Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

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Dr. Sugar

Les mots de Dr Sugar

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Musicien/auteur/compositeur inspiré par Ry Cooder et amoureux des musiques nées dans le delta du Mississipi, Pierre Citerne, alias Dr Sugar, connu également comme leader des Marvellous Pig Noise, nous propose d'embarquer pour un voyage à la Nouvelle Orléans.

En 2001, il avait reçu le trophée ‘France Euro Blues’ du meilleur chanteur français de blues de l'année. Après 12 années d'existence, 5 albums et plus 500 concerts en Europe, le groupe a cessé son aventure en 2008. Suivront la création du groupe de blues Hush, quelques collaborations avec Mathis Haug, la chanteuse soul anglaise Jilly Riley, puis en 2022 la création de Sugarcane. 

Après l'aventure Marvellous Pig Noise, l’artiste poursuit sa route sous le patronyme Dr. Sugar pour son voyage à destination de la musique soul-blues-churchy de la Louisiane. Patrimoine musical qu’il a toujours utilisé pour ses compositions en français comme en anglais, parce que cet héritage fait partie intégrante de ses racines et de sa culture. Au fil des 10 chansons de « These Words », le nouvel elpee, les mots décrivent les aléas de l’existence et du sentiment amoureux, de la nostalgie amusée de l’adolescence à la frustration des confinements, autant de maux transmutés par la magie du blues et du groove de la Nouvelle-Orléans. 

L’elpee a été produit par Nicolas Sarran, le batteur de Red Beans & Pepper Sauce. Le backing group du chanteur/guitariste Dr Sugar réunit David Jalley Bardy (tambourin, chœurs), Manu Beer (orgue Hammond), Pierre Cordier (basse) et Niko Sarran (drums).

La vidéo de « Half Hearted Lovin' (Just Won't Do) », est disponible ici

Sugar Wizard

L’esprit à la dérive de Sugar Wizard

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Pénétrer l’univers de Sugar Wizard, c’est s’inscrire au Fight Club avec Freud. Après s’être fait maîtriser, on passe en mode psychanalyse. On réfléchit, impuissant, encore marqué par notre passé d’adolescent. Ah qu’est-ce qu’on a aimé ! Le rock qui tache des années 90, le ‘plane’ des 70s ou encore la folie des clubs. S’il reste un peu d’énergie, on peut se lever, hisser les poings et frapper à son tour, fort, sur cet adversaire qui n’est autre que nous-même.

Loin des bancs de l’école, Victorien, Philippe, Aymeric et Kévin se sont rencontrés, à Lyon, en 2019, et ils ont chacun enregistré un lourd bagage dans la soute de Sugar Wizard !

Un bagage musical bien sûr, mais surtout un bagage émotionnel. Leurs philosophies se confrontent, leurs expériences et leur ego sont mis à rude épreuve ; ils s’analysent et se complètent sans se comprendre entièrement, mais c’est justement dans cette atmosphère de mystère que la magie opère. Alors que les esprits s’ouvrent, la brume se dissipe et laisse entrevoir la perspective du tableau : une musique lunaire et mélancolique qui ne manque pas d’énergie.

Aujourd’hui, Sugar Wizard puise dans son identité naissante pour nourrir le projet et le porter plus loin. Son premier Ep, « Drifting mind », est paru ce 17 mars 2023. Et la formation n’a qu’une envie : aller à la rencontre de son public. Bouclez vos valises, prêts pour le décollage !

Le clip de « Practicing Magic Away From Home » est disponible

 

 

Sugar Brown

Poor Lazarus

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De son véritable nom Ken Chester Kawashima, Sugar Brown est né de père japonais et de mère coréenne. Ses parents avaient émigré aux USA dans les années 60. Natif de l'Ohio, ce chanteur/compositeur est âgé de 44 ans et vit désormais à Toronto, au Canada. Il a accompli ses études à Chicago et c'est là qu'il découvre le blues, grâce notamment à Taildragger et Willie ‘Big Eyes’ Smith, le dernier batteur de Muddy Waters. C'est d'ailleurs le premier nommé qui va lui souffler son pseudo, dès 1992. Ken décroche ensuite son doctorat et enseigne l'histoire de l'Asie orientale. Ce n’est qu’en 2014 qu’il publie "Sad day", un opus très ancré dans le Chicago blues. Depuis son blues s'est diversifié. Pour concocter "Poor Lazarus", il a reçu le concours d’excellents musiciens dont Bharath Rajakumar, un harmoniciste notoire d’origine indienne qui drive, à Montréal, son Bharath and his Rhythm Four. Cet LP est inspiré par les récents événements à Ferguson, aux USA, lorsqu’un policier blanc a tué un noir. Sugar Brown avait découvert l’existence d’un très ancien blues datant de 1911, "Poor Lazarus", une compo qui racontait justement l'histoire d'un policier qui avait alors abattu un black, répondant au nom de Lazarus. L'histoire se répète.

