La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare,…

logo_musiczine

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (75 Items)

Jack White

Deux nouveaux titres et un bouquin pour Jack White

Jack White opère son grand retour en publiant deux nouveaux titres endiablés, « G.O.D. and the Broken Ribs » et « Derecho Demonico ».

Produits par White avec le soutien de son groupe de scène de longue date, Patrick Keeler (batterie), Dominic Davis (basse) et Bobby Emmet (claviers), les nouveaux morceaux « G.O.D. and the Broken Ribs » et « Derecho Demonico » marquent le retour musical de celui qui vient d’être intronisé au Rock & Roll Hall of Fame, pour la première fois depuis 2024, une année marquée par la sortie de « No Name ». Sixième elpee studio de White, il a été récompensé par une nomination aux ‘GRAMMY Awards 2025’ dans la catégorie ‘Meilleur album rock’.

Après avoir passé une grande partie de 2024 et 2025 à parcourir l’Amérique du Nord, l’Europe, le Royaume-Uni et le Japon pour accomplir son épique ‘No Name Tour’, White reprendra la route cet été pour une série de concerts en tête d’affiche à l’international et des prestations dans les plus grands festivals en Europe, aux États-Unis et en Asie.

Par ailleurs, le mois d'octobre 2024 a vu la publication officielle de « Jack White Collected Lyrics and Selected Writing Volume 1 », désormais disponible sur https://www.thirdmanbooks.com/ thirdmanbooks.com et auprès des libraires aux États-Unis et au Royaume-Uni. Édité par Ben Blackwell, cofondateur de Third Man Records, ce nouvel ouvrage de référence comprend des poèmes et des textes inédits de White, des photos rares et exclusives, ainsi que de nouveaux essais rédigés spécialement pour ce livre. Il rassemble également les paroles de tous les albums solo de White à ce jour, ainsi que celles de ses travaux acclamés avec The Raconteurs, The Dead Weather et d’autres collaborations

« G.O.D. and the Broken Ribs » est en écoute ici

 

White Lies

Une voix fatiguée au cœur d’un concert haut en couleurs…

Écrit par

Paru l’an dernier, « Night Light » marque le retour de White Lies sr la scène alternative indépendante. Le trio a prolongé cette dynamique par une tournée qui aligne des dates en Europe puis au Royaume-Uni, dont un passage à l’Ancienne Belgique. Sur le podium, la formation pioche dans ce disque récent tout en ménageant une place aux morceaux clés de son répertoire. Le combo britannique évolue dans une pop sombre aux contours post-punk et synthwave, où les claviers étirent l’espace tandis que la basse et la batterie imposent une pulsation nette. Harry McVeigh se consacre au chant et à la guitare, Charles Cave se charge de la basse et des chœurs, tandis que Jack Lawrence-Brown pilote les drums. En concert, le band s’élargit : Tommy Bowen rejoint l’équipage à la guitare et aux claviers, ce qui densifie les arrangements et élargit la palette sonore.

En première partie, She’s In Parties ouvre la soirée, un patronyme vraisemblablement emprunté à un titre de Bauhaus, référence gothique incontournable.

Le quatuor de Colchester installe d’emblée un climat shoegaze mâtiné de dream pop, entre nappes de claviers, guitares brumeuses et refrains à l’éclat mélancolique. Au centre du dispositif, l’Irlandaise Katie Dillon mène la danse au chant, tout en alternant synthé, guitare électrique et tambourin. À ses côtés, Herbie étire des lignes de six-cordes plus tranchantes, Charlie verrouille la basse, Matt maintient une rythmique régulière : une base solide qui laisse respirer les textures.

Le set s’ouvre sur « Fallen », extrait de l’EP cinq titres « Are You Dreaming ? », rapidement suivi par le morceau éponyme, plus immédiatement accrocheur. Quand le tempo grimpe, la fosse répond sans peine, et l’accent eighties des arrangements renforce l’unité de la première partie. Avant « The Man », Dillon lance : ‘Qui est prêt à danser ?’ ; la fin de prestation gagne encore en intensité en livrant « The L Word » puis « REM », laissant une impression nette : un combo en pleine progression, déjà armé pour des formats plus vastes (page ‘Artistes’ ici). 

Chez White Lies, le dispositif s’articule autour de quatre immenses parallélépipèdes blancs, traversés par des sources lumineuses multicolores, qui composent une toile de fond géométrique, prolongée par un large rideau gris. Réputé pour ses partis pris visuels, le trio exploite ce décor durant tout le concert, en modulant intensités et teintes au fil des morceaux. La mise en espace reste lisible et resserrée autour du noyau : Harry McVeigh au chant et à la guitare, Charles Cave à la basse et aux chœurs, Jack Lawrence-Brown derrière les fûts. Sur la gauche, Tommy Bowen occupe son poste guitare-claviers, épaississant un son à la fois tendu et cinématographique.

Les tableaux s’enchaînent, passant d’une chaleur orangée presque estivale à des séquences plus austères, noyées de blancs froids et d’ombres. La machinerie lumière impressionne par sa précision et imprime sa logique à l’ensemble du set. « All The Best » démarre sur un registre retenu et installe immédiatement cette dramaturgie visuelle. Un bémol, pourtant : Harry McVeigh ne semble pas au meilleur de sa forme. Les aigus lui résistent par instants et, lorsqu’il s’adresse à l’auditoire, sa voix trahit une fatigue palpable. Le band compense en dégainant tôt un classique fédérateur : « Farewell To The Fairground » déclenche une réponse massive de la foule, qui reprend les paroles sans se faire prier et lance la soirée sur de bons rails.

Côté raretés, « The Price Of Love » réapparaît dans la setlist de la tournée, une première depuis les concerts célébrant les dix ans du premier opus, fin 2019. Le morceau s’adresse à Ed, l’un des tout premiers fans du combo. « Tokyo » s’habille d’un déluge de couleurs, tandis que « Big TV » attise la ferveur et pousse Harry à haranguer la salle : ‘Bruxelles, levez les mains !’. La prestation se referme sur « Bigger Than Us », puis le rappel revient encadré par trois compos issues de « Night Light ». Le morceau éponyme s’installe calmement avant de basculer vers une montée plus abrasive. Les fumigènes, disposés sur les côtés, redoublent d’activité, mais les faisceaux les plus vifs finissent par dominer, un choix qui souligne bien « Death ». « In The Middle » conclut la soirée sur une ligne de basse nerveuse signée Charles Cave, tandis que la voix d’Harry tient le cap malgré les signes de fatigue. Une date solide, dont l’impact gagnerait encore si le chanteur retrouvait l’intégralité de ses moyens.

Setlist : « All the Best », « Farewell To The Fairground », « There Goes Our Love Again », « Hurt My Heart », « My Lover », « Don't Want To Feel It All », « Is My Love Enough », « Keep Up », « Tokyo », « Time To Give », « Juice », « The Price Of Love », « I Don't Want To Go To Mars », « Big TV », « To Lose My Life », « Bigger Than Us ».

