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Rival Consoles

Overflow

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Après avoir monté des projets en tout genre et sorti 7 elpees sous le patronyme Rival Consoles, Ryan Lee West est de retour. Il nous propose son huitième (toujours chez Erased Tapes), un opus destiné à sonoriser une danse contemporaine imaginée par Alexander Whitley. Intitulé « Overflow » il traite de l’ère numérique et tout particulièrement de l’addiction réseaux sociaux.

Réunissant treize morceaux, cet album nous plonge au sein d’un univers envoûtant, sombre et futuriste. En mêlant synthés analogiques et instruments acoustiques, Rival Consoles crée une forme d’‘ambient’ rappelant celle de Jon Hopkins, une musique qui pourrait parfaitement servir de B.O. à un film de Nicolas Winding Refn. Difficile de mettre en exergue un morceau en particulier tant l’album constitue un tout, une expérience en soi. L’idéal serait par ailleurs de pouvoir assister au spectacle mis en place par A. Whitley pour apprécier la corrélation entre l’expression sonore et le spectacle de danse.

Solex

Amsterdam Showdown King Street Throwdown !

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Selon leur roman photos (disponible sur le Myspace de Solex), c’est au cours de l’année 2006 qu’Elisabeth Esselink, aka Solex, se rend dans sa boutique de vinyles favorite à la recherche de quelques morceaux à sampler. Fortuitement, la Dj amstellodamoise tombe sur un vieux 33 tours de Boss Hog. Le blues-rock du groupe new-yorkais, dont Jon Spencer (celui du Jon Spencer Blues Explosion) et sa femme Martina Cristina sont les deux figures emblématiques, frappe directement l’esprit de la Batave. Sans hésitation, elle décroche son téléphone afin d’exposer ses plans à Jon Spencer. Apparemment excité par l’idée, le vieux rocker répond par l’affirmative et propose que sa compagne l’accompagne dans l’aventure. Vous avez donc l’explication de cette association contre nature entre une simple Dj et un mythe du punk/blues yankee.

Une question me taraudait quand même l’esprit, une interrogation mêlée de crainte, mais également excitation : ‘quel serait le résultat de cette rencontre improbable ?’ Pas facile à imaginer ! Or à l’issue d’une première écoute, mes appréhensions ont été balayées. Car le résultat de cette expérience tient bien la route. Il est même parfois épatant. Solex imprime très souvent le rythme aux compos. Un tempo tour à tour funkysant (« Bon Bon ») ou soul (« Aapie »), mais qui progressivement vous imprègne pour en devenir hypnotique. Mr. Spencer apporte bien sûr toute son expérience à cette collaboration ; et nous réserve une petite perle intitulée « R Is For Ring-A-Ding », au cours de laquelle blues et funk se conjuguent sur une ligne de parole. Notre Néerlandaise a certainement dû en être soufflée. Et cerise sur le gâteau, Cristina Martinez vient régulièrement poser son timbre sensuel, sur les compos. Des moments particulièrement savoureux ! Alternant les climats, cet elpee privilégie les plages énergiques. Pas le temps donc de s’endormir, sur cette plaque.

Bref, Solex a réussi un pari particulièrement périlleux. Et Jon spencer, n’est bien sûr pas étranger à cette performance. Vivement une prochaine collaboration. Qui soit aussi surprenante. C’est tout ce qu’on souhaite !

Rival Consoles

Persona

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Ryan Lee West, alias Rival Consoles, est l’une des premières signatures d’Erased Tapes, avant même celles des deux têtes de gondoles, Nils Frahm et Olafur Arnalds, sur le label anglais. Issu de la scène rock, cet Anglais (NDR : il est originaire de Leicester) a évolué vers l’électronique il y a une bonne dizaine d’années. Depuis 2009, il a enchaîné les EP et LP en affinant son univers musical au fil des enregistrements.

