Yuksek revisite Laurent Voulzy…

Le musicien, compositeur, réalisateur et producteur de musique électronique Yuksek revisite « Cocktail chez mademoiselle », le titre de Laurent Voulzy paru en 1979 sur son album « Le cœur grenadine ». Il en propose une relecture retro futuriste, groovy et…

logo_musiczine

La maternité, source d’inspiration pour The Wandering Hearts…

Le trio britannique The Wandering Hearts sortira son nouvel album "Mother", le 22 mars 2024. Produit par Steve Milbourne, c’est un patchwork de récits folkloriques, d'accroches pop et d'énergie rock, le tout assemblé par des harmonies lumineuses. On pourrait…

Langues

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

DAF - Bimfest 2023
The Sisters of Mercy - 30...

W-Festival 2023 : dimanche 27 août 2023 Spécial

Écrit par
&

Après une première édition en 2016 à Wortegem, deux à Amougies en 2017 et 2018, puis une autre à Waregem en 2019, c’est dorénavant (depuis 2021) sur la Klein Strand d’Ostende que le W-festival se déroule.

Et si les premières éditions lorgnaient surtout vers la new-wave des 80’s, c’est dorénavant dans les décennies 80 et 90, mais au sens large des décades, que les programmateurs piochent leur line up. Que ce soient pour des artistes plus ‘pop’ (voir carrément kitsch) sur la scène principale. Ou plus underground sous le plus petit chapiteau justement baptisé Batcave (on y retrouve pêle-mêle de la dark-wave, de l’EBM, de la synth-pop, et bien d ‘autres styles dont celui qui est parfois catalogué de gothique). Le W-festival est parvenu à faire face à une marée d’annulations et évité le risque de faillite de l’entreprise Wave to synth (NDLR : elle-même confrontée à l’annulation du Sinner’s day 2022 et à la banqueroute d’un revendeur de tickets anglais). Mais le temps est dorénavant au beau fixe pour ce week-end, et la journée de samedi va même afficher sold out.

Notre journée de ce dimanche commence par The Cardigans. Cinq amis suédois qui ont dû attendre leur troisième elpee, publié sur une major, « First Band On the Moon », en 1996, pour connaître le grand succès. Un opus qui recèle le single « Lovefool », popularisé par la bande originale du film de Baz Luhrmann, ‘Romeo + Juliet’. En tenue de capitaine, costume jaune et sweat blanc et noir rayé, Nina Persson tient la barre au chant, même si on pourrait lui reprocher une attitude rigide voire figée tout au long du concert. En début de parcours, la formation nous réserve son hit, « Erase/Rewind », afin de se rappeler au bon souvenir de ceux qui auraient oublié le nom du band. Un single issu de son long playing « Gran Turismo », à ce jour le plus peuplé en hits. La suite s’avère plutôt soporifique. En cette après-midi ensoleillée, de nombreux spectateurs quittent d’ailleurs le chapiteau pour profiter de l’air marin. Il faut attendre la fin du set pour voir le combo (et le public) commencer à s’emballer ; et notamment pendant « Lovefool » et « My Favourite Game ».

Autre podium et autre public pour Corpus Delicti. Un groupe français principalement actif entre 1992 et 1997, proposant une dark-wave sise quelque part entre London After Midnight et Nosferatu. L’expression sonore se distingue par de solides riffs de guitare rock, une basse appuyée et une batterie soutenue. Le tout emmené par le maître de cérémonie, le chanteur Sébastien. D’ailleurs on dirait qu’il a enfilé une soutane. Sa voix est impressionnante. Il est posté à l’avant-plan ou en incursion devant l’assemblée. Le show prend des allures de messe du dimanche célébrée par un grand prêtre. Les pogos se déclenchent au sein des premiers rangs ; et le public habitué de festivals plus pointus savoure l’un des rares moments bien percutants et dans un style bien alternatif, à contrario de ce pop/rock inoffensif proposé sur la main stage.

A l’instar de la prestation de Natalie Imbruglia qui suit sur ce podium, mais dont le charme, la silhouette et la voix sont restés intacts, 25 ans après sa période de gloire. Dans sa robe de mannequin, elle fait virevolter sa longue chevelure au rythme de ses pas de danse. Pas de contestation, son show est agréable à regarder. Il n’est donc guère étonnant que ça se bouscule en backstage pour prendre des selfies, que la belle accorde, le sourire aux lèvres. Si sa célébrité est demeurée intacte en Australie, chez nous elle est plutôt reléguée au rang de ‘one hit wonder’, et tout particulièrement pour « Torn », un tube qui sort l’auditoire de sa léthargie dans laquelle il était tombé au fil du temps, et dont il va enfin sortir en fin de parcours.  Narcoleptiques, s’abstenir à l’avenir, en tout cas !

