Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

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La fuite d’Ellside

Le groupe parisien Ellside présente « Run Away », son concept album naviguant entre ombre et lumière pour un voyage qui durera un an. Une lente année pour dévoiler 6 chapitres de 2 chansons, 12 titres qui narrent l'histoire de Light. Le groupe invite les…

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Bright Eyes

Le Yam 421 ou le 5 000 pour Bright Eyes ?

Bright Eyes sortira son nouvel elpee, « Five Dice, All Threes », ce 20 septembre. Ce sera son 10ème. Lors des sessions, Conor Oberst, Mike Mogis et Nate Walcott ont reçu le concours de plusieurs invités dont Cat Power, Matt Berninger de The National et Alex Orange Drink de The So So Glos. Parallèlement à l'annonce de l'album, la sortie du premier titre, « Bells and Whistles », est accompagnée d'une série de dates de tournée aux États-Unis et en Europe.

« Bells and Whistles » est une chanson rythmée et hystérique qui navigue quelque part entre New York et Los Angeles, et dont les paroles cinglantes font référence à Banksy, à la princesse Diana, aux Mets, au bar Edendale de Silverlake ou encore aux pièges du monde de la musique ainsi qu’au plus grand film de Kevin Costner. La vidéo, réalisée par Josh Boone, a été filmée à Omaha, au Nebraska, et met en scène, entre autres, un photobooth magique et une bagarre dans un bar.

Conor Oberst déclare à propos du morceau : ‘C'est une chanson sur les nombreux détails de la vie qui peuvent sembler insignifiants, frivoles ou temporaires sur le moment, mais qui finissent par former votre destin’.

Autoproduit et enregistré dans le studio de Mike et Conor, ARC, à Omaha, Nebraska, Five Dice, All Threes est un disque d'une intensité et d'une tendresse peu communes ainsi que d’une forme d’exorcisme communautaire. Soudée, la formation opère par mouvements distincts, mais chaque musicien possède sa propre de l'ambition et met en exergue des enjeux émotionnels toujours plus grands.

Comme d'habitude chea Bright Eyes, la musique est chargée de sous-entendus qui invitent à une écoute profonde. Sur ces nouvelles chansons, le trio embrasse la qualité insaisissable qui l'a rendu si durable et influent à travers les générations et les genres, tout en apportant un ‘son’ familial d'une chambre d'Omaha à des publics fidèles à travers le monde.

Le clip consacré à « Bells and Whistles » est disponible ici

 

 

 

Pale Blue Eyes

This house

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Pale Blue Eyes est une compo écrite par Lou Reed, pour l’album éponyme du Velvet Underground, paru en 1968, mais c’est également le patronyme choisi par le trio britannique. « This house » constitue son second elpee, et fait suite à « Souvenirs », paru l’an dernier.

A propos de « Souvenirs », le combo n’en manque pas. Et surtout douloureux, puisque l’artwork de la pochette est illustré par la photo des parents de Matt Board, décédés récemment. Une sorte d’hommage.

Le line up implique donc le chanteur/guitariste Matt, son épouse Lucy, aux claviers et le bassiste Aubrey Simpson.

Naviguant quelque part entre dream pop, krautrock, electro 80’s, cold wave et shoegaze, la musique de Pale Blue Eyes est souvent offensive, enlevée, dansante, mais jamais frénétique. Si la voix de Matt est particulièrement douce, ses accords de guitare peuvent fourmiller en spirale (« Hang out »), devenir fugitivement tintinnabulantes (« Spaces »), mais surtout se révéler entraînants.

Si l’ensemble de l’opus souffre cependant d’une certaine linéarité, le morceau qui le clôt, « Underwater », est tout à fait remarquable et constitue un ‘must’ dans l’univers du shoegaze…

Pale Blue Eyes

La maison familiale de Matt Board…

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« This House », c’est le titre du nouvel LP de Pale Blue Eyes. La maison en question figure sur la pochette. Il s'agit de la maison d'enfance du chanteur et guitariste du trio, Matt Board.

‘Quand maman est morte, cinq ans après papa, il y avait cette charge dans l'air, reliant chaque personne dans la pièce’, dit Matt. ‘Le temps s'est arrêté. J'ai eu l'impression d'entrer momentanément dans une dimension alternative entre la vie et la mort. Des jours et des semaines plus tard, je voyais ma famille dans tous les coins de la maison - tous les rappels, les fantômes et les souvenirs. Puis, progressivement, j'ai senti qu'il était temps de prendre un nouveau départ, de quitter la maison et mes parents extraordinaires...’

Le nouveau titre « Takes Me Over » illustre le message général de Pale Blue Eyes, qui rumine la façon dont on peut commencer à surmonter les plus grands problèmes de la vie grâce à la créativité, comme l'explique Matt :

‘Il s'agit du sentiment que l'on éprouve lorsque la vie nous submerge et que l'on est accaparé par ce qui se trouve devant nous, puis que l'on a une vue d'ensemble de la situation. Il s'agit aussi d'embrasser, de traiter et de laisser aller la musique et tout processus artistique ou créatif.’