Rappel : « Night Light », « Death », « In The Middle »

(Organisation : Live Nation)

White Fence

L’orange de White Fence

Écrit par

White Fence revient en force. Le 24 avril paraîtra « Orange », le nouvel album de Tim Presley, enregistré en ‘ice fifelity’ par Ty Segall dans son studio Harmonizer II. Après sept ans d’absence discographique, le groupe ravive sa pop éclatée et nerveuse avec une précision nouvelle.

Le premier extrait, « Your Eyes », est un bijou électrique où guitares ensoleillées, caisse claire incisive et mélodie ascensionnelle se mêlent pour peindre une romance lumineuse. Le titre est accompagné d’un clip réalisé par Agathe Rousselle, qui capture Tim Presley dans un monochrome élégant, les yeux tournés vers nous comme un écho vibrant du morceau.

Le single « Your Eyes » est disponible sous forme de clip 

À propos du disque, Tim Presley confie :

‘Amour/perte, addiction/réhabilitation, et un bon long regard dans le miroir… Mais aussi l’absurdité de la vie. Je voulais chanter de tout mon petit cœur. Chanter la vie.’

Avec l’aide de Ty Segall (également à la batterie), d’Alice Sandahl aux claviers et de Dylan Hadley sur deux morceaux, « Orange » traverse les sons pop des années 60 aux 2000 avec une liberté nouvelle — comme des Kinks projetés dans l’ère spatiale.

 

Fat White Family

La religion de Fat White Family…

Écrit par

Les musiciens de Fat White Family ne sont pas croisés les bras au cours de ces quatre dernières années. Depuis la sortie de leur dernier album, "Serfs Up", ils ont assuré la première partie de Liam Gallagher lors de son plus grand concert solo à Knebworth, réalisé et projeté un court-métrage aux accents bergmaniens intitulé ‘Moonbathing in February’ et le frontman Lias Saoudi a écrit un best-seller relatant l'ascension tumultueuse du groupe vers une célébrité moyenne : ‘Fat White Family and the Miracle of Failure’ (Trad : Fat White Family et le Miracle de l'échec).

En attendant la sortie d’un nouvel elpee, prévue pour 2024, la vidéo de "Religion For One", un portrait de l'ambition corrompue, de l'inceste esthétique et de l'histoire de l'expressionnisme abstrait, est disponible

 

 

White Lung

La prémonition de White Lung

Écrit par

Ce 2 décembre 2022, White Lung publiera son cinquième opus. Intitulé « Premonition », il est annoncé comme un tourbillon de batterie, de guitares complexes et de paroles sans retenue sur la maternité, la grossesse et la croissance. Les thèmes sont plus profonds. Pendant un hiatus involontaire de cinq ans, White Lung a réussi à grandir sans se stabiliser, et le trio a émergé de cette période de transformation avec une énergie brute et féroce.

Lorsque les membres se sont réunis dans leur ville natale de Vancouver en 2017 pour commencer à travailler avec le producteur de longue date Jesse Gander sur leur nouvel elpee, ils n'avaient aucune idée du type de changements qui les attendaient. La frontwoman Mish Barber-Way était dans le studio en train de se préparer à enregistrer les voix, quand elle a réalisé qu'elle était enceinte de son premier enfant. Une pandémie a suivi, puis un autre bébé, puis la série d'effondrements sociétaux que nous avons connus et connaissons encore.

Sur le titre phare de « Premonition », « Date Night », Mish imagine Dieu sous les traits d'un bad boy nihiliste qui la conduit à travers un Los Angeles en flammes sur le chemin de la sortie, et entre les riffs transcendants de Kenneth et le rythme effréné d'Anne-Marie, c'est exactement ce que vous voulez entendre lorsque vous mettez le feu à votre ancienne vie et prenez la route. Le clip de « Date night » est disponible ici et celui de « Tomorrow »,

« Premonition » parle de naissance et de renaissance. Il s'agit de laisser derrière soi le nihilisme tout en refusant d'abandonner la liberté qu'il offre…

 

White Lies

As I try not to fall apart

Écrit par

« As I try not to fall apart » constitue le sixième opus de White Lies, un album qui a reçu, suivant les titres, le concours de Claudius Mittendorfer (Weezer, Panic At The Disco) ou du fidèle Ed Buller (Suede, Pulp, Lush, Slowdive), à la mise en forme.

Les compos de ce long playing lorgnent régulièrement vers les 80’s. Parfois on pense à Duran Duran, Franky Goes to Hollywood, Tears for Fears ou encore Simple Minds post « New Gold Dream ». Les harmonies vocales sont soignées. Les riffs de guitare et les synthés entrent naturellement en symbiose. Si le drumming ample et syncopé se charge de dynamiser l’ensemble, la basse entretient, en général, le groove. A l’instar de l’excellent « Breathe », dont le ligne de basse funkysante remue littéralement les tripes. Ou de « Roll december », littéralement hanté par Derek Forbes (NDR : c’était le premier bassiste de la bande à Jim Kerr). Et puis hymniques, les compos accrochent immédiatement, à tel point qu’elles en deviennent parfois contagieuses. Bref, l’expression sonore baigne, en général, au sein d’une forme de new wave sophistiquée.

Mais le plus étonnant procède de cet art à traiter des sujets sombres comme la mort ou la santé mentale, sur un ton tour à tour allègre ou emphatique et susceptible de faire danser, même si l’atmosphérique « The end » (NDR : vu le titre !) se révèle plutôt mélancolique voire dramatique. Une fameuse réhabilitation pour le trio londonien après la sortie du plus que décevant « Five » …

White Denim

Performance

Écrit par

Quinze années après leur formation, les Texans de White Denim nous livrent leur septième opus, mais le premier sur le label américain City Slang (Calexico, Lambchop ou encore Timber Timbre). Une nouvelle étape pour ce groupe qui n’a cessé de gravir les échelons.

“Performance” constituait une étape périlleuse dans la progression de White Denim, vu les arrivées d’un nouveau batteur et claviériste. Et avouons-le d’emblée, la transition a été parfaitement opérée.

Pour l’occasion, le quatuor, emmené par le chateur/guitariste James Petrolli, continue sur sa lancée en abandonnant ses références psychédéliques. Dès la plage d’ouverture, “Magazin”, les sonorités blues/rock des grattes s’imposent. Tout comme sur le titre maître. Les choses s’emballent dès “Fine Slime”. Et pour cause, le funk se mêle au blues et se charge de swing. “Double Death” pénètre carrément dans l’univers sonore de James Brown. La plupart des compos parviennent à agréger une multitude de styles tout en adressant des clins d’œil répétés au bon rock’n’blues des 70’s.

