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Hollywood Porn Stars

Je n’aimerais pas avoir 20 ans aujourd’hui, ce serait trop lourd à porter…

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Méfiez-vous de l’eau qui dort ! Une expression singulière pleine de sens pour l’un des groupes belges les plus prolifiques de sa génération, Hollywood Porn Stars !

Le combo s’est reformé quasi de manière inattendue dans le cadre du vingtième anniversaire de son premier opus et ce pour quelques dates.

A travers un concert à l’énergie brute dans le cadre du festival Les Solidarités, Anthony Sinatra et Michael Larivière (alias Redboy) ont une nouvelle fois prouvé à toute une génération de fans qu’ils avaient gardé l’insouciance de leurs débuts par le biais d’une salve de titres parfaitement dans l’air du temps, malgré le poids des années.

Alors qu’ils viennent de quitter leur public, les deux chevilles ouvrières sont à pied d’œuvre pour une série d’interviews, preuve que leur popularité n’a pas changé d’un iota.

Anthony Sinitra s’entretient auprès d’un confrère ; donc, seul Michael Larivière – alias Redboy, se chargera de répondre aux questions de Musiczine.

Michael, vous revenez en force grâce à de nouveaux singles (« 6th of October » en 2024 et « Peach Bomb » en 2025). Comment définirais-tu le groupe artistiquement par rapport aux débuts de Hollywood Porn Stars ?

Nous sommes restés fidèles à nous-mêmes ! Nous sommes ici pour fêter les vingt ans de notre premier album (NDR : « Year Of The Tiger »). Nous ne souhaitions pas revenir sur le devant de la scène les mains vides. Accomplir une tournée best-of et ne proposer que des titres anciens, n’est pas une démarche dans laquelle nous souhaitons nous inscrire. Nous avons donc effectivement composé deux nouveaux titres. Pour ta parfaite information, nous travaillons en ce moment sur quelques nouvelles compos. Au niveau du style, je ne sais pas. Tout ce que je peux te dire, c’est que les retours du public sont très positifs, ce qui procure évidemment un plaisir immense. Artistiquement, je crois que nous sommes restés assez contemporains. A vrai dire, à aucun moment, nous ne nous sommes jamais posé la question de savoir sous quel angle nous allions aborder ces chansons. Nous avons fait ce que nous sentions !

J’imagine que le succès, la sortie de disques, les tournées et vos expériences passées modifient la manière de concevoir les évènements ? Dirais-tu que vous baignez l’un et l’autre dans une forme d’insouciance comme à vos débuts ?

Durant 15 ans, nous n’avons fait qu'enchaîner disques et tournées. Nous abordons la quarantaine aujourd’hui ! Ce rythme effréné nous a conduit à arrêter il y a quelques années déjà. Nous n’avons jamais vraiment splitté, mais l’idée de passer de salles en salles, ne nous convenait plus. Nous ressentions le besoin de passer autre chose, tout en restant dans le domaine musical. Anthony travaille comme éditeur pour un label. Moi, je fais du coaching pour des concerts. Puis, petit à petit, l’envie de se produire s’est doucement fait sentir à nouveau. Et afin de marquer le coup du vingtième anniversaire de notre premier album, l’idée de remonter sur scène est alors apparue. Nous avions alors booké une seule date à Liège. Le public s’est déplacé en masse puisque 1 500 personnes se sont donné rendez-vous. Ensuite, naturellement, les demandes de nous produire en festival se sont enchaînées. Mais, je te confirme que nous ne sommes plus du tout dans la même optique qu’autrefois. Ce n'est plus notre vie aujourd’hui !

Les titres de vos précédents albums n’ont pas pris une ride et s’inscrivent même dans l’air du temps, entre électricité et émotion. Peut-on affirmer qu’HPS est un groupe taillé pour traverser les âges et les générations ?

Nous avons passé du temps au stand merchandising juste après le concert afin d’y rencontrer le public. Si certains découvraient notre univers, d’autres, au contraire, connaissaient parfaitement le groupe. Pas mal de Français ont effectué le déplacement car nous y avions joué en son temps. Nous avons été surpris de voir les enfants accompagner des parents qui, jadis, constituaient notre public. A titre anecdotique, nous avons joué cet été au Ronquières Festival. L'éclairagiste de Zaho de Sagazan est fan de notre musique depuis qu’il est adolescent. Il nous a avoué qu’il avait réalisé un rêve de gosse en regardant notre concert. Les gens qui assistent à l’une de nos prestations passent un bon moment, c’est l’essentiel. On mouille notre chemise ! Il faut pouvoir profiter de l’instant présent. Nous sommes et avons toujours été un groupe de scène.

Si je peux me permettre, je dirais que le pont commun entre les nouveaux et anciens titres, réside dans la spontanéité, l’énergie et l’instant. Est-ce que je me trompe ?

Oui, c’est exact ! Nous avons toujours baigné dans cette dynamique, entre rock puissant, sans être très dur, et indie, tout en ajoutant cette pointe mélodique qui fédère auprès des puristes.

J’ai constaté peu de changement dans le line-up, si ce n’est le remplacement du drummer originel Benoît Damoiseau…

Oui, c’est exact ! Notre premier batteur est impliqué dans un autre projet. Nous pensions tourner avec lui, mais c'était trop compliqué. Le drummer actuel appartenait à notre entourage.

Qu’apporte-t-il de plus ou de différent par rapport à Damoiseau ?

Il est à nos côtés depuis la naissance d’Hollywood Porn Stars. Je ne le comparerais pas au batteur originel, mais on se comprend très vite, il y a un vrai feeling. Il suffit de jeter un regard pour être synchro sur les intensités ou les dynamiques. Si on vrille dans un truc totalement improvisé, il parvient à nous suivre sans aucun problème. On est sur la même longueur d’onde. On se connaît par cœur.

Si le retour d’HPS coïncide avec le vingtième anniversaire de votre premier long playing, le public est-il le même aujourd’hui qu’il ne l’était à l’époque ?

Ceux qui assistent à nos concerts peuvent être d’anciens fans. D’autres, sont nouveaux. Certains viennent en compagnie de leurs enfants. Quel bonheur de voir tous ces gens accrocher de nouveau à l’univers musical de Hollywood Porn Stars. Nous injectons beaucoup d'énergie et le public nous la renvoie. C’était encore le cas cet après-midi lorsque nous avons joué sur la scène P&V.

Craigniez-vous la réaction du public face au retour de HPS ?

Lorsque nous avons rejoué à Liège pour la première fois, l’interrogation était légitime. Depuis, quelques dates se sont enchaînées et tout se passe bien. Nous pouvons donc être rassurés à ce niveau.

Les attentes des mélomanes ont évolué depuis vos premiers essais. Vu l’émergence des plates-formes de streaming et des diktats de l’industrie musicale, comment HPS se positionne-t-il aujourd’hui par rapport à ces nouvelles contraintes ? 

Nous avons baigné dans le milieu musical durant de nombreuses années. C’était notre métier. Nous avions le statut d'artiste et nous ne faisions qu'enchaîner les concerts. En ce qui me concerne, je jouais u sein de deux groupes et j’étais constamment sur les routes. Ce n’est plus notre moyen de gagner notre vie maintenant. Nous nous produisons davantage pour le plaisir. Les contraintes sont donc moins nombreuses qu’auparavant. Pareil pour les frustrations. Développer notre carrière et continuer à remplir des salles ne sont plus des objectifs prioritaires. Notre ambition première est de prendre du plaisir.

Etrangement, vous n'apparaissez pas ou très peu, sur les réseaux sociaux alors que les médias, au sens le plus large du terme, constituent un moyen privilégié pour réseauter efficacement et partager avec son public…

A l’époque, ce genre de réseaux n’existait pas. On n’a pas envie d’adopter ce type de démarche, comme ouvrir un compte Instagram ou TikTok. Lorsqu’il s’agit de communiquer, on utilise la page Facebook du groupe, voire nos pages personnelles si besoin. Loin de nous l’idée de dénigrer ces nouvelles formes de communication, mais nous préférons les utiliser avec parcimonie.

Je me suis amusé à taper ‘Hollywood Porn Stars’ dans différents moteurs de recherche et je suis tombé, dans une majorité de cas, sur des sites à caractère pornographiques. Si je peux comprendre qu’à l’époque, vous cherchiez à vous singulariser en adoptant un patronyme qui dénote, n’est-il pas plus difficile à porter aujourd’hui, soit à une époque du politiquement correct ?

