Les mille destins d’eightycuts

Nouvelle signature du label Teenage Menopause, eightycuts réunit Siam Coudrais à la batterie et Grégoire Léauté Culioli à la guitare et au chant. Le duo publiera son premier long playing, Thousand Fates, le 25 septembre 2026. Inspiré par Solénoïde de Mircea…

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Twin Temple, amants maudits ?

Établis à Los Angeles, Alexandra et Zachary James, mariés à la ville, publieront leur troisième elpee, « Doomed Lovers », le 23 octobre sur leur propre label, Pentagrammaton Records, distribué à travers le monde par Secretly Distribution. L'annonce survient…

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Fine Lame

La vie explosive de Fine Lame

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Groupe de rock poétique incisif, enflammé, tumultueux, exalté, tranchant, Fine Lame convoque le rock français à appétence littéraire et la tradition du spoken word anglo-saxon.

Le groupe a sorti un premier Ep 5 titres le 29 novembre 2022 qui évoque tant le désenchantement historique, la fin de siècle, la mélancolie contemporaine, que l’envoûtement spectral de la nuit. 

Il dévoile aujourd’hui un second Ep, « Vivre comme on éclaterait », recelant 6 titres en français, enregistré et mixé par Thomas Lascoux au studio La Kapsule.

Recueil habité de visions hallucinées servies par des instrumentaux enlevés, il s’autorise aussi des morceaux plus tendres, tel que le lancinant « Peines perdues ».

En lorgnant mélodiquement presque du côté de la chanson française, il en explore ses possibilités de diffraction par le spoken word (« Renverse le soleil sur la table »), voire le jazz, influence notable sur la ballade en cinq temps Librement, comme un cri. L’Ep culmine lors de la folle embardée crépusculaire « Cha-cha-cha de L’Apocalypse » et le morceau-titre, point d’orgue incendiaire d’un objet tiraillé entre colère, tristesse et extase.

Le clip du « Cha-cha-cha de L’Apocalypse » est à découvrir là

Lame

Lame à l’extérieur…

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Lame (‘boiteux’ en anglais) propose une musique qui claudique entre luminosité pop et ambiances ombrageuses : un rock dans la lignée de groupes comme Arctic Monkeys, Bloc Party ou encore Interpol...

Lame a été fondé à Nantes en 2018, lorsqu’Etienne Sauvage a voulu créer un nouveau projet autour de ses propres compositions. Il contacte immédiatement Bertrand Gavroy, bassiste rencontré sur un précédent projet. Ils sont ensuite rejoints par David Pecheloche à la guitare lead et Nicolas Wendling à la batterie. Ce dernier, réalisant son rêve de faire le tour du monde, sera rejoint par Meivelyan Jacquot, pour en écrire une nouvelle page.

En juin 2023, Lame enregistre les 8 titres de son 1er elpee, "Up, Down, Aside", au studio Arpège. Outre ses prestigieuses références (Roger Hodgson, Orange Blossom, Inuit...), ce studio nantais offre un espace idéal pour l’enregistrement en conditions live. C’était une volonté forte du groupe de restituer cette énergie qui alimente la musique, tout en soignant la qualité de production.

Résultat : entre ombre et lumière, cet album compact, dense et d’une redoutable intensité puise dans des univers musicaux variés pour forger une grammaire personnelle. "Up, Down, Aside" explore les oscillations de la vie, entre romantisme désabusé, cynisme enamouré, jeux poétiques et réflexions métaphysiques, en cultivant plus que jamais l’art du paradoxe.

Pour voir et écouter le second clip, "Earthquake", c’est là

Lame

Pleasantly Disappointed (Ep)

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Premier Ep pour ce quatuor nantais drivé par l’auteur-compositeur, guitariste et chanteur Etienne Sauvage. Antinomique, le titre du disque (‘agréablement déçu’) serait inspiré du pessimisme récurrent affiché par le bassiste.

Funkysante, un peu dans l’esprit de Franz Ferdinand, la guitare rythmique canalise les deux premières plages. Soit « Summer sun » qui se distingue par son refrain hymnique. Puis « Relieved », dont le sens mélodique semble emprunté à Sharko.

La voix d’Etienne devient lascive tout au long de la ballade mid tempo, « Granted ».

Dernière piste, « In the desert » s’étale sur près de 7’. Elle adopte d’abord le tempo d’une valse, entrecoupée de flashes cinématographiques (pensez aux westerns de Sergio Leone et par conséquent aux B.O. de d’Ennio Morricone), avant que le guitariste ne s’autorise un billet de sortie, dans un style réminiscent des seventies….

Angelo Badalamenti + David Lynch

Thought Gang

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Après avoir réhabilité John Carpenter, il semble que le label de Brooklyn, Sacred Bones, ait décidé de mettre en exergue des cinéastes cultes ! Il y a près de 25 ans, David Lynch et Angelo Badalamenti enregistraient « Thought Gang » ; mais cet opus vient enfin de bénéficier d’une sortie officielle ! Une conséquence de la 3ème saison de ‘Twin Peaks’, probablement… 

En mode spoken word, le jazz expérimental du duo avait été interprété en totale improvisation et faisait suite à leur collaboration sur la première saison de la célèbre série policière télévisée ; mais le résultat n’avait jamais été gravé depuis. Grady Tate, le batteur d’Herbie Hancock, y avait participé.  

