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L’heure personnelle de Lucie Valentine

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Pornographie Exclusive

Gagnez des tickets pour le film “Incomplete Chairs” et le DJ set de Pornographie Exclusive au BIFFF!

Musiczine, le festival BIFFF et le podcast WAVES vous offrent l’occasion de gagner 15 x 2 places pour la séance nocturne de projection du film japonais “Incomplete chairs”, le jeudi 16 avril à 00h30 (dans la nuit du jeudi au vendredi) au BIFFF, précédée par un DJ set du duo Pornographie Exclusive.

C'est ce duo belge, composé de Séverine Cayron et Jérôme Vandewattyne, qui a composé la musique hypnotique du film réalisé par Kenichi Ugana. “Incomplete Chairs” est une satire noire dans la veine d'American Psycho qui changera votre regard sur les meubles!

Synopsis: Avec un portfolio à faire pleurer Marcel Breuer et Le Corbusier, Shinsuke Kujo est en passe de devenir le designer de chaises le plus demandé du Japon. Alors qu’il enchaîne les entretiens d’embauche dans son studio, il est approché par une certaine Natsuko Kato, courtière en mobilier bauhaus qui pourrait vendre un pouf Ikea au prix d’une Rolex. Kujo lui propose alors le graal des chaises, son oeuvre ultime dont la matière première est encore un secret bien gardé. Mais qui commence doucement à refouler dans son studio, à cause de tous les postulants qu’il démembre systématiquement pour bien travailler l’os et le cuir humain… Avec cette satire très sanglante de l’élitisme culturel, Kenichi Ugana nous prouve qu’il n’y a pas d’âge pour jouer aux Lego (humains).

Avant la séance nocturne, Séverine et Jérôme accorderont un DJ set incandescent, qui tranformera la salle de cinéma en dancefloor psychédélique. A noter que la BO du film, auto-produite par le duo, sortira officiellement en vinyl ce soir-là.

Pour gagner l’un des 15 lots de 2 places mis en jeu pour cet événement, rien de plus simple ! Envoyez un email à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. en mentionnant “CHAIRS” et en donnant vos coordonnées. Le tirage au sort aura lieu le 13 avril. Les gagnant(e)s seront averti(e)s par email. Concours accessible jusqu’au 12/4/26 à 23h59. Les résultats seront communiqués par email aux gagnants le 13/04/26 (pensez à vérifier vos spams!). Bonne chance !

Toutes les infos concernant ce film se trouvent ici: INCOMPLETE CHAIRS – BIFFF.

 Pour commander la BO du film, composée par Pornographie Exclusive, c'est ici.

Pour écouter les interviews de Pornographie Exclusive dans le podcast WAVES:

 

Boogie Beasts

Boogie Beasts rend hommage à R.L. Burnside

Écrit par

Le groupe belge de blues-rock alternatif Boogie Beasts rend un hommage vibrant à la légende du Hill Country blues R.L. Burnside sur « Don’t Be So Mean ! – A Tribute to R.L. Burnside », un nouvel album attendu pour le 17 avril 2026. Pour ce projet d’envergure, le quatuor s’est entourée d’invités internationaux prestigieux : G. Love, Duwayne Burnside (fils de R.L. Burnside), Kenny Brown (guitariste historique), Luther Dickinson (North Mississippi Allstars, ex‑Black Crowes), Cedric Maes (The Sore Losers) et Pablo van de Poel (DeWolff).

En éclaireur de cet opus hommage, Boogie Beasts dévoile « Shake ’Em On Down », une relecture hypnotique et rugueuse d’un classique de R.L. Burnside. Fidèle à l’esprit du Hill Country blues du Mississippi, le groupe y injecte son énergie brute et sans compromis. Le titre se distingue également par la participation de G. Love, qui y appose sa signature ‘Philadelphonic’, à la croisée du blues, du groove urbain et du hip‑hop.

Le groupe explique : ‘Adolescents dans les années 90, on a grandi avec le grunge. À cette époque, G. Love & Special Sauce faisaient figure d’outsiders. Leur mélange de blues et de hip‑hop était totalement inédit et nous a profondément marqués. Son album Philadelphia Mississippi*, mêlant hip‑hop et Hill Country blues, faisait naturellement écho à notre projet. Lorsqu’on lui a proposé de participer, il a accepté avec enthousiasme. Avec lui, « Shake ’Em On Down » a pris une couleur nouvelle, très personnelle. On est particulièrement fiers de cette collaboration’.

Au‑delà d’un simple album tribute, « Don’t Be So Mean ! » célèbre un double anniversaire : les 15 ans de Boogie Beasts et le centenaire de la naissance de R.L. Burnside. Le single s’accompagne d’un clip animé DIY, imaginé et réalisé par Fabian Bennardo (harmonica), prolongeant l’approche artisanale et viscérale chère au groupe.

Grâce à cet hommage sincère et habité, Boogie Beasts confirme son attachement profond au blues du Mississippi tout en le réinventant à travers une vision résolument contemporaine.

CONCERTS DE PRÉSENTATION D’ALBUM :

-16/04/2026 : Macca Club, Hasselt (BE) – special guest : Cedric Maes

18/04/2026 : La Bonne Source, Fleurus (BE)

CONCERTS :

25/04/2026 : Reflektor, Liège (BE) – double affiche DeWolff

27/04/2026 : Des Konings Fest/Burgerweeshuis - Deventer (NL)

02/05/2026 : Moulin Blues – Ospel (NL) – feat. Pablo van de Poel (DeWolff)

09/05/2025 : Ancienne Belgique, Bruxelles (la première partie de Robert Jon & The Wreck)

20/06/2026 : Waogstock Festival, Neer (NL)

De nouvelles dates belges et internationales seront bientôt annoncées.

La vidéo de « Shake ’Em On Down », est disponible ici

 

 

The New Pornographers

L’ancien site de The New Pornographers

Écrit par

Le quintette canadien The New Pornographers prépare la sortie de son prochain long playing, « The Former Site Of », prévu pour le 27 mars chez Merge Records. Pour accompagner cette annonce, la formation diffuse « Votive », un extrait soutenu par une vidéo animée (à découvrir

Conçu autour de la mandoline d’A.C. Newman, « Votive » s’ouvre sur des nappes de synthés et de claviers avant de s’étendre vers un jam ample. Le clip, animé par Michael Arthur, puise dans l’imagerie des paroles de Newman et met en lumière le refrain partagé par A.C. Newman et Kathryn Calder : ‘I didn’t see you there’.

Ce dixième opus rassemble dix récits brefs centrés sur des personnages confrontés à diverses formes de tension personnelle ou sociale, présentés sous des chansons pop travaillées avec précision. Ébauché dans le studio domestique de A.C. Newman, le disque a ensuite été transmis au reste du quintette — A.C. Newman, Kathryn Calder, Neko Case, John Collins et Todd Fancey. Pour cette session, le batteur Charley Drayton (Divinyls, The Rolling Stones, Fiona Apple) a rejoint la formation, tandis que Josh Wells (Destroyer, Black Mountain) siègera derrière les drums, durant la tournée printanière.

A.C. Newman explique que la possibilité de travailler longuement dans son propre espace lui a permis de poser les structures essentielles de chaque morceau — quelques éléments, la direction émotionnelle, le strict nécessaire — avant de les proposer au reste du band pour approfondissement. Cette méthode a réduit les révisions et a clarifié l’élan créatif dès le départ.

Geologist

Les clopes légères de Geologist

Écrit par

Le musicien Brian Weitz, connu sous le nom de scène Geologist et membre fondateur d’Animal Collective, sortira son tout premier album solo, « Can I Get a Pack of Camel Lights ? », le 30 janvier 2026. Cet opus, véritable mosaïque de sons avant-gardistes, kraut, post-punk et minimalistes, s’inspire de ses expériences musicales et personnelles.

Le single phare, « Tonic », occupe une place centrale dans ce projet. Il rend hommage à un concert marquant auquel Brian a assisté au club new-yorkais Tonic, où Keiji Haino a livré une performance envoûtante à la vielle à roue. Ce morceau, accompagné d’une vidéo réalisée par Molten Synapse, se distingue par ses lignes de vielle à roue saturées, ses synthés analogiques puissants, la basse de Dave Portner et la batterie d’Alianna Kalaba, créant un mélange unique d’énergies post-post-punk.

L’elpee, enregistré à Asheville, qui a reçu la participation de nombreux musiciens, reflète la quête de Geologist pour repousser les frontières du drone et de l’électro-acoustique, tout en mettant en lumière le single « Tonic » et son univers visuel captivant.

« Tonic » est à voir et écouter

Shaggy Dogs

Votez pour Shaggy Dogs !

Écrit par

Depuis sa participation au "Tribute to Lee Brilleaux", en hommage au leader de Dr. Feelgood, en 1998, Shaggy Dogs n'a cessé de distiller son ‘blues rock festif’ à travers toute l'Europe mais également au Canada, au Japon ou encore plus récemment, en Scandinavie.

Après un 8ème opus, l'Ep "Sorry For The Delay" (2022), Red et son gang en rouge et noir, plus hirsutes que jamais, sortiront un nouvel elpee, "Pinball Boomers", ce 26 septembre 2025.

10 titres produits par le fameux Gallois Nick Brine (Stones Roses, Seasick Steve, The Quireboys, …) dont les thèmes abordés posent un regard quelque peu amer sur notre société, nos angoisses, nos doutes et nos frustrations, le tout porté par l'énergie caractéristique du quintet !

Le clip de son 1er single "Who's Gonna Vote ?" est à voir et écouter

A la ‘Une’ des tabloïds, la question qui hante tout candidat en quête de pouvoir : ‘Qui va voter pour moi ?’

L'énergie du live et le style minimaliste de ce clip servent un message explicite en phase avec l'actualité du moment... intemporelle.

Quand un candidat s'époumone, accroché à son pupitre, Shaggy Dogs donne le rythme à coups de riffs acérés portant à son apogée leur fiesta Blues'n'Roll !

Pornographie Exclusive

Le duo “Pornographie Exclusive” crée l'événement à Bruxelles grâce à la première de son ciné-concert

C'est sans nul doute un des concerts de l'année qui s'est déroulé à l'Espace Magh hier soir. C'était la première belge du ciné-concert “One-Way Ticket To The Other Side”, accordé en clôture du festival “Court Mais Trash”.

