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The Dream Syndicate

Un nouveau box pour The Dream Syndicate !

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Ce 23 juin 2023, The Dream Syndicate sortira une nouvelle édition élargie du « History Kinda Pales When It and You Are Aligned : The Days Of Wine and Roses »), à l’occasion de son 40ème anniversaire. Il réunira 54 titres du groupe original, dont 10 raretés difficiles à trouver et 31 enregistrements inédits.

Remasterisée, cette nouvelle collection de 4 CD comprendra des morceaux issus du premier combo de Steve Wynn, 15 Minutes, le premier Ep, des reprises étonnantes (Johnny Cash, Janis Joplin, The Who), des enregistrements de la toute première répétition du groupe, ainsi que plusieurs concerts viscéraux précédant l'enregistrement de l'album. Et le tout sera enrichi d’un livret de 30 pages de notes de pochette rédigées par l'historien du groupe Pat Thomas, de nouvelles interviews de Kendra Smith, de l'ingénieur Paul Cutler et du producteur Chris D, des photos rares, des affiches de concerts, et bien plus encore.

The Dream Syndicate

Ultraviolet battle hymns and true confessions

Écrit par

Le claviériste Chris Cacavas (Green, On Red, Giant Sand) a donc rejoint le line up de The Dream Syndicate, qui s’était reformé en 2012, et au sein duquel militent toujours le chanteur/compositeur/guitariste Steve Wynn, le batteur Dennis Duck, le bassiste Mark Walton et le guitariste Jason Victor. En outre, pour enregistrer « Ultraviolet battle hymns and true confessions », la formation a reçu le concours de Stephen McCarthy (Long Ryders) ainsi que du saxophoniste/trompettiste Marcus Tenney.

Début de cette année, la formation avait réédité « Out of the grey », un elpee gravé en 1986, en l’enrichissant de démos, d’inédits, de raretés, de reprises ainsi que de la prise live d’un concert immortalisé, à l’époque, au Rochester à New York. Le tout se déclinant sous la forme d’un box de 3 cds.

« Ultraviolet battle hymns and true confessions » constitue déjà le 4ème long playing studio du band en 5 ans. Et manifestement, sa musique, aujourd’hui, va bien au-delà du Paisley Underground dont il était devenu le chef de file, au cours des eighties, s’enfonçant dans un univers sonore où se mêlent psychédélisme, krautrock, jazz, garage, protopunk, ambient et minimalisme électronique.

L’opus s’ouvre par une boucle de synthés à la Terry Riley, avant d’embrayer par « Where I’ll stand », une plage qui libère déjà une belle intensité électrique.

Baignant au sein d’un psychédélisme feutré, « Damian » est enrobé de chœurs et subtilement parcouru d’effets dub.

Construit sur une trame de sonorités orientales (NDR : un glockenspiel ?), « Beyond control » s’élève dans une forme de psychédélisme atmosphérique.

Toutes guitares dehors (vibrato, pedal steel), « The chronicles of you » est enrichi de cuivres, en fin de parcours.

Une pedal steel que l’on retrouve sur « How to say goodbye », un morceau hanté par le Velvet Underground ; Steve empruntant même les inflexions laconiques de Lou Reed.

« Everytime you come around » réverbère des échos de la trilogie « Low », « Lodger » et tout particulièrement du « Heroes » enfanté par le binôme Eno/Bowie.

Bien électrique, « Trying to get over » est dynamisé par le drumming syncopé.

Un drumming qui devient carrément tribal sur « Lesson number one », une piste dont l’intensité électrique est accentuée par l’intervention d’un violon tourmenté et dont le final est tapissé de cuivres, en arrière-plan.

Atmosphérique et paisible, « My lazy mind » est propice à la méditation.

Rogné de claviers vintage et empruntant un rythme ferroviaire, « Straight lines » passe du garage au psychédélisme débridé, une piste finale qui pourrait servir de dénouement lors d’un set ‘live’…

On en oublierait presque ce sens mélodique presque contagieux rencontré sur les 10 titres de cet opus.