“Performance” vaut donc parfaitement le détour. Le mélomane aura l’impression de remonter les décennies, loin des synthés, boîtes à rythmes et autres sonorités électroniques qui sévissent actuellement. Une véritable bouffée d’air frais !

White Denim

Performance

Écrit par

Fondé il y a déjà 15 ans, ce groupe texan nous propose son septième elpee, un disque paru pour la première fois chez City Slang, label américain qui héberge notamment Calexico, Lambchop ou encore Timber Timbre. Une nouvelle étape dans le parcours de White Denim, qui n’a cessé de gravir les échelons.

“Performance” constituait une étape ‘périlleuse’ dans la progression de White Denim, vu le changement de batteur et claviériste. Et autant le dire d’emblée, la transition a été parfaitement opérée…  

Si le quatuor emmené par le chanteur/guitariste James Petrolli continue sur sa lancée, il a laissé de côté ses influences psychédéliques. Dès le morceau d’entrée, “Magazin”, les guitares blues/rock spécifiques au band sont bien présentes. Et dans la foulée, le titre maître épouse le même profil. “Fine Slime” s’emballe. Le funk et le blues se conjuguent, libérant alors une bonne dose de swing. “Double Death” nous entraîne dans un univers proche de James Brown. Et le reste vaut également le détour, les Yankees prenant manifestement beaucoup de plaisir à alterner ou agréger les styles tout en adressant des clins d’œil répétés au bon rock’n’blues des 70’s.

Quel bonheur de remonter les décennies, loin des synthés, boîtes à rythmes et autres sonorités électroniques qui sévissent actuellement. Une véritable bouffée d’air frais !

Fat White Family

Un moment privilégié…

Écrit par

Originaire de Peckham, en Angleterre, Fat White Family est un peu considéré, tout comme Girl Band, comme un des fondements du renouveau du rock. Pourtant, son parcours plutôt chaotique, entre problèmes d’addiction, tournées promo bancales, différents entre les frères Saoudi ainsi que projets montés en parallèle, a failli lui être fatal. Et finalement, c’est en gravant un troisième elpee, « Serfs up » (voir chronique ici) que le band est parvenu à relancer la machine, avant de partir pour une nouvelle tournée, qui recueille d’unanimes échos favorables dans la presse et auprès du public. Bref, il ne fallait donc pas manquer son concert, prévu à l’Ancienne Belgique, ce lundi 9 décembre 2020.

Shht assure le suporting act, un sextuor issu de Gand considéré au Nord de la Belgique comme absurdiste, surréaliste et novateur. Tous les musicos grimpent sur l’estrade vêtus de salopettes, l’un d’entre eux, torse nu et tablier baissé, se distingue par un bandeau qui lui enserre la bouche. Tout un symbole !

La musique de ce band oscille entre disco, punk, metal, électro et funk ; et particulièrement remuant, le chanteur vient se balader, micro en main, dans une fosse à moitié remplie. Malheureusement, le volume sonore est excessif. Surtout pour une première partie. Et puis la plupart des vocaux sont vocodés. De quoi horripiler votre serviteur. Dommage, car la troupe tente des harmonies vocales atmosphériques, dans l’esprit d’Animal Collective, mais en préférant les filtrer, plutôt que de les conjuguer, elle accentue l’aspect artificiel de sa musique…

Fat White Family débarque sur le podium à 21 heures. Un septuor ! Deux claviéristes, dont un double au saxophone et à la flûte traversière, se plantent aux extrémités du podium ; respectivement Alex White et Nathan Fabian Saoudi. Adam Brennan (Meatraffle, Scud FM) se charge de la basse, Adam J. Hammer et Saul Adamczewski, ce dernier un bonnet enfoncé sur le crâne, se consacrent aux guitares, Lias Kaci Saoudi assure le lead vocal et l’ex-Temples, Samuel Toms, les drums. Transparente, sa grosse caisse contient la réplique d’une tête de porc de couleur rose. Humour ou symbolique ? Et dès le premier morceau, le mid tempo « Auto neutron », Lias, chaussé de lunettes fumées, dont il se débarrassera, à partir du deuxième morceau, se fraie un chemin dans la fosse ; et déjà c’est le tumulte. La bière coule à flots ; mais plutôt sur les vêtements des spectateurs ainsi que sur le parquet, qui devient rapidement collant. Le chanteur va d’ailleurs régulièrement y retourner, obligeant les roadies à le suivre pour tenir le fil du micro. Sa voix est ténébreuse, mais bien timbrée. Très expressif, sauvage et à l’attitude sexuellement rock’n’rollesque, c’est un remarquable showman. Il se contorsionne, pastiche le fascisme, se prosterne, adopte des attitudes à la Iggy Pop (les bras autour de la tête) ou de Liam Gallagher (les mains dans le dos). Et puis quelquefois, tout comme son frère, il lampe une bouteille de vin au goulot. Les guitares sont savoureusement cinglantes. Et tout particulièrement tout au long de « I am Mark E. Smith », hommage rendu à feu le leader de The Fall, dont la formation se considère comme l’héritière naturelle, alors que le saxophone entre dans la danse (NDR : tout au long du concert Alex va jongler entre cet instrument, une flûte traversière, ses claviers et des percus) pour apporter davantage de variation dans l’expression sonore ; que ce soit de la profondeur ou un surplus d’atmosphère. Lias en profite pour jeter son t-shirt dans la foule (NDR : sa ceinture, puis une serviette de bain, vont suivre, un peu plus tard), avant de se lancer dans son premier crowdsurfing, pendant le pulsant « Tinfoil Deathstar », un titre imprimé sur un tempo réminiscent du « What we all want » de Gang of Four, tempo qui va d’ailleurs revenir régulièrement à la surface au cours du show. Ce rythme devient tribal pour le bien post punk « Heaven on earth ». La set list ne censure pas le « Touch the leather », aux lyrics explicitement homoérotiques. Faut dire que la musique baigne au sein d’un climat malsain voire sordide. Lias attribue la paternité de « Hits, hits, hits » à Ike Turner. Claviers rognés aux sonorités Hammond et tonalités de gratte surf alimentent ce morceau au cours duquel Lias frappe sur un gong qui sonne comme une casserole. Il dédie ensuite « Cream the young » au prince Andrew. Les harmonies vocales deviennent incantatoires tout au long de ce titre balisé par une boîte à rythmes. Petit moment d’accalmie ensuite, grâce à deux ballades atmosphériques interprétées quasi en solo par Adam, les autres musiciens apparaissant et disparaissant en catimini suivant le rôle qui leur est alors dévolu. Applaudi, il soulève alors son bonnet pour remercier la foule. Et la suite va repartir en force, grâce à une majorité de compos issues du dernier LP. Mais adaptées au ‘live’, elles se révèlent plus percutantes et prennent une autre dimension ! Paso doble envoûtant, « Bobby’s boyfriend », est parcouru par un bip bip de synthé récurrent. Plus mystérieux, le lancinant « Special ape » est carrément hanté par Swans ; même que la voix devient aussi rauque que celle de Michael Gira. L’intensité monte en crescendo sur le tropical et hymnique « I believe in something better », une chanson que la foule reprend en chœur. Et cette intensité est toujours aussi fiévreuse sur le presque disco « Feet », que chante Lias, d’une voix déclamatoire. Ce dernier repart en crowdsurfing tout en continuant de chanter. C’est la folie dans la fosse. Les gobelets de houblon volent dans tous les sens. De plus en plus enthousiaste, le public chante, danse, frappe dans les mains et est heureux de vivre ce moment privilégié. Avant que « Is it training in my mouth » n’achève ce concert dans une forme d’apocalypse psychédélique. Pas de rappel et pas de « Bomb Disneyland » non plus, comme mentionné dans la set list. Une chose est sûre, le band a donné, ce soir, tout ce qu’il avait dans le ventre. Probablement un des concerts de l’année...

