La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

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La vision de l’art prônée par Superchunk…

Superchunk sortira son nouvel album, « Songs in the Key of Yikes », ce 22 août. En attendant, il a partagé le single, « Is It Making You Feel Something ». ‘Il a toujours été vrai que tout le monde traverse quelque chose dont on n'est pas forcément conscient’,…

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Jon Spencer

Le diable en cité ardente

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Ce mardi soir, c’était le rendez-vous des éternels jouvenceaux liégeois (et d’ailleurs), venus –en petit nombre malheureusement– acclamer Jon Spencer et sa nouvelle bande.

Inusable, l’homme semble avoir pactisé avec le diable pour conserver intact son légendaire dynamisme scénique. Costume gris élégant, chemise à fleurs décontractée et creepers blanches bondissantes : dès les premiers riffs, le ton est donné.

Le concert, délivré d’un seul bloc, se révèle beaucoup plus digeste que lors de sa dernière apparition en terre principautaire (NDR : on se souvient encore du live des Ardentes, aussi lourd qu’indigeste).

Ici, en alternant nouveaux titres et valeurs sûres de son imposant répertoire, Spencer tisse une tension électrique, suspendue à une rythmique sans faille.

Parlons-en, de cette section rythmique ! Toute droite sortie des enfers, la basse de Kendall Wind et la batterie de Macky Spider Bowman (NDR : originaires de Woodstock, ils militent chez The Bobby Lees, mais ne sont pas du genre à tremper dans la flower power) martèlent avec puissance et panache.

Wind tire de sa basse des lignes fuzz ensorcelantes et virtuoses, pendant que Bowman, au vu du détachement espiègle des jeunes prodiges, grimace et s’agite dans une chorégraphie nerveuse du plus bel effet.

Ce groove infernal propulse Jon Spencer au sommet de son art, cabotin juste ce qu’il faut, mais toujours profondément communicatif.

Face à lui, un public un brin mollasson mais sincèrement heureux d’être là, et qui doit s’armer de patience pour acclamer son héros, tant les morceaux s’enchaînent sans relâche, comme un train lancé à pleine vitesse.

Car peu importe l’assistance modeste : généreux et excentrique comme on l’aime, Spencer se donne corps et âme, avec une jubilation évidente. Lui qui a jadis enflammé les plus grandes scènes, offre désormais son boogie endiablé à des salles plus intimes, sans jamais rien céder de sa fougue.

Le rappel, tout aussi tonitruant, culmine lors de l’incontournable « Wail », glissé malicieusement entre deux cassures rythmiques. Puis, rideau.

Une excellente soirée sous le signe du bon vieux rock’n’roll.

Décidément, certaines choses ne vieillissent pas. Et tant mieux.

 

 

Caesar Spencer

Get out into yourself

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Citoyen anglais, Caesar Spencer est né au Pérou. Il possède, en outre, la double nationalité (suédoise) ; et déçu du Brexit (encore un !), il s’est établi en France.  On peut donc aisément parler de musique sans frontières à son égard…

Les compos de son nouvel elpee, « Get Out Into Yourself », naviguent entre pop ‘so british’ (« Isn’t That Jimi Said »), saillies surf-rock (« Hail Ceasar ») et ballades pour pur chanteur de charme baroque (« Requiem »). Mais, selon ses dires, le songwriter voulait avant tout écrire une lettre d’amour à la France et il a choisi de la graver au studio ‘La Fugitive’ où enregistraient, à l’époque, les Rita Mitsouko. Les sessions se sont déroulées en compagnie d’artistes du cru tels que Jacqueline Taïeb, le très doué Jean Felzine (Mustang) et Jo Weldin. De sa voix de crooner à la Alex Kapranos, Caesar Spencer délivre une série d’hymnes plutôt imparables (« Broken by the Song »). Une réussite de bout en bout !

Caesar Spencer

Caesar Spencer rend hommage à la pop française…

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S’inscrivant dans une longue lignée d’auteurs de chansons classiques, de Scott Walker à Lee Hazlewood, Morrissey ou Pete Doherty, Caesar Spencer publiera son premier album, « Get Out Into Yourself », le 28 avril 2023.

Sur cet opus, il a décidé de rendre un hommage à la pop française. On retrouve sur le disque des invités de choix comme Jacqueline Taïeb, Jo Wedin, Jean Felzine, Gilles Tandy et Mareva Galanter.

Caesar Spencer a tout simplement décidé d'enregistrer l'album de pop de ses rêves. ‘Je voulais démontrer qu’en France, il y a une sophistication dans la créativité musicale qui n’existe nulle part ailleurs. Je prends mon univers anglo-saxon et je le déplace dans un contexte français avec tous les personnages qui vont avec. C’est à la fois étrange, et fascinant.’