Et ce n’est pas mieux, cette fois-ci, du côté de la batcave pour Blancmange. Pourtant le souvenir de son passage à Amougies, en 2018, était plutôt bon. Mais réduit à un duo, la musique est devenue particulièrement minimaliste et ne parvient plus à transcender la voix de Neil Arthur. Même « Living on the ceiling » n’incite plus à danser comme des pharaons, ni pousser la chansonnette.

Heureusement, comme à l’Amphi festival un mois plutôt (NDR : où le public était bien plus exigeant), un mythe va véritablement faire honneur à son rang de tête d’affiche : OMD. Hormis une décennie d’inactivité (NDR : de 1996 à 2006), le groupe issu de la banlieue de Liverpool est parvenu à traverser le temps, sans trop d’encombre... Pour preuve, le titre d’intro « Atomic Ranch », paru en 2013, auquel il enchaîne immédiatement le tube « Electricity », datant… de 1979 ! Il a beau accuser 64 balais, le chanteur Andy McCluskey se déhanche d’un côté à l’autre de l’estrade et déploie sa voix de baryton. Elégant, dégageant une sympathie naturelle, il manie parfaitement l’humour bien britannique. L’autre membre fondateur, Paul Humphreys, quitte la hauteur de ses claviers pour s’associer aux vocaux sur « Forever live and die », et se fait chambrer par son acolyte qui lui demande de parler flamand. Le duo n’hésite pas à rappeler son attachement à la Belgique, et notamment pour introduire « Locomotion ». ‘Un titre qui opère un retour à la maison’, introduit McCluskey. Et d’ajouter : ‘Le clip vidéo a été tourné près d’ici dans votre port…’ ‘Et il faisait bien froid, c’était en février’, surenchérit Humprheys. Le second claviériste Martin Cooper (NDR : actif au sein du band depuis 1980) ajoute ci et là des notes de saxophone. « Sailing on the Seven sea » et l’incontournable « Enola gay », joué en version maxi 45trs, viennent clôturer un show de toute beauté et sans temps mort. Andy prend soin de dire au revoir dans toutes les langues, sous les applaudissements nourris d’un public qui n’aura cessé de frapper des mains jusqu’au dernier son. On regrettera juste qu’OMD ne nous ait pas accordé la primeur ‘live’ de son single, dévoilé quelques jours auparavant, « Bauhaus staircase » (NDR : c’est le morceau éponyme du nouvel elpee qui sortira ce 27 octobre 2023 ; et il fait suite à « The Punishment of Luxury », paru en 2017).

Et on garde décidemment les meilleurs pour la fin, en compagnie de Project Pitchfork sous la Batcave tent. S’il tourne fréquemment dans son pays natal, l’Allemagne, il faut remonter au W-festival de 2018 pour retrouver trace de son passage chez nous. Son concert prévu entretemps au Casino de Sint-Niklaas avait été reporté pendant la pandémie, puis finalement annulé. La formation est plutôt prolifique. Elle a publié pas moins de 18 playings studio en une trentaine d’années d’existence. Même si une trilogie était annoncée en 2018, elle n’accouchera que d’un duo d’elpees : « Akkretion » et « Fragment ». Pas d’actualité discographique donc, mais un changement majeur de line-up quand même, depuis le départ du claviériste et backing vocal, Dirk Scheuber, parti fonder son projet Blackhead. Son absence est toutefois compensée par un deuxième drummer qui va inoculer davantage de fougue à un set emmené par Peter Spilles, en toute grande forme. Même sa voix, habituellement trop rocailleuse, ne faillit pas ce soir. Les titres phares vont s’enchaîner « Beholder », « Rain », « Timekiller ». Autant d’occasion de s’autoriser un pas de danse sous les beats électro dignes des plus grands groupes EBM ou darkwave du genre. « Souls » et « Existence V4.1 », en final, sont autant d’occasion pour Peter Spilles de faire étalage de sa puissance vocale. Le petit millier de fans encore présents (il est 23H30 et beaucoup de matelots ont déjà quitté le navire ostendais) auront apprécié ce final empreint d’énergie.

Mais le festival n’est pas tout à fait terminé, puisqu’il reste l’After party. Un autre bon DJ set (il y en a eu tout au long de ce festival, entre les concerts, sous la batcave) revisite les 80’s devant la scène principale. Cependant, le public est clairsemé à cette heure, car il n’est plus tout jeune, il faut bien l’avouer (NDR : il se situe plutôt dans la tranche d’âge 50-60, que dans les 15-25 ans que l’on rencontre habituellement lors d’autres festivals). La plupart de ces derniers ont déjà quitté les lieux avant minuit (afin de choper les derniers trams ou trains pour quitter la côte), après il est vrai, un week-end déjà bien chargé et réussi dans l’ensemble.

(Organisation : W-Festival)

Informations supplémentaires

  • Date: 2023-08-26
  • Festival Name: W-Festival
  • Festival Place: Kleine Strand
  • Festival City: Ostende
  • Rating: 8
Lu 1246 fois