Un clip corrosif pour Ministry

Il va sans dire que Ministry n’a jamais été un grand fan de « Hair Mussolini », surtout maintenant qu’il bombarde le peuple américain presque quotidiennement avec des inepties générées par l’IA et destinées à se mettre en avant. Al Jourgensen et ses acolytes…

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The Lemonheads rendent hommage à Townes Van Zandt

Un jour, on réalisera un film sur Townes Van Zandt – ce troubadour à part qui a inspiré tout le monde, de Bob Dylan à Willie Nelson en passant par Emmylou Harris et Evan Dando des Lemonheads. Sorti le 9 septembre, le nouveau single « Rake » est le premier…

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The Hu

Un folk métal venu des steppes…

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En route vers la Mongolie, à travers les steppes, en compagnie de The Hu, un groupe dont la musique mêle métal et musique traditionnelle. Ils sont 8 sur les planches ! Pour y parvenir, ils se servent d’instruments conventionnels (guitares, basse, batterie) mais aussi folkloriques, comme la flûte tsuur, le morin khuur et le tovshuur, soit un violon et un luth à deux cordes, surmontés d’une tête de cheval, et assurent les vocaux en khöömii, chant diphonique guttural mongol.

Huit millions de personnes dans le monde parlent le mongol, mais The Hu a récolté plus de 90 millions de vues sur You Tube, comme si on reconnaissait dans sa musique, celle de notre passé.

C'est que la formation originaire d’Oulan-Bator, fondée en 2016, a attiré la grande foule. L’ancienne Belgique est blindée et une longue file nous attend, à notre arrivée jusqu’au bout de la rue des Pierres à hauteur de Music Village.

Le supporting act est assuré par le combo londonien King Nun. Un quintet dont le premier elpee, « Mass », est paru en 2019. Son style ? Quelque part entre punk, grunge et garage rock. Sa musique est à la fois énergique, hargneuse et explosive. Un peu comme s’il avait hérité quelque chose des Stones à leurs débuts, des Sex Pistols, des Ramones, de Nirvana et de METZ pour rester dans l’air du temps. D’autant plus que charismatiques, les musicos libèrent une expression sonore chargée d’angoisse adolescente.

En 35 minutes, le combo va livrer 10 morceaux qui décapent ou dépotent, selon que vous aimez vous y frotter ou vous y transvaser. Et tout particulièrement le single « Mess Around ». Evidemment, quand on compte trois guitaristes au sein de son line up, l’électricité gicle de partout ; et même si parfois elle est maladroite, elle s’avère particulièrement rafraîchissante. En outre, le sens mélodique est préservé. Une bonne entrée en matière !

Pour les photos, c’est ici

Setlist : « Golden Age », « Lightning To Fly », « Heavenly She Comes », « Selfish », « OCD », « Black Tree », « Live On The Beach », « Chinese Medicine », « Hung Around », « Escapism ».

The Hu débarque sur les planches sous des applaudissements nourris. Chaque musicien prend sa place sur les planches. Outre le chanteur (qui se sert encore circonstanciellement de la flûte ou d’une guimbarde) et les deux préposés à l’instrumentation folklorique, le line up implique deux guitaristes, un bassiste ainsi que deux drummers installés sur de hautes et imposantes estrades. L’un d’entre eux frappe sur des immenses tambours, dont les peaux claquent littéralement. Ces deux percussionnistes cognent tour à tour ensemble ou séparément. Mais soyez-rassurés, l’invasion de ce collectif n’est pas dirigée par Gengis Khan. Ils ont un look effrayant, mais ils sont super cool et en perpétuel interaction avec le public.

C'est par « Shihi Hutu », titre du dernier elpee que les hostilités débutent. Les instruments à cordes frottées sont bien mis en exergue et apportent une coloration vraiment exotique à une expression sonore métallique, mais mélodieuse.

