Très prisé par la critique, ce jeune guitariste allemand (NDR : issu de Munster très exactement) n'est plus un inconnu puisqu'il compte déjà plus de vingt ans de métier. Particulièrement doué, ce gratteur présente de sérieux atouts et de solides références. Et pour cause, ce disciple de Peter Green et de Larry Carlton synthétise sa propre fusion de blues, de jazz et de soul. Son premier album, "Guitar deluxe", remonte à 1994. Depuis, il aligne régulièrement des albums sous son patronyme ou flanqué du Johnny Rogers Band. A l’instar de "Soul serenade", paru en 2001. Commis en 2004, "Blue hour", son précédent opus, relevait du Gregor Hilden Band. « Golden voice blues » est un disque instrumental. Il recèle onze plages issues de sa plume, pour lesquelles il est soutenu par son trio de base : Horst Bergmeyer aux claviers, Erkan Özdemir à la basse et Klaus Schnirring aux drums ; autrement dit, la très réputée section rythmique des Bluescasters de Memo Gonzales. Deux souffleurs ont collaboré à la confection de quatre plages : Tommy Schneller au saxophone et Keith Dunn à l'harmonica.
"Shuflfin" met directement le feu aux poudres. Gregor reproduit immédiatement la tonalité chère au Peter Green de la grande époque (NDR : celle de la fin des 60s). Il détient une Gibson Les Paul Goldtop de 68 et un ampli Fender Deluxe Reverb de 64. Pour ce Chicago shuffle, Horst est au piano et Tommy aux saxophones. Le niveau technique de Gregor est très élevé. Pourtant, il ne dispense que les notes nécessaires, des notes concédées à l'économie comme le faisait si bien le grand Green. Il embraie sur "Golden voice blues". Un morceau imprégné par le style de T-Bone Walker. Un blues fin de soirée particulièrement agréable au cours duquel sa complicité avec le pianiste est un plaisir pour les oreilles. Mr Hilden persévère dans le swing. La section rythmique se fait légère pour aborder "Off beatin". Un excellent jump imprimé sur un tempo modéré. Une compo qui marque une nouvelle fois le retour de Schneller au saxophone ténor. Décidément versatile, Gregor prend la direction de la Louisiane en empruntant des accents nonchalants. Le swamp blues devient le théâtre de son nouvel essai tout au long de "Smack Bertha's shuffle" ; une plage enrichie par l'harmonica de Dunn et le piano de Horst. "Late rent shuffle" nous plonge dans le monde du blues et du swing. La rivalité entre les cordes, le sax baryton et l'orgue Hammond est tonique. "Mature blues" est un slow blues fort classique. Tout est bien mis en place. La guitare se divertit face au piano et à l'harmo de Keith Dunn. Du bon travail ! Proches de Mike Bloomfield et de BB King, les cordes évoluent derechef dans un registre fort proche de l’univers de Peter Green, bien sûr ! Gregor saisit sa Danelectro Baritone pour s’enfoncer dans un Memphis R&B très séduisant. Intitulé "Baritone boogaloo", ce fragment est éclairé d'un solo de saxophone. Débordant de groove, "Jammin" constitue un exercice instrumental à la texane, proche de Freddie King. Les différents musiciens accomplissent impeccablement leur rôle. Gregor, Horst, Keith, Erkon et Klaus sont unis voire soudés pour le meilleur ! Autre blues lent, "Sweet 'n'sour" réverbère un son puissant, saturé d'écho. La Gibson de Gregor nous flanque des frissons partout, tant son toucher est à fleur de peau et sa sensibilité exacerbée. Slow blues classique, "Earth blues" est soutenu par la section rythmique. Cette compo aurait pu servir de bande sonore pour un Chicago Blues Band. Mississippi Heat, par exemple. Le champ est d’abord laissé libre au brillant pianiste Horst Bergmezyer, à Dunn et Hilden enfin. Cet excellent album s’achève par "Greg's boogie", un boogie au cours duquel chaque musicien met un point d’honneur à donner le meilleur de lui-même pour atteindre un excellent résultat d’ensemble. A écouter absolument !

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