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New Brutalism est un groupe de rock minimaliste formé à Knoxville, Tennessee, en 1998. Le groupe est composé de Shane Elliott (chant), Matt Hall (guitare/chant), David Basford (basse/chant) et Carey Balch (batterie). Son nouvel Ep, « Requiescat Record »,…

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La fresque de Vincent Delerm

Six ans après « Panorama », le chanteur cinéaste au cœur battant Vincent Delerm élargit encore son travelling sentimental en gravant « La Fresque ». Un huitième album dont la chanson-titre parlée, sur un arrangement tout en palpitations électroniques et…

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Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

samedi, 08 juillet 2017 03:00

Cactus 2017 : samedi 8 juillet

Deuxième jour du festival Cactus. Et au sein de la programmation, on épinglera surtout les concerts de Steve Winwood et en finale, de Kaiser Chiefs. Pour ce dernier on se demande quand même de quelle nature sera son show, depuis que le principal compositeur et drummer, Nick Hodgson, a quitté la formation, en 2012…

Coely Mbueno est anversoise. Elle est surnommée la Beyoncé belge. Son hip hop est du goût du public. Elle reçoit le concours du rappeur Dutch Norris pour « Don’t care », incite la foule à frapper dans les mains lors d’un exercice de beatbox et transforme à sa sauce le « Could you bel loved » de Bob Marley…

Etabli à Los Angeles, Rhye est un projet réunissant le chanteur canadien Milosh (NDR : qui joue aussi parfois de la six cordes ou frappe sur un tambour) et le multi-instrumentiste danois Robin Hannibal. Sur les planches, outre le leader, on remarque la présence d’un violoniste, d’une préposée à la double basse (NDR : instrument qui sert à la fois de contrebasse et de violoncelle), ainsi que d’un batteur, un claviériste et un gratteur. Michael chante d’une voix haut perchée des compos dont les textes sont empreints de sensualité, voire à connotation sexuelle, et qui mêlent r&b, jazz, néo-classique et électronica. Mais surprise, on a beau chercher, où donc se cache Robin Hannibal ? Soit il est absent, soit il a complètement changé de look. Pas de trace, en tout cas, d’un musicien aux cheveux longs qui touche à des tas d’instruments, comme la guitare, le violon ou le cor. Pas grave, le public semble complètement indifférent à cette prestation. Et pourtant, le groupe essaie, vaille que vaille, de le sortir de sa torpeur, probablement causée par le soleil de midi. Sans succès. M’enfin, un tel show serait bien plus adapté en salle ; ténébreuse et voluptueuse, la musique de ce combo exigeant, sans doute, une ambiance davantage intimiste…

La transition a donc été brutale, en compagnie de Millionaire. A sa tête, on retrouve Tim Vanhamel, qui a notamment milité chez Evil Superstars et dEUS, mais aussi reçu le concours de Josh Homme (le leader de Eagles of Death Metal), lors des sessions d’enregistrement de son second elpee, « Paradisiac ». Tim monte sur l’estrade en exhibant un cactus… dans un pot, quand même. Il le pose sur les planches et se prosterne devant lui. Enfin, il empoigne une sorte de ‘cigar box’ et se lance dans un long solo. A l’issue du premier morceau, il crie ‘hello’ et on lui apporte une guitare plus conventionnelle, alors que son backing group le rejoint. Soit un bassiste, un drummer et deux autres gratteurs, dont l’un d’eux se consacre circonstanciellement aux claviers. Et le set de se révéler particulièrement électrique. Vu la manière de trafiquer sa voix ainsi que le nombreux breaks dans les compos, on ne peut s’empêcher de penser à Jon Spencer & The Blues Explosion (« I'm Not Who You Think You Are », « Sciensing »). L’interaction entre les différents gratteurs est remarquable. Le set nous réserve cependant encore une compo mid tempo mélodieuse, romantique, interprétée dans l’esprit de The Veils, un tordu « I’m on high », qui pourrait figurer au répertoire de Triggerfinger, et s’achève par « Champagne », un stoner d’excellente facture, qui met un terme à un set qui l’a été tout autant…