Produit par John Agnello (Madrugada, Sonic Youth, Dinosaur Jr., Buffalo Tom, The Breeders, etc.), constitue probablement le meilleur album sorti par The Dream Syndicate depuis « The Days of Wine and Roses », paru en 1982.

Et si vous souhaitez lire ou relire l’interview accordée par Steve Wynn, récemment, c’est ici.

 

 

SYN

La galaxie de SYN

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À seulement 24 ans, les jumelles qui composent le duo SYN nous montrent que les Belges sont capables de redéfinir la nouvelle chanson française. Un duo de voix singulières et complémentaires qui vous fera voyager dans le monde des émotions.

Entre pop et R’n’B, elles sont influencées par des artistes tels que Zaho, Kehlani, Summer Walker ou encore Christine and the Queens. Elles aiment s'inspirer de différentes sources musicales.

En véritable couteau suisse, SYN est polyvalent : écriture, composition, mais aussi direction artistique, les deux filles s'imposent sur la nouvelle scène musicale noir-jaune-rouge en plongeant leur public dans un univers doux, planant, envoûtant et mélancolique.

Sur "Galaxie", les sœurs dansent sur le chemin d’un nouveau monde, qu’elles partagent avec vous.

Le duo aborde le thème de la différence sous l’œil de la découverte, plutôt que du rejet, de manière légère, comme à son habitude et sous le prisme de la pop.

Paru en single, ce nouveau morceau, au refrain entraînant, promet d’accompagner vos soirées d’été, yeux rivés vers le ciel, et il est disponible

 

 

 

The Dream Syndicate

Je ne suis pas américain, mais j'habite New York

Écrit par

Emmené par Steve Wynn, The Dream Syndicate Groupe est un groupe culte des eighties. Ressuscité il y a dix ans, il a pris une autre dimension depuis sa reformation, symbolisée par "Ultraviolet Battle and True Confessions" son dernier elpee, comme l'explique son leader…

Californien devenu new-yorkais il y a 25 ans, Steve Wynn a réactivé The Dream Syndicate en 2012, plus de vingt ans après sa disparition. Auteur, par ailleurs, d'une carrière solo intéressante, lui et son nouveau ‘syndicat’ ont depuis 2017 gravé autant d'albums studio, c'est-à-dire quatre, qu'au cours de leur période initiale. Le dernier confirme la tendance observée depuis la reformation, celui d'un passage des guitares noisy à un univers psychédélique krautrock mêlé de jazz et de shoegazing assumés et… assurés.

Qui a-t-il de changé depuis la reformation du groupe en 2012 ?

Ces quatre derniers albums, dont celui-ci, nous ont permis de réécrire la fin de notre propre histoire, tout en préservant le son, l'esprit et l'épopée du groupe initial, mais en les décalant vers un psychédélisme, en migrant d'une formation de guitares ‘en avant’ vers du rock alternatif au synthé à l'image des Headphones, une image plus fidèle de ce à quoi nous voulions correspondre dès le départ. Bref, nous sommes meilleurs aujourd'hui que nous ne l'étions à l'époque.

Votre carrière solo a-t-elle modifié votre vision du groupe ?

C'est certain. Je me souviens qu'au moment d'enregistrer ces quatre premiers albums, autant j'adorais ça, autant j'étais dans un état de panique constante en studio, craignant qu'avant la fin de l'enregistrement, nous ne soyons en mesure de finaliser le morceau tel que je l'avais imaginé. Au fil du temps, je suis devenu plus à l'aise tant pour composer, entrer en studio ou monter sur scène.

Ce n'est plus un problème, mais une sorte de seconde nature, exempte d'une quelconque nervosité ou insécurité. On peut appeler cela l'expérience… (il sourit)

Vous vivez à New York à présent. Le fait d'y déménager a-t-il influé sur votre musique ?

Absolument. J'ai déménagé de Los Angeles il y a quasi trente ans, après la première période du groupe. J'ai toujours aimé New York et souhaité y vivre. J'y suis venu pour la première fois lorsque j'avais 21 ans et suis tombé amoureux de la ville. Pas seulement à cause de la vitesse, de la vibe et du look de cette mégapole, mais également de sa culture musicale, que ce soit le Velvet Underground, Television ou les Ramones, la littérature, Norman Mailer, le cinéma avec Martin Scorsese... bref, tout ce qui était New York m'attirait.

