La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

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La fuite d’Ellside

Le groupe parisien Ellside présente « Run Away », son concept album naviguant entre ombre et lumière pour un voyage qui durera un an. Une lente année pour dévoiler 6 chapitres de 2 chansons, 12 titres qui narrent l'histoire de Light. Le groupe invite les…

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Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

jeudi, 16 mars 2023 11:31

Staring at the sun

Not Scientists réunit des ex-membres de Uncommonmenfrommars et de No Guts for Glory, une formation lyonnaise qui nous propose son troisième elpee. Le groupe puise manifestement son inspiration dans la new wave et la cold wave des eighties. Et tout particulièrement chez The Cure et Sisters of Mercy.

Dès « Push », on en peut s’empêcher de penser à « A forest » de la bande à Robert Smith. Un spectre qui plane tout au long de l’opus, tout comme celui des Sœurs de la Miséricorde… Mais au fil de l’écoute, on se surprend à apprécier une expression sonore plutôt bien ficelée.

Régulièrement, les synthés viennent compléter la ligne de basse cotonneuse ou caoutchouteuse. Et même caustique, tout au long de la cover du « %8x5 » de UK Subs. Et si « Standing at the edge » se distingue par ses jolies harmonies vocales ponctuées de ‘Oh, oh, oh’, elles véhiculent des accents empruntés à Green Day sur le titre maître…

Depuis la sortie de cet LP, le guitariste Big Jim a quitté le navire et a été remplacé par l’ex-Pookies, Frédéric Measson.

jeudi, 16 mars 2023 11:25

To sing in french

Lucie Gremer, aka Lucie Sue, est une rebelle. Elle a intitulé son album, « To sing in french », alors que toutes les compos sont interprétées dans la langue de Shakespeare. En fait, elle conteste la loi Toubon qui impose des quotas de chanson française sur les ondes radiophoniques. Et pourquoi ? Parce qu’elle n’a pas envie.

Auteure, compositrice, chanteuse, guitariste, bassiste et violoncelliste (NDR : elle a fréquenté le conservatoire de Lyon), elle vient d’enregistrer son premier elpee. Hormis les drums, pour lesquels elle a reçu, lors des sessions, le concours de Philippe Entressangle (Benjamin Biolay, Etienne Daho), Frank Armand (Clara Luciani, Catherine Ringer) ou Nicolas Charlier (Retrievers), elle assure tout le reste de l’instrumentation.

Entre titres éthérés (la ballade « Promises » qui invite à la rêverie et à la contemplation ainsi que le final « Soma »), plus pop (la reprise du « Freedom » de Michael Jackson), énigmatiques (le morceau d’entrée « Lick your teeth »), une égérie des 90’s revient régulièrement à la surface : PJ Harvey.

jeudi, 16 mars 2023 11:24

7

Red Beans & Pepper Sauce est un quintet montpelliérain dont le septième elpee s’intitule sobrement « 7 ». Première constatation, les interventions d’orgue nous ramènent à celles dispensées par Jon Lord chez Deep Purple ou de feu Ken Hensley, pour Uriah Heep. Ce qui apporte manifestement une coloration métallique à la musique d’un groupe qui avait remporté le tremplin du ‘Cahors Blues Festival’ en 2013. D’autant plus que tout au long de cet elpee, les solos de guitare dégoulinants ne manquent pas.

Surprenant, l’intro de « Out law on the run » emprunte le phrasé de gratte du légendaire Peter Green, sur le célèbre « Oh well » de Fleetwood Mac. L’adaptation du « Rock and roll » de Led Zeppelin est méconnaissable. Pas parce qu’elle est plus lente que l’originale ou que le groupe a voulu se la réapproprier (NDR : ce qui est louable, malgré tout), mais parce que la voix ne colle pas ; et le résultat est fade.

On épinglera quand même l’excellent drumming sur « World is burning », une piste qui rappelle quelque part Jethro Tull (sans la flûte ni la voix de Ian Anderson), mais à cause de cet orgue rogné qui s’infiltre dans l’expression sonore à la manière de John Evans. Et puis, quand même, le final « Let you down », une ballade acoustique qui s’enrichit de cuivres et de cordes, en fin de parcours.