Free jazz, cette musique n’est, bien entendu, pas facile d’accès ; et ce n’est pas une surprise lorsqu’on connaît l’univers barré, déroutant, intéressant et unique de Lynch.

Un album avant-gardiste, à la limite de l’art contemporain. Plus ‘Island Empire’ que ‘A True Story’, donc…


 

In Flames

Sounds From The Heart of Gothenburg

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In Flames appartient à cette catégorie de formations qui semblent nées, il y a peu de temps, alors qu’elles comptent au moins un quart de siècle d’existence. Il est vrai qu’on ne s’en rend pas toujours compte. Et quoi de mieux, au final, que de fêter ses vingt-six bougies en offrant à ses fans, un enregistrement public. Il remonte à deux ans (le 8 novembre 2014, pour être précis) et a été immortalisé au ‘Scandinavium’, mythique salle de spectacle suédoise de la ville côtière de Göteborg. Et le choix de ce lieu n’est en rien dû au hasard : le quatuor voulait en effet enregistrer ce live sur ses terres. ‘C’est notre ville d’origine et c’est juste génial pour nous de pouvoir rendre quelque chose à cette ville qui a vu naître nos premiers pas’, explique le vocaliste, Anders Friden. ‘C’est un superbe endroit pour y jouer. Après le show, je me suis rendu compte que je ne savais pas encore combien de temps le Scandinavium allait encore exister. C’est donc une bonne chose de garder une trace de cet endroit, parce que c’est vraiment un stade légendaire. Je me suis rendu à des tonnes de concerts de Metal ici au cours de ces dernières décennies. J’y ai vu tous mes groupes favoris’. Un endroit donc symbolique, autant pour les artistes qui se produisent ce soir-là que pour les quelques 10 000 aficionados qui se sont déplacés en masse en cette soirée automnale. C’est donc un Scandinavium archi sold out qui attend de pied ferme les stars du Metal mélodique.

Des lumières bleues électriques scintillent sur le bas de la scène, masquée par un énorme rideau noir. Les baffles crachent les premiers riffs de « In Plain View », titre d’ouverture de « Siren Charms », sorti à peine deux mois avant la captation. Anders Friden lance son premier cri de guerre, donnant le signal pour la chute du rideau et l’explosion d’une nuée de confettis dorés dans toute la salle. Le ton est directement donné : les Suédois ont décidé de tout donner ce qu’ils ont dans le ventre. Pas de décor ni même de backflag, la prestation des artistes est au cœur du show. Casquette frappée du logo du band sur la tête, Anders s’époumone comme un beau diable, alternant hurlement et chant plaintif. Sourire aux lèvres la plupart du temps, les autres artistes lancent de temps à autre des regards complices à la fosse, mais restent principalement concentrés sur leur instrument. Pas besoin de gesticuler inutilement, plus rien à démontrer : les Suédois sont venus partager leurs compositions qui, au fur et à mesure des années, sont passées d’un Death Metal mélodique clairement identifié à un son à la ‘In Flames’, incomparable.

Une heure et demie de show nourries par onze elpees studio. Autant dire que les musicos avaient l’embarras du choix, même si la sélection n’a pas été des plus simples. D’ailleurs, les plus anciens morceaux sont passés à la trappe. ‘Si nous avions interprété les morceaux de chaque album, nous aurions pu y passer toute la nuit…’, plaisante Björn Gelotte, un des deux guitaristes. ‘Ce DVD est pour toute personne qui nous a suivis le long de notre carrière, avec des morceaux des premières années, de l’époque intermédiaire et de la nouvelle ère. Notre audience est vraiment diversifiée, c’est incroyable. Il me semble qu’on est devenu une sorte de pont dans le Heavy Metal, depuis qu’on joue de la musique agressive, mais néanmoins toujours accessible’. Un constat qui se confirme par les nombreux plans pris de la foule, fans d’hier et d’aujourd’hui, constamment occupés à chanter les morceaux à tue-tête ou clamant le nom du band entre les morceaux.

De la fosse aux balcons, les amateurs de sonorités puissantes ont fait un voyage dans le temps, la set list transitant de « Resin » (’99) à « Rusted Nail » (’14), en passant par « Only for the Weak » (’01), « Fear is the Weakness » (’11) et « The Quiet Place » (’04). Les titres incontournables, tels que « Cloud Connected » ou, en final, « Take This Life », ont évidemment entraîné l’ivresse de masse qui leur revient. Alors que le gâteau était déjà bien appétissant, on a alors droit à une belle cerise sur le gâteau, déposée par Emilia Feldt, la soprano danoise, lorsqu’elle vient poser la voix sur « When The World Explodes ». Beau et bon, ce ‘live’ est en outre particulièrement intéressant, car, après l’avoir visionné, on se surprend à se dire : ‘Ah ouais, quand même…’ En un peu plus de 90 minutes, In Flames parvient à démontrer toute la palette musicale déployée au cours de ces deux dernières décennies. Un groupe qui a grimpé petit à petit les échelons pour devenir, aujourd’hui, un des incontournables de ce Metal inclassable, toujours inconfortable quand on souhaite le mettre dans tel ou tel tiroir, mais désormais reconnu de toutes et tous. Si le band scandinave n’avait pas fait l’impasse sur ses premières années de carrière, davantage Death Metal, ce DVD aurait été parfait.            