Et lorsque j'ai déménagé, tout a changé pour moi. J'étais sans doute dans une période de doute et d'incertitude, plus jeune ; m’installer à New York m'a procuré un capital confiance. Je ne pourrais imaginer vivre autre part.

Est-ce un cliché de prétendre que New York est la plus européenne des villes américaines ?

Pas forcément européenne, mais certaines mégapoles vivent en dehors de leur propre pays. Quand on me demande ce que je pense en tant qu'américain, je réponds : ‘Je ne suis pas américain, mais j'habite New York’ (rires)…

Votre musique sonne un peu comme du punk new-yorkais justement, celui de Televison, d'Alan Vega…

C'est sûr. Je suis né et j'ai grandi à Los Angeles, et je serai le premier à défendre cette ville. Mais, même si j'apprécie les Beach Boys ou Buffalo Springfield, ces formations n’ont jamais fait partie de ce à quoi j'aspirais musicalement, ce côté ensoleillé, poppy. J'étais plutôt dans la veine de Suicide, plus noire. Nous, The Dream Syndicate, ne sommes pas des gens sinistres dans la vie, mais, musicalement, nous gravitons autour de ce genre d'ambiances.

"Damian" est une compo qui aurait pu naître de la rencontre entre Roxy Music et de Steely Dan ; et justement, ils étaient issus de New York...

S'il existe un groupe chez The Dream Syndicate qui met tout le monde d'accord au niveau des influences, c'est bien Roxy Music, dont nous sommes tous de grands fans. En compagnie de Jason Victor, le guitariste, nous avons monté, à New York, un groupe de reprises de Roxy Music auquel nous nous consacrons notre temps libre. Sal Maida, notre ami bassiste dans cette formation ponctuelle, était d'ailleurs celui de Roxy Music, au cours des seventies.

Quant à Steely Dan, il a toujours été un de mes groupes favoris. Ce qui est amusant à propos de ce duo new-yorkais, pour en revenir à la comparaison Los Angeles-New York, c'est qu'en surface ils possèdent ce côté harmonie et cette superficialité californienne, démentie par un propos souvent grave.

Et j'ai toujours aimé cette étrangeté sombre sous la surface ensoleillée.

"Damian" est en effet une sorte de chanson pop lumineuse, mais dans laquelle quelque chose se produit au niveau des personnages, des paroles, de l'histoire et même de la musique. Il y règne un trouble indéchiffrable et inquiétant. Une chanson, en effet, très Steely Dan…

C’est pareil pour le titre de notre album. Steely Dan communiquait à ce sujet quelques indices et il appartenait à l'auditeur d’imaginer le reste. Une idée qui nous plaisait...

À votre avis, quels groupes pourraient être vos successeurs ?

Certaines formations sont fan de notre musique comme Yo La Tengo, Galaxy 500 et même les Black Crowes. Je ne parlerais pas de successeurs, mais tous les musiciens que je connais sont avant tout de grands fans de musique possédant des collections de disques impressionnantes ; en tout cas ceux de ma génération. Nous étions tous des mordus de musique qui ressentaient le besoin irrépressible de nous intégrer nous-mêmes dans notre collection de disques... c'était notre plus grande motivation ! (il rit)

Je me souviens avoir jeté un œil sur la mienne en me disant : ‘Ah, the Dream Syndicate est avant Dylan, mais après les Doors’. Se voir soi-même rangé parmi les albums de vos artistes préférés vous rend fier. Les groupes d'aujourd'hui qui nous apprécient et sonnent un peu comme nous ont sans doute la même panoplie de disques que nous ; peut-être ont-ils écouté The Dream Syndicate, mais certainement le Velvet, Television et des artistes de ce genre. Nous appartenons à la même mouvance que les Modern Lovers, The Only Ones ou The Gun Club…

Etre culte vous laisse quelle impression ?

(Il rit) Je suis très satisfait de ma vie, de ma carrière. J'ai en fait connu le parcours que la plupart de mes héros ont vécu.