L'album démarre fort par le "Walkin' with Frankie" du Texan Frankie Lee Sims. Un boogie blues primaire attaqué en format trio. La voix de Brown est assez agressive. Sa guitare très offensive. Art Maky dirige la manœuvre derrière ses fûts. Signé Sugar, "Meet me in the country" est très rythmique, proche de l'une de ses références majeures, Lightnin' Hopkins. Le tempo s’accélère pour "What a comrade left behind", une plage abordée en formule duo. La voix de Sugar est crue. Il joue de sa gratte en rythmique, pendant que Maky dynamise le tout de ses percus. L'étreinte ne se relâche pas. La batterie s’impose sur "Get behind the mule", une compo signée Tom Waits ; mais qui, hantée par le spectre de RL Burnside, semble descendre des collines du Mississippi. C’est ensuite le titre maître. Un événement tragique. Celui dont a été victime "Poor Lazarus". Le climat est angoissant. C’est un cri de colère face à cette injustice ! L'harmonica chromatique de Bharath entretient cette atmosphère sinistre. Remarquable blues indolent, "Blue lights Hooker" est illuminé par l'harmonica de Rajakumar. Et ce n’est pas sans émotion qu’il nous rappelle le grand George Smith. Ken chante en japonais "Tokyo Nagaremono". La musique est presque ‘moriconienne’ et une partie est sifflotée par Brown et son bassiste Joolyah Narveson. Bénéficiant de la participation du souffleur indien, son "Train sixty-four" nous plonge dans l'atmosphère du Chicago blues. "Burn it down" est un exercice de style réminiscent de Jimmy Reed. Et il est parfaitement réussi. Les guitares, dont celle de Bharath assurent le rythme ; et ce dernier cède son harmo à Brown qui souffle dans les aigus. Boogie primaire et rythmique, "Not your backdoor man" lorgne vers John Lee Hooker. Respectueux du blues traditionnel, Sugar Brown conclut par une version dépouillée et lugubre du "Weak brain and narrow mind" de Willie Dixon, une composition peu connue du maître. L'une des meilleures plaques de blues parues en 2015.

 

Sugaray Rayford

Dangerous

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The Mannish Boys est un groupe californien considéré comme le plus habile à fusionner le blues traditionnel et contemporain. Une formation a géométrie variable qui réunit des musicos disponibles au moment même. Il tournent un peu partout dans le monde, et surtout aux States. Au chant, on retrouve habituellement le vétéran Finis Tasby ainsi que Sugaray Rayford. Sugaray mesure plus d’1m90. Texan d'origine, il est issu d'une famille pauvre. Enfant, il chantait au sein d’une chorale gospel, à l'église, le dimanche. Ses véritables débuts remontent à un peu plus de dix ans, lorsqu'à San Diego, il se réserve le micro chez les Urban Gypsys, un groupe de funk et R&B. En 2004, il passe ensuite au blues en intégrant le backing group d’Aunt Kizzy'z, Boyz. Il participe alors à l’enregistrement de deux elpees, "Trunk full of bluez", dès qu’il débarque, et "It's tight like that", en 2007. Au cours de l’année 2011, il s'installe à Los Angeles où il est assez rapidement incorporé aux Mannish Boys. Entre-temps, il avait publié une première œuvre personnelle intitulée "Blind Alley", en 2010. 