 

In Flames

Siren Charms

Écrit par

Réunissant le chanteur Anders Fridén (chant), les guitaristes Björn Gelotte et Niclas Engelin ainsi que le bassiste Peter Iwers et le drummer Daniel Svensson, In Flames est né en 1990, à Gothenburg, en Suède. Depuis sa formation, il a publié onze elpees : « Lunar Strain » (1994), « The Jester Race » (1995), « Whoracle » (1997), « Colony » (1999), « Clayman » (2000), « Reroute To Remain » (2002), « Soundtrack To Your Escape » (2004), « Come Clarity » (2006), « A Sense Of Purpose » (2008) « Sounds Of A Playground Fading » (2011) et « Siren Charms » en septembre dernier. Il est également responsable de trois Eps : « Subterranean » (1995), « Black-Ash Inheritance » (1997) et Trigger (2003), ainsi que d’un DVD live « The Tokyo Showdown » ( 2001).

In Flames pratique un death metal particulièrement mélodique. En fait, les Nordiques ont une approche très personnelle du métal, privilégiant avant tout la qualité et l’accessibilité des compos.

Découpé en 11 plages « Siren Charms » se caractérise d’abord par ses refrains immédiats. La voix est harmonieuse ; les hurlements semblent appartenir au passé. Tout est pensé pour séduire le mélomane du genre. Les compos sont parfaitement calibrées afin d’atteindre une efficacité optimale. Même l’artwork de la pochette a été étudié pour accentuer ce pouvoir de séduction.

Quoique particulièrement énergiques, « In Plain View » et « Everything's Gone » sont sculptés dans des riffs de guitares bien dosés. Pas de risque d’agression. Excellents, « Paralyzed », « With Eyes Wide Open » et « Dead Eyes » sont encore plus accessibles. Parfois les guitares sonnent comme des claviers. Le drummer fédère le tout et appuie judicieusement le timbre clair et délicat du chanteur. Et si « Through Oblivion », « Rusted Nail » et « Siren Charms » sont des titres carrément commerciaux, « Monsters In The Ballroom » et « Filtered Truth » rivalisent d’insipidité. Plus consistant, « When The World Explodes » opère un retour judicieux dans le passé. A conseiller aux amateurs du style…

Head Full of Flames

Seven song (Ep)

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Elliott Smith, Daniel Johnston, Kaki King, Deerhunter, Daniel Lanois, Bonnie 'Prince' Billy, Nick Drake et Sam Amidon sont les principales influences citées par la presse néerlandophone, lorsqu’elle présente Head Full of Flames. Une formation issue de la région de Louvain, fondée en 1998, par Sim Van Thienen et Jan Evenepoel ; un duo rejoint depuis peu par Lotte de Troyer et PJ Seaux.

Trempée dans l’americana, leur solution sonore est tantôt riche, tantôt dépouillée. Les musicos ont ainsi recours au banjo, aux guitares acoustiques mais aussi électriques, à la lap steel, à l’ukulélé, aux drums (feutrés !), aux percus, à la basse, aux claviers, au piano et à la trompette. Les harmonies vocales sont limpides, diaphanes, et sont conjuguées, le plus souvent, par Sim, Jan et Lotte.

Perso, ce sont les plages les moins lo fi qui me bottent le plus. A l’instar de « Five Times », de « Wide lines ». Ou encore de « Neon light ». Subtilement parfumée de swing, elle affiche un ton manifestement plus optimiste. Tout au long de ces trois morceaux, des accès d’électricité y sont dispensés parcimonieusement, mais judicieusement, se mêlant parfaitement aux cordes de gratte acoustiques, insufflant davantage d’intensité aux compos. A tel point qu’elles peuvent parfois évoquer Red House Painters, mais sans la voix douloureuse de Mark Kozelek. Ce qui rend le climat mélancolique, au sein duquel baigne cet Ep, plus doux. A contrario, sur les compos les plus dépouillées, une sensation de spleen est susceptible de vous envahir insidieusement. Pas trop longtemps heureusement, car ce disque ne recèle que 7 titres. Head Full of Flames nous démontre cependant qu’il recèle un énorme potentiel. Un groupe à suivre attentivement, c’est une certitude.

 

(Please) Don’t Blame Mexico

Concorde

Écrit par

Le patronyme de ce groupe traduirait-il un signe d’apaisement manifesté par la diplomatie du Quai d’Orsay face à celle de Felipe Calderon dans l’affaire Cassez (NDR : cette jeune française a été emprisonnée au Mexique pour un crime, lié au cartel de la drogue, qu’elle pourrait ne pas avoir commis) ?

