Death Valley Girls de retour sur terre

Les Death Valley Girls sont une valeur sûre de la scène rock du sud de la Californie. Après avoir détruit la maison de la chanteuse Bonnie Bloomgarden à Altadena, les incendies dévastateurs qui ont ravagé la ville ont été une source d’inspiration poignante…

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Twin Temple, amants maudits ?

Établis à Los Angeles, Alexandra et Zachary James, mariés à la ville, publieront leur troisième elpee, « Doomed Lovers », le 23 octobre sur leur propre label, Pentagrammaton Records, distribué à travers le monde par Secretly Distribution. L'annonce survient…

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Manu Chao & Santa Fe Klan

Seulement Manu Chao et Santa Fe Klan…

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Le single « Solamente » marque la rencontre inédite entre Manu Chao, artiste incontournable de la scène alternative internationale, et de Santa Fe Klan, voix majeure de la jeunesse mexicaine. Santa Fe Klan, de son vrai nom Ángel Quezada, est l’une des figures montantes de la musique latine. Originaire de Guanajuato (Mexique), il fédère une communauté massive sur Instagram et YouTube

Après plusieurs années d’absence, Manu Chao revient en force avec son nouvel album « Viva Tu » sorti depuis peu, reconnu pour son authenticité et sa dimension engagée.

Porté par une guitare acoustique minimaliste et une énergie brute, « Solamente » met en dialogue deux univers que tout semble opposer, mais que l'engagement et l’humanité réunissent. Manu Chao pose ses mots avec sa spontanéité naturelle, pendant que Santa Fe Klan y apporte la profondeur et la rage contenue de toute une génération.

La vidéo de « Solamente » est disponible là

 

 

 

Manu Chao

Manu Chao et Willie Nelson en duo

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Après une attente de plusieurs années, Manu Chao a publié son nouvel album studio, ce 20 septembre. Intitulé "Viva Tu", c’est une œuvre vibrante et engagée qui témoigne de son parcours unique et de sa créativité sans limite.

Bien que ce soit son cinquième elpee studio, Manu n'a jamais cessé de nous surprendre. Toujours en quête de nouvelles sonorités et collaborations, il a partagé des scènes avec des artistes du monde entier, et ses chansons continuent de résonner dans les rues, les places et les festivals.

"Viva Tu" est le fruit de ces rencontres, un collage multiculturel et diversifié qui célèbre l'unité et la solidarité. Accompagné de musiciens de confiance, Manu nous offre un long playing aux couleurs vives, où chaque titre nous invite à réfléchir et à danser. Des messages forts, des rythmes entraînants et un espoir inébranlable se dégagent de cet opus, tout comme dans ses précédents projets.

Un disque passeport, une main tendue à toutes les diversités et leurs paradoxes. Les chansons de Manu Chao effacent toutes les frontières, elles puisent là où elles veulent, sur tous les continents, en toute liberté.

Après les singles "Viva Tu," "São Paulo Motoboy," et "Tu Te Vas" en compagnie de Laeti, place à "Heaven's Bad Day" en duo avec la légende de la country Willie Nelson. Si ses chansons sont polyglottes, c'est parce qu'elles parlent à la planète, sans distinction.

Le clip est à découvrir ici

 

 

Manu Chao

Manu Chao célèbre l’autre…

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Manu Chao, l'icône de la scène musicale mondiale, revient sur le devant de la scène en sortant un nouveau single baptisé "Viva tu". Après plusieurs années d'absence médiatique volontaire, l’artiste nous offre un avant-goût de son prochain opus tant attendu.

"Viva tu", produit par Radio Bemba et co-mixé par Manu Chao et Chalart58, constitue un hommage vibrant à l’humanité et à la diversité, une célébration de l’autre. Ce single, paru ce 29 mai 2024, capture l’essence de l’artiste avec sa simplicité désarmante et ses paroles touchantes. Il reflète les thèmes chers à Manu, tels que la communauté, les relations humaines et la beauté des moments simples de la vie.

"Viva tu" annonce également la sortie d'un nouvel elpee qui promet de transporter les auditeurs dans un voyage musical riche en émotions et en réflexions. Ce long playing, qui recèlera des titres inédits et des compositions en plusieurs langues (espagnol, anglais, français et portugais), explorera des thèmes contemporains tels que l’immigration, la critique sociale et l’amour pour la vie quotidienne.

Sur "Viva tu", Manu Chao nous rappelle que malgré les défis de notre époque, il existe toujours des raisons de célébrer la vie et de rester connectés les uns aux autres. Cette compo invite à redécouvrir sa musique.

Le clip d’animation consacré à "Viva tu" est disponible ici

 

 

 

Manu Dibango

Décès du célèbre saxophoniste et légende de l'afro jazz Manu Dibango, victime du Coronavirus...

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L’illustre saxophoniste Manu Dibango est décédé ce mardi 24 mars, à l'âge de 86 ans, du coronavirus. Il s’est éteint dans un hôpital de la région parisienne. Premier musicien international à perdre la vie des suites d'une contamination au COVID 19, il était le responsable d'un des plus grands tubes planétaires de la musique world, "Soul Makossa" (NDR : certains médias le considèrent cependant comme le premier morceau disco), un morceau gravé en 1972 (NDR : il avait été immortalisé lors d’une session TV et on peut le voir ou le revoir ici). Ce n'était au départ que la face B d'un 45 tours, dont le titre-phare servait d’hymne à l'équipe nationale de football camerounaise, enregistré dans le cadre de la Coupe d'Afrique des Nations. Repérée par le DJ new-yorkais David Mancuso, la compo a connu une multitude de variations et de recyclages. Manu Dibango avait même entamé une procédure judiciaire contre Michael Jackson pour s’en être un peu trop servi pour alimenter son « Wanna be startin'somethin' », une plage qui figure sur son elpee, "Thriller". Finalement, un accord financier sera conclu. Rihanna dans « Don’t Stop the Music » (2007) et Jennifer Lopez pour « Feelin’ So Good » (2012) se sont également largement inspirées de la chanson.

