Chris Robinson est surtout connu comme chanteur des Black Crowes, un groupe majeur de rock blues fondé en 1989 et drivé par Chris ainsi que son frère, le guitariste Rich. A ce jour, la formation a vendu plus de trente millions d’albums. En 2002, le band décide de prendre une pause, suite au départ de leur drummer. Chris se lance alors dans un projet parallèle, flanqué de The New Earth Mud, un ensemble folk rock qui se forge alors une solide réputation de jam band. Faut dire que Mr Robinson a toujours été un proche du Grateful Dead et tout particulièrement de son guitariste historique Jerry Garcia! En 2005, les Crowes reprennent du service, avant de se séparer, une nouvelle fois, en 2010.
Printemps 2011, Chris Robinson lance son Brotherhood, en compagnie du claviériste Adam MacDougall (aussi un Black Crowes), du drummer George Sluppick (ex-Sha Na Na), du bassiste Mark Dutton et de Neal Casal (de Hazy Malaze), préposé à la seconde gratte. La musique de Brotherhood nous replonge plusieurs décennies en arrière. Comme chez les jam bands de l’époque. L’expression sonore est aventureuse. Elle explore, se cultive, se développe. L’elpee ne recèle d’ailleurs que 7 plages ; et la plus courte dépasse les 7'. Une bonne dose de psychédélisme et une autre de rock acide nous ramènent au temps des hippies. Le style s’ouvre ainsi aux effets cosmiques, comme à l’époque au cours de laquelle Syd Barrett militait encore chez Pink Floyd, mais aussi au blues, à la country ainsi qu’au rock sudiste des Allman Brothers Band et autre Govt Mule.
Des sonorités galactiques introduisent "Tulsa yesterday". Ce long périple nous permet de revivre l’atmosphère qui régnait lors des concerts de Grateful Dead. La voix très spécifique de Robinson accentue cette impression. La plage évolue lentement mais perceptiblement, libérant enfin la guitare caustique de Casal. Les claviers sont bien intégrés. Progressivement le tempo accélère favorisant le déchaînement des cordes. Imprimées sur un tempo hypnotique, les 5 premières minutes de "Rosaleen" sont trempées dans le country rock ; puis le morceau vire au space rock avant d’éclater une nouvelle fois au cœur d’une tempête de cordes. Le sens mélodique n’est cependant pas négligé chez CRB. Il s’inspire de la country. A l’instar de "Star or stone", une très belle chanson empreinte de douceur et de mélancolie. La voix est volontiers gémissante et l’envol des cordes produit un véritable enchantement. Malgré les sonorités floydiennes, sidérales, alimentées par les claviers de MacDougall, "Tomorrow blues" adopte un profil plus blues. Tant le rythme que les interventions de gratte. Chris possède une superbe voix, naturellement puissante et très soul. Elle est bien mise en exergue sur "Reflections on a broken mirror", projetant même dans nos esprits une réincarnation de l’éternel Jerry Garcia au XXIème siècle. Elle est même très pure tout au long de "Beware oh take care", évoquant alors Michael Stipe de R.E.M. Le périple s’achève par le paisible "100 days of rain". Un album que votre serviteur a beaucoup apprécié. Et dont il attend impatiemment la suite, déjà prévue d’ici quelques semaines. Le titre de cet elpee ? "The Magic Door".

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