« Persona » –dont le titre est inspiré d’un film d’Ingrid Bergman– constitue son quatrième long playing. L’univers sonore de Rival Consoles navigue quelque part entre ceux de Jon Hopkins et Boards of Canada. La part belle y est réservée aux claviers et effets électroniques. Ce qui ne l’empêche pas d’intégrer des instruments électriques et acoustiques. Si certaines pistes ténébreuses sont imprimées sur un tempo soutenu, à l’instar du titre maître, d’autres sont davantage planantes, voire atmosphériques. Parmi les douze compos de cet album, difficile d’en mettre une toute particulière en exergue ; aucune mélodie distincte ne ressortant de l’ensemble. Il est donc vivement conseiller d’écouter ce « Persona » d’une seule traite, et notamment lorsque vous devez vivre une soirée… en solitaire… 

 

Avec le soleil sortant de sa bouche

Zubbedust!

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Avec le soleil sortant de sa bouche (ALSSDSB) est un patronyme, ma foi, très original. Mais avant tout, c’est un collectif de musicos émanant du pays des caribous. Il réunit des membres issus de différentes formations, formule que le mythique label montréalais propose depuis pas mal de temps. ALSSDSB est donc une formation à géométrie variable qui existe depuis 2011. Jean-Sébastien Truchy (Fly Pan Am) et Sebastien Fournier en forment la charnière centrale. Et "Zubberdust!" constitue leur premier album.

Cet LP est divisé en deux longues pistes (« Face à l’instant » et « Super pastiche fantastique »), chacune découpée en plusieurs parties. Hormis la présence de quelques chœurs circonstanciels, l’expression sonore du combo est essentiellement instrumentale. Elle oscille entre post et math-rock. A contrario de ses compagnons de label, le combo canadien ne sombre ni dans le climat dépressif, ni dans le rock progressif. Tout au long de cet elpee, l’atmosphère est d’ailleurs radieuse voire enjouée. Les rythmiques sont presque dansantes et les tonalités des guitares ne sont pas noyées sous des tonnes d'effets. En outre, l’ensemble est judicieusement saupoudré d’électronique. Le résultat est particulièrement efficace. Pas besoin d’enchaîner les écoutes pour dompter « Zubberdust ! », la musique de ce band canadien vient à nous sans se faire prier. On ne va donc pas s’en priver.   

 

Sole & DJ Pain 1

Death Drive

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L’inépuisable Sole, fondateur, dès 98, du fameux label de hip-hop alternatif communautaire Anticon, revient en compagnie du producteur à succès DJ Pain 1, qui a bossé, entre autres, pour le compte de Young Jeezy, Public Enemy et même 50 Cents… Comme son titre l’indique « Death Drive » ne s’assimile pas à une promenade de santé, mais décoche un uppercut de hip-hop conscientisé. Des riffs métalliques modestement inspirés (« Unscorch the Earth ») côtoient des sonorités contemporaines (« Don’t Riot »), R’n’B (« Hey Liberals ») ou plus classiques (le très efficace « Rap Game Darwin  » et ses scratches vintages). Le climat est sombre et les textes véhiculent des textes politiquement très engagés. Tel un débutant impatient de libérer toute sa rage intérieure, Sole assène ses crochets sans jamais se départir de sa véhémence. Que ce soit sur le quasi racoleur « Baghdad Shake », l’énergique « Don’t Riot » ou dans un style proche de celui de Sage Francis, sur « The Gauntlet ». Ces vétérans ne sont pas prêts à baisser les armes…

 

Solefald

Norrøn livskunst

Écrit par

L’actualité musicale plus que consistante de la fin d’année 2010 a bien failli me/nous faire passer à côté de cette perle. Amateur de musique ‘à l’ancienne’ votre serviteur a tendance à vouloir privilégier l’écoute (et la chronique) d’albums reçus en format Cd. Indie Recordings a choisi la voie du ‘digipromo’ (NDR : des albums digitaux envoyés aux chroniqueurs en version mp3) pour la promotion et, par conséquent, voit la plupart de ses productions passer à la trappe dans nos colonnes. Dommage puisque le label norvégien ne signe généralement que des groupes de qualité.

J’avais adoré les deux premiers opus de Solefald (« The Linear Scaffold » paru en 1997 et « Neonism » en 1999). Je me suis donc quand même décidé à jeter une oreille sur « Norrøn livskunst », le nouvel elpee de ce duo black métal avant-gardiste norvégien. Grand bien m’en a pris puisque Solefald vient, sans conteste, de sortir le meilleur de ses huit long playings.