Pornographie Exclusive, c'est un couple aussi bien sur scène que dans la vie, composé de Séverine Cayron et Jérôme Vandewattyne. Sa musique fait voler en éclats les frontières entre les genres musicaux, en concoctant un mélange alchimique d'influences cold-wave, goth-rock, psyché, darkwave, shoegaze, krautrock, techno et indus, le tout sublimé par une dimension cinématographique. Les deux artistes sont également actifs dans le septième art : Séverine en tant qu'actrice et Jérôme, comme réalisateur (notamment, du film ‘The Belgian Wave’). Et, cerise sur le gâteau, Séverine joue merveilleusement du violoncelle.

Hier, à Bruxelles, le duo fêtait la sortie de son premier album, gravé sur vinyle par le label Antibody, et on peut dire, sans exagérer, qu'ils ont cassé la baraque. Les chansons étaient rehaussées par la projection sur grand écran de clips réalisés par des réalisateurs différents, le tout relié par des séquences filmées par Jérôme et présentant un 'road-movie' très 'lynchéen', décalé et dystopique. Deux personnages masqués y traversaient un monde apocalyptique. “Ce sont un peu nos 'alter egos'”, a précisé Séverine Cayron lors de l'interview accordé il y a quelques semaines. “On ne sait pas qui ils sont vraiment. Tout est un peu dans un flou artistique.”

Le spectacle, époustouflant, alternait entre les moments calmes, “ambient” (“Pire que la Douleur”), les séquences psyché (“Kosmische Liebhaber”) et les envolées electro-rock les plus violentes (“Cracks”), démontrant toute l'étendue du spectre musical du duo. Un inédit, “Slander”, joué à la fin du show, avait même des accents techno-indus, évoquant par moments Nine Inch Nails. Le public fut clairement conquis, accordant une 'standing ovation' aux deux musiciens à l'issue du concert.

Une chose est sûre: hier, PE a gagné son “one-way ticket” pour le succès...

Pour regarder des extraits du ciné-concert, c'est ici.

Pour lire l'interview de Pornographie Exclusive, voir ici

Pour écouter l'interview en podcast de l'émission WAVES (avec, en bonus, les sélections de PE), c'est ici

Pour écouter et acheter l'album de PE, c'est sur le label bruxellois Antibody de Yannick Franck.

Mathieu Boogaerts

Le Grand Piano de Mathieu Boogaerts

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« Grand Piano », c’est le titre du neuvième album de Mathieu Boogaerts, et c’est un oxymore (figure de style qui vise à rapprocher deux termes que leurs sens devraient éloigner).

‘Grand’car il l’a voulu ainsi : franc, épais, puissant, plus de matière, de volume que ses prédécesseurs... Plus âgé ? Une batterie, une basse électrique, une basse synthétique, une guitare électrique, une guitare acoustique, un synthétiseur, un saxophone, une flûte, un accordéon, un chœur, des percussions, un piano électrique et un piano droit : la gamme de couleurs qu’il lui a fallu pour dépeindre en détails les sentiments qu’il déploie dans ses douze nouvelles chansons.

Mais ‘Piano’, car toujours sur le ton de la confidence, léger, fragile, doux, nuancé.

Comment ? Il a écrit et composé ce répertoire entre septembre 2020 et mars 2023 dans de nombreux lieux dont Londres, Paris, Istanbul, Amsterdam, Budapest, Plaisians, Risoul et les Landes. Le disque a été enregistré de manière classique, entre 2023 et 2024 à La Frette Studios en région parisienne.

Une pulsion, un profond désir, encore et toujours : exprimer en musique et en mots ces passions qui l’animent tout au long de la vie. Sans cesse chercher, proposer des formes nouvelles pour les formuler au présent de la manière la plus personnelle possible.

« Dans une case », extrait de l'album « Grand Piano », est disponible sous forme de clip ici

Mogwai

La plupart de la musique écossaise provient de Glasgow…

Écrit par

La plupart de la musique écossaise provient de Glasgow…

Onzième album pour les Ecossais de Mogwai qui démontrent que leur univers musical est toujours en pleine expansion...

Fondée en 1995, Mogwai est une formation écossaise dont la musique largement instrumentale n’est pas aussi planante que celle de Tangerine Dream, mais s’inscrit plutôt dans la veine pulsante d'un Godspeed You! Black Emperor. Paru en janvier dernier, son nouvel opus, « The Bad Fire » (qui désigne l'enfer en argot écossais) est découpé en dix morceaux, dont quatre chantés (très bien d’ailleurs) aux univers contrastés. Un onzième opus qui démontre que son univers musical est toujours en pleine expansion ; mais aussi rend hommage au shoegazing de Ride et au vocoder, justifie l'indépendance de l'Ecosse et reconnaît l’influence de… la cornemuse… 

Le chanteur/guitariste Stuart Braithwaite s’explique…

Pourquoi entend-t-on un cri à la fin de « Lion Rumpus » ?

C'est Dominic, le bassiste, qui gueule parce qu'il a commis une erreur. Finalement, John Congleton, le producteur, l'a conservé et nous estimions plutôt comique de laisser ce cri sur le disque. Néanmoins, nous n’attribuons pas de titres aux morceaux tant que l'album n'est pas terminé. Bref, il n'a rien à voir avec un rugissement malgré son titre, « Lion Rumpus ».

L'humour est-il un élément important pour vous ?

Nous aimons nous amuser et c'est peut-être la seule façon d'exprimer notre joie à travers notre musique qui est plutôt sérieuse. Mais en fait, nous sommes plutôt stupides et nous aimons bien faire les idiots (rires).

« Fanzine Made of Flesh », par exemple, est empreint de surréalisme…

Oui, c'est ridicule et la réponse l’est tout autant. En fait, ça nous plait tout simplement. Au fil des années, certaines de nos compositions, et surtout les plus émouvantes, affichent des titres les plus stupides.

Lorsque vous composez des chansons qui impliquent des voix, la méthode est-elle différente des instrumentaux ?

Je suppose que vous pensez à l’utilisation de la voix comme un instrument ? La structure du morceau est plus définie parce que certains mots sont utilisés à des endroits précis. La démarche est donc différente.

Sur la première plage, « God Gets You Back », les parties vocales évoquent le shoegazing de Ride.

C'est un compliment. Nous sommes très fans de ce groupe. C'est en fait Barry qui chante sur ce morceau. Lorsque nous nous rendons, en voiture, aux répétitions, nous chantons souvent en écoutant les albums de Ride.

« Fanzine Made of Flesh » est-il une sorte d'hommage au vocodeur ?

Oui. À l'origine, c'était censé être une voix normale, mais le résultat ne se révélait pas très convaincant. Depuis notre troisième album, nous avons toujours aimé utiliser le vocodeur, car il figurait sur certains de mes disques préférés. C'est une bonne façon d’établir le lien entre une émotion humaine et une autre synthétique ou synthétisée.

Et quelles sont vos références en matière d'utilisation du vocodeur ?

Kraftwerk, évidemment, tous les disques électro, genre Cybertron, même Neil Young sur l'album « Trans » en 1983 ; et bien entendu le « O superman » de Laurie Anderson qui reste un classique dans son utilisation du vocoder.

L'un de vos principaux traits distinctifs de vos compos est l'utilisation du crescendo....

Oui, c'est moins systématique désormais, mais c'est vraiment l'une des caractéristiques de notre musique. Nous avons toujours souhaité insuffler une dynamique. Nous avons grandi en écoutant Nirvana et les Pixies qui ont toujours été importants pour nous. Et puis d'autres artistes au fil des années dont la musique était vraiment similaire, comme Gorecki, Mahler ou Godspeed You! Black Emperor.

Lorsqu’on est musicien écossais, les cornemuses sont-elles une source d'inspiration ?

(Il rit). Probablement de manière subliminale, notamment dans le son drone (bourdon) de « Hammer Room ». Vous savez, j’imagine que la principale caractéristique de la cornemuse est d'être constituée de bourdons, d’un chalumeau mélodique et d'autres monodiques. Et lorsque je songe à la musique de bourdons, je pense plus au Velvet Underground qu'à Spacemen 3. Mais si j'aime en particulier le Velvet, c'est peut-être parce que plus jeune, j'y entendais de la cornemuse.

Quels sont, selon vous, les points communs entre tous les groupes écossais, hormis la nationalité ?

Il existe, dans la musique écossaise, un esprit d'indépendance et une attitude anticonformiste. Musicalement, c'est très diversifié. Beaucoup de musiciens écossais bâtissent des univers sonores totalement différents. On rencontre énormément de bonne musique pour un si petit pays.

Donc entre vous et, par exemple, Primal Scream et Franz Ferdinand, le point commun serait l'esprit ?

Tout à fait. Franz Ferdinand, ce sont des amis proches. Ils font certainement de la musique pour les mêmes raisons. Tout comme Primal Scream, The Jesus and Mary Chain, Cocteau Twins ou Boards of Canada... il y a beaucoup de très bonne musique écossaise.

Vous êtes originaires de Glasgow. Cette ville est-elle la capitale de la musique écossaise ?

Oui, c'est la plus grande ville d'Ecosse ! On y recense davantage de musiciens, de salles de concerts.

D’excellents musiciens vivent dans d'autres régions d'Écosse, mais la plupart de la musique écossaise provient de Glasgow.

Une ville très vivante si on la compare à Édimbourg ?

La vie est chère à Edimbourg. Il y est plus compliqué d’être musicien.

Vous militiez pour l'indépendance de l'Écosse, il y a dix ans. Pensez-vous que ce soit toujours réalisable ?

Oui, et c'est d'autant plus souhaitable que le reste du Royaume-Uni est désormais très à droite. L'indépendance de l'Écosse semble plus nécessaire que jamais.

Même si c'est un gouvernement travailliste qui est aux manettes désormais ?

Ouais. Ce n'est pas un gouvernement très socialiste... (rires)

Pensez-vous donc qu’un autre référendum sur l'indépendance de l'Ecosse sera organisé bientôt ?

Probablement pas tout de suite, mais certainement dans un futur plus ou moins proche. D’ici dix ans.