Le vétéran de service pour l’édition 2017 du Cactus sera Steve Winwood , une légende vivante qui a joué, notamment, en compagnie de Jimi Hendrix, Klaus Shulze et des tas de bluesmen (NDR : dont B.B. King, Bo Diddley, Chuck Berry, Eddie Boyd, Howlin' Wolf, John Lee Hooker, Muddy Waters, Otis Spann, Sonny Boy Williamson II et T-Bone Walker), sévi chez le Spencer Davis Group et Traffic, sans oublier fondé le super groupe Blind Faith, en compagnie d’Eric Clapton et de Ginger Baker. Et il n’a jamais cessé de bosser comme musicien de studio. Le nombre de long playings auxquels il a participé, est vraiment impressionnant ! Il fêtera ses 70 balais l’an prochain, et manifestement il respire la forme. Il a emporté son orgue Hammond et lorsqu’il cède sa place au multi-instrumentiste (percus, saxophone ténor ou alto, flûte, etc.) c’est pour jouer de la guitare. Et franchement, vu son toucher de cordes, on se rend compte qu’il a côtoyé Clapton. Outre son relais, il est soutenu par un percussionniste, installé au milieu de l’estrade, un guitariste (NDR : qui porte un drôle de chapeau) et dont le manche de gratte est sectionné, un drummer (NDR : placé à droite, il se sert d’un matos bien achalandé) et un bassiste. La présence d’un percussionniste et d’un drummer va communiquer une coloration latino à la majeure partie du répertoire. Parfois, le spectre de Santana se met même à planer. Très caractéristique, la voix de Steve est intacte. Et le personnage reste humble. Il fait son job. La prestation s’ouvre par la cover du « I’m a man » de Bo Diddley, une compo que le Chicago Transit Authority avait magnifiée en 1969 ! La set list va nous réserver des classiques pour la plupart délicieusement rognés par les claviers, mais aussi des standards au cours desquels il se réserve la six cordes, comme sur « Can’t find my way home  », qu’il interprète remarquablement en picking ou le blues/rock imparable « Had to cry ». Il n’en n’oublie, bien sûr, pas l’éternel « Gimme some lovin’ ». Bref, un chouette moment, même si on aurait aimé savourer davantage de titres issus du répertoire de Blind Faith et de Traffic. L’ovation est méritée, et c’est bras dessus, bras dessous, que le quintet salue la foule.

Jamie Lidell est un chanteur britannique de néo soul. Son influence majeure, c’est Stevie Wonder. Et pourtant, ce soir, il est soutenu par un group de rock. « Multiply » ouvre les hostilités, un titre qui a servi de générique à la série télévisée, ‘Grey's Anatomy’. L’artiste se produisait la veille dans le cadre du North Sea Jazz Festival, et il faut croire que l’air de la mer du Nord lui fait le plus grand bien, car il a accordé un set particulièrement solide, comme le souligne si bien sa chanson, « A little bit of feel good »…

Il revenait donc à Kaiser Chiefs de clôturer la soirée du samedi. Et la formation va se fendre d’un excellent show, en passant quasi-exclusivement ses tubes en revue. Depuis « Everyday I love you less and less » à « Coming home », sans doute le titre le plus probant composé par le band, au cours des 5 dernières années, en passant par « Ruffians on parade » (woohoo !), au cours duquel Wilson est monté sur les drums, « Na na na na na », « Modern way », « Ruby », la cover du « Ever fallen in love » des Buzzcocks, « Never miss a beat », « Angry mob », au cours duquel Wilson va inviter la foule à reprendre le refrain en chœur, et sans doute la meilleure chanson jamais écrite par la formation insulaire, « I predict a riot »...