L’elpee s’ouvre par "Country boy", un excellent blues inspiré par la cité des vents. Le tempo est contagieux. La voix de Sugaray, puissante, et le jeu d'harmonica de Sugar Ray Norcia, éblouissant. Ce dernier est notamment un ancien membre des Bluetones et de Roomful of Blues. Les interventions de cordes dispensées par Gino Matteo sont à la fois brillantes, judicieuses et percutantes tout au long de "Stuck for a buck", un R&B cuivré. Imprimé sur un mid tempo, "I'm dangerous" baigne dans un style assez proche de Muddy Waters. Sugar Ray Norcia tire à nouveau son épingle du jeu à l'harmo, alors que (Little) Anthony Geraci se réserve le piano. Signée Norcia, "Two times sugar"est une superbe composition. Sugaray Rayford et Sugar Ray s’y partagent les vocaux particulièrement soul, devant la guitare inspirée de Monster Mike Welsh. Blues lent nightclubbien, "When it rains, it pours" est issu de la plume de Pee Wee Crayton. La voix de Rayford est chargée d'émotion au cœur de ce climat très T-Bone, caractérisé par la présence de Fred Kaplan aux ivoires et Frank Goldwasser aux cordes. "Pretty fine mama" semble sortir tout droit du pays des bayous. La guitare de Monster Mike Welsh libère des sonorités vibrantes, bien réverbérées. Randy Chortkoff est le responsable de cette compo. Il souffle dans son harmonica, pendant que Goldwasser s'éclate sur la slide. Il est toujours préposé à la slide tout au long de "Goin' to Texas", un long slow blues souligné par l'harmo de Kim Wilson. Enlevé, "I might do sometin' crazy" adopte le tempo du "Wang dang doodle" de Willie Dixon. A la gratte Kid Andersen nous réserve une intervention particulièrement originale. Remarquable blues lent, "Surrendered" nous replonge encore dans un climat proche de Muddy Waters. La voix de Rayford est bourrée de feeling. Kim Wilson souffle parcimonieusement dans son harmo, mais Goldwasser et Geraci ne s’effacent pas pour autant du décor sonore. Blues acoustique, "Need a little more time" se révèle à la fois primitif et dépouillé. Une grande complicité s’établit entre la voix et la National steel de Frank Goldwasser. Big Pete est néerlandais. Il enflamme "Keep her at home", un boogie nerveux, de sa musique à bouche. D’excellente facture, cet opus s’achève par "Preachin the blues" un prewar blues signé Son House. Frank se charge de la slide, Bill Stuve de la basse acoustique et Jim Bott des percus.

 

Hot Sugar

Moon Money

Écrit par

Hot Sugar, alias Nick Koenig à la ville, est un créateur de musique new-yorkais au sens propre du terme, puisqu’il pratique la méthode dite de ‘la musique associative’. Comment ? En collant des sonorités de la vie quotidienne pour les transformer en musique.

Cet original n’hésite ainsi pas à amplifier le rythme cardiaque d’un rat ou le souffle d’un vieillard de 86 ans, pour alimenter son projet. Une expérience insolite dont le résultat ne peut que surprendre. Même un Béotien ne pourrait que partager ce point de vue.

Le résultat est reproduit sur ce « Moon Money ». Un elpee découpé en 9 morceaux. Et dont la pochette est illustrée par une belle et grande tarentule.

Après plusieurs écoutes, je dois avouer que le bilan est mitigé. L’univers sonore est singulier. Ou bizarre si vous préférez. Mais aussi ténébreux voire glauque. Peut-être mélancolique. Les mélodies sont balisées par des accès de basse lourds et des bruitages amplifiés et étranges.

Le mix est particulier ; et perso, je ne suis pas parvenu à accrocher. Ces expérimentations pourraient naître d’un esprit sous acide. Un trip psychédélique (?!?!?) qui au final se révèle indigeste et pénible à supporter.

Si l’idée de base est à la fois amusante et intéressante, le produit fini n’est, par contre, pas à la hauteur des attentes. Un peu comme si l’artiste avait perdu trop vite le fil de ses idées et avait omis d’en revenir aux fondements de l’électro : une bonne mélodie parsemée de césures, de l’énergie à revendre, et une ligne de chant claire pour parachever le travail. « Moon Money » en est totalement sevré.

 

David E. Sugar

Memory Store

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Phénomène hype en vue, le DJ, chanteur et producteur David E.Sugar s’est tout d’abord illustré sur deux compilations baptisées « Kitsuné Maison ». Puis, c’est le trou noir, avant que le Londonien ne décide enfin de nous balancer son premier opus, « Memory Store ».

L’excellent « Chelsea Girls » ouvre l’elpee. Un titre allègre, alimenté par les sonorités d’un GameBoy. Puis, c’est un peu la disette. Hormis quelques morceaux pas trop mal ficelés (« Party Killer », « Flea Market »), mais destinés au public mainstream, le reste fait plutôt pâle figure. Et  manque surtout cruellement d’originalité. En empruntant tantôt à Silver Columns, Calvin Harris (« Keep It Simple ») ou encore à Hot Chip (« Did You Ever Have A Good Idea »), Sugar donne l’impression de vouloir se faufiler dans le système ‘hype’. Un peu trop facile, surtout quand les compos manquent de punch. 