Et cette fois ce sera la bonne... (il sourit)

Mogwai : « The Bad Fire » (PiaS) – 24/01/2025

Pornographie Exclusive

Trouver la lumière dans les ténèbres…

Vous le savez : dans votre webzine favori, nous traquons sans relâche les nouveaux projets prometteurs avant qu'ils n'explosent. Musiczine a été parmi les premiers à vous parler de Whispering Sons et d'Eosine, pour ne citer que ces deux exemples. Eh bien, aujourd'hui, nous vous présentons une nouvelle pépite : Pornographie Exclusive. Ce projet est un duo, un couple aussi bien sur scène que dans la vie, composé de Séverine Cayron et Jérôme Vandewattyne. Sa musique fait voler en éclats les frontières entre les genres musicaux, en concoctant un mélange alchimique d'influences cold-wave, goth-rock, psyché, darkwave, shoegaze, krautrock, techno et indus, le tout sublimé par une dimension cinématographique. Les deux artistes sont également actifs dans le septième art : Séverine en tant qu'actrice et Jérôme, comme réalisateur (notamment, du film ‘The Belgian Wave’). Et, cerise sur le gâteau, Séverine joue merveilleusement du violoncelle, instillant aux concerts un souffle décidément épique, comme nous avons pu le constater 'de visu', au Café Central, il y a quelques mois. PE est, sans nul doute, l'une des grandes révélations de ces derniers mois en Belgique ; et 2025 sera l'année de son explosion sur la scène internationale. Musiczine a rencontré les deux musiciens, accompagnés par Yannick Franck, du label Antibody, qui produit le premier elpee, éponyme, du duo. L'interview a été organisée par l'émission de radio WAVES.

Merci de nous accorder cette interview ! Ma première question sera très simple. Pourquoi ce patronyme, ‘Pornographie Exclusive’ ?

Jérôme : D'abord parce que ce sont des mots antinomiques. Ils représentent bien la dualité de notre condition humaine. En plus, ça sonne très ‘cold wave’.

Oui : un nom commun plus un adjectif, c'est directement cold wave.

Séverine : Voilà. Ce sont deux mots qui sont sortis de façon un peu aléatoire. On aime bien la langue française, la sonorité des mots, même si on ne chante pas beaucoup en français. On a un faible pour les associations comme ça. On s'est dit : ‘Tiens, ça sonne bien ; c'est très fort.’

C'est presque un oxymore.

Séverine : Exactement. Et ce qui nous amuse, c'est de voir la réaction des gens alors que ce ne sont que des mots, des sonorités.
Jérôme : Les générations plus anciennes vont considérer 'pornographie' comme choquant, alors que pour les plus jeunes, ce sera plutôt...

Le terme 'exclusif', par opposition à 'inclusif' ?

Séverine : Oui, alors qu'on n'exclut personne.

J'avais ressenti le nom comme simplement une expression de votre duo : 'exclusif' vu que vous n'êtes que deux et 'pornographie' dans le sens où vous allez au bout des choses, sans limites.

Jérôme : C'est ça ! On est vraiment nus, l'un en face de l'autre et on ose tout. On est dans notre bulle et, comme tu dis, il n'y a aucune limite.
Séverine : Et en effet, on ne se cantonne pas à un style. On est extrêmement ouverts.

Dans un morceau comme “Cracks”, il y a un côté cold wave, même carrément gothic rock, et aussi un aspect shoegaze. En outre, on identifie une dimension cinématographique. C'est un mélange de dingue, en fait !

Jérôme : Oui, mais ce n'est pas calculé. On part d'une ligne de basse, puis on ajoute une suite d'accords et une envie de texte.
Séverine : Ce qui correspond aussi à un moment particulièrement intense de notre vie, lors d'un voyage à Berlin.

J'ai cru comprendre que l'album avait été composé dans des chambres d'hôtels ?

Séverine : C'est exact. C'était pendant le confinement. On ne pouvait pas sortir ; donc, à Berlin, on est restés confinés. Et comme on se déplace toujours avec notre mini-studio portatif, on a composé et enregistré le morceau dans la chambre de l'hôtel. 

Et c’est le sujet des textes ?

Jérôme : Non, les paroles parlent de la manière dont un être peut être toxique dans une relation ou même avec lui-même. La toxicité ne va pas que dans un sens. On parle toujours des pervers narcissiques, mais, en fait, la toxicité est quelque chose qu'on construit ensemble. Les textes traitent des fissures qui peuvent contaminer l'autre.

Je comprends bien ce point de vue. En fait, suivant l’adage : 'It takes two to tango'. Il faut être deux pour danser le tango. Et la fissure est l'endroit qui laisse passer la lumière...

Jérôme : Mais c'est exactement ça ! Notre projet, c'est précisément de trouver la lumière dans les ténèbres.

C'est le principe de l'alchimie...

Jérôme : Précisément.

J'ai aussi eu un énorme coup de cœur pour le morceau 'Kosmische Liebhaber', 'cosmic lovers' ! Comment est née cette compo et pourquoi l'utilisation de la langue de Goethe ? 

Séverine : On essaye toujours de capter un moment pour écrire et composer. Donc là, je voyageais en train pour me rendre en Suisse et c'était un long trajet. Aussi, comme j'étais en Allemagne, dans cet environnement germanique, j'ai eu envie d'écrire ces paroles pour mon amoureux en allemand. Comme un poème écrit à distance.

Les paroles commencent par ‘Du bist Das Feuer, ich bin der Ozean...’ Et ensuite ?

Séverine : ‘Wir kommen auf die Erde, Um liebe zu verströmenr L'idée, c'est que nous sommes des 'aliens' venus sur terre pour jouir, pour expérimenter la jouissance... C'est un poème sur le pouvoir de l'amour. A ce moment-là, à cause de la crise sanitaire, on avait vraiment l'impression d’appartenir à un autre monde. On se voyait comme deux amants qui viennent d'une autre planète et arrivent sur terre pour apporter de belles choses.
Jérôme : Et c'est ce morceau qui a inspiré le film devant lequel on joue maintenant lors de nos ciné-concerts.

Oui, c'est le long métrage ‘One-Way Ticket to the Other Side’...

Jérôme : Tout à fait ! Et le fil rouge des séquences du film, qui ont été tournées par différents réalisateurs, est représenté par deux personnages, des êtres intemporels qui traversent un monde apocalyptique.
Séverine : Ce sont un peu nos 'alter egos', qui portent des masques de vieillards. On ne sait pas qui ils sont vraiment. Tout est un peu dans un flou artistique. 

Précisons pour les lecteurs que chaque séquence du film correspond à une chanson et que les réalisateurs ne disposaient' que de 100 € de budget par clip.

Séverine : Oui, enfin, en théorie... 

Et ce concept, très intéressant, de jouer devant un écran, en formule ciné-concert, c'est une de vos trouvailles ?

Yannick : L'idée du ciné-concert n'est pas nouvelle. Mais l’originalité de celui-ci, c'est que le film ne préexiste pas, il n’appartient pas au patrimoine. Tout a été commandité et supervisé par le groupe. C'est une démarche tout à fait singulière mais qui lui correspond bien puisqu'ils sont à la fois dans la musique et le cinéma.
Jérôme : On va présenter ce concept le 8 février prochain à l'Espace Magh, à Bruxelles. (NDR : voir le lien en fin d'article).

Ce sera un événement à ne pas manquer ! Parlons maintenant un peu de votre background. Séverine, tu as commencé par un parcours classique.

Séverine : Totalement classique. Mon père est compositeur de musique néoclassique, contemporaine et ma mère est mélomane. J'ai commencé le violoncelle à huit ans et j'ai découvert énormément d'œuvres, que ce soit en solo ou au sein d'un orchestre. Et puis, j'ai arrêté. J'ai décidé de devenir comédienne. J'ai compris que je ne voulais pas continuer le violoncelle professionnellement. J'avais besoin d'un autre moyen d'expression. Donc, j'ai pris une pause dans ma pratique de cet instrument pour le retrouver, plus tard, comme moyen d'arrangement. Et au sein du duo, j'ai vraiment redécouvert le violoncelle.

Et le chant ? 

Séverine : Dans ma carrière, j’ai toujours chanté. Chez Valkø et auparavant, Auryn. C'était plus dans un style pop-rock. Les deux projets ont reçu pas mal de couverture dans les médias. Mais j'avais envie de quelque chose de plus rock, de plus énergique, de plus dansant.

Et de plus alternatif ?

Séverine : Absolument ! Et au sein de Pornographie Exclusive, j'ai tout cela. Et en plus, je rejoue du violoncelle.

Tu peux donc réconcilier le passé et le présent.

Séverine : Oui, et c’est ce qui fait notre différence.

L'idée de ne pas choisir l'un ou l'autre. De mettre tout sur la table et de tout mélanger.

Séverine : C'est venu petit à petit. Par exemple, dans la première version de “Icon”, il n'y avait pas de violoncelle. C'est en répétant, alors que le track était déjà mixé, qu'on a fait évoluer le morceau. D'abord, grâce à un riff de basse de Jérôme et ensuite, j'ai eu l'idée du passage au violoncelle. Et on en a conclu : ‘Mais il est là, le morceau !’

C'est vrai que la compo prend carrément une tout autre dimension à partir de deux minutes.

Séverine : D'habitude, on évite de remanier les morceaux, sinon, on ne sortirait jamais d'album. Mais dans ce cas-ci, on s'est dit qu'il fallait vraiment le retravailler.

Et en live, ce morceau déchire. Au Café Central, en mai dernier, c'était énorme.

Séverine : C'était épique, on va dire... (rires)
Yannick : Ce morceau a mis le feu ! Il y a une envolée lyrique, un souffle puissant.
Jérôme : D'où l'importance d’interpréter les compositions en 'live' avant de les bétonner définitivement.

Pour leur donner l'occasion de se développer ?

Jérôme : Lors du ciné-concert, on a un titre, “From Bridges View”, qui ne figure pas sur l'album. Et il a aussi beaucoup évolué. Au départ, il s’agissait d’une improvisation pour un interlude. Et un jour, alors qu'on tournait pour le film, du côté de Doel, en pleine nuit, un gang est arrivé, et ces types ont commencé à tout péter autour de nous. Après un certain temps, on a préféré partir. Mais plus tard, en regardant les images, on s'est dit qu'on avait filmé un vrai moment de cinéma, de façon imprévue. Conséquence, on a réécrit un dialogue et cet épisode nous a inspiré d'autres idées musicales. Sur cette base, on est reparti tourner d'autres séquences. Finalement, on a obtenu un moment audio-visuel magique.

Et ces morceaux-là, qui ne sont pas sur l'elpee, vous allez les sortir ?

Séverine : Oui ! On en a quatre qui sont déjà mixés. Ce sera un Ep bonus de “One Way Ticket...”

Cool. Grâce à ce film et à ce concept de ciné-concert, vous avez été sélectionnés pour des festivals, notamment en Allemagne, et à Montréal.

Jérôme : En fait, le film est une création en partenariat avec le festival d'Oldenburg organisé par Torsten Neumann et sa femme Deborah Kara Unger, l'actrice de ‘Crash’ de Cronenberg, et de ‘The Game’, de David Fincher. Ils nous ont donné carte blanche. On a donc travaillé en compagnie des réalisateurs liés à ce festival, certains qu'on connaissait, d'autres moins voire, pas du tout. L'idée était de réaliser ce projet en commun et on l'a mené à bien en quatre mois. Notre album constituait la base et ils ont tourné leurs séquences vidéo en s'inspirant de notre musique. 