Né le 12 décembre 1933 à Douala, au Cameroun, ce musicien formé au jazz et aux rythmes tropicaux était l’un des grands ambassadeurs de la musique africaine, à travers le monde. Il est même considéré comme l’Instigateur de ce qui allait devenir la ‘World music’…

Il a côtoyé des tas de meusiens réputés en compagnie desquels il a, pour la plupart, joué. Comme Herbie Hancock, Bill Laswell, Peter Gabriel, Sinéad O’Connor, Jacques Higelin, CharlElie Couture, Tom Novembre, Dick Rivers, Nino Ferrer, Papa Wemba, Bob Marley, Stevie Wonder ou Carlos Santana ; et la liste est loin d’être exhaustive. Sa musique a été samplée comme aucun autre artiste ne l’a jamais été, et tout particulièrement dans l’univers du funk et de l’acid jazz. Il a touché à la soul (of course) au reggae, à la musique cubaine, aux sonorité urbaines contemporaines (hip-hop, électro), sans jamais oublier le jazz, fil rouge de ses 60 longues années de carrière.

Surnommé ‘Papa manu’ par ses fans ou encore ’Papa groove’, ce multi-instrumentiste (outre le saxophone, il était aussi capable de jouer du piano, du vibraphone, du marimba, de la mandoline et du balafon) était également chanteur, arrangeur et chef-d’orchestre

Enfin, on n’en oubliera pas son investissement pour plusieurs associations philanthropiques.

R.I.P.

Manu Lanvin

Grand Casino

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Manu Lanvin & The Devil Blues

Manu Lanvin est le fils de l’acteur Gérard, mais il a préféré embrasser une carrière musicale. Aujourd’hui bien intégré dans l’univers du blues/rock, il s’y est progressivement forgé un nom et surtout un prénom. Sa voix ravagée, rauque, puissante et éraillée lui confère une identité unique en son genre. Son premier elpee, "Venir au monde", est paru en 2000. "Grand Casino » constitue son septième long playing.

La plaque réunit quatre reprises et neuf titres originaux, la plupart co-écrits par son ami, Neal Black. Texan d’origine, il réside en France depuis de nombreuses années. Et pour coller à la tendance actuelle, lors des sessions d’enregistrement, des invités prestigieux se sont joints à la fête.

"The devil does it right" ouvre la plaque, un brûlot caractérisé par des échanges vocaux assurés par Beverly Jo Scott, au cours duquel Mike Lattrell se lâche au piano. La voix du leader est talonnée par l'harmonica de Diabolo. Ex-musicien de Patricia Kaas et de Jacques Higelin, il constitue sans aucun doute la révélation de ce "Grand Casino". Boogie, "Shake it lady" libère une belle dose d’énergie, une piste dont le rythme colle à la peau du Français. Traversé par le piano et de la slide de Jeremy Lacoste, "I don't love U" baigne au sein d’un climat louisianais, une plage imprimée sur un mid tempo. Et c’est dans cette ambiance, sur des rythmes syncopés néo-orléanais, qu’intervient la voix si bien timbrée de Taj Mahal, invité pour la circonstance…

Les covers sont moins intéressantes. Si les versions de "Highway to Hell" ('AC-DC) et de "Satisfaction" sont bien revisitées, le "Rock me baby" de BB King et "Spoonful" de Willie Dixon manquent de touche personnelle. Faut dire qu’il en existe tellement de versions ! Même la présence de Popa Chubby ne change rien à l’exercice de style.

L’opus s’achève cependant par l’excellent "Je suis le diable", une compo imprimée sur le Bo Diddley beat au cours duquel on assiste à un duo d’enfer entre Manu et une des célébrités issues de l’Hexagone, Paul Personne. Enfin, le long playing recèle un morceau caché pour lequel Nicolas Bélanger a troqué sa basse contre un accordéon, alors que Mike Lattrell se consacre à la mandoline, le leader se réservant, bien sûr, les cordes… 

Manu Lanvin

Blues, booze & Rock’n’roll

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Au fil du temps, Manu Lanvin a pris de la bouteille. Et son dernier opus en est certainement la plus belle démonstration. Faut dire qu’il est bien soutenu par une solide section rythmique, le Devil Blues, réunissant Jimmy Montout à la batterie et Fred Lerussi à la basse.

Son dernier album, "Son(s) of the blues", remonte à 2014 ! "Blues, booze & Rock’n’roll" recèle douze compos originales, dont trois coécrites en compagnie de Neil Black (NDR : ce Texan est établi en France) et sept cosignés par son habituel partenaire à l’écriture, Ezra Brass. Lors des sessions, Manu a reçu le concours de quelques amis ; des invités de marque, dont le claviériste Mike Lattrell et l’harmoniciste Bako Mikaelian.

