Rick est considéré comme un des guitaristes blues les plus réputés en Californie. Il compte déjà plus de vingt ans de scène. Ecumés aussi bien dans son pays qu’à travers le monde. Et pourtant, ce jeune musicien originaire de Fairbanks, en Alaska, n’est âgé que de 42 balais. Sa famille se fixe à Los Angeles en 1985, et la même année, il est enrôlé par l’extraordinaire harmoniciste William Clarke. Depuis, il joue le blues. Aussi bien en compagnie d’artistes noirs comme Smokey Wilson ou Johnny Dyer (de 1989 à 95) que blancs ; et en particulier le célèbre harmoniciste issu de la West Coast, Rod Piazza (Mighty Flyers). En 96, il commet un album instrumental en compagnie de Johnny Dyer. Paru chez Black out, ce disque de jump blues s’intitule "Look out !". En 2000, il concocte "Gonna get wild", un elpee paru sur Tone Cool. Depuis, vivement séduit par les bricolages technologiques de RL Burnside, il a collaboré aux projets entrepris par le vieux bluesman du Mississippi. En 2002, Rick forme son Holmstrom Band et enregistre son premier elpee solo la même année : "Hydraulic groove". Il parvient à y faire flirter le blues avec le hip hop et l’électronique. En fait, il exploite les vertus de l’informatique pour produire beats et samples, en s’inspirant d’artistes comme Beck ou Moby ! Pour enregistrer ce nouvel opus, il a choisi la formule trio et s’est entouré de Stephen Hodges aux percussions ainsi que de Jeff Turmes à la basse, aux saxophones, guitares et claviers. Une œuvre réservée, pour une bonne moitié, aux plages instrumentales.
Et la première est déjà instrumentale, "Peculiar hop", un morceau libérant beaucoup de groove. Versatile, la guitare jump bénéficie de l'accompagnement sobre et très jazz des maîtres du rythme. Un formule impressionnante lorsqu’elle se termine par la surf pure et puissante de Link Wray! Elle opère son retour sur "Wham-O". Blues rock offensif, "I'm leaving" réverbère des sonorités de cordes très primaires. Une technique parfaitement rendue. Et tant pis si Rick n'est pas un grand chanteur, ce titre est très accrocheur. Impossible de ressembler à la majorité des autres sections rythmiques quand on peut disposer de Stephen et Jeff. Il se crée entre eux une alchimie unique en son genre. Ainsi, ce "One last chance" pourrait faire l’objet d’une reprise par un pop band ; mais ce n’est pas le cas, car les sonorités de la guitare sont découpées au rasoir. Ces cordes acérées alimentent un climat empli d'effroi et de terreur sur le slow blues "77 Red V8". Tout au long de cette compo dépouillée à l'extrême, la guitare se dédouble et crée des instantanés semblables à des prises de film pas encore monté. Il n'est pas difficile d’imaginer que les exercices instrumentaux sont d'excellente facture "Tutwiler" entretient différents climats mais reste proche de la surf music en diffusant des sons très réverbérés et métalliques. Turmes sort son saxophone pour animer "Descanso", une bande filmée pour un hypothétique thriller à sensations. Parmi les titres chantés, "Better way" adopte un profil presque classique. Un Chicago shuffle au cours duquel, Rick, jamais pressé, ne distille que les notes nécessaires face à la section rythmique d'une cohésion irréprochable. West coast jump irrésistible, "On the vine" plonge les trois musiciens dans leur bain. "Dig myself a hole" relève davantage du Delta blues. Rick construit son solo très intelligemment. Une seule reprise : le "Rainy day women #12 & 35" de Bob Dylan. Un traitement instrumental implacable de ce classique. Le vieux Zim ne doit pas en croire ses oreilles ; et en particulier lorsque ce génial Turmes se met à ‘honker’ dans son sax, face à des cordes désormais sans limites. Excellent !

Nederlands
Français 
