Light Asylum lève le voile sur un nouvel album

Peu de groupes peuvent se targuer d'avoir le statut de 'groupe culte', mais c'est clairement le cas pour Light Asylum. Emmené par la voix énigmatique de Sharon Funchess, le projet basé à Portland, dans l'Oregon, a secoué le petit monde de la musique…

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Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

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Phil Campbell’s Bastard Sons

La flamme Campbell continue de brûler…

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Phil Campbell’s Bastard Sons et Rödder au Zik-Zak : la flamme continue de brûler. Cette soirée estivale s’annonce chargée d’émotion. Quelques mois après la disparition de Phil Campbell, guitariste historique de Motörhead, ses trois fils retrouvent les planches sous le nom de Phil Campbell’s Bastard Sons, aux côtés du chanteur Julian Jenkins. Cette tournée permet à la famille Campbell de poursuivre l’aventure et de perpétuer l’héritage rock’n’roll de leur père.

Depuis la disparition de Lemmy et la fin de Motörhead, Phil Campbell n’était pourtant pas resté inactif. Après avoir sillonné les routes sous le nom de Phil Campbell’s All-Stars et figuré à l’affiche de nombreux festivals, la formation était rapidement devenue Phil Campbell and the Bastard Sons. Elle réunissait ses fils Todd à la guitare, Dane à la batterie et Tyla à la basse, ainsi que Neil Starr, un ami de la famille, au chant. Le combo avait publié son premier opus, « The Age of Absurdity », en 2018, puis entrepris une tournée intensive. Campbell avait ensuite sorti le disque solo « Old Lions Still Roar » en 2019, entouré de nombreux invités. En 2020, pendant la pandémie, les Bastard Sons avaient proposé un deuxième long playing, « We’re The Bastards ».

Phil Campbell est décédé le 13 mars 2026, à l’âge de 64 ans, des suites de complications consécutives à une lourde opération.

Rödder chauffe rapidement la salle. À 20 heures, le combo ouvre la soirée par une prestation brève et efficace d’environ trente minutes. Il entre immédiatement dans le vif du sujet et livre un rock énergique, soutenu par des guitares incisives et une attitude en accord avec le programme.

Face à une foule principalement venue retrouver l’énergie brute associée à Motörhead et à la famille Campbell, Rödder remplit sa mission. La formation fait monter la température et prépare le terrain sans ralentir le rythme. Cette première partie directe, dépourvue de longue introduction ou d’artifices, plonge aussitôt la salle dans une atmosphère rock (page ‘Artistes’ ici). 

Vers 21 heures, Phil Campbell’s Bastard Sons investit les planches. Dès les premières mesures de « We’re the Bastards », le ton est donné : guitares puissantes, basse lourde et batterie d’une précision redoutable. Todd Campbell assure les parties de guitare, Tyla Campbell tient la basse et Dane Campbell propulse l’ensemble derrière ses fûts. Au chant, Julian Jenkins trouve naturellement sa place dans cette nouvelle configuration.

L’absence de Phil Campbell reste perceptible, mais le band ne transforme jamais la soirée en cérémonie funèbre. L’hommage s’exprime par la musique, le volume et la volonté de continuer. La manière la plus fidèle de célébrer un homme qui a consacré plus de trente ans à Motörhead consiste sans doute à jouer du rock’n’roll aussi fort que possible.

La setlist associe les compositions des Bastard Sons à plusieurs classiques liés à Phil Campbell. Des titres tels que « High Rule », « Spiders », « Dark Days », « Strike the Match » ou « Maniac » rappellent que la formation possède sa propre identité et ne se réduit pas à un tribute band.

Lorsque retentissent les premières notes de « Going to Brazil », « Rock Out » ou « R.A.M.O.N.E.S. », l’ombre de Motörhead plane sur le Zik-Zak. L’auditoire retrouve une formule éprouvée : riffs simples et ravageurs, rythmique lancée à pleine vitesse et refrains repris en chœur. « Ace of Spades », placé au milieu du concert plutôt qu’en conclusion, provoque l’un des temps forts de la soirée. Le quatuor ne cherche pas à reproduire Motörhead à l’identique ; il conserve l’urgence et l’agressivité qui ont élevé ce titre au rang de classique du rock.

La suite ne faiblit pas : « Born to Raise Hell » précède « Maniac », qui clôt la première partie. À ce stade, le combo concilie le respect de son héritage familial et l’affirmation d’une personnalité musicale plus actuelle.

Le rappel s’ouvre sur « Heroes » de David Bowie. Dans le contexte de cette tournée, le titre acquiert une résonance particulière. Après la déferlante de guitares et de décibels, cette parenthèse mélodique ménage un moment d’émotion et de respiration sans rompre l’intensité de la soirée.

La formation repart ensuite sur « Ringleader », puis assène un dernier coup par « Killed by Death ». La soirée s’achève sur « Motorhead », morceau initialement enregistré par Hawkwind et devenu l’acte fondateur du band de Lemmy. La conclusion ne pouvait guère être plus symbolique : les fils de Phil Campbell terminent leur concert à la source de l’histoire dont ils assurent désormais la continuité.

La relève est assurée. Dans le cadre intimiste du Zik-Zak, la proximité entre les musiciens et la fosse accentue la puissance de la prestation. Réputée pour son acoustique et la faible distance qui sépare les artistes des spectateurs, la salle d’Ittre convient parfaitement à ce rock direct et physique.

Phil Campbell’s Bastard Sons ne cherche ni à remplacer Phil Campbell ni à recréer artificiellement Motörhead. Le combo prolonge plutôt une histoire familiale tout en bâtissant son propre avenir. Todd, Tyla et Dane Campbell poursuivent leur route aux côtés de Julian Jenkins, animés par une détermination évidente.

Au terme de la soirée, une impression domine : la disparition de Phil Campbell laisse un vide immense, mais n’éteint pas la flamme. Ses fils montrent qu’elle brûle encore, nourrie par le respect de son héritage et par une solide dose de décibels.

Verdict : une soirée puissante et émouvante, où l’héritage de Motörhead rencontre l’avenir des Bastard Sons.