Comme le souligne d’une manière très humoristique la bio du groupe, ‘Solefald est un animal étrange au sein du troupeau black métal puisqu’aucun de ses membres n’a séjourné en prison’. Mais un casier judiciaire vierge n’est pas le seul signe distinctif du combo. Il serait aussi judicieux d’évoquer le mélange improbable de sérieux et d’humour qui le caractérise ainsi qu’une propension démesurée à l’expérimentation musicale. Outre son implication au sein de la formation black/thrash expérimentale Sturmgeist, Cornelius Jakhelln’ (chant, guitare et basse) est aussi un auteur reconnu en Norvège. Il a publié des romans épiques, des livres pour enfants et des recueils de poèmes. Lars A. Nedland, alias Lazare (chant, claviers, batterie) milite aussi chez Bork Nagar, Carpathian Forest, Age Of Silence et Asmegin est, à ses heures, producteur pour la télévision norvégienne, mais également acteur. Il a joué dans une parodie télévisée relatant de manière humoristique les dérives du black métal (« Barron Blod »).

« Norrøn livskunst » (‘L’art de vivre nordique’) s’ouvre par le superbe « Song Til Stormen » ; un titre lent, intense, presque planant sur lequel les voix claires si caractéristiques du duo Lazare/Cornelius sont rehaussées de chœurs féminins envoûtants. « Norrøn Livskunst », se décline dans un style plus purement black métal. Vocaux écorchés et riffs speedés rappellent les origines nordiques du groupe. Sur l’étrange « Tittentattenteksti », Agnete Kjølsrud (Djerv, ex-Animal Alpha) vient poser des vocaux d’adolescente hystérique sur des lignes de guitares mélodiques surprenantes. « Tridsljod (Blackabilly) » est un black’n’roll plein d’humour au cours duquel les vocaux ressemblent étrangement à ceux d’ICS Vortex (ex-Bork Nagar, ex-Dimmu Borgir, Arcturus). Il s’inspire d’un personnage issu d’un roman policier écrit par Cornélius. « Eukalyptustreet » justifie à lui seul l’achat de l’album. Solefald y réussit l’exploit, en neuf minutes chrono, de faire passer l’auditeur d’une ambiance néo-hippie au black métal symphonique intense. Et ce, à grand renfort de soli de saxophone jubilatoires, d’arrangements vocaux intenses, de guitares pachydermiques et de piano virtuose. Retour au black métal sur « Raudedauden », un titre qui présente la particularité d’être agrémenté d’un solo de guitare, intervention plutôt rare chez Solefald. « Vitets Vidd I Verdi » est un melting-pot organisé de black métal, de rythmes électro, d’ambiances jazzy et de chœurs féminins, sur lequel l’hystérique Agnete refait une apparition vocale remarquée. Métal extrême haineux balancé au rythme des blast-beats ensuite pour « Hugferdi ». « Waves Over Vallhalla (An Icelandic Odyssey Part 3) » revient un court instant sur la saga viking débutée en 2005 sur l’album « Red For Fire » ainsi que sur l’elpee « Black For Death » de 2006. « Norrøn livskunst » s’achève en douceur sur les magnifiques arrangements vocaux et l’orgue hammond du fascinant « Til Heimen Yver Havet ».

Envoyé par le label sur un support ‘politiquement correct’, « Norrøn livskunst » aurait été chroniqué à sa sortie en novembre 2010 et aurait probablement figuré tout en haut de mon top 10 personnel. Recommandé à tous les fans d’Arcturus, Vintersorg, Ulver ainsi qu’aux plus éclectiques des amateurs de musique extrême. Du grand art nordique !

 

Sole

Plastique

Écrit par

Le rappeur roux redémarre la machine, deux ans après une première collaboration avec The Skyrider Band. Et Tim ‘Sole’ Holland n’est pas du genre à tourner en rond. « Children Of Privilege », la plage introductive de son « Plastique », envoie l’auditeur en plein cœur du sujet, d’une traite. L’ancien protégé de l’écurie Anticon propose neuf nouvelles odes au soulèvement de la classe moyenne. Mieux structuré que l’éponyme, ce second recueil dévoile un Sole porté par davantage de détermination et au flow moins éparpillé qu’auparavant. Une tournure tout à l’avantage du bonhomme qui dégomme des versets salutaires, comme ceux déployés sur « Nothing Pt. 2 », « Mr Insurgent » ou « Pissing In The Wind ».

