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Sleaford Mods

Une valse de styles sous une pluie de gobelets de bière…

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Quatrième passage de Sleaford Mods à l’Ancienne Belgique depuis 2015 : le duo joue ici en terrain conquis, accueilli comme une équipe de football qui revient jouer à domicile. Dans la salle, l’auditoire répond présent, même si la setlist alterne moments tendus et respirations. Compte rendu !

En ouverture, Snayx connaît aussi l’AB : la formation de Brighton (NDR : encore un rejeton de la côte Sud) a foulé le Club, à l’étage, deux ans plus tôt. Lainey s’installe vite derrière les fûts, en pilotant aussi le séquenceur. Puis un grand bassiste, suivi du chanteur — casquette vissée sur le crâne — surgissent à l’avant de l’estrade, comme deux combattants de MMA prêts à disputer le round. Le son penche franchement vers le punk/hardcore, mené par une basse très en avant, auquel s’ajoutent des phrasés rap/hip-hop qui évoquent Senser, Prodigy ou Clawfinger côté années 90, et, plus près de nous, Slaves ou Wargasm. L’énergie se communique et ramène progressivement du monde dans la fosse. Pourtant, en début de set, l’assistance reste clairsemée, il n’y a guère plus d’une centaine de curieux aux premiers rangs. Si les titres donnent un vrai coup de fouet, ils s’appuient souvent sur un beat punk assez rectiligne ; trente minutes suffisent, finalement, pour cerner le concert (page ‘Artistes’ ici). 

Question : pourquoi programmer Sleaford Mods seulement à 21 h, alors que l’inter-plateau pourrait se limiter à un petit quart d’heure ? Vers 20 h 50, Andrew Fearn ajuste son PC, l’ingé son vérifie le micro ; deux minutes suffisent, montre en main.

Le duo arrive sobrement, à l’heure pile. Jason Williamson, t-shirt sans manches, exhibe une collection de tattoos (NDR : dont le célèbre « British Railways » et son lion). Cette entrée sans effets tranche par rapport à l’accueil de la foule, déjà prête à les porter aux nues. Musicalement, la formule demeure minimaliste, mais l’ensemble se met vite en place sur les planches. Andrew aligne les pas de danse derrière son ordinateur, tandis que Jason, voix râpeuse, lâche ses harangues comme un supporter des Three Lions au terme d’un match. Le début de parcours réserve une large place à « The Dismiss of Planet X » (NDR : un opus déjà bien calé dans le top 2026 de votre serviteur). L’ouverture, « The Unwrap », reste d’abord sur la retenue. Deux miroirs encadrent le podium et un écran vidéo sert surtout à afficher les featurings : sur « Good Life », par exemple, apparaissent Gwendoline Christie et Big Special en streaming. « Megaton » réveille la fosse : ça bouge, les premiers pogos se lancent, sous une pluie intermittente de gobelets de bière.

La setlist, comme l’ambiance, connaît pourtant des variations. Ces creux et relances permettent aussi de mesurer l’amplitude du phrasé : Andrew passe d’un ton post-punk à des séquences plus rap, voire à des saillies punk plus nerveuses, sans lâcher ce chanté-parlé aux inflexions de classe ouvrière du Nord de l’Angleterre. Le tout est ponctué de crachats, de bruitages et de ‘fuck’ déclinés à toutes les sauces.

Dans la dernière demi-heure, « Force 10 From Navarone » offre une nouvelle occasion d’envoyer sur l’écran la séquence tournée en compagnie de Florence Shaw (Dry Cleaning). Puis survient une reprise inattendue, mais efficace pour relancer l’auditoire : « West End Girls » des Pet Shop Boys, qui remet les corps en mouvement, mais pas sans esquisser un sourire goguenard.

Le set s’achève en crescendo : d’abord « Tied Up in Nottz » (NDR : clin d’œil aux contrastes de classes sociales dans leur ville d’origine, Nottingham). « Jobseeker », sur une rythmique martelée, déclenche encore des mouvements de masse aux premiers rangs. Le duo boucle ensuite sur l’entêtant « Tweet, Tweet, Tweet », puis prend le temps de saluer l’auditoire et de distribuer quelques setlists, avant de tirer sa révérence.

(Photos Dieter Boone ici)

(Organisation : AB + Live Nation)

Sleaford Mods

L’abomination de Sleaford Mods…

Sleaford Mods sortira son nouvel album, « The Demise Of Planet X », le 16 janvier 2026 chez Rough Trade Records.

Cet elpee, annoncé comme le plus ambitieux et le plus complet d'Andrew Fearn et Jason Williamson à ce jour, compte sur la participation de Sue Tompkins, ancienne chanteuse de Life Without Buildings, ainsi que sur celles de Aldous Harding, le chanteur de soul Liam Bailey et le MC Grime Snowy, tous deux originaires de Nottingham, la ville natale du groupe.