(Organisation : Zik-Zak) 

 

 

Takeshi’s Cashew

L’odyssée cosmo-funk de Takeshi’s Cashew

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Takeshi’s Cashew ouvre un nouveau chapitre de son odyssée cosmo-funk en partageant le nouveau single « Operator », avant-goût de son troisième album, « Planet Odyssey 64 », attendu le 30 octobre 2026 via Siluh Records. Fidèle à son goût pour les voyages instrumentaux, le sextuor viennois pousse cette fois son univers analogique vers des territoires plus électroniques, nourris de vieux synthétiseurs, de boucles krautrock et de clins d’œil aux musiques de jeux vidéo vintage.

Pensé comme la bande-son d’un vaisseau filant à travers les nuages, « Operator » condense l’énergie collective du groupe : un morceau né d’un jam, affiné jusqu’à trouver sa trajectoire, entre pulsation organique, textures synthétiques et mélodie lumineuse. Cette nouvelle orientation s’inscrit dans le concept plus large de « Planet Odyssey 64 », disque inspiré autant par les mondes fantastiques que par les consoles de l’enfance, de la Game Boy à la Nintendo 64.

La référence au clip est essentielle pour entrer dans cet imaginaire : la vidéo officielle de « Armadillo » prolonge visuellement cette esthétique rétrofuturiste et aventureuse, comme un niveau supplémentaire dans le jeu sonore imaginé par Takeshi’s Cashew. Elle donne un premier aperçu de la palette du combo, où la fantaisie psychédélique rencontre une précision rythmique très dansante.

Après « Humans In A Pool » et « Enter J’s Chamber », Takeshi’s Cashew confirme ainsi sa capacité à transformer les influences les plus diverses — afrobeat, cumbia, krautrock, psychédélisme et chiptune — en un langage immédiatement reconnaissable. En gravant « Operator », la formation ne se contente pas d’annoncer un album : elle invite à appuyer sur “Press Play” et à embarquer pour une traversée cosmique, ludique et résolument imaginative.

« Operator » est disponible sous forme de clip là

 

 

Emmy d’Arc

Intense, précis et chargé d’émotion…

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Initialement annoncé à l’AB Club, le concert d’Emmy D’Arc a finalement rejoint la Grande Salle de l’Ancienne Belgique, face à une demande de billets bien supérieure aux prévisions. Résultat : une soirée à guichets fermés, où l’artiste confirme l’élan né de son premier disque et d’une visibilité récemment accrue.

Emmy D’Arc possède-t-elle une voix remarquable ? Oui. Son premier opus, Braving Fears, paru l’an dernier, tient-il ses promesses ? Sans hésitation. Mérite-t-elle le déplacement en concert ? Certainement : forte de plus de 500 prestations, elle affiche déjà une solide expérience. Cependant, il y a pourtant fort à parier qu’une partie du grand public l’a surtout découverte après son passage dans l’émission Ik Vraag Het Aan, diffusée sur la VRT.

La soirée s’annonce dense et habitée. Ce n’est pas la première fois que votre serviteur assiste à un concert d’Emmy, et cette nouvelle rencontre confirme l’impression laissée par les précédentes.

Teun Truijen assure la première partie avec élégance : sa voix aérienne capte rapidement l’attention de l’assemblée. Cette autrice-compositrice-interprète et danseuse belgo-néerlandaise, originaire de Maastricht et installée à Anvers, poursuit une trajectoire prometteuse. Ancienne danseuse professionnelle, elle a notamment accompagné Eefje de Visser en tournée avant de se consacrer pleinement à son projet musical. Médaillée d’argent au Humo’s Rock Rally en 2024, Teun confirme les qualités déjà entrevues. Les titres de son premier EP, Home Is Growing On Me, récemment paru, dessinent un univers où une pop indie rêveuse rejoint des émotions directes. Son passé de danseuse nourrit une présence sur les planches à la fois souple, précise et naturelle. L’auditoire de l’AB se laisse gagner par ce registre personnel, partagé entre élans lumineux et mélancolie délicate. Sa musique associe profondeur soul et climat vaporeux, dans un son brut mais ouvert. Nourri par l’honnêteté et l’émotion vive, l’art de Teun s’ancre dans la narration et offre un aperçu sans filtre de ses pensées, de ses sentiments et de ses luttes (Page ‘Artistes' ici, photos Kristof Acke là). 

La tenture s’ouvre ; un spot éclaire le centre du podium. Emmy apparaît, guitare semi-acoustique en main. Chemise blanche à damiers, pantalon de cuir noir : elle occupe seule l’espace, épaulée par ses loop machines et un clavier placé à sa gauche. Aucun musicien ne l’accompagne. Elle affronte une foule déjà acquise, qui applaudit dès les premières paroles. Elle lance White Flag en acoustique, crie « Come on », et la salle reprend le refrain. L’instant fonctionne immédiatement. Le son est impeccable, comme souvent dans ce temple bruxellois de la musique. Les lumières s’éteignent ; Emmy change de guitare à chaque chanson. Elle enchaîne ensuite I’m Alright. À la fin du titre, elle remercie l’auditoire et explique qu’elle va remplir la Grande Salle en solo grâce à sa loop machine : elle capte les sons frappés sur le bord de sa guitare, puis les superpose en couches successives. Pour Hit Me, elle tapote l’instrument, enregistre la boucle et rejoint aussitôt le piano. Les ivoires résonnent, la fosse applaudit, la température grimpe au fil du set. Le jeu de lumière souligne efficacement sa présence : six puissants projecteurs l’entourent sur une estrade posée à mi-hauteur, tandis que les spots du plafond baignent tour à tour l’artiste et la salle.

