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Miossec simplifie…

Miossec, le poète du Finistère, reprend la route avec "Simplifier", un album vibrant de sincérité et d’émotions brutes. Entre coups de cœur, coups de gueule et coups de blues, il continue de chanter la vie comme personne, avec cet amour immuable pour sa…

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Humanist

On the edge of a last and lonely world

Humanist, c’est le projet du multi-instrumentiste, auteur compositeur et producteur londonien, Rob Marshall. Cet ex-guitariste d’Exit Calm est également le coauteur d’un album de feu Mark Lanegan.

En 2020, il avait gravé un premier opus –un éponyme– pour lequel il avait reçu le concours de nombreux chanteurs, dont Dave Gahan (Depeche Mode), Mark Gardener (Ride) et Mark Lanegan…

Originaire de Teesside, Rob a grandi dans le nord-est de l'Angleterre, une terre de hauts fourneaux, d'estuaires pétrochimiques et de cieux brûlants.

Ce cœur brisé de la révolution industrielle vient de sortir son second long playing, « On the Edge of a Lost and Lonely World », et de nouveau, lors des sessions, il a bénéficié de la collaboration maints vocalistes dont Isobel Campbel, Ed Harcourt, Tim Smith (Midlake), Peter Hayes (Black Rebel Motorcycle Club) et son ami fidèle, Dave Gahan…

Sur cet elpee, Rob explore des thèmes existentiels tels que la vie, la mort, l’espoir, la souffrance et la rédemption.

Brumeuses, les sonorités de guitare glissent et scintillent, créant des textures subtiles et délicates à l’aide de mélodies atmosphériques, turbulentes, vulnérables ou introspectives...

Podcast # 46 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

InHuman

Si l’intensité permet aux émotions de s’exprimer, alors je pense que nous avons atteint notre objectif…

Après avoir pris soin, au cours des dernières années, de faire évoluer sa musique, son style et ses performances, Anwynn a décidé de changer de patronyme afin de devenir un groupe percutant, sombre et ambitieux. Et il a choisi celui de InHuman. En gravant des titres comme "Keratin", "Shrine" ou encore une version symphonique du "Now I Lay Thee Down" de Machine Head, une nouvelle orientation semblait aussi naturelle qu'inévitable. Eponyme, le premier elpee s’attaque à de nouveaux thèmes lyriques et embrasse une dimension orchestrale, tout en s’ancrant plus profondément dans le death metal. En revenir aux airs folkloriques antérieurs n’était plus tellement opportun. Inspiré par la condition humaine, depuis ses moments de splendeur absolue aux regrets les plus profonds, cet elpee constitue un nouveau départ et augure d’un un avenir passionnant…

Le long playing a été enregistré et mixé au Nomad Studio par Julien Huyssens et les voix au Vamacara Studio, en France. Lors de sessions, le band a également reçu le concours du Chœur de l'Université de Gand. Enfin, les orchestrations ont été réalisées par Eerik Maurage. C’est Astrid, la claviériste, qui a accepté de répondre aux questions de Musiczine…

Tant chez Anwynn qu’InHuman tu as marqué et marques encore, de ton empreinte, la musique de ces formations. Mais quelles sont tes sources d’inspiration majeures ?

C'est partiellement exact. Mais pour ce nouvel album, l’influence des autres membres du groupe a également été très importante. Mes sources d’inspiration sont multiples. Et puis j’écoute aussi bien des bands de métal progressif, comme Devin Townsend, que hard tel que Machine Head qui est l'un de mes groupes préférés. Mais j’aime également la pop comme celle de Beyoncé. La plupart des autres musiciens apprécient le métal symphonique mais dans des styles très différents. Eerik, qui s’est chargé de nos orchestrations, est plutôt influencé par Dimmu Borgir, mais perso, je préfère SepticFlesh…

Votre musique est sombre, à la limite macabre. Vous vous y complaisez ?

Tu penses que notre musique est sombre ? (rires) Si tu penses à la partie la plus émotionnelle de l'obscurité, j’admets. Mais elle peut se révéler joyeuse et inciter les gens à danser, à s’amuser et à faire bien d'autres choses. Elle libère énormément d’énergie et lors de nos concerts, de nombreux spectateurs sautent et chantent les refrains. Tout dépend de l'humeur du jour… ou de la personne. 

En fait, c’est surtout l’intensité sombre de votre musique que j'aime… Et puis, on se sent à l’aise au sein du côté obscur de la musique.

Oui, mais on peut la percevoir de différentes manières. Si l’intensité permet aux émotions de s’exprimer, alors je pense que nous avons atteint notre objectif… Je partage ton impression (rires). Elle est pertinente…  

InHuman, c’est quand même un peu une réincarnation d’Anwynn ?

Anwynn a entamé son aventure, il y a pas mal de temps. En 2010, on a vécu de nombreux changements de line up. Par conséquent, notre musique s’est également transformée. L’arrivée de nouveaux membres a inévitablement entraîné de nouvelles influences, et plus nécessairement issues du folk. Entre-temps, j'ai eu l'impression de vivre une époque complètement différente, et je suis aussi devenu une personne totalement différente. Donc ce concept 'InHuman' est fondamentalement distinct et prend une direction complètement différente de celle d'Anwynn. Les influences symphoniques y sont davantage marquées. Au fil du temps, je me suis rendu compte que non seulement nous avions changé de style, mais qu'il était également temps de changer de nom. C'est donc devenu un nouveau projet, avec un nouveau nom et un nouveau line up.

Mais pourquoi Inhuman ? Y a-t-il une vision derrière ce choix ? Et que reste-t-il des références folk ?

Nous nous sommes éloignés du folk metal et des paroles celtiques. Et même si on en retrouve parmi nos nombreuses influences, ce n'est plus du tout sous cet angle que nous allons aborder notre musique, maintenant. Nous étions libres de faire ce que nous voulions de la musique et des paroles. En fait, c'est plutôt psychologique et émotionnel. C'est donc une métaphore de l'évolution que nous vivons. Le tout a commencé sur ce que c'est d'être humain, et ce que c'est d'aimer l'humain. Et c'est précisément ce que nous voulions tous dire dans "InHuman" ; il dit ce qu'il veut dire…

Quelles sont les réactions, en général, face à ce changement de direction ?

Nous n'avons pu nous produire que trois fois sous le nouveau nom. C'était très amusant et les réactions étaient plutôt bonnes. Malgré la transformation, les fans étaient toujours aussi enthousiastes, à cause de la bonne dynamique et puis grâce à Kelly Thaans qui a pris le relais au chant aux côtés d'Eline.