Fondé à Paris en 2006, (Please) Don’t Blame Mexico a publié plusieurs Ep avant de graver ce premier elpee. Une bonne manière de se rôder, en quelque sorte. Dès les premières notes du titre d’entrée, « The Protocol », le ton est donné. La voix est claire. La rythmique diablement efficace et les accords de piano sautillants soutiennent l’ensemble. Franz Ferdinand, XTC ou les Harlem Shakes nous traversent l’esprit. L’ambiance est très second degré. Et des titres aussi absurdes que « Michel Foucault (Saved My Life ») ou « Elephant Man » en sont les plus belle illustrations. Leur pop est efficace, sophistiquée et tient parfaitement la route. Caractérisé par ses interventions à la trompette, « Durango » s’illustre par sa mélodie parfaite. « Bribing Lonesone Drives », également, mais cette plage baigne plutôt dans les claviers 80’s… Un album qui sent déjà le printemps…

‘And please Don’t Blame Them for copying Franz Ferdinand… but please Don’t Forget to thanks the English Pop Music’.

Hollywood Blue Flames

Road to Rio

Écrit par

Delta Groove est un label californien. Il est sans aucun doute un des plus actifs et dynamiques dans l’univers du blues, aujourd’hui. Croisons donc les doigts afin qu’il poursuive cette route le plus longtemps possible et que son boss, Randy Chortkoff, puisse continuer sa mission au service du blues. Et il est fier de ses choix, l'ami Randy! Et en particulier celui d’avoir signé les Hollywood Blue Flames. Qui viennent de commettre un nouvel opus ou plus exactement un double album. C'est-à-dire "Road to Rio" accompagné d’un 2ème elpee. Baptisé "Larger than life", ce dernier réunit des enregistrements ‘live’ inédits issus de leur première incarnation sous le patronyme de Hollywood Fats Band. Cette œuvre est également un pari, car ces musiciens militent également hors du cadre des H.B.F. et ne peuvent raisonnablement reproduire cette expérience sur les planches. Mais, l'important, c'est le blues, c'est le feeling, c'est le plaisir d'entendre ces musiciens qui véhiculent leur flamme musicale. Vous avez tout à fait raison, Mr Chortkoff! Qui sont donc les Blue Flames actuels? Les anciens, le chanteur harmoniciste Al Blake, le pianiste Fred Kaplan, le bassiste Larry Taylor et le batteur Richard Innes ainsi que le jeune guitariste noir, Kirk "Eli" Fletcher. En 2005, "Soul sanctuary" était déjà paru chez Delta Groove. Ce nouvel opus, "Road to Cairo", est le fruit de plusieurs séances d'enregistrements opérées entre 1996 et février 2006.

Le titre maître ouvre la plaque. Fred Kaplan se réserve l'orgue Hammond. La guitare de Fletcher est bien amplifiée. Al Blake chante cette plage nerveuse, très contemporaine. Kirk ne tient guère en place et ne peut attendre bien longtemps avant d'éclater dans un solo détonant. "Everyboy's blues" baigne au sein d’un blues de bonne facture. Faut dire qu’il est interprété par des serviteurs qui ont tellement d’années d’expérience. Al Blake assure les vocaux. Le tempo imprimé par Innes prend une coloration très John Lee Hooker ; une tonalité renforcée par le travail rythmique de Fletcher et le piano de Kaplan. "Coffee grindin' man" macère dans le Chicago Blues. Celui de la grande époque des 50s : très Southside. Le piano est passé à l'avant-plan. Al se met à souffler comme Sonny Boy II. Que du bonheur! Et on retrouve cette même ambiance tout au long de "Long black Cadillac". De nouveau plus contemporain, "Steady rollin' est hydraté par l’orgue. Les cordes sont généreuses. S’appuyant sur une rythmique chère à Billy Boy Arnold, la sensibilité de l'harmonica est, pour la circonstance, bien plus proche de Little Walter. Instrumental, "Gumbo grinder" date de plus de 10 ans. Interprété sous la forme d’un trio, il implique Fred, Richard et Larry ; un vrai gumbo louisianais qui sonne très New Orleans et flirte avec le boogie woogie. Al Blake chante "Gona away" en s’accompagnant à la guitare acoustique ; un blues envoûtant au cours duquel, son célèbre ami, Kim Wilson, souffle passionnément dans son harmonica. Autre instrumental, "3rd degree burn" met en exergue toute la verve et l'inventivité du guitariste Eli Fletcher, véritablement impressionnant dans son style. Al Blake s’inspire manifestement de Howlin’ Wolf pour attaquer "Let's rock a while". La rythmique est efficace. Al double la guitare et l'harmo. Tout le talent de Blake à l’harmonica éclate sur " Dr Black's boogie", un troisième instrumental brillant, puissant, au cours duquel on ne peut s’empêcher de penser à Little Walter, Junior Wells ou encore James Cotton. Chatoyant, le "Sharpest man in town" de LC McKinley implique Tom Fabre au sax ténor. Cet elpee bénéficie encore de trois bonus tracks rehaussés par la présence de Junior Watson. Ce génie des cordes a souvent été à leurs côtés. Il était probablement le seul à pouvoir rivaliser avec Hollywood Fats. Son talent, sa technique, sa puissance et sa présence. Sa collaboration est prodigieuse tout au long de "Junior's boogie rocket". Et on le retrouve, bien sûr, lors de l’adaptation du "Let me love you" de Willie Dixon et le "Honeydripper" de Roosevelt Dykes.