Setlist : Auto Neutron, I Am Mark E. Smith, Tinfoil Deathstar, Fringe Runner, Heaven on Earth, Touch the Leather, Hits Hits Hits, Cream of the Young, Drones, Goodbye Goebbels, When I Leave, Bobby's Boyfriend, Special Ape!, I Believe in Something Better, Feet, Whitest Boy on the Beach, Is It Raining in Your Mouth?, Bomb Disneyland

Voir notre section photos ici

(Organisation : Ancienne Belgique)

Fat White Family

Serfs up !

Écrit par

Si « Serfs up » constitue le troisième opus de Fat White Family, on ne peut pas dire que depuis la sortie du deuxième, tout à été rose et violette ! Et pour cause, entre problèmes d’addiction, tournées promo bancales, différents entre les frères Nathan et Lias Saoudi ainsi que projets montés en parallèle (Warmduscher, The Moonlandingz, Insecure Man, Eccentronic Research Council), l’aventure avait largement du plomb dans l’aile. Et puis, miracle, les frangins et Saul Adamczewski se sont rabibochés et se sont mis à bosser sur un nouvel elpee, disque dont les sessions se sont déroulées au sein de leurs propres studios à Champzone. Et le résultat risque fort de brouiller à nouveau les pistes. Les compos sont gorgées d’arrangements luxuriants, qu’ils soient symphoniques ou de chambre (flûtes, violons et/ou cuivres), électro, jazzyfiants, psychédéliques ou exotiques. Et puis il y a ces chœurs, tour à tour grégoriens, célestes, fastueux ou encore réminiscents des Beach Boyes voire du Plastic Ono Band (NDR : pas étonnant quand on sait qu’Adamczewski et Lias Saoudi ont bossé en compagnie de Sean Lennon et Yoko Ono). 

Les dix plages de ce « Serfs up ! » rivalisent d’éclectisme. Depuis le lancinant « Feet », que chante Lias d’une voix de crooner, sur un lit ténébreux de disco teinté de no wave (Tuxedomoon ?) et de western synthétique (Wall of Voodoo ?) au blues « Bobby’s boyfriend », abordé dans l’esprit de Tom Waits, au cours duquel on a l’impression d’entendre Miles Davies souffler dans une vuvuzela, en passant par le vaporeux et aquatique « Vagina dentata » (Connan Mockasin ?), les très engagés « I believe in something better » (NDR : qui s’intéresse à l’histoire du terroriste américain Theodore Kaczynski, surnommé ‘Unabomber’, tout en laissant des sous-entendus relatifs au Brexit) ainsi que « Kim’s sunsets », qui réverbère les paroles du dictateur nord-coréen au sujet de ses missiles, le glam boogie « Tastes good with the money », l’hymnique « Rock fishes » (Mercury Rev ?) et la rumba « When I leave ». Bref, il y en a pour tous les goûts et toutes les couleurs. Et au fil des écoutes, on n’en finit plus de déceler de nouvelles nuances au sein de ce cocktail lugubre mais festif, tourmenté, onctueux mais sauvage et surtout original dans son art à agréger les genres…     

En concert dans le cadre du festival Levitation à Angers ce 20 septembre 2019, le 21 au Transbordeur à Lyon,  le 27 à la Philharmonie de Paris et le lundi 9 décembre à l’Ancienne Belgique de Bruxelles.  

White Hills

Stop Mute Defeat

Écrit par

Fondé en 2003, White Hills est un duo prolifique réunissant Dave W. et Ego Sensation. D’ailleurs, « Stop mute defeat » constitue déjà son septième opus studio. Ce tandem new-yorkais y entretient un climat psyché, ténébreux, glacial, diablement rock’n’roll et poisseux à souhait, qu’il épice d’une multitude d’autres condiments, comme le kraut (« If…1…2 »), l’électro-punk (« Stop Mute Defeat ») ou encore l’indus (« Attack Mode »). Tout au long de cet elpee particulièrement saignant, White Hills campe ainsi un hybride contemporain entre Royal Trux, Suicide et Kraftwerk…

Emily Jane White

Victorian America

Écrit par

Emily Jane White nous vient de Santa Cruz, fief des surfeurs californiens. Elle a vécu quelque temps à Bordeaux (NDR : ce qui explique sans doute sa signature chez Talitres), mais s’est depuis s’est installée à San Francisco. L’artiste cite PJ Harvey et Nick Cave comme influences majeures. Vu le climat au sein duquel baigne cet opus, c’est une évidence. Et les lyrics profonds, écrits dans l’esprit d’un roman d’Edgar Alan Poe, accentuent cette impression. Ses compos sont sculptées dans une forme de folk gothique, proche d’Alela Diane. Mais son timbre vocal peut rappeler Cat Power. La versatilité des rythmes et l’amplitude des arrangements (NDR : violoncelle, piano, pedal steel et drums feutrés y sont parcimonieusement, mais judicieusement dispensés) lui permettent cependant d’éviter l’écueil des clichés entretenus pas la musique folk. Ce qui lui permet ainsi d’intégrer dans sa solution sonore des influences qui oscillent de la country à la pop, en passant par le blues et le rock.

Cet opus recèle 12 véritables pépites de dark folk. Des compos belles et tourmentées à la fois. Elégantes et mélancoliques, également. A l’instar de « Stairs », « Liza » ou encore « Frozen Heart ». Et dès « Never Dead », on est entraîné dans un univers peuplé de spectres, lors d’une nuit sombre à l’atmosphère glaciale (NDR : peut-être quelque part au beau milieu de la Forêt Noire ?) Superbe, cette chanson est un des sommets de l’elpee. Quant à « Dark Undercoat », c’est une ode à feu Bessie Smith, la reine légendaire du blues. La presse spécialisée rivalise de références météorologiques pour saluer cette sortie ; jugez vous-mêmes : ‘Une bande sonore idéale pour l’automne’, ‘Une collection des chansons parfaites à a écouter au coin du feu’, ‘Une musique pour nous accompagner dans la tristesse des jours qui raccourcissent’… Pourtant, il n’est pas sûr que les States se montrent fort enthousiastes à l’égard de chanteuse américaine. A mon humble avis, sa musique correspond bien mieux à la sensibilité romantique européenne.