Au départ, ce choix était né d’une blague. Alors que nous n’avions que 20 ans, nous nous sommes inscrits sur un coup de tête au concours Circuit. En une après-midi, nous avons composé trois morceaux. Restait alors à choisir un nom. On venait de voir un reportage sur le côté sombre de l'industrie porno d'Hollywood. L’idée de s’appeler ‘Hollywood Porn Stars’ nous est alors venue à l’esprit. Nous y avions vu une bonne idée pour nous démarquer du reste, puisque très second degré. Nous avons finalement remporté ce concours quelques mois plus tard et nous avons immédiatement signé pour une maison de disques. Ensuite, les concerts se sont enchaînés durant des années. Hollywood Porn Stars était né. En réalité, le nom correspondait davantage à l'état d'esprit dans lequel nous étions, d’une part, et sur les clichés du rock'n'roll et du hard rock avec lesquels nous jouions, un monde très éloigné du nôtre. C’est un choix que nous assumons totalement. On ne va pas le changer 20 ans plus tard, uniquement parce que le band s’est reformé. Mais, il est clair que sur le net, c'est loin d’être facile. A titre d’exemple, quand on a voulu sortir un nouveau titre sur Spotify, la tâche n’a pas été facile pour le rendre accessible. En prenant du recul, toute cette histoire nous fait rire.

« Peach Bomb » est un nouveau titre plein de fraicheur. Il décrit avec beaucoup de légèreté la métaphore de la dangerosité des décisions prises par les dirigeants de ce monde et de leurs conséquences, à l’instar de querelles entre gosses dans une cour d’école. A l’échelle nationale, comment percevez-vous la politique, en général, et par rapport au monde culturel, en particulier ?

Très franchement, nous ne sommes pas très à l’aise avec tout ce qui se passe pour le moment. Faire le parallèle de la case politique avec celle d’une cour d’école était une manière d’avertir du danger que nous courons. Une bombe atomique se trouve sous nos pieds et elle peut exploser à tout moment. Nous vivons une époque étrange et difficile. A nos débuts, nos morceaux n’étaient pas toujours empreints de messages politiques. L’âge et la maturité aidant, on ne peut plus rester insensible face à ce genre de situations, tout en essayant de garder cette légèreté qui nous caractérise. On aborde donc les événements différemment. Nous avons également enregistré « 6th of october » il y a quelque temps. Ironie du sort, il est paru la veille des ignominies qui se sont produites à Gaza ; et ce morceau résume très justement la manière dont nous percevons une époque où nous ne nous sentons pas toujours très à l’aise. Aujourd’hui, les libertés sont nettement plus restreintes que lorsque nous étions jeunes. Je n’aimerais pas avoir 20 ans aujourd’hui, ce serait trop lourd à porter…

Ce morceau a été enregistré en live. Ces conditions nécessitent-elle davantage de préparation ?

Le live est l’ADN du groupe ! Pour le concours Circuit, nous n’avions rien prémédité. Le premier concert est arrivé. Instinctivement, l’énergie s’est emparée de nous. Il y avait quelque chose de fusionnel. Je crois que c’est la raison pour laquelle nous existons encore aujourd’hui. Et lorsque nous enregistrons en live, le naturel revient au galop. Pour l’enregistrement de ce titre, peu de prises ont été réalisées, car la majeure partie du temps a été consacrée à régler les sons. Si ma mémoire est bonne, je crois même que nous avons conservé la toute première prise. Le dernier album de Hollywood Porn Stars « Satellites » a été enregistré dans ces mêmes conditions.

Vous avez collaboré une nouvelle fois avec John Goodmanson qui a mixé et produit plusieurs opus culte, dont ceux de Nada Surf et Sun Garden, notamment. Quelle est la plus-value apportée par cet ingénieur du son en particulier ?

Oui, c’est exact ! John Goodmanson est un producteur américain dont on est très fan. Il a collaboré notamment pour Nada Surf ou encore Blondie. Quand on a bossé avec lui pour le deuxième album, il mixait la moitié des disques qu'on écoutait à l'époque, des trucs plus indés comme Blonde Redhead, Blood Brothers, etc. C'était vraiment le son idéal. On l’a recontacté pour lui dire que HPS se reformait. Il était ravi. Il écoutait toujours le disque que nous avons enregistré à ses côtés. Et ironie du sort, il fait aujourd’hui écouter cet opus à des groupes avec lesquels il bosse désormais. Notre collaboration s’est donc déroulée rapidement et naturellement.

Vous avez été tous deux dans diverses formations qui ont connu un succès d’estime et de critique. Je pense à My Little Cheap Dictaphone ou encore Piano Club. Au même titre qu’HPS, pourrait-on imaginer la résurrection de ces deux monstres sacrés du rock belge ?

Il n’a jamais été question de tourner la page définitivement. Ce sont des épisodes que nous avons mis entre parenthèse depuis environ 4-5 ans. Anthony n’est pas présent, je ne vais donc pas parler pour lui et Piano Club. Mais, en ce qui me concerne, les gens viennent souvent vers moi dans le cadre d’une reformation éventuelle. Disons que nous sommes au stade de la réflexion. Il n’y a rien de très concret pour l’heure.

Anthony a fondé, il y a quelques années déjà, l’ASBL Young Rock. Il a lancé le Liège Rock Festival, un événement organisé pendant cinq ans à la Soundstation et qui a mis en lumière des talents confirmés (Dionysos, Das Pop, ...), mais aussi des formations émergentes telles que Girls In Hawaii. Le modèle économique des festivals peine à perdurer, à cause, notamment, des cachets excessifs réclamés par des artistes confirmés alors que les évènements pourraient être de très bonne qualité en proposant davantage d’artistes émergents. Vous possédez tous deux une longue carrière dans ce domaine, mais comment perçois-tu ce modèle dans vingt ans ?

Je n’en sais trop rien ! J’en ai discuté avec différents organisateurs de festival qui m’ont tous confirmé que le modèle économique actuel était en passe de changer. Il y a clairement des choses à réinventer. Certains festivals connaissent des difficultés pour vendre la totalité des places disponibles. Quant à ceux qui parviennent à faire ‘sold out’, on n’y voit pas toujours les artistes les plus indépendants et les plus locaux. Les contraintes économiques sont telles qu’il va falloir faire cohabiter les grosses têtes d'affiches avec des artistes issus de la Fédération Wallonie-Bruxelles ou belges, en général. Aujourd’hui, les programmateurs de festivals souhaitent aller en ce sens. Mais, il est vrai, que ce n’est pas facile à concilier.

Pour terminer quels sont vos projets ? Avez-vous l’intention d’enregistrer un nouvel elpee ?

Pas vraiment ! Nous n’avons aucun plan, nous vivons plutôt au jour le jour, comme à nos débuts. Mais, nous sommes sollicités, je dois l’avouer. Nous avons sorti deux nouveaux titres et un troisième est en préparation. L’idée était de pouvoir se produire dans quelques festivals cet été. Comme nous l’avions signalé un peu plus tôt, nous avons pas mal tourné en France dans le passé, le public français serait désireux de nous revoir. Très honnêtement, aussi longtemps que l’envie et le plaisir y sont, on continue. Mais plus question de bourlinguer durant des centaines de kilomètres dans un van. On pourrait imaginer y consacrer quelques dates, afin de revoir quelques amis, par exemple, mais rien de concret pour l’instant. Après la saison d’été, nous avons encore quelques concerts sur le feu. Mais dans un an, je suis incapable de te dire si nous serons toujours là.

Les artistes français déclarent souvent que le public belge est le meilleur. Je me demande si le public français est aussi réceptif à votre égard que nous pouvons l’être…

Nous n’y sommes pas encore retournés ! Ce sont essentiellement les programmateurs de l'époque qui aimeraient nous y faire jouer. Nous devons y avoir accompli quelques 200 à 300 concerts et nous y comptons donc quelques fans. Justement, notre label est français (NDR : Naïve). Lorsque nous y serons, on verra si le public est toujours aussi réceptif.

Bright Like Stars

Reflections

Écrit par

Après avoir mis son groupe, Wimsical, sur pause, Neil Burkdoll déménage en Allemagne, en 2023, et décide de monter un nouveau projet.

Il prend alors contact avec l’ex-Neonach, Craig Douglas, qui vit aux Etats-Unis.

Ils décident alors de collaborer en échangeant des fichiers en ligne et de graver un album. Et pourtant, les deux artistes ne se sont jamais rencontrés et n’ont jamais été dans la même pièce pour atteindre leur objectif : sortir un long playing.

En 2 mois, 12 chansons sont écrites et enregistrées.

Au cours des 9 mois suivants, les compos passent au mixage et au mastering. Le premier opus de Bright Like Stars, « Reflection », est alors prêt à sortir…

Le résultat est un assemblage fluide de lignes de basse pulsées et de rythmes de batterie frénétiques agrémenté d’un élan croustillant de riffs de guitare chargés, parcouru par une voix urgente et douloureuse.

