Les mille destins d’eightycuts

Nouvelle signature du label Teenage Menopause, eightycuts réunit Siam Coudrais à la batterie et Grégoire Léauté Culioli à la guitare et au chant. Le duo publiera son premier long playing, Thousand Fates, le 25 septembre 2026. Inspiré par Solénoïde de Mircea…

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Aidan Moffat (Arab Strap) en featuring sur le nouveau single de ĠENN

ĠENN dévoile aujourd'hui « Jaguar Sun », un nouveau single en collaboration avec Aidan Moffat d’Arab Strap. Le titre sort au format digital ainsi qu'en 12’’ sur le label Rock Action Records, fondé par Mogwai, et accompagne l’annonce d’une tournée européenne…

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Ty Segall

Un album et un Ep pour Ty Segall

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Ty Segall remet le volume au centre du jeu. Le musicien californien publiera le 28 août Chrome, nouvel opus annoncé comme l’un de ses disques les plus lourds à ce jour, ainsi que l’EP limité Love Fuzzz. Premier extrait dévoilé, « Black Paint » donne le ton : guitares rugueuses, fuzz épaisse, tension grunge et énergie garage-psych y avancent d’un même bloc, sans chercher l’effet grandiloquent.

Après Possession, Ty Segall a choisi de renouer par une formation complète. Autour de lui : Ben Boye aux claviers et au piano, Evan Burrows à la batterie, Mikal Cronin à la basse et aux chœurs, Emmett Kelly à la guitare et aux chœurs. Enregistré au Sonic Ranch, au Texas, sous la houlette de Cooper Crain, Chrome privilégie une prise directe, nerveuse, proche de l’impact des concerts. Le disque s’inscrit dans la veine abrasive de Slaughterhouse et Twins, sans se contenter d’en recycler les réflexes.

« Black Paint », accompagné d’un clip tourné lors de plusieurs prestations par Alex Bulli, montre le quintette en pleine décharge électrique. Le morceau associe refrain accrocheur, riffs massifs et pulsation sombre ; il condense l’esprit du projet sans l’écraser sous les superlatifs. L’EP Love Fuzzz, publié le même jour, prolongera ces sessions par deux faces plus libres : une relecture sludge et stoner de « Love Fuzzz » et le voyage psyché-kraut « My Pet Guru ».

Après un passage au KEXP BBQ 2026 le 22 août, Ty Segall prendra la route du Royaume-Uni et de l’Europe en septembre, notamment par Bruxelles, Paris, Amsterdam, Berlin ou Barcelone. Infos, chroniques et relais via le CIIP.

Le clip de « Black paint » est disponible ici

 

 

Ty Segall

La possession de Ty Segall…

Le 16ème elpee de Ty Segall, « Possession », paraîtra ce 30 mai 2025. En attendant, le Californien partage un premier single, « Fantastic Tomb ». Après « Three Bells » en 2024, « Possession » voit Ty partir à la recherche de nouveaux horizons, s'aventurant sous les grands cieux de notre empire frontalier pour nous emmener dans un voyage narratif à haute teneur en énergie. Les paroles littéraires coécrites par son collaborateur de longue date, le cinéaste Matt Yoka, dépeignent une vision durable des histoires typiquement américaines. Pendant ce temps, de nouvelles sonorités revigorantes apparaissent à chaque tournant. Par ailleurs, les arrangements rythmiques scintillants mettent plus que jamais en valeur le piano de Ty, rejoint dans la bataille par de vastes mouvements de cordes et de cuivres. Riche en guitares lead et en harmonies vocales de Ty, « Possession » contient certaines des chansons les plus inspirées de Ty à ce jour.

Le single « Fantastic Tomb » est une chanson épique. Désespéré de ne pouvoir se raccrocher à quelque chose, notre héros découvre que ‘la chasse au trésor’ n'est qu'un autre voyage vers nulle part. La chanson s’apparente à un quadrille moderne de rock classique et noir américain, marqué par la guitare solo en filament brûlé de Ty et ingénieusement scellé par la section de saxophone de Mikal Cronin.

Finalement, « Possession » est une étrange traversée du paysage américain par Ty Segall, empruntant des ruelles à travers des paysages urbains compliqués tout en résistant à la défaite.

Pour écouter « Fantastic Tomb », c’est ici

 

 

Ty Segall

Live in San Francisco

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Comment savourer idéalement l’énergie brute dispensée par Ty Segall ? Sur les planches, bien sûr. Et tout particulièrement au sein de son environnement naturel californien. Ce ‘live’ a donc été immortalisé au ‘Rickshaw Top’ de San Francisco. Son backing group implique Mikal Cronin, Emily Rose Epstein et Charles Moothart, c’est-à-dire celui qui a participé aux sessions du remarquable « Slaughterhouse ».

La légende précoce du garage/rock a, en outre, bénéficié du concours de John Dwyer (NDR : le gourou de Thee Oh Sees publie, en outre, cet elpee sur son propre label Castle Face), Eric Bauer, Chris Woodhouse et Bob Marshall, pour la mise en forme. 