 

Sugar Minott

La Jamaïque endeuillée

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Le parrain du Dancehall, Sugar Minott (Lincoln Barrington Minott), est décédé samedi soir en Jamaïque, suite à une défaillance cardiaque. Le leader des African Brothers avait à peine 54 ans...

Musiczine avait consacré , fin 2008, une excellente critique de non album "New day" : http://www.musiczine.net/fr/chroniques/sugar-minott/new-day/

 

Sugar Minott

New Day

Écrit par

Authentique légende du dancehall, le grand Sugar Minott affiche plus de soixante albums au compteur. L’homme est toujours en grande forme vocale, et il le prouve sur « New Day », premier album en quatre ans réunissant quinze titres réalisés entre la Jamaïque, les Etats-Unis et la Grande Bretagne. Le producteur anglais Roman Pryce s’est chargé de la musique et une flopée d’invités est passée lui dire bonjour… et pas seulement… : Toots Hibbert des Maytals, Andrew Tosh, Sly Dunbar, Bongo Herman, pour n’en citer que quelques uns. L’elpee contient quelques morceaux très dancehall qui ont fait la légende de Sugar. Entre romantisme échevelé et appels à la fraternité, Sugar Minott reste fidèle à ses idéaux : des plages comme « Show Me A Sign », « One Life », « Reach’in Out 2-U », l’excellent « I’ve Been Workin’ », « Lover’s Rock » et « Keep the Fire Burnin’ » nous renvoient aux superbes travaux produits par Sugar Minott à la fin des années 70 et pendant les années 80. Les styles plus contemporains ne sont pas absents, comme en témoignent le beat ragga de « Gettin’ It On », l’atmosphère éthérée de « Good Friends » ou encore « Oh Mamma », en duo avec Andrew Tosh. C’est du travail de haut niveau, même si on ne peut s’empêcher de penser qu’il manque cette petite touche magique émanant de Jamaïque il y a trente ans… « New Day » n’est donc pas un chef d’œuvre, mais s’avère de très bonne tenue, ‘soulful’ à souhait, ce qui devrait suffire aux nombreux fans de Sugar.

Sugar Ray Norcia

My life, my friends, my music

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Trente ans plus tôt Ray Norcia se produisait déjà à Rhode Island. Il y drivait les Blues Stompers en compagnie du percussionniste Neil Gouvin. Quelque temps et une page d'histoire plus tard, on le retrouve chez les Bluetones auprès du guitariste Ronnie Earl Horvath, du bassiste Mudcat Ward et du pianiste Anthony Geraci. Cette formation aura le privilège d’épauler régulièrement le légendaire harmoniciste Big Walter Horton. Mais également bien d'autres célébrités du style. Ronnie Earl quitte la Bluetones et rejoint le Roomful of Blues. Quelques années plus tard, Sugar Ray en personne rejoint le big band. Il y assurera le rôle de chanteur/harmoniciste entre 1991 à 97. Mais entre-temps, il retrouve Ronnie Earl et ses Broadcasters qui décident finalement de revenir à leur patronyme des Bluetones. D'ailleurs, au début de ce nouveau siècle, il ressuscite les Bluetones. La formation est signée par le label Severn et aligne quelques excellents elpees : "Rockin' Sugar daddy" en 2001, un opus éponyme en 2002 et "Hands across the table" en 2005.