Le deuxième cd s’ouvre par "Fats fries one". Le changement n'est pas radical mais le son est différent. Un démarrage extraordinaire ! Hollywood Fats est au sommet de son art. Sa technique et sa vitesse d'exécution sont absolument déroutantes. Mais cette plage est un véritable mystère : pas de date ni de lieu d’enregistrement. Pas de renseignements relatifs aux musiciens en présence. Une chose est sûre : c'est bien ce diable de Fats qui est aux cordes! "Nasty boogie woogie" est une bien curieuse plage. Fred Kaplan tire son épingle du jeu au piano. Il est soutenu par Larry Taylor à la basse et John Boudreaux aux drums ; mais c'est Hollywood Fats qui chante ou plutôt présente et shoute d'une voix bien chaude. La reprise du célèbre "Sidetracked" de Freddie King a été enregistrée sur une cassette portable au Belly Up Tavern. En 1980. Le son est loin d’être hi fi ; mais les instrumentistes affichent ici une classe incomparable. Deux plages ont été immortalisées lors de l’édition 1979 du Monterey Jazz Festival. En backing band du shouter saxophoniste, Eddie ‘Cleanhead’ Vinson : "Kidney stew blues" et "Cleanhead blues". Deux superbes fragments au cours desquels les parties de saxophone et de guitare valent le détour. Toutes les dernières plages ont été immortalisées au White House de Laguna Beach. En 1980. Un concert exceptionnel qu’il aurait fallu ne manquer sous aucun prétexte. Le niveau musical flotte au-dessus de la norme. La version de "Shake rattle and roll" est de la pure dynamite. L’explosivité du guitariste fait des ravages. Fred Kaplan se déchaîne sur son vieux piano. Une plage qui vaut à elle seule l'achat de ce double album! Et je le répète une nouvelle fois, si le son n'est pas parfait, la prestation des musiciens nous entraîne dans un autre univers. Al Blake se réserve l'harmo pour exécuter le "This little voice" de AC Reed. Un autre shouter fait son entrée sur scène : Roy Brown. Il chante "Love for sale", un slow blues fiévreux et participatif, ainsi que le jump blues "Boogie woogie blues", caractérisé par la présence d’une guitare qui refuse de rendre l'âme. Ce superbe recueil s’achève par "Motel time". Fats se consacre, pour la dernière fois, aux vocaux. Un album absolument indispensable. Mais également un hommage vibrant à Michael Mann, alias Hollywood Fats, qui nous a quittés, victime d'une crise cardiaque, il y a tout juste vingt ans…

Cornflames

197666

Écrit par

Groupe belge, Cornflames pratique un émorock proche de Jimmy Eat World ou des Get up Kids. Intitulé « 197666 », leur nouvel EP 5 titres est plutôt fichu. Une chose est sûre, il devrait plaire aux aficionados du genre, en Belgique. Faut dire que notre plat pays recèle peu de combos évoluant dans ce style trusté en général par des formations issues des States. Des Cornflames qui pourraient tout à fait en revendiquer l’origine. Et c’est un compliment… On les imagine bien en short baggy, un maxi de Pepsi en main, occupés à jouer « This is how it feels », leur morceau le plus catchy, au bal prom’ du collège de San Antonio. Bon, évidemment, il faut avouer un faible pour MTV, « Pimp my ride » et ce genre de chose. Dès lors…

Hollywood Blue Flames

Soul sanctuary

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Jadis célèbre sous le patronyme Hollywood Fats Band, les Hollywood Blue Flames perpétuent la flamme du west coast jump blues. Il y aura bientôt vingt ans que Michael ‘Hollywood Fats’ Mann nous a quittés. Les quatre autres musiciens (Al Blake au chant, à l’harmonica et à la guitare, Richard Innes au drums, Fred Kaplan au piano et Larry Taylor à la basse) n'étaient pas des manchots. Ils ont donc décidé de poursuivre l’aventure sous la bannière des Flames, embauchant au passage le jeune prodige noir californien Kirk Fletcher, pour succéder dignement à Fats. A ce jour, ils ont commis trois elpees : tout d’abord "Doctor Blake's Pop-X Magic Soul Elixir" (NDR : Il vous sera présenté prochainement, puisqu’il a été réédité en 2004). Ensuite "Est A long time ago", paru en 2003. Les deux opus chez Soul Sanctuary. Et enfin, avec la complicité de la très dynamique équipe de Delta Groove, le judicieusement baptisé "Soul sanctuary". Très sollicité, Kirk Fletcher semble avoir le don d'ubiquité. Car les Hollywood Blue Flames se produisent souvent en compagnie du guitariste Nathan James. Au cours des 90’s, Big Al Blake avait fondé son label Blue Collar. Une écurie responsable de la sortie de quelques plaques impliquant les anciens du Fats Band : Jr Watson et Kid Ramos se partageaient les guitares sur "Mr Blakes blues", Fred Kaplan avait concocté "Signifyin" et Kim Wilson, "My blues".
 