Et le ton est donné dès les premiers riffs de « Wave Goodbye » : ça va saigner ! Fruit d’un mélange tonitruant entre rock, garage et stoner, l’expression sonore se distingue par son sens aigu de la mélodie. Sauvages mais élégants, les morceaux passent facilement le cap de la scène. Et des pistes comme les abrasifs « Feel » ou « Death » sont manifestement taillés pour ce type d’exercice de style. Une belle porte d’entrée dans le cerveau bien détraqué mais constamment en effervescence de Ty Segall !

Ty Segall

Le cul entre deux chaises…

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Soirée garage ce 4 décembre 2013 au Vk* de Bruxelles, puisque se produisent, dans le cadre de l’Autumn Falls, Mountain Bike, Night Beats, White Fence et Ty Segall. Sachant que les hostilités commencent à 19h45, Ludo et votre serviteur décident de prendre la route suffisamment tôt. Pas de souci, on débarque à Molenbeek, vers 19h20. Mais fâcheux contretemps, trouver une place de parking est une véritable galère. Après avoir sillonné les artères en long et en large, on déniche finalement un emplacement, chaussée de Mons. Un peu de marche, et il est 20h10, quand on pénètre au sein du Vaartkapoen…

Malheureusement, vu l’heure d’arrivée, on n’a pu assister au concert de la formation belge Mountain Bike. Alors place à Night Beats. Un trio établi à Seattle qui a publié son deuxième elpee cette année, « Sonic Bloom ». Référence à Sonic Boom, pseudo de Peter Kember, le cofondateur de Spacemen 3 ? Probablement. Mais dans les grandes lignes, car si le band puise son inspiration dans le psyché garage, il lorgne surtout vers The 13th Floor Elevators. Encore que les sonorités de guitare me font parfois penser au groupe insulaire Gun, un combo qui avait gravé un hit en 1968, « Race with the devil ». Les trois musicos portent des cheveux longs comme à cette époque. Et fatalement, leur musique trempe dans le revivalisme de cet acabit. Les moments les plus mélodiques sont vraiment bien ficelés et la basse peut se révéler hypnotique. Le drummer frappe comme un malade ; si bien que régulièrement un roadie doit venir remettre son matos en place, parce qu’il se disloque. Malheureusement, les envolées acides manquent quand même de fil conducteur et on se demande parfois où elles veulent nous conduire. Paraît que sur disque, le trio offre un visage plus séduisant. Bref, s’il a manifestement du potentiel, il doit encore bosser pour vraiment s’imposer dans le circuit.

White Fence, c’est le projet de Tim Presley. On raconte qu’il serait issu de la famille du King. C’est à vérifier. Une chose est sûre, il est aussi prolifique que Ty Segall. Les deux artistes sont d’ailleurs très amis et ont enregistré ensemble un album, « Hair », l’an dernier. Depuis 2010, il a d’ailleurs publié six elpees, sans compter les Eps et les collaborations diverses. Sur les planches, il est soutenu par un bassiste coiffé d’une casquette de marin, d’un drummer et d’un second gratteur qui caresse une douze cordes à manche scié le plus souvent à l’aide d’un bottleneck ; il est, en outre, également préposé aux bidouillage électroniques. Un peu timoré, malgré des paillettes autour des yeux, il communique l’aspect space rock aux compos. Tim arbore un coupe de cheveux plutôt mod. Il porte un pull blanc torsadé et tient sa guitare très haute sur la poitrine. Honnêtement, je dois avouer avoir éprouvé des difficultés à entrer dans leur set. D’abord la voix de Presley n’est pas assez mise en valeur à mon goût, et puis il y a ces brisures constantes dans le rythme qui ne facilitent pas l’accroche. Pourtant, après 20 bonnes minutes, je perçois le fil conducteur. Enfin s’il y en a un. En fait, le franc tombe. Le spectre du Velvet Underground apparaît. Et tout se clarifie. La barrière blanche tombe alors, si vous préférez. Mais si les mélodies sont bien présentes, elles éclosent entre les envolées expérimentales. Manifestement, White Fence est un groupe underground, et pour apprécier sa musique en ‘live’, il est indispensable d’en écouter d’abord ses disques…