Pourtant quelque chose coince. La faute au Skyrider Band, composé de Ryan Fritsch et John Wagner auxquels s’ajoute le producteur Bud Berning. Le trio se contente ici de produire des beats généralement tout en retenue, sans remous et passe à côté de belles opportunités. « Plastique » constituait pourtant l’occasion rêvée de malmener Sole, de le forcer à effectuer quelques cabrioles lyriques qui auraient pu aboutir sur des combinaisons prodigieuses. Par conséquent, même la contribution de Markus Archer (The Notwist) sur « Battlefields » ne procure pas la sensation escomptée. Tout le mérite de « Plastique » revient donc à Sole, toujours aussi efficace.

 

Solenoid

Solenoid

Écrit par

Solenoid, nouveau venu en provenance de l’écurie Buzzville, possède déjà, un solide pedigree. Jouissant d’une redoutable puissance de feu, les compositions de la dernière démo en date ont séduit le légendaire producteur Chris Tsangarides, responsable du son d’authentiques chefs-d’œuvre du metal : « Thunder and Ligtning » de Thin Lizzy ou encore « Painkiller » de Judas Priest, pour ne citer que ces deux monuments incontournables. Un sérieux atout et une grande première dans l’histoire du rock belge. Pour couronner le tout, le mastering a été réalisé en Suède par Gorän Finnberg dont le nom est associé à des groupes aussi populaires que Opeth, Spiritual Beggars ou In Flames.

Issue de Genk, la formation a déjà écumé de nombreux clubs du Nord du pays et s’est offert le luxe d’assurer les premières parties d’Anvil et de Gwar. Car c’est bien dans la catégorie du metal old school qu’évolue le quintet biberonné au plutonium, digne représentant de l’explosive ‘New Wave of Belgian Heavy Rock n’Roll’. Terrassé dès le premier skeud intitulé « Out in the Cold », l’auditeur n’a que peu de temps pour reprendre son souffle jusqu’au titre final « Divide ». Une véritable tuerie de A jusqu’à Z ! Douze titres impitoyables et diablement bien construits. Solenoid est sans conteste, à l’instar de Kludde (NDR : des potes !), ce qui est arrivé de mieux au rock lourd ‘made in Belgium’ depuis bien longtemps. Un metal sans fioritures flirtant autant avec Black Sabbath qu’Iron Maiden, lorgnant souvent vers le dieu Motorhead, et parfois même vers un certain Tank. Les comparaisons ne suffisent pas pour définir la musique de Solenoid qui atteint son plus haut degré d’intensité sur scène, à l’instar d’un Triggerfinger. Procurez-vous cette galette d’urgence, achetez-là, volez-là, mais par solidarité avec nos excellents groupes belges, ne la copiez pas !

 

Soledad Brothers

Hardest walk

Écrit par

Cette formation est née en 1998. Dans la bourgade de Maimee, du côté des faubourgs de Toledo, dans l'Ohio. Elle a été fondée par deux gars du coin : le chanteur/guitariste/harmoniciste Johnny Wirick (alias Walker) et le drummer Ben Smith (alias Swank). Ils sévissaient déjà au sein d’un blues band : Henry and June. La formation allait ensuite transformer son paronyme en Soledad Brothers. Faut-dire que l'album fétiche de Walker n’est autre que le "Live at Soledad" de John Lee Hooker! Ce groupe de dark blues punk a été rapidement intégré à la scène de Detroit, en compagnie des White Stripes et de Greenhorns. Le duo est entre-temps rejoint par un second guitariste : Oliver Henry qui double également au saxophone. Ils commettent un premier elpee éponyme en 2000. Et embraient en 2002 par "Steal your soul and dare your spirit to move", un "Live" en 2003 et "Voice of treason" en 2004. Lié au mouvement des Black Panthers, dont ils affichent fièrement le logo, le combo est engagé politiquement. John Sinclair (NDR : il fut jadis le manager du MC5, groupe révolutionnaire de Detroit dont le "Kick out the jams" est toujours considéré comme un classique de l’histoire du rock’n roll !) en devient rapidement un fan. Un soutien qui signifie beaucoup pour les Soledad.