Et comment avez-vous fait pour coordonner le tout ? Vous avez fourni un cahier des charges ?

Séverine : Non. Le lien est établi par nos deux personnages, les Cosmic Lovers. Jérôme a conçu tous les interludes entre les chansons. Ils présentent deux personnages masqués, qui sont dans une sorte de 'road trip'. Chaque morceau et chaque petit film propose un monde différent. Ce sont les interludes qui constituent le ciment du film et assurent la cohérence de l'ensemble.

Jérôme : C'est vraiment une expérience à vivre en 'live'. Justement, le public aura l’opportunité de découvrir le spectacle le 9 février prochain à 19h30, à l'espace Magh, à Bruxelles. A une certaine époque, à cet endroit, il y avait une boîte de nuit : le ‘Who's Who's Land’.
Séverine : A côté du Manneken-Pis.
Jérôme : C'est dans le cadre du festival 'Court Mais Trash', dont on assure le final. On combinera donc le 'release' de notre album via Antibody avec la première belge de notre spectacle et la clôture du festival.

Maintenant, on va parler de ton background, Jérôme. Ta famille était également très branchée musique, si je ne m’abuse.

Jérôme : Oui. Mon père était DJ amateur. Il passait tous ses week-ends à animer des soirées, principalement à l'Os à Moelle, à Schaerbeek.

Tiens ! Je participe régulièrement à des quiz musicaux dans ce cabaret.

Jérôme : J'ai grandi là-bas. C'est le plus vieux cabaret de Bruxelles. Il avait été créé par Jo Dekmine, du Théâtre 140. Les week-ends, on y passait beaucoup de temps, mon frère et moi. On a créé plusieurs groupes jusqu'à ce qu'on ait le nôtre, VHS from Space. J'ai commencé le solfège à cinq ans, mais j'ai très vite arrêté, car je n'aimais pas le côté académique… rigide. Au départ, je jouais du piano. Mais à douze ans, j'ai eu envie de me consacrer à la guitare électrique, pour jouer du rock'n'roll ou du punk. Ce qui est marrant, c'est qu'aujourd'hui, Séverine me ramène un peu vers la musique classique...

Vous vous êtes fertilisés l'un l'autre...

Jérôme : Oui, on s'est contaminés. Et pour un bien !  

Dans l'autre sens, Séverine, tu as découvert la musique plus 'dark' grâce à Jérôme.

Séverine : On partageait déjà des références. Surtout la BO de 'Lost Highway' de David Lynch. On avait été touchés par la musique, plus que par l'histoire. Ce sera le début de notre intersection musicale. Mais je connaissais quand même déjà des choses plus 'hard' comme Mr Bungle, Fantômas et des groupes comme Cure, les Pixies...

L'album Pornography” de The Cure, sans doute ? Ce n'est pas un hasard, ce mot 'pornographie' ? On suppose qu’il existe une filiation...

Jérôme : Oui, c'est quelque part grâce à l'album de The Cure qu'on a osé insérer le mot 'pornographie' dans notre nom. Mais ce n'était pas un hommage à ce groupe, qu'on aime beaucoup par ailleurs.

Le son de Pornography” est juste énorme. En imaginant un son pareil pour votre musique, ce serait encore plus impressionnant.

Séverine : Oui, on peut imaginer le résultat ! Nous, évidemment, on est totalement en autoproduction. Et puis, j’ai pu concrétiser un rêve, celui de produire un album. J'adore le côté geek / ordinateur / plug-ins, etc.

C'est étonnant. On s'imagine toujours que c'est l'homme qui incarne le geek du groupe.

Jérôme : Dans PE, c'est elle, la 'geekette'... (rires)

Voilà, le néologisme est déposé...

Séverine : Oui, dans notre cas, c'est vraiment mon truc, quoi. C'est mon dada ; je peux vraiment passer des heures à bidouiller...

Donc, vous n'êtes pas allés dans un vrai studio ?

Séverine : Si, pour le mixage. 

Mais vous n'avez pas réenregistré les tracks en studio ?

Séverine : Simplement les cordes pour “Invitation to a Suicide”.
Jérôme : Tout a été entièrement enregistré dans des chambres d'hôtel. Ce qui explique pourquoi c'est de l'électro-rock. Il aurait été impossible d'enregistrer une batterie dans une chambre d'hôtel.
Séverine : Tout est réalisé à l’aide de plug-ins, y compris les amplis, les batteries, et évidemment les synthés.

Justement, au début de Invitation To A Suicide”, une reprise de John Zorn, il y a des plug-ins synthés de dingue ! Ils me font penser à Tangerine Dream, à Popol Vuh... Il y a même des sons de mellotron.

Yannick : C'est très rare, de rencontrer un groupe à l’identité très 'wave' et qui, dans le même temps, est ouvert à une forme de psychédélisme et au côté répétitif du krautrock.
Jérôme : Tu cites Popol Vuh, et bien justement, certains de leurs morceaux ont été repris par Werner Herzog dans ses films. Ce genre de musique confère un élément, une atmosphère 100% cinématographique. C'est à nouveau un signe que l'on refuse les étiquettes. On a juste envie de voyager, de créer des sensations.
Yannick : C'est comme Tangerine Dream, dont la musique figure dans le film “Sorcerer” de Friedkin.
Jérôme : Tout à fait ! L'idée, c'est de ne pas imposer de limites. Et donc, par rapport à mon parcours, à côté de la musique, je fais également du cinéma. Et Séverine est comédienne. Donc, on transite toujours de l'un à l'autre. Le cinéma inspire notre musique et la musique reflète un côté cinématographique.

Pour les lecteurs, on précise que tu as réalisé ‘The Belgian Wave’, dont Yannick a créé la musique. Un long métrage qui a fait grand bruit au cours des derniers mois.

Jérôme : Il a été programmé au cinéma ‘Aventure’, à Bruxelles et, vu le succès, il a été 'prolongé' un nombre incalculable de fois.
Séverine : Si on n’avait pas dit 'stop', il aurait été programmé à l'infini (rires) !
Jérôme : Et juste avant, j'avais réalisé ‘Spit'n'split’, un film qui suivait la tournée de The Experimental Tropic Blues Band.
Yannick : À voir absolument. J'avais invité Jérôme dans l'école où je donne des cours, à l'ESRA à Bruxelles et les étudiants m'en parlent encore aujourd'hui. L'approche de Jérôme les a inspirés. On croit toujours qu'il faut des moyens énormes pour tourner des films. En fait, tu prends un vieux caméscope et tu filmes dans la rue, tout simplement, et tu testes un peu ton rapport au monde. Tu te confrontes à l'acte cinématographique et on voit très vite ce que tu as dans le ventre. On n'a pas besoin d'une tonne de matos, de 'steady-cam', de travellings. Il suffit d’adopter la méthode de Jérôme : réaliser un film à l'aide d'un appareil photo cassé.
Séverine : Et un objectif de caméra de surveillance...

A propos, le groupe existe encore ?

Séverine : Oui ! Il va sortir un nouvel album. On travaille un peu comme eux. On a aussi cette envie de DIY (Do it yourself) ... Être mobiles et surtout libres !
Jérôme : Faire les choses passionnément, sans avoir quelqu'un au-dessus de toi pour te donner des directives. Comme l'a dit Yannick : c'est là où on voit ce que tu as dans les tripes. C’est pourquoi j'adore les premiers films des réalisateurs. Quand ils sont débutants, ces films sont plus touchants et plus profonds. Par la suite, ils deviennent plus formatés. Par exemple, je joue sur une basse à 60€. Une basse chinoise.

Et pourtant, elle sonne super bien !

Jérôme : Le son, c'est surtout dans les doigts...
Séverine : Et dans l'intention. En ce qui concerne mon violoncelle, c'est différent. Pour qu'un violoncelle sonne, il doit être bon. Le mien, ça fait plus de 20 ans que je l'ai. On ne peut pas tricher. Il faut de la bonne qualité sinon ça sonne comme une casserole... On a également une bonne carte son. Les préamps sont bons. C'est une petite interface RME, mais elle donne de très bons résultats. On a enfin un micro-chant qui n'est pas cher, mais d'un niveau assez élevé : un Audio-Technica AT 2035. C'est un micro que Billie Eilish utilisait lors de ses premiers enregistrements, donc...
Jérôme : Il coûte environ 180 €, ce qui est très abordable. En blind test, il est comparable à un Neumann U87 à plus de 2 000 boules.
Séverine : Voilà, donc, en termes de qualité-prix, on a quand même du bon matos. Et puis, on a surtout un large spectre de ressources, car si Jérôme maîtrise la guitare, la basse, le chant et les claviers, je joue du violoncelle, du clavier et je chante. C'est une large palette !

Et ta guitare, Jérôme, a un son qui peut se révéler 'métal', un peu 'hard', mais souvent aussi très clean. Dans le genre des Shadows ou de certaines musiques de film. Elle sonne presque comme un glockenspiel.
Jérôme :
Mon éducation y est sans doute pour quelque chose. Mon père jouait dans un groupe de reprises des Shadows...

J'ai tapé dans le mille, apparemment...

Jérôme : Ce qui nous plaisait dans la soundtrack de “Lost Highway”, c'est la diversité. Lynch et Trent Reznor ont prouvé qu'il était possible de créer des BO comprenant aussi bien du Lou Reed ou du Marylin Manson, que du free jazz ou de la musique cubaine. Et je vois une cohérence dans tout cela. On adore écouter énormément de musiques, se nourrir des plus variées. Et après, on assimile le tout pour élaborer notre propre son.

Dans la palette, on a évoqué le côté classique et cold wave, mais il y a aussi la face Nine Inch Nails.

Jérôme : Oui, 'indus'. Trent Reznor est un grand monsieur. Je me réjouis de savoir qu’un gars pareil pouvait décrocher un Oscar pour la meilleure BO. Et tout en restant intègre. Il a même fait du Pixar ! Par exemple, la soundtrack du film ‘Soul’.

Oui ! Ce film est extraordinaire. Un pur chef-d'œuvre !

Yannick : Il y a aussi Lustmord, qui compose également des BO de films hollywoodiens.

J'aimerais qu'on aborde maintenant pour sujet, la reprise, que vous avez réalisée, de “Invitation To A Suicide”, de John Zorn.

Séverine : C'est un morceau tiré de la BO du film qui porte le même nom.