Le guitariste Gary Rossington, dernier membre fondateur de Lynyrd Skynyrd, est mort ce dimanche 5 mars, à l'âge de 71 ans. La cause de son décès n'a pas été précisée, mais il souffrait de problèmes cardiaques et avait subi une opération vitale du cœur, en 2021.

Il avait survécu à plusieurs accidents graves dans les années 1970, notamment un accident de voiture en 1976 et le tristement célèbre crash aérien de 1977, au cours duquel le chanteur Ronnie Van Zant, le guitariste/chanteur Steve Gaines et de la choriste Cassie Gaines ont perdu la vie. La formation s’était séparée, à l’issue de ce drame, mais il s'était reformé en 1987, en compagnie de nouveaux membres, dont le jeune frère de Van Zant, Johnny, au chant.

Votre serviteur avait eu l’occasion d’assister à un concert de Lynyrd Skynyrd, le 6 décembre 1974, en première partie de Humble Pie. Le band était monté sur les planches en brandissant un énorme drapeau confédéré.

Ainsi, en 2016, lors de convention républicaine de 2016, au cours de laquelle Donald Trump avait été désigné candidat à la présidence des Etats-Unis, il était monté sur scène.

Le combo est surtout connu pour son hit « Sweet Home Alabama », chanson composée en réponse à une chanson de Neil Young. Intitulée « Alabama », elle critiquait l'intolérance et le racisme qui régnait dans cet Etat des States.

Pour les puristes, le solo de guitare dispensé par Gary, dans « Free Bird », une compo de plus de 10’, est considéré comme un des plus remarquables de l'histoire du rock.

 

RIP

 

Steve Mackey, le bassiste de Pulp est décédé ce jeudi 2 mars à l’âge de 56 ans. Pulp s’est formé à Sheffield, dans le nord de l'Angleterre, en 1978. Steve Mackey a rejoint le line up en 1989. Il a ainsi participé aux sessions d’enregistrement des elpees, « Separations », « Different Class », sur lequel figure le hit « Common people », et « His 'n' Hers ». Il était revenu au sein du band de 2011 à 2013, participant à la tournée de reformation, mais avait décliné celle qui devait débuter l’été prochain, afin de poursuivre ses projets dans le cinéma, la photographie et la musique. Il était d’ailleurs devenu producteur et avait mis en forme, notamment, des albums de M.I.A., The Horrors, Florence + the Machine ou encore Arcade Fire.

RIP

samedi, 04 mars 2023 16:46

Back to the end of the sixties…

Ce samedi 4 mars, l’Aéronef accueille trois groupes : Death Valley Girls, Hooveriii et en tête d’affiche, Fuzz, un des nombreux projets de Ty Segall. Ce chanteur, guitariste et batteur californien est tellement prolifique qu’il est parfois difficile de s’y retrouver dans sa discographie, d’autant plus qu’il multiplie les collaborations. Fondé en 2011, Fuzz est un trio réunissant Ty (qui se charge des fûts et du chant), le guitariste Charles Moothart (également frontman, sixcordiste chez CFM et batteur au sein de différents projets de Segall) et le bassiste Chad Ubovich (frontman, sixcordiste chez Meatbodies) qui a remplacé Roland Cosio, en 2013.

Lorsque nous débarquons dans la salle, Hooveriii vient d’entamer son set et il doit y avoir plus ou moins 700 personnes, dans la fosse. Elle est, en tous cas, bien remplie, réunissant pour la moitié des trentenaires et des quadras, mais aussi des jeunes –beaucoup de filles– d’une vingtaine d’années. Etonnant, vu le programme qui va suivre !   

Hoveriii (NDR : prononcez Hoover Three) est une formation californienne, dont le dernier album, « A round of applause », est paru en juillet de l’an dernier. C’est son sixième, si on ne tient pas compte du mini LP « Highland Park TV », publié en 2018. Bert Hoover en est le leader. Il est aussi chanteur/guitariste, tout comme Gabe Flores. Le line up est complété par le bassiste Kaz Mirblouk, le préposé au mini-synthé/MPD James Novick (un bonnet enfoncé sur le crâne) et le batteur Owen Barrett. Hormis Gabe, dont la chevelure est abondante, mais bouclée, ils portent tous des cheveux longs et même pour le leader, très longs. 