(Organisation : Cactus)

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(Merci à Nick)

vendredi, 07 juillet 2017 03:00

Cactus 2017 : vendredi 7 juillet

Il s’agit déjà de la 36ème édition du festival Cactus, un festival familial, sans stress, qui a bénéficié, tout au long de ce week-end, d’une météo idéale, soit ensoleillée sans pour autant se révéler caniculaire, même si la température était particulièrement fraîche, le vendredi soir. Excellente initiative, le kiosque info a été installé en bord de site, ce qui libère de l’espace et permet ainsi à la foule de se rendre aux stands ‘food’ et de sortir du Minnewaterpark, plus rapidement…

Il y a déjà bien du monde pour accueillir l’Anversois Amir Fouad, aka Tamino. Sur les planches, cet auteur-compositeur-interprète –habillé chic– est soutenu par Tom Pintens (NDR : au cours des nineties, il a notamment bossé en compagnie de Stef Kamil Carlens), aux claviers et Ruben Vanhoutte, aux drums. La tessiture vocale de Tamino est très large. Il peut monter ou descendre facilement dans les octaves. Il ne compte qu’un Ep à son actif, mais en ‘live’, il parvient à donner une autre dimension à ses compos, et tout particulièrement son single « Habibi » ainsi que « Cigars »…

Het Zesde Metal, c’est le projet de Wannes Capelle, un natif de Wevelgem. Ce chanteur/compositeur/interprète/guitariste (NDLR : également acteur de théâtre) est responsable de titres engagés, sociopolitiques pour la plupart. Au sein du backing group, milite encore Tom Pintens. Il se charge des claviers. Le band monte sur l’estrade au son d’une B.O. d’Ennio Morricone. Wantje n’est pas avare de déclarations entre les morceaux. Mais en  néerlandais… Il a enregistré « Calais », pour dénoncer le problème des réfugiés qui veulent se rendre en Angleterre, mais en même temps, il marque son opposition au traitement de la question, par la gauche flamande. Pendant « Dag zonder schoenen », il invite la foule a lancer ses chaussures. Et le public s’exécute. Le sommet du concert sera atteint lors de son mash-up entre « Where is my mind » des Pixies et le « Boze wolven » de Gorki, suivi par son incontournable « Ploegsteert »…

Le répertoire de Michael Kiwanuka est souvent indolent, davantage propice à la glandouille du dimanche matin, qu’à booster son énergie. C’est sans doute la raison pour laquelle, son début de concert s’est révélé bien plus percutant que dans le passé. Et instrumental, son premier titre se singularise par un solo de gratte ‘floydien’. Inattendu ! Et vraiment chouette. La suite est même bien entraînante, son backing group, impliquant 5 musicos, se chargeant d’entretenir le groove. Les points culminants de son set seront atteints, en milieu de parcours, lors du funky « Black man in a white world », caractérisé par des lignes de basse à la James Brown, ainsi que tout au long de très joli « Home again ». Puis –chassez le caractère et il renvient au galop– Kinawuka va en revenir à une majorité de morceaux plus lents, au cours desquels les bavardages dans l’auditoire vont finir par couvrir le volume sonore du concert… 

The Verve avait, sans doute, bien plus de potentiel qu’Oasis à son origine ; mais son aventure s’est fracassée sur l’autel de la drogue, de l’alcool et de la dépression. Pourtant, le frontman, Richard Ashcroft, a rebondi en entamant une carrière solo plus que solide. On se souvient qu’en 2005, il avait ainsi accordé un concert étincelant à l’AB. La suite sera moins bien brillante…

Richard Aschroft est donc programmé comme semi tête d’affiche, au festival Cactus. Quand il monte sur l’estrade, on est frappé par sa silhouette : il est maigre comme un clou, a la boule à zéro, est chaussé de lunette noires, et semble avoir pris un fameux coup de vieux. On dirait presque Joe Starr. Il est flanqué d’un drummer, d’un bassiste et d’un gratteur. Ce dernier est sans doute un disciple du nombrilisme. Dès qu’il en a l’occasion, il en remet une, deux voire trois couches. Des soli qui nuisent manifestement à la subtilité des compos. Tout comme les bandes préenregistrées, qui reproduisent claviers et section de cordes. En outre, en début de parcours, la voix de Richard –régulièrement préposé à la sèche ou à la rythmique– n’est pas au top. « Out of my body » est rallongé inutilement. Hymnique, « This is how it feels » a un goût de Cranberries. « Space and time » manque d’âme, malgré l’envolée psyché. Et puis progressivement le charme recommence à opérer. « Sonnet », « Lucky man », « Love is noise », « Break the night with colour » ainsi que le plus optimiste « Music is power » retrouvent des couleurs. Et paradoxalement, c’est quand les morceaux adoptent le profil de la big music, même si elles sont enrichies de cordes préenregistrées, et surtout privés des exercices de style intempestifs du gratteur, que les compos se mettent à décoller. Comme lors de l’inévitable « Bitter sweet symphony », un final qui va faire vibrer notre fors intérieur…