Ce qui m'a frappé, c'est le riff de guitare. Il me rappelle “Tubular Bells”, de Mike Oldfield, dans la BO de ‘L'Exorciste’. Il y a vraiment des dizaines de musiques de films qui sont basées sur...

Séverine : ...sur des ritournelles...
Yannick :  ...et des signatures rythmiques bizarres.
Séverine : On s'est un peu cassé la tête pour concrétiser ce projet.
Jérôme : On avait envie d'être prisonnier d'une mélodie-ritournelle comme celle-là, pour essayer de la comprendre, de la maîtriser, de la dompter. Donc, même quand la signature rythmique change, on essaie de conserver un beat...

Oui, le beat de la boîte à rythmes reste identique et il y a un décalage mais à la fin du cycle, il se récupère.

Jérôme : En effet. La ritournelle possède un côté mécanique et on voulait que les gens puissent continuer à danser dessus, à suivre le beat. C'est ainsi qu'on s'est approprié le titre. Au départ, c'était juste un exercice de style, mais à la fin, on en a conclu que le morceau méritait parfaitement sa place dans l'album. Et puis, Yannick nous a rappelé qu'il fallait qu'on ait l'autorisation pour sortir cette reprise. Et il a réussi à contacter John Zorn...
Yannick : En fait, je connaissais Martin Bisi, qui s'occupe du BC Studio, à New-York. Un studio culte où ont été enregistrés des albums célèbres de Sonic Youth, de Herbie Hancock, comme par exemple, le fameux “Rock It”. Pour la petite anecdote, un jour, je me retrouve dans ce studio, qui est situé dans le quartier Gowanus, à Brooklyn, et je vois des 'reel-to-reels', des bobines, qui trainent par terre dans des caisses. Je demande ce que c'est et on me répond que ce sont des impros de John Zorn. Plus tard, j'ai fait le lien et j'ai donc tout de suite demandé à Martin les coordonnées de John Zorn. Cinq minutes plus tard, il m'envoie l'adresse e-mail privée du réalisateur, lequel a répondu très vite à mon message, en écrivant : ‘Votre reprise est très belle, vous avez ma bénédiction. Envoyez-moi des exemplaires du disque quand il sort...’
Séverine :
C'était énorme de recevoir sa bénédiction.
Yannick : Séverine et Jérôme peuvent être fiers d'avoir été adoubés de cette manière par le Maître. Parce qu'il doit en recevoir beaucoup, des demandes de ce genre. Et c'est d'autant plus remarquable, que la composition originale a quand même été profondément retravaillée, dans un style plus alternatif.
Séverine : Si on avait juste reçu son accord, sans jugement positif sur le morceau, on aurait déjà été contents. Mais là, on ne s'attendait vraiment pas à un retour aussi chaleureux.
Yannick : C'est allé très vite et c'était très enthousiaste.
Séverine : On avait un peu peur parce qu'on avait quand même adopté un son très techno-psyché, basé sur un gros beat et des grosses montées de synthés.
Jérôme : Mais, vers la fin, les violoncelles reviennent et apportent une certaine douceur. Et puis, de toute façon, n'oublions pas que John Zorn, c'est aussi “Funny Games”. Il est aussi lié à Mike Patton, de Faith No More. Il représente une forme de liberté musicale qui nous correspond bien. Donc, nous semblait logique d’inclure la reprise sur l'album. Tout en démontrant aussi qu'on n'est pas seulement dans la cold wave...

L'opus est très varié ! On peut aussi épingler “Electric Blue” et le morceau chanté en français...

Séverine : “Pire que la Douleur”...
Yannick : C'est pour cette raison qu’il est sur Antibody. Ce n'est pas un label orthodoxe. Quand on sort de la cold wave, c'est de la cold wave produite par un Libanais ou un Marocain, des mélodies levantines et un mix de beaucoup d'influences. Ce n'est pas un label de puriste, au contraire. Donc, j'ai une certaine fierté de sortir l'album de PE. Comme on est amis, on s'est posé la question de savoir si c'était le bon choix. Et finalement, il s'avère que c'est le bon endroit, précisément parce que le projet est inclassable et dispose d'une véritable singularité. En parfaite adéquation avec leur nature en tant qu'êtres humains et qu'artistes.
Jérôme : Et c'est la même chose pour nous, dans l'autre sens. Il était judicieux de le sortir sur le label de Yannick et on est vraiment très fiers. Ça symbolise vraiment beaucoup pour nous.

D'autant plus que vous partagez aussi la passion du cinéma.

Jérôme : Tu sais, nous, on était prêts à le sortir seul, en mode indé et puis on l'a envoyé à Yannick et c'est tombé dans les oubliettes.
Séverine : Pendant un mois ou deux, pas de nouvelles... (rires)
Yannick : Je procède toujours de cette manière…
Jérôme : Vu qu'on est amis, on n'osait pas le relancer, en se disant que peut-être, il était gêné de nous avouer qu'il n'aimait pas. Et puis, mon téléphone a sonné. Il a déclaré : ‘Mais c'est incroyable ! Vous ne voulez pas le sortir sur Antibody ?’ On en a conclu que l’idée était géniale ! Et voilà, maintenant, on a ce côté 'team' et c'est hyper important aujourd'hui de se serrer les coudes. Donc, Yannick, je te renvoie la fierté que tu ressens. On est vraiment ravis d'être dans un label indépendant comme Antibody. C'est hyper important pour nous.
Séverine : C'est une forme de résistance.
Yannick : Dans un monde corrompu à ce point, il faut placer le cœur au centre de tout. La corruption des consciences est telle que si tu ne traces pas ton parcours avec des liens humains, qui ont du sens, ça ne vaut même pas la peine.
Jérôme : Le sang et le sens...

Voilà. Merci beaucoup pour l'interview ! C'était super et on vous souhaite beaucoup de chance. En tout cas, en ce qui me concerne, je connais déjà mon album préféré de 2025 dans la catégorie des productions belges.

Jérôme & Séverine : Merci beaucoup !

Pour écouter l'interview en podcast de l'émission WAVES (avec, en bonus, les sélections de PE), c'est ici.

Pour écouter et acheter l'album de PE, c'est .

Pour acheter les tickets pour le ciné-concert du 9 février à l'Espace Magh, à Bruxelles, c'est encore ici

Crédit photo : Olivier Donnet (Facebook et Instagram)

Boogie Beasts

Neon Skies & Different Highs

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Le blues des Belges de Boogie Beasts se traduit par un son très personnel et distinctif. Imaginez les Black Keys improvisant avec John Lee Hooker dans une rave tardive, le groupe Morphine dans un trip psychédélique en compagnie de Little Walter ou encore R.L. Burnside flanqué des jeunes Rolling Stones dans l'arrière-salle d'un juke joint du Mississippi. Le quatuor réunit les chanteurs/guitaristes Jan Jaspers et Patrick Louis, le génial harmoniciste Fabian Bennardo ainsi que le drummer Gert Servaes. Pas de bassiste. Le line up n’en recense aucun, et pour ces sessions le combo n’a pas sollicité de musicien de studio pour en jouer.

Depuis leur premier concert en 2011, ces 4 fous de blues-rock alternatif ont transformé de nombreux clubs et festivals en gigantesques souks festifs. Partout où ils vont, les gens s'en souviennent. Sur les planches, la formation diffuse une énergie contagieuse, avec un son délicieusement crade et simplement irrésistible. Tous leurs elpees ont reçu des critiques élogieuses. Classic 21 décrit les Boogie Beasts comme des acteurs incontournables de la scène blues-rock européenne. Fort de ses guitares tranchantes et son harmonica déjanté, le band ne perd jamais le sens du groove qui fait mouche.

Il s’agit déjà du quatrième long playing studio de Boogie Beasts. Découpé en 18 plages, il propose une musique à la fois festive et structurée. Toujours profondément enraciné dans le blues rugueux, il intègre cette fois-ci des influences gospel, soul, desert blues & rock, rhythm'n’blues, psychédéliques et même une touche de hip-hop. Ici, le blues perd ses frontières, garde ses codes et regarde plus loin. La surprise est belle, tant la richesse des morceaux est dense et la production signée Koenraad Foesters particulièrement soignée. Toujours aussi identifiable, le son reste brut, crade, parfois froid et assez urbain finalement. Les mélodies sont addictives et les chœurs accrochent. La chaleur se trouve ailleurs ; elle est encore très présente et principalement dans les arrangements vocaux. L’harmonica mène le bal sur des sonorités propres à Chicago et, grâce à des riffs efficaces et un groove rythmique dévastateur, on passe d’un titre à l’autre avec un plaisir constant. Retenir juste quelques morceaux est presqu’une insulte à ce disque qui s’écoute dans son intégralité.

 

The Pogues

Mort du poète punk romantique des bas-fonds, Shane McGowan…

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Il ne fait pas bon approcher les 65 ans ! Après Kevin ‘Geordie’ Walker, le guitarise de Killing Joke, Shane MacGowan est décédé alors qu’il allait bientôt les fêter. Pas d’un AVC, mais des suites d’une encéphalite virale.

Bien qu'il soit Irlandais, Shane MacGowan est né en Angleterre dans le Kent, à Tunbridge Wells. Ses parents, immigrés irlandais (NDR : son père est féru de littérature et d'écriture), ont notamment vécu à Londres et Brighton. Peu de temps après sa naissance, sa mère est retournée en Irlande, où il a passé six années avec elle dans la maison familiale. Là-bas il sera complètement immergé dans la musique traditionnelle. Sa mère est chanteuse et danseuse folklorique et travaille comme mannequin à Dublin.

En 1971, il avait décroché une bourse d'études musicales et intégré la Westminster School, mais trouvé en possession de drogue, il avait été expulsé de l’institution, lors de sa deuxième année académique. Malgré une partie de son enfance passée en Irlande, il a vécu la majorité de sa vie à Londres, d'où il tire son accent très prononcé du nord de la ville.

En 1976, il découvre la nouvelle scène punk londonienne dont les Sex Pistols. Mais c’est lors d’un concert de The Clash, qu’il se fait connaitre. Une fille qu'il vient d'embrasser lui mord le lobe d'oreille et un photographe de presse immortalise l’événement, alors qu’il est couvert de sang, et publie un article titré ‘Cannibalism at Clash gig’.

En 1982, il participe à la création des Pogues. Mais il souffre déjà d'une sévère addiction à l'alcool et aux drogues, ce qui explique aisément sa voix rauque.