L'album s’ouvre par "Flambed", un instrumental qui ne manque pas de panache. Kirk Fletcher est immédiatement placé sous les feux de la rampe. Son west coast jump est tellement coloré qu'il nous fait immédiatement penser à Hollywood Fats. Le tempo monte encore d'un ton pour le "Nit wit" de LC McKinley. Un cuivre tapisse le décor sonore. Rien ne semble pouvoir arrêter les cordes de Fletcher. Elles baignent dans une ivresse que partage les ivoires de Fred Kaplan. Le rythme se fait bien paresseux lorsque Al Blake se met à chanter le blues lent très dépouillé "The land of Calieo". Signé St Louis Jimmy Oden, "Soon forgotten" se maintient au cœur de ce climat relaxant. De son timbre légèrement fausset, Al Blake chante distinctement. L'instrumentation légère ne laisse filtrer que les notes qui s’échappent des ivoires de Kaplan, avant que Kirk ne parachève le travail par un solo tout en retenue. "He's a bluesman" est à peine plus rythmé. Plus proche de la Nouvelle Orléans sans doute, grâce au jeu de percussions de Innes et du piano syncopé de Fred, Blake s’y réserve un subtil solo d'harmonica. Une plage qui se poursuit par un échange funky entre les percussions et le piano devenu jazzyfiant. Tramé par le piano que double l'orgue Hammond, "Jo Angelyn" est un merveilleux instrumental. Un mambo au cours duquel Fletcher dispense un solo très inspiré et délicatement construit. A cet instant il est très proche d'un Otis Rush des grands jours du Chicago Westside. Le traitement réservé à "I'm a lucky lucky man" est remarquable. Tout au long de ce Chicago shuffle, Kirk se montre aussi brillant que le Jimmy Rogers contemporain, tandis que Fred tapote son piano comme Otis Spann. Autre blues rythmé, "Black cat bone" permet à tous les acteurs de se présenter sous leur meilleur jour. Un fragment toujours très Chicago au cours duquel Blake souffle comme Sonny Boy2. Pour le titre maître, H.B.F. a choisi un instrumental gracile. Jazz blues bien swinguant, "My national inquerer baby" met en exergue le saxophone et bien sûr la basse acoustique de Larry Taylor. Blues lent très fin de soirée, "Coco puffin" exhale des relents de tabac. Al Blake souffle avec délectation et chante correctement ce type de répertoire. Fred est à l'orgue Hammond. Kirk opère un solo personnel, explosif même ; sans doute le meilleur de l'album. L’opus nous réserve deux bonus tracks. Tout d’abord l’instrumental "Big foot's boogie", un boogie woogie taillé sur mesure pour Fred Kaplan, maître dans le style. Ensuite le "You're sweet" de Jimmy Rogers. Interprété tout en feeling par le duo Al Blake/Kim Wilson. Le premier à la guitare acoustique et au chant. Le second à l'harmonica. Un régal! Pas étonnant que cet opus soit d’excellente facture, quand on assiste à une réunion d’autant de musiciens talentueux…

Hollywood Blue Flames

Est. A long time ago…

Écrit par
Répondant autrefois au patronyme de Hollywood Fats Band, les Hollywood Blues Flames roulent leur bosse depuis trois décades, et pratiquent aujourd’hui ce qu’on appelle du post modern blues. Alias Hollywood Fats, le charismatique et regretté guitariste Michael Mann, nous a quittés voici plus de 17 ans, à l’issue d’un concert accordé au Music Machine de Los Angeles. Aussi, décemment, les musiciens ne pouvaient pus revendiquer le nom du défunt leader. Marqué par leur album légendaire paru en 1979, sur PBR, le West Coast Jump blues si populaire de nos jours, était déjà leur apanage à l'époque. La formation d'alors avait eu le bonheur d'accompagner des artistes tant revendiqués au cours de ces dernières années : George"Harmonica" Smith, Percy Mayfield, Big Joe Turner, Lowell Fulsom. Ils assurèrent même le backing groupe de Johnny Shines et Lightnin' Hopkins. Hollywood Fats possédait un talent immense. Il n'avait que 32 ans lors de sa disparition. Son HF Band post mortem avait sorti, l'année dernière, l’elpee "Dr Blake's Magic soul élixir", sur le label Soul Sanctuary. Puis ce disque sous la nouvelle dénomination.
 
Qui sont les musiciens? Leader, Al Blake se réserve le chant, l’harmonica et épisodiquement la guitare, Fred Kaplan, les claviers, Richard Innes, la batterie (NDR : à la fin des 60s, il sévissait chez Bacon Fat en compagnie de Rod Piazza et Georges Smith), et Larry Taylor (membre fondateur de Canned Heat), la basse. Enfin, le poste de guitariste a été confié à Eli Kirk Fletcher. Influencé par Junior Watson et…Hollywood Fats, ce jeune noir de 28 ans est une des valeurs montantes.
 