Roisin Murphy n’a pas trop convaincu. Pourtant, son spectacle, impliquant notamment marionnettes, costumes multifonctionnels, masques et boas, a de quoi séduire visuellement. Mais ses 40 premières minutes, tramées sur une forme de mid tempo étrange, souffrent du vocal trop peu mis en exergue, pour ne pas dire noyé dans l’ensemble. La dernière demi-heure sera plus intéressante, grâce des beats hypnotiques injectés au remix de « Sing it back », au « Forever more » de Moloko et surtout à « Jealousy ». Et tout bon Dj sait que lorsque le public commence seulement à danser au cours des 30 dernières minutes de son set, il restera sur sa faim…

(Organisation : Cactus)

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(Merci à Nick)

vendredi, 07 juillet 2017 12:47

I can spin a rainbow

Ex-Dresen Dolls, Amanda Palmer a donc réussi à convaincre Edward Ka-Spel, le leader du mythique Legendary Pink Dots, mais aussi son idole, d’enregistrer un album en sa compagnie. Intitulé « I can spin a rainbow », il met en exergue les voix des deux artistes, des voix le plus souvent intimistes, chuchotées, presque en spoken word, un peu dans l’esprit conversationnel de l’elpee « Confessions of Dr dream and other stories » de feus Nico et Kevin Ayers ; même si de nature gothique, l’expression sonore est tramée par des arrangements électroniques fluides produits par des synthés. Ce sont finalement, les interventions de violoncelle, de violon et de piano qui communiquent de la variation aux compos. Parfois aussi des chœurs (samplés ?) et des bruitages, dont une boîte à musique. Ce vaudeville gothique est alimenté par des textes tout à tour sombres, impertinents, menaçants, dramatiques, ironiques et parfois même terrifiants (« The Jack of hands »).

En fait on est davantage en présence d’un projet art-rock que d’un opus réunissant des chansons. Il est d’ailleurs conseillé de l’écouter en méditant, pour l’apprécier à sa juste valeur. Et malgré sa langueur monotone, le long playing recèle quelques plages de toute beauté, dont « Rainbow’s end », une compo mélancolique, belle à pleurer, qui pourrait servir de B.O. (NDR : mais sans les paroles) à un film romantique du style ‘Le grand Meaulnes’…

 

vendredi, 07 juillet 2017 12:43

Hindrance

High Hi est un issu de Tervuren, au Nord de la Belgique. Il réunit la chanteuse/guitariste Anne-Sophie Ooghe, le drummer/chanteur Dieter Beerten et le bassiste Koen Weverbergh. Le trio avait atteint la finale du Rock Rally, organisé par Humo, en 2014.

On ne rencontre que peu (voire quasi-pas) de commentaires, sur la toile, dans la langue de Molière, pour ce combo qui vient de publier son premier elpee, « Indrance ». Ce groupe puise essentiellement ses sources au sein des eighties. Que ce soit la new ou la cold wave, le post punk, le shoegaze, la noisy ou la pop. Tout à tour on pense à Blondie (« No idea »), Cure (« Immune to the weather »), mais surtout à Cocteau Twins (NDR : flagrant tout au long de l’éthéré « Fear of snow »). Encore que les puristes évoqueront plutôt Chapterhouse voire Sad Lovers & Giants. A cause de ces sonorités de guitare limpides, atmosphériques, ténébreuses ou cristallines.

