre elles est un réel bonheur. Que ce soit sur les plages funky aux arrangements contemporains ("What in the world" et "Living fast", souligné par l’harmo de Sugar Blue) ou le blues indolent "No need brotha'", un slow tapissé par l'orgue Hammond de Luca. Billy Flynn est aussi en verve tout au long du shuffle "Keep on pretending" ainsi que du r&b nerveux "Scratchin' your head". Et c’est sous la forme d’un trio, Nelson Strange se chargeant de la gratte et Kimberley Johnson des vocaux, que Kenny se révèle le plus orignal, à travers "One big from". Excellent !

Makeness

Loud patterns

Écrit par

Kyle Molleson, alias Makeness, est originaire Leeds mais s’est installé à Londres. Ce musicien et producteur a grandi au sein d’une famille de musiciens et a emprunté rapidement la voie artistique.

Après avoir sorti un titre en compagnie d’Adult Jazz (NDR : des compatriotes !), Makeness publie son premier album. Intitulé “Loud Patterns”, il est paru sur le label Secretly Canadian. Si ses parents étaient des adeptes de la musique folk, Kyle a jeté son dévolu sur les machines, un choix bien dans l’air du temps. L’électro/pop de ce Britannique se nourrit de boîte à rythmes et de claviers, un style qui évoque des formations telles que Junior Boys, Caribou, Hot Chip ou encore Django Django, sous son format strictement électro. Les mélodies sont aussi complexes qu’accrocheuses, à l’instar du titre qui ouvre l’elpee ou encore de “Stepping out Of sync”. Parfois le tempo ralentit pour laisser place à des plages plus paisibles, comme “Who Am I to Follo Love”. Si la fin de parcours est réservée à plusieurs instrumentaux, il faut reconnaître que ces morceaux n’ont pas le même impact, et hormis chauffer une salle, avant un concert, ils ne suscitent guère d’intérêt.

Bref, pour un premier essai, il faut reconnaître que ce “Loud Patterns” manque encore de consistance. Car si le songwriting est intéressant, il faut reconnaître qu’il s’essouffle en bout de course…  

Loreena Mckennitt

Comme sur du papier à musique?

Écrit par

Ce concert de Loreena McKennitt était pour moi la toute première occasion de me rendre au Colisée. Cette salle est nichée dans un dédale de petites rues et son accès n'est fléché que dans un périmètre fort réduit.

Concernant Miss Mc Kennitt, je la voyais également pour la première fois. Et j'avoue avoir été attiré notamment par la curiosité : que procurait donc sur scène l'univers particulier de cette artiste assez atypique? Et je n'ai pas été déçu. Loreena, qui passe du piano à la harpe et enfile parfois un accordéon, est entourée de neuf musiciens. Batteur et bassiste assurent une assise rythmique des plus classique. Mais la guitare électrique n'intervient que très rarement, et les autres intervenants ne brandissent que des instruments acoustiques : percussions diverses, hurdy gurdy, bouzouki, lyre, luth, violoncelle, violon,…Tous parfaits dans leurs rôles respectifs. Ceci dit, seuls deux d'entre eux trouveront l'espace pour l'un ou l'autre solo : Caroline Lavelle au violoncelle et le très honorable Hugh Marsh au violon. Le band restitue à merveille cette World Music Celtique avançant souvent au pas du dromadaire. Et le son irréprochable permet de déguster pleinement la finesse et la richesse des arrangements. Du triangle à la harpe, tout est admirablement restitué. Le décor évoque l'Orient et le light show, classique mais de très bon goût, alterne les bleus, mauves et rouge/oranges au gré des ambiances musicales.

Le show privilégiera les deux derniers CDs. Bref : le dépaysement total. Certes, Loreena McKennitt n'est pas ce que l'on pourrait appeler une bête de scène. Elle séduit plutôt son public par ses fréquents messages de sympathie. Sans oublier son chant, qui vaut à lui seul le déplacement. La bonhomie du personnage, accentuée par le rapport un peu mystique qu'elle entretient avec sa musique et sa carrière, sorte d'éternelle quête initiatique, tranche fort avec une organisation qui ne laisse rien au hasard : play list fixée et communiquée préalablement au public, dépliant de bienvenue, image surprotégée (pas d'autorisation de photographier) et marketing redoutable,… De quoi nous ramener très vite à la réalité après la torpeur néo-baba-cool dans laquelle le show nous plonge. N'empêche, le public ravi aura ovationné l'artiste debout pour ses trois rappels. Moi y compris.