Première constatation, le son est puissant, voire un peu trop. Au bout de quelques minutes, il faut se résigner à s’enfoncer des bouchons dans les oreilles. Dommage, car on perd inévitablement une fréquence des aigus. Au cours de son set, le band va nous proposer une sorte de kraut/space/psyché/blues rock dont les références oscillent de Can à Allman Brothers Band, en passant par Hawkwind et Pink Fairies. Malgré le tourbillon de riffs et le mur de son spatial, viscéral et fuzz, le sens mélodique est souvent préservé, d’autant plus que les deux chanteurs ont des voix bien timbrées ; cependant, comme elles se conjuguent rarement en harmonie, elles glissent plus difficilement dans les portugaises (NDR : sans les bouchons, évidemment…)

Photos Ludovic Vandenweghe

Place ensuite à Fuzz. Le trio entame le concert par « Let it love », une compo qui s’ébroue dans le psychédélisme atmosphérique, avant d’opérer une accélération, déjà fulgurante (NDR : les sonorités dispensées par la guitare rappellent celles d’Adrian Gurvitz, du band londonien The Gun, un trio qui avait décroché un hit en 1968, « Race with the devil »). Le combo embraie par « Fuzz's Fourth Dream », d’abord sous la forme d’un blues avant de changer complètement de direction en mettant la gomme. Une construction qui va se reproduire régulièrement au cours du show. L’ombre de The Cream plane (NDR : composé du guitariste chanteur Eric Clapton, du bassiste chanteur Jack Bruce et du batteur Ginger Baker, The Cream était un supergroupe qui a sévi de 1966 à 1968). Mais parfois aussi celles de Groundhogs ou de l’Allman Brothers Band (encore !) …

Dès le quatrième morceau, des audacieux se lancent dans le crowdsurfing, discipline qui va perdurer tout le concert. Ty Segall assure donc le drumming et le chant. Pas vraiment facile à coordonner, mais Ty a de l’expérience et il a une frappe d’enfer. Parfois, on aurait cependant aimé qu’elle soit plus souple. Sur certaines compos, Charles Moothart se consacre également au micro. Notamment sur « Rat race ». Mais c’est sur sa guitare qu’il étale toute sa technique. Encore que lorsqu’il en rajoute plusieurs couches, la démonstration devient gratuite. Si c’est sa manière d’improviser, il n’y a pratiquement plus que les solistes des groupes de métal qui déversent gratuitement un tel flux de notes. Enfin, c’est une question de goût !

Au bout d’une demi-heure de set, Ty s’adresse à la foule pour la première fois et demande : ‘How are you ?’, ajoutant ensuite ‘That’s good’, alors que quasiment personne dans l’auditoire n’a répondu. Lorsque la guitare épouse la voix, votre serviteur ne peut s’empêcher de penser à Taste, trio irlandais qui a sévi à la fin des sixties, et dont le sixcordiste n’était autre que Rory Gallagher. Décidément, les références aux sixties se multiplient. De jolis lasers blancs balaient le podium lors du fiévreux « Say Hello », un morceau qui tout naturellement va prendre de la vitesse en cours de route. Une certitude, le light show est vraiment superbe et évolue bien en phase avec la musique. Tout au long d’un autre blues, « What’s in my head », la basse et la guitare se lancent dans un long bavardage. C’est le titre qui clôt le concert.

Le trio remonte quand même sur l’estrade pour accorder un rappel. Ty concède une seconde fois, quelques mots à l’auditoire. Enfin, pas grand-chose, simplement ‘Thank you !’. Pas très bavard l’artiste. Et la soirée s’achève donc par « Time Collapse/The 7th terror », un morceau caractérisé par son groove entêtant, mais toujours dans l’esprit revivaliste du concert au cours duquel, Fuzz aura puisé dans ses trois elpees, gravés à ce jour…

Photos Ludovic Vandenweghe, ici

Setlist

Let It Live

Fuzz's Fourth Dream

Loose Sutures

Sleigh Ride

Nothing People

Returning

Rat Race

Spit

Jack the Maggot

Earthen Gate

Raise

Say Hello

What's in My Head

Rappel

Time collapse / The 7th terror

(Organisation Aéronef)

dimanche, 05 mars 2023 18:23

Clouds are falling

Ancien gagnant du concours ‘Tremplin’, sous le patronyme SPKT, Maple Paper est un trio basé à Bruxelles et dans le Brabant wallon, dont le premier elpee, « Clouds are falling », vient de sortir.