Le big band au grand complet ouvre les hostilités. Sugar Ray chante "Oh, babe". Sa voix libère un maximum de swing. L'artiste est soutenu par des cuivres qui ont fait et font toujours la notoriété de Roomful of Blues : Doug James au sax baryton, Greg Piccolo au sax ténor, Bob Enos à la trompette et Carl Querfuth au trombone. De la pure dynamite ! Mudcat Ward secoue sa basse acoustique devant la machine à rythme métronomique de Neil Gouvin tandis qu'Anthony Geraci se déchaîne sur ses 88 touches d'ivoire. Norcia chante alors son "Little green talking frog". Puissamment et nonchalamment. Les cordes inévitables d’un seigneur se détachent face au mur de cuivres : celles de Duke Robillard en personne. Les lumières sont tamisées. Sugar est inspiré pour chanter, tel un crooner, "I want to be with her". Ce titre lent semble s’échapper d’un bar nocturne. Signée Dany Bartholomew, cette compo est parfaitement rendue, tout en finesse et délicatesse. Le sax de Piccolo et les cordes de Duke nous nous transportent jusqu’à l’extase! La première partie de ce set, accordée lors de ce festival sous la forme du big band, s’achève par "You better change your ways". Mr Robillard se retire sur la pointe des pieds pour laisser entrer son jeune collègue ‘Monster’ Mike Welch. Les cuivres s’accordent également une petite pause. Sugar Ray sort de sa poche son harmonica. Et quel bonheur! Il attaque "Money taking mama" sur un bon rythme. Geraci est très à l’aise au piano. Ray retrouve les grands jours des Bluetones et démontre son immense talent de souffleur. C'est le pied! Ray chante aussi remarquablement. Sa puissance est naturelle. Pas très éloignée de Kim Wilson. Et il le démontre tout au long de "Shut your face". Les cuivres opèrent leur retour. Carl, Doug et Bob ne tiennent plus en place. Ce qui a le don d'inspirer Mike Welsh dont l’envol dans le jump, style tellement prisé de nos jours, est remarquable. Très respectueux de son auteur, en l’occurrence un certain Sonny Boy Williamson II, Ray prend plaisir à interpréter "I don't know". Mr Norcia a écrit "No sorrow no more" dans un registre proche de Sonny Boy. Ray en remet une solide couche en soufflant rageusement dans sa musique à bouche. Et pourtant, l’accompagnement est acoustique et le rythme décontracté. Bon blues classique, "The last words of a fool" permet à la guitare de Welsh de se libérer. Norcia laisse repartir le jeune guitariste talentueux après lui avoir confié les rennes sur "Do you remember?", un dernier blues très roots au cours duquel il nous démontre que manifestement, son principal inspirateur est bien Rice Miller, Sonny Boy II. Duke Robillard et les cuivres rappliquent une dernière fois pour participer aux quatre plages finales. L’ambiance cabaret envahit doucement "Think it over again". Ray se met à nouveau dans la peau d’un crooner pour interpréter "I like my baby's pudding". L’atmosphère baigne intensément dans le swing. Indubitablement, c’est un chanteur d'envergure. "Until the real thing comes along" clôt cet opus de classe, mais dont le climat semble emprunté à une autre époque…

 

The Sugar Plum Fairy pr.

The Sugar Plum Fairy

Écrit par

Pour leur premier tour de manège, The Sugar Plum Fairy pr. frappe fort. Un trio constitué de deux multi-instrumentistes : Aurelien Jouannet et Sylvain Joubert, ainsi que de Nathalie Villeaud préposée aux montages vidéo. Dès les premières notes de piano, la musique nous place sous hypnose et nous emmène dans un de ces voyages dont on ne souhaite pas revenir. Les sentiments s’entremêlent à l'écoute de "Picture", le morceau d’ouverture. L’angoisse, la sérénité, l’urgence et l’apaisement -entre autres- alimentent leurs compositions parfois un peu monotones mais toujours inspirées. La voix d’Aurélien Jouannet est émouvante, vibrante et majestueuse. Ajoutez-y des combinaisons de piano bien senties, une basse et un violoncelle susceptibles de vous communiquer des frissons, et vous pouvez nagez librement en eaux troubles, lagune traversée à des époques diverses par Radiohead, Nick Cave voire même Ghinzu. L’équation pop electro imaginée par The Sugar Plum Fairy pr est même réussie. De cette expérience, on en sort perturbé, encore marqué par les âmes mortes naviguant le long de plages comme « Hypnotized », « Blind » ou encore « Memory of an accident ». Un premier album à l’image de la jaquette, planant et déconcertant de finesse.

 

 