Org : France Leduc Productions

 

 

Broken Social Scene

La parfaite osmose entre une somme d'individualités...

Écrit par

Fondé par Emily Haines (NDR : la fille du poète Paul Haines, personnage qui a notamment écrit pour Carla Bley, Robert Wyatt et Albert Ayler) et le guitariste James Shaw, Metric compte aujourd'hui 8 années d'existence. Duo à l'origine, cette formation canadienne a depuis recruté un drummer (Joules Scott-Key) et un bassiste (Joshua Winstead). Emily a en outre collaboré à l'enregistrement du dernier opus de Broken Social Scene, « You forgot it in people ». Les deux albums commis à ce jour par Metric (« Grow up and blow away » et « Old world underground, where are you now ? ») privilégient les synthés et l'électronique. J'étais donc très curieux d'entendre ce que le quatuor allait nous réserver sur les planches. Et je dois avouer que j'ai été agréablement surpris. Parce que le groupe donne une toute autre dimension (NDR : ou un autre système, si vous préférez !?!?!?) de son répertoire sur scène. Plus rock, plus groovy, plus excitante, plus dansante. Les trois autres musiciens assument parfaitement leur mission de fil conducteur. Barbes de trois jours, le guitariste et le bassiste ont presque l'air de jumeaux ! Emily chante et se réserve bien sûr les synthés. Très sexy dans sa mini robe effilochée, elle partage ses deux rôles avec énormément de conviction, enfonçant les touches de ses claviers avec une frénésie presque 'garage' ! (NDR : qui a dit sauvage ?)

Kevin Drew monte sur les planches. Seul. Il entame une conversation avec le public, demandant notamment qui parmi les spectateurs avait participé à leur dernier concert accordé à l'AB, l'an dernier. Puis il appelle les musiciens. Pour les présenter au public. Un à un. Avant de les étreindre comme s'ils ne s'étaient plus vus depuis 6 mois. Formation canadienne à géométrie variable, Broken Social Scene repose bien sûr sur une base fixe : Kevin, Brendan Canning, Jason Colet, Andrew Whiteman et Justin Peroff. Encore que chacun d'entre eux possède ses propres projets alternatifs. Aussi, il n'est pas étonnant que suivant les circonstances on remarque la présence ou l'absence de tel ou tel autre musicien. Ce soir au Bota, le line up comptera 11 personnes au maximum, dont la chanteuse Emily Haines. Car selon les compositions, le line up varie. Sans oublier que les musiciens sont capables de changer d'instrument. Kevin passant ainsi de la guitare au clavier. Parmi la flopée de guitaristes (jusque 6 !), trois sont également capables de se consacrer aux cuivres (NDR : un régal pour les oreilles !). Quant aux lead vocaux, ils sont partagés invariablement entre Kevin (NDR : un remarquable qui n'est sans doute pas assez mis en évidence !), Brendan, Andrew et Emily. Sans oublier les claviers au sol (NDR : bien cachés, mais bien présents !). Et le set s'ébroue en douceur, comme si le groupe avait le dessein de nous plonger dans une ambiance relaxante. Puis, peu à peu, l'intensité monte. Et le groupe d'interpréter la quasi-totalité des chansons de son dernier album : « KC accidental », « Stars ans sons », « Looks like the sun »,  « Cause = time » (NDR : ma préférée !), « Lover's spit » ainsi qu'« Anthems for a seventeen old girl », caractérisée par ce chuchotement trafiqué d'Emily. Et une nouvelle ! Qui mettra en présence 6 guitares et une basse. Sans se marcher sur les pieds. Un régal ! Une heure et demie de spectacle au cours duquel ils vont étaler tout leur charisme, leur passion et leur enthousiasme. Sans jamais tomber dans le chaos, même si en final on va entrer dans un délire psychédélique absolument génial. On avait même l'impression qu'un des guitaristes déversait son feedback dans un des diffuseurs. Le plus étonnant, c'est qu'aucun instrument n'étouffe l'autre. Chacun d'entre eux a son importance et participe à créer l'équilibre de la chanson. Une somme d'individualités qui se fondent dans un collectif pour entrer en parfaite osmose. Le tout dispensé par des musiciens talentueux qui prennent un plaisir évident à se produire sur scène. Ah oui, il y a eu un rappel. Mais bon, c'était prémédité. N'empêche, quel concert !