La suite démontre surtout sa maîtrise : captiver une grande salle en solo ne s’improvise pas. Emmy D’Arc n’a pas besoin d’une formation imposante. Guitare acoustique, harmonica, piano, voix aérienne et loop station lui suffisent pour construire en direct des arrangements denses et mobiles. Le set trouve son équilibre entre titres appréciés du répertoire et morceaux issus de son premier opus. Words, Hit Me, The Day, Wish I’d Never Met You et le poignant Frontline sont repris en chœur par l’auditoire. Entre ces repères, Emmy dévoile aussi quelques compositions inédites. Elles révèlent un univers plus ample, des structures plus travaillées et des thèmes qui gagnent en maturité. L’un des moments forts survient lorsqu’Admiral Freebee rejoint les planches, armé d’une guitare semi-acoustique et d’un harmonica à la main. Tous deux livrent une version habitée de son classique Rag’n’Run, Emmy assurant les chœurs, tandis qu’un violoncelle ajoute une teinte mélancolique. Elle se montre également convaincante à l’harmonica, qu’elle marie aux ivoires. Votre serviteur a probablement assisté à l’un des concerts les plus marquants de son année 2026 : intense, précis et chargé d’émotion (photos Kristof Acke ici).

Setlist : « White Flag », « I’m Alright », « Ghosts », « Hit Me », « The Day », « Frontline », « November », « What’s On Your Mind ? », « Just Say ’Bye’ », « Rag’n’ Run », « The Consequence », « Words », « Back To You », « In The Shadow ».

Rappel : « Troy » (cover Sinéad O’Connor)

(Organisation : Ancienne Belgique)

C’mon Tigre

Le moteur de C’mon Tigre tourne au ralenti

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C’mon Tigre revient avec « Driver Idle (feat. Perry Maysun) », le deuxième single extrait de leur prochain album, dont la sortie est prévue en 2026. Après le titre « K//A\K//A », sorti le 19 septembre 2025, « Driver Idle » est disponible sur toutes les plateformes depuis le vendredi 24 avril et constitue une nouvelle étape vers un opus volontairement sans titre et en constante évolution, une œuvre façonnée autant par la performance live que par le travail en studio.

Aujourd’hui, le groupe dévoile le superbe clip qui accompagne le morceau : « Driver Idle » parle de désorientation — non pas individuelle, mais collective. Un protagoniste vit dans une cellule qu’il ne reconnaît pas comme telle, se peint le visage comme un acte d’identité, trouve les siens par hasard ou par nécessité, et construit en leur compagnie  quelque chose de fragile et temporaire. La vidéo suggère que lorsque les systèmes collectifs cessent de fonctionner, les gens ne cherchent pas de grandes solutions : ils cherchent des micro-points d’ancrage. Un point de contact. Une présence reconnaissable. La femme, le van, la danse partagée sont autant de tentatives pour rétablir un minimum de repères dans un espace devenu illisible. La fin ne résout rien — et c’est volontaire : le foyer n’est pas un lieu fixe. C’est une condition qui se construit et se perd, et qui prend parfois la forme de quelque chose que le monde qualifierait de crime.

Le morceau accueille Perry Maysun, rappeur et auteur-compositeur basé à New York, dont la production prolifique — plus de vingt projets et plus de 25 millions d’écoutes sur les plateformes numériques — a fait de lui une voix singulière du hip-hop alternatif expérimental. Son travail se caractérise par une approche brute et introspective, souvent centrée sur des thèmes comme la santé mentale, la douleur et l’identité. En 2024, Maysun a été diagnostiqué d’un ostéosarcome. Pendant sa chimiothérapie, il a continué à écrire et enregistrer depuis son lit d’hôpital, jusqu’à son rétablissement complet en octobre de la même année. Sa contribution à « Driver Idle » porte cette intensité vécue, une expression façonnée par la vulnérabilité, l’endurance et la présence.

Le clip de « Driver Idle (feat. Perry Maysun) » est disponible là

 

Melody’s Echo Chamber

L’univers sans nuages de Melody’s Echo Chamber…

En amont de la sortie ce vendredi de « Unclouded », son quatrième album studio, Melody’s Echo Chamber dévoile un nouveau titre, « The House That Doesn’t Exist ».

Avec ses cordes plongeantes, ce single dégage une élégance diaphane, s’élevant vertigineusement avant de conclure agréablement dans les registres graves. La relation de travail symbiotique entre Melody et le producteur Sven Wunder est ici incarnée, les couplets électrisants de Melody trouvant à chaque fois une réponse dans l'ensemble complémentaire.

« Unclouded » recèle les singles déjà sortis « In The Stars », « Eyes Closed » et « Daisy ».

‘La musique que je crée occupe de manière inhabituelle la zone liminale entre le réalisme et les fables’, explique Melody. ‘Mais plus j'acquiers d'expérience de la vie, plus j'aime la vie et moins j'ai besoin de m'évader. Si mon cœur est souvent cafardeux, j'ai aussi l'impression d'avoir rassemblé tous les morceaux de moi-même qui étaient éparpillés partout et de les avoir collés ensemble avec de l'or, comme dans l'art japonais du kintsugi.’ (Le kintsugi est un art japonais qui consiste à recoller des poteries cassées avec de la laque dorée ou argentée).

La distribution impressionnante d'« Unclouded » implique le maestro suédois Sven Wunder, qui a coproduit l'album et contribué à l'écriture, apportant sa palette sonore unique à cette toile richement texturée; Josefin Runsteen aux cordes, qui apporte son intelligence avant-gardiste au tableau; Daniel Ögen à la guitare et Love Orsan à la basse, que Melody décrit comme ‘les maîtres du groove velouté’ ; le batteur britannique Malcolm Catto ; enfin, Reine Fiske (de Dungen), collaborateur régulier, qui a enregistré de superbes parties de guitare que l'on retrouve tout au long de l'elpee.

Ainsi, « Unclouded » est un opus qui célèbre le moment présent, quelle que soit la situation dans laquelle nous nous trouvons.

« The House That Doesn’t Exist » est disponible sous forme de clip ici

 

Melody’s Echo Chamber

Le monde sans nuages de Melody’s Echo Chamber

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Melody’s Echo Chamber dévoile « Eyes Closed », extrait de son quatrième album « Unclouded », prévu le 5 décembre chez Domino. Ce morceau, porté par le batteur britannique Malcolm Catto, mélange psychédélisme, soul et krautrock, et reflète l’approche artistique et avant-gardiste de Melody. L’opus inclut aussi les singles délicats « In The Stars » et « Daisy », qui baignent dans le psych-pop. Melody explique que sa musique explore la frontière entre réalisme et fable, et que son expérience de vie lui permet d’apprécier davantage le présent. « Unclouded » a bénéficié du concours de nombreux collaborateurs et célèbre l’instant présent, inspiré par l’énergie positive de la tournée de retour de Melody en 2022 et son amour renouvelé pour la vie.