Après avoir sorti un premier clip avec Jacqueline Taïeb (« Waiting for Sorrow », disponible ici, un second avec Jean Felzine et Jo Wedin (« Isn’t What Jimi said », à voir et écouter ); et il nous propose son troisième « When I Whisper In Your Ear », hommage à Serge Gainsbourg, mais également clin d’œil à l’univers musico-cinématographique d’Ennio Morricone et John Barry, qu’il interprète en compagnie de Mareva Galanter. Il est à découvrir ici

 

Caesar Spencer

L’épanouissement de Caesar Spencer…

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Caesar Spencer annonce la sortie de son nouvel album « Get Out Into Yourself » le 4 novembre 2022.

Dans la lignée des auteurs-compositeurs classiques, comme Scott Walker, Lee Hazlewood, Morrissey ou Pete Doherty, Caesar Spencer proposera un disque célébrant la luxuriance de la pop avec des arrangements baroques et une qualité d’écriture digne des meilleurs songwriters.

Aujourd’hui installé en France, Caesar est un musicien anglo-suédois né au Pérou. Amoureux de la France et de sa culture, Caesar Spencer parvient à mélanger ses influences rock anglo-saxonnes (The Kinks, David Bowie, The Smiths…) et une certaine sophistication française.

L’album « Get Out Into Yourself » transcende les genres et les frontières, depuis la pop pastorale britannique (« Isn't That What Jimi Said »), au surf-rock énergique (« Hail Caesar »), à un hommage inspiré au cinéma français (« When I Whisper In Your Ear »), en passant par des ballades de crooner cosmique évoquant David Bowie (« Requiem »).

Mais surtout, « Get Out Into Yourself » est avant tout un hommage affectueux à la France, une nation qui a ravivé à elle seule l'étincelle créative de Caesar.

Une fois établi à Paris, Caesar a commencé à enregistrer au Studio La Fugitive sous la houlette du producteur Gaétan Boudy. Aux côtés de la chanteuse Jacqueline Taïeb (sur « Waiting for Sorrow »), on retrouve également Jean Felzine de Mustang accompagné de sa partenaire, la chanteuse Jo Wedin, sur plusieurs titres et notamment « Isn't That What Jimi Said ».

L'icône du punk français Gilles Tandy (Les Olivensteins) prête également ses talents à l'album. La chanteuse Mareva Galanter est venue interpréter le morceau de pop baroque « When I Whisper In Your Ear ». Lors des sessions Caesar a également pu compter sur le concours du guitariste/bassiste/claviériste Fred Lafage et du drummer Frantxoa Erreçarret.

Achevé en 2022, le disque propose 11 chansons d’une pop élégante et sophistiquée s’affranchissant des frontières et parvenant à réconcilier la pop britannique et la pop française, Caesar Spencer livrera donc un album riche en émotions. Ave Caesar !

Pour regarder le clip de « Waiting for Sorrow » feat Jacqueline Taïeb, c’est

 

Jon Spencer & the HITmakers

Spencer Gets it lit

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Jon Spencer a donc décidé de remiser au placard son Blues Explosion et de monter un nouveau groupe, The HITmakers. Le line up recèle Sam Coomes (Quasi) au claviers, M. Sord (Boss Hog) aux drums et l’ex-Pussy Galore, Bo Bert, aux percus. Dans le cadre de l’édition 2019 du Roots & Roses, ce dernier se servait d’un bric-à-brac constitué de pièces métalliques, parmi lesquels figuraient une poubelle et des pièces d’automobile, dont des amortisseurs, un rotor de freins, et on en passe ; et sur lequel il frappait régulièrement avec des marteaux. Ce qui vous donne une petite idée de la nature des percussions.

Bref, on en vient à cet opus qui semble parfois hanté par Suicide. A cause de ce mélange de bruitages insolites, de cordes de guitares distordues, psychédéliques, surf, funk, fuzz ou spasmodiques, de synthés bourdonnants, de sonorités électroniques et de percus indus. On y rencontre même des infiltrations de farfisa sur le morceau d’entrée, « Junk man » ainsi que sur « Get it right now » et probablement de moog sur « Worm town », une piste dont les variations de tempo finissent par donner le vertige. Mais plus complexe encore, « Rotting money » aurait pu figurer au répertoire de Captain Beefheart, alors que « Push comes to shove » pourrait servir de B.O. à un thriller.