 

Darkenhold

Memoria Sylvarum (reissue)

Écrit par

C’est par un air allègre, dispensé à la guitare sèche, que Darkenhold démarre (et clôt) son 4ème opus studio, « Memoria Sylvarum ». Une pluie de blasts vient ensuite placer délicatement ce disque sous les auspices d’un Black Metal mélodique bien que laissant un petit arrière-goût à la Emperor. Affichant en guise d’indice évocateur une pochette réalisée par l’artiste Claudine Vrac, à qui le groupe français confie son artwork depuis ses débuts, Darkenhold poursuit son exploration dans les méandres de l’époque médiévale. Il apparaît assez rapidement que la formation est attachée aux traditions, autant celles évoquées dans les paroles exprimées dans un français plutôt fleuri que dans l’exécution des morceaux, collant aux standards du Pagan Black Metal, à travers ses chœurs discrets, ses respirations à la guitare sèche ou encore ses légères notes burzumesques au synthé, en fin de parcours. Neuf titres, dont un acoustique (« La Grotte de la Chèvre d’Or »), pour un peu moins de quarante-cinq minutes au cours desquelles la bande à Aldébaran et Cervantes rallume des temps anciens, sous une brume épaisse, l’épée à la main. Autoproduit avant d’être réédité par le label Les Acteurs de l’Ombre, cet album transpire le DIY, mais dans le sens noble du terme, où le côté brut de décoffrage et authentique fournit à cet effort un relief plutôt savoureux.

 

Lori McKenna

The tree

Écrit par

Lori McKenna vit près de Boston dans le Massachusetts. Cette chanteuse de folk et de country est surtout reconnue pour ses talents de compositrice. Au cours des dernières années, elle a remporté plusieurs prix pour ses chansons. Son thème de prédilection reste la famille. Miss McKenna a déjà publié une dizaine de productions depuis sa première, en l'an 2000. Cet opus a été produit par Dave Cobb qui se consacre également aux guitares. L'ensemble est très homogène et met en valeur la voix si expressive et adaptée à son répertoire de Lori.

L'introduction de cordes acoustiques sur "A mother never rests" annonce cette voix si présente et douce, qui donne le ton à tout ce qui va suivre. Les sonorités de la sèche sont d’une grande pureté et sont bien mises en exergue tout au long de "People get old". "The young and angry again" et "Happy people" sont davantage rythmés. La structure du titre maître est particulièrement soignée. Enfin, Dave Cobb est passé au mellotron pour "The lot behind St Mary's"…

 

Kent (France)

La grande effusion

Écrit par

Kent a fondé Starshooter en 1977. Lorsque le groupe se sépare en 1982, l’artiste entame une carrière solo, et pas seulement dans l’univers de la musique, mais également de la BD et du roman. Il apporte aussi sa collaboration à de nombreux congénères, dont Johnny Hallyday, Calogero et Nolwenn Leroy. Il signe encore « Quelqu’un de bien », un titre chanté par Enzo Enzo, en 1994.

Enregistré ‘live’, l’album a été enregistré le 7 novembre 2017, au Café De la Danse, à Paris. « La Grande Effusion » survole quatre décennies de sa carrière. Il y revisite, tantôt seul, flanqué de son groupe ou en duo avec Alex Beaupain (« Tous les Mômes »), Katel (« Notre amour »), Alice Animal et encore le chanteur/guitariste de Radio Elvis, Pierre Guénard (l’excellent « Metropolitain »), des chansons de son répertoire devenues classiques. Et des morceaux, le plus souvent empreints de mélancolie. A l’instar de « Panorama » ainsi que d’une variante longue d’« Ici Et Maintenant ». De l’elpee, on épinglera encore les versions des « Congas et maracas » et « Bestsy party » de Starshooter, ainsi que l’hommage à feu Bowie, « Scary monsters »…

 

La version digitale est enrichie de deux bonus tracks.