Extrait de cet elpee, « Reeling » est en écoute

Podcast # 65 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

Clinic Stars

Only Hinting

Notoire pour avoir donné naissance à des groupes et artistes de rock purs et durs comme les Stooges d'Iggy Pop, MC5 et The Frost, qui ont surtout sévi au cours des 60’s, puis Alice Cooper, Ted Nugent et Grand Funk Railroad, des 70’s, Détroit (NDR : baptisée alors la Motor City) servait de toile de fond idéale pour cette scène, à cause de son environnement industriel.

Et puis, en 2019, Christian Molik et Giovanna Lenski se sont rencontrés, ont fondé Clinic Stars, gravé deux Eps, et monté leur propre studio. Oui, mais de musique inspirée par le label 4AD, et plus exactement de ses formations britanniques du milieu des années 80 et du début des années 90, alors que la ville y héberge une nouvelle sphère punk. Paradoxal quand même.

« Only Hinting » constitue le premier elpee du duo. Quelque part entre dream pop, shoegaze et slowcore, la musique lente et atmosphérique se marie superbement à la voix angélique et douce de Giovanna pour former une sélection de chansons fragiles, obsédantes et chargées d’émotion.

Une expression sonore à l’instrumentation dense et finement tissée qui nous entraîne dans un univers parallèle, flottant, paisible et mystérieux à la fois, mais surtout propice à l’évasion.  

Issu de ce long playing, « Kissing Through the Veil » est en écoute

Podcast # 63 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

Starsailor

La chaleur d'un set intimiste?

Écrit par

Il faut croire que Starsailor n'est pas encore très populaire en France. A l'origine, la formation insulaire aurait dû se produire à l'Aéronef de Lille. Mais vu le manque d'intérêt suscité par cette date, le spectacle a été transféré au Splendid, une salle de moindre capacité. Et finalement, cette décision n'était pas pour nous déplaire, car ce lieu intime et agréable constituait un décor parfait pour la musique de Starsailor. Tout au long du set, l'ambiance est ainsi demeurée chaleureuse. Et le public particulièrement enthousiaste. Une situation qui a permis au groupe de se sentir très à l'aise et de nous accorder un concert de très bonne facture. Faut dire que ce soir, le chanteur/guitariste James Walsh avait la pêche. Et le timbre de sa voix était impeccable. D'excellente humeur, il s'est montré très affable. A l'instar de son backing band. Sis à l'arrière plan, cette équipe a accompli humblement et efficacement ce qu'on attendait d'elle : de la bonne musique.

Chez Starsailor, pas d'orgueil démesuré. Une mission : jouer pour satisfaire son public. Et le combo a brillamment réussi ce challenge. Nonobstant un répertoire varié, il n'a pas manqué d'interpréter les chansons mélancoliques de son premier opus, 'Love is here', ainsi que celles du récent 'On the Outside'. Si le deuxième elpee, 'Silence is easy', n'a guère été mis en exergue ; cette absence a été largement compensée par le rappel, au cours duquel il nous a réservé son hit incontournable et contagieux, « Four to the floor », un morceau qui allait ensuite virer vers une version 'dance' inédite…

De sa prestation, je retiendrai quelques points culminants comme les fabuleux « Love is here » et « Fever ». A en attraper la chair de poule ! Et puis une version bouleversante de « Hallelujah », plus proche d'un Jeff Buckley que d'un Leonard Cohen.

En fin de parcours, la formation a remercié le public pour son engouement en lui accordant le très rafraîchissant « Silence is easy ». Concédant en apothéose le rock explosif « Good Souls »…  

La conjugaison de l'intimité de la salle, de la flamme du public français et naturellement de la magnifique setlist de Starsailor, a débouché sur la sensation d'avoir vécu une soirée extraordinaire. Surtout qu'il y avait aussi de la bière…

Traduction : Hendrik Tant (adaptation Bernard Dagnies)

Organisation : France Leduc Productions

 

Hollywood P$$$ Stars

Hollywood, ses pornodollars et ses étoiles?

Redboy de My Little Cheap Dictaphone a la bougeotte : à peine a-t-on eu le temps de se familiariser avec « Music Drama » que le bonhomme nous revient déjà avec un nouveau groupe, plus rock, plus tendu, plus noisy, plus –core (sans parler de son troisième projet : Zythum…). Difficile pour l'instant de dire s'il s'agit d'une récréation juvénile pour notre ami liégeois… En tout cas s'il s'amuse, il le fait de fort belle manière : sur scène, ça déménage, le son est incisif, les compos bien troussées, la rage à peine contrôlée. Hollywood P$$$ Stars pourrait bien ainsi devenir le nouveau fleuron d'une scène rock wallonne de plus plus décomplexée (Elvis' Ghettoblaster, Austin Lace, Mud Flow, Girls In Hawaii, Nietzsche,…). Après avoir empoché le premier prix du Concours Circuit, le nouveau gang de Redboy (Eric à la basse, Anthony à la guitare et au chant, Benoît à la batterie) devrait donc refaire parler de lui dans les prochains mois, une fois ce premier EP (fort attendu) dans les bacs, prévu pour très bientôt (voir www.collectifjauneorange.net, dont le but est de promouvoir les musiciens liégeois « de manière indépendante et artisanale »).

Dommage qu'après telle révélation, les deux jumelles canadiennes Tegan & Sara soient venues gâcher la fête. Imaginez une sorte de couple siamois braillant un folk-rock poussif en singeant Melissa Etheridge : affreux.

Heureusement, les quatre Canadiens de Hot Hot Heat ne tarderont pas, après cet interlude regrettable, de bouter le feu à la Rotonde, avec leur punk-new wave né sur les cendres encore chaudes d'XTC, de Gang of Four et de Cure circa « Three Imaginary Boys ». Après quelques maxis confidentiels (dont l'excellent « Knock Knock Knock » produit par Chris Walla de Death Cab for Cutie), ces quatre jeunes teigneux au look hilare (le chanteur ressemble à un jeune Bruce Springsteen déjanté, et le guitariste au Nick Cave de Birthday Party) nous reviennent avec un premier album festif, « Make up the Breakdown ». Au programme : guitares funky, synthés acidulés et beats timbrés, comme si Robert Smith (cette voix !) s'était mis à jouer du Specials sur fond d'Elvis Costello. Dansant et énergique, le rock juteux d'Hot Hot Heat emballe dès les premières notes. Steve Bays chante avec conviction, la langue pendante et le buste collé à son synthé, en remuant tel un beau diable qui aurait des fourmis dans les jambes, et du poil à gratter dans le slip. « No, Not Now », « Get In or Get Out » et surtout « Bandages » (interdit aux USA durant la guerre parce qu'il parle de… pansements) se savourent avec délectation : de mémoire, on n'avait plus entendu de tubes pop-funk si convaincants depuis Weezer et The Rapture. Ces gars-là sont Hot, y a pas à dire…

The Mojo Stars

Under the influence

Écrit par

Issu de Vancouver, The Mojo Stars pratique une musique qui mêle blues, rock et soul. Un tandem fondé en 2006, par le chanteur Randy Clarke et le guitariste Mark Rankin. Il avait publié un premier elpee, "Devil's Advocate", en 2011. "Under the influence" constitue son second. Un disque dont les onze plages sont signées par le duo. Les sessions studio se sont déroulées au sein de leur ville natale, et les prises ‘live’ ont été immortalisées au Columbia Theatre de New Westminster!

Le titre maître ouvre l’opus. C’est également le meilleur de la plaque. La voix de Randy domine le sujet et rappelle, quelque part, celle du leader de Steppenwolf (NDR : un compatriote !), John Kay. Les accords rythmiques sont soulignés par l'orgue Hammond et les cordes se libèrent progressivement et lentement dans un climat cool. Les percussions et le piano de Steve Soucy impriment un tempo enlevé au blues "Why can't I be true". "Stay a little loner" est un roots/rock de bonne facture, fort bien orchestré, tout comme "Love, what have you done?", une piste caractérisée par d’excellentes sorties de guitare, de saxophone et d’orgue. Ivoires et saxophone entrent en effervescence tout au long de la finale "You don't know me and I wish you would", un boogie rock'n'roll.

Parmi les six plages enregistrées en public, on épinglera "Why didn't you know", une belle ballade caractérisée par les superbes envols de cordes opérés par Rankin et les interventions du saxophone de Tom Gould. Deux solistes qui illuminent encore le blues rocker "I ain't feeling as good as I look". Et ce sax traverse le soul lent "No use in crying", un morceau qui ne manque pas de charme…

 

North Mississippi AllStars

Prayer for peace

Écrit par

Le North Mississippi AllStars fêtera bientôt ses 20 années d'existence. Etablie à Hernando, dans le Mississippi, cette formation propose une musique qui mêle blues et southern rock. On la considère souvent comme un groupe de jam, mais sur cet elpee, elle a décidé de se limiter à des plages plus brèves.