Pour rappel, « Victorian America » fait suite à son premier album « Dark Undercoat », sorti en 2007 ; un disque sur lequel figurait "Wild Tigers I Have Known", une compo destinée au film de Cam Archer du même nom. Après avoir commis un second elpee d’une telle trempe, Emily mériterait d’être reconnue au même titre qu’Alela Diane ou de Shannon Wright. Nous ne sommes pas en présence d’un autre buzz, comme une certaine presse a trop souvent tendance à nous rabâcher les oreilles, sans le moindre discernement, dès qu’elle découvre la dernière merveille automnale. Bien souvent américaine… et érigée en sauveuse du folk à papa. Bref, cet album est tout simplement superbe et si vous aimez ce style musical, je vous invite à vous le procurer de toute urgence…

Désireuse de faire découvrir sa nouvelle petite merveille en Belgique, Emily Jane White sera successivement en concert au Botanique (Bruxelles) le 2 décembre, à la Brasserie Sauvenière (Liège) le 4 décembre ainsi qu’au Trix (Anvers) le 5 décembre. Qu’on se le dise !

Tony Joe White

Born on the bayou...

Écrit par

Le Handelbeurs est un bâtiment historique. Un monument classé dont la plus ancienne partie remonte à 1739. La décoration intérieure a été restaurée, puis aménagée à l'aide des techniques les plus modernes pour offrir aujourd'hui son caractère contemporain. Une entreprise qui a été achevée en septembre 2002. La salle principale (442 m2) peut contenir 390 places assises mais surtout 800 places debout. La sonorisation est parfaite. En outre, cette structure ultramoderne s'adapte suivant les circonstances au spectacle. On se doute bien que les infrastructures ne servent pas qu'aux concerts pop/rock, mais la centaine de spectacles qui y sont programmés par an constitue manifestement l'activité majeure de cette salle. Qui dispose, en outre, d'un bar particulièrement vaste. Afin de vous rendre compte de l'architecture des locaux, vous trouverez quelques clichés en rubrique 'photos du public'.

Tony Joe White est une légende vivante. Il a composé, entre autres, pour Elvis Presley, Tina Turner, Ray Charles, Joe Cocker, Etta James, Hank Williams Jr. et même Johnny Hallyday (NDR : est-ce une référence ?) Et tourné en compagnie d'une multitude de mythes du rock et du blues, dont JJ Cale et Clapton, qui lui ont filé un petit coup de main, lors de la confection de son dernier album, « Uncovered ». De passage en Belgique pour trois dates, le Louisianais a joué à guichets fermés. Y compris lors de son set accordé au Handelbeurs de Gand. Une popularité acquise sut le tard. Surtout lorsqu'on sait qu'il compte aujourd'hui 63 balais.

Tony monte sur les planches en solitaire. Chapeau bien enfoncé sur le crâne, lunettes fumées, il s'assied sur un siège disposé à l'avant de la scène, branche sa guitare (NDR : il gardera la même râpe tout au long du concert) et pose un harmonica sur un rack. Le spectacle peut commencer. Après quelques titres, le citoyen d'Oak Grove est rejoint par un drummer : Jeff Hale. Pas n'importe qui, puisqu'il a sévi au sein du Jenning's Band. Un batteur qui allie efficacité, souplesse et vivacité. C'est tout juste s'il ne joue pas son propre show ! Le son est à la fois puissant et cool. Le baryton profond, musqué de White donne la chair de poule. Le swamp blues de TJW est insidieux, poisseux, ténébreux, hostile, venimeux, régulièrement hanté par son harmonica. Cependant, le Crocodile est vigilant et dispense ses riffs tranchants ou funkysants par giclées, lorsqu'il ne torture pas son instrument (NDR : la pédale wah wah !) à la manière de Jimi Hendrix ; mais en prenant toujours le soin de les sculpter dans le blues. Et puis, il est le maître du bayou. Aucune proie ne peut donc lui échapper… Les titres défilent : « Undercover agent for the blues », « Roosevelt and Ira Lee » (NDR : franchement on comprend mieux pourquoi il a influencé le Creedence Clearwater Revival !), « Saturday nite in oak groove, Louisiana », les blues lents « Did somebody make a fool out of you » et « Rainy night in Georgia », « Stud spider » qu'il parcourt d'onomatopées, ainsi que les inévitables « Cold fingers » et son tube « Polk salad Annie » qu'il réserve en fin de spectacle.

Le public en redemande, mais Tony Joe White se fera longuement attendre avant de revenir jouer trois morceaux dont l'excellent « Keeper of the fire », « (You're gonna) look good in blues » et « Steamy windows » sur un tempo tribal digne de Neil Young. Peu de titres issus de son dernier opus, et pas de trace du célébrissime « Groupie girl ». Une heure trente plus tard, le saurien se lève, salue la foule et disparaît dans son bayou...

 

Jim White

Coup de chapeau à ce ménestrel des temps modernes...

Rien ne m'impressionne plus qu'un beau chapeau. Et Jim White a toujours porté de beaux chapeaux, comme ce soir. Une soirée tranquille, à écouter Jim chanter ses belles chansons, de ses trois albums sortis chez Luaka Bop. Son petit dernier, « Drill A Hole In That Substrate? », est d'ailleurs un petit chef-d'?uvre de country décomplexée. Jim est très fort question « storytelling ». D'ailleurs il n'arrêtera pas de raconter ses (més)aventures au pays des mangeurs de bretzels. Aaaaaaah, l'Amérique ! En plus il est entouré de très bons musiciens ; ce qui n'est pas pour nous déplaire. Et puis il a joué « Still Waters », sa chanson la plus difficile, sans doute sa plus belle (issu de « Wrong-Eyed Jesus ! », son premier LP paru en 1997). De son dernier album, Jim aura joué pas moins de sept chansons, dont les excellentes « Static On The Radio », « Bluebird » et l'espiègle « If Jesus Drove A Motor Home ». Jim aime Jésus, mais n'est pas un bigot comme ce pauvre Bush et ses conseillers de la droite ultraconservatrice. Jim est un véritable ménestrel des temps modernes, et sa gouaille n'a d'égal que la beauté molle de son stetson. De « Wrong-Eyed Jesus » il interpréta aussi « Sleepy Town » (en clôture) et « A Perfect Day To Chase Tornados ». De « No Such Place » (2001), « Handcuffed To A Fence In Mississippi » et « The Wound That Never Heals ». Et des inédits : « Brownsville Texas », « Take Me Away » et « Somewhere In This World ». C'est facile d'énumérer le track-listing, quand on l'a piqué au guitariste en fin de concert. Ca donne l'impression au lecteur qu'on connaît le répertoire de Jim sur le bout des doigts. C'est plus ou moins vrai, parce que Jim fait de la sacrée bonne musique, et pourtant n'arrive même pas à remplir la rotonde. C'est injuste ! De toute façon, Jim s'en fout. D'ailleurs avant de partir, il dit qu'il va revenir, après nos applaudissements. Parce qu'il n'est pas du genre à se faire prier, le Jim. Et ces fadaises de rappels à la noix, très peu pour lui. A la fin c'est lui-même qui vend son disque. Mais aussi des chemises canadiennes éparpillées à la va-vite sur la scène, comme aux bourses de vêtements de la Ligue des Familles. Jim est bizarre, mais sa musique est super. Dommage qu'il ne vendait pas son chapeau.