« Eyes closed » est en écoute ici

 

Faïence…

La tendance de Faïence…

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Faïence, c’est la réunion de deux musiciens aux parcours déjà riches, Médéric Gontier (Tahiti 80) et Julien Bouchard. Ces deux-là se connaissaient déjà à travers le travail de l’autre pour lequel ils avaient le plus grand respect. Mais il a fallu une véritable rencontre pour que se nouent une vraie amitié et un projet musical qui se concrétise désormais

Ce premier disque emprunte son nom à un premier single entêtant, intitulé « J’ai tendance ». Le chant nonchalant de Julien ou la diction plus incisive de Med répètent à l’envi combien en toutes circonstances ils ont ‘tendance à [s]e perdre’, mais si l’on aime l’âge d’or des 90s, les singles power rock de Blur ou les Dandy Warhols, on se repère très vite ! Ou plutôt on se ‘re-perd’ dans ce titre immédiat qui appelle vite la touche replay…

Le clip de « J'ai tendance » est à découvrir là

Sum’One

Sum’One, c’est vraiment quelqu’un !

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Le producteur et beatmaker danois Sum’One est de retour chez Underdog Records. Son nouvel Ep, « Hello Vera », est paru ce 22 novembre. Mike a connu une reconnaissance internationale au sein de ses deux projets, Dafuniks et Otis Stacks, qui ont fait le tour de la planète et rencontré un vaste succès.

Depuis le début de sa carrière musicale et ses premiers essais sur la MPC2000, il s'est inspiré d'artistes comme Moby, Rjd2, Dj Shadow, Portishead et Daft Punk. Sum'One a été particulièrement attiré par la musique électronique et le sampling.

Après avoir dévoilé le titre « Chazy », porté par son clip en animation vu plus de 230 000 fois, le légendaire producteur JustMike partage deux nouveaux titres, « Bisous » et « Let It Snow ».

« Hello Vera » raconte l'histoire de Vera et de son voyage initiatique pour trouver le véritable amour, à travers un tourne-disque, une pile de vinyles, un échantillonneur et un tas de différents instruments à clavier.

On retrouve sur cet Ep le nouveau single, « Let It Snow » l'imparable talent du producteur Sum'One pour l’échantillonnage et son goût immodéré pour les synthés vintage.

Le clip d’animation de « Let It Snow », réalisé par Antonin Herveet, est disponible ici

 

 

swan•seas

Songs in the sky of blue

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swan•seas, c’est le projet de Corrado Angelini, le chanteur/guitariste du groupe Nostalgics.

« Songs in the Key of Blue » constitue le premier opus du Milanais, un disque dont la musique évolue au sein d’un paysage indie rock turbulent, réminiscent des 90’s, subtilement infusé de textures shoegaze et dream-pop.

Si la structure repose sur un classique guitare/basse/batterie, l’expression sonore est enrichie d'éléments électroniques et de boîtes à rythmes. Les mélodies s’attardent comme des secrets chuchotés, les synthés s’insinuent délicatement, et brumeuses, les tonalités de sixcordes se mettent à tourbillonner.

La vidéo consacrée à « Fuzzy feeling » est disponible ici 

Podcast # 41 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

Ain’t No F**king Artist

Ain’t No F**king Artist sur les flots…

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Après la sortie de son premier Ep, en janvier dernier, le trio Ain’t No F**king Artist nous réserve une ‘live session’ sur Youtube, tournée en mer et sur le bateau de tourisme Le P’tit Natien.

Tourner dans la baie des Sables d’Olonne était un souhait pour les 3 membres et un défi technique : faire en sorte d’avoir un son qualitatif, malgré tout ce qui interfère en mer n’est pas chose facile, comme avoir assez d’électricité à bord ou éviter d’enregistrer les sons parasites. La partie technique c’est une chose, la météo en est une autre !

Heureusement pour toute l’équipe, les conditions étaient réunies afin de permettre au groupe d’enregistrer cette ‘live session’ de plus de 8 minutes, au cours desquelles la formation a interprété les morceaux « DeathMatch » et « WhatYouAreLookingFor », deux titres qui figurent sur l’Ep « Breathless ».

L’équipe du P’tit Natien a accepté de participer à ce beau projet. Une collaboration gagnant-gagnant qui leur permet de s’offrir des images culturelles et promotionnelles qualitatives.

À la réalisation, le collectif d’Uppercut est au rendez-vous ainsi que Pierre Tezenas à la prise de son, Trésor Mabounoa pour les images en drone et Jeremy Grollier au mix & mastering.

Le clip consacré à « Running Again » est disponible là

 

Howlin’ Jaws

Howlin’ Jaws a moitié endormi, à moitié éveillé…

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Deux ans après avoir gravé « Strange Effect », le groupe parisien propose « Half Asleep Half Awake », un deuxième long playing qui vous redonnera foi dans le rock.

Réunissant Djivan Abkarian (chant, basse), Lucas Humbert (guitare) et Baptiste Leon (batterie), les garçons fans de musiques fifties et sixties (Cochran, Small Faces, Beatles, Kinks, Slade, etc.) sont alors lancés sur l’autoroute rock. Ils sortent un premier elpee baptisé « Strange Effect », en 2021 bourré de moments flamboyants et de riffs aiguisés qui câlinent l’oreille.

Pour « Half Awake », les Parisiens sont retournés à Londres au Toe Rag Studios créé par Liam Watson, un ingénieur de génie qui a produit l’album Elephant des White Stripes et bossé avec Madness, Tame Impala ou encore Supergrass.