Comme tu bosses dans la sphère de la psychiatrie, tu dois certainement être confrontée au comportement des gens ? Cette situation constitue-t-elle une source d’inspiration pour la composition, les textes et a-t-elle influé sur le patronyme de la formation ? Es-tu également inspirée par le cours de la vie quotidienne ?  

Oui, sans aucun doute. Tout en pensant à la santé de mes patients, je me soucie de ce qu'ils ressentent. Et c'est, en grande partie, ce qu’on retrouve dans les paroles et la musique.

Qu’est-ce que vous attendez du nouvel elpee ? Quels sont vos projets et vos ambitions à court et à moyen terme ? Et caressez-vous un objectif ultime pour le groupe ?

Vu la crise que nous traversons, il est difficile de répondre à cette question. Parce que pour l’instant, on ne sait pas de quoi demain sera fait. J'essaie de ne pas y penser. Pour ne pas me projeter dans le futur. Des dates de concerts sont prévues en mai, j’espère simplement qu’on pourra nous y produire. En live ou en streaming ? Personne ne le sait. Donc, pas la peine de faire des projets, vu la période que nous vivons… Nous en avons certainement, mais je ne sais pas comment nous allons pouvoir les réaliser. Nous voulons cependant continuer à faire de la musique… Et en matière d’objectif, il se résume à un processus évolutif sans fin. Si vous en avez atteint un premier, vous voulez en atteindre un autre. Et ainsi de suite. L’ambition, c’est de poursuivre dans cette voie et de persévérer dans ce processus.

Alors, où te vois-tu (et vois-tu le groupe) dans 10 ans ?

Personnellement, je me vois dans un tas de genres musicaux différents, dans des styles différents. Métal ou pas métal. Pour InHuman, j'espère que nous pourrons toujours faire de la musique avec le groupe, et enregistrer de la musique. Et, comme je l'ai dit, que le processus dans lequel nous sommes engagés continue. Dans le style au sein duquel nous travaillons maintenant.

Malheureusement, je crains que vous ne puissiez jouer devant du public. Sauf en streaming, concerts auxquels j’assiste pour l’instant, parce qu’il n’y a pas d’autre alternative. Vous y êtes-vous préparés ? Que pensez-vous de ce concept ? Ce n’est pas la même chose, mais bon, il faudra peut-être y consentir…

Comme tu le dis, ce n'est pas du tout la même chose. Notre musique est très cinématographique et vous ne pouvez la ressentir que lorsqu’on la joue sur scène face à la foule. Pas devant un écran ou autre système similaire. Bien sûr, il faudra bien s’en contenter, s’il n’y a pas d’autre solution, mais nous préférons nous produire devant des spectateurs en chair et en os… Maintenant, oui je le reconnais, c’est le seul moyen de mettre le groupe en vitrine…

Les conséquences de la pandémie que nous éprouvons encore exercent un impact énorme sur la population. Comment as-tu traversé cette période comme musicien (et être humain) ?

Certaines répercussions sont positives, d’autre négatives. J'ai dû m’accorder une pause au sein du groupe, mais cette interruption m’a permis de prendre le temps de me remettre à jouer du piano. Ce qui est finalement bénéfique, car je ne pouvais plus y consacrer beaucoup de temps auparavant…

Et cette époque que nous traversons vous a-t-elle inspirée pour composer les morceaux de votre nouvel LP ?

Non, parce que tout était déjà enregistré et mixé avant le lockdown…

Penses-tu que la musique et la culture (mais aussi d'autres secteurs touchés comme l'horeca) vont survivre à cette crise ?

C'est une question difficile. Je pense qu'elle va se réinventer. Dans le bon ou le mauvais sens, je ne sais pas. Mais elles se régénéreront tôt ou tard, car l’histoire est faite de changements. La musique elle-même doit se réinventer de toute façon, comme elle l'a toujours fait. Peut-être que cette crise pourrait permettre à l’industrie musicale de se remettre en question et de repartir sur de nouvelles bases. Qui sait ? Est-ce un bien ou un mal ? Je n’en sais rien ! La suite sera aussi peut-être moins favorable qu'avant. Mais je pense que nous survivrons à cette crise, simplement parce que, dans le passé, la musique est toujours parvenue à surmonter les épreuves…

Si vous vous produisez dans le cadre d’un streaming, faites-moi signe et je rédigerai un compte-rendu à ce sujet. En espérant qu’on puisse vous applaudir bientôt sur les planches. Même dans un environnement corona proof.

Human Song

Blue Spaces

Écrit par

Human Song c’est le projet de Jane Lake, une chanteuse/pianiste de nationalité française. Etablie à Strasbourg, elle est épaulée par le bassiste Matthew Corner, et lors des sessions d’enregistrement de cet elpee, elle a reçu le concours de quelques musiciens de studio, dont l’un ou l’autre drummer. Hormis sur le titre maître, pas de guitare, mais des machines pour élaborer une musique qui sous son profil le plus aventureux, est très susceptible d’évoquer Archive.

« Blue spaces » constitue son second long playing. Il fait suite à « The birth of seven crows », gravé en 2013, et un Ep baptisé « Live au centre de la terre », enregistré 70 mètres sous terre dans le gouffre de Poudrey (Doubs). Sur les onze plages de cet LP ne figure qu’un seul instrumental, le sauvage et expérimental « Hunter’s procession » ; mais si la voix de Jane est aussi éthérée qu’angélique, elle n’exprime que rarement des mots ou alors à travers des discours déclamatoires, incantatoires, un peu comme Anne Clark, privilégiant les envolées lyriques, mélancoliques et dramatiques qui finissent malheureusement par lasser. Et si « This is not a song for war » s’enfonce dans le doom après 7 minutes de long cheminement funèbre, on regrettera surtout ces interminables vocalises gothiques pour ne pas dire cisterciennes… Dommage !

Gary Numan

Le riff d’“Are Friends electric” est un accident...

Pionnier de la new-wave/synthpop, qui a sévi à la fin des années 70, Gary Numan a rencontré un succès phénoménal jusqu'au milieu des années '80. Après une traversée du désert, le Londonien est revenu dans le parcours, début du nouveau millénaire, en proposant une musique plus punchy, proche de Nine Inch Nails. En marge de son concert, il nous a accordé une interview, dans les locaux du Trix, à Anvers. L’occasion d’évoquer son nouvel album, ses influences, Trent Reznor, John Foxx et le riff principal d’« Are Friends Electric ? »...

Ton nouvel album, « Savage (Songs from a Broken World) », cartonne il me semble ?

Oui ! Quand il est sorti, il a atteint la seconde place dans les charts britanniques ; ce qui, pour moi, a été une énorme surprise. C'était la première fois que j'étais aussi haut sur les charts depuis... longtemps (rires). En fait depuis 1980.