En 1991, lors d’un festival auquel votre serviteur assiste, les Pogues sont à l’affiche. Shane entame le set, chante 3 morceaux tout en se rinçant régulièrement le gosier, et puis s’éclipse afin de cuver dans les coulisses. Lors du rappel, il refait surface, tente d’interpréter une chanson, mais ses musiciens le raccompagnent en backstage avant de poursuivre le concert. Et qui a donc chanté pour le remplacer ? Le public, tout simplement.

Mais ce comportement récurrent lasse les musiciens, crée des tensions au sein du groupe et rend interminables les sessions d'enregistrements. Il quitte les Pogues en 1991, et forme un nouveau groupe, Shane MacGowan and The Popes, au sein duquel il enregistre de nouveaux disques et repart en tournée.

Cependant, en 2001, Shane MacGowan revient au sein des Pogues pour une tournée à guichets fermés.

En novembre 2010, Shane forme un nouveau band qu’il baptise The Shane Gang en compagnie duquel il enregistre un nouvel opus, plus de dix ans après la sortie du dernier.

Reconnaissable par sa dentition ravagée par l’alcool et les drogues ainsi que ses oreilles décollées, il avait une plume remarquable. Un poète racontant des légendes celtiques et des chansons à boire. Mais il était aussi devenu la voix politique des jeunes immigrés irlandais à Londres, anti-Thatcher et anti-censure. Et quoi de plus naturel de vivre ce folk/punk à la mode pub rock, en reprenant les paroles en chœur, en buvant une bière ou en se lançant dans un pogo…  

Le plus grand succès commercial des Pogues est « Fairytale of New York », un duo échangé entre Shane et Kirsty MacColl, datant de 1987, devenu un classique de Noël teinté de folklore irlandais. Mais sa chanson la plus populaire demeure une ballade romantique, un hymne des bas-fonds, « Diirty old town ».

RIP

 

The New Pornographers

Un vraiment très léger New Pornographers…

Écrit par

Continue as a Guest, le dernier album de The New Pornographers, est sorti le 31 mars 2023 sur Merge Records. Un premier single, Really Really Light, était déjà disponible dès janvier 2023 accompagné d'une vidéo réalisée par Christian Cerezo. Pour célébrer ce nouvel album, les New Pornographers ont donné une série de concerts aux États-Unis au printemps.

Coécrit avec Dan Bejar (Destroyer), "Really Really Light" est un remodelage d'un titre de l'album Brill Bruisers, paru en 2014 et acclamé par la critique. A.C. Newman raconte : au fil des ans, une partie de ma méthode consistait à jouer avec des choses que je n'ai jamais terminées. J'aimais beaucoup le refrain de Dan, et pendant un moment, j'ai juste essayé d'écrire quelque chose qui me semblait appartenir à ce refrain". Je pensais à la chanson "The Man" d'Aloe Blacc, dans laquelle était insérée le refrain de "Your Song" d'Elton John, et je me suis dit qu'il serait amusant d'insérer une chanson que personne ne connaît.

Newman a commencé à travailler sur Continue as a Guest (10 titres) chez lui, à Woodstock (US), alors que le groupe venait de terminer sa tournée à la suite de In The Morse Code Of Brake Lights (2019). Parmi les titres tous produits par Newman, on trouve en plus de la coécriture par Bejar, le chatoyant Firework in the Falling Snow , coécrit par Sadie Dupuis.

Si l'album aborde les thèmes de l'isolement et de l'effondrement, le titre Continue as a Guest s’intéresse également aux préoccupations constantes liées au fait de faire partie d'un groupe depuis si longtemps.

Les New Pornographers ont déjà sorti huit albums studio, dont leur premier album classique, Mass Romantic, réédité en 2021.

Le clip de Really Really Light est disponible

 

Calogero

A.M.O.U.R

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Il se conjugue au passé, au présent ou au futur. Généralement imparfait, protéiforme, souvent couvert d’aspérités, il règne chez les hommes et les femmes depuis que la terre est terre. Il est partout et nulle part à la fois. Cupide, insidieux ou encore salvateur, il peut se révéler un allié de premier choix, mais peut également détruire, menant même jusqu’à la mort. De quoi s’agit-il ? De l’Amour évidemment, titre du dernier opus de Calogero.

Réalisé dans son propre studio habilement baptisé Ronipiri (référence au nom de ses enfants Romy, Nina, Pio et Rita), on retrouve à la plume de ce neuvième album, ses fidèles compagnons, Paul École, Bruno Guglielmi, Pierre Riess et même Dominique A. Mais pas que puisque quatre des chansons sont signées Marie Poulain, une jeune artiste rencontrée par le fruit du plus grand hasard et avec qui il interprètera « Le hall des départs ».

Alors qu’il y a trois ans, le chanteur produisait « Centre-ville », un disque plaintif dans lequel il s’exprimait (sans trop de conviction) sur la pandémie et de la façon dont il vivait les confinements, Calo exporte aujourd’hui sa propre vision du sentiment amoureux sous un angle nettement plus positif et détaché faisant de l’intime un acte politique dont il se hisse comme un fervent défenseur.

Si le postulat de départ a tout pour plaire, le résultat global est assez décevant. Alors que le chanteur nous avait habitués jadis par la qualité de ses compositions, notamment à travers l’ultra réussi « Les feux d’artifice », l’elpee souffre d’un trop grand éclectisme de styles, parfois carrément même carrément antagonistes, oscillant du funky « Donne », au rock « Cache-cache » en passant par les sonorités des années 80 à travers « La nuit n’est jamais noire », auquel participe Gaëtan Roussel. De quoi donner le tournis !

Hormis quelques trop rares belles chansons comme « Dénouement heureux » ou lors du duo précité, le disque s’enlise dans une suite de titres mielleux, mal torchés et qui manquent de relief pour qu’ils s’inscrivent dans la durée et restent gravés sur l’autel du panthéon.

« A.M.O.U.R » se survole, plutôt qu’il ne s’écoute, alors que la promesse d’un disque réussi se dessinait pourtant, compte tenu du travail de production et de la trame thématique. Mais, le franco-italien a préféré la zone de confort en privilégiant un volet purement commercial et en se servant d’artifices musicaux peu crédibles.

Ainsi, Calogero enfonce le clou lorsqu’il dénonce les chiffres de l’industrie musicale au détriment de l’audace et la création artistique tout au long de « Faire une chanson », alors que lui-même emprunte cette direction…

A Giant Dog

Bite

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En 2010, ce quintet texan (NDR : il est issu d’Austin) se fendait d’un album de reprises. En l’occurrence, l’intégralité du « Neon bible » d’Arcade Fire. Intitulé « Bite », son sixième elpee est illustré par une pochette répugnante. Elle aurait même pu sortir d’un film d’épouvante… Quant à la musique, elle semble naître d’une hybridation entre metal, punk, emo et glam. Glam, surtout pour les voix. Encore que parfois, le vocal opératique de Sabrina Ellis évoque celui de Matthew Bellamy (Muse). Et l’ensemble est régulièrement enrichi d’arrangements de cordes et de vagues de synthés. Malheureusement, même si les lyrics abordent les thèmes de l’amour, de la mort, de la rébellion, de la découverte de soi et des dangers de la réalité virtuelle, les mélodies manquent d’accroches ; si bien que le chien a beau aboyer et essayer de mordre, la caravane finit par passer…

5

 

 

A Giant Dog

La morsure d’A Giant Dog…

Écrit par

« Bite » est un album conceptuel, mettant en scène des personnages qui entrent et sortent d'une réalité virtuelle baptisée Avalonia. Premier album de chansons originales d'A Giant Dog depuis « Toy » en 2017, « Bite » s’est lancé dans des défis en créant des arrangements plus complexes et abordant des sujets qui les ont forcés à sortir de leur tête pour entrer dans celle des personnages qui occupent ce supposé paradis.

‘Nous devions nous retrouver dans les personnages principaux ou nous y projeter. Nous les avons développés, nous avons appris à connaître leur esprit, leurs émotions et leurs motivations, puis nous les avons exprimés dans neuf chansons’, explique Ellis. Les thèmes de l'addiction, de la fluidité des genres, de la vie éthique dans une société capitaliste, de l'autonomie physique, de l'avarice, du chagrin et du consentement bouillonnent sous la promesse de bonheur d'Avalonia.

« Bite » sortira ce 25 août 2023. En attendant, « A daydream » et « Différent than » sont en écoute ici et

 

 

Flogging Molly

Comme si on célébrait la Saint Patrick…

Écrit par

Originaire de Los Angeles, Flogging Molly est un groupe de punk celtique. Il a été fondé en 1997 par Dave King, un Irlandais qui a émigré aux States, en 1980.

C'est en 1997, au pub Molly Malone's de Los Angeles qu'il rencontre quelques autres musiciens avec qui il forme Flogging Molly. D'après Dave King, le patronyme de la formation procéderait de la fusion entre le nom du pub où le band se produisait chaque lundi, le Molly Malone's, et l'expression anglaise ‘Flogging A Dead Horse’ (Trad. littérale : fouetter un cheval mort).

Le collectif compte 10 elpees à son actif, dont le dernier, « Anthem », est paru en 2022.

Le supporting act est assuré par Pet Needs, un quatuor issu de Colchester (NDR : c’est dans le Sussex, en Angleterre) qui nous nous replonge aux origines du punk, soit entre 75 et 78.

Fondé en 2017, il compte un Ep et deux elpees à son actif, dont le dernier, « Primetime Entertainment », est paru en septembre 2022.

Il ne reste plus beaucoup d’espace sur les planches, vu la présence du matos de Flogging Molly ; donc hormis le drummer, planté légèrement en arrière, les autres musiciens s’installent en ligne. Johnny Marriott, le chanteur, bondit comme un kangourou, arpente le podium sur toute sa longueur, joue avec son pied de micro ou lance ce dernier en l’air, avant de le rattraper. Particulièrement interactif, il ne tient pas en place et discute avec la foule, entre les titres. Conséquence, elle réagit dès les premiers morceaux. Elle sautille ou frappe dans les mains et finira par entrer complètement en communion avec le combo. George Marriott, le frangin, joue de la guitare à une vitesse impressionnante, déplaçant le haut et le bas de son corps au rythme de la musique. A la basse, Rich sert de lien fédérateur à l’expression sonore. Enfin, le drumming de Jack, qui porte un tee-shirt noir mentionnant le slogan ‘Punk is’nt dead’, est sauvage et même tribal. Le band va dispenser dix titres emballants, à une allure vertigineuse.

