Il n’existe pas de ligne droite pour The Beths…

The Beths, un groupe néo-zélandais composé de la chanteuse Elizabeth Stokes, du guitariste Jonathan Pearce, du bassiste Benjamin Sinclair et du batteur Tristan Deck, annonce la sortie de son nouvel elpee "Straight Line Was A Lie", le 29 août 2025. En avril,…

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Paddang à la poursuite des fantômes…

Paddang est un trio de rock psyché formé en 2020 à Toulouse. Osees et King Crimson à fond dans lʼautoradio et un nom de groupe inspiré d'un spot de surf en Indonésie, Paddang file à toute berzingue dans une épopée cosmique. Les trois voix dictent le ton et…

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Bernard Dagnies

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vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Greetings from Trauma

Ancien journaliste pour Rock’n Folk, Dimi Dero a sévi successivement chez les Grooves, Ghost Train, Chatterbox ou encore les New Bones, avant de fonder Dimi Dero Inc. Une formation au sein de laquelle figurent des vétérans de la scène toulousaine. Pour enregistrer son deuxième opus, le groupe a reçu le concours de quelques invités. Tout d’abord Miss Tallulah X (de Lady Godiva), dont la voix est empreinte de douceur ou de frénésie, suivant les circonstances. Apportant ainsi davantage de contraste au timbre de Dimi, dont les inflexions peuvent osciller d’Iggy Pop à Stan Ridgway, en passant par Peter Murphy. De Sébastien Moly, également. Sur « Dandy’s daughter », sa trompette aux accents mariachi suggère une rencontre hypothétique entre Wall of Voodoo et Calexico. Découpé en 11 fragments, « Greetings from Trauma » carbure le plus souvent au punk rock énergique, urgent, torturé, menaçant, réminiscent des Stooges et des New York Dolls. Il est alors assez facile d’imaginer que les vocaux de Dero, à l’instar de James Osterberg, se font rageurs, possédés ou féroces. Mais certains fragments paraissent plus complexes ou encore semblent véhiculer des énergies malsaines, comme hantées par un rite vaudou. Et je pense tout particulièrement à « You shallow grave », tramé sur un piano délicat et énigmatique (Nick Cave ?). A « Deep sleep », dont l’intensité électrique fiévreuse, rappelle les Scientists. Au sauvage et métallique, mais aux accents orientalistes « Koursk » (Tea Party ?). Et puis au tribal « Down in hell », que balaie des cuivres jazzyfiants. L’opus recèle deux morceaux relativement plus calmes. Tout d’abord « The good things that I’ve done » et la valse britpop « Two sentences a day ». Ce n’est plus une surprise, mais une confirmation !
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Absent friends

Après avoir enregistré « Regeneration », Neil Hannon a donc décidé de prendre congé de ses musiciens avec lesquels il bossait depuis 1996. Alors qu’on imaginait qu’il allait poursuivre son aventure sous son propre nom, il a décidé, à l’instar de Jason Pierce pour Spiritualized, de reprendre le patronyme du groupe à lui tout seul. Ce qui ne l’a pas empêché de faire appel à l’un(e) ou l’autre invité(e) pour enregistrer ce nouvel opus. En l’occurrence Yann Tiersen pour la plage « Stick & stones » et l’ex Kennickie Lauren Laverne pour « Home Billy bired », titre qu’elle enrichit de sa voix angélique. Sans oublier son fidèle collaborateur Joby Talbot, dont les orchestrations ont été enregistrées par Guy Massey et mixées, bien évidemment, par Nigel Godrich. Première constatation, Neil en est revenu à la forme orchestrale qui avait fait le succès de « Liberation », « Promenade » et « Casanova » ; c’est à dire abordée dans l’esprit d’un Burt Bacharach ou des standards des comédies musicales. Seul le thème diffère, cet opus traitant essentiellement des problèmes liés à l’instabilité. De son instabilité. Une instabilité née des nombreux changements intervenus au cours de son existence. Tout d’abord le split de sa formation, bien sûr. Mais aussi la naissance de son premier enfant, l’énorme tournée accomplie aux States et son déménagement de Londres à Dublin. Un retour aux sources, en quelque sorte, puisque Neil est né à Londonnery, en Irlande du Nord. Même si dans le style il demeure d’excellente facture, « Absent friends » constitue probablement l’album le moins surprenant pour un des fils spirituels les plus doués de Scott Walker. Vous savez ce qu’il vous reste à faire...
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Das not compute