Pourquoi n'a-t-il pas atteint la première place?

A cause des Foo Fighters...

Ça aurait pu être pire (rires)

Mais il restera un grand moment, un jalon très important dans ma carrière.

« Splinter », ton précédent long format, parlait d'un ‘esprit brisé’ et « Savage » d'un ‘monde brisé’. Existe-t-il un lien entre les deux thèmes ?

Pas vraiment. Quand j'ai réalisé « Splinter », je venais d’émerger d'une profonde dépression qui a duré trois ans. Je disposais donc de beaucoup de matière, suite à ce que je venais de vivre. C'était agréable d'être de retour et d'avoir quelque chose d'important à écrire. Pour « Savage », c'était différent. Pas de problème, tout allait bien, ma famille était heureuse, « Splinter » avait eu pas mal de succès, je venais de déménager en Amérique...

Dans un château... (rires)

Oui, un petit château. Donc, au début, j'ai eu du mal à exprimer une émotion forte. Donc, j'ai emprunté quelques idées à un livre que je rédige depuis longtemps. Il parle d'un monde futur dévasté par le réchauffement climatique. Et au moment où je commençais à me concentrer sur ce sujet, Donald Trump est arrivé au pouvoir et a commencé à propager toutes ces déclarations débiles. C'était comme si tout ce qui avait été fait de bien pendant un certain temps en termes de conscience allait être mis à mal à cause de cet homme puissant mais carrément stupide. Ce qui m'a donné envie d'en parler dans mes chansons. Quant au titre, « Savage (Songs from a Broken World) », il m'a été soufflé par une de mes filles, Persia...

Persia, c'est elle qui chante sur ton album?

Oui. Quand je lui ai raconté que « Savage » traitait d'un monde futur dévasté, elle a suggéré le titre « Songs from a Broken World » pour opérer le lien avec « Splinter ». Mais il n'y en a aucun entre le contenu et les paroles des deux disques... (rires)

Lors de différentes interviews, tu as avoué que musicalement, tes dernières productions étaient influencées par Nine Inch Nails. Y compris le dernier LP?

Cette fois-ci, pas tellement. Je pense que je me suis un peu lassé du style 'power electronic'.  Pour « Savage », j’ai emprunté un autre chemin.

Quelle est ta chanson préférée de Nine Inch Nails ?

Difficile de se prononcer, mais c’est probablement « Closer ». La liste est longue. « The Wretched » est aussi une de mes chansons favorites. « Head Like A Hole » a le meilleur refrain qui ait jamais été écrit.

Et ne penses-tu pas qu'il existe une chaîne d'inspiration entre toi et Trent Reznor ? Il a avoué avoir été influencé par toi et, plus tard, c’est l’inverse qui s’est produit.

J'aime beaucoup Trent. Surtout que nous sommes devenus voisins à L.A. Nous étions amis auparavant mais aujourd’hui, c'est encore plus facile, vu cette proximité. C'est principalement grâce aux enfants. Quand un de leurs enfants fête son anniversaire, Mariqueen et Trent organisent toujours une fête et nous invitent...

Ne penses-tu pas qu'il existe aussi une autre chaîne d'inspiration entre John Foxx et toi? Tu as déclaré à plusieurs reprises que John Foxx et Ultravox t'avaient influencé au début et tu as probablement influé à ton tour sur la musique de John Foxx, quand il a enregistré « Underpass », en solo.

Les influences vont bien au-delà de la musique. Les éléments musicaux que tu entends et qui t’imprègnent ne sont qu'une infime partie de tout ce qui t’influence comme artiste. Ca peut être un livre, une émission de télévision, une photo, une conversation. Ce sont des étincelles et elles enflamment ta propre imagination. Parfois, il est difficile de dire d'où l'inspiration vient. Dans ce milieu, tout le monde connaît ce phénomène. Trent également, et je suis sûr que John Foxx aussi. Nous sommes comme des éponges. Nous absorbons tout ce qui nous entoure en permanence.

C'est comme si tu digérais des informations afin de produire quelque chose de nouveau?

Oui. Trent, j'en suis sûr, est toujours attentif à ce qu'il entend ou plus généralement, à ce qu'il perçoit du monde extérieur. Il emmagasine une énorme quantité d'informations créatives et il les traite pour en restituer quelque chose de personnel. Parfois, tu entends un air que tu apprécies, puis tu l'oublies et un an plus tard, il réapparaît dans ton travail et tu imagines que c'est ta propre idée. C'est effrayant. Il y a longtemps, j’avais composé une chanson que j’aimais beaucoup. Puis ma femme est entrée dans le studio et s’est exclamée : 'C'est Siouxsie et les Banshees! ' Sans le savoir, j'étais occupé de réécrire une composition de Siouxsie! (rires)

C'est ce qui rend les cas de plagiat si compliqués.

J'ai eu un cas de plagiat très tôt dans ma carrière, en 1978 ou 1979. Ma maison d'édition a remarqué qu'un artiste m'avait copié. Mais l'autre partie a fait des recherches. Des experts ont retracé le parcours de la musique, ma musique, jusqu'au 14ème siècle, pour remonter jusqu’à celle que les moines avaient l'habitude de chanter (rires) ! Donc, on pense être l’auteur de compos originales, mais en fait ce n'est pas le cas.

Sans oublier que toutes les idées flottent au-dessus de nos têtes...

Ma théorie est que quand on est enfant, on apprend la musique, les accords, les mélodies, etc. en les écoutant, donc quand, plus tard, on commence à écrire ses propres chansons, on ne peut honnêtement affirmer qu’elles soient originales. On a été influencé depuis sa naissance. L'originalité est un mensonge, vraiment. C'est toujours une variation de ce qu’on a déjà entendu, à laquelle on a ajouté sa touche personnelle.

Si on prend comme exemple « Are Friends Electric ? », te souviens-tu du moment où tu l'as composée et comment l'étincelle s’est produite ?