L'album s’ouvre par "Flambe'd", dans un style jump pur et dur, imprimé par Kirk Fletcher. Magnifié discrètement par la basse acoustique de Larry Taylor, "Black cat bone" conserve ce rythme cher à la West Coast. Faut dire qu’en bénéficiant d’une telle section rythmique, il est devenu tellement aisé de swinguer. Fletcher respire la forme. Il s'éclate sur le rythme enlevé de "Nit wit", une composition de L.C McKInley. Le jeu est vif et clair, communiquant un côté boogie à l’ensemble, que Kaplan ajuste à son compte de son piano aux accords sautillants. "Bunk's blues" est un blues lent, langoureux, très fin de soirée, pas éloigné d'un Charles Brown. Fred disserte avec beaucoup d'âme. Kirk se mue en T-Bone pour cette plage manifestement trop courte. Basse, drums et guitare rythmique impriment un funk sobre et léger à l’adaptation du "He's a bluesman" de Juke Boy Bonner. Le piano prend des accents jazzy. L'harmonica est autoritaire. "Long black cadillac" est un Chicago blues classique, nonchalant, assez feutré. Al chante paresseusement. Kaplan assure bien son rôle et c'est l'harmonica de Blake qui prend son billet de sortie. Fred passe à l'orgue Hammond pour attaquer "Takin' care of business". Une formule qui apporte du sang neuf à l’ensemble, même si le climat lorgne de toute évidence vers Chicago. Tout en finesse, délicatesse et concision, le jeu de Kirk Fletcher fait merveille sur "Soon forgotten". Il n’y a rien de trop ni de trop peu. Big Al Blake tire son épingle du jeu à l’harmonica sur "Coco puffin". Un superbe blues lent, basique, dépouillé, nappé d’orgue Hammond, éclaboussé de petits flots de notes déterminées par la guitare, dont le solo est vraiment à la hauteur. Dans un style inspiré au départ par BB King et Mike Bloomfield, il y insuffle toute sa personnalité. Impressionnant ! Chicago shuffle bien entraînant, "I'm a lucky, lucky man" se signale de nouveau par la parfaite mise en place des différents acteurs. Un parfum d’exotisme, mais aussi du Westiside de Chicago embaume "Jo Angelyn. L'album s’achève par deux apparitions en solitaire d’Al Blake. Il chante et joue de la guitare acoustique sur "You don't know my mind" et "Miss Nitroglycerite". Deux fragments absolument roots qui baignent dans les eaux du Delta! Ce très bon album de blues n’a été, paraît-il, tiré qu’en nombre tr ès limité. Il est vrai que je n'ai jamais eu le loisir d’entendre un seul morceau de "Dr Blake's Magic soul elixir", le précédent opus, pourtant paru sur le même label.

In Flames

Soundtrack to your Escape

Écrit par
La neuvième livraison des Suédois d'In Flames est la suite logique de "Reroute to Remain", un elpee qui avait crée l'effet de surprise en 2002. En ajoutant à son power trash des éléments mélodiques particulièrement forts et quelques effets électroniques, In Flames avait réussi à s'imposer comme une des valeurs sûres du metal scandinave, une tête d'affiche idéale. En commettant "Soundtrack", la formation ne prend aucun risque. Elle continue sur la même voie, tout en poussant sa démarche un peu plus loin. Les lignes mélodiques sont toujours aussi imparables (le superbe single « The Quiet Place »), les ambiances très légèrement inspirées par certains combos néo métal américain, sans tomber pour autant tomber dans les clichés du genre, et les morceaux les plus "death" révèlent toujours autant d'idées originales. A l’instar de Soilwork ou Atrocity, In Flames séduira autant les amateurs de metal moderne, de death, de gothique ou de trash. De la première à la dernière plage, on ne s'ennuie jamais. Une production monstrueuse ajoute à cet opus une dimension de toute puissance. Du travail de pro!

Set Fire To Flames

Telegraphs In Negative / Mouths Trapped In Static

Le collectif canadien (13 musiciens !) Set Fire to Flames navigue en eaux troubles, loin des contingences rabâchées de la pop et du rock. Pas de refrains, ni de mélodies, chez ces terroristes de la matière sonore : juste des bruits, des silences et des résonances, et parfois quelques réminiscences musicales, proches du post-rock ambient de Labradford ou des envolées chaotiques de GY !BE (dont l'on retrouve d'ailleurs ici certains membres). Pendant une heure et demie, Set Fire to Flames largue donc les amarres (pop, rock, électro, jazz) et nous emmène loin, très loin, à la découverte de terres inexplorées, du moins en musique populaire. Ces bruits de portes qui grincent, ces souffles effrayants, ces échos d'outre-tombe : l'univers de ces Canadiens rappelle en fait celui des maîtres de la musique contemporaine, de Pierre Henry (" Variations pour une porte et un soupir ") à Morton Feldman (cette impression de temps figé, suspendu). Parfois, cependant, on reconnaît quelques notes déjà défrichées ailleurs, du côté donc de ces groupes du label Constellation. Mais rien de vraiment palpable : juste une impression, fugace, comme un courant d'air qui fait claquer les portes. La musique ( ?) de Set Fire to Flames est peuplée de fantômes (le tétanisant " In Prelight Isolate "), dont on ressent la présence mais qui se défilent toujours, dès qu'on les cherche du regard. Autant vous dire qu'on n'écoute pas ce disque dans le noir.