Le répertoire va osciller aléatoirement entre morceaux issus de leurs deux opus (« The Gereg », publié en 2019, et Rumble of Thunder, en septembre dernier). Quelques compos plus entraînantes incitent à danser, mais pas de pogo, de round circles ni de crouwdsurfing. Le public est attentif et chante même ce qu’il ne comprend pas, lève les bras, frappe dans les mains en cadence ou pour applaudir. L’ambiance est vraiment bon enfant. Les spectateurs semblent heureux d’être là. Galbadrakh Tsendbaatar, le chanteur et leader, prend régulièrement la parole en s’exprimant dans sa langue natale. Ce qui provoque des scènes assez cocasses au cours desquelles la foule hurle et acquiesce, sans forcément comprendre ce qu’il raconte.

Il fait très chaud dans la salle, et la performance du groupe accentue encore la température dans la fosse. La setlist nous réserve des titres plus pop, à l'instar de « Bii Biyelgee » ou encore « Yuve Yuve Yu », que l'assemblée se met à reprendre en chœur. Parmi les morceaux les plus métalliques, on épinglera « Wolf Totem », « Tatar Warrior » et « This Is Mongol », qui clôture le set proprement dit.

En rappel, The Hu va nous s’autoriser une reprise mémorable du « Sad But True » de Metallica. Mais avant de tirer sa révérence, le groupe va remercier son auditoire et prendre des photos de la salle ou auprès des fans en faisant coucou par-ci, coucou par-là…

Une superbe soirée !

Pour les photos c’est là

Setlist : « Shihi Hutu », « Shoog Shoog », « The Gereg », « Huhchu Zairan », « The Great Chinggis Khaan », « Uchirtai Gurav », « Shireg Shireg », « Bii Biyelgee », « Tatar Warrior », « Yuve Yuve Yu », « Wolf Totem », « Black Thunder », « This Is Mongol ».

Rappel : « Sad But True » (Metallica cover)

(Organisation : Ancienne Belgique et Biebob)

The Human League

Credo

Écrit par

Mars 2011. Bloc opératoire.

Patient: The Human League.

Pathologie: vieillissement annoncé et mort prématurée.

Objectif: résurrection, seconde du nom.

Diagnostic: enclin au plus grand pessimisme.

Premiers signes alarmants: pouls faible, activité cardiaque proche du néant.

Les fonctions vitales fonctionnent au ralenti. La poitrine se soulève et expulse un premier souffle, timide. Le scanner ne s'emballe pas et émet un bip régulier qui au final, se termine par une longue et triste complainte continue.

Les lumières du bloc s'éteignent. C'est fini...

Du riche passé du groupe de Sheffield, ne reste que les souvenirs.

« Credo » est un titre audacieux pour un retour sous les feux de la rampe, tout comme le « History of modern » d'Orchestral Manœuvre in the Dark » l'était. Le résultat est sensiblement pareil, soit un constat amer: ces groupes majeurs d'hier n'ont plus rien à dire aujourd'hui.

Moins indigeste que le OMD, mais bien moins pertinent que le dernier Duran Duran, ce come-back singe maladroitement le Human League des eighties ; mais on est bien loin de toute « Dignity of labour ». Le fard dégouline sur la peau ridée et laisse apparaître une croûte désespérément sèche de toute inspiration. « Don't you want me » ?

Non, merci, plus à présent.

 

The Hundred in the Hands

Jeunes, beaux, et bientôt célèbres.

Écrit par

Jason Friedman, c’est la demi-tête pensante des Hundred In The Hands. Par un bel après-midi, cet homme affable sirote un Cola et bouquine entre deux interviews. Au fil d'une conversation charmante et non dénuée d'humour, j'apprends que cet ancien étudiant des Beaux Arts et membre fondateur de The Boggs a aussi été guide touristique à Berlin. Entre culture cinématographique et escapade historique, notre conversation navigue au gré des mots. Rencontre avec ce qui pourrait bien être l'attraction de demain.