Heureusement le garage punk bien groovy n’a pas été oublié. A l’instar du bien rock’n’roll « Get up and do it », de « Death ray » et ses accès de gratte surf, une compo au cours de laquelle Jon aborde le thème de la mort, et puis de quelques plages explosives comme « My hit parade » ainsi que le blues dépouillé « Get up and do it ». On y retrouve également la voix déclamatoire de de Spencer qui récite et/ou croone suivant qu’il nous parle d’amour, de perte, de luxure ou tout simplement de l’existence…

En concert

17 juin Diksmuide (B) - 4AD       
18 juin Nijmegen – Kids n Billies Festival
19 juin Izel (B) – Fete de la Musique
20 juin Zwolle – Eureka
21 juin Maastricht – Muziekgieterij
22 juin Utrecht - De Helling               
23 juin Lessines (B) – CC Rene Margrite        
24 juin Sint Niklaas (B) - De Casino
25 juin Haarlem – Patronaat (Kliko Festival)
26 juin Rotterdam - Rotown

Spencer Cullum

Spencer Cullum's Coin Collection

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Spencer Cullum's Coin Collection

A l’écoute de cet elpee éponyme, l’auditeur est invité à accomplir un voyage de plusieurs décennies dans le temps. Plus d’un demi-siècle dans le passé ! On imagine des hordes de hippies dévalant les collines de San Francisco, hypnotisés par les sonorités de guitares propagées par le Grateful Dead. Accompagné par Sean Thompson, le musicien multi-instrumentiste Luke Reynolds (Sharon Van Etten, War on Drugs…) mais également des choristes tels que Caitlin Rose, Andrew Combs, Erin Rae ou encore Herman Düne, cet Anglais exilé à Nashville, plus connu pour ses faits d’armes en tant que musicien studio, tisse des de superbes morceaux inspirés du folk/rock psychédélique des 60’s. Plusieurs écoutes sont cependant nécessaires avant d’appréhender la richesse de l’orchestration et des mélodies ainsi que le jeu de guitare produit par Spencer Cullum. Ce premier elpee solo alterne ballades bucoliques (« Seaside »), morceaux hypnotiques, à l’instar de « Dietench Buxtehude », et plages acoustiques….

A l’écoute de « Spencer Cullum’s Coin Collection », les spectres de Tim Buckley et de Nick Drake flottent dans les esprits. Rien que ça !

Jon Spencer

Spencer sings the hits

Écrit par

On connaissait Jon Spencer à travers le Jon Spencer Blues Explosion, The Honeymoon Killers, Pussy Galore, Heavy Trash ainsi que Boss Hog. Il vient de graver son premier elpee solo. Enfin pas tout à fait, puisqu’il est soutenu par Sam Coomes aux synthés et M. Sord aux drums. Et nonobstant son titre, cet album n’est pas une compilation, mais bien un LP studio.

Découpé en 12 plages, qui ne dépassent jamais les 3’, « Spencer sings the hits » s’ouvre par l’offensif « Do the trash can ». Libérant un fameux groove il est digne des Cramps. D’autant plus que Spencer nous réserve déjà un premier cri primal. D’ailleurs on retrouve régulièrement ses onomatopées caractéristiques tout au long de cet elpee, et bien sûr son style vocal déclamatoire inimitable, qui emprunte même un flow presque hip hop sur « Hornet » ainsi que l’implacable « Wilderness ». Les deux plages les plus blues, « Cape » et « Love handle », entrecoupées de brèves interruptions, rappellent l’admiration que porte Jon à R.L. Burnside. Des breaks qui sont encore plus fréquents tout au long de « Fake ». « Time 2 be bad » est gorgé de fuzz poisseux ainsi que de riffs sales et fiévreux alors que « Alien humidity » est aussi aride que spasmodique. Un titre plus rock voire même grunge : le single potentiel « I got the hits ». Enlevé, « Beetles boots » aurait pu figurer au répertoire des B52’s, mais sans Katie Pierson et Cindy Wilson, la voix de Jon adoptant cependant les mêmes inflexions que celle de Fred Schneider. Plus eighties, « Ghost » – qui porte bien son titre – baigne au sein d’un climat dark, menaçant, alors que « Overload » se distingue par des couplets inspirés de Depeche Mode, les quelques bidouillages électroniques, accentuant cette impression.

Jon Spencer se produira ce 1er mai 2019 dans le cadre du festival Roots & Roses, à Lessines.