Je me rappelle que je bossais sur deux morceaux en même temps. Mais je ne parvenais pas à les finaliser. Un jour, après avoir attaqué cla première, je me suis senti frustré de ne pas pouvoir la parachever et je suis passé directement à la scocnde  et je me suis rendu compte qu’elles pouvaient être complémentaires, moyennant quelques adaptations. Plus tard, alors que j’exécutais la partie instrumentale, je me suis trompé. Deux notes de la mélodie sonnaient plus fort que le reste. J'ai trouvé que le résultat est bien meilleur comme ça. Donc, en fait, ce riff a été élaboré par accident, parce que je joue très mal... (rires)

Et tu as puisé une inspiration pour les paroles dans le roman de Philip K. Dick, « Do Androids Dream of Electric Sheep ? » de Philip K. Dick…

Partiellement dans le livre de Philip K. Dick et en partie dans une série d'histoires de science-fiction que j'étais en train d'écrire. Et le nom de mon groupe, Tubeway Army, a été choisi en référence à un gang de Londres, qui agressait les usagers dans le métro. Mon livre parle du futur de notre civilisation. Le gouvernement a donné le pouvoir à un énorme ordinateur pour tout gérer. La machine se rend compte que ce qui rend la civilisation ‘non civilisée’, c'est l'espèce humaine. Alors, l'ordinateur commence à se débarrasser des individus, de manière sournoise, subrepticement. Des tests sont organisés pour évaluer leur intelligence et ceux qui échouent sont prétendument envoyés dans un centre de formation, mais ne reviennent jamais. Ensuite, certaines personnes réalisent ce qui se passe et vont se cacher dans un 'underground'. C'est une belle histoire mais je ne l'ai jamais achevée. Aussi, je l'ai transformée en album et je suis devenu célèbre... (rires).

Quand on regarde les expériences en cours opérées dans le domaine de l'intelligence artificielle, ça se passe parfois comme dans ton histoire : les I.A. annoncent vouloir se débarrasser de l'humanité...

Oui ... Nous sommes le problème, nous sommes le virus... (rires)

J'ai toujours pensé que si l'humanité était à 100% originaire de la terre, elle ne détruirait pas sa propre planète...

Oui, nous sommes comme des organismes étrangers, extra-terrestres...

Si tu devais choisir ta chanson préférée dans ta discographie des années 1979-1985, que choisirais-tu?

A l’exception des hits, les deux morceaux que je joue encore aujourd'hui, « Down In The Park » et « Metal ».

« Down in The Park » a souvent été repris.

Oui, entre autres, par Marilyn Manson. Les Foo Fighters aussi. Ils sont partout! (rires)

Et ta chanson préférée la plus récente ?

« Prayer for the Unborn », une plage de l’album « Pure ». Notre couple a perdu un bébé ; cette chanson a donc une signification particulière... Et sur « Savage », je choisirais « Ghost Nation »...

Pour commander « Savage (Songs from a Broken World) », c’est ici.

Photo par Phil Blackmarquis

Gary Numan

Savage (Songs from a broken world)

Écrit par

« Savage » constitue le 21ème opus de Gary Numan en 40 ans de carrière, une sorte de concept album qui s’inspire de la décision de Donald Trump de se retirer de l’accord climatique de Paris. Une œuvre au cours de laquelle, Numan imagine un monde post apocalyptique, consécutif au réchauffement de la planète. Il narre donc ces dangers comme une fiction dystopienne. Faut dire qu’au fil du temps, les disques du Londonien sont devenus de plus en plus sombres et menaçants.

Les 10 plages de cet LP tiennent parfaitement la route. S’ouvrant par le lugubre « Ghost nation » et s’achevant par l’épique « Broken », il puise ses sources à la fois dans l’électro, la pop et l’indus. Que ce soit le funk futuriste « My name is ruin », l’atmosphérique « An it all began with you », le goth disco « When the world comes apart », le minimaliste (IAMX ?) « Mercy », le majestueux « What god intended » ou le martial « Pray for the pain you serve ». Régulièrement, les synthés se teintent de sonorités arabisantes ; et des choeurs célestes, féminins viennent parfois soutenir l’ensemble. Quant à la voix de Gary, elle n’a jamais été aussi proche de celle de Dave Gahan (Depeche Mode).

 

Gary Numan

Un Numan toujours aussi ‘electric’!

Dorian Gray, le personnage d'Oscar Wilde, restait éternellement jeune car c'est son portrait, caché dans son grenier, qui vieillissait à sa place. En observant Gary Numan, sur le podium du Depot à Louvain, on le comparerait volontiers à Dorian Gray. A 55 ans, il est fringant comme un jeune homme! Après avoir traversé une période noire, suite à une dépression, il est de retour, plus ‘électrique’ que jamais!

Rappelons à toutes fins utiles que Numan était un des pionniers de la musique new-wave électronique, entre 1979 et 1985. En s'inspirant largement de Kraftwerk ("Man Machine"), David Bowie ("Low") et surtout de l'Ultravox période John Foxx ("Systems of Romance"), il a créé un style musical nouveau basé sur l'utilisation massive de synthés. Un style libérant une énergie postpunk et reflétant une imagerie dystopique, développée autour de son personnage humanoïde. Le tube "Are Friends Electric" et l'elpee "Replicas", publiés sous le patronyme de Tubeway Army, ont rencontré un succès immédiat en 1979 et ont été suivis par deux albums solos considérés comme de purs chefs-d'œuvre : "The Pleasure Principle" et "Telekon". Sa carrière a ensuite connu des hauts et des bas ; surtout des bas, jusqu'à ce que des ‘maîtres’ tels Dave Grohl, Trent Reznor, Prince ou Jack White décident de remettre Numan au goût du jour, début des années 2000, en soulignant son influence majeure sur la musique moderne. Influencé à son tour par ses ‘disciples’, surtout par Trent Reznor, qui est aujourd'hui son ami et voisin à Los Angeles, Numan a ensuite évolué vers une ‘power pop’ aux accents industriels, voire même metal.

C'est la dualité entre ces deux périodes qui constitue la trame majeure des shows de Numan. Au Depot, pour son 9ème concert en Belgique, il va alterner les hits incontournables de sa première période, comme "Cars", "Films" ou "I Die: You Die" ainsi que des plages de son tout dernier opus, "Splinter", dont il puisera non moins de neuf chansons, et quelques pistes extraites de "Pure" et "Dead Son Rising". Sur les planches, il est accompagné par un groupe complet, constitué d'un batteur, un guitariste, un bassiste et un claviériste. Les anciennes compos bénéficient de versions plus 'punchy', comme, par exemple, "Cars" et "Metal", qui sont jouées à la façon Nine Inch Nails, légèrement plus rapides et rehaussées par des guitares cinglantes.

Justement, les références à Nine Inch Nails sont encore plus marquantes dans les titres plus récents de Numan. L'intro de "I Am Dust" rappelle clairement les sons indus du combo américain période année 90. "We're The Unforgiven" évoque quant à lui "Help Me, I'm In Hell" dans les lignes de guitare. Les morceaux plus calmes, comme "The Calling", rappellent le côté ‘ambient’ de Trent Reznor, caractérisé par des mélodies simples au piano et par des vocaux murmurés plus que chantés. Par moments, l'illusion est frappante et on constate avec amusement que Numan s'inspire de Reznor qui, lui-même, s'inspirait de Numan... La boucle est bouclée.