 

Angèle Van Laeken

Avec en filigrane, une stigmatisation, à peine voilée, des réseaux sociaux…

Écrit par

Abandonnée à son triste sort, suite au déclin de l'industrie sidérurgique, l'usine de ‘La Providence’ renaît depuis quelques années. En effet, les anciennes forges ont été réaménagées en un centre urbain dédié aux cultures populaires, sociales et alternatives. Ce soir Angèle Van Laeken s’y produit. Dans la grande salle. C’est la dernière date de sa tournée et la seule qui ne soit pas soldout.

Lorsque Juicy grimpe sur l’estrade, il y a déjà un bon millier de spectateurs dans le Rockerill. Réunissant Julie Rens et Sasha Vonck, ce duo belge pratique un r’n’b insolite et complètement déjanté. Il s’était produit en supporting act de La Chiva Gantiva, à la Rotonde du Botanique, en novembre 2017. Depuis, il a publié un premier Ep, intitulé, « Cast A Spell », en mars dernier, un disque dont deux plages ont été traduites en clips, « Count Our Fingers Twice » et « Die baby Die ». Issues du conservatoire de Bruxelles, les deux artistes cherchent à remettre au goût du jour le r’n’b et le hip-hop des années 2000, dans un style minimaliste et électrique.

Sasha se réserve la guitare et Julie, la boîte à rythmes. Les deux filles se consacrent également aux synthés samplers et au chant. Plutôt jolies, elles montent sur le podium presque tout de rouge vêtues, y compris la fourrure à longs poils et les chapeaux ornés de rubans ! Elles s’installent derrière leurs instruments et attaquent « Bollywood », un titre de hip hop insolent, traversé par un air de flûte arabisant…

Il fait de plus en plus chaud. Les donzelles se débarrassent de leurs vestes et de leurs couvre-chefs. Tout au long de « Mouldy Beauty », elles se tortillent sensuellement, comme des geishas. Même les mains ondulent sur les instrus. Mélodieuses, les voix semblent habitées. Conjuguées, elles libèrent des mélodies qui font mouche. On a parfois l’impression que le tandem est fusionnel, tellement il est homogène. Après l'imparable « Count Our Fingers Twice », elles changent de place pour proposer un instrumental à quatre mains. « Something Is Gone » est un r’n’b mélancolique, tragique même. Insolite et ponctué de noms de volatiles, « Didn't Knock » baigne dans une forme de nu soul, mais surtout vise un certain Théo Franken. Alors que Sasha empoigne sa gratte, Julie caresse délicatement les lamelles des chimes (NDR : utilisé comme accessoire de batterie, notamment dans l’univers du r’n’b, cet instrument percussif est composé de tubes en laiton de longueurs différentes tenus par une barre ; et c’est la matière métallique qui produit un son chromatique et cristallin). Les deux filles rappent pour aborder le sujet du GHB. Et « For Hands On As », celui des agressions sexuelles. A l’avant de l’estrade, elles continuent d’ondoyer lascivement, tout au long de la nouvelle compo qui clôt le set, « Da Beat »…

Place ensuite à la tête d’affiche. Les musiciens –un drummer, un bassiste et un claviériste– débarquent théâtralement sur les planches et s’installent derrière leurs instruments respectifs. Angèle arrive à son tour. Elle a enfilé un pantalon rouge et un body blanc, sur lesquels elle a revêtu, de nouveau, un manteau de geisha. « Les Matins » ouvre le show. Angèle campe derrière ses claviers. Entre ombre et lumière, elle ondule sur place. Dès la fin de la chanson, elle vient s’asseoir sur un siège, juste devant votre serviteur. Le band embraie par son futur single, « La Thune », un titre qui traite des dégâts causés par les réseaux sociaux et les smart phones. Elle demande de ne pas filmer afin de simplement vivre le moment présent. Angèle se déhanche et arpente les planches de long en large, comme si elle était sous le soleil de Kingston. Indolent, « Oh Non » adopte un profil beaucoup plus électro. Même le drummer utilise ses drum pads. Le discours de la Bruxelloise affiche une grande maturité, alors que constant, son flow est empreint de sensualité. Elle excelle (NDLR : ça rime !) en mode piano/voix. A l’instar du lent « Jalousie », même si apparemment, il n’y a pas de jaloux dans la salle. A cet instant, sa voix semble hantée par Béatrice Martin, aka Cœur de Pirate. Pendant « Balance Ton Koi », elle susurre qu’elle n’aime pas casser les codes et qu’une fille qui rappe n’est pas stylée. Elle présente ses musicos (NDR : Sam à la batterie, Brieux à la basse et Géronimo aux claviers), avant que ceux-ci s’autorisent, chacun leur tour, un petit solo. Brûlot co-écrit par Veence Hanao et Matthew Irons, le chanteur de Puggy, « La Loi De Murphy » met littéralement le feu. L’interactivité entre Angèle et le public est totale. Le public connaît les paroles du refrain et les reprend en chœur. Pas de « J’ai Vu » au programme, ni de Roméo Elvis sur les planches. Elle parle de son succès dû à Instagram, mais malmène, une nouvelle fois, les réseaux sociaux à travers « Big Shit », une compo qui oscille entre lounge et jazz. Pendant « Je Veux Tes yeux », l’auditoire est invité à exécuter des exercices de fitness. C’est un rituel ! Tout le monde se prête au jeu puis se lève au signal d’Angèle. Elle ajoute ironiquement que la gym c’est bon pour le cul. Le set s’achève par « Troubles ».