Là-bas, ils ont eu envie de troquer l’efficacité pour la spontanéité. L’idée : remplacer les riffs trop parfaits par des successions de phases psychédéliques et de signatures rythmiques fracassantes. Cette nouvelle manière de procéder, qui découle notamment de leur expérience en tant que backing-band d’une troupe théâtrale où le groupe devait improviser des longs jams de folie –pour la pièce ‘multi Molièrisée’ Électre des Bas-Fonds– s’est logiquement frayé un chemin jusqu’à l’album.

Le clip de « Mirror mirror » est à voir et écouter là

 

C’mon Tigre

C’mon Tigre dans la végétation…

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Le collectif C'mon Tigre a tout juste sorti "The Botanist", second extrait de "Habitat", son quatrième elpee à ce jour. Le single met en scène Seun Kuti - fils du pionnier de l'afrobeat Fela Kuti - et l'album sortira le 24 novembre 2023 sur le label Italien Intersuoni. La vidéo a été réalisée par l'artiste Jules Guerin.  Et elle est disponible là

 

KermesZ A L’Est

Octophilia

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Actif depuis 2008, KermesZ à l’Est développe un style assez unique mêlant sonorités jazz, salves métalliques et surtout sonorités traditionnelles issues de l’Europe de l’Est (NDR : vu le patronyme, on s’en doute un peu). « Octophilia » constitue son nouvel elpee. Sa musique pourrait parfois être baptisée de version balkanique de La Jungle, duo dont ils sont très proches dans l’esprit et l’énergie. Les –longs– morceaux sont inspirés de morceaux traditionnels originaires d’Azerbaïdjan, de Grèce ou de Roumanie et plus généralement de la région du Caucase ou alors, pour un titre (« Lullysion »), du « Bourgeois Gentilhomme » de Jean-Baptiste Lully, mais enrichi par un texte poétique d’Oliver Chaltin. Réunissant 8 musicos, cette fanfare belge assez unique en son genre est bien entendu au sommet de son art, en ‘live’ vu l’énergie qu’elle y libère ; mais la version studio vaut le détour grâce à ses tourbillons de tuba, saxo et autres trombones à piston…

Sinead O’Connor

Décès de Sinéad O'Connor, une voix incomparable, à l’âge de 56 ans

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Lorsqu’on évoque Sinéad O'Connor on pense inévitablement à son tube paru en 1990, « Nothing Compares 2 U », une reprise d’une chanson signée Prince. Mais on pense aussi à ses attitudes. Crâne rasé, rebelle, polémiste et provocatrice, elle n’a jamais laissé indifférent. Elle n’en était d’ailleurs pas à un scandale près. En 1992, elle avait déchiré, à la télévision américaine, une image du pape Jean Paul II, stigmatisant l'Eglise catholique pour ne pas avoir protégé les enfants victimes de pédophilie. Elle s’était fâchée avec les musiciens de U2, alors que c’est The Edge qui lui avait permis de faire décoller sa carrière, leur reprochant de ne pas avoir soutenu l’IRA. Aux Etats-Unis, elle avait refusé de monter sur les planches, après la diffusion de l’hymne national, soulevant l’indignation de la presse et de… Frank Sinatra… Elle avait de nouveau attiré les foudres du clergé, en 1999, quand une église irlandaise dissidente l’avait ordonnée, ‘prêtresse’…

Sinéad a traversé une enfance difficile après la séparation de ses parents à l'âge de huit ans. La chanteuse a affirmé très tôt que sa belle-mère, avec laquelle elle vivait après la séparation, la maltraitait physiquement. À 15 ans, elle a séjourné dans une maison de correction, à la suite de vols à l’étalage, puis dans un internat, dont elle s’était échappée.

Dépressive, diagnostiquée bipolaire, en 2003, elle avait tenté, à plusieurs reprises, de mettre fin à ses jours et partageait sa détresse sur les réseaux sociaux. Le 14 janvier 2022, son fils Shane, dont elle avait perdu la garde, s’était suicidé, après avoir fugué d'un hôpital où il était suivi pour tendances suicidaires. Elle ne s’en est jamais remise. Elle avait eu quatre enfants, avec lesquels elle avait des relations difficiles.

Après s'être installée un moment en Jamaïque et adhéré aux croyances rastafari, en 2018 elle s’était convertie à l’Islam, changeant son nom en Sudada’ Davitt ou Shuhada' Sadaqat.

Née à Glengeary, en Irlande, au mois de décembre 1966, elle a gravé dix albums, dont le deuxième, « I do not want what I haven’t got », s’est vendu à plus de sept millions d’exemplaires.

Depuis la sortie de son dernier elpee, « I'm Not Bossy, I'm the Boss », en 2014, on n’entendait plus guère parler d’elle, hormis l’étalement de ses états d’âme, via les réseaux sociaux.

Elle avait même annulé une série de concerts l’an dernier, en raison de son ‘deuil’, déclarant par ailleurs arrêter sa carrière…  

Dans ses mémoires, ‘Rememberings’, parues en 2021, elle se qualifiait de ‘chanteuse engagée’ affirmant n'avoir aucun désir de célébrité…

C’était quand même une fameuse voix, particulière, puissante mais sinusoïdale, libérant une fameuse dose d’émotion. Une voix reconnaissable entre mille…

RIP

DMA’s

How Many Dreams ?

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A l’origine baptisée The Dirty MA's, DMA’s est une formation australienne fondée en 2012. Elle est considérée comme la plus british du plus grand pays d’Océanie. Son quatrième elpee, « How many dreams », fait suite à « The Glow », paru en 2020.

L’univers de DMA'S est celui de l'acceptation, de la liberté d'expression, de la bienveillance et ce sont ces thèmes qui sont développés sur long de cet opus.

Dès les premières notes du morceau maître, qui ouvre le long playing, le trio libère des sonorités rave. Cette rencontre très intéressante entre instrumentation rock et EDM emprunte cependant la théâtralité d'Empire Of The Sun tout en conservant un pied (voire les deux) dans la ‘dance’. Pensez à Orbital voire à Underworld.

Les influences britpop sont cependant légion tout au long de cet LP, et notamment sur « Everybody’s Saying Thursday’s The Weekend » et « Dear Future », deux plages absolument addictives abordées dans l’esprit… d’Oasis.