Au départ, le NMA se résumait à un duo, réunissant les frères Dickinson, Luther et Cody. Ce sont les fils de Jim Dickinson, un célèbre producteur qui a notamment bossé, dans le passé, pour Bob Dylan, Ry Cooder et les Rolling Stones. Guitariste, Luther partage son emploi du temps, depuis 2007, entre les All Stars et les Black Crowes. Cody se consacre à la batterie et aux claviers. Le tandem compte près de vingt albums à son actif. Les enregistrements ont été réalisés dans pas moins de six studios différents. Quelques invités sont venus apporter leur concours, dont le bassiste, Oteil Burbridge, un ex-Allman Brothers Band.

En ouverture, "Prayer for Peace" nous replonge un siècle en arrière, aux débuts du blues, à l’époque des Fife'n'drums bands. Le plus célèbre était sans doute Other Turner. Et c'est sa petite-fille, Sharde Thomas, qui se consacre au pipeau et chante auprès de Luther. L'univers des frères Dickinson est impitoyable. Un juke joint blues pur et dur, issu du Hill Country, dans le Nord du Mississippi. La guitare libère des sonorités métalliques et saturées, tout au long de "Need to be free", une plage hantée par Jimi Hendrix. Le long playing recèle trois compos du seigneur de ce blues âpre et sans concession, le regretté R.L Burnside, maître ès son Fat Possum. Tout d’abord "Miss Maybelle", une piste caractérisée par cette slide torturée face aux percussions primaires dispensées par Cody. Puis "Bird without a feather" ainsi que le superbe et complètement déjanté "Long haired Doney". "Run red rooster" adopte un profil blues/rock. Guidée par une slide qui colle parfaitement au rythme, cette piste nous entraîne de nouveau au cœur du delta. La cover du "Stealin" de Gus Cannon (NDR : précurseur du jug style, ce bluesman, a vécu 95 ans !) constitue une petite parenthèse acoustique entretenue par une gratte traitée au bottleneck et un piano. Traditionnel, "Deep Ellum" figurait au répertoire de Blind Lemon Jefferson, Blind Willie Johnson et Leadbelly. La nouvelle version, qui adopte un ton très southern, est respectueuse de l’originale. Le NMAS rend aussi hommage à un autre bluesman mythique, Mississippi Fred McDowell. Tout d’abord à travers le célèbre "You got to move", que Luther chante en duo en compagnie de l’ex-Trampled Under Foot, Danielle Nicole Schnebelen ; puis de l’excellent "61 Highway", une piste qui nous conduit sur les routes du Sud, à la manière de ZZ Top. Encore un traditionnel, "Bid you Goodnight", une compo paisible, attribuée à Aaron Neville. Dominée par la slide et le piano, elle épouse un tempo réminiscent de la Nouvelle Orléans. L’opus s’achève par une reprise de "Prayer for Peace", annoncée… comme un remix…

 

The Knickerbocker All-Stars

Go back home to the blues

Écrit par

Le Knickerbocker Café est un club construit au cours des années trente. Il est situé à Westerly, Rhode Island. Le célèbre big band Roomful of Blues y est né en 1967, suite à la rencontre entre le guitariste Duke Robillard et le pianiste Al Copley. Ce qui allait permettre au band de célébrer le jumping blues, en y injectant un max de swing à l’aide d'une large section de cuivres. Ce café est aujourd'hui devenu le Knickerbocker Music Center et sert à la fois de salle de concert et de centre d'éducation musicale. Et c'est au même endroit qu’est né le projet du Knickerbocker All Stars.

Son premier opus, "Open mic at the Knick", est paru en 2014. Pour ce "Go back home to the blues", c’est Al Basile qui signe les notes de la pochette. Cet ex-trompettiste de Roomful of Blues a aussi composé quatre plages. Faut dire qu’il a acquis une certaine notoriété comme chanteur/compositeur de R&B. Et il a publié de nombreux elpee solos. On retrouve au sein du collectif, plusieurs membres du big band, dont le fondateur Al Copley ainsi que Doug James, Rich Lataille et Carl Querfurth aux cuivres. Sans oublier le drummer Mark Teixeira et le bassiste Brad Hallen, soit l’actuelle section rythmique de Duke Robillard. Quelques invités ont également apporté leur concours et tout particulièrement le guitariste Monster Mike Welch, le saxophoniste ténor Gordon Beadle et le trompettiste Doc Chanonhouse. Mais aussi quelques redoutables chanteurs...

En ouverture, "36-22-36" ressemble à une présentation sur scène. Chargé de swing et adoptant un ton jazz, le piano de Copley tire son épingle du jeu. La voix de Sugar Ray Norcia est magique, alors que le sax ténor prend son envol au cœur d’un mur de cuivres. Les cordes de Welch introduisent la cover du "You know that you love me" de Freddie King, une compo imprimée sur une rythmique implacable. Willie J. Laws (NDR : c’est un Texan !) se réserve le micro. Le jeune Monster injecte un max de feeling et de grâce dans ses cordes. Brian Templeton (ex-Radio Kings) chante classieusement le "Cadillac Baby" de Roy Brown, un titre qui fait la fête au R&B et au jump. "Brand new fool" baigne au sein d’un climat torride. Un morceau issu de la plume d’Al Basile. Norcia mène la danse. Copley semble très inspiré sur ses ivoires. La section rythmique est impressionnante de solidité. Le "Something to remember you by" d'Eddie Jones, alias Guitar Slim, est chanté par Laws, un blues lent à la louisianaise au cours duquel Mike Welch prend un billet de sortie tout en sensibilité. Nouveau coup de jump pour le "Take it like a man" de Chuck Willis. Norcia drive de sa voix chaleureuse cette piste qui permet au sax baryton de Doug James de prendre son envol. Deux plages instrumentales. Tout d’abord "Hokin'". Un gala de saxophonistes, talentueux, il est vrai. Puis "Blockbuster boogie". C’est le piano qui balise l’ensemble ; avant que la trompette de Doc Chanonhouse n’apporte une forme de délivrance. Al Basile démontre qu’il a également une bonne voix tout au long de son "Don't you ever get tired of being right?", une plage gorgée de swing, au cours de laquelle il accorde une brillante intervention sur son cornet. Signé Reuben Brown, "He was a friend of mine" est un autre blues lent classieux. Welch s’y révèle très en verve dans un style réminiscent du grand BB King. Templeton chante une autre composition de Basile : "Go back home to the blues". De toute bonne facture, ce R&B permet à Welch de libérer toute sa passion. "Annie get your thing on" macère dans un climat néo-orléanais. Templeton est aux vocaux pour cette dernière compo d’Al Basile, entretenue par des cuivres particulièrement fiévreux. Ce superbe opus se referme par le classique de Larry Davis, marqué par l'ultime envol de Mike Welch, "I tried". Et on soulignera également le superbe travail opéré par Jack Gauthier, à la mise en forme.

 

The Knickerbocker All-Stars

Open mic at the Knick

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Rhode Island est un petit état situé sur la côte Atlantique des USA, coincé entre le Connecticut et le Massachusetts. Mais depuis longtemps, sa scène jump blues et R&B est particulièrement fertile. Surtout à Newport. C’est dans ce port de plaisance que se déroulent  le Newport Jazz Festival ainsi que le Newport Folk Festival. Des événement qui ont permis, au cours des 60’s et des 70’s la découverte d’artistes incontournables comme Bob Dylan, Joan Baez, mais aussi Greg Piccolo, Johnny Nicholas et Duke Robillard qui allait former le big band Roomful of Blues. JP Gauthier et son ami Bob Christina ont eu l'idée de ressusciter ce concept en réunissant des musiciens qui partagent la même passion afin d'enregistrer cet album dans l'esprit d'une performance live.

Bob est batteur. C’est le frère de Fran Christina, le drummer historique des Fabulous Thunderbirds. Il a participé à l’enregistrement de trois plages. Le line up des All Stars implique les frères Christina, le bassiste Bob Worthington, le guitariste Ricky King Russell, Al Copley ou Dave Maxwell au piano ainsi qu’une section complète de cuivres. Et pas moins de 8 chanteurs ont été invités pour immortaliser l’événement. Un événement qui s’est déroulé dans le patelin de Westerly ; et "Open mic at the Knick" nous restitue l'ambiance brûlante qui y régnait et règne encore les plus grands soirs. John Paul Gauthier a enregistré, mixé, produit et distribue ce CD sur son label JP Cadillac.