Tony Joe White

Disparition de Tony Joe White, icône du swamp rock…

Écrit par

Victime d’une crise cardiaque, Tony Joe White est décédé ce 24 octobre 2018. Il avait fêté ses 75 ans en juillet dernier et encore participé à la dernière édition du Blues & Roots, à Lessines, le 1er mai de cette année.

Ce musicien blanc louisianais pratiquait du swamp rock, c’est-à-dire une musique sudiste inspirée du blues, du rock, de la country, de la soul et du gospel. S’il a décroché deux hits incontournables, « Polk Salad Annie » en 1969 –repris notamment par le King– et « Groupie girl » en 1970, il est également responsable une vingtaine d’albums studio. On retiendra son style si particulier, lancinant et syncopé, sur lequel il venait poser sa voix de baryton, mais aussi rappeler qu’il a écrit des chansons pour des tas d’artistes, et parmi les plus célèbres, figurent Elvis Presley, Ray Charles, Wilson Pickett, Tina Turner et Dusty Springfield.

En novembre 2006, votre serviteur avait eu l’honneur de le rencontrer, à l’issue d’un concert accordé au Handelsbeurs de Gand, moment inoubliable immortalisé par une interview que vous pouvez lire ou relire ici

R.I.P.

Ben Harper with Charlie Musselwhite

Un set qui nous a laissé des poussières d’étoiles dans les mirettes

Écrit par

Ben Harper, 48 ans, et Charlie Musselwhite, 74 balais, se produisaient à la Madeleine de Bruxelles, ces 13 et 14 avril. Votre serviteur a été accrédité pour le deuxième jour. Né dans le Delta du Mississippi, Charlie a publié 35 albums. Et Ben, tour à tour flanqué de The Innocent Criminals, The Blind Boys of Alabama ou Relentless Seven, une bonne quinzaine, sans compter ses collaborations. Dont celle que les deux artistes ont entamée en 2013 et qu’ils ont traduite par deux elpees, « Get up », paru il y a quatre ans, et « No Mercy In This Land », en mars dernier. Harmoniciste légendaire, Musselwhite a notamment bossé en compagnie de Bonnie Raitt, The Blind Boys Of Alabama, Tom Waits, INXS et Neil Young. Harper se sert très souvent d’une Weissenborn électrifiée ou pas (NDR : une gratte d’origine hawaïenne), qu’il pose sur les genoux. Mais également d’autres guitares, dont la plupart sont de véritables objets de collection. Particulière, sa technique à la slap slide, caractérisée par un appui sur les cordes à l’aide d’une tige en acier, est héritée des joueurs de blues du Mississippi.

Le duo est soutenu par Jimmy Paxson, aux drums, planté sur une estrade, Jesse Ingalls à la basse et Jason Mozersky, à la seconde gratte. La déco est intimiste. Dès que les musicos débarquent sur le podium, Ben lève les bras au ciel, et salue l’auditoire. Charlie sourit. Il a emmené une valise qui doit contenir au moins une douzaine d’harmos. Il y plonge la main et en extrait un exemplaire. Et déjà les applaudissements fusent. Blues plutôt classique, « When I Go » ouvre le set. Les sonorités des cymbales suggèrent une poursuite exécutée par des alligators. Une voix semble émerger des marais humides du Bayou. Ben troque sa sèche contre une électrique pour « Bad Habits ». Si depuis le début du concert, la paire est assise, elle se lève pour attaquer ce blues classique. Un style au sein duquel le Californien excelle, même si en général, il ne pratique pas un blues pur et dur. En outre, on peut affirmer qu’il a de la présence sur les planches. Il se rassied et attaque « The Blues Overtook Me », à la lap slide, alors que debout, derrière le micro, Charlie signale ‘que le blues est dans la maison ‘. Et il chante. Un rôle qu’il ne se réservera qu’à trois reprises

Tout au long de « I Ride At Dawn », Harper et Charlie opèrent une rencontre subtile entre le Delta du Mississippi et le blues chicagoan. La gratte du premier cité semble hantée à la fois par Robert Johnson, John Lee Hooker et Lightning Hopkins, pendant « Get Up », alors que l’harmo du second, l’est plutôt par Sonny Boy Williamson et Little Walter. Et son souffle enveloppe les riffs bien mélodiques tracés par Ben à la six cordes. Lorsque l’harmonica est mis en exergue, le natif de Calremont prend un peu du recul pour laisser son compère totalement s’exprimer. Le show recèle cependant des moments plus rock, comme « Found The One ». Lors de la ballade instrumentale, « Nothing At All » Harper siège derrière le piano, alors que les interventions à l’harmo de Musselwhite s’intègrent naturellement à l’ensemble. La voix de Ben est empreinte de mélancolie tout au long de la reprise du « When Love Not Enough » de Memphis Minnie et Kansas Joe McCoy. Et le show s’achève par « Levee Breaks ».

Après 10 minutes d’interruption, le team remonte sur l’estrade pour accorder 5 titres. Tout d’abord le burné « The Bottle Wins Again ». Puis, une version du « Yer Blues » des Beatles. Mais surtout « All That Matters Now », que chante Ben a cappella, face à un auditoire silencieux et sous le charme. De quoi en avoir les larmes aux yeux. Un concert de 120 minutes qui nous a laissé des poussières d’étoiles dans les mirettes. Si vous avez encore l’occasion d’assister à un concert de Ben Harper et Charlie Musselwhite, ne manquez pas l’aubaine ; car Charlie n’est plus de première jeunesse… 

(Organisation : Live Nation)

Setlist : « When I Go », « Bad Habits », « The Blues Overtook Me », « Love And Trust », « I Ride At Dawn », « Get Up », « I Don’T Believe A Word To Say », « Movie On », « I'm in I'm Out and I'm Gone », « Nothing At All », « Trust You To Dig My Grave », « Found The One », « I’m Going Home », « Bloodside Out », « When Love Not Enough » (Memphis Minnie & Kansas Joe McCoy cover), « Levee Breacks ».