Blues, "Six blind white horses" ouvre la plaque. Nous sommes dans le Sud profond, au bord du Mississippi. Le son est assez primaire. Les percus sont écrasantes. Le chant est éructé et véhiculant des accords réverbérés, la guitare est largement amplifiée, alors que l’harmo de Bako vagabonde dans le décor. "I was born" est de la même trempe. Evoluant sur une trame hypnotique, la guitare libère des tonalités métalliques ; et elles s’intègrent parfaitement dans l’ensemble, au cours duquel les cordes de Manu gémissent et laissent échapper de brefs accords, littéralement coupés au rasoir. Dynamique, le morceau maître est sculpté dans le rock’n’roll. Le lead vocal est toujours aussi coriace, malgré les backing vocaux qui se multiplient. Jimmy assure parfaitement la trame rythmique. "Soul revolution" est toujours bien rythmé. Une forme de boogie infernal, qui aurait pu naître de la rencontre brutale entre blues et rock’n’roll. La voix de Manu est impitoyable. Derrière ses ivoires, Lattrell se sent comme un poisson dans l’eau. Bako s’autorise une intervention remarquée sur l’harmonica. Les crépitements d’un vieux 78 tours amorcent "RU There", un superbe blues acoustique. Une piste plutôt minimaliste. Bien que graveleuse, la voix semble apaisée. Puis, Manu commence à siffloter tendrement, face aux cordes de la sèche. Memphis blues, "She’s Da Bomb" déborde d’énergie. Les arrangements sont riches. Cuivres et ivoires y collaborent activement. Tout en traçant la ligne de conduite de la compo, la gratte –bien grasse– laisse échapper des notes saturées et épisodiquement déjantées. "Whippin’ boy" est bien ancré dans ce Sud profond. La voix est overdubbée. Mike siège derrière l’orgue. Amplifiées, les cordes sont puissantes, mais sont également susceptibles de partir à l’aventure, en dérapant dans un délire volontairement désorganisé. Plage cool, "JJ Cale on the radio" rend hommage au regretté seigneur du style laidback. Manu chante à la manière de Cale. Mais la gratte est malmenée, alors que l’harmo libère des notes stridentes. Energique, tumultueux et puissant, "When I’m down" est un blues largement teinté de rock. Mais la structure est bien balisée par la rythmique implacable. "Papa’s got a reefer" vire dans le R&B terriblement funky. Manu chante d’une voix sauvage, comme si sa vie en dépendait. Percus et ivoires s’inscrivent parfaitement dans l’esprit néo-orléanais de la Crescent City. Enrichi de cuivres et de voix plurielles, "Raise your hands for peace" est un blues/rock sans concession, presque inhumain. Primaire, "Under the waves" clôt cet elpee. Une plage, qui a l’instar de ce long playing, ne desserre jamais l’étreinte…

 

Manu

La Vérité

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En vérité, Manu ne vous est pas inconnue… Un petit effort quand même. Souvenez-vous ! Oui, oui, c’était l’ex-leader de Dolly, un groupe phare de la scène rock française qui a baissé pavillon, il y a plus de 10 ans, après avoir commis d’éphémères hits rock, comme « Je Ne Veux Pas Rester Sage ». « La Vérité » constitue déjà le troisième elpee solo d’Emmanuelle Monet, infatigable cheville ouvrière d’une musique fougueuse et efficace, née d’un subtil mélange entre rock et pop, aux fortes réminiscences 90’s. Entre salves power-rock (NDR : la reprise du « Teenage Kick » des Undertones), rock mélodique (« La Vérité », « Toi et Moi »), plages caractérisées par leur final lyrique (« A Quelqu’un ») et ballades bercées par la harpe et le violoncelle (« Je Pense à Toi »), la Nantaise alterne brillamment les genres. En outre, sa voix sensuelle apporte un plus à l’ensemble. Mais avant tout, elle y manifeste son amour du rock honnête… et véritable !

 

Manu

Tenki Ame - The Japanese (Ep)

Écrit par

Bretonne, Emmanuelle Monet, aka Manu, est l'ex-chanteuse de Dolly, une formation qui a marqué la galaxie du rock hexagonal, au cours des 90’s. Le combo a publié quatre albums qui se sont vendus à près de 400 000 exemplaires. Après une décennie de succès (NDR : rappelez-vous de leur tube paru en 1997, « Je N' Veux Pas Rester Sage »), l’aventure s'est tragiquement interrompue en mai 205, suite à la mort du bassiste Micka.

Manu est attirée par le Pays du Soleil Levant, c’est indéniable. Réalisé et mixé par Jean-François Delort et Nikko, son premier elpee solo, « Rendez-Vous », est paru le 29 septembre 2008. Il s’est écoulé à plus de 10 000 copies. Plutôt intéressant, il a bien accueilli par la critique musicale et le public. Elle part alors en tournée dans toute la France jusque fin novembre 2009, périple ponctué par la sortie d’un cd/dvd live intitulé « Rendez-Vous à l'Elysée Montmartre », l’année suivante. Et elle grave en 2012 son second LP, « La Dernière Etoile ».

Manu vient de publier un Ep 4 titres au cours duquel elle chante en japonais. Certaines plages ont été remixées ou enregistrés dans une version live.

« Tenki Ame » a bénéficié du concours du violoncelliste/pianiste Damien Jarry et du harpiste Christophe Saunière, une compo dont la superbe mélodie est balisée par la voix cristalline, douce et apaisante de Manu. C’est d’ailleurs cette voix qui fédère les différentes chansons. Des émotions positives émanent de cette chanson, comme si elles nous venaient du pays insulaire de l’Asie de l’Est. On y retrouve les couleurs, ses douceurs, ses traditions et ses sourires. De l’exotisme aussi. Une petite merveille qui prélude la sortie d’un remarquable opus…

Puis, le rythme change pour « Mô Jikkai », une version nippone de « J'Attends L'Heure ». C'est beau ! L’artiste se frotte également à l’électro. Notamment sur « Amaku Ochiru », déjà excellent dans sa mouture, proposée en 2008. 