Sugar Mama

Devil is a gambler

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Un harmonica alerte et vigoureux crache les premières flammes de cet incendie bouté par les chti blouseux de Croix, Tourcoing et environs. Signé Howlin' Wolf/Eddie Vinson, "Everybody's in the mood/Kidney stew" est un bon shuffle qui permet de cerner les différents intervenants : Gaby Ghesquière, le chanteur qui double au saxophone ténor, Anthony Masson à l’harmonica, Christophe Couder aux guitares, et la section rythmique composée d'Eric Carpentier à la basse et Patrick ‘Matthew’ Dallongeville aux percussions. Produisant immédiatement un excellent groove, cette plage augure une suite de toute bonne facture. Un signe déjà confirmé par "Six miles on the road". On navigue ici du côté de la West Coast. Le rythme est léger, swinguant. Anthony est passé à l'harmonica chromatique. Créative, la guitare de Mr Couder disserte en rythme. Manifestement, il n’y a plus guère de place pour la première mouture du Chicago blues-rock un rien lourdingue de la ‘maman de sucre’. Au contraire ! La perspective reflétée sur le pays du blues devient panoramique. Les centres d'intérêt se diversifient aux quatre coins des States. "Boogie doctor" adresse un clin d'œil convaincant, respectueux et très amical à notre prince belge de la ‘boogie music’, Walter De Paduwa alias Doctor Boogie. Une excellente initiative ! C'est dans ce registre que Gaby chante le mieux ; sa voix est directe, primaire et poisseuse. Le talent de l’harmoniciste est bien mis en exergue. Il révèle bien l’état d’esprit en présence. Le porteur de cordes y démontre ses aptitudes à varier les plans! Respectueux des aspirations manifestées par les musiciens, Jean-Loup Demeulemeester accomplit une mise en forme attentive et éclairée. L'ombre de l'inoubliable Magic Sam Maghett plane tout au long de "My baby loves me", un morceau qui nous transporte dans le Westside de Chicago. J’apprécie tout particulièrement les interventions successives du sax et de l'harmo. Les deux instruments à vent se croisent sans jamais se rencontrer… Plage acoustique, très roots, "I'm drifting" opte pour la direction plein sud. Vers le Delta. Christophe empoigne son dobro. Anthony souffle dans son instrument diatonique tandis que la voix de Gaby paresse à l'extrême. Le climat vire au country. L'harmo s'évade face au sax qui se dédouble. Et le résultat de cette réunion entre souffleurs est du meilleur effet. "Each time I see you" replonge dans la musique roots. Christophe a enfilé un bottleneck gouailleur. "Wang dang baby" emprunte un tempo fort proche du "Wang dang doodle" de Willie Dixon. Un divertissement swing au cours duquel tous les instruments bien en place se complètent.

A mi-parcours, l’elpee recèle une plage instrumentale qui met à nouveau bien en valeur les souffleurs. Dans ce registre, Anthony semble très à l’aise. Puisant ici son inspiration chez Kim Wilson et Paul Lamb, il constitue manifestement la révélation du Sugar Mama nouveau. Ghesquière n’est pas à l’aise dans tous les registres. Par contre, tout au long de l’excellent "No fish", il est dans son élément. Son timbre lascif soutient cette composition traversée de petits traits d'harmo et dynamisée par la jump guitare rythmique. Nous ne sommes pas très loin d'un bon James Harman. La voix du swing est celle qui se dégage de cet album. Un message symbolisé par "I've been a fool". Bien installé derrière ses fûts, Docteur Dallonge dirige toute la manœuvre rythmique. Il adresse un œil complice vers Eric Carpentier pour accorder le champ libre aux solistes. Acoustique le titre maître est un véritable délice. Il nous entraîne du côté d'un certain carrefour, non loin de Clarksdale. Le diable sort son carré d'as et tente de s'accaparer le don divin du gratteur (NDR : Christophe y excelle au bottleneck). Lucifer se rappelle le coup fourré réussi soixante-dix ans plus tôt avec le plus doué des élèves de l'époque : Mr Robert Johnson! Harmoniciste insatiable, Masson Jean-Loup porte sa griffe sur le superbe "How long", une compo qui met également bien en évidence l'art percussif et tribal du maître Dallonge. Ce dernier quitte une nouvelle fois sa loge pour emprunter le style éclairé de Sonny Terry sur "One monkey don't stop the show", un blues classique et bien ficelé. Une sensibilité extrême envahit Sugar Mama pour attaquer le dernier fragment de l’opus. L’harmo d’Anthony vibre comme celui du vieux Big Walter Horton. Les accents métalliques du dobro investissent la solution sonore. Judicieusement épaulé par deux choristes féminines, Gaby implore lors de cette excellente finale.

Totalement libéré, Sugar Mama vient donc de commettre un très bel album, une œuvre sans compromission dont ils n’ont pas à rougir. Au contraire ! Tout n'est pas encore parfait ; mais si la formation parvient à dépoussiérer davantage son expression sonore, le résultat risque d’être encore plus concluant. Les ingrédients sont déjà là. Alors, come on Sugar Mama!