Leur nouvel opus a été enregistré en France, du côté de Bordeaux. Un quatrième musicien a participé à la confection du disque : un certain Dechman. Un Français. Ce multi-instrumentiste y joue de l'orgue, des synthés, du sitar, de la basse, du banjo et toute une variété d’autres instruments ; de manière à ajouter davantage d’épaisseur au son des Brothers. Dès l’ouverture, les Soledad Brothers dispensent une folle énergie. En respectant l’esprit des libertés prises par les formations punk de la fin des années 70. La rythmique est implacable. Dans un style que pouvait emprunter l'énigmatique Wilko Johnson, le premier guitariste de Doctor Feelgood. Et en remontant dans le temps, je ne peux m’empêcher de penser aux premiers ensembles de R&B anglais du début des 60s : les Stones bien sûr ; mais aussi les Yardbirds, les Pretty Things ou encore Downliners Sect. Les Soledad pratiquent un R&B âpre, musclé, primaire. Le vocaliste pose sa voix sur une expression sonore à la musicalité approximative. Mais le groupe est très soudé ; et puis sa musique bien plus convaincante qu'elle n'y paraît à première écoute. A l’instar de "Truth of consequences" et "Dowtown paranoia blues" : de la pure dynamite. Nos oreilles sont à peine acclimatées que le décor change. Plage très lente, "Crying out loud" véhicule une tension cotonneuse presque insoutenable. Blafard, le timbre vocal se complait dans un style immortalisé par les bands anglais d'autrefois. La tonalité lugubre d’un harmonica hante le décor. Le tonitruant "Crooked Crown" marque un retour au climat trash. Le guitariste a sorti sa slide primaire et poisseuse. Les jaillissements de l’harmo attisent l’incendie. Les cordes ne quittent guère l'avant-scène. Les sonorités ne font pas dans la dentelle, comme si elles avaient été enregistrées dans un bon vieux garage. "Sweet & easy" observe une quiétude toute relative. Les sonorités acoustiques infiltrent les guitares indomptables, bien amplifiées. Ce rock blues est dispensé sans concession, même si on recèle en filigrane une volonté pop manifeste chez les Brothers. L'intro de "Dark horses" est divin. Les flots de guitare me remémorent l’ouverture majestueuse des Doors en quête de la fin. Cette ballade en apparence inoffensive évolue dans un climat oppressant. Une fresque sonore magnifique qui ne laissera personne indifférent… Bref interlude instrumental, "White jazz" véhicule une violence sous-jacente avant de céder le relais à "Good feeling", un rock implacable dont la rythmique est digne des Stones. Une compo qui laisse cependant libre cours à de nouveaux délires free ; et en particulier ceux produits par le saxo de Henry!! Les Soledad ont bien intégré leur instrumentation diversifiée. Leur frénésie devient psychédélique pour "Let me down", un délice lysergique, une aventure intense au cours de laquelle l'orgue s'évade vers les sphères cosmiques du Pink Floyd originel (NDR : quarante ans déjà!). Et ce périple peut même bifurquer vers l’époque "Their Satanic Majesties Request" des Stones. Lorsque Brian Jones était toujours de ce monde. "Mean ol' Toledo" en est la plus belle démonstration. "Loup Garou" entretient ce voyage acide ; mais de ce fragment émane une profonde douceur, entretenue par la présence d’un sitar bien en place. Après une dizaine de minutes de silence, les Soledad reviennent concéder un dernier fragment : un boogie instrumental, parfaitement marqué du sceau de Detroit. Et une nouvelle fois, le spectre de John Lee Hooker plane tout au long de cette plage. Véritable puzzle, cet opus est une ode au délire. Je vous conseillerai donc de le consommer sans modération mais en gardant l'esprit bien ouvert…