« Suteki Ni » a été enregistré live à L'Elysée Montmartre en 2009. Nicolas Bonnière, l'ancien guitariste de Dolly, y apporte son concours. L’adaptation ‘live’ a de la pêche. Et les accords saturés de la gratte n’y sont pas étrangers. La voix de Manu évoque ici plutôt celle de Satomi Matsuzaki (Deerhoof). Pour la petite anecdote, c'est cette chanson qui a déclenché chez Manu, l’envie de réaliser ce projet. Elle avait la musique, mais pas les paroles. En 2006 Suzuka Asaoka, animatrice de l'émission 'Tokyo Café' (sur la chaine Nolife), va lui écrire les textes en japonais. Et le morceau figurera sur le premier elpee solo de Manu. Depuis les deux femmes ne se sont plus quittées. Preuve en est, elles réitèrent l'expérience et écrivent 3 autres titres. Manu les enregistre et demande à des amis de les remixer : « Amaku Ochiru (2080) », Alif Tree Remix et « Tenki Ame » (Santiago Walsh Remix). Les versions sont différentes et agréables à l’oreille...

« Tenki Ame » a été immortalisé en live. La combinaison exclusive entre la harpe de Christophe Saunière et la voix de Manu est magique et parachève ce bien bel objet.

Cette pop sucrée/salée (NDR : un peu comme ces galette bretonnes) se savoure de préférence au sein d’un climat zen et cosy… 

Manu Lanvin

Son(s) of the blues

Écrit par

Agé de 40 balais, Manu Lanvin est auteur, compositeur, interprète et producteur. C’est le fils de l'acteur Gérard Lanvin. Les premiers artistes qu'il écoute dans sa jeunesse sont Téléphone, Paul Personne et Bernie Bonvoisin (Trust). Au début de ce nouveau siècle, il publie plusieurs albums : "Venir au monde" en 2000, "Tout ou presque" en 2004, "Les Temps mauvais" en 2005 et "Faible humain" en 2007. Année au cours de laquelle il rencontre le chanteur texan Calvin Russell. Il coécrit et coproduit son opus, "Dawg eat dawg". Et collabore encore sur ses deux derniers elpees, "Contrabando" et "The last call, in the heat of the night". En 2012, Manu grave son quatrième long playing, "Mauvais casting", flanqué de The Devil Blues. Il croise alors un autre bluesman américain, devenu populaire dans l'Hexagone, Neal Black, en compagnie duquel il accomplit le "Paris - Texas Tour", en 2013. En janvier 2014, Manu représente la France à l'International Blues Challenge de Memphis.

Pour concocter son nouvel essai, il a pu compter sur le concours de Jimmy Montout à la batterie et Gabriel Barry à la basse. Soit sa section rythmique. En route pour une nouvelle tranche de blues urbain et rageur…

Le titre maître ouvre la plaque, un blues solidement amplifié réminiscent du ZZ Top. La voix est puissante et passionnée. Manu a de l'expérience à revendre, mais il la met au service de sa musique. La guitare suit constamment le chant empreint d’une certaine agressivité. "All night long" emprunte un riff à "Green onions" voire à "Help me". La lame de fond filtre davantage le blues au profit du rock. L’attaque est permanente et cette rage devient contagieuse, provoquant un climat de transe. Brutal, le réveil s’opère dans la langue de Voltaire. Soutenue par la basse de Gabriel et face aux cuivres fiévreux, ce "Merci" est une plage sculptée dans des accords de gratte sereins, légèrement rockabilly. "Just wanna drown" est certainement le meilleur morceau de l’elpee. Un titre imprimé sur un mid tempo et inspiré par le Memphis blues d'Albert King. Le chant est particulièrement soigné et les cuivres sont omniprésents. Mais l’irruption d’une voix proche de l’envoûtement, s’exprimant en français, est plutôt surprenante. Toujours interprété dans sa langue maternelle, "Laisse couler" est un titre bien ficelé qui autorise encore de chouettes envolées de cordes. Les percussions de Jimmy nous convient à une nouvelle fête du rythme tout au long de "Luzern", une piste entretenue par les sonorités artificielles et les cuivres. "Ain't gonna be your dawg" nous entraîne dans le delta. L’harmo impose sa rythmique implacable sur cette compo au son plus métallique. Un violon gémissant introduit "Lorsqu'une femme pleure", une ballade douce-amère, trempée dans le folk roots, que chante nonchalamment Manu, face aux instruments acoustiques. "Back in Montreux" est un rockin' blues plein de vigueur. Lanvin s’est forgé quelques uns de ses meilleurs souvenirs sur cette scène helvète, spectacle que feu Claude Nobs présentait en personne. "Ain't got time for love" concède un court exercice de rockabilly. Caractérisé par une slide incisive et acérée, "Hey hey hey" est le Lanvin boogie attendu. "Goin' down" clôt le long playing, un long blues que Manu interprète d'une voix moins impatiente. Sous un arrangement personnel, ce titre reflète un périple entre le Mississippi, une slide dans le décor, et la Nouvelle Orléans, où il retrouve un des nombreux brass bands locaux.

 

Manu Larrouy

Des mots doux, des mots durs

Écrit par

Vous ne connaissez pas Manu Larrouy ? Mais si bien sûr ! On parie ?

« Un mec à la coule », un tube qui a déferlé sur les ondes pendant l’été 2009, c’est lui le responsable !

‘Politiquement incorrect’, ce jeune Parisien d’adoption, né à Toulouse il y a déjà 37 ans a mis du temps à se faire une place au soleil. C’est Diam’s qui lui met le pied à l’étrier en lui ouvrant les portes chez Universal. Il enregistre son premier album au Fish Market à Londres, en compagnie de Mike Prince Fatty’ Pelanconi, alors réalisateur de Lily Allen, Graham Coxon et Manu Chao. Il entame sa tournée et partage des scènes en compagnie de M, Anaïs, Thomas Dutronc, Daniel Darc, Tryo ou Marc Lavoine...