Jason, première visite sur nos terres, après l'annulation de votre date en avril dernier au Domino Festival?

Exact. Nous avions été contraints d'annuler à cause des émanations du volcan islandais. Ce n'est que partie remise. Nous espérons être bientôt de retour.

The Hundred In The Hands revendique un son qui lui est propre. Ni chaude, ni glaciale, ni sombre, ni aveuglante, votre musique est une synthèse de ces descriptions. Un mix d'émotions et un brassage d'influences diverses. Comment avez vous élaboré ce son spécifique?

Chacun de nous deux possède un vécu historique et musical différent. Nos influences sont également différentes. Et ce que nous créons ensemble, est donc le fruit de ces influences. Dans la mesure où nous ne sommes que deux, il est impossible pour nous de composer comme n'importe quel autre groupe, du genre: on se voit au local, on répète et on crée des morceaux dans cette veine. Non, nous travaillons chacun de notre côté des ébauches de chansons que nous refilons à l'autre, qui à son tour les retravaille. Et nous finissons d'écrire les chansons pendant le processus d'enregistrement. Ce qui engendre une interaction entre Eleanore et moi-même et apporte une certaine homogénéité à l'ensemble. Procéder de la sorte nous procure d’ailleurs beaucoup de plaisir. C'est assez amusant. Et nous permet d'emprunter différentes voies et évite l'évidence de nos influences qui sont alors noyées dans le processus.

Vous accordez-vous avant de commencer sur l'ambiance d'un morceau et la façon dont vous aimeriez qu'il sonne?

Non, en fait, de par cette liberté que nous nous accordons pour la composition de nos chansons, celles-ci peuvent à tout moment prendre une direction ou une autre. Les versions démos sont tout à fait différentes du résultat final, et parfois assez méconnaissables. Par exemple, la première mouture de « Young aren't young », la chanson qui ouvre notre album, était une sorte de version afro-beat des Young Marble Giants : une ligne de guitare posée sur des percussions africaines et un martèlement de batterie. Au final, même si nous avons gardé la mélodie et pas mal de choses, le résultat est sensiblement différent. Ce qui illustre la liberté de direction de nos chansons ; et c'est ce côté imprévisible qui nous excite.

Vous prenez donc votre pied dans l'expérimentation?

Effectivement. Je me souviens, quand nous avons commencé à élaborer le projet, que notre ambition était de travailler en compagnie de différents producteurs aux visions personnelles des choses, d'essayer de tirer un maximum parti de leur savoir et nous en servir en retour.

Ce qui vous éloigne drastiquement du processus de création opéré au sein de The Boggs, votre premier groupe?

Absolument. A l'époque, j'étais le maître à penser, je composais seul les chansons et les autres membres me suivaient à la trace. Même si mes acolytes, en compagnie desquels je partageais cette aventure depuis plusieurs années, épousaient une même conception de la musique, c’est souvent ma vision des choses qui prévalait. En quelque sorte, nous étions esclaves de mes limites. Certaines chansons auraient pu être mieux, plus abouties. Tandis que maintenant, il s'agit d'un projet à deux cerveaux complémentaires ; et c'est ce que j'aime. J'apprends de mes erreurs. Et je me suis amélioré en tant que chanteur ; ce qui me permet d'appréhender les choses de manière différente. Ensuite, il y a l'apport des collaborateurs. Je pense au producteur Chris Zane qui bosse sur nos compos depuis notre premier single « Dressed in Dresden » et dont le travail est fantastique. Toutes ces contributions nous ont permis de forger notre propre identité.

Etre signé sur Warp change-t-il les règles ?