Pour ses premiers pas dans la musique, l'actrice Gwendoline Christie (Wednesday/ Severance/Game Of Thrones) rejoint également le combo Big Special, originaire des Midlands, sur le nouveau single de Sleaford Mods, « The Good Life », qui paraît accompagné d'un clip réalisé par Ben Wheatley (The Kill List/A Field In England/Bulk).

Affichant l'approche musicale la plus variée et la plus expressive du duo à ce jour, « The Demise Of Planet X » dresse un tableau, critique et satirise notre époque, tout en offrant un cri de colère universel et une libération d'énergie qui s'oppose à l'obscurité culturelle envahissante.

Envisageant la fin du monde non pas comme un big bang, mais comme une marée montante d'une banalité irritante, « The Demise Of Planet X » riposte avec des sons vifs, des paroles acerbes, des atmosphères enveloppantes et un humour engageant à travers 13 titres qui toucheront les cœurs, les esprits et les pieds.

‘The Demise Of Planet X » représente une vie marquée par une immense incertitude, façonnée par un traumatisme collectif’, déclare Jason Williamson, le leader de la formation. ‘Lorsque nous avons écrit le dernier album, il traitait de la stagnation, d'un pays qui ressemblait à un cadavre sans vie. Trois ans plus tard, ce cadavre a été déchiré par la guerre, le génocide et les séquelles psychologiques persistantes de la Covid, tandis que les réseaux sociaux se sont transformés en une forme grotesque et tordue d'ingénierie numérique. On a l'impression de vivre parmi les ruines. Une abomination à plusieurs niveaux gravée dans notre psyché collective.’

Le premier single, « The Good Life », capture ce mélange d'apocalypse publique et personnelle, grâce aux rythmes urgents et aux mélodies séduisantes d'Andrew Fearn, combinés à la diction mitraillette de Williamson. ‘Mes voix intérieures sont incarnées par Gwendoline et Big Special, qui débattent de la tension interne entre le fait de profiter d'une belle vie et celui de se soumettre au chaos’, explique Williamson

Pour découvrir le clip du single « The Good Life », c’est

 

 

Sleaford Mods

Sleaford Mods sur une autre planète

Écrit par

Les Sleaford Mods sortiront leur nouvel album, « The Demise Of Planet X », le 16 janvier 2026 chez Rough Trade Records. Ce projet, présenté comme le plus ambitieux du duo Andrew Fearn et Jason Williamson, inclut des collaborations inédites avec Sue Tompkins (ex-Life Without Buildings), Aldous Harding, Liam Bailey et Snowy, tous deux originaires de Nottingham. L’actrice Gwendoline Christie fait également ses débuts musicaux sur le single « The Good Life », accompagné d’un clip réalisé par Ben Wheatley.

L’opus propose une palette musicale variée et expressive, abordant avec satire et critique les enjeux contemporains à travers 13 titres. Jason Williamson décrit ce disque comme le reflet d’une vie marquée par l’incertitude et les traumatismes collectifs, sur fond de guerre, de pandémie et de mutation des réseaux sociaux.

En attendant la sortie de cet elpee, le duo a partagé un single, « The good life », sous forme de clip. Et il est à voir et écouter

 

Sleaford Mods

La sinistrose de Sleaford Mods joue les prolongations…

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Sleaford Mods publiera un nouvel Ep de six titres, « More UK Grim », le 20 octobre 2024. Enregistrées en même temps que son elpee « UK Grim », les nouvelles compos continuent de critiquer et paradoxalement de célébrer notre époque turbulente. Son premier single, « Big Pharma », affiche la même approche lyrique que le dernier opus. Le titre est accompagné d'une vidéo d'animation satirique réalisée par Sean Sears, qui a appliqué sa vision caractéristique à l'examen des conséquences d'une ‘philosophie’ de la santé qui privilégie la consommation d'urine par rapport à des traitements médicaux soigneusement étudiés. Et elle est disponible

En concert :

15/10 - Belgique - Anvers - De Roma (SOLD OUT)

 

Sleaford Mods

Plus c’est court, plus c’est bon…

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Sleaford Mods se produit ce mardi 5 avril, à l’Ancienne Belgique, dans le cadre de la tournée ‘Spar Ribs Tour Mainland Europe 2022’ ; et la salle est pleine à craquer. Originaire de Nottingham, en Angleterre, ce duo britannique de post punk implique le chanteur et frontman polémique Jason Williamson et le musicien / producteur Andrew Fearn (depuis 2012). Son douzième elpee, « Spare Ribs », est paru en janvier de l’an dernier, une œuvre au cours de laquelle le tandem manifeste sa colère à l’égard du gouvernement britannique qui se croit tout permis et dont l'approche je-m'en-foutiste de la crise du coronavirus en est la plus belle illustration.