L'attitude de Gary Numan sur les planches est loin d’être celle d'un humanoïde froid. Il se livre à fond, et ses prestations vocales sont irréprochables. Sur certaines compositions, surtout issues du dernier elpee, la formation utilise une bande-son, sur laquelle les musiciens jouent en direct. Qu'on apprécie ou pas ce procédé, il permet de reproduire les arrangements très complexes, les bruitages, les sons triturés voire même les voix féminines (dans "Splinter"). Les anciennes compos sont, quant à elles, exécutées à 100% en 'live'. Parmi les plus récentes, on relève également certaines qui baignent un peu trop, mon humble avis, dans le metal. "Here In The Black" évoque même la lourdeur symphonique de Within Temptation et "When the Sky Bleeds, He Will Come" lorgne généreusement du côté de Rammstein. Mais c'est évidemment une question de goût.

Extraite de "Splinter", "Lost" est une ballade touchante, empreinte d’une grande sensibilité. Numan a déclaré qu’elle avait en quelque sorte sauvé son couple au moment où lui et sa femme Gemma souffraient de dépression. Après un "Love Hurt Bleed" chalereusement applaudi, Numan clôture son set par le très beau "A Prayer for the Unborn", également une chanson qui traite de sa vie de couple et la difficulté d'avoir des enfants. Pendant le rappel, la formation va exécuter une version très énergique de "I Die: You Die" ; et le public, resté dans l'ensemble assez calme, semble enfin se lâcher. Vient enfin le moment tant attendu: "Are Friends Electric", dont Numan fournit une version retravaillée, tout en contrastes et en nuances. Superbe! Regardez la vidéo de ce très beau moment ici. L'artiste prend congé en offrant un dernier titre particulièrement paisible, "My Last Day"...

On l'a compris, on a eu droit à un concert à deux vitesses. De superbes moments sur les anciens titres et un enthousiasme plus retenu sur les plus récents. Ces derniers sont en effet beaucoup plus formatés, plus prévisibles alors que les "Cars", "Down In The Park" et autres "Are Friends Electric" apparaissent comme des fulgurances de génie ; dans ces anciennes compos, Numan transcende les cadres pré-établis (il n'y a pas de structure couplets/refrain) et apporte cette caractéristique unique qui est l'hyper-mélodicité (chaque intervention instrumentale est un 'riff', une ligne mélodique reconnaissable). Dommage que Numan refuse de revenir à la musique de sa période la plus féconde, alors qu'une nouvelle scène très vivace (la 'minimal wave') s'emploie aujourd'hui à donner une nouvelle existence à celle des années '80.

Déplorons aussi le management de l'artiste, qui n'autorise que très peu d'interviews pour les journalistes avant le show, préférant organiser des ‘VIP meet & greets’ à 100 € pour les fans les plus aisés. Enfin, il n'y avait pas de première partie ; c'est dommage car ces 'supporting acts' sont des occasions uniques pour les artistes locaux de se faire connaître. Ainsi, on aurait aimé, par exemple, voir ou revoir les excellents Bruxellois d'ORGANIC sur l’estrade ! Mais ne boudons pas notre plaisir : vivre un concert de Gary Numan dans une forme 'olympique' a été du pur bonheur. La prestation était excellente. Le son était parfait, les lumières irréprochables et l'expérience, dans son ensemble, 'électrisante'!

(Organisation : Het Depot, Louvain)

Setlist :

Resurrection
I Am Dust
Metal
Everything Comes Down to This
Films
Here in the Black
The Fall
The Calling
Down in the Park
Lost
Cars
Pure
Splinter
When the Sky Bleeds, He Will Come
Love Hurt Bleed
A Prayer for the Unborn

Encore:

I Die: You Die
Are 'Friends' Electric?

My Last Day

(Voir aussi notre section photos ici)

 

 

Human Song

The birth of seven crows

Écrit par

Human Song nous vient de Strasbourg. Un trio drivé par la chanteuse Jane Lake. Elle constitue même la pièce maîtresse du projet. Une chanson lui est même consacrée !

Lorsqu’un édifice repose sur une pièce bancale, il y a un gros risque : c’est que le tout s’effondre. Et comme de juste, dès les premières notes de l’elpee, la structure commence à vaciller…

En fait, la formation alsacienne tente de couvrir son expression sonore d’accents ‘dark’ voire ‘gothique’. Mais il y manque les décibels. Et puis l’ensemble paraît complètement daté. Pire encore, sur « A », un solo de gratte dégoulinant finit par nous communiquer la nausée. Heureusement, les plages balisées par le piano sont bien plus digestes. Quant au chant de la demoiselle, que l’on aime ou pas, il faut avouer qu’elle possède un bel organe. Ses envolées lyriques montent, descendent et sont très susceptibles d’impressionner. En outre, elle maîtrise parfaitement son sujet. Néanmoins, on est rapidement gavé de ses vocalises. Qui finissent même par nous taper sur les nerfs. La seule bonne nouvelle ? C’est lorsque s’achève la dernière piste du long playing… 

 

Human Project

Human Project (Ep)

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Le collectif lillois Human Project se déploie sur plusieurs fronts entre écrits, œuvres graphiques et créations musicales. Ce projet citoyen centré sur l’‘Homme’ livre un premier Ep. Quatre titres opérant une fusion entre rock, ska (« Un Air 2 Vies ») et hip-hop, nappé d’une grosse louche de funk (« Ne Faire qu’un ») et épicé d’un chouia de valse (« Quand je sens le vent »). Imaginez Tryo repris par PPZ30 et vous aurez une bonne idée de leur style musical. La maîtrise est indéniable. Pas étonnant, puisque les membres du groupe sont issus de groupes comme l’Orchestre du Vetex ou Don Tomasino. Les paroles très premier degré et ‘humanistes’ peuvent se révéler dérangeantes (NDR : à l’instar de la formule ‘se comprendre soi-même pour mieux comprendre le monde’). Toutefois, les prestations scéniques du collectif devraient convaincre les plus sceptiques. Difficile toutefois pour votre serviteur, à travers ce quatre titres, d’adhérer au ‘Projet’ ; aussi comme la mascotte du groupe, ‘Humain Potentiel’, possède son profil Facebook, je vous invite à vous y connecter, pour faire plus ample connaissance…

 

Human Don’t Be Angry

Human Don’t Be Angry

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Derrière le masque de Human Don’t Be Angry se cache Malcolm Middleton, ex-Arab Strap. Après avoir publié cinq LP en solitaire, l’Ecossais suit les traces de son ancien camarade de route Aidan Moffat et change de cap sur ce projet principalement instrumental. Au menu, guitares et boîtes à rythmes. Middleton ne pousse la chansonnette qu’à trois reprises. Chiffre qu’il aurait dû ramener au néant tant les morceaux entièrement instrumentaux sont les plus étincelants de la galette. Etincelants mais pas trop, l’univers grisâtre du bonhomme enveloppant encore et toujours ses compositions.