Je connais beaucoup de formations qui rêvaient d'être les Beatles, que j'aime, mais je savais que ce ne serait pas moi. J'en ai observé d'autres qui ont développé et inspiré un public réduit, mais fidèle et dévoué, et qui procuraient l'envie à ceux qui les écoutaient de faire de la musique ou de trouver dans leur existence une certaine clarté. À mon tour, j'ai connu cette carrière... ce qui me convient très bien (il sourit)

The Dream Syndicate : Ultraviolet Battle and True Confessions (Fire Records / Konkurrent)

En concert

20 octobre 2021 – Het Depot, Louvain

21 octobre 2021 – De Zwerver, Leffinge

 

 

The Dream Syndicate

What Can I Say? no regrets... Out of the Grey + Live, Demos & Outtakes

Écrit par
« Out of the grey » est paru en 1986. L’album a été remasterisé, mais il recèle, en outre, 34 enregistrements inédits : un concert datant de 1985, des démos, dont celles consacrées à cet elpee, des versions alternatives et deux prises ‘live’ immortalisées au célèbre club punk/new wave Scorgie’s, à New York, en juillet 1985. Le plus surprenant procède des reprises de compos signées Alice Cooper, Dolly Parton, Neil Young, Pink Floyd, Slim Harpo, The Cream, War et même The Temptations.

Figure de proue du Paisley Underground, mouvement qui a engendré des groupes comme Green On Red, Rain Parade, True West, The Three O’Clock, et la liste est loin d’être exhaustive, The Dream Syndicate a connu plusieurs vies, entrecoupées par la carrière solo de Steve Wynn (interview à lire ou à relire ici)

Pour votre info, sachez qu’il a existé une autre formation du même nom. Elle a sévi de 1962 à 1966 et de 1969 à 1974, impliquant des légendes comme La Monte Young, John Cale, Jon Hassell, et même Terry Riley !

Pour en revenir à ce box 3 cds, les 34 plages peuvent s’écouter d’une seule traite, sans provoquer la moindre seconde d’ennui ; et vous vous surprendrez peut-être, à fredonner ou à siffloter l’un ou l’autre refrain. Bien sûr, si vous êtes réceptifs à ce type de musique…

84 Day Syndrome vs. Glue Factory

Antonio Villaraigosa Golden Expressway

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Si l’immonde pochette de l’album rappelle une obscure série Z apocalyptique, son contenu musical en est le penchant musical, tant il destiné strictement aux fans d’un certain genre, le punk ‘à roulettes’ des années 90, en l’occurrence. « Antonio Villaraigosa Golden Expressway » est un split album partagé par 2 groupes californiens, sévissant à Los Angeles.

84 Day Syndrome est le projet solo de Randy Bradbury, le bassiste de Pennywise. Il s’est chargé des vocaux et de l’ensemble de l’instrumentation. Glue Factory implique des membres de The Falling Idols et de Secret Hate. Les 6 titres de 84 Day Syndrome pourraient figurer sur un nouvel Ep de Pennywise, tant les vocaux que les riffs rappellent le punk caractéristique du gang de Long Beach. Les morceaux de Glue Factory évoluent dans un registre davantage rock-garage. Politiquement engagé, aussi. Dans l’esprit de Jello Biafra.

Impossible de critiquer négativement cette œuvre, tant l’intention des deux groupes est louable. Sincère également, même si ce split cd s’adresse exclusivement aux aficionados des deux combos. Des aficionados qui risquent d’ailleurs d’être comblés à l’écoute de ce disque. Les autres passeront leur chemin en se demandant qui écoute encore ce genre de musique de nos jours. Rien à ajouter ! Il fait beau, j’irai bien faire du skate, moi.

Absynthe Minded

Absynthe Minded

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Le paysage musical belge ne serait-il pas malade ?