Deuxième opus pour ce quatuor suédois responsable d’une musique ‘garage’ particulièrement excitante. Vous aimez Soundtrack Of Our Lives, les Hives ou encore International Noise Conspiracy, vous aimerez The Divisison Of Laura Lee. Maintenant, le style musical pratiqué par cette formation possède des références distinctes, qui oscillent du post punk à la noisy, en passant par le psychédélisme bien british. Les spectres de Jesus & Mary Chain, des Stooges, du Spacemen 3 et de Spiritualized Electric Mainline rôdent en permanence au sein d’un univers sonore partagé entre guitares malsaines, torrentueuses, basse crépusculaire, piano sinistre, orgue fluide, poussiéreux et drums métronomiques. Sans oublier les parties vocales assurées par Per Stalberg. Susceptible de vociférer à la manière d’un Alice Cooper lorsque le climat entre dans une phase agressive ou d’emprunter l’accent de Brooklyn lorsque la solution sonore prend une coloration yankee, il a la capacité d’emprunter un timbre limpide et tendre lorsque la circonstance est de rigueur. Et même si le sens mélodique s’avère particulièrement contagieux, le groove est tellement omniprésent tout au long de l’opus que de peu de temps est laissé à l’auditeur pour reprendre son souffle. Un disque sur lequel Nina Persson, la vocaliste des Cardigans, est venue donner de la voix sur « Dirty love », et qui comprend un morceau caché. Doté de propriétés lancinantes, il aurait pu figurer au répertoire des frères Reid…
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Whiskey tango ghost

Tanya Donnelly est surtout connue pour avoir sévi chez Throwing Muses et les Breeders (NDR : avant qu’elle ne parte fonder son propre groupe, Belly). Son soprano séraphique, aussi riche que le chocolat, se mariait à merveille avec le timbre gémissant de sa demi sœur, Kristin Hersh. « Whiskey tango ghost » constitue déjà son troisième elpee. Et inévitablement, on ne peut qu’émettre des comparaisons avec le dernier opus de Kristin, « The grotto ». Deux œuvres minimalistes qui font la part belle à l’instrumentation acoustique et à la voix. Deux disques dont les thèmes évoquent le mariage, mais en des termes bien différents. Cependant, si Kristin semble bien enracinée dans le folk appalachien, Tanya puise davantage son inspiration dans la country basique de Nashville (NDR : pensez à Loretta Lynn, Emmylou Harris et Lucinda Williams), la pop romantique (Carole King, Suzane Vega) et la country alternative (Neko Case et Wilco). Le titre de l’elpee est même une réponse codée au dernier long format de la bande à Jeff Tweedy. Pour enregistrer ce « Whiskey tango ghost », Tanya a reçu le concours de son mari Dean Fisher. L’ex membre du groupe de Juliana Hatfield, y joue de la guitare, de la basse et des drums. Rich Gilbert (Frank Black & the Catholics) à la steel et Elizabeth Steen (Nathalie Merchant) au piano, complétant le line up. Et Tanya a le bon goût de ne pas sombrer dans la mélancolie maladive, injectant dans sa solution sonore, tantôt un zeste de jazz, des percus tribales ou évoluant même sur un mid tempo (NDR : l’excellent « Butterfly thing »). Mais les plus belles chansons sont tramées sur un piano sonore. Et je pense tout particulièrement au bouleversant et envoûtant « Golden mean » ou encore au fragile « Divine sweet divine ». Un superbe album !
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Specially for you