Le rideau s'ouvre par le classique de BB King, "You upset me baby". Ronnie Earl, qui a longtemps sévi chez Roomful of Blues, se réserve la guitare, alors que Sugar Ray Norcia, ex-leader des Bluetones, se consacre au chant. Autoritaire, puissante, sa voix est vraiment adaptée pour aborder le style jump. Rich Lataille (NDR : seul membre originel de Roomful of Blues toujours présent!) s'envole sur son sax ténor alors que King Russell s'emballe sur sa Fender Stratocaster. Les All Stars embrayent par le classique "Turn on the love light", une piste chantée dans une ambiance Blues Brothers par le Texan Malford Mulligan. Il réplique ensuite tout au long du rythmé "Love disease", un morceau dont le tempo est imprimé par Fran Christina, lui aussi un ancien Roomful of Blues. Autre Texan, Willie Laws se réserve le micro pour attaquer le blues lent "Mother-in-law blues", un petit joyau autrefois interprété par Buddy Guy. Et il remet parfaitement le couvert sur le classique "Five long years", un slow blues signé par le pianiste Eddie Boyd. Johnny Nicholas nous vient également du Texas. Il chante remarquablement le blues indolent "Jelly Jelly". Les cordes de Russell sont impeccables ; le piano et la trompette feutrée de Doc Channonhouse le sont tout autant. Rick Russell introduit "Reconsider baby", un autre blues lent. Nicholas est toujours aux vocaux pour ce titre issu de la plume de Lowell Fulson. Sugar Ray revient chanter "It's later than you think", un jump tourmenté, imprimé sur un tempo irrésistible. Al Copley, Rich Lataille et Doc Channonhouse tirent leur épingle du jeu sur cette plage composée par Roy Milton. Curtis Salgado est un autre ancien musico du Roomful of Blues. Il aborde "Ain't that lovin' you" d’une voix purement soul. Mais plutôt jazz, cette compo swingue naturellement. Et à la six cordes, King Russell s’y révèle bouleversant. "Somebody's got to go" est un blues classieux dispensé par J.P Sheerar. Brian Templeton drivait autrefois Radio Kings, un combo notoire de Boston. Sa version du "I'm tore down", un des joyaux issus du répertoire de Freddie King, ne manque pas de panache. Russell est intenable aux cordes. Un des tous grands moments de cet opus. Et on n’est pas au bout de nos surprises. Nicholas chante le blues louisianais, "Along about midnight". Rick est décidément insatiable sur sa gratte tout au long de cette composition signée Guitar Slim, l'un des fleurons du blues de New Orleans. Et il en remet une dernière couche sur le "Going down" de Don Nix, une finale très électrique chantée par Mike O'Connell.

 

Starsailor

All the plans

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La Britpop? C’est passé de mode! Et pourtant, certains groupes s’accrochent encore et toujours. Parfois avec succès. Comme Coldplay. Souvent sans. Pensez à Travis. Et Starsailor en est une autre illustration. « All the plans » constitue le quatrième elpee du quatuor de Wigan. Un disque qui a reçu le concours de Steve Osborne (New Order, B-52’s) à la mise en forme.

Sur les onze plages de cet opus, quatre parviennent à éviter le piège de la ballade sirupeuse et hyper léchée. Tout d’abord, le morceau d’entrée, « Tell me it’s not over ». Caractérisé par son piano sonore, il aurait pu figurer au répertoire de la bande à Chris Martin. Encore que parfois, il me fait davantage penser aux Veils. C’est d’ailleurs le cas également pour le morceau maître. Un titre enrichi de claviers fluides et bercé de guitares bringuebalantes (NDR : Ron Wood est venu donner un bon coup de gratte !) Reste encore le cinématique, ‘enniomorriconesque’ « The Thames » et l’étrange finale, aussi dépouillée que paisible, « Safe at home », au cours de laquelle James Walsh se fait crooner. A contrario, on ne s’étendra pas sur l’insipide « You never get what you deserve », au cours duquel il emprunte carrément les inflexions de Bono. Pas la peine de tirer des plans sur la comète, mais je crains fort que l’histoire de Starsailor s’achève à moyen terme ; à moins que le band n’accepte de descendre en seconde division… Seul l’avenir nous le dira…

The British Blues All Stars

At Notodden Blues Festival

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Si vous appartenez à la catégorie des nostalgiques qui ont encore la larme à l'œil, en pensant au fameux British blues boom des sixties, tendez l'oreille, car ce disque devrait vous consoler. En effet, quelques stars de la grande époque ont décidé de se réunir pour partir en tournée. Il y a environ trois ans. Cette initiative s’est concrétisée à la demande des organisateurs du Blues festival de Notodden en Norvège. Ils souhaitaient rendre un hommage au blues anglais. Et ce souhait a été exaucé. En 2004. Le pianiste de blues et boogie, Bob Hall, avait été chargé de réunir une équipe. Mais au fil des concerts, la liste des participants a changé. Pour la circonstance, Long John Baldry (chant), Kim Simmonds, Tom McGuinness et Peter Green (guitare et chant), Bob Hall (piano et chant), Colin Allen (drums), Gary Fletcher (basse) et Steve Beighton (saxophones) avaient répondu à l’invitation. Mais lorsque les BBAS se sont produit à Harelbeke, le chanteur guitariste Tony McPhee des Groundhogs était également de la partie.

Kim Simmonds, le leader intemporel de Savoy Brown, ouvre les hostilités. Il chante son "When it rains". Une bonne composition issue de l'album "Strange dream", un disque paru en 2003. Sa voix n’est pas toujours assurée, mais sa guitare offensive répercute son style très particulier. Il embraie par le "Mississippi steamboat" de Fenton Robinson (NDR : qui figure sur l’elpee "Blues keep me holding on"). Le tempo est assez vif.  Kim manifeste une certaine agressivité dans l’attaque de ses cordes ; mais sans jamais souffrir de la moindre lourdeur. Il développe ses idées dans un registre qui lui appartient. Inopinément, un autre gratteur lui donne la réplique. Sa réserve voire sa timidité trahit la présence d’un Peter Green contemporain. Kim chante "Where has your heart gone?", un morceau qu'il interprétait sur l'opus live de Savoy Brown, "You should have been there". Une plaque également éditée en 2004. Un excellent blues lent caractérisé par cette intensité qui n’appartient qu’au british blues. La guitare demeure en retrait jusqu'au moment où incapable de se contenir, elle éclate et libère ses cordes. Tom McGuinness chante son "Standing by the window". Il est convaincant. Tom n'a jamais été une star, mais sa longue carrière mérite le respect. Quarante-cinq ans plus tôt, il militait déjà chez Manfred Mann. Il collabore toujours au projet du Blues Band, tout comme Bob Hall et Gary Fletcher, ici présents. Sur cette plage, Peter Green joue de l'harmonica. Tom interprète également "I got my eye on you", une ballade accrocheuse au cours de laquelle Peter se réserve un solo d'harmonica très cohérent. Peter assure les vocaux de son fabuleux "Black magic woman". Un instant d'intense émotion ! Depuis son retour, il n'est bien sûr plus que l'ombre du géant qu'il a été. Mais sa voix est toujours hantée par ce feeling unique. En outre, je suspecte fort l’omniprésence de Simmonds à la six cordes. Bob Hall jouit d’une solide réputation dans le boogie woogie. Sur les 88 touches d'ivoire. Et il le démontre tout au long du célèbre "Pinetop's boogie woogie". Il est même brillant ! Bob chante "Beehive blues", un blues relax. Nous sommes sur l'axe Chicago - New Orleans. Ah, si seulement il était aussi bon chanteur que pianiste! Lorsque Long John Baldry prend le relais sur "Midnight in New Orleans", nous savons de suite que nous sommes ici en présence du seul véritable chanteur des Stars. Sa voix est chaude. Mieux, brûlante. Ce crooner était un pionnier du british blues, à l’instar d’Alexis Korner et Cyril Davis dans Blues Incorporated. L'atmosphère est très jazz. Très à l’aise, Kim Simmonds est dans son élément. Le sax de Beighton tire enfin son épingle du jeu. Long John en remet une couche et dans le même style, sur "Shake that thing". Le rythme est frénétique. Le climat passe au R&B ; et les mêmes solistes, Kim et Steve, décollent. Il faut cependant attendre la fin de l’elpee pour pouvoir goûter au style incarnant la genèse du blues anglais. Long John chante une nouvelle fois "Everyday I have the blues" comme il le faisait au début des sixties, lorsqu’il côtoyait Korner et Davies, et que le regretté Dick Heckstall Smith soufflait dans ses saxophones. Cette petite tranche de souvenir bien sympathique s’achève par "Baldry's out", un boogie allègre et vivifiant. Cette œuvre est dédiée à la mémoire de Long John Baldry qui s'est éteint le 21 juillet 2005. 