Découpé en 5 plages, l’album s’ouvre par « Why do people feel lonely », un titre presque slowcore qui navigue quelque part entre Pink Floyd, dont le spectre plane tout au long de l’opus, et Mazzy Star, la voix éthérée de la chanteuse rappelant celle de Hope Sandoval…

« Wings » poursuit sur un tempo aussi lancinant. Les harmonies vocales sont vaporeuses, des sonorités d’orgue vintage s’infiltrent, puis des notes de piano s’invitent avant que ne se déploient des envolées épiques conduites par la guitare…

« Enough » constitue la plage la plus élaborée du long playing. D’abord, elle s’ouvre par des sonorités psychédéliques, un peu comme si des bandes étaient passées à l’envers, puis la section rythmique se frotte au jazz (basse bavarde, drumming syncopé) et la guitare pépie. C’est alors que l’expression sonore se charge d’effets spéciaux, dont des bribes de discours, épouse une boucle de gratte sèche, retrouve ses harmonies vocales brumeuses, avant que le soliste et le vocaliste n’explorent la face cachée de la lune.

Caractérisé par sa jolie mélodie, le titre maître trahit des accents latino. La batterie prend de l’amplitude, la guitare flotte dans l’espace et l’ensemble donne un petit coup d’accélérateur aux 2/3 du parcours.

Essentiellement instrumental, « Yellow river » (NDR : rien à voir avec le tube du band britannique Christie, que Joe Dassin avait repris sous le titre « L'Amérique ») clôt cet LP. La section rythmique s’aventure une nouvelle fois dans le jazz. La guitare dispense des accords plaqués, puis s’autorise un trip cosmique après avoir épousé la voix orientaliste, une piste sur laquelle la basse redevient bavarde, alors que les bruitages de voix remontent à la surface…

And Also The Trees a sorti son 14ème elpee, « The bone carver », en septembre dernier, une œuvre atmosphérique, parfois cinématographique, qui revêt un nouveau tournant dans l’évolution de la musique du groupe d’Inkberrow. Qui a enregistré l’arrivée de deux nouveaux musiciens, le bassiste Grant Gordon et le multi-instrumentiste (clarinette, claviers, guitare) Colin Ozanne.

Un concert d’AATT constitue toujours un moment privilégié, surtout quand il y a de nouvelles compos, et l’événement qui va se produire ce soir sera, de nouveau, à marquer d’une pierre blanche…

C’est Mallano Soyoc qui assure le supporting act. Le trio implique le guitariste Olivier Mellano (NDR : il défend un autre projet, MellaNoisEscape, mais a aussi accompagné Dominique A, Brendan Perry de Dead Can Dance, Jambinaï, parmi les plus connus, sur les planches), un compositeur qui multiplie les expérimentations. Vêtue d’une combinaison sexy de couleur noire, Mona Soyoc est mieux connue pour avoir sévi chez Kas Product. Enfin le troisième larron se nomme Uriel Barthélémi. Casque sur la tête, il se consacre aux drums. Excellente show woman, Mona a une forte présence sur les planches et possède une voix à la fois claire et puissante qui sert une musique sauvage, mystérieuse, mêlant transe gothique, dark wave et trip hop. Sur disque et vidéo, l’électro semble s’imposer, mais en ‘live’, l’expression sonore est manifestement plus percutante, car essentiellement organique.  Malheureusement, pour le peu que votre serviteur ait pu voir et écouter de ce set, difficile d’émettre une analyse objective. Mais, le groupe est à revoir, c’est une certitude…