Sa petite carrière débutée il y a seulement 5 ans, Manu opte déjà pour un grand changement. Délaissant le style ‘rentre dedans’ d’« Un  mec à la coule », il opte pour un tout autre genre.

Délocalisé dans la capitale, c’est la chanson d’amour qui sera le fil conducteur de son second elpee. Dur, dur, comme choix, un peu à contre-courant de nos jours… Et pourtant, délaissant les rythmes jamaïcains pour un univers plus électro-pop/french touch, notre homme, dont l’expression sonore campe un croisement parfait entre Daho et Chamfort, fait le bon choix.

Bien secondé par l’ancien guitariste et songwriter orfèvre des Innocents, Jean-Christophe Urbain, et l’ingénieur du son Jean-Paul Gonnod (Phoenix, Cassius…), Manu délivre 11 plages de toute bonne facture. A l’aide de textes savoureux, frivoles, émotifs, mélancoliques, Manu nous balade dans les chemins parfois tortueux de l’amour. Ses hauts et ses bas, ses joies et ses peines. Les poussant parfois jusqu’à l’extrême limite, comme la séparation, difficile et triste à vivre…

Musicalement, dès l’entame de « Toi sans moi », titre inaugural, on (re)plonge dans des sonorités synthétiques des eighties. Larrouy fait renaître des souvenirs, références à des artistes à la carrière éphémère et aujourd’hui oubliés.

En se servant de mots simples mais superbement utilisés et des musiques aux accents électro-rétro qui accrochent directement les tympans, Manu Larrouy réussit un pari audacieux.

Drôle, émouvant, entraînant, loin d’être idiot ou niais, cet album de chanson française marche à contre-courant de son époque, mais devrait accomplir son petit bonhomme de chemin, j’en suis presque sûr !

 

Efrim Manuel Menuck

High Gospel

Écrit par

Efrim Manuel Menuck nous a souvent permis de rêver, tant chez Godspeed You ! Black Emperor, comme guitariste, que pour Thee Silver Mount Zion, au sein duquel il est chanteur. Des projets tout au long desquels il excelle, soit en nous réservant de longs crescendos instrumentaux, soit en transmettant ses émotions à l’aide de sa voix.

Première constatation, les pistes proposées par le barbu oscillent entre 5 et 6 minutes. Et dès le premier morceau, « Our lady of parc extension and her munificient sorrow », on a droit à ces envolées de six cordes si caractéristiques ; et ces loops qui ne le sont pas moins. En outre, le timbre du Canadien est toujours aussi hanté. Introduction parfaite. Un long titre expérimental et une plage atmosphérique embraient. Avant qu’Efrim nous offre la meilleure compo de l’opus : « Heavy calls & hospitals blues », une superbe chanson au cours de laquelle il s’accompagne au piano. Malheureusement, la suite manque de consistance, y compris le dernier morceau au cours duquel il nous parle de son fils (« I am no longer a motherless child »). Même le morceau qui rend hommage à son ami, feu Vic Chesnutt, ne semble pas l’avoir beaucoup inspiré.

Bien qu’appréciant énormément, Efrim Manuel Menuck, je dois avouer que son premier elpee solo m’a laissé sur ma faim. Le barde n’est pas un solitaire. Il a bien trop à partager. Dispensable !

 

Emanuel & The Fear

Listen

Écrit par

Emanuel And The Fear est le projet d’Emanuel Ayvas. Il a réuni pas moins de dix de ses potes pour former l’orchestre qui l’accompagne sur ce premier essai, tout simplement intitulé « Listen ». Originaire de Brooklyn, Emanuel And The Fear propose une œuvre d’introduction tout à fait épique. Pour faire avaler d’une traite 19 morceaux déployés en près d’1h10, il faut être vachement ambitieux mais surtout particulièrement talentueux. Mais le problème de « Listen », c’est qu’il y a à boire et à manger. Si certains morceaux rappellent le meilleur de Bight Eyes (« Same Way »), Arcade Fire (« Jimme’s Song »), Ben Folds Five (« Dear Friend », « Whatever You Do ») et parfois même Dave Matthews Band (« Guatemala », « Free Life »), d’autres sont tout simplement dispensables (« Balcony », « Trucker Lovesong » et ses bidouillages électroniques incohérents,…).

Mais lorsqu’Emanuel & The Fear brillent, ils ne le font pas à moitié. Comme sur les exceptionnels « Jimme’s Song » et « Simple Eyes » ou les efficaces « Song For A Girl », « Guatemala » et « The Finale ». Mais il s’agit de trop rares moments pour faire de « Listen » une œuvre tout à fait convaincante. Vu le potentiel des morceaux précités, Emanuel pourrait en surprendre plus d’un. A condition qu’il fasse preuve d’un peu plus de synthèse à l’avenir et qu’il consente à attribuer plus de place aux vocalises féminines. Ces mêmes voix qui font de « Simple Eyes » et « The Finale » deux des meilleurs morceaux de la plaque.

Emmanuel Louis

Play some music about your garden

Écrit par

- Salut p’pa, t’écoutes quoi ?

- Un truc que je ne connais pas du tout, c’est belge.

- Spécial, non ?

- Oui, j’avoue que ça sort de l’ordinaire

- Mais ils chantent en français ou en anglais ?

- Les deux, quelques-unes dans chaque langue et même quelques morceaux instrumentaux.

- Mouais ! Mais leur style, c’est quoi exactement ?

- Folk, jazz, un peu de musique de chambre, un mélange de plusieurs courants. Ils la définissent eux-mêmes comme du ‘progressif acoustique’ ou de la ‘musique de jardin’

- Mmmm. Je pige pas trop. Mais tu sais à quoi ça me fait penser ?

- Non, dis pour voir.