Sous un angle contemporain, la voix d’Anne-Sophie est proche de celle de Gun Overbye (Lola Colt), sur l’offensif « Vultures » et la ballade mid tempo « Obvious », une plage qui finit par s’emballer avant de recouvrer sa cadence initiale. Plusieurs pistes adoptent d’ailleurs ce mid tempo, à l’instar de « Raise », une autre ballade qui aurait pu figurer au répertoire des Cranberries. Et si la basse est jouée à la manière d’une guitare (NDR : dans l’esprit de Simon Gallup, tout au long de ce fameux « Immune to the weather »), les mélodies glissent naturellement vers la pop, un peu comme si le groupe voulait brouiller les pistes. Nouvelle ballade, mais contagieuse, « Magnify » est carrément hymnique, alors que certains refrains sont abordés collectivement, à la manière d’Arcade Fire. Un premier opus encourageant pour ce combo qui ne manque pas de talent, mais dont on attend cependant qu’il digère toutes ses références, afin de se forger sa propre identité…

 

vendredi, 07 juillet 2017 12:42

Building bridges

Quarante années déjà que John Watts roule sa bosse dans l’univers de la musique. Le leader de Fischer Z a cependant mis son groupe, entre parenthèses, à deux reprises, pour embrasser une carrière solo ou pour défendre un projet baptisé The Cry. Le groupe est donc bien de retour depuis 2014, mais il ne reste plus que John à la barre. Enfin, pas tout à fait, puisque pour enregistrer « Building bridges », il a reçu le concours de James Bush aux drums, aux percus et à la coproduction, ainsi que de deux choristes. Il assure donc le reste de l’instrumentation.

Dès ses débuts, le natif de Frimley (NDR : c’est en Grande-Bretagne) a toujours cherché à faire passer des messages sociopolitiques dans sa poésie. Ses singles « Perfect day » et « The worker » en sont certainement les plus significatifs. Tout au long de ce nouvel opus, il aborde des sujets comme le trafic des êtres humains, la guerre, la corruption, les scandales bancaires ainsi que les questions relatives aux migrations mondiales. Notamment. Et le tout en remettant la guitare au centre du jeu de quilles. Bref, hormis le folk allègre « Row boys row », il y a de l’électricité dans l’air sur les 10 autres plages de cet opus. Depuis le funk/punk cuivré « Damascus disco » à la valse « There’s a wildenress here », un titre au cours duquel son discours, parachuté en milieu de parcours, est abordé à la manière du « Popular » de Nada Surf, en passant par le post punk spasmodique « Wild wild wild wild », le plus pop « So close », dont le riff central semble calqué sur le « You really got me » des Kinks, du punk pur et dur « Shrink », du sauvage et groovy « Easy money », très proche de Guided By Voices, vindicative, la voix de Watts empruntant les inflexions de Robert Pollard et enfin du syncopé « Invite me to your party ». Bref un retour gagnant pour Fischcr-Z qui se produira dans le cadre du W-Festival, ce dimanche 20 août, entouré d’un line up constitué de jeunes musicos.

 

vendredi, 07 juillet 2017 12:41

Blood moon

Issu de Liverpool, The Cubical nous propose son quatrième elpee. Et quand on sait que le band est issu de Liverpool, il faut reconnaître que son style est plutôt surprenant.

En fait, il est fondamentalement garage/blues. La voix du chanteur, Dan Wilson, est particulièrement écorchée, pour ne pas dire ravagée. Le plus souvent, elle est même proche de celle de feu Don Van Vliet, le leader du mythique Captain Beefheart. Cependant, suivant les compos, la formation a le bon goût de s’abreuver à d’autres sources. Découpé en 9 plages, cet opus en est une parfaite illustration.