Certainement. Par le passé, nous avons eu notre part de frustrations. On a galéré, ce ne fût pas toujours évident. Le label Warp était LE label en compagnie duquel nous rêvions de travailler. Et que les choses se soient passées exactement comme nous n'osions pas l'imaginer, mais que nous espérions de tout cœur, est totalement surréaliste. Ce sont eux qui sont venus à nous, et quand ils nous ont proposé de signer, nous n'avons pas hésité l'ombre d'une seconde. L'image qu'on s'en fait n'est pas usurpée. Il s'agit réellement d'un label de qualité, artistiquement très engagé, dont la vision est ouverte et intelligente. Je suis certain qu'après le mini-succès de « Dressed in Dresden », n'importe quel label aurait été tenté de nous demander de répéter la même recette, encore et encore. Mais pas les gens de Warp. Ils nous laissent carte blanche de A à Z, et cette liberté est vraiment précieuse. Nous ne sommes pas obligés de pondre des chansons en batterie, pas obligés de tourner. Non, ils nous disent ‘prenez votre temps, créez à votre rythme, on s'occupe de tout le reste’. C'est une chance inestimable.

Comment s’est déroulé l'enregistrement de l'album?

Le plus simplement du monde. De juin à septembre 2009, Eleanore et moi nous sommes concentrés sur l'écriture, à l'écart, dans notre coin. A partir de là, nous avons prévu quelles chansons figureraient sur l’Ep, et celles que nous envisagions de mettre sur l'album. Et puis nous nous sommes mis au travail sous la houlette des producteurs que nous souhaitions et finalisé le tout.

Tout en gardant votre mot à dire sur le résultat?

Tout à fait. C'était une réelle coopération entre les différents producteurs et nous-mêmes. Chacun apportant sa touche personnelle, ses idées. De plus, nous avons gardé pas mal du matériel enregistré 'à la maison'. Pour les guitares par exemple, nous n'avons pas eu à les réenregistrer. Mais nous avons profité du matériel haut de gamme du studio pour refaire les voix et certaines programmations.

N'est-ce pas un procédé délicat en prévision de la performance scénique?

Oui et non. En sauvegardant la plupart des prises démo, nous conservions cette perspective à l'esprit ; mais le fait de les jouer en concert me donne à réaliser comment je souhaite que telle guitare sonne ou telle ligne de basse soit. Nous utilisons beaucoup de bandes et nous essayons de trouver l'équilibre afin de restituer chaque chanson dans un contexte ‘live’. Ce qui nous oblige à envisager nos morceaux sous un autre angle, en prenant par exemple en considération le volume du son. Plus puissant sur scène. Et modifie quelque peu l'approche du morceau ; mais ceci rend aussi excitante cette méthode de travail.

Envisagez-vous intégrer d'autres musiciens en concert?

Peut-être bien un percussionniste pour la prochaine tournée. Mais pour les jeux de guitares et autres séquences sur bandes, nous avons trouvé nos marques en duo, alors pour l'instant nous ne pensons pas engager d'autres musiciens.

Ne craignez-vous pas d'être tôt ou tard limité au niveau du son?

Dès le début, nous avons conçu notre musique en duo avec en point de mire la tradition du Sound System, que ce soit en Jamaïque ou dans les débuts du Hip-Hop et cette faculté de transposer un enregistrement à différents volumes, dans différents contextes. C'est donc pourquoi nous possédons notre propre Sound System sur scène. Et il est intéressant de découvrir comment une chanson peut sonner différemment selon l'environnement. Que ce soit en studio, à la maison ou en ‘live’. Je pense qu'en ce qui concerne nos prestations scéniques, notre son est suffisamment puissant, suffisamment étoffé, sans nécessiter d'autres personnes. Donc, d'un côté, ce choix exige beaucoup d'abnégation, pour restituer les chansons dans toute leur ampleur quadriphonique, mais nous apporte une certaine liberté, puisque d'un show à un autre, nous pouvons apporter certaines modifications. En constante évolution. Et la formule du duo me convient parfaitement. A la fin, au sein de mon groupe précédent, je me lassais de devoir changer de musiciens tous les trois mois, leur apprendre les accords, les structures, et adapter mes propres chansons. Je me sens en fait plus libre. Eleanore et moi apprenons et progressons ensemble. C'est un processus qui nous sied parfaitement.