- ‘Alice au Pays des merveilles’. Les textes sont vraiment ressemblants. On s’attend à voir arriver le Lapin blanc à tout moment ! C’est trop bizarre !

- C’est vrai que c’est assez original, j’avoue.

- Original ? C’est peu dire. Et ils sortent d’où ces gars ?

- De Liège. Emmanuel Louis, chanteur et guitariste, âme du groupe. L’accompagnent une flûtiste, un violoniste et un joueur de cello.

- Cello, kekséksa ?

- Un violoncelle. A quatre on obtient un quatuor. Ici en l’occurrence, à cordes, comme les petits orchestres de musique de chambre.

- Ok. En tout cas, on risque pas d’entendre ça à la radio hein !

- Vrai, c’est pas un style très ‘écoutable’ comme dirait l’autre.

- Tu m’étonnes… Ça fait 10 minutes que je suis là avec toi et je commence à fatiguer.

- T’es pas très patiente. Si ça ne bouge pas, tu trouves tout de suite ça nul.

- Tu m’diras quand-même pas que toi tu aimes !!!

- Heu… J’peux pas vraiment dire que j’aime. Mais ça a le mérite de surprendre.

- Bon ben j’te laisse à tes surprises, moi j’en ai assez entendu. Et pour ta critique, personnellement, j’irais pas plus haut que 1. Et c’est bien payé…

- Ah là, tu es dure. Et la créativité, tu en fais quoi, tu oublies ? Tu ne trouves pas qu’il y a de la recherche ? Chanter le jardin, la nature, les papillons, les poissons rouges et puis courir les pieds nus dans l’herbe, c’est pas joli tout ça ?

- Ok ok, l’intention est bonne, originale, tout ce que tu voudras. Mais tout ça ne fait pas un bon disque. La musique est lente, trop axée sur le classique, mièvre, manquant de rythme. Tu m’excuseras mais non, j’aime pas trop. Mais bon, chacun ses goûts comme on dit. Y’en aura toujours un pour aimer. Et puis quand on voit le logo de la Communauté française au verso de la pochette (très belle, elle ma foi), on se dit qu’il y a encore un illuminé au ministère qui a du fumer la moquette pour sponsoriser un truc pareil !

- Oui, finalement tu n’as peut-être pas tout à fait tort. C’est vrai que ce Cd s’adresse à un public un peu spécial, branché musique progressive. J’ai écouté trois fois et j’ai du mal à accrocher.

- A ne pas mettre entre toutes les oreilles donc.

- Exactement !

 

Trésor Manuaku

Destin

Écrit par

Trésor Manuaku n’est pas un inconnu sur la scène world/R&B. Non seulement, il est bien présent sur les ondes radiophoniques françaises, mais il a participé à l’émission « Dancefloor » de TF1, une production présentée par Laurence Boccolini. Chanteur et danseur de hip hop, ce Congolais d’origine revendique sa nationalité française ; et la clame aussi fort que l’équipe de France ‘Black, Blanc, Beur’ ! Ce grand gaillard nous propose donc son premier opus. Rien d’excitant cependant sur ce « Destin » qui se contente de suivre des règles édictées par la scène hip hop hexagonale. Peu de lyrics vraiment construits. Etonnant quand on sait que cet artiste reconnaît comme influences majeures Passi ou encore Diam’s. Pire encore, au fil du temps, les textes finissent par susciter un profond ennui. Seule la musique, notamment lorsque les racines congolaises sont plus présentes, passe plus ou moins bien la rampe. Bref, si cet opus contient un trésor, il est vraiment bien caché. Et bonne chance pour le trouver…

Roots Manuva

Une synthèse presque parfaite de reggae digital de hip hop et de dubstep

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C’est dans une Ancienne Belgique étonnement bondée que s’est produit l’événement hip hop de cette fin d’année, où le passé (GZA) a rencontré le futur du mouvement (Roots Manuva). Après une fouille corporelle, on est autorisé à pénétrer dans la grande salle pour assister à la fin du set de Beat Drunx. On n’en verra cependant pas assez pour se forger une bonne idée du hiphop pratiqué par les deux Gantois.

Quelques bières plus tard, débarque Roots Manuva, un des meilleurs et plus influents emcees du hip hop anglais des années 2000. L’homme vient nous présenter « Slyme and Reason », son quatrième album (sans compter les deux consacrés aux remixes), une œuvre qui renoue avec les sonorités jamaïcaines. Notre homme est soutenu par deux dj’s. L’un d’eux est d’ailleurs affublé d’un saxophone qu’il n’utilisera pas une seule fois au cours de ce concert court et agréable. Au chant, l’excellent chanteur Ricky Ranking (http://www.myspace.com/rickyranking) –vétéran de la scène reggae anglaise, il a déjà collaboré aux projets de Roots Manuva, à plusieurs reprises– donne de l’amplitude au rap enfumé de Rodney Smith.

L’équipe commence en force par « Again & Again », le premier single très reggae issu de « Slyme and Reason ». L’ambiance est bonne. Roots Manuva est visiblement défoncé. Ce qui n’entachera en rien la qualité de la prestation, malgré quelques petits trous de mémoire. Le duo épingle pas mal de morceaux du nouvel album (dont l’excellent « Buff Nuf ») mais aussi quelques classiques du passé. Avant d’entamer le beat imparable de « Witness », les deux compères tentent de nous faire croire que « The  council of Brussel forbid us to play this song ». “Dreamy Days” et quelques autres classiques suivent. Ricky Ranking se fend d’ailleurs d’une formidable tranche de reggae digital ‘old school’ rappelant les grandes heures du légendaire King Jammy. Les gaillards saluent les ‘ladies of Brussels’ et les bonnes vibrations qui émanent effectivement du public. La prestation se termine, et on reste conquis par cette synthèse presque parfaite de reggae digital, de hip hop et de dubstep.