Faut dire que lors des sessions d’enregistrement, le combo a reçu le concours du trompettiste Martin Smith et du saxophoniste Simon James, des musiciens qui dans le passé, ont apporté leur collaboration, notamment, à Gorky’s Zygotic Mynci, Super Furry Animal et The Coral. Puis de la vocaliste de jazz, Amanda Bronx. Et enfin de la violoncelliste Siofra Ward…

Le long playing s’ouvre par « All ain’t well », un morceau sinistre, presque vaudou, déchiré par le violoncelle, comme chez le mythique et défunt Crime & The City Solution. Et il s’achève par « Shipwrecked 737 », une piste basique qui vous incite inconsciemment à taper du pied. Si la structure rappelle inconsciemment le « Gloria » du Them, les envolées de guitare semblent empruntées aux Stones. Une réaction qui sera aussi instinctive sur les soigneusement cuivrés et entraînants « I want money » et « Conman 512 ». Cette dernière piste, spécifiquement garage/blues, dans la lignée des long playings précédents, nous entraîne au sein d’un univers à la fois sordide et délabré. Probablement celui au sein duquel vivent certains exclus de la vie sociale. Mais le plus étrange, c’est ce riff central qui rappelle le fameux « That’s all I want », une chanson signée par Berry Gordy et Janie Bradford, mais popularisée par les Beatles, en 1962. Vous voyez le rapprochement entre les deux compos ? Bref, quand même, l’honneur de Liverpool est sauf !

Parmi les titres les plus contaminés par le blues, on épinglera « Believe it when I love you », encore une plage cuivrée, mais hantée par le « Who do you love » de Bo Diddley. Puis l’élégant « In the darkest corners », une compo qui aurait pu figurer au répertoire des Doors, même si ici, elle est privée de claviers rognés.

Tout au long du sombre et hanté « Blood moon », la voix de Wilson devient carrément démoniaque… Plus élaboré, « In your eyes » baigne dans la mélancolie douce/amère. La mélodie est fragile et ce sont les bourdonnements rythmiques qui construisent les crescendos, alors que le lyrisme est entretenu par les interventions du violoncelle.

Et enfin, titre le plus long de cet LP (NDR : 7’ quand même), « Whilst Judas sleeps » est à la fois déchiqueté par les cordes de guitares et bercé par le violoncelle, alors que la voix se fait chevrotante, frémissante. Une plage tourmentée et belle à la fois, abordée dans l’esprit du « Bitter Sweet Symphony » de The Verve…

Epatant !

 

vendredi, 07 juillet 2017 12:39

I hear you

The Arbor Labor Union est un quatuor issu d’Atlanta, en Georgie. « I hear you » constitue apparemment son second elpee. Et pour le mettre en forme, il a reçu le concours de Randall Dunn (Earth, sun O)))), Thurston Moore et Black Mountain. On comprend ainsi mieux pourquoi cet opus est particulièrement électrique. Certains medias ont même qualifié la musique du combo de southern rock mutant. Les plages sont, en général, longues et dépassent même parfois les 7 minutes. Le plus intéressant procède des guitares duales, dont les sonorités peuvent se révéler tantôt discordantes, carillonnantes, nerveuses ou lancinantes. Un peu comme si Lungfish, The Brian Jonestown Massacre et Sonic Youth décidaient de faire un bœuf. Le tempo est assez répétitif, mais vu les textures des grattes, ce n’est pas vraiment dérangeant. Malheureusement, les compos souffrent du vocal de Bo Orr, dont les intonations sont assez proches de Mark E. Smith. Mais n’est pas le leader de The Fall qui veut. Si bien qu’au fil du long playing, la voix finit par agacer. Et si on respire quelque peu lors du morceau instrumental motorik « Babel », on est en droit de regretter que le band yankee ne dispose pas d’un autre vocaliste. Les compos prendraient alors une toute autre dimension…

 

vendredi, 07 juillet 2017 12:37

Notes of blue

Avant de fonder Son Volt, Jay Farrar et Mike Heidorn militaient au sein d’Uncle Tupelo, en compagnie du futur Wilco, Jeff Tweedy. Mike a définitivement quitté le groupe en 2005, et si le combo a vécu une parenthèse au cours de la première moitié du millénaire, pause au cours de laquelle Farrar a tenté une aventure en solitaire, Son Volt vient quand même de publier son huitième elpee studio.