‘Le changement est inévitable’, ajoute Matt. ‘Il faut tout accepter, le bon comme le mauvais, et l'horriblement laid.’

Extrait de « This house », « Spaces » est disponible ici et « Tales me over »,

Photo : Sophie Jouvenaar

 

Yes

Carnet noir : l’ex drummer de Yes, Alan White, est décédé…

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Alan White est décédé à l’âge de 72 ans à Seattle, le 26 mai 2022, après une brève maladie.

Il a joué au sein d’une multitude de groupes, mais on retiendra surtout qu’il a longtemps milité chez Yes. Il avait ainsi remplacé Bill Bruford parti rejoindre King Crimson. Il avait également intégré le Plastic Ono Band de John Lennon. C’est lui qui est derrière les fûts pour « Instant Karma » du P.O.B., mais aussi sur l’album « Imagine ». Et dans la foulée, il avait apporté sa collaboration à un autre Beatles, George Harrison.

Il a commencé des leçons de piano à l’âge de six ans, débuté la batterie à douze, et s’est produit en public dès l’âge de treize.

Au cours des 60’s, il s’est forgé son expérience en jouant au sein de toute une série de formations, dont Alan Price Band, Bell and Arc et Balls, ce dernier groupe, en compagnie de Trevor Burton (The Move) et Denny Laine (Moody Blues).  

De mars à septembre 1970, Alan White se joint au Ginger Baker's Airforce en tournée, mais il ne jouera sur aucun de leurs deux albums studio. Il y rencontre notamment les ex-Traffic Steve Winwood, Chris Wood et Rebop Kwaku Baah, Au sein de ce band, il se consacrera à la batterie ainsi qu’aux claviers.

Il a aussi collaboré à toute une série de projets, impliquant des musiciens issus de la scène prog, parmi lesquels, figurent inévitablement des anciens membres du Yes. Sans oublier, le sien, qu’il avait baptisé tout simplement White…

RIP

 

 

 

The Bullseyes

The Best of The Bullseyes

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Drôle d’idée d’intituler son album « The Best of The Bullseyes », alors qu’il ne recèle que des inédits. En fait, les morceaux de cet opus ont été composés sur une période de 8 années, mais étaient restés à l’état de démos. Les 12 pistes de ce long playing baignent au sein d’une forme de blues/rock/glam qui devrait plaire aux aficionados de The Black Keys. On y retrouve d’ailleurs des tas de références puisées au sein de la fin des sixties et du début des seventies, et tout particulièrement des influences puisées chez T. Rex.

Caractérisé par son psyché/rock aride « Restless mind » réveille le souvenir des Electric Prunes. Imprimé sur un mid tempo et enrichi de chœurs majestueux, « Moment’s arrival » aurait pu figurer au répertoire des Moddy Blues, s’il n’y avait la boîte à rythmes. Et des chœurs, parlons-en ! Ils allègent les plages, parfois de leurs ‘hou, hou’ ou ‘yeah, yeah’, accentuant le profil hymnique des compos. Sur « Yet there’s you », un petit riff de gratte inoculé lors des couplets rappelle le « Ode to John Lee Hooker » de Johnny Rivers. Plus blues encore, « Butterfly » papillonne au gré des envolées électriques percutantes ou geignardes des accords de guitare. Et puis le duo polonais (NDR : il est originaire de Leszno) concède un slow dans l’esprit des groupes de hard rock du début des 70’s, « Regular sky ». Mais c’est lorsque le spectre de Marc Bolan se met à planer que les pistes se couvrent du plus bel éclat glam. A l’instar du titre qui ouvre l’album, « World doen’t care », de « Can’t believer », au cours duquel on retrouve ces riffs de gratte plaqués si spécifiques et puis du final épuré et acoustique « Can’t believe », notamment lorsque la voix de Darek se fait aussi frémissante que celle de feu le mythe londonien, à l’époque où il militait chez Tyrannosaurus Rex…

Nap Eyes

Snapshot of a beginner

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Deux ans après avoir gravé l’excellent « I’m Bad Now », le quatuor canadien nous propose son quatrième opus. Pour la réalisation, la formation a confié la mise en forme à deux pointures de l’indie-rock ; en l’occurrence Jonathan Low (The War on Drugs, Strand of Oaks) et James Elkington (Steve Gunn).

Les textes de Nigel Chapman, critiques sociologiques, sont interprétés d’un ton déclamatoire par Chapman. C’est le seul fil rouge de cet LP. Les plages sont parfaitement soutenues par des guitares tour à tour slide, énergiques ou plus harmonieuses. Le tempo fluctue suivant les pistes, oscillant, par exemple du paisible « Fool Thinking Ways » au plus rapide « If You Were in Prison ». Jamais, on ne s’ennuie à l’écoute de « Snapshot of a Beginenr ». Et les mélodies se révèlent au fil des écoutes.