Pour en revenir à l'écriture même de vos chansons, qu'est-ce qui vous inspire?

Et bien, l'Art en général. J'ai accompli des études dans le domaine de la peinture, avant d'être totalement absorbé par mon groupe, The Boggs. Mais de toute façon, je n'y trouvais pas mon épanouissement. Je veux dire, je ne savais pas comment vivre en tant qu'artiste. Je réalisais mes trucs, mais j'ignorais comment diffuser mes œuvres, comment attirer l'attention sur elles. Je ne traînais pas dans les galeries toutes la journée ; par contre, j'adorais passer mes nuits dans les clubs et écumer les salles de concert. C’est ainsi que la musique a pris le pas sur mes prétentions graphiques. Et puis, je n'étais pas assez doué. Je me suis essayé un peu à la vidéo aussi. Finalement, The Boggs était la synthèse de mes aspirations, une sorte d'intellectualisation de mes envies artistiques au travers de la musique. Mais ce qui m'influence profondément dans la conception d'un morceau reste le cinéma et l'art vidéo. Notamment au niveau de la structure temporelle d'une chanson. Un titre comme « Last City » est directement inspiré par les œuvres de cinéastes tels Chris Marker, par exemple. Les textes étant eux plus influencés par la littérature ; même si je n'use pas de ces codes, j'aime l'idée de raconter une histoire. Bien sûr, je n'ai pas la prétention d'être un Alistair Grey ou un Samuel Becket! Il n'en demeure pas moins qu'ils font partie de mes références majeures. Et l'Histoire est un autre moteur d'inspiration. D'où le nom du groupe (NDR : faisant référence à une célèbre bataille américaine, menée par Crazy Horse, fier indien qui allait mener, une fois n'est pas coutume, les indigènes à la victoire sur l'armée US) ou d'un titre comme « Dressed in Dresden » qui parle des premiers essais bombardiers.

En parlant de vidéo, participez-vous activement à la création de vos clips?

Pour « Pigeon », j'avais imaginé un personnage central, dont je parle dans la chanson, cette jeune fille qui vit dans une grande ville et rencontre des problèmes à l'école ; même si au demeurant elle est assez intelligente, elle fréquente des idiots. Elle ne sait pas où elle va, ce qu'elle veut faire, et comme beaucoup, elle sort, boit, couche pour le fun et essaie de s'oublier. Et elle en a conscience. Les pigeons, dans la chanson, constituent son point d'ancrage avec la réalité. Tous les jours, elle se rend au square et regarde ces oiseaux qui inlassablement tournent en rond, stupides et sales. Et elle se dit qu'elle vaut mieux qu'eux. J’en ai donc parlé à la production, et ensemble, nous avons élaboré les traits de ce personnage. Au final, elle est moins misérable que dans mon esprit. Elle possède plus de recul Peut-être est-elle plus arrogante? Quoiqu'il en soit, le résultat est tout simplement incroyable. Et les effets spéciaux vraiment épatants. Le tout dessert bien le propos de la chanson.

Revenons un instant sur votre étiquette? Quelle est la part de gothique qui sommeille en vous?

Le formule ‘summertime Goth’, je dois bien confesser qu'elle vient de moi. En fait, un ami, à l'époque, organisait chaque semaine des soirées qu’il avait baptisée ainsi. Et immédiatement, j'ai pensé qu’elle collerait bien à notre type de musique. Loin des clichés du genre. Je veux dire, je n'ai jamais aimé la façon dont les Cure s'accoutraient, je ne vois pas de rapport entre leurs vêtements et leur musique. A New York, chaque semaine, se déroule au moins une soirée branchée, et les soirées gothiques sont nombreuses. Mais vous n'y croiserez pas de personnages dont les accoutrements sont propres à cet imagier de grenier. De ce fait, nous estimions amusant de dépeindre notre musique comme influencée par l'aspect gothique, mais sans le côté ridicule du concept. Une version plus ensoleillée en quelque sorte. Pour le prochain album, je pense déjà renouveler notre étiquette.