Le set s’ouvre par la plage d’ouverture du second long playing, « Lost Again », et embraie par son premier succès, « Punk Isn't Dead ; It's Just Up for Sale ». Tout est dit dans le titre. Il livre « Pavlovian », « Ibiza in Winter » et « Kayak » avec une énergie digne des Sex Pistols, des Ramones ou du Clash. La fin de la prestation est littéralement à couper le souffle. « Toothpaste » et « Tracey Emin's Bed » sont interprétés à une vitesse fulgurante avant que le groupe n'achève sa prestation énergique par un « Get On The Roof » magistral. D’ailleurs, lorsque le band vide les lieux, l’auditoire est en ébullition

Selon l’humble avis de votre serviteur, Pet Needs devrait rapidement devenir une tête d’affiche. Franchement, il le mérite. Il a, en tous cas, joué son rôle de parfait entertainer pour Flogging Molly…

 Setlist : « Lost Again », « Punk Isn't Dead ; It's Just Up for Sale », « Ibiza in Winter », « Kayak », « Spin Cycle », « Fear For The Wohl Damn World », « Yeah ! », « Tracey Emin's Bed », « Toothpaste », « Get on the Roof ».

Place ensuite à Flogging Molly. Une toile est tendue en arrière-plan, sur laquelle est reproduit l’artwork de la pochette du dernier opus, « Anthem ; soit une harpe sertie de deux couronnes de lauriers, dont émergent, à gauche et à droite, deux taureaux prêts à en découdre.

Préenregistré, « There's Nothing Left Pt. 1 » précède l’entrée des artistes. Les lumières de la salle s’éteignent. Quelques spots éclairent encore la scène et la fosse ; mais surtout une multitude d’iPhones s’allument. Dans la pénombre, on discerne l’entrée des musicos sur les planches. Dès les premières notes, le public s’emballe. Et l’arrivée de Dave ne fait qu’accentuer la clameur.

Outre le chanteur/guitariste, le line up implique le bassiste Jeff Peters, l’accordéoniste Matt Hensley, le second sixcordiste Dennis Casey ainsi que les multi-instrumentistes Bridget Regan (violon, flûte, cornemuse irlandaise) et Bob Schmidt (banjo, mandoline, bouzouki), sans oublier le drummer George Schwindt. Hormis le préposé aux fûts, dont on remarque la présence du sigle du band sur la grosse caisse (NDR : un trèfle à 4 feuilles serti de 2 serpents entrelacés dont l’un tient un poignard par la queue), perché sur une estrade, en retrait, et King, qui ne tient pas en place, tous les autres musicos sont en ligne.

On plonge directement dans le quartier de ‘Temple Bar’ à Dublin pour célébrer la Saint-Patrick. Le violon mène la danse tout au long de « Drunken Lullabies ». C’est la fête aussi bien dans la fosse que sur le podium. Les pogos sont légion. Le crowdsurfing vers l’avant-scène est continu et ne cessera qu’à la fin du spectacle. (NDR : les agents de sécurité n’ont pas chômé pendant 95 bonnes minutes). Petit moment de répit pendant « The Likes Of You Again », une ballade typiquement irlandaise bercée par le banjo, le violon et le bouzouki. Mais le concert reprend rapidement son rythme infernal. On assiste également à une farandole générale. Malgré le peu de temps laissé entre les morceaux, Dave parvient encore à plaisanter avec l’auditoire. D’ailleurs, les morceaux s’enchaînent rondement

Les hits défilent : « The Hand of John L. Sullivan », « Tobacco Island », « The Croppy Boy '98 », « Float », « Life Begins and Ends (but Never Fails) » et « Devil's Dance Floor ». Dave abandonne sa guitare pendant deux titres pour la troquer cotre un tambourin irlandais. Il en lance même un à un PMR, placé au balcon. Et c’est à nouveau des pogos qui éclatent et des farandoles qui s’improvisent tout au long de « Devil's Dance Floor » et « Crushed (Hostile Nations) », compos enfiévrées par le violon ou la flûte irlandaise de Bridget.

Le set se termine par « What's Left Of The Flag », une ballade irlandaise que chante Dave d’une voix rappelant celle de Shane MacGowan, la plume des Pogues, mais les dents en plus et la consommation d’alcool en moins…

En rappel, « Black Friday Rule » et « Salty Dog » rallument instantanément la flamme de la frénésie. Une outro pré-enregistrée nous signale que la soirée est terminée. C’était la dernière date de la tournée de Flooging Mollly qui a tout donné, ce soir. Il est temps de reprendre ses esprits et de retourner dans ses pénates. Mais quel concert !

Setlist : « There's Nothing Left Pt. 1 » (intro pré-enregistrée), « Drunken Lullabies », « The Likes Of You Again », « Swagger », « A Song Of Liberty », « The Kilburn High Road », « Whistles the Wind », « The Hand of John L. Sullivan », « Tobacco Island », « The Croppy Boy '98 », « Float », « Life Begins and Ends (but Never Fails) », « Devil's Dance Floor », « Crushed (Hostile Nations) », « Seven Deadly Sins », « These Times Have Got Me Drinking, Tripping Up the Stairs », « If I Ever Leave This World Alive », « What's Left Of The Flag ».

Rappel : « Black Friday Rule », « Salty Dog », (Outro pré-enregistrée) « Always Look On The Bright Side Of Life » (Monty Python song).

(Organisation : Ancienne Belgique)

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Roger Waters

Au sommet de sa forme !

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Lors de la tournée qui a suivi la parution de « Division Bell », le deuxième opus studio depuis le départ de Roger Waters, votre serviteur avait eu l’immense chance d’assister au show du légendaire groupe britannique Pink Floyd sur la plaine de Werchter où avaient été déposées pas moins de 250 tonnes de matériel pour un concert déjà très réussi d’un point de vue technologique.

Près de 30 années plus tard, arborant fièrement 79 piges, la pierre angulaire du Floyd se produisait au stade Pierre Mauroy, également baptisé Decathlon Arena, une structure située dans la bourgade de Villeneuve-d'Ascq, commune de la Métropole européenne lilloise.

Une belle manière de boucler la boucle et de mettre fin à une certaine forme de frustration qui rongeait votre serviteur depuis tant d’années…

En forme de vaisseau translucide, l’édifice est non seulement visuellement impressionnant, mais il offre également différentes configurations en fonction du type et de la taille de l’évènement.

Un constat, entre dénonciations des violences policières, crimes de guerre et discours de politiques véreux, le sergent Waters est loin de s’être assagi.

La météo n’est pas nécessairement de la partie en cette mi-mai. Le trublion anglais se voit donc offrir le luxe de se produire à huis-clos, grâce à un toit mobile de 7 600 tonnes qui peut être refermé en trente minutes, si nécessaire.

Waters et son team vont monter sur une scène en forme de croix revêtue d’écrans gigantesques comme autant de points cardinaux qui va permettre à tout un chacun de profiter du set de manière identique. Une belle prouesse technique à souligner ! Et ce ne sera pas la seule !

Les spectateurs se sont pressés en masse, essentiellement des quinquas et sexagénaires aux cheveux poivre et sel. Normal quand on sait que l’artiste a été un membre actif de Pink Floyd dès 1965, comme bassiste, dans un premier temps, et parolier, chanteur et leader ensuite, après a mise à l’écart du chanteur, guitariste et compositeur, Syd Barrett.

En voix off et sur l’écran, Roger Waters insiste pour que les téléphones soient éteints. Il met aussi en garde le peuple sur ses prises de position. Prière à ceux qui ne les apprécient pas d’aller ‘se faire foutre au bar’. La messe est dite !

Vers 20h30, l’artiste entame son tour de chant par un subtil réarrangement de « Confortably Numb ». Une version down tempo diamétralement opposée à l’originale. Une signature personnelle, épurée et très sombre à la fois, où s’emmêlent projections de gratte-ciels désertés et gens qui déambulent sous des grondements de tonnerre incessants. On relèvera aussi cet ensemble de chœurs puissants qui gravitent majestueusement et font oublier la mythique Fender de Gilmour et ses solos dont il a le secret.

Lors des dernières gammes de cette composition mythique, les hélices d’un hélicoptère vrombissent de part et d’autre du stade. Aucun doute ne subsiste, ce sont bel et bien les deuxième et troisième segments de « Another Brick in the Wall » qui retentissent sous un lit de bombardement de slogans (forcément) idéologiques, le tout relevé par des lumières rayonnantes particulièrement impressionnantes.

Entouré de Jonathan Wilson et Dave Kilminster (guitares), Joey Waronker (percussions), Gus Seyffert (basse), Jon Carin (claviériste, multi-instrumentiste), Robert Walter (orgue), Ian Ritchie (saxophone) et des choristes Amanda Belair et Shanay Johnson, l’ex-boss de P.F., affublé d’un t-shirt noir moulant, manifeste une énergie phénoménale, mais n’en oublie pas son combat primaire : dénoncer les faits les plus abjects et crimes commis par le pouvoir en place. Tout un programme !

Peut-être aussi se rend-t-il aussi coupable d’excès de zèle. Le public est venu pour apprécier un spectacle dans son ensemble et pas forcément pour entendre des discours moralisateurs toutes les cinq minutes.

Cette première partie privilégie également des titres plus personnels comme « The Powers That Be » ou « The Bravery of Being Out of Range » interprétés au piano, insufflant beaucoup d’émotion et de légèreté au set. Des titres aux relents tristement célèbres allant des manifestations et divers débordements policiers (de l’Afro-Américain George Floyd à l’Iranienne Mahsa Amini), aux prises de parole d’anciens présidents américains, de Reagan à Trump. Sans oublier Joe Biden, qui, selon le discours du maître de cérémonie, ne ferait que commencer. L’avenir lui donnera peut-être raison…

Autre moment hors du temps, lorsque, tout en finesse et avec une humilité non dissimulée, Waters s’épanche longuement sur son ami de longue date, Roger Keith Barrett, cofondateur et leader de Pink Floyd, mieux plus connu sous le pseudo Syd Barrett, disparu en 2006 des suites d’une longue maladie. Les musiciens du groupe ont mis un terme à sa collaboration en 1968 en raison de son comportement de plus en plus erratique, principalement dû à une importante consommation de LSD.

Waters lui porte encore aujourd’hui beaucoup d’amour et de respect. ‘On rêvait de vivre un rêve et on l’a vécu. Ça s’est un peu gâté par la suite. Comme mon mariage d’ailleurs’ s’exclame-t-il d’ailleurs sous les cris hilares du public. Véritable icône de l'histoire du rock, Pink Floyd lui a d’ailleurs rendu un vibrant hommage à travers notamment l’album « Wish You Were Here », un opus sorti en 1975.

Waters s’exécute la gorge serrée à travers le triptyque « Have a Cigar » suivi du séculaire « Wish You Were Here » ou encore l’intemporel « Shine On You Crazy Diamonds » alors que Barrett et les membres originels de Floyd sont projetés en filigrane. 