DMA’s fait grimper la tension au fil du long playing, grâce aux ensorcelants « I Don’t Need To Hide », « Fading Like A Picture » et « Jai Alai ». Si « Get Ravey » et « Forever » manifestent des moments d’accalmie, les pulsions rave reprennent progressivement le dessus en fin de parcours et tout particulièrement sur « Something We Are Overcoming » et le final « De Carle » qui adresse un clin d’œil au Jagwar Ma originel. Sans oublier « Something We Are Overcoming », au cours duquel on retrouve ces sonorités électro si chères à New Order (NDR : le clip de ce single est disponible là).

 

DMA’s

Des kangourous qui boxeront bientôt sur le ring des grands !

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La dernière fois que votre serviteur avait assisté à un concert de DMA’s, c’était au Cirque Royal, en première partie de Kasabian. Il est de retour à l’Ancienne Belgique, mais au club, ce dimanche 23 mai 2023. Fondé en 2012, à Sydney, ce trio est considéré comme la formation la plus anglaise d’Australie. Et pour cause, elle pratique… de la britpop. A son actif, quatre elpees, dont le dernier, "How Many Dreams ?", est paru en mars dernier. Un disque ambitieux partagé entre chansons sur lesquelles s'extasier et d’autres belles à pleurer...

Le supporting act est assuré par Demob Happy, un autre band, mais insulaire. Issu de Newcastle, il s’est cependant établi à Brighton. Quatuor à l’origine, son line up a été réduit à un trio depuis le départ du guitariste Mathew Renforth. Il implique aujourd’hui le bassiste/chanteur Matthew Marcantonio, le drummer Thomas Armstrong et le sixcordiste Adam Godfrey.

Il pratique un power/punk/rock classique mais rebelle et très électrique. A coups de riffs aussi tranchants que déjantés, il a décidé de lutter contre ‘la médiocrité culturelle et la complaisance politique’ qui gangrène son pays. Ses influences musicales oscillent de Nirvana à Queens Of The Stone Age, en passant par Royal Blood et The Melvins.

La prestation va se révéler autant acide, féroce, chargée d’adrénaline qu’audacieuse, surtout à travers « Succubus » (NDR : dans la mythologie, un succubus est un démon qui apparaît dans les rêves, prenant la forme d'une femme pour séduire les hommes ; et le malin est ici incarné par les médias télévisuels qui nous plongent en état de léthargie), un titre au cours duquel le band va donner toute la mesure de son talent…

Le set s’ouvre par "Voodoo Science", le premier single extrait du futur opus. Le batteur imprime un tempo métronomique. Les accords de guitares sont insidieux et sauvageons. Le spectre de Josh Homme se met même déjà à planer.

Les musicos affichent un look retro (pantalons à pattes d’eph) voire glam. Nouveau single, "Run Baby Run" (le clip est disponible ici) se révèle à la fois instinctif, redoutable, huileux et addictif. Un morceau radiophonique qui provoque de l’enthousiasme au sein de la foule. D’autant plus que le son est nickel. Fameuse différence par rapport à celui qu’Inhaler nous a infligé deux jours plus tôt. Si "Hades Baby" nous emporte dans une vague qui déferle à la manière de Nirvana, la voix aérienne et vocodée de Marcantonio lorgne plutôt vers Royal Blood. "Be Your Man" termine un set bien senti, mais trop court. On épinglera, bien sûr, des harmonies vocales ultra pop (NDR : les musicos sont fans des Beatles, non ?), des gimmicks psychédéliques, des relances bien rock, des élans frénétiques punk, un son granuleux plutôt désertique et une distorsion fuzz bien calibrée. A revoir absolument !

Setlist : "Voodoo Science", "Succubus", "Run Baby Run", "Are You Thinking", " Hades, Baby", "Fake Satan", "Less Is More", "Be Your Man"

Ex-The Dirty MA’s, DMA's est à la base, un trio. Soit le chanteur Tommy O’Dell ainsi que Matt Mason et Johnny Took aux guitares. Le premier à l’électrique, le second à la semi-acoustique. Mais en tournée, le combo est renforcé par Joel Flyger à la gratte rythmique, Jonathan Skourletos à la basse et Liam Hoskins aux drums.

Avant que le sextuor ne grimpe sur le podium, les haut-parleurs crachent le « Stupid girl » de Garbage. Les musiciens en profitent pour s’installer sur les planches. La foule les accueille sous un tonnerre d’applaudissements. Le drummer se plante au milieu et en arrière-plan (NDR : la scène n'est pas très grande).

Casquette noire vissée sur le crâne, Tommy possède une voix qui ressemble terriblement à celle de Yungblud, aka Dominic Harrison. Johnny, le blondinet, ne tient pas place. Il porte un même type de couvre-chef, mais de camouflage, et déambule de long en large sur les planches, tout en triturant voire en martyrisant ses cordes. Par intermittence, Joel Flyger, se charge des claviers. Le combo est manifestement en pleine forme. La setlist va nous proposer 6 plages du dernier elpee. Dont le titre maître du long playing, qui ouvre le show. Les autres morceaux sont extraits du reste de sa discographie. L’ensemble des instrus s’éclate dans un mouvement de dance indie (NDR : pensez à Fat Boy Slim ou The Chemical Brothers). Une manière fantastique d’ouvrir les hostilités. "Olympia" navigue sur des guitares saturées assises sous la voix d'O’Dell. Sourire aux lèvres, ce dernier regarde peu le public. Il lui tourne même régulièrement le dos pour fixer le batteur qui imprime un tempo d'enfer.

Sympathique et particulièrement interactif, Johnny quitte rarement sa gratte semi-acoustique. Dont les sonorités s’avèrent savoureusement limpides tout au long de "The Glow". Les chœurs sont riches. Si les influences oscillent de Bruce Springsteen à Bob Dylan, en passant par Sonic Youth, New Order, The Music et Dinosaur Jr, l’ambiance et les orchestrations rappellent surtout les Irlandais de The Academic mais qui auraient hérité du charisme d’Imagine Dragons. Le combo n’en oublie pas son hit, "Hello Girlfriend", un titre qui fait manifestement craquer le public féminin. A la fin du morceau, le second sixcordiste s'y reprend cependant à 7 reprises pour relancer le refrain. Inutile d’écrire que le public est conquis. Non seulement les musicos sont de fameux instrumentistes, mais O’Dell est un excellent chanteur. Et la qualité des compos est au rendez-vous. Bref, des kangourous qui boxeront bientôt sur le ring des grands !