Pas le temps de respirer pour Absynthe Minded (NDR : pseudonyme imaginé en hommage aux poètes français du XIXème siècle). Dès son arrivée dans l’univers musique en 2004, la formation gantoise se projette rapidement sous les feux des projecteurs et croule d’emblée sous le poids des éloges. Presse dithyrambique, récompenses en cascade, reconnaissance absolue de ses pairs, flux continu sur les ondes radios, portes ouvertes des Majors… Tant les spécialistes de la presse musicale que les artistes belges saluent rondement le travail compulsif du quintette flamand (3 albums en 4 ans et plus de 300 concerts européens en 36 mois !!!) La bande de Bert Ostyn (auteur-compositeur-interprète et guitariste) se présente dès lors comme LE phénomène musical belge de cette dernière décennie !!!

Cette agitation médiatique –mini séisme de magnitude principalement flandrienne– mérite  un arrêt sur image sur le combo jazz-rock belge.

En effet, dès 2004, notre Arno national décrit Absynthe Minded, dans la presse, comme l’un des futurs grands parmi les groupes européens. Année de sortie de son premier elpee qui sera hâtivement salué par cette presse. Ainsi, « Acquired Taste » est élu meilleur album 2004 belge par De Morgen et considéré comme ‘le meilleur album belge de cette décennie’ par l’hebdomadaire Knack. A peine le temps de respirer et « New Day » plonge dans les bacs le 1er janvier 2005 et inonde les stations radio de notre ‘Plat Pays’ pendant 8 mois (NDR : tempête sonore particulièrement observée dans le nord du pays). Battage médiatique qui offre son premier disque d’or au combo flandrien. Année où il reçoit également deux Zamu Awards (‘The Belgian Music Awards’). L’un pour le très joli single « My Heroics, part one » (best song of 2005) et l’autre pour la voix atypique de Bert Ostyn (best singer of 2005). Année ponctuée par une victoire au Bilborock Festival, le plus grand rassemblement rock européen qui réunit chaque année plus de 15 000 groupes venus d’horizons différents à Bilbao (Espagne). Soulignons également sa première participation au Rock Wechter 2006 (troisième plus grand festival européen).

En 2007, Tom Barman déclare dans le quotidien De Morgen qu’Absynthe Minded est coupable d’avoir composé le meilleur morceau (« My Heroics, part one ») jamais réalisé par un artiste belge. Fan absolu du groupe, le leader de dEUS invite les 5 phénomènes de scène à assurer un grand nombre de dates sur la tournée européenne du groupe anversois (Pays-Bas, Portugal et Allemagne). Le troisième album « There is Nothing », compilation sortie sous le label français Abeille Musique, se fait plus discret.

La révolution Absynthe Minded ne cesse de s’étendre et atteint réellement son apogée lors de la sortie du dernier nouveau né. L’album éponyme voit le jour en 2009 dans le Studio Ferber à Paris, sous la houlette bienveillante de Jean Lamoot (Bashung, Raphaël, Salif Keïta, E. Daho, Dominique A, Girls In Hawaii…) Soulignons également le contrat de disque en attente signé auprès du label français AZ (Universal), en octobre 2009. Pour couronner le tout, « My Heroics, part one » est élu meilleur titre de la décennie par la radio flamande Studio Brussel.

Alternant rythmiques rock et jazz, ce long playing complexe décroche 4 Music Industry Awards (MIA : ‘Victoires de la musique flamandes’) lors de sa troisième cérémonie du 8 janvier 2010, et non des moindres : Meilleur disque 2009 – Meilleur groupe 2009 – Meilleur single 2009 (« Envoi ») – Meilleur groupe rock alternatif !!! Certes, la concurrence lors de cette édition 2010 n’était pas particulièrement féroce… Seuls adversaires potentiels : une très mauvaise cuvée Daan et le ‘phénomène’ flamand Jaspers Erken (NDR : un nom qui évoque davantage l’enseigne d’un magasin de décoration que le pseudonyme d’une révélation musicale !).

On peut dès lors constater, sans la moindre difficulté, qu’une certaine presse à grand tirage s’échine à faire d’Absynthe Minded l’une des références, voire la référence musicale majeure du paysage musical belge contemporain. Assertion qui reste cependant contestable tant par la qualité artistique intrinsèque du groupe que par le spotlight médiatique régional. En effet, le quintette gantois ne brille ni par son originalité ni par sa fibre créative. Excepté une légère coloration jazzy bien orchestrée, rien de neuf sur la planète pop-rock. Un dernier elpee cruellement ordinaire.