The Blue Flame

It ain´t what it used to be

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Bien que fondé en 1996, ce groupe belge vient seulement d'enregistrer son premier elpee. Forts de leur expérience, consécutive à de nombreux concerts accordés principalement dans la région bruxelloise, les cinq musiciens de Blue Flame nous proposent un ensemble de compositions personnelles agréables. Celles-ci sont toutes signées par Alain Van Brussel (NDR : il partage quand même l'écriture d'un titre avec le bassiste). Ce multi-guitariste se réserve, en outre, le lead vocal. Ce dernier est tombé dans le blues il y a longtemps et a subi l'influence tant du Chicago blues des années 50 (Muddy Waters, Howlin' Wolf,..) que des pionniers du delta ; mais aussi des British Blues Boomers des années 60 (Mayall, Clapton, Fleetwood Mac,…) Ce qui explique pourquoi le style de la formation est très éclectique.

Le titre maître permet à l'ensemble des musiciens de se distinguer, Daniel Stijns assurant la deuxième guitare. "Goin' down" est assez surprenant. Il s'ébroue calmement ; puis arc-bouté par la rythmique (Sylvain Leonard aux drums et Philippe Deltombe à la basse) et canalisé par le feeling de Mario Dragon à l'harmo, il accélère le tempo. Plus 'funky', " Depression blues " confirme la dynamique que Blue flame veut donner à sa musique. Les accords dispensés tout au long de "Out of Dark" ne sont pas sans rappeler ceux de "Brown Sugar" des Stones. La diversité et la variété du répertoire est définitivement prouvée à l'écoute de titres acoustiques tels que "Elmore Johnson Blues" (un hommage vibrant à l'incontournable Elmore James et son jeu de slide) et "Mister Shuffle". Deux boogies (" Slo'motion " et " Dancing lady ") permettent au groupe de s'envoler. Notamment grâce aux riffs et soli d'harmo de Mario et au "gros" son de la guitare. Pour clôturer l'opus, The Blue Flame nous propose un slow blues. Une œuvre colorée, agréable à l'écoute, mais peut-être trop propre. En fait, elle manque parfois de pêche ! Pourtant, cet ensemble possède le potentiel pour mettre le feu ; et il l'a déjà prouvé sur les planches…

 

2 Foot Flame

Ultra drowning

2 Foot Flame, c'est encore une formation satellite de Mecca Normal, puisqu'on y retrouve Jean Smith et Peter Jefferies en sus de Michaël Morley. Un projet expérimental, puisque hormis trois titres, plus minimalistes, limités, un peu à la manière de Wim Mertens au piano et à la voix, le reste farfouille dans l'underground. Du Velvet ironiseriez-vous? Du Velvet; et ce n'est pas le fruit du hasard! A cause de ces mélopées monocordes envahies par un harmonium funèbre. Pensez un peu à Nico. D'autant plus que la voix de Jean possède des inflexions très proches de celles de feu la déesse de la lune. Mais encore et toujours le Velvet, lorsque meurtries par un feedback continu ou fouetté par un tempo tribal, hypnotique, les compositions développent un climat franchement obsessionnel...

 

The Violet Blue Flames

Years of innocence

Quatuor batave (Zwolle), les Violet Blue Flames pratiquent une soft pop inspirée par les Nits, Lloyd Cole et Ian McNabb, en apportant un soin tout particulier au sens mélodique de leurs chansons. "Years of innocence" secrète treize compositions tendres, moelleuses, romantiques, tout en pastel, raffinées tantôt par un violoncelle, un hammond ou un piano, et pigmentées par juste ce qu'il faut d'électricité pour ne pas déranger... Côté pile, "Under my skin", en ouverture, "Release me now" puis "Highland", en épilogue, sont assurément de petites perles. Côté face, l'absence de relief dans le registre finit par engourdir l'esprit. A consommer à dose homéopathique!

 

Blameless (UK)

The signs were all there

Issu des brumes du Yorkshire, ce quartette n'en est qu'à son premier opus. Et pour un coup d'essai, il faut reconnaître qu'il a réalisé un coup de maître... Un disque qui baigne dans une électricité tellement vivifiante, tellement rafraîchissante, que nous ne pouvons nous empêcher de penser aux ondes diffusées par le fameux single de Radiohead, "Creep". Faut dire que la production a été confiée à Paul Kolderie et à Sean Slade. Equipe responsable de la mise en forme des œuvres du groupe de Thom E Yorke. Mais également de Hole, Buffalo Tom et de Juliana Hatfield. Blameless joue en même temps sur l'ambiguïté entre la sensibilité mélodique insulaire, héritée de groupes du début des eighties comme Chameleons ou plus new wave comme The Sound, et l'énergie métallique du post grunge yankee. Pensez à Dig, Smashing Pumpkins et à Stone Temple Pilots. Le timbre vocal extraordinaire de Jareds parvenant même à faire glisser ses inflexions entre celles de Weiland (STP) et de Sting. Une référence! "The signs were all there" recèle cependant l'une ou l'autre composition semi acoustique. Plus conventionnelle, mais toujours aussi savoureuse, et notamment "Sympathy", ballade dont la force émotionnelle effleure la célèbre interprétation du "Hang on to a dream", commise fin des sixties par le Nice. Blameless? Irréprochable! C'est le cas de le dire...