Après une longue période de préparation, GZA monte sur les planches, accompagné de Killah Priest des Sunz Of Man. ‘The Genius’ (le surnom que ces comparses du Wu-Tang lui avaient attribué) vient rejouer l’intégralité de « Liquid swords », son album mythique, sorti en 1995. Composé à l’époque où le Wu-Tang Clan était à son sommet créatif, « Liquid Swords » incarne aussi l’aspect le plus philosophique du groupe. S’il recèle les plus beaux beats que le producteur RZA ait créés, « Liquid Swords » est aussi un album bigrement original où toute l’équipe du Wu-Tang Clan  (Ghostface, Method Man, ODB, Killah Priest…) lâche quelques unes de ses plus belles rimes. L’album est bien entendu dominé par la personnalité et le flow particulier de GZA, sorte de moine-guerrier urbain pour qui les rimes sont des ‘lames liquides’. Son flow évoque aussi d’autres lames : précises et aiguisées.

Le show respecte le tracklisting de l’album. Le tube « Liquid Swords » ouvre d’ailleurs le bal. Evidemment, RZA (et les autres) ne sont pas venus pour placer leurs rimes, mais GZA et Killah Priest assurent parfaitement. Les beats implacables de RZA explosent nos oreilles (ainsi que les enceintes de l’AB) et le duo passe (quelquefois un peu rapidement) en revue les bijoux de l’album : « Duels of The Iron Mic », « Leaving in the world today », le hanté « Cold World », sans oublier le « B.I.B.L.E. » de Kilah Priest. Le duo expédie « Liquid Swords », et on a l’impression que les gaillards n’affectionnent pas particulièrement l’exercice. Mais l’AB exulte et au sein du public déchaîné, un fan parvient à faire dédicacer le vinyle de « Liquid Swords » qu’il brandissait depuis un quart d’heure. Le duo enchaîne ensuite sur quelques vieilles scies du Wu tirées des deux premiers elpees du collectif. On a droit à quelques nouveaux titres issus de « Protools », le nouvel opus de GZA mais c’est « Shimmy Shimmy Ya » qui atomise l’AB. Le classique du défunt « Ol’Dirty Bastard » nous rappelle que le vieux bâtard et GZA ont commencé à rapper ensemble quand ils étaient jeunes… On arrive donc à la fin de ce concert un peu nostalgique (mais énergique), un set réminiscent de l’âge d’or du hip hop new-yorkais des années 90, définitivement révolu. En tout cas, les vieux guerriers du Wu suscitent encore le respect et l’admiration de la grande foule qui s’est déplacée ce soir pour leur faire un triomphe.

Setlist Roots Manuva :

Again & again
Kick up ya foot
Buff nuff
Dub styles
Too cold
Join the dots
Its me
Oh lord
Ninja we ninja
Movements
Witness
Seat yourself
Two pieces
Dreamy days
Bashment boogie
Let the spirit

Organisation AB

Manu Chao

La Radiolina

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Après six ans d’absence, l’ami Manu Chao a rassemblé ses potes du Radio Bemba Soundsystem pour mettre en boîte cette nouvelle œuvre. Le trompettiste sicilien Roy Paci est de la partie, mais aussi l’étrange Tonino Carotone, un chanteur espagnol obsédé par le génial Renato Carosone, vocaliste napolitain ayant sévi au cours des années cinquante. Au rayon des invités, on pointera une forte présence malienne, et en particulier Amadou Bagayoko (moitié du duo Amadou & Mariam) et Cheik Tidiane.

Fan de reggae, Manu Chao pique aux Jamaïcains le concept de recyclage musical, qu’il pousse ici dans ses derniers retranchements. Attendez-vous donc à réentendre plusieurs fois la même base musicale plaquée sur des paroles différentes. « La Radiolina » enchaîne les titres sans temps mort, mais on regrettera que l’inspiration ne soit pas souvent au rendez-vous. Elle est carrément absente des ¾ de l’album. On a droit à beaucoup trop de cavalcades punk rock montées sur des tristes boîtes à rythmes sensées émuler des vraies batteries : « 13 dias », « Tristeza Maleza », « Rainin Paradize », « Panik Panik », « El Kitapena » ou encore « The Bleedin Clown ». Une suite de titres caractérisée par ses pauvres qualités musicales et lyriques. A d’autres (rares) moments, Manu Chao redresse heureusement la barre. Le dub mariachi de « Politik Kills » est un des meilleurs moments de l’opus. Parmi les autres réussites on citera aussi le mélancolique « Me Lllaman Calle », le romantico-comique « A Cosa », « Otro Mundo » ou encore « Mala Fama ». Des titres mélodiquement riches où pour une fois Chao ne se contente pas de balancer des banalités navrantes sur l’état du monde et essaye d’écrire des textes qui tiennent la route.