Farrar a avoué que cet opus avait été largement influencé par le folk de Nick Drake ainsi que le blues de Skip James et de Mississippi Fred McDowell. Et tout particulièrement leur style en picking et en slide à la guitare. « Notes of blue » se nourrit donc de ces références. Mais pas seulement. Ainsi les deux premières plages du long playing semblent plutôt hantées par Neil Young. D’abord le plus americana « Promise the world », impeccablement abordé dans l’esprit de « Harvest moon », la pedal steel rougeoyant aussi douloureusement qu’efficacement. Puis, « Back against the wall », un morceau mid tempo offensif, bien électrique, traversé d’impulsions crazyhorsiennes. Une électricité qui alimente de nombreuses pistes de blues. Très souvent à la manière de John Lee Hooker. Comme sur « Sinking down », même si elle est entrecoupée de séquences americana. La voix de Farrar adopte un timbre particulièrement graveleux tout au long du dépouillé « Midnight », de l’aride « Static » ou encore du furieux et débridé « Cherokee St ». Et un tremolo imprévisible sur le lugubre et acoustique « The storm », une compo qui lorgne insidieusement vers Mark Kozelek. Cette voix devient singulièrement fragile sur « Cairo and southern », une plage jouée en picking. Et le spectre du leader de Sun Kil Moon se remet à planer. Menaçant, de mauvais augure, Enfin, « Threads and steel » est interprété en spoken word, à la manière de Johnny Cash. Un superbe album !

 

vendredi, 30 juin 2017 03:00

Endless

Soviet Soviet est un trio italien qui pratique un post punk dans l’esprit d’Interpol voire des Editors, à leurs débuts. Différence, la voix est plus claire et aurait pu naître d’un croisement entre celles de Peter Murphy (Bauhaus), Neil Tennant (Pet Shop Boys) et Stan Ridgway (Wall of Voodoo). « Endless » constitue son second elpee, un disque dont les compos ont été rôdées lors des tournées. Les cordes de guitare sont tintinnabulantes, gémissantes, piaillantes et celles de la basse, cotonneuses, graveleuses ou grondantes. Le drumming est efficace. Le tempo est en général soutenu, parfois même tempétueux. Il y a un zeste d’électronique et circonstanciellement, la présence d’une boîte à rythmes. Mais bon, si cet elpee devrait plaire aux aficionados de post punk à coloration ‘dark’, on ne peut pas dire qu’il soit particulièrement original…

 

vendredi, 30 juin 2017 03:00

Whatever Forever

Oozing Wound est un trio chicagoan qui pratique un metal agrégeant proto-punk, hardcore, stoner, doom, drone, thrash et noise. A son actif, trois albums et un split LP, partagé en compagnie de Black Pus. « Whatever Forever » constitue donc son troisième et propose 10 pistes qui tiennent parfaitement la route. Seul bémol, le chant. Pourquoi hurler ses paroles ? Pour être dans l’air du temps ? Dommage, car l’expression sonore est le plus souvent mélodique et évite les soli nombrilistes afin de privilégier des tableaux climatiques, développés dans l’esprit d’un Prong. « Weather teamer » pourrait même servir de B.O. à un thriller hitchcockien. Et l’épique « Tachycardia » ainsi que le belliqueux « Sky creep » adoptent un profil sembable. Tout comme « Mercury in retrograde virus », dont les lignes de cordes sont tracées, un peu comme chez Swans. Des cordes qui deviennent même bringuebalantes sur le nihiliste « Diver ». Un feeling qui envahit également le meilleur titre de l’elpee, « Everyhting sucks and my life is a lie ». Il s’ouvre sur un tempo martial avant de se transformer en véritable hymne. Ecrasé par ses riffs en boucle, « Rambo 5 (Pre-Emptive Strike) » aurait pu naître d’une rencontre entre Mastodon et Suicidal Tendencies. L’instrumental « You Owe Me, Iommi » adresse un clin d’œil au célèbre gratteur de Black Sabbath (NDR : non, non, il ne lui doit rien, ce serait plutôt le contraire), alors que les sonorités de guitare lorgnent plutôt vers Metallica. Il y a bien longtemps que votre serviteur n’avait plus autant flashé sur un groupe de métal… même si la voix a sans doute de quoi le contrarier…