Lorsque les différents médias belges –surtout ceux du nord du pays– exaltent la formation gantoise et les placent sur les cimes aux côtés de dEUS, Zita Swoon, Daan, Arno… un rictus nerveux déchire mon visage ! Malgré une production irréprochable et quelques morceaux remarquables, rien de transcendant sur cette galette. Cette exultation médiatique ne trahirait-elle pas plutôt une absence temporaire de créativité au sein de nos groupes belges ? N’est-elle pas révélatrice d’une cruelle carence de matière substantielle à débattre ?

En dépit d’une production lisse et formatée prédominante, on peut cependant trouver  quelques morceaux de bonne facture. En ouverture, « If you don’t go, I don’t go » nous offre un délicieux moment de swing jazzy qui laisse subitement place à « Heaven Knows », un doux et généreux pop-folk qu’éclaire la jolie voix de Bert Ostyn (chant/guitare).

Les deux curiosités qui méritent l’étiquette expérimentale attribuée au groupe se concentreraient davantage sur deux morceaux : « Multiple Choice » et « Fortress Europe ». L’un propose un habile spoken word nappé d’un psychédélico-pop et l’autre un jazz manouche original hanté par les âmes de Django Reihnardt et Stephane Grapelli.

Quant au reste de la galette, elle nous réserve des surprises contestables. Des ballades qui nous baladent et soufflent le chaud (« Heaven Knows ») et le froid (« Moodswing Baby), des morceaux incroyablement ordinaires dont les compos s’empâtent de marsh(m)all(ow) aux saveurs de guimauve (« Papillon », « Dead on My Feet »).

« Absynthe Minded » : phénomène incontournable de la scène belge ? Maintenant, à vous de juger !

 

Taliesyn

Taliesyn

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De toute évidence, les membres du groupe Taliesyn ont dû écouter en boucle les albums d’Ange et de son mentor Christian Descamps pour enregistrer un elpee de cette trempe. Le quatuor belge vient en tout cas de sortir un premier opus éponyme recelant toutes les qualités pour charmer les amateurs de prog ‘à la française’.

Fin 2005, le combo signe un contrat de coproduction chez Rox Records, la maison bruxelloise dirigée par le tandem Guccio/De Greef (Machiavel). Dix titres on été mis en boîte au studio Hautregard de Battice ; et c’est aujourd’hui le célèbre label prog Musea qui assure la distribution de cette première plaque aux accents médiévaux.

Théâtral et emphatique, « Taliesyn » aborde des thèmes décalés sur une structure musicale complexe, caractérisée par le son divin de l’orgue Hammond, mais aussi tapissée de chœurs et accessoirement balayée d’interventions de flûte et de cordes. Des titres comme « Le Dragon », « L’homme aux Sandales », « Sorcières » ou « Les galériens » reproduisent indéniablement l’ambiance mystérieuse, tantôt tragique, tantôt comique, de « Au-delà du Délire », chef-d’œuvre incontestable du père Descamps et de ses laquais d’Ange. Ici encore, les paroles s’enchaînent et coulent paisiblement. Si les lyrics baignent au sein d’un univers de contes et de légendes, ils ne sont pas toujours aussi inoffensifs qu’ils n’y paraissent. Quant à la musique, elle s’inspire autant du rock que du jazz, trahissant même des accents empruntés à la Renaissance. Le tout est enrichi de trouvailles absolument ingénieuses au niveau des arrangements. A l’heure où vous lirez ces lignes, les titres du deuxième CD de Taliesyn seront probablement déjà enregistrés. Un concert au Spirit ou à l’Auberge de jeunesse de Tournai ne serait pas pour nous déplaire.