Etes-vous la partie sombre du projet, et Eleanore la touche ensoleillée?

Non, en fait, c’est seulement un juste équilibre entre elle et moi. Parfois, nos chansons prennent une direction trop noire ou trop guillerette, et nous tentons de trouver le juste milieu. Nous peinons quelquefois à égayer nos compositions, mais nous nous efforçons toujours d'appliquer ces deux aspects en une belle harmonie. Si nos chansons ne sonnent pas profondément dépressives, c’est parce que notre palette musicale, au niveau de nos goûts, est large. Il y a un soupçon de R&B dans notre façon de procéder ; et OK, j'admets que ce n'est pas directement audible, mais il nous permet justement d'avoir une approche radicalement différente par rapport à notre côté gothique. Le juste équilibre, c'est notre quête.

Pour conclure, vous semblez promis à un bel avenir. Craignez-vous les lendemains difficiles?

Je suis assez paranoïaque ; alors oui, définitivement, j'ai peur de ce que l'avenir me réserve. Je me focalise donc sur les améliorations à apporter. Par exemple, je souhaite qu'on évolue sur scène, qu'on devienne meilleur. Nous allons beaucoup tourner dans un proche avenir, pour justement aller dans ce sens. Ce qui ne nous empêchera pas de concevoir de nouveaux titres. Mais pour l'instant, nous devons nous concentrer sur cet album. Ce n'est pas évident par exemple de jouer des titres comme « The Beach » devant un public n'ayant jamais entendu la plupart de nos morceaux. J'espère et j'imagine que les choses seront différentes quand l'album sera sorti. Il ne faut pas trop que je pense à demain.

Ne dit-on point que l'avenir sourit aux audacieux?

(Voir également la chronique de l'album dans la rubrique ad-hoc)

 

The Hundred in the Hands

The Hundred in The Hands

Écrit par

Si les chances de connaître la douceur d’un été indien s’estompent jour après jour, réjouissons nous de connaître notre premier summertime goth. En effet, autoproclamée sous cette forme, la musique de ce duo issu de Brooklyn débarque en cette rentrée de septembre et promet de laisser traces de son passage.

Si l’on peut faire fi des clichés du genre, ambiances sépulcrales et voix d’outre-tombe en tête, il reste néanmoins un certain romantisme new wave mis en lumière ici par une palette sonore riche et pléthore d’influences allant du disco au funk blanc. Fragile équilibre entre spleen et hédonisme, ce premier album, signé chez Warp, distille subtilement, voire insidieusement son potentiel pop au creux de nos oreilles. Sorte d’hybride à deux têtes pensantes et quatre jambes pour danser (nonchalamment et non frénétiquement, tout de même !), The Hundred In The Hands est une combinaison de charme, réunissant Jason Friedman, ex Boggs et Eleanore Everdell, dont la voix céleste s’était déjà illustrée chez TV On The Radio. Osmose parfaite créant un juste équilibre d’ombre et de lumière, ce qu’ils présentent, à défaut d’être foncièrement révolutionnaire, a du moins l’intelligence de renouveler les genres dans un mix généreux et fort agréable. Jamais vulgaires, souvent entraînants, les mélodies, les riffs de guitares et les touches d’électro apportent judicieusement leur contribution à l’élaboration d’un son propre, desservant le propos avec justesse.