Spencer MacKenzie

Infected with the blues

Écrit par

Chanteur/guitariste, Spencer MacKenzie vient à peine de fêter ses 17 printemps. Joe Bonamassa et Joni Lang, notamment, ont également entamé une carrière musicale, dès leur plus jeune âge. Cette année, il s’est présenté à l’International Blues Challenge de Memphis dans la catégorie spécialement réservée aux jeunes talents. Et sa récente sélection par la Toronto Blues Society lui permettra de se présenter à l’IBC de Memphis, en 2017. "Infected with the blues" constitue son premier elpee, un disque partagé entre reprises et compositions personnelles.

L’opus s’ouvre par le titre maître. Signé par Spencer, cette compo est certainement la meilleure du long playing. Un blues classique au cours duquel la guitare se révèle impeccable, le chant est parfaitement assuré, alors que David McMorrow s’autorise un envol brillant au piano. MacKenzie s’attaque à "Mess around", un superbe R&B issu de la plume d’Ahmet Erttegun, ex-boss du label Atlantic, une composition popularisée par Ray Charles. Les musiciens tirent parfaitement leur épingle du jeu ; et tout particulièrement McMorrow au piano ainsi que Bill Holinaty aux saxophones. "Devil under her skin" nous entraîne dans le delta. L’intro est géniale. Brant Parker, spécialiste canadien de la cigar box guitare, brille au bottleneck. Et tout aussi talentueux, son compatriote Max Hillier lui emboîte le pas. Persuasive, la voix de Spencer est épaulée par des voix féminines, communiquant un climat gospel à l’ensemble, qui ne manque pas de charme. La version du classique "Kissing in the dark" de Memphis Minnie est très réussie. Plutôt fragile, la voix est soutenue de nouveau par les chœurs, alors que pleinement maîtrisée, la gratte prend un billet de sortie. Blues lent, "Goodbye Lucille" rend hommage au grand bluesman disparu, BB King. Spencer injecte énormément de passion dans son intro, en ne dispensant que les notes nécessaires. McMorrow double piano et orgue Hammond. "Jumpin’ from six to six" prend un sérieux coup de jump et de swing. Les solistes y excellent ; à l’instar du saxophoniste Bill Holinaty, du trompettiste Ryan Baker, mais surtout de McKenzie sur sa six cordes, qui paie littéralement de sa personne. "Sinner’s prayer" est un autre blues lent. La voix de Spencer est à la fois rageuse et passionnée tout au long de ce morceau signé Lowell Fulson. Manifestement, il vit son blues. Et le long playing s’achève par une adaptation personnelle du classique de Jimi Hendrix, "All along the watchtower", une piste au cours de laquelle les cordes sont aventureuses. Pour un premier essai, "Infected with the blues" ne manque pas d’allure. Le long playing est un peu court ; aussi, il aurait peut-être fallu que l’artiste soit un peu moins bavard…

 

Spencer The Rover

The accident (and other love stories)

Écrit par

Il existe un cabaret sur Madeleine Boulevard, à la lisière d'une forêt au nord du pays, où les chansons de Spencer The Rover prennent leur envol, la nuit, et où l'amour est décliné sur un piano aqueux (NDLR : à queue ?) Joliment orchestrées, ces histoires habitent cet ensemble de neuf comptines qui s'écoutent loin des tourments de l'envie. Il y a aussi du trombone dans les coulisses, des cordes pour se peindre et des cuivres à mastiquer, parfois on y fait du cor(ps) à cor(ps). On pense à Bambi, seul sans sa maman, et tristement, on se demande à quoi on cerf. Sur un tapis de feuilles mortes, bruissent les pas du gibier ; au loin, le soleil se levant, la chasse accourt. The Accident n'en est peut-être pas un. C'est un bel album, qui emprunte tantôt aux Beatles, tantôt à l'Elton John des 70's, se moque des tendances et mise sur l'originalité. Koen Renders n'est pas inconnu au-delà de la frontière linguistique, et l'homme sait s'entourer. Sa voix est pour beaucoup dans le subtil équilibre qui régit l'ensemble de ses belles chansons. En prime, une version léchée de « Sad songs », histoire d'attirer l'attention des radios. En catimini, l'oiseau a fait son nid.