Alors que « Play It Out » s’enfonce dans un psychédélisme réminiscent du Floyd, le light show se focalise sur l’auditoire, accentuant cette impression de voyage sous acide. "Lay Down" achève cette prestation tout en puissance et de toute bonne facture.

Pas d’interruption avant le rappel. La formation s’y colle immédiatement, comme si elle était pressée par le temps.

Stellaire et passionné, "Feels Like 37" est chanté en chœur par les musicos. Tout comme l’exceptionnel "Silver".

Enfin, le remarquable "Everybody's Saying Thursday's The Weekend" clôt définitivement la prestation, un morceau aux paroles significatives ; les lyrics invitant à abandonner ce qui nous pèse pour embrasser l'avenir avec optimisme…

Setlist : "How Many Dreams ?", "Olympia", "The Glow", "Timeless", "Silver", "Something We Are Overcoming", "Tape Deck Sick", "Fading Like A Picture", "Hello Girlfriend", "Forever", "Delete", "Play It Out", "Lay Down".

Rappel : "Blown Away", "Feels Like 37", "Everybody’s Saying Thursday’s The Weekend".

(Organisation : Ancienne Belgique)

C’mon Tigre

Scenario

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Fondé en 2013 par un duo italien, C’Mon Tigre est une formation à géométrie variable qui sévit en Europe et aux USA, depuis une décennie, sans pour autant caresser les tympans du grand public. Elle s’est même établie à New York. Et manifestement, malgré l’absence de popularité, elle possède plus d’une griffe à sa patte.

« Scenario » constitue son troisième elpee et lors des sessions d’enregistrement, elle a de nouveau impliqué une multitude de musiciens issus de tous les horizons. On croise notamment le saxophoniste Colin Stetson sur « Sleeping Beauty », le rappeur Mick Jenkins sur « Flowers in my spoon » ou encore la jazzwoman Xenia Jenkins sur « No One You Know ».

Le groupe nous invite à voyager en intégrant des touches orientales à son mélange de jazz, afro-jazz, hip hop, funk et disco. A l’écoute de sa musique, on pense tour à tour à Fela Kuti, William Onyeabor ou, parmi les plus contemporains, Sinkane. La démarche de C’Mon Tigre n’est pas sans rappeler celle de Damon Albarn pour ses projets solo.

La richesse instrumentale, les mélodies de plus en plus contagieuses au fil des auditions et la large palette des influences font de « Scenario » un des meilleurs albums parus au cours de ces derniers mois…

Battan l’Otto

De nouveaux horizons sonores pour Battan l’Otto…

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Battan l’Otto (entendez ‘Huit heure pétantes’) est un duo de musiciens/performers installé à Rouen depuis 2005 et qui sévit dans le milieu des musiques actuelles et amplifiées dans un style résolument inclassable, mais que l’on pourrait rapprocher de l’électro-folk expérimental.

Le questionnement traversant leurs parcours artistiques se pose autour des cultures populaires, ouvrières et paysannes, de la tradition orale, dans un souci constant d’actualiser ce répertoire par un contact aux nouvelles pratiques musicales, qu’elles soient liées à l’électronique ou au jeu d’acteur sur instrument.

« Planet Nine », c’est la promesse de découverte de nouvelles planètes, de nouveaux territoires et horizons, comme la recherche non-finie des fins et du sens.

Aujourd’hui, l’heure est à la création d’un nouveau répertoire composé de titres originaux dans sa majeure partie.

Des compositions signées pour les paroles et la musique par Silvia Morini, les arrangements restant dans le domaine du collectif. Chantées aussi bien en anglais qu’en français, ces nouveaux titres viennent nous rappeler l’essentialité dans nos existences, dans l’examen critique du devenir et des possibles.

Le clip de « Dusty world » est à découvrir ici

 

 

 

O’Death

Tempête à 31 nœuds...

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Avant de se produire en concert au cours de la soirée, O’Death avait déjà accordé un set l’après-midi. Un mini-concert quasi acoustique destiné aux enfants. Une initiative particulièrement intéressante et surtout éducative, imaginée par l’Aéronef. Une belle manière de préparer les futurs mélomanes aux spectacles et surtout les plonger dans l’univers de la musique. Le tout s’opère dans une atmosphère ludique et sous la surveillance des parents. Actuellement ces événements se déroulent une fois par mois et sont gratuits. Attention, les parents ne sont admis que s’ils accompagnent leur progéniture. Profitons-en également pour féliciter les artistes qui acceptent de participer à ce type de spectacle, en adaptant leur musique à cette audience enfantine.

Mais revenons à la soirée, pour laquelle, 31Knots était prévu en première partie. Un trio issu de Portland qui déménage, c’est le moins que l’on puisse dire. Grand, vêtu d’un costard blanc, Joe Haege déboule sur la scène, mais en venant de l’arrière de la salle. Il porte une valise à la main, qu’il dépose sur le podium. Il commence alors à se dévêtir, laissant alors apparaître une succession de costumes, en un temps record. Mais plus jamais, il ne revêtira son trois-pièces immaculé. Il change d’ailleurs de fringues tout au long du spectacle. Et lorsqu’il n’en a plus assez, il les puise dans sa valoche. Le strip-tease s’arrête cependant au caleçon long. Et le déguisement s’achève par un uniforme de G.I. en permission. J’allais oublier l’essentiel, c’est aussi et surtout le chanteur/guitariste. Jay Winebrenner, le bassiste, est coiffé de son habituel bonnet sibérien. Il l’enlève très rarement. Et passe à la guitare, lorsque Joe se concentre uniquement au chant. Derrière, Jay Pellicci, cogne ses fûts avec une détermination et une précision jamais prises en défaut. La musique de 31Knots n’est pas facile à encaisser, les changements de tempi fréquents, oscillant du très rapide à l’extrêmement lent, en passant par le spasmodique ; mais elle est bigrement bien ficelée et très puissante, surpuissante, à la limite assourdissante. Joe est un showman hors pair. Il descend dans le public à plusieurs reprises, micro, pied de micro ou guitare à la main. Il titube, trébuche, se roule par terre, tombe dans les bras d’une fille ; et, en fin de parcours, nous gratifie d’un solo à la Carlos Santana. Jay, le suit une seule fois dans la fosse, pour s’y asseoir et continuer à gratter son manche. Et à l’issue de cette tempête, le public a réclamé un rappel. Que le trio a accordé. Une fameuse claque et déjà des acouphènes, avant de passer au groupe suivant…