Ecrits en à peine quatre semaines, les neufs morceaux qui composent ce premier LP éponyme n’ont rien de tout à fait original mais le projet prend son sens sur quelques-uns d’entre eux comme « After The Pleasuredome » et « 1985 », deux savoureuses mélopées flirtant de très près avec le Post-rock.  En publiant « Human Don’t be Angry », Middleton n’est pas encore arrivé au pays de Candy mais y travaille, comme le souligne la dernière plage du disque, « Getting Better (At Feeling Like Shit) ». Une jolie étape supplémentaire dans la carrière du Scottish.

Malcolm Middleton présentera son nouveau projet à la Rotonde du Botanique le 16 septembre.

 

Gary Numan

Dead son rising

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Pour le mélomane lambda, Gary Numan se résume à « Are 'Friends' Electric? » et « Cars », deux titres qui l’avaient rendu célèbre, lors de son aventure Tubeway Army d’abord, puis dès sa première expérience en solo. Nous étions alors à la fin des années 70. Et il va devenir une référence incontournable dans le domaine de l’indus, influençant tant Marilyn Mansun que Nine Inch Nails. Si on ne va plus beaucoup entendre parler de lui, ce n’est pas faute d’essayer, puisque ce « Dead son rising » constitue déjà son 21ème album. Et il faut reconnaître qu’ils sont quasi tous passé inaperçus. Faut dire que l’artiste souffre d’une forme d’autisme et qu’en outre, de précurseur, il est passé au stade de disciple. De qui ? Ben de Trent Treznor, celui qui le considérait à l’origine comme maître.

« Dead son rising » est un opus qui réunit des démos issues des sessions d’enregistrement de « Pure » (2000) et « Jagged » (2006). Ce dernier elpee avait été mis en forme par Ade Fenton, à l’époque, devenant par la même occasion son proche collaborateur. Et c’est à nouveau le cas pour ce « Dead son rising », auquel il participe activement, comme ce le sera encore lors de la sortie du prochain long playing de Numan, « Splinter ».

« Dead son rising » est partagé entre titres atmosphériques, introspectifs, monochromes, parfois instrumentaux (le plus souvent semi-acoustiques) et compos dont la rage froide et électrique est alimentée par des riffs de guitare ténébreux, des claviers métalliques et des programmations distordues, mais aussi hantée par la voix fragile de Gary (« Big noise transmission », « Dead sun rising », « When the sky bleeds, he will come », « For the rest of my life »). Un opus plutôt bien torché, mais pas révolutionnaire…

 

The Human League

Credo

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Mars 2011. Bloc opératoire.

Patient: The Human League.

Pathologie: vieillissement annoncé et mort prématurée.

Objectif: résurrection, seconde du nom.

Diagnostic: enclin au plus grand pessimisme.

Premiers signes alarmants: pouls faible, activité cardiaque proche du néant.

Les fonctions vitales fonctionnent au ralenti. La poitrine se soulève et expulse un premier souffle, timide. Le scanner ne s'emballe pas et émet un bip régulier qui au final, se termine par une longue et triste complainte continue.

Les lumières du bloc s'éteignent. C'est fini...

Du riche passé du groupe de Sheffield, ne reste que les souvenirs.

« Credo » est un titre audacieux pour un retour sous les feux de la rampe, tout comme le « History of modern » d'Orchestral Manœuvre in the Dark » l'était. Le résultat est sensiblement pareil, soit un constat amer: ces groupes majeurs d'hier n'ont plus rien à dire aujourd'hui.

Moins indigeste que le OMD, mais bien moins pertinent que le dernier Duran Duran, ce come-back singe maladroitement le Human League des eighties ; mais on est bien loin de toute « Dignity of labour ». Le fard dégouline sur la peau ridée et laisse apparaître une croûte désespérément sèche de toute inspiration. « Don't you want me » ?

Non, merci, plus à présent.

 

Toumani Diabaté

The Mandé Variations

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Il est de ces rares disques qui suscitent une adhésion sans faille. « The Mandé Variations », du génie malien Toumani Diabaté, mérite de plein droit l’accession à ce club très restreint. Le nouveau disque du maître de la kora délaisse l’exubérance du Symmetric Orchestra et se concentre sur l’intériorité et la méditation. Huit très longues plages semi-improvisées où la kora de l’homme emplit magnifiquement l’espace ; des notes très basses aux aiguës cristallines, l’instrument légendaire de l’empire mandingue produit des sonorités étonnantes qui l’apparentent à un orchestre symphonique. On passe de la pure mélodie de « Elyne Road » (nouvelle version de « Djarabi ») à des improvisations (« Si Naani ») qui rappellent la musique classique mais aussi le jazz de Yusuf Lateef et John Coltrane, les bouffées d’angoisse en moins. Le très beau « Ali Farka Toure » rend hommage à son compère guitariste décédé l’an passé. Rappelons que les deux Maliens avaient déjà touché les étoiles sur « In The Heart Of The Moon », pur moment de grâce atteint il y a quelques années. « The mandé Variations » en est la suite spirituelle et on n’hésitera pas à la qualifier de chef-d’œuvre.

Uman

L’aventure c’est l’aventure

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Vétéran bruxellois de l’underground hip hop et ragga, Uman sort un premier album solo. Un disque qui couronne et résume bien les multiples activités du bonhomme. Collaborateur régulier chez les excellents De Puta Madre, animateur (radio et soirées) du soundsystem Bass Culture, Uman n’a pas chômé au cours de ces quinze dernières années.

« L’aventure c’est l’aventure » met fin à un silence de quelques années, car depuis le mini album « La Chaîne Alimentaire » en 2003, on avait plus trop de nouvelles discographiques de l’homme, mis à part quelques 45 tours et l’album mixtape « Umanizm ». Uman s’est éloigné des fureurs ragga qui étaient sa marque de fabrique pour accoucher de cet opus plus mélancolique et réfléchi. Réalisé en compagnie du jeune producteur Simon Lesaint, Bai Kamara et Peter Soldan, « L’aventure c’est l’aventure » reste tout de même dans les tons jamaïcains (excepté l’incursion congolaise et énergique de « Comme On A Dit »). Le reggae roots domine, embelli de belles touches acoustiques (mélodica, accordéon, guitare sèche) et d’un soin particulier accordé aux mélodies. Un disque sincère qui contient son lot de franches réussites (« En Avant Toute », « On A Le Temps », « Ma Gueule ») et, malgré une relative uniformité, s’écoute avec plaisir.