 

Manu Dibango

Lion Of Africa

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Ce cd/dvd relate un concert accordé en 2004 par Manu Dibango et son groupe, le Maraboutik Big Band. Enregistré le jour de l’anniversaire de Manu (74 ans au compteur), le concert appartenait à une série d’événements consacrés à la musique de Fela Kuti. L’afrobreat n’est guère mis en évidence ici, mais plutôt le mélange de jazz, soul, funk et musique africaine exploré par Dibango depuis plusieurs décennies. Aux marimbas et au saxophone alto, il réadapte ses vieux tubes « Soul Makossa » et « Big Blow ». Il reprend aussi des compos de jazzmen comme Gerswhin, Lionel Hampton (virtuose du vibraphone) et Duke Ellington. Manu invite également quelques amis comme le saxophoniste Courtney Pine, le chanteur Sénégalais Baaba Maal et la chanteuse camerounaise Coco Mbassi. Il faut bien avouer que tout n’est pas exactement passionnant lors de ce set : les impros sont un peu tirées en longueur et le son est un peu trop lisse. Le témoignage visuel du concert n’apporte pas grand chose à la musique, mais les commentaires de Manu Dibango sont très intéressants. Autre bonus de choix, une longue interview de Manu qui revient sur son parcours de musicien (il est passé par la Belgique au début des années 60), ses rencontres musicales et la genèse de « Soul Makossa », devenu un tube quelques années après sa sortie alors que Dibango avait même oublié son existence. Un elpee destiné aux fans transis donc. On profite cependant de l’occasion pour vous recommander à nouveau « Africadelic », la réédition d’un disque psyché et funky de Manu, paru en 1972.

Manu Dibango

Africadelic

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On aurait tort de résumer Manu Dibango à son tube « Soul Makossa » ; même si certains considèrent cette compo devenue culte dans le New York underground des années 70, comme le premier morceau disco. Le label Luaka Bop nous avait déjà révélé quelques indices sur les travaux du bonhomme sur la compilation « World Psychedelic Classics 3 ». On approfondit le sujet grâce à Hy&Fly qui exhume cette série d’instrumentaux fiévreux et psychédéliques composés pour la télévision française, au début des années 70. Un mélange enthousiasmant de soul et de funk, caractérisé par un déluge de percussions et de solos acides ; le tout servi avec l’‘african touch’ qui fait la différence (Manu Dibango l’avait d’ailleurs baptisée ‘afro-soul-thing’. Une demi-heure de bonheur chaudement recommandée.

 



Manuel 'Guajiro' Mirabal

Buena Vista Social Club présents... Manuel ´Guajiro` Mirabal

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Bientôt tous les acteurs de l’équipe gagnante du Buena Vista Social Club auront commis leur disque solo. Hormis le Wu-Tang Clan, on ne voit pas très bien qui a fait mieux jusqu’ici. Mirabal, qui est le trompettiste du club, profite de cette occasion pour rendre hommage à son maître Arsenio Rondriguez, illustre auteur de mambos endiablés il y a une quarantaine d’années. Une plaque au cours de laquelle Ibrahim Ferrer vient pousser la chansonnette, Manuel Galban apporte sa guitare et Cachaito Lopez installe ses lignes de basses sinueuses. Enregistré en une prise collective (pas d’overdubs), cette récréation de musiciens garde un côté frais et spontané qui sied à ce genre d’exercice. Chacun y va de son solo poisseux, mais c'est surtout le 'tres' (NDR : un instrument qui possède 2mi aigus) plutôt rock'n'roll du dénommé Papi Oviedo qui tire son épingle du jeu. Soyons francs, cet opus s’adresse aux fans incurables du Buena Vista. Ceux qui ont trouvé leur bonheur dans le premier séminal album du Club ou plus récemment chez Omara Portuondo risquent fort d’être désarçonnés par la rugosité sonore de l’ensemble, mais aussi par l’accent mis sur l’ambiance plutôt que sur des morceaux destinés à rester dans l’oreille.

Manu Chao

Radio Bemba Sound System

Après une tournée de plus de deux ans, 120 concerts dans le monde entier, un succès foudroyant, Manu Chao pose la guitare et ses valises, le temps de souffler et de se régénérer. En guise d'épilogue à cette fabuleuse aventure, qui l'aura vu mettre le feu à Werchter et à Forest National l'année dernière, cet album live constitue une bombe festive sans retardement, un festival de couleurs musicales et de rythmes bariolés (reggae, ska, pop, rock, punk). Rarement CD live n'aura si bien retranscrit la magie d'un concert, surtout quand l'artiste s'appelle Manu Chao. Car qui connaît l'ex-Mano Negra par la seule écoute de ses deux albums solo sera sans doute surpris dès ce " Radio Bemba Sound System " enclenché sur la platine du salon. En 29 titres, 70 minutes Manu Chao et son groupe furibard (le Radio Bemba) foutent le souk comme personne. Et sans temps morts. Les morceaux s'enchaînent à vive allure, ça pète, ça transpire, ça donne la trique. Un véritable feu d'artifice de bonne humeur, de déconnade, de joie… Samba ! Faites le test : insérez le CD dans votre lecteur, et laissez-vous aller. Le soleil entre dans vos tympans, le cœur se réchauffe, les jambes se permettent de joyeux pédalos : fiesta ! ! ! La Mano dans le rétroviseur (" Mala Vida ", King Kong Five ") et l'horizon, radieux, droit devant, Manu Chao et ses potes en délire (ces trompettes, ces percus, cette ambiance !) rappellent au garde-à-vous l'été dans nos maisons. Me gustas tu, amigos !

Manu Dibango

African soul - The very best of

Instigateur de ce qui allait devenir la ‘World music’, ce virtuose du saxophone roule sa bosse à travers le monde depuis la fin des sixties. On le retrouve d'ailleurs sur les premiers hits de Nino Ferrer. Au cours des trente dernières années, il a côtoyé, dans une multitude de styles, des artistes aussi réputés que Carlos Santana, Billy Cobham, Bob Marley, Stevie Wonder, Herbie Hancock, Bill Laswell, Youssou N'Dour, Papa Wemba, Touré Kounda, Peter Gabriel, Sinéad O'Connor et la liste n'est pas exhaustive. Comme vous l'imaginez aisément, cette compile réunit les succès les plus retentissants de ‘papa groove’. Quinze exactement. Depuis l'inévitable Dikalo (" Salt pop corn ") en passant par " Soul Makossa ", " Big Blow ", " Wawafrica " et quelques autres...