Le spectaculaire « Sheep » et surtout son mouton géant tient la vedette à lui seul en survolant les spectateurs. Une chanson lourde de sens dans laquelle RW pointe du doigt la couche sociale la plus basse, le prolétariat, et y démontre comment le peuple est exploité au sein d’une société capitaliste, ‘à peine conscient du malaise dans l’air’ (‘only dimly of a certain unease in the air’).

Le mouton, rentré dans la bergerie, sonne le glas d’une première partie qui a tenu en haleine même les plus perplexes.

Après une vingtaine de minutes d’un entracte fort mérité permettant tant aux musiciens qu’aux spectateurs de se réhydrater, le plus rock’n’roll des Anglais revient sur les planches, plus combattif que jamais, et affublé d’une longue veste noire en cuir de type gestapo tout en arborant fièrement le brassard ‘marteaux croisés’ de « The Wall ».

A la grande surprise, cette fois, c’est un cochon gonflable qui sort de sa basse-cour, animal issu de l’album « Animals ». On peut y lire aisément ‘Fuck the poor’ (‘on emmerde les pauvres’) et ‘Volez aux démunis, donnez aux riches’. Le mammifère s’en donne à cœur joie virevoltant au gré de son instinct et n’a que faire de cette énième provocation.

Le puissant et grandiloquent « In The Flesh » est alors interprété, toute guitare hurlante. Les marteaux marchent au pas de militaires sur les nombreux écrans floqués, signe du symbole fasciste.

Le chanteur, après s’être exclamé comme un goret, met un terme à ce (triste) spectacle par un tir de mitraillette en direction du public, ranimant aussi dans la mémoire collective le débat des armes à feu aux États-Unis.

Sublime, le show réserve encore des visuels hors du commun, comme sur ce « Run Like Hell » ponctué par une vidéo d’un raid aérien de 2007 à Bagdad, qui avait causé plusieurs morts, dont deux journalistes.

« Two Suns In The Sunset » (cette plage figure sur « The Final Cut », le dernier elpee du Floyd auquel il a participé), permet à Roger de remercier chaleureusement les trois personnes qui revêtent de l’importance dans sa vie : Bob Dylan, sa femme Kamilah Chavis, et son frère John, décédé il y a peu de temps.

L’apothéose de ce spectacle procède d’un medley issu de « Dark Side Of The Moon », le huitième album studio, soit un « Money » illustré par ses images de liasses de fric, de cartes de crédit, etc. et interprété par le guitariste Jonathan Wilson qui se consacre ici au chant, « Us and them » et ses flashs photos sur des visages issus du monde entier, qui finiront par s’unir plus tard dans la soirée, « Brain dammage » et enfin « Eclipse », comme si la lune allait éclipser définitivement le soleil…

Les titres sont mis en lumière par des synthétiseurs stellaires, des solos de guitare à faire pâlir David Gilmour et des faisceaux lumineux recréant ainsi petit à petit les pyramides symbolisant la pochette de l’opus paru en 1973.

Seul bémol au tableau, l’absence de l’inimitable « Great Sky In The Sky », un morceau très apprécié des aficionados. Pour la petite histoire, dans sa version studio, la voix est celle d’une jeune chanteuse de 25 ans, Clare Torry tentant d’improviser un chant pour la musique composée par Wright. Elle est ressortie du studio, convaincue qu’elle n’y était jamais parvenue…

En guise d’adieu, on aura droit à une reprise de « The Bar », suivie de « Outside the » au piano, alors que l’ensemble de l’équipe en profite pour siroter des shots que l’on devine fortement alcoolisés. Un moment de communion surréaliste, magique et fragile à la fois.

Après environ deux heures trente d’un spectacle à marquer au fer rouge, les musiciens et le natif de Great Bookham saluent le public généreusement sous tous les angles de la scène pour se diriger ensuite vers les coulisses tout en continuant de jouer comme s’il s’agissait d’une fanfare de rue. Les caméras suivent cette mise en scène jusqu’à que ce le drummer donne le clap de fin par un solo sur sa seule caisse claire tenue en bandoulière pour l’occasion.

Un Roger Waters au mieux de sa forme qui signe là sans doute un des plus beaux concerts auxquels votre serviteur ait pu assister…

Un homme aussi d’une grande dignité, contestataire dans l’âme, qui combat toutes les injustices de ce monde et tente d’utiliser sa notoriété pour faire changer le cours des événements.

Et enfin, un artiste qui est parvenu à mettre de côté, le temps d’une soirée, ses rancœurs envers David Gilmour tout en parvenant à se réinventer artistiquement.

 

Mega Bog

L’apocalypse suivent Mega Bog…

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Le 7ème elpee de Mega Bog, ensemble pop expérimental dirigé par Erin Elizabeth Birgy) paraîtra ce 19 mai 2023. Il s’intitulera "End of Everything".

Paru en single, "The Clown" annonce une fin apocalyptique tout en laissant place à de nouvelles possibilités lorsqu'il atteint son apogée. La vidéo d'accompagnement, réalisée par l'artiste lui-même, est austère et sombrement glamour.

Lors de sessions, Birgy a reçu le concours de plusieurs collaborateurs, dont James Krivchenia (Big Thief) qui a coproduit et mixé le disque, mais a également joué de la batterie.  Sans oublier le maestro des synthétiseurs et pianiste, Aaron Otheim. Zach Burba,

L'importance de la collaboration artistique est illustrée par la pochette de l'album, une peinture de Joel Gregory, le plus vieil ami de Birgy. Peint d'après une photographie de Birgy nue, son corps incarne à la fois le désespoir et la puissance.

Pour découvrir le clip de "The Clown", c’est ici

 

Diamond Dog

Les chroniques habituelles de Diamond Dog

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Le patronyme du groupe est une référence évidente à Bowie comme le point de départ d’une réflexion artistique, sensible, tourmentée et foisonnante de références à la culture pop.

La vision dystopique punk et poétique de Diamond Dog commence à prendre forme en 2020 et se concrétise lorsque le groupe est au complet, en 2021. L’écriture et l’interprétation des morceaux puisent leur identité dans les origines de la new wave de la toute fin des 70’s.

Ainsi sa musique résonne sur des titres rythmés, dansants, propulsés dans un écrin vaporeux aux sonorités synthétiques où le chorus règne en maitre.

Le quatuor originaire de Dijon, emmené par un chant lead incarné et viscéral, s’exprime ainsi sur scène à travers une atmosphère incandescente empreinte de la fureur des Cramps, des mélodies romantiques de Liszt, de la poésie de Kipling ou du cinéma de Lynch. Le premier album « Usual chronicles » sortira au printemps 2023.

Pour en savoir plus, le clip de « Usuals chronicles », titre maître du futur opus, est disponible .

 

Boogie Beasts

Une reprise de Howlin’ Wolf pour les Boogie Beasts…

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Début 2021. En raison des mesures prises suite à la pandémie de Covid-19, les salles de concert et les clubs sont fermés. Le groupe de blues-rock belge Boogie Beasts cherche donc des alternatives pour fêter son dixième anniversaire. Le 6 mars, la formation est en direct sur Facebook depuis le Studio Jupiter, celui de leur ingénieur du son Koenraad Foesters, où il a également enregistré ses deux elpees précédents. Lors de ce livestream, il décide de rendre hommage à ses racines : le blues.

En résulte un set intense et énergique de 11 reprises de blues, version Boogie Beasts. C’est Reinhard Holstein, le patron du label allemand Juke Joint 500, qui a eu l’idée de sortir cette session live sur un album. Le band accepte, mais comme il était sur le point de sortir son troisième opus, « Love Me Some », il décide de postposer la sortie à l'automne 2022. C'est ainsi que le 4ème LP de Boogie Beasts, intitulé « Blues From Jupiter », sortira le 14 octobre sur le label allemand Juke Joint 500 et le label belge Naked (format digital).

Plus tôt cette année, le groupe avait gravé un premier single, « Grinnin' In Your Face », une cover de Son House. Il nous en propose son second, « Who'll Be Next », une adaptation de la légende du Chicago blues, Howlin' Wolf. Et il est disponible sous forme de clip

Tracklist « Blues From Jupiter » - sorite le 14 octobre 2022

  1. "Still A Fool" - Muddy Waters
    2. "Someday Baby Blues" - Sleepy John Estes
    3. "France Chance" - Joe Callicott
    4. "Pushing My Luck" - Robert Belfour
    5. "Boogie Chillun" - John Lee Hooker
    6. "Who'll Be Next" - Howlin' Wolf
    7. "Grinnin' In Your Face" - Son House
    8."Long Haired Doney"- R.L. Burnside
    9. "Work Me" - Junior Kimbrough
    10. "You Don't Love Me" - Bo Diddley
    11. "No More Lovers" - Arthur 'Big Boy' Crudup

En concert

14.10: Deux Ours, Modave (BE) - album live showcase!
20.10: Hnita Hoeve, Heist-op-den-Berg (BE) - album live showcase!
21.10: Nuit Du Blues, Foyer Culturel Jupille (BE)
04.11: Bay-Car Blues Festival, Grande Synthe (FR)
16.12: Centre Culturel, Engis (BE)

Mad Dog Loose

Décès de Kurt Van Peteghem : c’est l’hécatombe chez Mad Dog Loose

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Kurt Van Peteghem, le guitariste de Mad Dog Loose, et décédé, dix jours après Alain Allaeys.

Kurt était le guitariste de Mad Dog Loose. Il a participé aux divers EPs et au seul album du groupe en quatuor, « Material Sunset », paru en 1996. Il n'avait ensuite pas souhaité participer à la reformation en 2015.

Après le split de Mad Dog Loose en 1997, Kurt avait fondé Plastic Fish Factory (en compagnie de Kristel Eggers, Bart Westerduin et Luc Waegeman) et sorti un album intitulé « Get Out ». Ensuite il a monté Sticky Monster en 2003 en compagnie de Lode Sileghem, Ludo Huyge et Marnix Calsyn. Vers 2010, Kurt avait rejoint le groupe garage gantois The Mudgang auprès de Luc Van den Berghe, Jo De Bondt et Kurt De Waele.

Kurt a succombé à une hémorragie cérébrale, probablement le mardi 3 mai chez lui à Gand. Un voisin a découvert son corps sans vie. Kurt avait 56 ans.

Tom Barman, qui programmait des concerts sous le cinéma Cartoons à Anvers, avait ajouté sur l’affiche annonçant Mad Dog Loose ‘beetje Beatles, beetje Velvet, beetje fantastisch!’

RIP

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