 

Sugar Ray Norcia

Rockin´ Sugar daddy

Écrit par

Ray Norcia est un chanteur harmoniciste qui force le respect. Il avait formé les Bluetones en 1979. A Boston. En compagnie du guitariste Ronnie Earl. Cet ensemble est responsable de deux albums pour Rounder, "Knock out" et "Don't stand in my way". Il a également participé au live de Big Walter Horton, "Little Boy Blue", paru sur J.S.P. En 1991, Sugar Ray est devenu le chanteur du big band, Roomful of Blues, en compagnie duquel il a commis 4 albums. Il a également enregistré aussi pour Michelle Wilson et Otis Grand. Au cours des dernières années, il a également collaboré à la confection de la collection "Superharps", pour le label Telarc. Enfin, ces derniers mois, il a réuni du beau monde pour remonter les Bluetones: Mudcat Ward à la basse, Neil Gouvin à la batterie et Kid Bangham à la guitare.

Le Kid a fait partie en son temps des Fabulous Thunderbirds. Et, croyez-moi, cet album nous ramène à la grande époque de T-Birds. Même la voix de Ray emprunte les intonations de Kim Wilson. Et en particulier lorsqu'il attaque "Rockin' sugar daddy". Les doigts de pied s'emballent, et notre esprit opère immédiatement un rajeunissement d'une bonne vingtaine d'années. Il poursuit sur sa lancée en alignant le prototype des meilleures chansons reprises par les harp bands, dont "I got love if you want it" de Slim Harpo. Emaillé de petits shuffles brûlants, "Call me lonesome", "The picture" et "Low down lady" sont de véritables délices à écouter. Mais aussi "Room 531". Un blues lent à l'intensité dramatique, composé par Bangham. Soulignons aussi la présence de "Lonesome cabin" et de "It's my life, baby", imprimé sur un tempo à peine plus rapide. A l'instar de tant d'autres harmonicistes, Sugar Ray est largement inspiré par Little Walter. Il reprend ici l'instrumental "Off the wall". "You can't be the one for me" se traîne paresseusement dans les swamps de la Lousiane. Un bon album des Bluetones !

Sugar Mama

Blues on the rocks

Écrit par

Composition du mythique John Lee ‘Sonny Boy I’ Williamson, "Sugar Mama" est une formule magique dans l'univers du blues. La première fois que j'ai entendu ce titre, c'était en août 1968. Lors du National Jazz & Blues Festival. Des flashes traversent mon esprit. J'étais étendu sur l'herbe de l'hippodrome de Sunbury. Un petit bonhomme à la longue crinière, vêtu d'un blouson de cuir miteux, armé déjà d'une vieille Statocaster se raccorde à l'ampli, puis se retourne rapidement vers le public dans une explosion sonore. Le trio qui venait de monter sur scène s'appelait Taste ; et le petit homme n'était autre que Rory Gallagher. J'ai pris une de ces claques!!! Ceci pour vous dire que Sugar Mama est une expression qui m'interpelle. Et voici 11 ans, quelques vétérans, champions du blues du Nord et Pas-de-Calais réunis, l'ont choisie pour patronyme.

Trêve de plaisanterie ! L'homme qui dirige cet aréopage, assis de manière spartiate derrière ses caisses, les baguettes à la main, répond au nom de Patrick ‘Matthew’ Dallongeville. Il est également la moitié de l'âme de BluesBoarder. Pour signer ses débuts officiels, le groupe a choisi de se faire enregistrer live. Un bon choix, parce que nos musiciens nordistes sont certes possédés par le blues, mais restent modestes. Ils ne sont pas des créateurs, mais des colporteurs. Ces ambassadeurs de la bonne parole sont trop heureux de pouvoir témoigner de leur foi musicale. Le bouche à oreille n'a-t-il pas permis aux bons us et coutumes de survivre ? Alors ouvrez les grandes, vos oreilles. Imaginez-vous au cœur d'une salle sentant bon le goudron et les vapeurs d'éthanol. Relevez vos manches, le virus du blues va vous être administré. Celui que nos quatre amis ont reçu une bonne génération plus tôt. En l'occurrence le blues urbain électrique, le Chicago blues des années 50, celui de l'écurie Chess. Un ange passe ! Dans l'ombre, des pouces se lèvent. Ceux de Willie Dixon, de Robert Johnson et de Muddy Waters. Ces dieux du passé ont le sourire aux lèvres.