Subhumans

Internal riot

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Lorsqu’on parle de mouvement punk, les puristes parlent de Clash, Crass ou encore Sham 69. Les plus jeunes se réfèrent davantage à Green Day, Offspring ou plus récemment Beatsteaks. Subhumans appartient indéniablement à la première catégorie. Leur premier album, « The day that country died », remonte d’ailleurs à 1983. Et puis leurs cinq elpees sont parus sur leur propre label, Bluurg. Un signe distinctif de cette époque. Et comme beaucoup de groupes issus de cette scène, leur carrière a été prolifique mais brève. Elle s’est ainsi concentrée entre 83 et 86. Avant un premier come-back en 98, ponctué par l’album « Unfinished Business ». Sans oublier les deux ‘live’ parus en 2003 et en 2004. Histoire de garder la flamme allumée. Tout d’abord un audio : « Live in a dive » (Sick of it all avait également choisi un même titre pour un de ses albums) et puis un Dvd : « All gone live ». Bref, il y a presque dix ans que la bande de Wiltshire (UK) n’avait plus rien sorti. Et la parution de cet « Internal riot » a donc suscité ma curiosité.

Autant l’écrire tout de suite, ce come-back est plutôt réussi. La voix du leader Dick est toujours aussi punk/crade et encore plus usée par le poids des années. Les morceaux s’enchaînent bon train. A leur écoute on se met à agiter les avant-bras et les genoux ; et l’auditeur averti se sent prêt à rentrer dans un pogo rituel. Heureusement les morceaux tournent souvent autour des traditionnels 2 minutes 30, sans quoi, on aurait vite fait de défoncer les murs. Et les Subhumans ont ce petit plus qui évite de tomber dans la lassitude ‘ramonesque’. Ainsi ils parviennent à briser ce timing sur « Never-ending war song », une plage de plus de 9 minutes. Sur « Won’t ask you again », la basse et les solos de guitare nous entraînent dans un rock plus garage. « Too fat, too thin » dérive vers un ska/reggae pas désagréable ni stéréotypé. Tout au long des 13 titres, la dominante reste anarcho-punk et on ne peut s’empêcher de penser à Crass ou encore à Conflict. Encore que certains morceaux concèdent quelques traces qui vont au-delà des 80’s et de la période 77-79. Une petite pointe de dérision dans le chant n’est ainsi d’ailleurs pas sans rappeler Frank Zappa.

Les textes évoluent parfaitement dans l’esprit du style. A l’instar du titre d’ouverture « This year’s war ». Jugez plutôt : ‘The people in breadlines are still paying for the landmines. Are being cursed for nothing worse than living on the pipelines’. Même si vous n’êtes pas un accro du genre punk, je vous recommande cet « Internal riot », car les véritables références intègres en la matière deviennent plutôt rares… A acheter les yeux fermés !

Toumani Diabaté

Boulevard de l’Indépendance

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Après avoir concocté le fantastique « In the Heart of the Moon » en compagnie du défunt Ali Farka Touré, le roi de la kora s’est fendu d’un projet plus personnel et ambitieux. Enregistré en une nuit ( !), ce « Boulevard » convie un ensemble de cordes et de cuivres, ainsi que des chanteurs pour une œuvre qui hésite entre gouaille (« Toumani », « Ya Fama ») et contemplation, à l’instar du superbe titre maître. La kora de Diabaté est ici un instrument parmi d’autres. Point de démonstration de virtuosité sur cet opus ; tout le monde se mettant au service de la chanson. Habitué des collaborations prestigieuses (Roswell Rudd, Taj Mahal), le Malien se fait donc plaisir et explore différents styles musicaux sur 9 longues plages. « Ya Fama » évolue entre le funk et Mory Kante. « Mali Sadio » et le très beau « Tapha Niang » marient la tradition à une section de cordes très ‘cinématographique’, tandis que le dansant « Salsa », caractérisé par ses cuivres bondissants, fait référence à l’Amérique Latine. L’œuvre s’achève par « Single », une envolée funky qui mériterait bien quelques passages radio…

Ali Farka Toure & Toumani Diabate

In The Heart Of The Moon

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On ne présente plus Ali Farka Touré, maire de la ville de Niafunké au Mali et surtout guitariste magnifique. Il s’est associé à une autre pointure de la musique malienne, le joueur de kora Toumani Diabaté. Ensemble ils revisitent des traditionnels maliens et composent quelques nouveaux morceaux où l’improvisation se taille la part du lion. Un album instrumental tout simplement lumineux et émouvant qui s’écoute comme on boirait de l’eau fraîche et pure dans le désert du Sahara, à 12h30. Chaque chanson est une gorgée d’eau qui nous ramène un peu plus à la vie, nous fait voir les choses sous un meilleur jour. La production de Nick Gold est exemplaire de sobriété et les rares instruments qui viennent quelquefois soutenir les deux maîtres ne sont jamais décoratifs. Quand on pense que le disque a été enregistré en trois sessions de seulement deux heures… Que dire de plus ? Que « Heart of the Moon » recèle les plus belles choses entendues cette année et que ce serait une grave erreur de passer à côté… Go and check it out baby !

Humane

Welcome to this Wonderland

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Jusqu’il y a peu, Kim Herold était un des mannequins en vogue qui encombraient les revues de mode et le coeur (!) des jeunes filles. Puis le beau Finlandais en a eu ras le bol de la superficialité du milieu (ah oui?) Il s’en est retourné à Helsinki une guitare sous le bras, retrouver des potes musiciens, jammer, partager ses idées sur la vie et de l’amour. Une belle histoire. Malheureusement, Kim ne s’est pas contenté de son nouvel anonymat (tu m’étonnes!) Juste le temps de composer une dizaine de chansons, de former ce groupe Humane et de signer un deal avec une major et en un clin d’oeil, sa jolie frimousse se retrouvait sur la pochette d’un cd ! Des pop songs inoffensives où Kim traîne une voix nasillarde, à mi-chemin entre Jack Johnson (la décontraction en moins) et Ben Harper (la qualité mélodique en moins). Heureusement vite oublié une fois écouté. De la variémoche.