Rappel : « No Mercy In This Land », « The Bottle Wins Again », « Long Legged Woman », « Yer Blues » (Beatles cover), « All That Matters Now ».

Pour les photos, c’est ici (CréditLéonce Collet)

 

 

 

 

White Wine

Un trio hors du commun !

Quand l'attachée de presse du Botanique vous confie : ‘Va voir White Wine, c'est un truc pour toi’, il faut y aller les yeux fermés. C'est ce qu'on a fait et franchement, on n'a pas été déçus !

En une heure et demie de concert, le trio basé à Leipzig a balayé un spectre de styles musicaux particulièrement large : du post punk à l'industriel en passant par la no-wave, pour accoucher d'une dark pop expérimentale aussi bizarroïde qu'attachante. Drivée par le chanteur/guitariste américain Joe Haege, cette formation implique également le drummer Christian ‘Kirmes’ Kuhr ainsi que Fritz Brückner, aux claviers, à la basse et au basson. Ces deux derniers sont de nationalité allemande.

Au fil du set, on pense, tour à tour, à Devo, PiL, The Fall, Talking Heads et, parfois, à Muse ou Franz Ferdinand. Joe Haege ressemble d'ailleurs un peu à Alex Kapranos. Une des particularités du groupe vient de la présence d’un basson, un instrument de la famille des bois, très imposant. Joué par Fritz Brückner, il apporte une couleur expérimentale unique à plusieurs titres de White Wine. Mais c'est surtout Joe Haege qui focalise tous les regards. Au tout début du concert, il apparaît, assis contre le mur, en plein milieu de la salle, avant de rejoindre le podium. Une entrée en matière plutôt singulière ! Au cours du show, il quitte à nouveau l'estrade pour se mêler au public en feignant de trébucher. Pendant « Falling from The Same Place », il prend place au milieu de la fosse dans une zone balisée par deux guirlandes lumineuses. Sans oublier le moment au cours duquel il passe la tête à travers le trou d’une affiche en pop-up (voir photo). Son engagement est total et il en vient même à concéder, entre deux chansons, que cette dépense d'énergie est addictive pour lui. 

La setlist est bien entendu articulée autour du second et tout dernier opus de White Wine (NDR : autrefois il portait le patronyme de Vin Blanc/White Wine) : « Killer Brillance », paru l'an dernier sur le label Altin Village & Mine Records. Au passage, Joe Haege n'oubliera pas de remercier ses amis de BRNS, qui, en 2017, ont invité le trio à se produire lors d'un 'home concert' à Bruxelles et au Reflektor de Liège.

Au moment d'évaluer ce concert, force est d'épingler une inventivité et une originalité peu courantes tant au niveau musical que dans la recherche scénographique! Ce qui incite à approfondir la discographie de ce trio décidément hors du commun !

(Organisation : Botanique)

 

White Lies

Friends

Écrit par

Avant d’opter pour le patronyme White Lies, la formation répondait au nom de Fear of Flying. Et c’est en 2007 que Harry McVeigh, Charles Cave et Jack Lawrence-Brown ont décidé de poursuivre l’aventure sous la nouvelle appellation. A ce jour, le trio est responsable de quatre albums studio, dont « Friends », paru en 2016. A l’origine, sa musique était sombre et s’inscrivait dans la lignée de Joy Division, Editors et Interpol. Voire Echo & The Bunnymen et Teardrop Explodes. Ainsi, lors de la sortie du premier elpee, « To Lose My Life… », les fans de cold wave étaient convaincus d’avoir découvert un nouvel héritier à Joy Division. Faut dire que la voix puissante, éloquente et ténébreuse de Harry McVeigh évoquait alors le plus souvent Ian Curtis. Mais lors de deux elpees suivants, le ton a changé, White Lies adoptant un style davantage post rock… un peu trop alambiqué. Notamment tout au long du troisième, « Big TV ». Un opus qui n’a pas vraiment convaincu, signant l’arrêt de mort du contrat qui le liait au label Fiction ; mais aussi un témoignage de l’essoufflement de la machine impeccablement rôdée par White Lies.

« Friends » cherche donc à en revenir au style originel. Mais sous une forme plus abordable… qui rappelle instantanément la fin des 80’s. Tout d’abord à cause du recours aux synthés. A l’instar de « Take It Out On Me », titre d’ouverture du long playing, « Swing » ou encore la plage finale, « Don’t Fall ». Explosifs, certains refrains évoquent cependant « Bigger Than Us » (« Rituals ») ou encore « Farewell To The Fairground » (« To Lose My Life… »). Et si la voix s’impose naturellement tout au long de « Summer Didn’t Change A Thing », les riffs de gratte s’y révèlent particulièrement puissants. En outre, la basse libère un fameux groove, apportant une dimension un peu plus dansante à des pistes comme « Hold Back Your Love », « Is My Love Enough ? » et « Right Place ». Et le drumming syncopé ajoute encore à cette impression ; des morceaux tels que « Morning in L.A. », « Don’t Want To Feel It All » et « Come On » s’inscrivant parfaitement dans ce créneau. Qu’on pourrait qualifier de nostalgique. Une nostalgie que reflète la pochette aux couleurs rétro, presque vintage, ainsi que cette reproduction d’un labyrinthe au sein duquel le combo a sans doute perdu quelques aficionados (des amis ?), mais qu’il souhaite retrouver en empruntant un chemin moins tortueux. Dès lors, le mélomane lambda se laissera illuminer par les tonalités romantiques d’un soleil au crépuscule. Tout en tapant du pied en faisant corps avec le thème abordé dans chaque chanson.

En résumé, cet album surprend surtout par son accessibilité, brisant les espoirs qui auraient pu naître chez les premiers aficionados de White Lies. En fait, le combo a pris du bon temps, en studio. Et c’est ce ‘good feeling’ qu’on ressent à l’écoute de cet opus. Si bien qu’on l’écoutera plus aisément au soleil, sur la route, sans se prendre la tête, afin de réveiller en nous un brin de nostalgie voire de mélancolie douce… 

L’album original contient dix morceaux, la version deluxe a été enrichie de quatre bonus tracks.

 

Tony Joe White

Rain Crow

Écrit par

Si vous ne connaissez pas Tony Joe White, c’est que vous n’écoutez jamais la radio. Non seulement certaines de ses compos ont été reprises par des artistes aussi prestigieux qu'Elvis Presley, Ray Charles, Tina Turner et Hank Williams, mais il est également responsable de deux hits incontournables, "Polk salad Annie" et "Groupie girl". Depuis plusieurs décennies, son swamp blues s’identifie parfaitement à la tradition louisianaise. Il est d’ailleurs né dans le nord de cet Etat, près de l’Alabama, à Oak Grove. Et aujourd’hui âgé de 73 balais, il a toujours bon pied bon œil. Au cours de sa carrière, il a publié une trentaine d’albums, dont le dernier, "Hoodoo", remonte à 2013.