Stars

In Our Bedroom After The War

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Attendus au tournant par les fans et les critiques depuis l’excellent « Set Yourself On Fire », les échappés de Broken Social Scene (oui, encore…), Amy Millan et Torquin Campbell alias Stars, reviennent avec une troisième galette à la hauteur des attentes. Après la douce intro de « The Beginning After The End », le duo nous plonge instantanément dans son univers pittoresque, où le texte est tout aussi substantiel que la mélodie. « In Our Bedroom After The War » captive naturellement et pousse, pour ainsi dire, l’auditeur à abandonner toute activité afin de se concentrer sur la beauté et la richesse des splendides mélopées que sont « The Night Starts Here », « My Favourite Book », « Personal », le titre éponyme ou encore le radicalement obsédant  « The Ghost Of Genova Heights ». Un recueil qui aurait pu être parfait si le duo avait omis le trop ‘cardiganesque’ « Bitches in Tokyo » et le geignard « Barricade ». Un faux-pas mineur qui n’entache cependant aucunement l’excellence de ce quatrième recueil. On en oublierait presque l’abominable effort solo d’Amy Millan paru l’an dernier.

Hollywood P$$$ Stars

Repartir pour un tour

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L’effet de surprise est passé. Cette fois, tout le monde a entendu (parler) des morceaux d’ Hollywood P$$$ Stars . Attendus au tournant après un premier album (« Year of the Tiger ») à l’énergie contagieuse et au succès retentissant, Anthony Sinatra et son collègue Redboy voulaient éviter les redites. « Satellites », le nouvel album des P$$$  Stars, prend donc le contre-pied de « Year of the Tiger ». Né de l’imagination fertile d’Anthony Sinatra, remodelé démocratiquement, enregistré sous la houlette de Christine Verschoren (Ghinzu, Montevideo) et mixé par John Goodmanson (Wu-Tang Clan, Blondie, Death Cab for Cutie), ce second essai prend rapidement de l’altitude. Logique quand on s’intitule « Satellites ». Mais avant d’évaluer son champ de gravité, nous nous devions de les rencontrer.

Que ce soit par l’entremise de My Little Cheap Dictaphone ou de Piano Club, vous êtes aujourd’hui sur tous les fronts musicaux. Est-il évident pour vous de vivre l’aventure Hollywood P$$$  Stars en étant impliqués dans ces autres projets ?

Anthony : C’est quelque chose qui a toujours existé chez nous. Nos groupes parallèles ont précédé notre projet commun. Au fil du temps, nous avons réussi à mettre sur pied trois groupes aux influences et à l’imagerie différentes. La composition des morceaux ne pose pas spécialement de problème. La répartition s’effectue naturellement. Entre Hollywood et My Litlle Cheap, la question ne se pose pas. Ce n’est pas le même compositeur, pas le même chanteur. Par contre, entre Piano Club et Hollywood P$$$ Stars, on retrouve forcément une même griffe dans la mesure où je chante et compose la plupart des morceaux…

Redboy : On rencontre parfois quelques difficultés pour gérer nos agendas respectifs. Mais à partir du moment où nous sortons un nouvel album pour Hollywood P$$$ Stars, il est évident que, pendant deux ans, ce sera notre priorité absolue… 

Est-ce que vos expériences au sein de vos projets respectifs sont bénéfiques pour Hollywood P$$$ Stars ? 

R. : Que ce soit sur scène ou en studio, tu tires toujours des enseignements de tes expériences musicales. Sans parler d’échappatoire, l’existence de nos projets personnels nous permet de respirer pour, finalement, mieux nous retrouver…

A.: Cette situation favorise également notre envie de jouer ensemble. A nos yeux, nos projets respectifs constituent davantage un bon moyen de se ressourcer qu’une cause d’éparpillement artistique.

Hollywood P$$$ Stars est un groupe né dans l’urgence, l’impulsion et la précipitation d’un concours (NDR : le Concours Circuit). Conservez-vous encore des traces de cette époque : une attitude spontanée, un côté empressé ? 

R. : Nous sommes très attachés au côté spontané de nos chansons. En composant les nouveaux morceaux, on a toujours évolué en ce sens. Par contre, au fil du temps, nous avons appris à prendre du recul. Cette distance nous permet d’être plus performants, d’aller au-devant de chacune des étapes qui jalonnent la vie d’un disque : le choix du studio, des chansons à enregistrer, etc. Nous avons donc trouvé un équilibre au sein du groupe.

A. : Ce qui ne nous a pas empêchés de conserver notre esprit d’aventure. Quand on se lance le défi de créer un groupe pour essayer de remporter un concours, ça laisse forcément des traces... Pour le nouvel album, on s’est également imposé des challenges. On sait que ce disque est attendu, contrairement au premier. A partir de là, nous pouvions passer des mois en studio. Mais, une fois encore, on a préféré foncer. Prendre des risques. Se limiter à dix jours de studio et ne pas regarder en arrière.

Vous avez enregistré l’album en compagnie de Christine Verschoren. Pourquoi ce choix ?

R. : Sur le premier, elle avait mixé deux morceaux. On était très content de son travail. Pour « Satellites », elle a donc opéré toutes les prises sonores. Chaque morceau a bénéficié de sa propre journée. Ce timing nous permettait de dépasser l’approche initiale de nos chansons. Chaque jour, on repartait donc à zéro, en quelque sorte. Pour le reste, il a été mixé par le producteur John Goodmanson. Depuis nos débuts, on rêvait de travailler avec lui. Il a bossé sur les albums de groupes qu’on apprécie énormément : Death Cab for Cutie, Blonde Redhead, The Von Bondies, The Blood Brothers ou Sleater-Kinney.

Après le succès de « Year of the Tiger », ressentiez-vous une certaine pression à l’entame de votre nouvel album ?

R. : Peut-être… Mais elle n’a pas eu de conséquence sur le résultat final. On a réalisé « Satellites » dans notre bulle, sans tenir compte des avis extérieurs.

A. : Par contre, on a tiré des enseignements de notre premier cd. Dans le passé, on jouait sur le second degré. On s’est aperçu que certaines personnes ne nous comprenaient pas. On identifie donc un côté plus posé, plus mature, en filigrane de nos nouveaux morceaux. En fait, sur « Year of the Tiger », on entrevoit les prémisses du nouvel album. Cette fois, nous avons poussé les choses plus loin sans recourir aux clichés du simple rock basique…

En attendant, ‘Andy’, votre premier single, verse dans un rock puissant. C’est un titre assez différent des autres chansons de l’album…

A. : A nos yeux, c’est un morceau qui opère une charnière entre « Year of the Tiger » et « Satellites ». C’est pour cette raison que cette chanson ouvre le disque. Après ce titre, on plonge dans une autre atmosphère…

R. : Néanmoins, ce n’est pas le morceau le plus représentatif du nouvel album… On a beaucoup travaillé sur les intensités. De nombreuses chansons vont ainsi se dévoiler au fil des écoutes…

A. : Il est certainement moins immédiat. Mais on a vraiment l’impression d’avoir enregistré un ensemble de chansons cohérentes, pas seulement un tube perdu dans la mêlée. 

« Satellites » est-il obsédé, voire persécuté, par la mort et les disparitions ? Des titres comme « Crimes », « Ben’s dead », « Calling the ghosts », « There’s a god » pourraient, en effet, le laisser penser. Pourriez-vous nous éclairer à ce sujet ?

A. : Ce sont les différents concepts qui traversent l’album : la distance qui sépare les gens, la vie et la mort, l’absurdité et la réalité. Ces grands thèmes côtoient des histoires réellement vécues, abordées de façon romancée. Si le disque s’adresse à la première personne du singulier, il n’est pas autobiographique pour autant. Tous les textes ont été écrits sur une période très courte. Pas nécessairement la plus heureuse de ma vie. Mais je n’ai jamais cherché à verser dans l’amertume. On recherche toujours l’espoir, les aspects positifs de l’existence.

Nicolas Alsteen

 

En concert :

Le 3 novembre à la Cecoco (Ciney)
Le 10 novembre au CC René Magritte (Lessines)
Le 14 novembre à la Soundstation (Liège)
Le 15 novembre à l’AB Club (Bruxelles)
Le 16 novembre à L'Entrepôt (Arlon)
Le 17 novembre à L'Eden (Charleroi)

Radio Stars

Songs For Swinging Lovers

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Malgré une durée de vie très courte (fondé en 1977, il est disparu deux ans plus tard !), Radio Stars aura quand même eu le temps de se faire une place - petite mais non négligeable – au sein de la scène rock anglaise des très prolifiques années soixante-dix. Il va sans dire qu’à cette époque, la mouvance prédominante était le punk. Si les membres de Radio Stars, à l’image des Sex Pistols ou de The Clash, s’abandonnaient sans scrupules à une provocation gratuite et parfois violente - notamment sur scène - il semble erroné de dire que leur musique, elle, était à qualifier de musique punk à proprement parler. En effet, il suffit d’écouter la toute récente réédition de leur premier opus « Songs For Swinging Lovers » - sorti à l’origine en 1977 sur le label Chiswick - pour s’en assurer. Collection de courtes et excentriques compositions rock’n’roll habillées de textes à l’humour très noir et teintés d’ironie, « Songs For Swinging Lovers », écrit et produit par le bassiste Martin Gordon, témoigne aussi d’une authentique modernité à l’instar des sonorités affichées par certains morceaux ; et notamment le single ‘Nervous Wreck’.