Nous sommes fin octobre 1999, à Fâches-Thumesnil, aux Arcades. Le public est bien présent, de Benoît-Philippe Abeloos à Alexandre Waymel. Mathias, Patrick, Gaby et Serge, entrent en scène, affublés de John the Conqueroo. Le black cat bone et le mojo au col, ils entament l'heure qui leur est créditée. Admirons au passage la rigueur de la section rythmique, la classe montante et épanouie de Mr Dalle, la voix grave à l'accent continental et le saxo de Gabye (NDR : pas assez mis en évidence à mon goût). C'est bien parti ! Pour le vieux blouseux que je suis, je leur dirai, poursuivez l'expérience de votre écriture, "I'm worried", "Shakin' up the joint" et "Blues for Zeph". Voilà bien le Sugar Mama du nouveau millénaire. God bless you folks!

 

Sugarcane

Barney´s revenge

Écrit par

En 1998, cette formation batave qui répondait alors au nom de Blues Factory, avait sorti un album intitulé "Take-a-stroll!". Le leader est le chanteur guitariste Bas Flesseman, un gars drôlement doué, toujours entouré d'une section composée de trois cuivres. Matthijs Willemsen à la trompette, Jan Spijker au sax tenor et Aldo Groen au trombone. Il a conservé Jasper Mortier à la basse et c'est l'Américain du Nord Ouest, Boyd Small, qui tient ici, avec un réel bonheur, les percussions.

Sugarcane s'embarque sur un "Hate to be messed with" dont le rytme soutenu est largement cuivré. Bas plonge ensuite ses acolytes dans le climat lugubre de " Get a heart ". L'ombre des cyprès se découpe au cœur des swamps endormis et une lap steel bien paresseuse apparaît à l'avant-plan. Saisissant et parfaitement réussi! Un effet qui se retrouve sur "Is it a crime?". L'atmosphère persiste, le rythme s'accélère, le tempo épouse le riff de Bo Diddley, la section rythmique porte l'équipe, la guitare sonne très métallique et le sax s'évade sur "It tears me up". La pédale des gaz est poussée à fond. Les cuivres impriment un rythme très élevé pour la plage titulaire. La guitare surfe au milieu des vagues. La voix légèrement fausset de Flesseman, peut faire penser à un Dr John plus mâle. On n'est pas trop surpris de se retrouver aux portes de la Nouvelle Orleans, avec "Wouldn't know". Le son pourri de la guitare se reflète dans son rythme. La slide de Richard Van Bergen, invité sur le trop court "Baby you got what I want", sautille d'aisance. Sugarcane a produit un excellent album, original, dont le style bien personnel est très perceptible sur les titres lents, mais également dans le rythme qui peut faire alors penser à nos Seatsniffers. Vous adorerez ce dutch swamp blues.

 

Sugartooth

The sounds of solid

S'il n'y avait la voix du chanteur, nous n'aurions que des compliments à formuler à l'égard du deuxième album de cet ensemble yankee. En fait soit l'inflexion est beaucoup trop en avant par rapport à la ligne mélodique, soit le timbre épouse celui de Phil Collins. Dommage, car le groupe qui l'accompagne est bigrement solide et efficace. Adoptant un trash funk metal légèrement teinté de hip hop qui évoque instantanément Red Hot Chili Peppers, Beck et dans une moindre mesure INXS, c'est à dire lorsque le groupe australien méritait encore qu'on s'y intéresse. Tout ceci avec un aplomb métallique (!) digne de Pearl Jam et une approche du blues urbain aussi convulsive que celle du Jon Spencer Blues Explosion. " The Sounds of Solid " bénéficie, en outre, du concours des Dust Brothers, à la production, personnages qui ont établi leur réputation en travaillant en compagnie des Beastie Boys. Maintenant, si Sugartooth cherche à sortir de la zone crépusculaire de l'underground, soit il vire son chanteur, soit il lui paie des cours de chant...

 

Sugar Ray

Lemonade & Brownies

Vous avez sans doute déjà eu le loisir d'entendre le single "Hold your eyes" sur l'une ou l'autre station radiophonique. Et bien, n'imaginez surtout pas que ce "Lemonade & Brownies" observe un profil aussi délibérément commercial. Si l'un ou l'autre fragment est susceptible d'alimenter la bande FM, la plupart tirent un peu dans toutes les directions. Depuis le metal virulent (Clawfinger, Living Colour, Biohazard) au funk pop lascif (Prince) en passant par le punk, le rap (Cypress Hill), le hard rock (ACDC) et même la soul typiquement "Tamla Motown". Sans oublier les samples, collages, ‘turntables’ et artifices en tous genres. Le tout injecté d'une fameuse dose d'humour. Une verve qui sert d'unique fil conducteur aux quinze compositions de cet opus...