Lors du concert conjugué de Kurt Vile et de Scout Niblett, on m’avait mis la puce à l’oreille. Ty Segall et ses acolytes se produiraient assis. Et lors de l’installation du matos, cette rumeur se confirme. Un drummer s’installe de profil, à droite. Son kit de batterie est minimal : une caisse claire, un tom basse et une cymbale. A gauche, se plante un bassiste. Et au milieu Ty Segall et Sean Presley (NDR : le frère de l’autre ?) aux grattes acoustiques électrifiées. Ces deux musicos chantent et ce dernier se met parfois à siffloter. Quand ils conjuguent leurs voix en harmonie, il faut avouer qu’il y a de quoi tomber sous le charme. Curieux de se produire sous cette configuration, car les compos ont la pêche. La première partie du concert privilégie les titres du dernier opus, « Sleeper ». Segall court même prendre la place du batteur pour « The man man ». Souriant, Ty a un physique qui me fait penser à celui de Kurt Cobain. En plus enveloppé. Il secoue régulièrement sa tignasse en grattant son instrument. Les deux sixcordistes y sont impressionnants de maîtrise. Leur manière d’électrifier leurs cordes acoustiques à l’aide des pédales est absolument épatante. Et le quatuor finit par libérer un groove dévastateur. Simplement, Ludo, notre photographe et votre serviteur sont collés contre l’estrade. Or les mouvements de foule commencent à s’amplifier. Les gobelets de bière à voltiger. Le crowdsurfing s’invite aux réjouissances, mais surtout les bousculades débridées. Ca pogote sec, certains spectateurs manquent d’être piétinés dans la cohue ; mais sous les coups de boutoir, nos vertèbres commencent à encaisser. Une situation qui nous force à battre en retraite. Or, vu la hauteur du podium et l’affluence (NDR : c’est sold out, donc il doit y avoir 600 spectateurs), on ne voit plus rien. On entend, c’est chouette, mais le concert n’a plus la même saveur. Il y a bien eu un rappel et puis, on a vu deux fans ressortir avec la guitare que Ty leur avait offerte. Sympa. Sauf pour les conditions du spectacle. A revoir dans d’autres circonstances…

Autumn Falls

Mountain Bike + Night Beats + White Fence + Ty Segall

(Organisation Vk* + Toutpartout + Heartbreaktunes)

Voir aussi notre section photos ici

Ty Segall

Slaughterhouse

Écrit par

Ty Segal est un musicien étasunien qui joue aussi bien de la batterie et plus généralement de la guitare. Outre son aventure en solitaire, il est impliqué dans de multiples projets dont The Traditional Fools, Epsilons, Party Fowl, Sic Alps et The Perverts. Sans oublier son propre band, essentiellement destiné à l’accompagner en tournée. C’est pourtant flanqué de son backing group, qu’il a enregistré ce « Slaughterhouse ». Et à l’instar de ses prestations ‘live’, l’elpee s’avère particulièrement écrasant, puissant, claustrophobe. Sur plusieurs compos, le son est même carrément pourave, comme s’il avait été enregistré sur un mini-cassette. Segall a déclaré qu’en concoctant cet opus, il avait voulu chercher un compromis entre les Stooges, Hawkwind et Black Sabbath. Pas tout à fait faux, même s’il est nécessaire de nuancer le propos. Ainsi, certaines plages trempent carrément dans le garage punk. Pensez à 13th Floor Elevators. Et d’autres évoquent les Beatles, lorsqu’ils ont sévi à Hambourg. Paradoxalement, les harmonies vocales et la mélodie de la plage qui ouvre le long playing, « Death », lorgnent plutôt vers les Dandy Warhols, alors que la progression de cordes aride et véloce du titre maître emprunte des accents ‘pixiesques’. Et si « Muscle man » calque son riff de base sur « I’m free » du Who, la longue piste qui clôt l’LP, « Fuzz war », nous entraîne dans la noisy atmosphérique. L’album recèle deux reprises, « The bag I’m in » signée Fred Neil et puis surtout le furieux « Diddy wah diddy » de Bo Diddley, abordé à la manière de Captain Beefheart. Si vous cherchez à faire le plein de références, c’est Byzance… 

En concert ce 4 décembre 2013 au Vk* de Bruxelles, dans le cadre de l’Autumn Falls.

 

Ty Segall

Goodbye Bread

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Ty Segall est un artiste un peu fêlé. Mais son talent est indéniable.

Relativement moins sauvage que ses précédents essais, « Goodbye Bread » explore le côté le plus pop du jeune prodige californien. Il affiche ici une forme de maturité inattendue, bien loin des volées de bois verts lancées à la face d’un monde en perpétuelle recherche d’un diamant brut à polir. Et pour y parvenir, il a décidé de piller avec grâce et élégance sa collection de disques les plus incandescents.

Pointant son « Revolver » droit sur la cible, il tire à bout portant dans le garage de ses grands parents. Insaisissable, il s’offre ainsi le portrait de Beck et dégomme le fantôme de Jay Reatard avec insolence.

Jamais trop propre sur lui, iconoclaste et adepte d’une cool attitude irrésistible, le gaillard nous livre ici un digne successeur à son « Melted », maintes fois plébiscité par les férus de Rock sixties bien crade et un rien barré.

C’est un sacré bon disque au cours duquel, sous ses allures foutraques, l’artiste dissimule mal une certaine révérence à ses aïeuls. Mais comme il affiche avec un tel aplomb, une telle fougue et même une telle candeur, on ne saurait que (se) (ré)jouir pleinement d’un tel bonheur…