"Hoochie woman" nous immerge immédiatement dans l’atmosphère humide et suffocante des marais. Grave et chaleureuse, sa voix est déclamatoire tout au long de cette piste, au cours de laquelle les instruments tracent une ligne de conduite passionnante, et tout particulièrement l’orgue Hammond de Tyson Rogers, qui tire parfaitement son épingle du jeu. Probablement la meilleure plage de l’opus. "The bad wind" baigne au sein d’un même climat. Et narre une ténébreuse aventure sentimentale au cœur des swamps. Ravagés, les riffs de gratte se révèlent menaçants. La voix est monocorde, mais tellement authentique. Chaque sonorité apporte son écot à l’ensemble. Celles des cordes, bien sûr, mais aussi de l’orgue Hammond et des percussions volontairement dramatiques de Bryan Owings. Des accords rythmiques amorcent le titre maître, "Rain Crow". Le drumming d’Owings est écrasant. White souffle ou plutôt crie dans son harmo, des tonalités rudimentaires. Les arrangements sont impeccables. "The opening of the box" est imprimé sur un tempo plus soutenu. La voix de Tony est très proche de celle de John Lee Hooker tout au long de ce swamp boogie qui provoque une transe instrumentale alimentée successivement par la basse de Steve Forrest, la batterie, l’harmonica et enfin les cordes torturées. "Right back in the fire" est une ballade sentimentale dont White a le secret. Fermez les yeux. Il est face à vous, au coin du feu, et susurre ses mots. Rassurante, la guitare rythmique glisse entre les phrases. Excellent ! Billy Boy Thornton (NDR : issu de l’Alabama, cet artiste vivait près de chez White) cosigne "The middle of nowhere", une plage qui nous ramène près de 50 ans en arrière, tant elle trahit des similitudes avec "Polk salad Annie", un des premiers tubes de Tony. Lumineuse, la six cordes entretient l’atmosphère totalement laidback. "Conjure child" relate une autre histoire du pays des marais. White fait allusion au culte vaudou et à une sorcière capable d’apprivoiser serpents et alligators. Tapissé par ses interventions d’orgue mélodieuses, "Where do they go" est une compo empreinte de douceur. Une compo dont la démarche interrogative colle parfaitement à la philosophie de l’artiste. Hypnotique, "Tell me a swamp story" nous entraîne une dernière fois au cœur des swamps. Les percus sont judicieusement funk. Posée, la voix est de nouveau très proche, et la guitare vibre au sein de ce paysage local si spécifique qui a marqué sa vie et son enfance. Et pour que votre info soit complète, sachez que c’est son fils, Jody, qui a assuré la production.

 

White Zombie

It came from N.Y.C

Écrit par

White Zombie est un combo de heavy metal qui a sévi de 1985 à 1998, avant que son leader, Rob Zombie (NDR : de son vrai nom Robert Cummings), ne décide d’entamer une carrière solo. Après des débuts confidentiels, la formation va entrer dans les bonnes grâces d’Iggy Pop, qui va ouvertement la soutenir. Le succès est au rendez-vous, et elle signe chez le label major Geffen. Chez qui elle décroche deux tubes, « Super charger heaven » et « More human than human ». Aujourd’hui encore, White Zombie est considéré, par VH-1's, comme le 56ème meilleur groupe de metal de tous les temps.

A l’instar des Cramps, ce band new-yorkais s’est beaucoup inspiré des films d’épouvante de série B. D’ailleurs, les médias spécialisés estimaient que si sa musique monocorde et bruitiste naviguait quelque part entre punk, metal et la no wave, ils la considérait surtout comme une version plus thrash de celle proposée par la bande à Lux Interior. Vu le patronyme, ce n’est pas étonnant. Encore qu’en fin de parcours, la musique s’est résolument imprégnée d’indus. A son actif quatre elpees studio, un remix, quelques Eps, de nombreux singles, dont certains ont été pressés à 200 ou 300 exemplaires. Sans oublier les inévitables compiles.

En 2009, le combo avait déjà fait l’objet d’un coffret (« Let Sleeping Corpses Lie ») et puis rebelote, puisqu’un nouveau vient de sortir. Intitulé « It came from N.Y.C. », il est disponible sous la forme de 3cd, 5LP et est enrichi d’un livret de 108 pages. Il est également téléchargeable en format digital. Les 39 plages ont été remasterisées par le guitariste J. Yuenger. Le sampler qui sert de base à cette chronique réunit 14 pistes extraites de ce box.

Rob Zombie (NDR : par ailleurs excellent dessinateur de BD, mais aussi réalisateur de films), et la bassiste Sean Yseult Shauna Reynolds, alias Sean Yseult, sont les seuls à avoir vécu toute l’aventure du band. Le line up de la formation a d’ailleurs souvent changé. Pour votre info, sachez encore que Phil Buerstatte (NDR : drummer de 92 à 94, est décédé en 2003.)

White Note

Oppositional defiant disorder

Écrit par

White Note est un quintet parisien qui a publié son premier opus en 2011. Un disque suivi, quelques mois plus tard, par la sortie d’un Ep. Et dans la foulée, le groupe est parti en tournée à travers la France et l’Allemagne.

Quoique autoproduit, "Oppositional Defiant Disorder" a bénéficié du concours d’un quatuor à cordes, d’un trio d’instrumentistes à vent ainsi que d'une chorale. De quoi mettre les petits plats dans les grands ! Et cette collaboration semblait logique, lorsqu’on sait que la formation reconnaît explicitement comme influences majeures, Sigur Rós et Radiohead. Le résultat ? Un opus découpé en 10 morceaux lyriques qui évoluent parfois à la limite de la grandiloquence.

White Note cherche également à jouer sur la corde sensible (NDR : c’est le cas de le dire) en torchant des mélodies bouleversantes, quoique parfois prévisibles, alimentées par une instrumentation tantôt bien équilibrée (l'excellent single "That's All Folks" ou encore le morceau d’entrée "Shima"), tantôt emphatique, notamment quand le chanteur veut en remettre une couche. D’ailleurs le combo est au sommet de son art, quand il intègre davantage d’acoustique dans son expression sonore. A cet égard, une piste comme l'électrique "Nightmare & Hopes" fait un peu tache d’huile sur ce disque.

Cependant, "Oppositional Defiant Disorder" démontre que le band possède un potentiel indéniable. Reste à afficher davantage de maîtrise, surtout lors de certaines envolées enflammées parfois incontrôlées.

 

Page 1 sur 3