Solex

The Laughing Stock of Indie Rock

Écrit par
Solex est le projet personnel d’une ex-propriétaire d’un magasin de disques amstellodamois, à savoir Elisabeth Esselink. Ses premiers opus étaient marqués par l’emprunt de sons à de vieux disques pour en faire de nouveaux (« The Hitmeister », « Pick Up » et « Low Kick and Hard Bop »), contribuant à créer un style très personnel, qu’on appellera lo-fi techno pop (!). Pour ce 4e opus, Solex a délaissé les machines et les samples pour recourir aux instruments classiques : claviers, guitares et percussions. Sans pour autant abandonner un don pour l’excentricité. Les chansonnettes pop de Solex sont des petits bijoux de bricolage sonore, parfois sans refrain ni couplet, ce que d’aucuns nommeraient sans queue ni tête. Autre plus, la voix caverneuse de l’invité Stuart Brown, renforçant l’impression de vignettes d’animation, de petits dessins animés sonores, qui se dégage à l’écoute de ce justement nommé « The Laughing Stock of Indie Rock ». Bien qu’inégal – c’est le genre qui le veut – on retiendra le swamp blues « The Boxer », l’hilarant « Hot Diggity Dog Run Run Run » ou le brico psychédélique « You’ve Got Me ». Déconcertant et souvent amusant !

Sole

Selling Live Water

James Holland est l'un des piliers du label américain Anticon : le bastion de l'avant-hop, ce hip hop blanc et intello, avant-gardiste et plus proche du trip hop et de l'électronica que de Death Row et du gangsta. Sole est son pseudo. Il rappe depuis son adolescence, à l'époque dans des groupes obscurs, comme Northern Exposure et Live Poets. Son premier album en solo, " Bottle of Humans ", sonnait la rencontre entre William Burroughs, Boards of Canada et A Tribe Called Quest. Aujourd'hui, il revient avec " Selling Live Water ", en tout point remarquable. Encore une fois, Anticon fait mouche : après les albums de Sage Francis, d'Alias et de Themselves, le label d'Oakland confirme son autorité en matière d'hip hop inventif et malin. A priori difficiles d'accès, les productions Anticon restent pour l'instant cantonnées à l'underground. Ce " Selling Live Water " devrait, on l'espère, changer la donne : moins lo-fi que l'album de Sage Francis, moins expérimental et foutraque que celui de Themselves, moins hystérique et gothique que celui d'Alias, l'album de Sole séduit par son homogénéité et sa richesse. Cuivres et drum'n'bass sur voix rocailleuses (" Da Baddest Poet "), synthés vintage, flow mitrailleur et ambiance aqueuse (" Salt On Everything "), xylophone, trip hop crade et sample de Portishead (" Respect pt 3 "), notes bleues et rap en 16:9 (le dyptique " Pawn in the Game "), guitares en apesanteur (" Selling Live Water ") et crépitements SF et bruits blancs venus d'ailleurs (" Ode to the war on terrorism "), le rap mille-feuilles de Sole ne dévoile ses secrets qu'au compte-gouttes. Chaque écoute se révèle ainsi une incroyable aventure, une expérience sans nulle autre pareille dans le rap contemporain. " Le hip hop du futur ", a-t-on pu lire ici et là au sujet d'Anticon. Concernant Sole, le constat s'avère des plus opportuns. Check it and love it !

 

Console

Reset The Preset

Le double album est une gageure que peu d'artistes osent relever, tant l'entreprise s'avère casse-gueule : pour une trentaine de titres enchaînés, combien valent réellement la peine, et se distinguent des faces B habituelles, le plus souvent facultatives ? Les Beatles, Smashing Pumpkins, Bob Dylan (époque vinyle), GYBE !,… Rares sont ceux qui peuvent se vanter d'avoir captivé l'auditeur pendant (plus de) deux heures. Bonne nouvelle : Console, avec " Reset The Preset ", pourrait bien intégrer le cercle très fermé (et jalousé) de ces stakhanovistes de la musique, qui plus est dans la catégorie " électro ". Chapeau bas, monsieur Gretschmann : après avoir participé au carton plein de " Neon Golden " et de " Shrink " (le virage électro de Notwist, c'est votre idée), voilà qu'on vous retrouve ailleurs, toujours du côté de la pop synthétique (" Reset "), mais aussi aux confins de l'ambient (" Preset "). Finalement, c'est un peu comme du Notwist, sauf que le jaune (la pop) a été séparé du blanc (l'expérimentation) pour éviter l'omelette. Sacré parti pris que de concevoir deux albums aux styles différents plutôt que de mélanger les deux, n'est-ce pas Monsieur Gretschmann ? Heureusement, vous avez les mains vertes, et un certain talent pour réussir toutes vos recettes : que ce soit sur ce " Reset " électro-pop (Lali Puna vs Adult) ou sur ce " Preset " instrumental, vous évitez toute faute de goût. Encore bravo ! Nous, on préfère quand même le premier CD, pour l'ambiance festive et les tubes en puissance (" Surfin' Atari ", " A+A = B "). Le deuxième, on se le réserve pour nos soirées cafardeuses, ou pour calmer nos nerfs… " Preset " d'abord, pour se défouler (quoique tous les titres ne sont pas d'humeur dansante), puis " Preset ", pour se reposer : vous avez tout capté, cher Monsieur G. " Reset " : le dance-floor. " Preset " : le chill-out. Quel homme, ce Martin… " Reset the Preset ", c'est donc comme sortir en club, sauf qu'il faut pas débourser un kopeck : trop fort, le concept. Allez, hop, on y retourne… Hé, où t'a mis la boule à facettes ?