Trumans Water

The singles 1992-1997

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Cd bourré jusqu'à la gueule que voici... Pour les curieux exhaustifs, http://www.geocities.com/cdmunter/truman/trumansdisco.html#ourscars et vous voilà face à la discographie complète de Trumans Water. Et là, prenez la peine de consacrer une heure pour tout passer en revue. Un rapide calcul, et ce n'est pas moins de 25 références d'albums, de 7", d'eps et je ne compte pas les titres perdus ça et là sur d'obscures compiles. Autrement dit, Trumans Water ne chôme pas depuis 1992.... Hé oui, tout ça en un peu plus de 10 ans. C'est pas le rythme d'un Polnareff, hein !… Pour ceux qui ne connaîtraient pas le groupe, petit historique : formé en 1991 à San Diego (de La Véga...), Trumans Water aurait pu devenir un égal de Pavement si leur musique avait été un brin plus poppy. Mais voilà, en présence de 2 guitares, le son et les mélodies tombent dans une noise métallique et syncopée, collant plus particulièrement à l'underground qu'aux spotlights des tropiques. Le train "grungy" du début des années 90' les cantonne à l'estime des fanzines et autres mélomanes des réseaux alternatifs. Enchaînant tournées sur tournées, aux côtés de Jesus Lizard, Beck, Babes In Toyland, Polvo ou Guided By Voices, le groupe délivre à chaque fois sur scène une énergie et une intensité incomparables. Ca saute à en toucher le plafond, ça bouge dans tous les sens. Un set visuellement ininterrompu, musicalement épuisant. La grande lessive. Aujourd'hui, le groupe a quasiment disparu de l'actualité et voici venu le temps des rires et des... non, des compiles rétrospectives. Force est de constater que le groupe ne ‘sonne’ plus du tout dans l'air du temps. Et alors ?

 

 

The Human League

Secrets

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Le dernier album de Human league remonte déjà 1995. Intitulé " Octopus ", cet elpee de bonne facture était pourtant passé totalement inaperçu. Faut dire que depuis 1984, et nonobstant l'apparition d'une guitare électrique, la formation de Sheffield n'est plus jamais parvenue à épingler le moindre hit. Une performance qu'elle avait pourtant réalisée au cours de la première moitié des eighties, en utilisant exclusivement des sonorités obtenues par des synthétiseurs, à travers des tubes tels que " Love action ", " Don't you want me ", " Mirror man " " (Keep feeling) Fascination " ou encore " The lebanon ". Une période faste qui a ouvert la voie au succès des Soft Cell, Depeche Mode et consorts. Pourtant, la période la plus intéressante du combo se situe entre 77 et 80. Lorsque influencé par Kraftwerk et Cabaret Voltaire, il naviguait en plein avant-garde du courant industriel. Du line up initial, il ne reste d'ailleurs plus que le seul Phillip Oakey. Bref, venons-en à ce " Secrets ". Dont la pop synthétique semble avoir retrouvé des couleurs. Et des titres aussi contagieux, sophistiqués et dansants que " All I ever wanted ", " Love me madly " ou " Sin city " pourrait finalement bien retrouver les charts. Sans quoi, si à l'écoute de ce disque, on ne criera pas au génie ; les fragments qui le compose ont au moins le mérite d'être très agréable à écouter ; et puis rappelleront certainement d'excellents souvenirs à toute une génération aujourd'hui composée de presque ou à peine quadragénaires…

 

Livehuman

Elefish Jellyphant

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La tendance s'était marquée à la sortie de la compilation célébrant l'anniversaire de Matador : le label s'est ouvert à de nouvelles perspectives musicales. Les groupes à ‘guitares’ (e.a. Yo la Tengo, JSBX ou encore Pavement), qui ont fait la renommée de ces défricheurs underground, ne sont plus uniquement les fers de lance du label. Dorénavant une cohorte d'artistes du monde de l'électronique, de la drum'n bass ou du hip hop sont venus grossir leur catalogue. Parmi eux nous trouvons Livehuman.

Difficile de définir la musique proposée par ce trio. Malgré des éléments à priori disparates, cette formation parvient à offrir un album cohérent. En effet chaque musicien apporte aux compositions sa touche et son style ; même si de prime abord nous nous trouvons face à des orientations musicales incompatibles. Alors que le DJ nous emmène dans des ambiances et des sonorités hip hop, le bassiste semble plus sensible au jazz ; à charge du batteur de lier tous ces ingrédients, se faisant tantôt machine, tantôt plus discret. Et le résultat final est plutôt convaincant. Bien sûr les intégristes des genres respectifs crieront sûrement au sacrilège ; mais pour ceux dont les mélanges ne repoussent pas, voilà un album intéressant. Même si la formule risque de lasser après plusieurs albums, le genre a le mérite d'exister et tente à prouver que la musique ne nous a pas encore livré tous ses secrets. Bien sûr, il a fallu qu'un disque pareil nous parvienne de chez Matador... Car en matière d'ouverture, il n'y a pas à dire, ce label a encore de beaux jours devant lui !

 

The Human League

Octopus

Sheffield. 1979. Martyn Ware, Ian Marsh, Adrian Wright et Phil Oakey commettent un album de musique électronique totalement révolutionnaire. "Reproduction". Post industrielle, inspirée par son propre environnement, parvenant à fusionner la rigidité synthétique et la mélodie enivrante, elle suscitait la transe dérisoirement robotique. Mais l'album est très mal accueilli par la presse insulaire. Aussi Marsh et Ware décident de voler de leurs propres ailes, épousant successivement les aventures de BEF et d'Heaven 17. Deux nouveaux électroniciens mais surtout deux choristes, Susan Sulley et Joanne Catherall comblent les places laissées vacantes. Sous ce nouveau line-up la formation enregistre "Travelogue", une œuvre qui ouvre toutes grandes les portes de la new-wave. Des portes qu'un John Foxx tentait bien de forcer depuis quelques temps. Mais sans succès... Un succès dont va profiter l'ensemble insulaire pendant cinq bonnes années. Multipliant les hits comme "The Lebanon", "Fascination" ou "Don't you want me", mais négligeant de se régénérer son inspiration. A un tel point que début des nineties, il tombe dans le ridicule avec le morceau de plastique "Romantics". Dans ces conditions, vous imaginez bien que le commun des mortels n'aurait plus osé parier un penny sur Human League. Et pourtant! Réduit au trio Oakey, Sulley, Catherall, il semble avoir retrouvé une seconde jeunesse. Nonobstant trois fragments insipides, sub Saint Etienne, "Octopus" nous a franchement étonnés. Le single "Tell me when" trotte certainement dans votre tête depuis quelques semaines. Mais des titres comme "Cruel Young Lover", réminiscent d'"Empire State Human" ou "House full of nothing" sont encore plus percutants. Et si "Never again" suinte de romantisme glacé, "John Cleese: is he funny" devrait faire le bonheur des animateurs de radio, en recherche perpétuelle d'indicatif. Pensez à "Love action". Oakey?(!) Une excellente surprise!