La réédition spéciale au format CD de « Songs For Swinging Lovers » satisfera donc aussi bien les nostalgiques du bon rock’n’roll anglais 70’s que les jeunes générations férues de pop-rock en quête d’un retour aux sources!

The Alegre All-Stars

Best Of

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Etablis à New York, les Alegre All Stars réunissaient, au cours des sixties, la crème des musiciens latins. Sous la houlette du pianiste Charlie Palmieri et du timbalero Kako Bastar, des pointures du latin jazz se rencontraient pour des ‘descargas’, c’est-à-dire des joutes musicales. Ce collectif à géométrie variable a commis plusieurs disques au cours de la décennie, ne sensibilisant malheureusement que les érudits. Vampisoul a pris l’initiative de nous présenter quelques unes de leurs meilleures faces éparpillées sur quatre albums enregistrés entre 1961 et 1966. Des sessions décontractées et fortement alcoolisées où les musiciens s’amusent à improviser sur les bases mélodiques. Un charme incroyable émane de ces sessions déjantées où les musiciens se chamaillent ou lancent des vannes avant d’entamer les morceaux. Un groove tranquille domine les compos au cours desquelles d’excellents chanteurs (dont le légendaire Cheo Feliciano) interviennent régulièrement. Une série d’excellentes plages qu’il est inutile d’énumérer ici, tant la rafraîchissante unité de cette compilation fait mouche. Sachez surtout que si vous êtes un mordu des musiques de fête et de jazz d’inspiration latine, ce disque est un must.

 

 

Starsailor

On the outside

Écrit par
Pour le commun de mortels, Starsailor se résume à une resucée du single “Four to the floor (Thin White Duke Remix)”. Mis en forme par le célèbre Phil Spector, ce tube avait fait un véritable tabac dans les discothèques. Pourtant, Starsailor est avant tout un groupe de britpop. Responsable de trois elpees à ce jour. Après le relativement acoustique « Love is here » et le très pop « Silence is easy », la formation a décidé de sculpter son « On the outside out » dans un style plus rock. Encore que les nuances sont tellement ténues, qu’il est parfois difficile d’être formel à ce sujet. Bref, pour enregistrer ce nouvel opus, Starsailor a reçu le concours de Rob Schnapf (Beck, The Vines, Elliott Smith) à la production. Ce qui n’empêche pas la voix de James Walsh d’être toujours aussi envahissante. On a souvent l’impression qu’il veut chaque fois en remettre une couche. Constitués d’excellents instrumentistes, Starsailor est aussi capable de composer de superbes chansons, des chansons dominées par un flux d’électricité ondoyant et fluidifiées par un clavier vivifiant. Malheureusement, on a l’impression qu’elles se contentent de végéter dans l’ombre d’un Coldplay, tout en cultivant une certaine nostalgie de Simple Minds. Seuls les lyrics, qui surprennent par leur contenu politique, méritent une attention particulière. Mais je crains fort que ce soit largement insuffisant pour éviter au groupe de disparaître dans le plus pur anonymat…

Stars

Set Yourself On Fire

Des Canadiens (Montréal/Toronto) signés sur Arts & Crafts (le label de Broken Social Scene, dont on retrouve ici 2 membres) : jusqu’ici rien d’anormal. Mais qu’ils jouent plutôt de la pop à la La’s, c’est déjà davantage surprenant. En fait, on pense aussi aux Boo Radleys, à Magnapop, voire aux Go-Betweens… De l’art de la préciosité, ce petit truc qui touche droit au cœur, même s’il peut entraîner le diabète : Stars arrive à point du Canada pour réchauffer nos longues soirées d’automne… En sortant ce « Set Yourself On Fire », leur troisième album (mais le premier à se voir correctement distribué chez nous), les Stars (1 fille, 4 garçons) ne devraient donc avoir aucun mal à décrocher les étoiles. Si le jeu de mots est facile, il n’est ici pas galvaudé : ce disque scintille vraiment d’une aura pop en tous points (chants, mélodies) confondante. Du charmant « Ageless Beauty » au pétillant « What I’m Trying To Say » (ces « I Love You ! » extatiques !), du corrosif « Celebration Guns » à l’éthéré titre éponyme, « Set Yourself On Fire » plaira à tous les amateurs de mignardises pop (mais pas idiotes). De quoi bouter le feu au spleen, s’il vous arrive de déprimer.

Hollywood P$$$ Stars

Year of the Tiger

Les voilà signés chez Naïve, signe que le rock juvénile des Liégeois d’Hollywood Porn Stars pourrait s’exporter au-delà de nos frontières. Une bonne nouvelle, après le succès public et critique rencontré par les Girls et Ghinzu en France et même ailleurs… Le rock wallon, donc, se porte bien, même si ce n’est que le début. Après « All on the Six » (EP sorti l’année dernière – cfr rubrique « Interviews »), Anthony Sinatra, Redboy et leurs deux potes de l’ombre se fendent enfin d’un premier album en bonne et due forme. Ici la forme est encore et toujours de l’Emo et de la pop, bref du bon rock mélodieux et fougueux, teinté parfois d’électronique (vous suivez ?). Il y a même des solos et des titres plus calmes, mais l’essentiel réside dans ces guitares incisives qui se cherchent des noises. Surprise : Redboy abandonne presque le chant, laissant à Sinatra une latitude vocale jusqu’alors en pleine mue… « Year of the Tiger » montre ainsi les Liégeois plus sûrs d’eux-mêmes, l’année (live) 2004 leur ayant permis de gommer toute erreur de jeunesse. Aujourd’hui, Hollywood Porn Stars est un groupe soudé, musicalement sans reproches, qui frappe à nos oreilles. Désormais nos pavillons leur sont grands ouverts : ils peuvent même y rester toute l’année 2005.

For Stars

…it falls apart

Écrit par
Dans ces notes de pochettes, ce combo de Frisco remercie notamment Mark Eitzel, The Cranes et Migala. On ne peut que constater une communion d’intérêts dans les groupes cités. Un attrait pour la pop atmosphérique, les constructions alambiquées et un léger psychédélisme. Les neuf longues plages qui constituent cet album évoquent aussi le Mercury Rev plus ordonné et moins fou des albums tardifs. Les mélodies soignées et les arrangements imaginatifs (claviers, trompettes et électronique discrète) rendent le groupe intéressant, le faisant passer pour une version moins morbide des Flaming Lips. Dommage que la voix passe-partout de Carlos Foster ne soit pas toujours à la hauteur… Il n’empêche que des chansons comme « It doesn’t really matter », « Lend out your love » et « Calm down baby » laissent entrevoir le potentiel de cette formation qui manque encore de maturité pour être totalement convaincante.

Hollywood P$$$ Stars

Du porno, de l emo et Apollo : une vision de l'Amérique

Non, il ne s'agit pas du titre du nouvel essai de Norman Mailer. Ici, on a plutôt l'habitude de parler musique. Chez Hollywood P$$$ Stars, on est servi, d'autant qu'on n'a pas l'habitude d'entendre du vrai bon rock'n'roll en Belgique, à la sauce EMO (mais pas trop). En plus, Redboy et Anthony Sinatra ne sont pas nés de la dernière pluie garage revival : My Little Dictaphone pour l'un, Piano Club pour l'autre ; ces gars-là ne sont pas des novices. Mais cette fois, c'est donc du côté du rock le plus burné qu'on les retrouve. Hollywood P$$$ Stars qu'ils s'appellent : " ça claque ", comme dirait Anthony. Leur son aussi. Rares sont les groupes belges qui sonnent ainsi dans le rouge (leur couleur préférée), guitares en avant et tout le toutim. Ca fait du bien, comme s'envoyer un rail de coke la main au cul d'une starlette X… C'est une image, comme celle qu'affectionnent ces quatre Liégeois dont le premier EP, " All on the six ", vient de sortir. Entretien.

Quelle est l'histoire d'Hollywood P$$$ Stars ?

Redboy : Anthony (Sinatra, voix/guitare) et moi on se connaissait un peu de vue, parce qu'il organisait un festival à Liège, le 'Liège Rock', et qu'on se rencontrait régulièrement lors des concerts. Puis un jour, on est tombé sur une annonce pour participer au Concours Circuit. Mais il fallait rendre les démos deux jours plus tard… On s'est dit en rigolant qu'on ferait bien un truc pour le gagner, et voilà.

Anthony : Au départ on jouait déjà tous de la musique : lui dans My Little Cheap Dictaphone, moi dans Piano Club… Mais on écoutait aussi de la musique plus dure, et on avait envie de faire quelque chose qui aille plus dans ce sens.