 

Absynthe Minded

There is nothing

Écrit par

En 2003, cette formation gantoise sortait un premier Ep. Intitulé " History make science fiction ", il m’avait immédiatement interpellé. Auteur de deux albums de bonne facture, « Acquired taste » en 2004 et « New day » l’année suivante, le groupe a démontré tout le bien qu’on pouvait penser de lui lors de ses multiples tournées. Aujourd’hui, son troisième opus devrait lui permettre d’entrer dans la cour des grands. Sur les treize titres qui ont de nouveau bénéficié de la production de l’ex T.C. Matic, Jean-Marie Aerts, deux se révèlent cependant dispensables. Ce qui n’est quand même pas mal ! Tout d’abord la ballade paisible « I’ll be alright » et ensuite « I wanna forget » (il porte bien son titre), un titre de pop rock au format seventies assez conventionnel. La formule instrumentale basique (guitare acoustique, contrebasse, piano, chant et violon) est aujourd’hui enrichie d’une gratte électrique et d’un clavier. Et la musique ne se contente plus uniquement de puiser dans le jazz, le folk, le blues ou la pop. Se frottant au funk/r&b, tout d’abord. Sur « Ask me anything », en cherchant à faire le lien entre Booker T et Parliament. Un spectre de Booker T que l’on retrouve sur « You back door ». A cause des claviers délicieusement rognés. Encore qu’au fil du temps, la plage vire au prog circa Atomic Rooster. Même la voix de Bert épouse ici les inflexions de Vincent Crane. Brrr… Parce que le timbre mélancolique, chaleureux d’Ostyn évoque très souvent un certain Mark Olivier Everett (Eels), mais aussi Henk Hofstede des Nits. Surtout sur deux titres plus raffinés, bien dans la lignée des Amstellodamois. Tout d’abord « It’s all around you » et puis le final « Silent song », un morceau minimaliste qui nous plonge dans une forme de mélancolie douce. Parmi les compos les plus électriques, « There is nothing » mérite la palme. Imprimée sur un tempo très enlevé, presque échevelé, elle réverbère des échos de guitares gémissants comme chez Mud Flow. Plus étonnant encore, le titre d’ouverture, « Plane song » libère un groove irrésistible digne de Foo Fighters. Sans pourtant négliger le sens mélodique. Un sens mélodique, avouons-le que Bert Ostyn cultive à la perfection. S’ébrouant sur les accords d’une sèche, « Stuck in reverse » monte en crescendo, s’enrichit de cordes de guitares geignardes et de claviers ‘vintage’ pour finalement se lover dans un climat proche du célèbre « I’m a man » du Spencer Davis Group ». Epatant ! Le violon de Renaud Ghilbert se met enfin en évidence sur « Nowhere to go », un titre assez rétro mais bourré de swing. Et puis tout au long de « A great height ». Ses interventions à la sensibilité jazz/tzigane illuminent ce titre presque ragtime. Si dEUS est toujours le meilleur groupe du Nord de la Belgique, Absynthe Minded risque fort de devenir, à court terme, son dauphin…

 

Absynthe Minded

New day

Écrit par
Auteur d’un premier elpee fort intéressant l’an dernier (« Acquired taste »), cette formation nous revient avec un deuxième opus. Un disque pour lequel Absynthe Minded a reçu le concours de l’ex TC Matic, Jean-Marie Aerts, à la production. 16 plages qui oscillent essentiellement du jazz à la pop, en passant par le blues, et le ragtime. Essentiellement, parce qu’elles se chargent constamment de nuances. « Mary’s hotel », le titre d’ouverture porte ainsi les stigmates prog du Vandergraaf Generator de l’époque Graham Smith. A cause du violon de Renaud Ghilbert, bien sûr. Un violon qui donne pourtant, le plus souvent, une coloration tsigane, baroque (dEUS ?) ou jazzyfiante (Django Reinhart). Il flirte même avec le swing sur « Clock is ticking », un morceau cabaret réminiscent de Paolo Conte. L’orgue hammond domine le premier single « To the boredom dying slowly », un titre ténébreux, rythm’n blues dans l’esprit des Animals, nonobstant les accès de guitare psyché. Un clavier toujours très présent sur le latino « Singalong song », dont le climat fiévreux aurait pu naître d’une rencontre entre les Doors et Santana, mais sans la guitare. Etonnant ! « One way or another » opère une rencontre entre le funk et le tango alors que « My heroics, part one » adopte un ton ‘emo’. Et puis, il ne faut pas oublier Bert Ostyn. Le leader. Le chanteur aussi. Il possède une très belle voix, dont le timbre mélancolique, chaleureux, évoque très souvent un certain Mark Olivier Everett (Eels).