Issu de Bristol, en Angleterre, Lice assure le supporting act. Un quatuor qui réunit un chanteur (Alastair Shuttleworth), un guitariste (Silas Dilkes), un drummer (Bruce Bardsley) et un bassiste (Gareth Johnson) ; mais qui ce soir est soutenu par un claviériste. Son premier opus, « Wasteland : What Ails Our People Is Clear », est sorti en 2021. Le groupe partage une même esthétique garage/rock sale que Fat White Family, mais également la rage, l'urgence et l'esprit du punk morveux d’IDLES, un band également établi à Bristol. Le vocaliste ne chante pas, il vocifère en haranguant la foule. Il l’incite à se remuer et à applaudir, tout en faisant le pitre. Et les premiers rangs réagissent à ses sollicitations. Cocktail expérimental de métal, de rock, de punk, de blues et de noisy, la musique dispensée par Lice ne l’est certainement pas… lisse… Elle est même un peu difficile à digérer, mais le combo a bien chauffé la foule…

(voir notre section photos ici)

Place ensuite au plat de résistance : Sleaford Mods. Hormis le light show, qui va se révéler agressif, le décor est sobre. Une quinzaine d’imposants spots led sont érigés verticalement. Ils vont balayer les deux artistes de face et de dos. Une rampe lumineuse de néons placée sur des socles métalliques s’étale sur toute la longueur de la scène, à deux bons mètres de hauteur.

Le duo monte sur l’estrade. Andrew Fearn, imperturbable derrière son petit ordinateur, main dans la poche et bière dans l'autre, appuie nonchalamment sur un petit bouton afin de lancer le son. Il se contente de taper du pied en rythme et se marre en observant la foule qui rapidement se déchaîne. A la manière d’un Liam Gallagher, Jason se promène de long en large, sur le podium, tout en toisant l’auditoire. Puissante, sa voix évoque celle de Johnny Rotten (Sex Pistols, PIL). Il déverse son flow hip hop ininterrompu, d’un accent des Midlands à couper au couteau, mais en le parsemant d’une multitude de ‘Fuck off’ et de ‘Fuck in’. Mais les lyrics appuient là où ça fait mal avec un mordant et un esprit inégalé. Encore qu’on l’impression que Jason manifeste une inventivité lyrique et vocale plus conséquente qu'auparavant. Il semble ainsi davantage influencé par des auteurs-compositeurs-interprètes tels qu'Alex Cameron et Aldous Harding que par les rappeurs.  

Vingt-trois titres sont dispensés sans quasi la moindre interruption et surtout sans la moindre interactivité. Et pourtant, dans la fosse, c’est le boxon. Les pogos, le crowdsurfing et les round circles se multiplient.

Et au fil du set, la scène est jonchée de gobelets de bière (souvent pleins), alors qu’excités, les fans y grimpent avant de plonger aussitôt dans la fosse. Sans doute emporté dans l’ambiance, Andrew entame une danse sauvage.

Pourtant connu pour son style minimaliste, Sleaford Mods a proposé, ce soir, des versions plus complexes des compos de son répertoire, les traduisant même en électro/pop. La plupart des titres du dernier long playing figurent dans la setlist. Mais la paire a aussi le bon goût de nous réserver une reprise plutôt réussie du « Don’t Go » de Yazoo.

Et s’il fallait appliquer un slogan à Sleaford Mods, on pourrait décréter : plus c'est court, plus c'est bon !

Pour les photos, c’est

Setlist : « The New Brick », « Shortcummings », « Middle Men », « Spare Ribs », « I Don’T Rate You », « Kebab Spider », « Face To Faces », « Jolly Funcker », « Mork N Mindy », » Thick Ear », « Tiswas », « T.C.R. », « BHS », « Don’t Go » (cover Yazoo), « Second », « Nudge It », « Elocution », « Out There », « Top Room », « Discourse », « Tied Up In Nottz », « Jobseeker », « Tweet Tweet Tweet ». 

(Organisation : Ancienne Belgique)

Sleaford Mods

Spare Ribs

Écrit par

Quelques siècles après avoir enfanté le célèbre Robin Hood, Nottingham sort enfin du bois, grâce à un OVNI musical baptisé Sleaford Mods, un duo de vétérans réunissant le charismatique MC Jason Williamson et le placide beatmaker Andrew Fearn.

Naviguant quelque part entre post-punk et hip-hop, sa musique jouit d’une considération rare au sein de l’univers musical contemporain. Et elle est légitime. A cause de son style vindicatif et minimaliste qui ne ressemble, en effet, à aucun autre…

Sur « Spare Ribs », le tandem est égal à lui-même. Inimitable, la signature sonore est sauvegardée. En outre, la verve est intacte et symbolise à merveille l’opinion de la working-class anglaise. Et pour cause, le tandem y vilipende copieusement le libéralisme, les élites, le Brexit ou les stars de pacotille. Il s’érige ainsi en dernier ambassadeur du punk originel. L’esprit de Robin des Bois n’est pas très loin…