Au sein de ce quatuor rennais, on retrouve deux ex Candie Prunes : Gilles Morrillon et surtout Laureline Prod’homme. Cette dernière avait ainsi tenu la basse au sein de Giant Sand, lors de la tournée accomplie par la bande à Howe Gelb, en France. « Specially for you » constitue leur premier opus, un disque pour lequel la formation a reçu la collaboration de l’ingénieur du son Ray Staff, mieux connu pour avoir travaillé en compagnie de Bowie, Clash, PJ Harvey ou encore Muse. Une mise en forme qu’il a opérée dans ses propres studios à Londres. Des conditions favorables à l’éclosion d’une musique britpop raffinée et contagieuse. Et bien non ! Si les lyrics de The Dude sont bien chantés dans la langue de Shakespeare, l’expression sonore lorgne franchement de l’autre côté de l’Atlantique. Vers New York et Detroit, plus précisément. Pensez à des Strokes qui ne penseraient pas uniquement à leur compte en banque ou aux White Stripes. On trempe donc ici dans le garage. Un garage aride, incisif, caractérisé par la sécheresse et la sauvagerie et l’électricité ; mais une impétuosité apprivoisée par un sens mélodique pop très développé (NDR : dans ce registre, découpé dans les guitares bringuebalantes, « Dawn » est une petite perle !), que parcourt épisodiquement la voix féminine de Laureline. Un peu comme chez les White Stripes. L’opus recèle même deux plages découpées dans le funk blanc (« I’m on the run » et « Lies ») ; une ballade venimeuse, réminiscence de Concrete Blonde, mais privée de ses accès hispaniques (« Sunday 3 am »), et puis et paradoxalement pour titre maître, un fragment imprimé sur un tempo new wave et galvanisé par une basse cold…
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Astronaut

Devaient avoir un besoin urgent de fric pour sceller une telle reformation. Si, si, Simon LeBon, John Taylor, Andy Taylor, Nick Rhodes et Roger Taylor ont donc décidé d’enterrer la hache de guerre pour enregistrer cet « Astronaut ». Manquait plus que Stephen Duffiy soit de la partie. M’enfin, on ne peut pas dire qu’il faisait partie du line up type de Duran Duran. Qui n’avait plus enregistré sous cette formule depuis 21 ans ! Enfin, faut quand même savoir que la réconciliation était dans l’air depuis un bon moment, puisque certaines chansons ont été composées, il y a déjà trois ans. Découpé en 12 titres, l’elpee s’avère, ma foi, fort agréable à écouter. Un disque partagé entre morceaux pop/rock/funky et compos plus sombres, plus atmosphériques, contagieuses même (NDR : enrobé d’arrangements symphoniques, « Still breathing » est absolument superbe !). Le onzième de D.D., pour ceux qui aiment les précisions. Un seul reproche, mais il est de taille, cet « Astronaut » ne recèle aucun hit de la trempe des « Girls on films », « Hungry like the wolf » ou encore « The reflex » ; et c’est bien là que le bât blesse. Sans hit potentiel, susceptible de vous donner l’envie de danser, Duran Duran n’a aucune chance de refaire surface…
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Pinball Mars

Au sein des Circus Devils, on retrouve les frères Tim et Todd Tobias, ainsi que le chanteur/leader des Guided By Voices, Robert Pollard. Un projet avant-gardiste plus qu’un groupe dont le « Pinball Mars » constitue déjà le troisième volume. Robert est un grand admirateur du Who (voir interview de G.B.V. sur le présent site) ; il n’est donc pas étonnant qu’il multiplie les clins d’œil à leur égard. Et pour cause ! Intituler cet album « Pinball Mars », alors que le 45 tours « Pinball Wizard » est paru en mars 1969, ne peut résulter d’une coïncidence. Surtout pour un album tout au long duquel est entretenu un climat de sorcellerie. Commis par un trio qui répond au patronyme de Circus Devils. Pour le hasard, faudra repasser. On n’ira pas cependant jusqu’à dire que ce disque trempe dans le death metal, mais il faut reconnaître que l’ambiance y est plutôt trouble, pour ne pas dire satanique. Fruit d’un mélange maléfique entre le Black Widow, Birthday Party, Brian Eno, Chritian Death et Robert Wyatt. On a même l’impression que Robert (NDR : Pollard hein !) chante parfois sous le joug d’un sortilège. Quant à la musique, tour à tour incantatoire, sauvage, hypnotique, complexe, malsaine, claustrophobique, torturée, planante, etc., elle opère des rencontres illicites entre psychédélisme, prog, free jazz, rock, métal, blues, gothique, et j’en passe. Même si parfois, le chant observe un sens mélodique plus pop. J’ignore s’il s’agit d’un exorcisme, mais cela y ressemble fort…
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Ariadne