Leurs prestations live devraient quand à elles leur assurer prochainement une notoriété, peut-être relative, mais tout à fait justifiée. Et si comme votre serviteur, une première écoute ne vous relève pas la richesse de leur travail, n’hésitez pas à gratter la fine pellicule de vernis pour  découvrir les pépites dont cet album regorge. Dans le fond, le concept est le même que chez certains malins qui tirent leur épingle du jeu le temps d’un succès. Certes, le talent en plus ici. Mais le succès, il faut l’assumer. Car tomber dans un hype devient un danger… Alors on danse… 

The Hundred in the Hands

This Desert (EP)

Écrit par

Originaire de Brooklyn, le duo The Hundred in the Hands publie son premier Ep, « This Desert », peu de temps après avoir sorti “Dressed in Dresden”, un single particulièrement remarqué. Et chez la vénérable maison Warp, excusez du peu ! Jason Friedman et Eleanore Everdell ont été biberonnés à l’underground new-yorkais. Une éducation musicale qui leur permet de nous faire danser de manière originale, intelligente mais toujours fun.

Les six compos de ce disque mêlent habilement électronica, pop, dub, house et post-punk. Quelque part entre Metric, The XX et les Ting Tings. Les lyrics sont interprétés nonchalamment. Les beats et les lignes de basse dignes de Blondie voire de The Gossip (« Building in L.O.V.E. »). L’Ep recèle plusieurs titres susceptibles de mettre le feu aux soirées hype. Et en particulier « It’s Only Everthing », souligné de remarquables vocaux ou encore « Tom Tom », caractérisé par ses percussions déroutantes. De véritables bombes pop suaves illustrant les capacités du groupe. Et comment résister à Eleanore, lorsqu’elle nous murmure ‘Could have stayed by you for days, I would forget the world for you’, à l’oreille. Pas pour rien que le duo a été élu couple le plus sexy de l’année…

L’album est prévu pour cet automne. Quelques mois encore à attendre, afin de leur permettre d’asseoir leur solides bases électro/disco pop...

 

The Hunches

Exit Dreams

Écrit par

Commencée en 2002, l’aventure de ce quatuor de Portland s’arrête après la sortie d’un troisième elpee au titre révélateur : « Exit Dreams ». Adeptes d’un garage rock ultra bruyant et abrasif, les Hunches ont (avaient) pourtant quelques arguments de poids à proposer. Des titres complètement fous traversés de cassures rythmiques ‘beefheartiennes’ et de solos loufoques. Des chœurs mi-ange, mi-démon, un chanteur digne du jeune Black Francis et quelques excellentes mélodies, à découvrir au bout de quelques écoutes. Des titres comme le très beau « Not Invited » ou le démoniaque « Ate My Teeth » évoquent tout ce qui s’est fait de mieux en rock américain indépendant au cours de ces dernières années : des Stooges à Captain Beefheart en passant par les délires bruitistes de Pussy Galore et Sonic Youth. Sans oublier la fulgurance mélodique des Pixies. J’exagère ? A peine. Ecoutez cet « Exit Dreams », il a tout du futur album culte. En espérant que les membres de cette furieuse équipe continuent à faire de la musique…

 

The Hunches

Hobo Sunrise

Une batterie scabreuse prend d’assaut nos tympans, avant qu’explose un riff retors qui nous terrasse pour de bon, et qu’un cri guttural nous achève d’un coup sec : dans un dernier soubresaut apparaît l’ange de la mort, qui nous oblige, dernier supplice, à écouter The Hunches. Antichambre de l’enfer : le son est vicieux, la voix écorchée, la rythmique satanique. Du ‘black garage’ ? A côté, les fous furieux d’Eighties Matchbox B-Line Disaster passeraient presque pour des putains d’enfants de chœur. Bobby Beausoleil et ses trips mansoniens, c’est pareil : du pipi de chat. Kenneth Anger, pour son « Lucifer Rising », aurait dû faire appel à ces types de Detroit, The Hunches (pas des tapettes). Après un premier disque sorti en 2002 (« Yes. No. Shut It. »), ils reviennent au charbon ; et il tâche méchamment ! Attention les oreilles : ce disque vous écrase le cortex comme une enclume jetée du haut d’une montagne. Parfois le climat se calme (« Nosedive », du Jesus & Mary Chain en un peu plus couillu, « Two Ghosts », genre The Ponys, leurs potes de label), mais jamais très longtemps… Mieux vaut donc rester sur ses gardes, parce qu’avec ces types personne n’est à l’abri (d’un violent coma, d’une crise d’acouphène, d’un massacre à la Ted Bundy). Pas glop !