L’indie-folk/rock du groupe d’Halifax n’a jamais paru aussi incisif. A l’instar des excellents « Even Though I Can’t Read Your Mind » et « Mark Zuckerberg », titres qui lorgnent parfois vers Neil Young, War on Drugs ou encore Wilco.

Nap Eyes vient de franchir un palier supplémentaire dans son parcours. En espérant que cette progression puisse lui permette d’accéder à la reconnaissance… qu’il mérite amplement…

Weyes Blood

Titanic Rising

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Depuis que Nathalie Mering, alias Weyes Blood, s’est lancée en solo, son style évolue constamment. Ainsi, si son deuxième album (“The Innocence”, paru en 2014) lui a permis de prendre place sur la scène musicale américaine, publié en 2016, l’excellent “Front Row Seat to Earth” et ses multiples tournées ont favorisé sa conquête du Vieux Continent. Elle a ensuite enchaîné les collaborations auprès de figures marquantes de l’indie rock telles que Ariel Pink ou encore Perfume Genius. Cette notoriété croissante a débouché sur un changement de label. Elle est donc ainsi passée de la ‘petite’ écurie Mexican Summer (Allah-Las, Ariel Pink, Cate Le Bon, ...), au légendaire Sub Pop.

Pour mettre en forme “Titanic Rising”, son quatrième opus, elle a reçu le concours du très sollicité Jonathan Rado (moitié de Foxygen et notamment producteur pour Whitney, Alex Cameron et Adam Green). Il en résulte un elpee de pop/psyché richement orchestré. Pour caricaturer, Weyes Blood pourrait être le pendant féminin d’un Father John Misty (avec qui elle a également coopéré). La seule mais grande différence procède du message moins sarcastique des textes. Sinon, comme chez l’ex-Fleet Foxes, Weyes Blood adore les envolées lyriques à grand renfort de cuivres, de chœurs et de cordes.

Caractérisé par ses variations de rythmes et d’ambiances ainsi que ses mélodies émouvantes et soignées, ce long playing est accrocheur de bout en bout. Que ce soit les mélancoliques “Mirror Forever” et “Picture Me Better”, le plus énergique “Everyday” ou les lyriques “Andromeda” et “A Lot’s Gonna Change”.

En gravant « Titanic rising », la talentueuse songwritrice californienne vient à nouveau de frapper un grand coup. Les dix plages sont autant de pépites qui méritent cependant une oreille attentive afin qu’elles puissent se dévoiler pleinement…

Nap Eyes

I'm bad now

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Deux ans après avoir gravé son deuxième opus, « Thought Rock Fish Scale », ce quatuor canadien (NDR : il est issu d’Halifax, en Nouvelle-écosse) nous propose un nouvel elpee. Baptisé « I’m bad now », il est paru sur le label Jagjaguwar…

Drivé par le parolier/scientifique (il est technicien/chimiste) Nigel Chapman, le band nous y propose une musique enracinée dans les sixties, à l’instar du ‘velvetien’ « Judgment », tout en lorgnant vers un indie rock pratiqué au cours des 90’s, par des groupes comme Pavement, Wilco ou encore Neutral Milk Hotel (« I’m Bad »). Les riffs de grattes sont accrocheurs et la basse est caoutchouteuse. En outre, les textes sont à la fois soignés et profonds. Pas pour rien que son expression sonore est taxée d’‘intellect-rock’. Bien que de bonne facture, elle manque cependant d’aspérités, de fluctuation, voire de frénésie…

 

Nap Eyes

Thought rock fish scale

Écrit par

Quatuor canadien (NDR: issu de Halifax, en Nouvelle Ecosse, très exactement), Nap Eyes nous propose son second elpee. Intitulé « Thought rock fish scale », il fait suite à « Whine Of Mystics », paru l’an dernier. Un disque enregistré sur un 4 pistes, sans le moindre overdub.

La voix de Nigel Chapman est plutôt grave et rassurante. S’il emprunte les inflexions à Jonathan Richman, son timbre rappelle plutôt Calvin Johnson. Plaqués ou surf, les accords de gratte sont dispensés comme de frugales méditations. Les compos sont le plus souvent imprimées sur un tempo laid back. Les percus sont austères, mais les mélodies, soignées. Bénéficiant d’une excellente trame narrative, focalisée sur les questions existentielles du leader (NDR : il est tour à tour rongé par ses doutes, ses angoisses et ses frustrations, la solitude, et surtout, par le temps qui passe), les morceaux évoluent dans un climat mêlant lo fi, rock slacker et indie folk, des chansons à la fois simples et rafraîchissantes qui naviguent à la croisée des chemins de Bedhead, The Go-Betweens, Luna et Modern Lovers…

 

Prettiest Eyes

Looks

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La magie des influences musicales. Ou pourquoi une bande de zigues mordent les mollets des plus téméraires ?