Absynthe Minded

Acquired taste

Écrit par
L’an dernier cette formation gantoise avait commis un Ep fort prometteur. Intitulé « History make science fiction », les six titres de ce morceau de plastique oscillaient du jazz au folk en passant par le blues et la pop. Si la trame de base est demeurée identique, la solution sonore du premier opus a pris de l’amplitude. Et puis un petit côté rétro, désuet, cabaret, qui le rend fort attachant. Et en particulier sur « Conversation strike error », un fragment imprimé sur un tempo charleston et balayé par un accordéon et un clavier musettes. « (That’s a) long story », également. Un morceau qui flirte tour à tour avec le ragtime, le rock n’ roll, et le charleston. Et puis le minimaliste « Walk with me ». Limité à la guitare sèche, au banjo et à la voix, il aurait pu carrément être gravé sur un 78 tours. La voix de Bert Ostyn évoque de plus en plus un hybride entre celle de John Wetton et Mark Olivier Everett (Eels). Titre le plus pop, « Acquired taste » épouse la sensibilité mélodique contagieuse du trio californien. En plus allègre ! Lorsqu’on parle de John Wetton, on ne peut s’empêcher de penser à King Crimson. Celui de « Lark’s tongue in aspic ». Qui manifeste une flambée d’adrénaline sur le surprenant « Copy in black and white », nonobstant ses accès de guitare syncopés, funkysants. Et lorsqu’on évoque le Roi Cramoisi, on ne peut s’empêcher de penser à la prog. Qu’embrasse l’échevelé, swinguant « People of the pavement », dans l’esprit de Nice, « I’ve been there (old love never dies ») » dans celui de Curved Air (NDR: sans Sonja Kristina), tout en conjuguant envolées de claviers et de violon. Un violon que Renaud Ghilbert peut mettre à la sauce « Django Reinhart » ou tout simplement lui donner des accents tsiganes. A l’instar d’I am fan », ou de la ritournelle « Let’s go », imprimée par le rythme du piano. Celtiques aussi. Sur le beatlenesque « In her head » (Perry Rose ?). L’elpee ose même un titre expérimental. En l’occurrence, le boogie insolite « Twisted ». Et on n’et pas encore au bout de nos surprises, puisque « It could be » réalise la fusion entre le flamenco et le funk. Toutes des caractéristiques susceptibles, à tout instant, de déraper dans le jazz acoustique. C’est ce qui fait le charme de cet elpee.

Absynthe Minded

History make science fiction

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A l'origine (NDR: c'est à dire en 1999), Absynthe Minded était le projet du seul chanteur/compositeur/multi-instumentiste, Bert Ostijn. Un projet fatalement lo-fi puisqu'il était partagé entre un huit pistes et l'artiste, dans son appartement à Gand, qu'il avait aménagé en studio. Au bout de quelques démos, Bert se décide à s'entourer de quelques collaborateurs. Quatre musiciens en compagnie desquels il concocte une nouvelle démo (" Sweet oblivion ") avant de partir en tournée. Nous sommes alors en 2002. " History make science fiction " constitue son premier EP. Six titres qui oscillent du jazz au folk en passant par le blues et la pop. Faut dire que la formule instrumentale (guitare acoustique, contrebasse, piano, chant et violon) se prête bien à ce style qui évoque tour à tour à Zita Swoon, Tom Waits ou à Hawkley Workman. Avec même un zeste de Howlin' Wolf sur le blues " John Lee Hooker ", de Dutronc tout au long du cool " Pretty horny flow " et d'Ozark Henry pour le final " From nowhere to return ". Excellente surprise, au sein du line up, figure Renaud Ghilbert, l'excellent violoniste qui épaule régulièrement Sioen. Renaud est un grand admirateur de Django Reinhardt, et ses excellentes interventions au violon, tout au long de ce six titres, communiquent une fameuse dose de swing aux compositions. On devrait y voir plus clair lors de la sortie de l'album. Mais à première vue, les choses se présentent plutôt bien.