 

The Jon Spencer Blues Explosion

Plastic fang

Écrit par

Référence de l'underground yankee, le Jon Spencer Blues Explosion nous revient avec un album de rock'n roll. Mais un rock'n roll qui tient à la fois de l'énergie et de la folie du rock et de l'esprit du rythm'n blues. Un rythm'n blues souvent sulfureux, viscéral, malsain, que les Stones avaient si bien popularisé à la fin des sixties et au début des seventies. Et parfois aussi un peu trop fréquemment attendri après 1972. Même Jon Spencer emprunte ici quelquefois des inflexions à la Mick Jagger. Lorsqu'il ne les calque pas sur Eddie Cochran. Ces deux visages des Stones, il les a ainsi vampirisés sur " Plastic fang ". Le second, lors des morceaux les moins intéressants, à la limite dispensables. Le premier pour mieux y libérer un groove d'enfer. A l'instar du menaçant, légèrement psyché, " The midnight creep " et du tribal " Mean heart ", deux compositions héritées en ligne droite de " Jumpin' Jack flash ". Ou encore du boogie âpre et acharné " Over and over " qui doit avoir mangé de l'Humble Pie (NDR : " I don't need no doctor ! "). Le rock'n roll, JSBE le consomme essentiellement sur trois titres : " Money rock'n roll ", " Shakin' rock'n'roll tonight " et " Swet n sour ". A la sauce stoogienne, histoire de ne pas avoir de Cramps (NDR : à l'estomac ?). L'opus recèle, en outre, un fragment taillé dans le même Chicago blues que le " Roadhouse blues " des Doors, " Down in the beast " ; et puis un morceau ondulant, hendrixien, " Hold on ", sur lequel Dr John est venu donner un bon coup de guitare.

 

Spencer

Regular de luxe

Encore un groupe suédois. De Västerbotten très exactement, dans le nord. Un quatuor qui reconnaît pour influence majeure Weezer, Foo Fighters, Elvis Costello, les Beach Boys et les Beatles. Chez qui ils puisent l'essentiel de leur inspiration pour concocter une power pop particulièrement mélodique, pour ne pas dire contagieuse. Une power pop qui véhicule des lyrics fort intéressants, satiriques, sorte de diatribe des concepts maladivement superficiels entretenus par notre société contemporaine...

 

Henry Lee Spencer

Better ´n´ better, bye ´n´ bye

Écrit par

Henry Lee est né en Virginie, il y a 72 ans, d'un père mineur de fond. Il a également été mineur, et s'est établi depuis 1960 à Boston. Spencer n'est guère connu de ce côté de l'Atlantique. Il a joué pourtant avec J.B Hutto et Luther ‘Guitar Junior’ Johnson. Il souffle dans son harmonica dans un style qui lui est propre, assez rudimentaire. Il possède la voix grave d'un baryton et est ici accompagné du pianiste Eric ‘Two Scoops’ Moore. Henry Lee adore chanter ses chansons de sa voix d'outre-tombe, plus éraillée que celle de Howlin' Wolf.

Il chante le Seigneur sur "Precious lord", avec tendresse et beaucoup de passion. Il hausse le rythme mais pas le ton de sa voix pour le connu "Big fat Mama",bénéficiant du renfort de Moore à solides coups d'arpèges. On ressent un frisson lorsqu'il chante seul avec son harmonica, le très court "So long darling", un peu comme Sonny Boy Williamson pouvait le faire. C'est un Spencer meurtri de ne pas avoir de nouvelles de sa rouquine qui chante "The girl with the red hair". L’émotion est palpable. Chaleur brûlante pour "Henry Lee Boogie", lorsque Henry prend son pied à l’harmonica. Faut le faire! Emotion encore dans le jeu aux ivoires d'Eric Moore sur "Where 'd you get that golf from" chanté par un Spencer désabusé. C'est Moore qui vient alors chanter "Old whiskey… young women", compo au cours de laquelle, on a l’impression qu’Henry Lee est parfaitement imbibé pour dispenser ses réponses. Et très courtois, il ne termine pas cet album sans nous adresser son "Goodbye". Très roots!

 

The Jon Spencer Blues Explosion

Now I got worry

Ce trio new-yorkais a la particularité de ne pas disposer de bassiste. Et de compter pour leader, l'ex-membre fondateur du défunt et mythique Pussy Galore, Jon Spencer, personnage qui partage, en outre, le leadership de Boss Hog, avec sa compagne Christina Martinez. Après trois elpees, pratiquement passés inaperçus, ce groupe vient de graver " Now I got worry ". Un opus pour lequel le trio a notamment reçu le concours d'une légende du rythm'n blues, Mr Rufus Thomas. Le blues électrique, saturé, sulfureux et totalement hypnotique du JSBE ne se contente pourtant pas de digérer des influences qui oscillent de John Lee Hooker à Robert Johnson. Il se tourne régulièrement vers un rock'n’roll mâtiné de jazz ou de funk. Sans pour autant renier ses obsessions dangereuses, sensuelles, primales, qu'il emprunte tantôt au minimalisme convulsif des Cramps ou au psychédélisme de Jimi Hendrix.