La scène rock indie vit un moment grandiose. Une époque bénie. C’est en tout cas dans cet état d’esprit que votre serviteur papillonne entre groupes ou artistes émergeants, persévérants ou confirmés. Pourvu qu’ils soient sans concession…

Comment alors ne pas saliver à l’idée de s’enfiler, à la suite, des disques de Fuzz, Meatbodies, John Dwyer et sa bande des Thee Oh Sees, Sultan Bathery, Wand… et toute cette clique de joyeux drilles...

Bien évidemment, ils finissent tous par devenir une source d’inspiration pour la nouvelle génération.

Prettiest Eyes, par exemple. « Looks » constitue son premier elpee. Et il est couillu.

Adoptant des rythmiques cadencées et des harmonies vocales en abîme, style Dwyer, Prettiest Eyes puise à la fois son inspiration dans le rock (la férocité, la testostérone), l’indus (le béton, la ferraille) et le psychédélisme (les fleurs). Mais le combo accommode le tout à sa sauce très personnelle. Quitte à se tâcher les doigts. Un accouchement opéré dans la douleur, nécessitant quelques litres de sueur aux effluves alcoolisées.

Un disque décapant, contaminé par la reverb et tramé par une solide ligne de basse, concocté par un groupe insolent qui manifeste un culot monstre. Que veux-tu de plus ? Des croissants ?

Yes

Chris Squire, seul membre permanent de Yes, s’est éteint à l’âge de 67 ans

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Chris Squire, de son véritable nom Christopher Russell Edward Squire, le bassiste et membre fondateur du groupe Yes, qu’il avait monté dès juin 1968 en compagnie de Jon Anderson, est décédé ce 27 juin, des suites d’une leucémie. Il était le seul membre de la formation à avoir participé aux sessions d’enregistrement de tous les albums de ce combo ainsi qu’à toutes ses tournées. Ce bassiste exceptionnel avait été formé à l’harmonie et au contrepoint dans une des meilleures chorales d’Angleterre. Ce qui expliquait sans doute la richesse et la limpidité des vocaux, que les deux chanteurs parvenaient à conjuguer. En outre, il triturait ses quatre cordes avec une dextérité impressionnante, sans pour autant verser dans le nombrilisme gratuit. Seul peut-être Mick Karn (ex-Japan), mais dans un autre registre, était capable de faire littéralement parler son instrument comme lui. Les albums « Fragile » et « Close to the edge » sont de véritables chef-d’œuvres, mais certaines compos, comme la reprise du « I see you » des Byrds ou le plus commercial « Owner of a Lonely Heart », le seul titre qui a atteint le numéro 1 dans les charts, constituent deux perles dans une discographie qui n’en manque pas, même si à partir de la mi-seventies, le groupe a commencé à surenchérir dans la démesure. Ce qui ne l’a pas empêché de continuer à compter de nombreux aficionados, tout particulièrement chez les soixante-huitards, mais également les jeunes amateurs de prog… (RIP)

Yes

Songs from Tsongas: The 35th Anniversary Concert (cd + dvd)

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« Songs From Tsongas » célèbre le 35ème anniversaire de Yes. Un groupe qui est passé par différentes phases : du succès pendant les années 70 à la grande baisse de régime au début des 90’s. Mais Yes est toujours parvenu à revenir intelligemment en force sur la scène progressive mondiale grâce au talent de ses musiciens. Un concert de Yes est à voir. C'est un peu kilométrique (plus de 3 heures), mais quel bonheur de revivre un pan de l'histoire du rock en compagnie de tels artistes. Ce box sort en DVD Blu-ray (pour la première fois, offrant en bonus dix titres du concert de Lugano), en format double DVD standard et en coffret de 3 cd's audio.

Il s'agit de la reprise d'un fameux concert filmé en mai 2004 lors de la dernière tournée de Yes, le ‘Full Circle 2004’. Ce périple signait le grand retour du claviériste Rick Wakeman. Deux membres originels sont toujours au poste : Jon Anderson (chant) et Chris Squire (basse). Steve Howe (guitares) est arrivé en 1971, juste après la sortie du « Yes Album ». Alan White (batterie) a été contacté après l'enregistrement de « Close To The Edge », fin 1972. Il remplace alors le drummer Bill Bruford, parti rejoindre un autre géant du prog/rock, King Crimson. Aux yeux du grand public, Yes est surtout associé au tube « Owner Of A Lonely Heart », paru en 1983. Le groupe publiait alors l'album « Drama » et venait de vivre une grosse crise, suite aux départs successifs de Rick Wakeman (solo), Jon Anderson (solo) et de Steve Howe (pour Asia). D'ailleurs, Anderson sera appelé à la rescousse pour chanter sur l'album « 90125 » alors que l'excellent Trevor Rabin récupère le rôle de guitariste.

Après le Live de Montreux en 2003, place à deux concerts en un, captés live en 2004 : le premier à la Tsongas Arena de Lowell (Massachusetts) au décor original (des structures gonflables peintes par Roger Dean), qui bénéficie d’un excellent light show. Le second en plein air, plus classique, accordé dans le cadre de l'Estival de Lugano en Suisse (bonus DVD).