 

Solex

Low kick and hard bop

Écrit par

Derrière Solex se cache Elisabeth Esselinck, un petit bout de femme dont l'imagination débordante lui permet de développer de nouvelles idées musicales. Une Néerlandaise responsable de trois opus solo à ce jour ; " Low kick and hard bop " constituant son troisième. Et il faut le reconnaître, elle est encore parvenue à étonner. En faisant cohabiter au sein de sa trip hop très personnelle, lo fi, jazz, garage, pop, blues, rockabilly, funk, électronique et une multitude d'autres styles musicaux. Une trip hop que nous pourrions situer à la croisée des chemins de Tricky, Ween et Cibo Matto. Mais une trip hop contaminée par un humour kitsch qui tient autant du surréalisme que de la bouffonnerie. Rien ne l'arrête au sein de son alchimie sonore. Même pas la rencontre de rythmes négligés et de vocaux maladroits, de boucles et de cuivres, de percussions tribales et de piano spectral. Et la liste des fusions périlleuses ou contre nature est loin d'être exhaustive. Sur " Good comrades go to heaven ", elle est même parvenue à marier percussions mariachi et kazoo! Un goût de l'expérimentation qu'elle cultive sans jamais négliger l'aspect mélodique de ses compositions. Et la mayonnaise prend à tous les coups. Déconcertant !

 

Solex

Pick up

Après avoir commis le très intéressant " Solex vs the hitmester ", en 1998, Solex nous revient avec un deuxième album. Un disque toujours aussi complexe, expérimental, dont le mélange de pop, de lo-fi, de jazz, de bossa nova et de techno est contrebalancé par le timbre vocal glacé, doucement puéril d'Elisabeth Esselink. Intelligemment orchestrée, truffée de bruitages, de samples, de boucles et de rythmes angulaires, la musique de Solex déferle avec une force hypnotique, une sensibilité ésotérique et un intimisme capricieux. Pour enregistrer cet opus, Elisabeth s'est quand même entourée de quelques collaborateurs. Pas pour manipuler des machines, mais pour jouer des drums, des percussions, de la guitare ou de la clarinette. Un disque tout à fait original, undeground dans le sens le plus pur du terme, même si en cherchant bien on y retrouve l'une ou l'autre trace de Raincoats, de Delta 5, voire de Beck dans ce qu'il a imaginé de plus marginal...

 

Solex

Solex vs the hitmeister

Curieux que l’ancienne chanteuse de Sonetic Vet appelle son projet Solex, alors qu’en toute bonne néerlandaise, elle aurait pu choisir un patronyme plus vélocipédique. Elisabeth Esselink vient en tout cas de réaliser un disque fort intéressant. Avant-gardiste dans le sen le plus pop du terme, c’est-à-dire qui profite au maximum de toute la science de la technologie moderne, sans pour autant laisser tomber l’instrumentation basique, y compris les cuivres, ni les gadgets insolites tels que jouets ou clochettes, pour tramer une véritable mélodie, une véritable chanson. Et ce mélange d’ambient et de drum’n bass, paradoxalement injecté de feeling blues, que souligne la voix puérile, câline, légèrement reverb d’Elisabeth, finit par vous envoûter. Etonnant !