James Hugh Calum Laurie est surtout connu du grand public comme acteur. Depuis 2004, il incarne Dr House, dans la série télévisée du même nom. Né à Oxford, cet Anglais est aujourd’hui âgé de 52 ans. Ce touche-à-tout assez génial a un emploi du temps plutôt chargé. Jugez plutôt : il est acteur, bien sûr, mais aussi réalisateur, producteur, auteur et musicien. Il a signé un contrat chez Warner en 2010 pour lequel il vient de publier un album de classiques du blues et du jazz, fortement teintés par la musique de la Nouvelle Orléans. Hugh est capable d’écrire ses propres chansons ; mais il souhaitait rendre hommage à un style qu’il affectionne tout particulièrement. En résulte un elpee au cours duquel il reprend une majorité de standards des années 20 et 30. Soutenu par le label major, il a pu mettre les petits plats dans les grands. Il a ainsi reçu le concours de Joe Henry, à la mise en forme. Ce chanteur/compositeur américain est un producteur expérimenté et notoire. Il a ainsi notamment bossé pour Mose Allison, Allen Toussaint, Solomon Burke, Loudon Wainwright et Susan Tedeschi. En outre, Joe a invité d’excellents musiciens pour participer aux sessions d’enregistrement, sessions qui se sont déroulées au studio Ocean Way, à Hollywood. Hugh chante, joue du piano et de la guitare.
L'ouverture est superbe. Hugh nous propose sa lecture personnelle du célèbre "St James infirmary", une compo traduite en succès, par Louis Armstrong, en 1928. Sa longue introduction au piano est totalement bouleversante, et la suite est tout aussi réussie. Le toubib possède bien le feeling du blues! Sa voix de fausset me fait penser à celle de Dr John ; mais elle s’intègre bien à l’ensemble. Les musiciens commencent à swinguer avant que les cuivres, orchestrés par Allen Toussaint, ne fassent leur apparition. Compo allègre, "You don't know my mind" est traitée à la manière d’un jug band. A cause de la mandoline de Kevin Breit, des percus et des chœurs féminins qui soutiennent le lead vocal. La reprise du "Six cold feet" de Leroy Carr est impeccable. Une intensité dramatique envahit le chant. Un accordéon enrichit le décor sonore, pendant que Levon Henry, à peine âgé de 18 ans, épate la galerie au saxophone ténor. Dr John, en personne, débarque de sa ville new orléanaise pour chanter avec passion mais douceur "After you're gone", un succès signé Bessie Smith en 1928. Laurie au piano et Robby Marshall à la clarinette y entretiennent un climat très cabaret. Hugh adopte alors le style boogie et martyrise ses ivoires tout au long de "Swanee river", une plage caractérisée par des interventions de violon qui ne manquent pas de charme. Irma Thomas est déterminé pour chanter "Joe Henry", un traditionnel du folk blues abordé suivant l'arrangement imaginé par Memphis Slim. Moment d’émotion intense lors de la cover du "Tipitina" de Professor Longhair, une plage qui symbolise bien le climat de la grande ville louisianaise. Vous n’avez jamais entendu Tom Jones chanter le blues ? Il s’y colle tout au long de "Baby, please make a change", une chanson au cours de laquelle il est épaulé par l’excellente voix d'Irma Thomas. L’elpee recèle encore deux reprises de Jelly Roll Morton, un artiste majeur qui a marqué de son empreinte la naissance les premiers pas du jazz ; mais également quelques bon vieux blues signés Arthur Phelps, J B Lenoir et un certain Robert Johnson. Le long playing s’achève par "Let them talk", une tendre ballade idéalement taillée pour la voix de Hugh Laurie. Si cette œuvre semble émaner d’une autre époque, elle se révèle d’excellente facture. Elle reflète, en outre, le profond respect que manifeste cet artiste pour cette musique…

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