En l’occurrence O’Death. Un quintet newyorkais dont le style campe un cocktail de country, de folk, de punk, de bluegrass et de rock, parfumé de saveurs tziganes, gothiques, jazz et roots. En outre, sur les planches, trois des musiciens (le bassiste, le violoniste et le drummer) ont un look de métalleux (NDR : les chevelures !). Après un morceau, ils sont d’ailleurs torse-nus arborant de magnifiques tatouages sur le corps. Le reste du line up implique un joueur de banjo, qui se charge épisodiquement de l’ukulélé tout en assurant la seconde voix et le chanteur/guitariste Greg Jamie. Et ce quintet va nous dispenser un set de brève durée, mais particulièrement entraînant, tourmenté, débordant de passion. Seul Jamie reste calme, impassible, au beau milieu de la tourmente, et de son falsetto bouleversant qu’il accompagne de sa sèche, il prend un soin particulier à soigner la mélodie. Tour à tour, Bob Pycior au violon et Gabe Darling (NDR : les cheveux roux, il ne peut qu’être de descendance irlandaise !) au banjo (dont la lanière est constituée de chiffons noués) se réservent un billet de sortie. Aux drums, David-Roger Berry participe également au show. Tantôt, il frappe comme un malade sur ses peaux. L’instant suivant, son drumming est plus souple ou allègre. Il a également l’art de faire tournoyer ses sticks entre les doigts. Parfois, il se lève, monte sur sa batterie, et empoigne la barre de jeux de lumières qui se trouve juste au-dessus de lui. Il a placé une chaîne sur une de ses caisses et remplacé un tom par une poubelle en plastique. Ses cymbales ont des kilomètres. Aussi, pour les renforcer, il fixe, de temps à autre, une seconde de plus petite taille, sur la plus grande. Lors des rappels, il va même accrocher un tambourin sous son pied droit. Enfin, beau gosse, Jesse Newman (NDR : il est roux également !) balise le groove de ses accès de basse. Mais chez cet ensemble, si les compos dérapent parfois dans la frénésie, leur technique n’est jamais prise en défaut.

 
 

Le combo va accorder deux rappels, et lors du second se fendre d’une superbe reprise du « Nimrod’s Song » des Pixies. Le public en veut encore, mais le groupe est cuit. Il est en fin de tournée européenne et David-Roger a d’ailleurs démantibulé sa batterie après le dernier morceau. N’empêche, on a vécu deux bons concerts, ce soir…

 
 

Organisation Aéronef.

 

U2

How to dismantle an atomic bomb

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Vous avez acheté le nouveau U2, en gobant tout ce que les médias vous ont raconté. Même qu’ils affirmaient que le quatuor irlandais avait retrouvé la pêche de ses débuts. Et de « Boy », en particulier. Faut dire qu’à l’écoute de « Vertigo », matraqué sur toutes les ondes, il était difficile de ne pas tomber dans le panneau. Vous regrettez déjà votre achat ? Fallait vous méfier et lire la presse indépendante. Bon, oui c’est vrai, Musiczine ne l’avait pas encore chroniqué. Mais, en général, lorsque nous passons au-dessus d’un album, c’est qu’il n’est pas incontournable. Maintenant, il faut quand même reconnaître que cet opus recèle quatre très bonnes chansons. Le single, bien sûr. L’excellent « Love and peace », composition novatrice, sur laquelle le tandem Eno/Lanois a été reconstitué pour la mise en forme. Le pétillant « All because of you » ; et puis le rafraîchissant et bringuebalant « Crumbs from your table ». Des morceaux sur lesquels la guitare de The Edge a retrouvé tout son tranchant. Et la collaboration de Steve Lillywhite à la production (« Boy », « October », « War », « Under a blood red sky »), n’y est pas étrangère. En outre, les lyrics sont toujours aussi puissants, lucides et humains (NDR : le père de Bono est décédé et il lui rend hommage à travers deux chansons). Bref, tous les ingrédients étaient réunis pour confectionner une petite bombe. Malheureusement démantelée par les 7 autres compos qui oscillent entre le banal et le prévisible en passant par le dispensable. 3,6/10.

U2

The best of 1990-2000

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Cette compile fait inévitablement suite au " Best of 1980-1990 ". Mais le principal intérêt de ce nouveau recueil procède de la présence, en édition limitée, d'un bonus CD réunissant des faces B de singles, remixées par des tas de DJs (NDR : dont Butch Vig pour " Dirty day "), ainsi que " Summer rain ", une chanson qui avait été écartée de leur dernier elpee, mais incluse sur le single " Beautiful day ". Sans quoi, ceux qui ne pourraient se procurer cette édition limitée, devront se contenter, sur le premier disque, de deux malheureux inédits. C'est à dire " Electrical storm ", paru en single ce 21 octobre, et " The hands that built America ", composition destinée à sonoriser la BO du prochain film de Scorcese, " The Gangs of New York ". Enfin, sur ce " Best of ", il est assez étonnant de ne pas y retrouver " Who's gonna ride you wild horses ", " Ultraviolet " ou encore la collaboration que le groupe avait opérée avec Johnny Cash pour " The wanderer ". Sans quoi, le reste y figure : " One ", " Stay ", " The fly ", " Beautiful day ", et bien d'autres…