« Going For The One » célèbre le retour de Rick Wakeman aux claviers. Steve Howe démarre par du bon vieux rock’n’roll, mais les harmonies vocales et les claviers reprennent rapidement le dessus. « Sweet Dreams » est extrait du second album, « Time And Word », paru en 1970. Cette plage est caractérisée par son efficacité mélodique ; ce qui lui a permis de se traduire en hit. Malgré l'amour de Yes pour la musique symphonique, ici la simplicité est de rigueur. « Your Move/I've Seen All Good People » est une chanson découpée en deux parties, extraite du fameux troisième opus « Yes Album », qui marque l'arrivée du guitariste Steve Howe et le départ de Tony Kaye après l'enregistrement de cet LP. La première met en exergue les talents vocaux de Jon. La seconde est plus rock. « Mind Drive Part 1 And 2 » est un morceau d'anthologie trop peu entendu en live. Il s’étale sur plus de 18 minutes. Peut-être interminable pour le mélomane lambda, mais tellement essentiel pour tout aficionado averti. « South Side Of The Sky » est un des classiques de Yes, extrait de « Fragile », paru en 1972, qui est également trop rarement dispensé en live. « Turn Of The Century » est le second extrait de l'album « Going For The One ».

Sur le second cd, Wakeman nous réserve un solo de piano, à la fois solide et enchanteur, sur « The Meeting ». De l'album « Fragile », « Long Distance Runaround », est un autre standard du band. La version alternative de « Roundabout » trempe dans le blues. Le spectre de Clapton plane. J’épinglerai encore le surprenant « Ritual » (en bonus) et une version revisitée de l'incontournable « Owner Of A Lonely Heart ».

Bref, les prestations immortalisées sur ces supports sont en tous points parfaites. Ou presque. Un box que tout aficionado de Yes doit se procurer. Et pas seulement par sympathie. Car le combo demeure un incontournable de l’histoire du rock. Il est d’ailleurs difficile pour votre serviteur d’émettre un avis impartial sur sa discographie, car je reste un inconditionnel de la formation.

Bobby Keyes

R.I.P. Bobby Keyes

Écrit par

Un autre collaborateur de longue date des Rolling Stones, Bobby Keys, saxophoniste, est lui aussi décédé ce 2 décembre. Il était atteint d'une cirrhose. Ce Texan allait bientôt fêter ses 71 ans. A ses tous débuts, il avait tourné en compagnie de Buddy Holly et Bobby Vee. Il était un musicien de studio très prisé et surtout un renfort recherché sur scène. Il a participé à la plupart des tournées des Rolling Stones, depuis 1970.

Il a enregistré pour Joe Cocker, BB King, Chuck Berry, George Harrison, John Lennon, Ringo Starr, Delaney & Bonnie, Dr John, Lynyrd Skynyrd, et la liste est loin d’être exhaustive

 

Cecilia :: Eyes

Après le Big Bang !

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Les Loups ont swingué pour les beaux yeux de Cécilia.

L'Annexe, prenait, ce soir, un  virage ‘Underground’ en recevant Swingers et Cécilia :: Eyes

En effet, Les formations proposent, en gros, un post-rock instrumental, certes avec des particularités différentes, mais la même capacité : celle d'ouvrir les esprits au-delà même des frontières de l'imagination.

En ce qui me concerne, et je ne m'y attendais pas, j'ai percé le mystère : celui de la théorie du Big Bang.

Croyez-moi, je n'exagère rien.

Explosivité et sérénité sont les leitmotivs d'une inventivité qui se renouvelle sans cesse, décadenassant ainsi toutes les équations dites sans solution.

Dès lors la seule et unique question existentielle qui se pose est : ‘Et si le rock était math ?’

Je l'avoue, c'est tel un GPS déboussolé que je me suis perdu sur la route du retour, alors que j'étais bien arrivé.

Swingers, nous a exposé entre 21h et 22h, ce qu'il en était juste avant le Big Bang. Explosif !

C'est sous une autre forme énergie que Cécilia :: Eyes, nous a expliqué, une bonne heure durant, ce qui s'est passé juste après.

Le son s'est coupé aux alentours de 23h30, laissant un vide interpellant s'installer entre les spectateurs abasourdis par ce qu'ils venaient de voir et entendre.

Les notes en disent bien plus que les mots.

Swingers se prépare à sortir son deuxième album pour 2015. Il s'intitulera : « Chromatic »

Quant à Cécilia :: Eyes, le groupe a publié ont troisième opus, « Disappearance », en mars 2014.

Les deux groupes sont originaires de la planète terre. Tout simplement !