Ce disque a été enregistré en hommage au peintre Giorgio De Chirico, dont de multiples oeuvres ont été exposées à la galerie Estorick de Londres en, 2003. A l’instar de la musique de Clientele, les toiles de ce peintre reflètent des sentiments d’inquiétude, de rupture, de tristesse et de solitude. « Ariadne » fait suite à « Violet hour », un album paru l’an dernier. Un Ep découpé en cinq titres, dont quatre instrumentaux. « Enigma » et « Ariadne sleeping » déambulent ainsi au gré d’un piano sonore, empreint de mélancolie, réminiscent de Satie. Plus expérimentales, les 8 minutes de « The sea inside a shell » s’enfoncent dans le mystère d’un orgue crépusculaire, presque ‘cathédralesque’. « Impossible » et « Summer crowds in Europe » respectent une forme plus proche du style pratiqué par ce trio londonien. Superbe composition, caressée d’harmonies vocales limpides, la première mélange psychédélisme, pop et folk dans un style qui doit autant aux Byrds qu’à Belle & Sebastian ; alors que la seconde parvient à nous bercer au gré de ses cordes de guitares aventureuses, vibrantes, mélodieuses…
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Heaven or Las Vegas

Réédition de l’album de Cocteau Twins, paru en 1990. Liz Frazer et Robin Guthrie viennent de mettre au monde leur premier enfant. Pas étonnant, dès lors, que la maternité soit au coeur de cet elpee. A cette époque, c’est en ces termes que ce disque avait été chroniqué : Depuis 1983, la nébuleuse Cocteau Twins propage les mêmes radiations sonores, mélopées fluides captées à l’intersection de différentes cultures qui gravitent à l’intérieur d’un kaléidoscope constellé d’éclats de guitare diffus, fascinants, diaphanes, et irisé par la voix spectrale, éthérée, réverbérante de Liz. Si Robin Guthrie et Liz Frazer sont parvenus à conserver toutes les propriétés de leur élixir impressionniste, l’intensité des caractéristiques sonores s’est estompée avec le temps, érosion accentuée par l’éclosion d’une vague romantico-atmosphérique qu’ils ont eux-mêmes déclenchée (Sundays, Sugarcubes, His Name is Alive, etc.). « Heaven or Las Vegas » rétablit l’image de marque de Cocteau Twins, recouvrant, comme par enchantement, toutes les nuances de l’aurore boréale, coloris à la fois fragiles, raffinés et empreints d’esthétisme…
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Blue Bell Knoll

Paru en 1988, “Blue Bell Knoll” constitue le cinquième elpee de Cocteau Twins, un disque qui fait aujourd’hui l’objet d’une réédition en CD. Mais outre les quatre opus précédents, CT est surtout responsable de neuf Eps incontournables : Lullabies (1982), Peppermint Pig (1983), Sunburst and Snowblind (1983), The Spangle Maker (1984), Aikea-Guinea (1985), Tiny Dynamine (1985), Echoes in a Shallow Bay (1985), Tiny Dynamine/Echoes in a Shallow Bay (1985) et Love's Easy Tears (1986), disques qui mériteraient également de revivre sous la forme d’un compact disc. Mais revenons à « Blue Bell Knoll ». Un album qui a accumulé les éloges dithyrambiques. Je ne vais pas en remettre une couche, même s’il faut reconnaître que la musique de Cocteau Twins - et en particulier sur cet album - possède quelque chose de céleste, de visionnaire. A cause des mélodies cristallines, énigmatiques, fluides, gothiques, sculptées dans les couches de guitares élégantes, chatoyantes, richement texturées, climatiques, cosmiques, duveteuses, tendues par la ligne de basse souterraine, balayées par un écran de synthés brumeux, et hantées par la voix évanescente, stratosphérique, élégiaque de la sirène, Elisabeth Frazer. Une œuvre qui aura une influence considérable sur les deux décennies suivantes ; et en particulier chez des groupes ou des artistes comme Sigur Ros, My Bloody Valentine ou encore Stina Nordenstam…