En rappel, on aura droit à trois chansons, dont l’excellente reprise du « Bruxelles » de Dick Annegarn, limité aux ivoires et à la voix. Et deux titres électro. D’abord « Nombreux », au cours duquel les musiciens vont modifier la position de leur tête en fonction des sonorités dispensées. Puis, en final, « La flemme », sous les lumières qui flashent. Bref, on n’a pas vécu le même concert qu’au Botanique. Moins de pression et une setlist mieux équilibrée. 

(Organisation : Rockerill)

Chickenbone Slim

The big beat

Écrit par

De son véritable nom Larry Teves, Chickenbone Slim est chanteur et guitariste. Etabli aujourd’hui à San Diego, au sud de la Californie, il a longtemps sévi comme bassiste au sein de différents groupes locaux, y accompagnant même des gloires comme Tomcat Courtney, l’ex-leader de Mississippi Mudsharks, Scottie Blinn, et plus récemment, Big Jon Atkinson. Il n’est passé de la six à la quatre cordes, qu’en 2011. Deux ans plus tard, il réunit un backing group, qu’il baptise The Biscuits. L’équipe publie, fin 2015, "Gone", un disque pour lequel il reçoit également le concours de la crème des musiciens blues locaux. Lors d’une tournée dans le Nord, il se produit plusieurs fois à San Francisco. Il y rencontre le guitariste Kid Andersen, (NDR : il a milité chez Rick Estrin and the Nightcats), qui l’invite dans son studio, le Greaseland, sis à Hayward. Le drummer Marty Dodson et Big Jon Atkinson participent aux sessions. Ce dernier se consacre à la guitare, la basse et l’harmonica.

Slim signe les neuf pistes de cet LP. Blues classique, le titre maître ouvre la plaque. Atkinson se distingue déjà à l’harmo, alors que les interventions de gratte sont parcimonieuses. Plus saignant, "Long way down" trempe dans le funky blues. Invité, Scot Smart brille sur ses cordes tout au long de ce morceau hanté par Slim Harpo. Country, "Hemi Hodge" est imprimé sur le rythme alerte du chemin de fer. Kid Andersen y apporte sa contribution à la guitare. Big Jon est bouleversant sur sa musique à bouche tout au long de "Me and Johnny Lee", un downhome blues indolent. Un harmonica qui devient insatiable sur le swamp blues vintage, "Break me off a piece". Dommage que la voix de Slim ne soit pas davantage marquante…

 