(Organisation : L'Annexe)

Photo : Cédric Decock

Cecilia :: Eyes

Disappearance

Écrit par

Une pochette sortie de l’univers de Tim Burton, une (jolie) intro qui pourrait traverser les paysages austères de Twin Peaks, une photo froide, grise, frissonnante, gravée d’un « If I’m sad enough I will disappear » communique, dès l’ouverture de ce quatrième long playing, un ton dramatique et mélancolique. Mystérieux de bout en bout, le quintet bruxellois emmené par Christophe Thys (guitares), Gauthier Vilain (guitares, samples), Michaël Colart (guitare, basse), Xavier Waerenburgh (drums), nous invite dans un univers hautement atmosphérique. Un univers de 7 titres bondissant sans la moindre hésitation d’une planète dream pop obscure à une autre aux nuances plutôt post-rock ‘shoegazée’. Un choix mélodique qui confère à la plaque une belle unicité, sans lasser l’auditeur. Surfant avec bonheur entre des mélodies vaporeuses down-tempo et de longues reverb sur les guitares, le groupe bruxellois s’appuie sur une section rythmique intelligente et soignée qui ne s’éloigne guère de celle de ses aînés.

Ainsi, les sonorités d’« Isolated Shower » ne tombent jamais très loin des cultissimes Mogwai ou Godspeed You! Black Emperor, alors que celles du final de « Reign » affrontent et modernisent la scène shoegazer des années 90 (Slowdive, My Bloody Valentine, Cocteau Twins,…) Cecilia::Eyes ose s’attaquer à du roc et il le fait avec talent.

Nouvel essai mâture et sophistiqué signé sur le label dEPOT212 (Bruxelles), « Disappearence » devrait plaire à tous les amoureux de post-rock et de noisy ; en outre, il se révèle comme l’une des belles surprises musicales belges pour 2014. 

 

Yes

Un véritable marathon de rock progressif

Semaine nostalgie à l'AB ! Après Steve Hackett, le guitariste de Genesis et avant The Sisters of Mercy, place à Yes, le dinosaure du rock progressif des années '70 qui invite ses fans à réécouter en ‘live’ trois albums légendaires de leur discographie : « Close To The Edge » ('72), « Going For The One » ('77) et « The Yes Album » ('71). 

Le line up est quasi le même que celui qui avait déjà foulé les planche de l'AB en 2011 : Steve Howe à la guitare, Geoff Downes (ex-Buggles, ex-ASIA) aux claviers, Alan White à la batterie et Chris Squire à la basse. En 2011, un certain Benoît David avait joué le rôle de Jon Anderson, le chanteur malheureusement évincé. Cette année, c'est un nouveau sosie, l'Américain Jon Davison (Glass Hammer, Sky Cries Mary) qui s'y colle et la ressemblance est à nouveau étonnante.

La formation monte sur le podium sur la musique de « L'Oiseau de Feu » d'Igor Stravinsky, alors que sont projetées des photos d'époque et la pochette de « Close To The Edge ». Et c'est parti pour cet opus, qui ne compte en fait que trois longues pièces. Le contenu, on le connaît : il mêle prog, psychédélisme et jazz-rock, un cocktail transcendé par des harmonies vocales que n'auraient pas reniées Crosby, Stills and Nash.

Pour l'album « Going For The One », on passe à un format plus 'abordable' : les chansons sont moins longues et plus mélodiques. C'est sans nul doute mon LP préféré de Yes. La formation interprète à la perfection les petites merveilles que sont « Wonderous Stories », « Awaken » ou « Parallels ».

Après une pause de 20 minutes, Yes revient pour interpréter « The Yes Album ». Remontant à 1971, il recèle les classiques « Yours is no disgrace », « Starship Trooper » et « I've Seen All Good People ». Steve Howe nous gratifie aussi de son superbe solo de guitare acoustique, « Clap », dans lequel sa technique du finger-picking excelle au plus haut niveau. Après « A Venture », un titre qui n'avait encore jamais été joué en live avant cette tournée, le band finit en beauté par « Perpetual Change ». Et lors du rappel, nous avons encore droit à un dernier chef-d'oeuvre, « Roundabout », le single paru en 1972.

En conclusion, ce véritable marathon musical a duré 3 heures, un set peut-être trop long pour les mélomanes non avertis ; mais quel bonheur de voir que cette musique parvient encore à remplir les salles, en dehors de tout formatage commercial. Pour ma part, je ne peux m'empêcher d’avoir un petit pincement au coeur pour Jon Anderson, le grand absent de la soirée. Quant à ceux qui ne se contentent pas de ces concerts nostalgiques, je leur conseille de (re)découvrir l'excellent travail de Steven Wilson, en solo ou au sein de Porcupine Tree ; car cet artiste est parvenu à assimiler la musique des années '70 tout en créant un style nouveau, adapté au son d'aujourd'hui.