The Human League

Secrets

Écrit par

Le dernier album de Human league remonte déjà 1995. Intitulé " Octopus ", cet elpee de bonne facture était pourtant passé totalement inaperçu. Faut dire que depuis 1984, et nonobstant l'apparition d'une guitare électrique, la formation de Sheffield n'est plus jamais parvenue à épingler le moindre hit. Une performance qu'elle avait pourtant réalisée au cours de la première moitié des eighties, en utilisant exclusivement des sonorités obtenues par des synthétiseurs, à travers des tubes tels que " Love action ", " Don't you want me ", " Mirror man " " (Keep feeling) Fascination " ou encore " The lebanon ". Une période faste qui a ouvert la voie au succès des Soft Cell, Depeche Mode et consorts. Pourtant, la période la plus intéressante du combo se situe entre 77 et 80. Lorsque influencé par Kraftwerk et Cabaret Voltaire, il naviguait en plein avant-garde du courant industriel. Du line up initial, il ne reste d'ailleurs plus que le seul Phillip Oakey. Bref, venons-en à ce " Secrets ". Dont la pop synthétique semble avoir retrouvé des couleurs. Et des titres aussi contagieux, sophistiqués et dansants que " All I ever wanted ", " Love me madly " ou " Sin city " pourrait finalement bien retrouver les charts. Sans quoi, si à l'écoute de ce disque, on ne criera pas au génie ; les fragments qui le compose ont au moins le mérite d'être très agréable à écouter ; et puis rappelleront certainement d'excellents souvenirs à toute une génération aujourd'hui composée de presque ou à peine quadragénaires…

 

The Human League

Octopus

Sheffield. 1979. Martyn Ware, Ian Marsh, Adrian Wright et Phil Oakey commettent un album de musique électronique totalement révolutionnaire. "Reproduction". Post industrielle, inspirée par son propre environnement, parvenant à fusionner la rigidité synthétique et la mélodie enivrante, elle suscitait la transe dérisoirement robotique. Mais l'album est très mal accueilli par la presse insulaire. Aussi Marsh et Ware décident de voler de leurs propres ailes, épousant successivement les aventures de BEF et d'Heaven 17. Deux nouveaux électroniciens mais surtout deux choristes, Susan Sulley et Joanne Catherall comblent les places laissées vacantes. Sous ce nouveau line-up la formation enregistre "Travelogue", une œuvre qui ouvre toutes grandes les portes de la new-wave. Des portes qu'un John Foxx tentait bien de forcer depuis quelques temps. Mais sans succès... Un succès dont va profiter l'ensemble insulaire pendant cinq bonnes années. Multipliant les hits comme "The Lebanon", "Fascination" ou "Don't you want me", mais négligeant de se régénérer son inspiration. A un tel point que début des nineties, il tombe dans le ridicule avec le morceau de plastique "Romantics". Dans ces conditions, vous imaginez bien que le commun des mortels n'aurait plus osé parier un penny sur Human League. Et pourtant! Réduit au trio Oakey, Sulley, Catherall, il semble avoir retrouvé une seconde jeunesse. Nonobstant trois fragments insipides, sub Saint Etienne, "Octopus" nous a franchement étonnés. Le single "Tell me when" trotte certainement dans votre tête depuis quelques semaines. Mais des titres comme "Cruel Young Lover", réminiscent d'"Empire State Human" ou "House full of nothing" sont encore plus percutants. Et si "Never again" suinte de romantisme glacé, "John Cleese: is he funny" devrait faire le bonheur des animateurs de radio, en recherche perpétuelle d'indicatif. Pensez à "Love action". Oakey?(!) Une excellente surprise!