Broken Social Scene

Hug of Thunder

Écrit par

Il y a quand même sept longues années que Broken Social Scene n’avait plus publié d’album. C’était l’excellent « Forgiveness Rock Record ». Bien sûr, depuis, les membres du collectif ont participé à de multiples projets. « Hug of thunder » constitue donc son sixième LP studio. Auquel ont participé trois vocalistes féminines. Et tout d’abord Emily Haines, celle de Metric. Elle pose sont timbre éthéré sur l’offensif « Protest song », alors que les cordes de guitares sont carrément déchiquetées. Puis Leslie Feist. Dont le lead vocal atmosphérique nous plonge dans une forme de mélancolie rêveuse, sur le titre maître. Et enfin Ariel Engle, nouvelle recrue, dont la voix se révèle aussi stratosphérique que celle d’Elizabeth Frazer sur le plus électro « Gonna get better » ainsi que « Halfway home ». Brendan Canning et Kevin Drew sont toujours à la baguette d’une formation dont la musique reste, en général, luxuriante et célébratoire, même si certaines plages sont un peu plus downtempo. Et la plus riche, « Vanity hail kids », lorgne même vers Arcade Fire. Luxuriante et puissante comme sur le très électrique « Old dead young », la piste qui clôt ce long playing. On regrettera cependant ce recours un peu trop systématique à l’électro (synthés, boîte à rythmes) et parfois même aux samples. Pas que ces sonorités synthétiques soient envahissantes, mais plutôt inappropriées. Et puis surtout l’absence de titres véritablement irrésistibles…

 

Hoboken

H.B.K.N. (Ep)

Écrit par

Hoboken n’est pas une formation issue de la région anversoise, mais un quintet tournaisien, dont la plupart des musiciens ont été biberonnés au punk et au post punk. Celui des Ramones, Clash, Pistols, Dead Kennedys, Undertones, Ramones, Mekons et on en passe. Découpé en 6 titres, cet Ep trahit inévitablement ces influences. Les chœurs dont vindicatifs, dans l’esprit du duo Strummer/Jones. Le lead vocal est plutôt déclamatoire, parfois proche du slam, à l’instar de l’enlevé « Democracy ». En général imprimé sur un tempo 4/4, cette plage se distingue par des inflexions scandées rappelant quelque part les rappeurs qui accompagnaient Serge Gainsbourg, sur « You’re under arrest ». La ligne mélodique est soignée. Parfois on pense aux Babyshambles, même si les deux derniers morceaux, « Work it out » et « Stay » sont plus élaborés, le soliste s’autorisant même l’un ou l’autre petit solo, mais judicieusement incorporé. On ressent bien le DIY des sessions ; ce qui finalement ne nuit pas trop au style musical en présence, puisqu’il reflète l’attitude d’une certaine époque…

Les textes traitent de sujets très actuels, comme celui des jeunes très connectés, mais totalement déconnectés de la réalité parce qu’ils se coupent des relations humaines…

L’album est en préparation.

 

Kendji Girac

Ensemble (live)

Écrit par

Immédiatement après avoir remporté une victoire écrasante (méritée ?) lors de la troisième saison de ‘The Voice’, Kendji Maillé (NDR : de son état-civil) a immédiatement été propulsé sur les ondes radiophoniques grâce à « Bella », un single issu d’un album paru chez Universal ! Son succès a été aussi immédiat que fulgurant !

Son second opus studio, « Ensemble », a été suivi d’une tournée qui a enregistré pas moins de 100 dates sold out.

Et c’est lors du concert accordé à Forest National, en novembre dernier, que ce périple a été immortalisé.

Le succès est-il un gage de qualité ? Pas certain. Démonstration !

La prose. D’une légèreté éhontée, les textes tombent dans une facilité affligeante. Si on peut aisément comprendre que le noyau dur de ses aficionados figure parmi les plus jeunes, doit-on pour autant les considérer comme des imbéciles ?

Les thématiques aussi. Elles baignent dans un élan dramaturgique effarant et peu à propos. On y parle de l'amour, évidemment. Mais sans la moindre crédibilité. La portée de la déclamation faite à la Madré (« Les yeux de la mama ») est certes attendrissante, mais manque singulièrement de relief. Enfin, son regard porté sur une société qui baisse les bras (« Où va le monde ? »), n’est pas davantage convaincante. Il ne s’agit que de quelques exemples parmi d’autres, au beau milieu de ce qu’on pourrait comparer à un véritable massacre…

Par contre, le jeune artiste mise sur des chansons qui font la part belle à l’humeur festive communicative. C’est chantant. Très dansant aussi.

Au total, vingt chansons dans la parfaite continuité de la carrière de l’artiste. Tout est très formaté. Sans âme ! Cette musique gypsy revisitée par des sonorités modernes ne devrait soulever l’enthousiasme (grandissant ?) qu’auprès de fans énamourés qui pourront disposer là d’un bon sujet de conversation, dans les cours de récréation…

Page 1 sur 4