(Voir aussi notre section photos ici)

Setlist :

Intro : The Firebird Suite (Igor Stravinsky)
1. Close to the Edge
Close to the Edge
And You and I
Siberian Khatru
2. Going For The One
Going for the One
Turn of the Century
Parallels
Wonderous Stories
Awaken
3. The Yes Album
Yours Is No Disgrace
Clap
Starship Trooper
I've Seen All Good People

A Venture
Perpetual Change

Encore:

Roundabout

(Organisation : Ancienne Belgique)

YesKing

Re Record Not Fade Away

Écrit par

Le producteur gallois Rhys Adams est de retour sous le sobriquet de YesKing. Il vient ainsi de pondre un nouvel album pour le compte du label BBE (The Last Skeptik), maison toujours très attachée à la culture urbaine. Dans un canal naviguant entre dub, trip-hop, hip-hop et reggae boosté par une technique de studio particulière attachée au son des 60’s, l’Anglais n’est cette fois plus accompagné de son compère Mark Rae… Mais le résultat n’en n’est pas moins convaincant ! « Re-Record Not Fade Away » voit les participations du guitariste des Soothsayers, du chanteur togolais Kodjovi Kush sur l’afrobeat « One More Time », du vétéran anglais dancehall Kenny Knotts, mais aussi des stars montantes du même mouvement comme Toddla T et Sticky. Tous les morceaux possèdent cette ravissante saveur enfumée (« Raise Up ») et une production dub rappelant The Black Seeds. D’une autre envergure et bien plus authentique que le dernier Snoop Lion…

 

Some Say Yes Some Do Less

Can not be played in mono

Écrit par

Some Say Yes Some Do Less est un groupe de prog/rock alternatif qui nous vient de Tielt. Articulé autour de Jonas Tournicourt qui cumule les fonctions de chanteur et de guitariste, le band flamand voit le jour en 2006. Après quelques péripéties, le line-up complet et définitif réunit actuellement, outre le leader, Karel Thant aux claviers, Kristof Braekevelt aux guitares, Tom Goethals à la basse et Stéphan Spriet aux drums.

« Can not be played in mono » est pour l’heure la  première réalisation et autoproduction du combo. Ils ont mis plus de deux ans à la réaliser, car l’argent ne tombant pas du ciel, c’est un véritable parcours du combattant qu’ils ont dû affronter avant de pouvoir publier leur premier essai.

Enfin, en juin de l’année passée, ça y est, leur album voit le jour.

Il y a donc déjà bientôt une année que l’on peut écouter leur musique ! Le problème est de savoir sur quelle fréquence se brancher. Force est de constater en effet que ce style musical ne passionne ni les foules ni les médias. En tous cas, pas chez nous… Car il faut admettre que ce mix entre rock progressif et rythmes costauds, pimentés à la sauce psychédélique, ne fait pas énormément recette sur les ondes.

Néanmoins, je les imagine mal passer le cap de leur province et forcément les frontières de notre beau pays.

Et pourtant… ils ont terminé second accessit au concours provincial ‘Westtalent’. C’est y pas beau ça ?

Anecdotique sans plus !

 

If By Yes

Salt on Sea Glass

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Une fois n’est pas coutume, Chimera Music sort de l’ordinaire…

Sous le patronyme ‘improbable’ de If By Yes, se cache en fait un quatuor assez original ; et pour cause il réunit un trio issu de l’Empire du soleil levant, auquel est venu s’adjoindre la Newyorkaise Petra Haden.

Cette dernière est vocaliste au sein de That Dog et des Rentals, mais soutient occasionnellement Bill Frisell, lorsqu’elle n’apporte pas son concours aux Decemberists. Sa voix et surtout sa technique vocale sont bien au-dessus de la moyenne.

Surtout reconnue dans le petit monde du jazz, Petra a donc rejoint trois artistes en vogue, venus des confins du Japon.

La première, Yuka Hunda, est une chanteuse de la même trempe. Ses cordes vocales sont solides et puissantes ; mais cette virtuose sévit plutôt dans l’univers pop ‘jaune’. Enfin, pour compléter le line up, le drummer Yuko Araki et le guitariste Hirotaka Shimizu, impliqués tous deux chez Cornelius, soutiennent les deux divas.

David Byrne, en fin connaisseur, et toujours à la recherche de sons nouveaux, a brillamment secondé les deux chanteuses sur « Eliza », transformant ce titre en création particulièrement originale. Nels Cline (Wilco) a également collaboré aux sessions d’enregistrement, renvoyant par la même occasion l’ascenseur à Yuka Hunda pour l’aide accordée lors de la confection de son dernier elpee studio, paru en 2010.

Onze titres peuplent “Salt on Sea Glass”, fruit d’un mélange entre genres musicaux qui bien que différents, se conjuguent harmonieusement. L’accent est placé sur la musicalité ainsi que l’alternance des voix. En outre, le quatre membres du groupe sont parfaitement complémentaires.

Portée par ce duo de chanteuses impressionnantes, l’expression sonore est chargée d’intensité. Elle oscille entre jazz, électro-pop et pop-rock, tout libérant énormément de groove. Bref, si cet opus n’est pas fondamentalement révolutionnaire, il est néanmoins très rafraîchissant, plutôt soigné et très prometteur. D’ailleurs, son écoute ne suscite jamais le moindre instant de lassitude.