R. : On a enregistré des morceaux en une après-midi puis on a rendu la démo et on a été sélectionné. Quinze jours plus tard, on accordait déjà notre premier concert pour le Concours, ce qui nous a obligé à trouver un bassiste et un batteur. Puis on a passé les éliminatoires jusqu'à la finale, qu'on a gagnée. Alors, tout s'est enchaîné super vite, et Hollywood a un peu pris le pas sur nos autres projets… Maintenant que c'est un vrai groupe, il constitue pour l'instant notre priorité.

Il n'empêche qu'au départ, c'était plus un défi entre potes.

R. : C'était un peu ça, mais on avait quand même la volonté et l'envie de faire un groupe plus rock à côté de nos groupes respectifs, avec des guitares électriques et tout le reste.

C'est vrai que vous sonnez résolument rock, et c'est finalement assez rare en Belgique pour le souligner… Il y a très peu de groupes en Wallonie et en Flandre qui sonnent ainsi " toutes guitares dehors ".

A. : C'est ce qu'on nous dit souvent. C'est vrai que lorsqu'on nous demande de nous comparer avec d'autres groupes en Wallonie, il y a clairement une séparation entre les groupes pop et tout ce qui est musique plus dure, genre hardcore/metal… Mais il n'y a pas de groupe rock, qui enchaîne mélodie et énergie. Pour trouver des groupes de ce style, il faut se tourner davantage vers l'étranger, les USA. Mais en Belgique, ouais !… Bon.

Vous parlez des Etats-Unis… Le rock US est une de vos principales influences ?

R. : En rock, on écoute quasiment que des groupes américains.

Anthony : On est très fan de la scène EMO, mais on n'a absolument pas envie de suivre ce chemin-là dans le sens où c'est vraiment un carcan duquel tu ne sors pas. On a toujours ces influences pop qui nous disent de mettre de la mélodie là derrière, même s'il y a beaucoup d'énergie. C'est très " guitares en avant ", mais on aime que ça reste des chansons avant tout, et que ça soit écoutable.

Quels groupes américains écoutez-vous ?

R. : Notre bassiste est un grand fan de Fugazi. Sinon Blonde Redhead, At the Drive In, Van Pelt, … Mais notre côté pop nous rattrape aussi ; et notamment des groupes comme les Strokes ou les Pixies. On n'est pas braqué : si on a envie de faire des morceaux plus calmes, on le fait. Comme les violoncelles sur " Apollo ". On n'a pas envie que les morceaux se ressemblent trop comme dans l'EMO : on essaie de se diversifier tout en gardant une ligne de conduite, une cohérence.

L'imagerie, le nom, les titres des chansons, … Ca va dans le sens de cette cohérence ?

A. : En fait, quand on a commencé le groupe, on avait deux idées en tête : la première, c'était le style musical, la deuxième, c'était le concept de l'image. On voulait un nom très fort parce qu'on savait qu'en Wallonie, si tu veux qu'on fasse attention à toi, il faut des choses qui claquent. Et on a voulu que ça claque dès le départ. Donc le nom " Hollywood Porn Stars ", qui semble un peu gros comme ça, c'est un peu un cliché du rock… Mais on aime utiliser les clichés du rock : les gros solos à plusieurs guitares, les cordes,… Même si on garde cet esprit de faire des chansons " sérieuses " : on n'est pas The Darkness.

R. : Ca peut être pris pour du second degré, mais on avait vraiment envie d'avoir un concept et une imagerie qui soient cohérents aussi bien au niveau du style que de l'attitude : les T-shirts, les morceaux, les pochettes,… On avait vraiment envie d'un tout homogène qui dégage une image forte et dont on se sent proche.

A. : Ce qui ne veut pas dire qu'on est à plat ventre devant les Etats-Unis, en suppliant d'y aller un jour. On n'est pas du tout dans ce trip-là. On aime juste une certaine idée de l'image et de l'esthétique américaines, sans pour autant en partager les idées politiques.

R. : Les textes, comme celui d'" Apollo ", parlent d'une façon désabusée de l'industrie musicale, du star system. " Betty " parle de Betty Page, la pin up un peu trash des années 50… Tout est un peu lié à ça… Mais c'est ainsi qu'on ressent le groupe depuis le début.

Vous êtes signés sur Soundstation, un label basé à Liège. Etait-ce un choix évident pour vous, vu que vous venez de la région ?

A. : Les affinités qu'on a avec la Soundstation, c'est surtout au niveau de nos choix musicaux.

Redboy : Et puis tous les gens dans le milieu rock indé à Liège se connaissent. Fabrice (NDR : Lamproye, boss du label), on le connaît bien via l'Escalier et la Soundstation, les deux principales salles de concert rock à Liège.

A. : Ca nous plaisait bien de travailler avec lui. Au niveau de la proximité et de la communication, c'est beaucoup plus facile de discuter avec des gens qu'on voit tous les jours que de venir à Bruxelles et essayer d'y organiser une réunion… Enregistrer près de chez nous, c'était une idée qui nous plaisait.

Depuis quelques années se développe à Liège une nouvelle scène rock, vivace et prometteuse, dont vous faites partie. D'où vient le fait selon vous qu'il y ait tant de (bons) groupes à Liège ?

R. : On est tous des passionnés de musique. On se voit souvent, on sympathise, et c'est ainsi qu'on a envie de faire de la musique ensemble, parce qu'on partage des points de vue, on va aux mêmes concerts,…

A. : Il y a aussi cette idée de collectif (NDR : le collectif Jaune Orange), où les groupes travaillent l'un pour l'autre, dans le sens où chacun se pousse. Il n'y a pas de jalousie. On essaie de faire en sorte que les groupes évoluent, s'entraident.

Peut-on parler d'une " nébuleuse " rock à Liège, au niveau des groupes, des associations, des médias, du public ?

R. : Notre bassiste écrit dans Nameless. Le gars qui fait nos lights aussi. Tout est lié : ce sont toujours les mêmes personnes, les fans de rock indé à Liège.

Anthony : En fin de compte, c'est la proximité des gens et des affinités musicales qui fait qu'à Liège ça bouge.

Hollywood P$$$ Stars

All On The Six

Rêver d'Hollywood, c'est normal : les stars de cinéma, les pin-up, Playboy, les happy ends, le blé, le cul, les grosses cylindrées,… C'est ça, le rêve américain ! A Liège, à part l'Escalier et la Soundstation, les gauf' et Tchantchè, on ne navigue pas trop en plein délire. " Tox City ", qu'on l'appelle même, si on s'en réfère aux textes de Starflam… Sauf qu'Hollywood P$$$ Stars, eux, ne font pas du rap, mais du rock'n'roll. Un truc bizarre en Wallonie, plutôt branchée pop, chanson française. Pourtant, le rock, ça a du bon, surtout quand c'est bien fait : Redboy (My Little Cheap Dictaphone) et Anthony Sinatra (Piano Club) l'ont bien compris. Au lieu de miser sur le machin pop qui plaît aux masses, sur les couplets-refrains taillés dans le marbre FM, les deux compères ont choisi, pour une fois, de dégainer leurs grosses guitares et de balancer la sauce. Et la recette, pourtant facile mais jamais développée dans un périmètre de 200 kms, ne tourne pas au vinaigre : v'là du rock qui tâche, plein de riffs habiles et d'émotions dans le rouge ! Bizarre qu'en Wallonie et même en Flandre, il n'y ait pas un seul groupe de " rock " pur et dur… Est-ce un mot qui fâche ? " Que nenni ! ", dirait-on dans la cité ardente : il suffit de jeter une oreille aux groupes à la mode en Angleterre et aux Etats-Unis… Que des types bourrés d'attitude (" DIY ? ", " No Future ? ", " CBGB ? ") qui empoignent leur manche et gueulent leur colère avec (plus ou moins) de classe ! Les Hollywood P$$$ Stars ont le mérite, sinon d'être originaux (vu le contexte belgo-belge), d'au moins faire ce qu'ils aiment, et de le revendiquer. Qu'on appelle ça de l'EMO, du rock, de la power pop, peu importe : c'est l'intention qui compte. A cet égard, les HPS sont bien les seuls, et c'est ça qui rend leur musique plus précieuse. Et diablement rock'n'roll. Pas de calcul chez ces quatre fans des Pixies, de Blonde Redhead et d'At The Drive-In : juste l'envie et la volonté de jouer ce qui leur plaît, sans tirer de plans sur la comète. Au petit jeu des sept familles, certains s'amuseront sans doute à les classer vite fait du côté des rockeurs juvéniles qui veulent s'attirer tous les regards (cette imagerie, ce nom, ces titres). Que les Hollywood P$$$ Stars se rassurent : leur musique n'a rien d'opportuniste. On est même prêt à prendre les paris. " All On The Six "… et " All on The Hollywood P$$$ Stars " !

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