 

Frog Eyes

Paul’s Tomb : A. triumph

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Trois années après avoir pondu l’excellentissime « Tears Of The Valedictorian », Frog Eyes nous propose son septième opus. Drivée par Carey Mercer, la formation canadienne appartient à cette nouvelle scène, au sein de laquelle on multiplie les projets. Tous les musiciens se connaissent et leur créativité débordante les pousse à tenter de nouvelles expériences. Donc des aventures en parallèle. Pensez à Wolf Parade, Sunset Rubdown ou encore Swan Lake. Un Swan Lake au sein duquel Carey milite, et qui implique Dan Bejar et Spencer Krug. Mercer (NDR : c’est la tête pensante du combo) et sa femme Melanie Campbell constituent la base de Frog Eyes. Et au fil des albums, les collaborateurs circulent. Trop occupé par ses projets alternatifs, Spencer Krug (Sunset Rubdown, Wolf Parade) n’a ainsi pas participé à la confection de « Paul’s Tomb : A. triumph ». Mais malgré ces chamboulements, le style musical est toujours aussi intense et torturé… Une intensité entretenue par le timbre vocal bouleversant de Mercer. C’est même parfois beau à en pleurer. Chaque parole prononcée est vécue comme si c’était sa dernière. La palette d’émotions  explorée par le Canadien est d’ailleurs vraiment impressionnante.

Musicalement, Frog Eyes privilégie les cordes de guitares saturées, stridentes ainsi que les mélodies déstructurées. Pas question ici d’un format couplet-refrain. Trop simple. D’ailleurs les morceaux atteignent régulièrement les 5 minutes. Dont trois, dépassent même les sept ! Mercer déteste les critères préétablis. Il préfère l’aventure. Dans ces conditions, plusieurs écoutes sont nécessaires avant de pouvoir s’imprégner complètement de cet elpee. Et de les apprécier à leur juste valeur. Malheureusement, si « Paul’s Tomb : A. Triumph » s’inscrit dans la lignée de la discographie de Frog Eyes, il faut reconnaître que la musique a quelque peu perdu de sa superbe. Seule la voix de Carey parvient à faire la différence. Mais elle est de taille…

Cecilia :: Eyes

Here Dead We Lie

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Vous l’ignorez peut-être, mais la Wallonie possède un des groupes de Post-Rock les plus doués de sa génération. Cecilia::Eyes puise l’essentiel de son inspiration chez les Japonais de Mono. Depuis sa formation en 2004, le combo propose des morceaux instrumentaux originaux, souvent d’une incroyable puissance mélodique. Christophe Thys (Guitares), Xavier Waerenburgh (Batterie et claviers), Pascal Thys (Basse), Michaël Colart (Guitares) viennent d’enregistrer l’arrivée d’un nouveau membre : Gauthier Vilain. Préposé aux samples, il se réserve également la troisième guitare. « Here Dead We Lie » constitue le second elpee. Il fait suite à « Moutain Tops Are Sometimes Closer to the Moon », publié en 2007. L’album se veut le reflet des grands conflits mondiaux. Manifestement, vu le programme peu réjouissant, on n’est pas là pour se fendre la gueule. Mais du post-rock joyeux et festif aurait-il un quelconque intérêt ?

Dès « Like Wolves », le ton est donné. Une intro au cours de laquelle, on se rend compte que Cecilia::Eyes est parvenu à passer à la vitesse (?!?!) supérieure, dans la maîtrise d’un art souvent trop codifié et sans surprise. Le morceau est magnifique et constitue d’emblée le sommet d’un album parfaitement réalisé de bout en bout. Judicieux, les samples permettent à l’ensemble de respirer, à l’instar du menaçant « Anthem For Doomed Youth ». Comme le préconise le cahier des charges post-rock, les morceaux sont longs, sombres, atmosphériques et souvent construits en crescendo. Si le feeling mélancolique évoque Explosions In The Sky, l’intensité noisy graduelle nous plonge davantage dans un univers proche de Mogwai. Mais au cœur de cette solution sonore ténébreuse, éclot une plage empreinte d’une immense douceur. Interprété au piano, « The Departure » pourrait parfaitement illustrer un film de Miyazaki. Magnifique ! L’œuvre s’achève en beauté par « No Prayers, No Bell, No Homeland », une compo crépusculaire, caractérisée par un final apocalyptique. Impressionnant !

Bien sûr, vous allez certainement me reprocher de répéter le même discours. De vous seriner les mêmes références. Ce qui ne m’empêchera pas de taper inlassablement sur le même clou. Car la formation belge possède tous les atouts pour entrer dans le gotha du Post Rock. Et « Here Dead We Lie » démontre mon point de vue. Il ne vous reste plus qu’à fermer les yeux et à vous laisser emporter par cette lame de fond à la fois dévastatrice et tellement envoûtante. Paraît que le packaging est de toute beauté ; je n’ai malheureusement pas eu la chance de le découvrir…

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