Place ensuite à And Also The Trees. Des sonorités de violon s’invitent en intro ; puis les musiciens grimpent sur le podium sous les applaudissements de la foule, un auditoire réunissant une majorité de quadras, quinquas et sexagénaires (le club est sold out depuis pas mal de temps, déjà). Puis ils entament « In a bed in Yugoslavia », Colin apportant cette touche slave, à la clarinette. Simon Huw Jones débarque ensuite, vêtu de son long manteau très classe. Et puis, il commence à déclamer sa poésie dramatique autant que romantique… Mais on n’entend rien. De notre place on observe l’ingé-son tourner des boutons, mais sans obtenir le moindre résultat perceptible. Les problèmes techniques ne vont quand même pas recommencer comme la veille, lors du concert de Preoccupations ? Ce serait désespérant ! Le quintet achève le morceau, puis disparaît en coulisses. Il faut dire que le band est particulièrement exigeant dans la qualité du son ! Un roadie grimpe alors sur l’estrade et change d’abord le microphone avant d’avoir la bonne idée de remplacer son fil. Eurêka, la voix passe correctement…

Quelques minutes plus tard (NDR : Ludo, notre photographe, craignait que la formation ne revienne plus), le groupe remonte sur scène et se lance dans « Beyond action and reaction ». Cette fois-ci, le son est limpide voire cristallin. Le vocal de Simon aussi ; et on a l’étrange sensation de plonger dans le film Docteur Jivago. Il ôte son pardessus avant que le combo n’embraie par « Your guess », au cours duquel Paul Hill se lève régulièrement de son siège, tel un torero qui va mettre le taureau à mort, en frappant sur ses cymbales et ses toms. Une attitude qu’il va reproduire très souvent au fil du set. Et son drumming virevoltant révèle une amplitude remarquable. Notamment sur « Dialogue » au début duquel Colin reproduit des sonorités de glockenspiel sur son clavier. Tango, « The book burners » véhicule des accents tziganes. Pendant le rituel « Virus meadow », compo remontant à 1986, Simon déploie ses mains comme des ailes d’un oiseau, peut-être un aigle… Tout au long de « Bridges », on dirait que les musiciens tournoient autour du chanteur, comme des abeilles autour d’un pot de miel. Et on se rend bien compte que non seulement la basse de Grant compte 5 cordes, mais que le manche est long. Des lasers blancs, roses et mauves tournoient au-dessus des musiciens pendant « The seven skies », leur conférant un profil fantomatique. Simon enlève son gilet sans manches et se retrouve en bras de chemise, avant le filmique « Across the divide ». L’efficacité et le talent de Justin à la guitare (une Hofner de couleur rouge rutilant) n’est pas que légendaire. Il y brille cependant en toute sobriété et efficacité. Et se révèle éblouissant sur « Brother fear », un titre imprimé sur un tempo new wave. Son phrasé qui lui permet de reproduire les sonorités d’une multitude de mandolines a influencé de nombreux gratteurs. Et il nous le rappelle sur la berceuse « Boden ». Quelque part entre flamenco et klezmer (cette clarinette !), « Missing » élève encore le niveau du concert d’un cran. Simon ralentit volontairement ses gestes, puis s’accroupit au milieu du podium, laissant alors les musicos s’exprimer pleinement. Le set s’achève par « Rive droite ». La section rythmique s’est convertie au jazz, alors que Justin nous réserve une nouvelle envolée dont il a le secret.

La formation aura le bon goût d’accorder deux rappels. Elle entame le premier par « Bone carver ». Justin a changé de gratte et joue maintenant sur une douze cordes (une demi-caisse Gibson ES335/12). Colin insuffle à nouveau ce parfum enchanteur venu de l’Est de sa clarinette, alors que Simon a réenfilé son long manteau. Qu’il retire ensuite avant que le combo n’attaque les immortels « Shaledown », « The suffering of the stream » et « A room lives in Lucy », ces deux derniers, sur le tempo de valses allègres.

Et enfin, lors du second encore, Justin (qui a repris sa guitare rouge) et le batteur attaquent le fameux « Slow pulse boy ». Le riff hypnotique dispensé par le cadet des frangins Jones transcende une compo dont l’intensité monte en crescendo lorsque les autres musicos viennent se joindre au morceau, au bout de quelques minutes. Epatant !

Il était passé 23 heures, et pourtant, on avait l’impression que le temps s’était écoulé trop vite. Malgré le temps, les feuilles des arbres ne sont pas encore prêtes à tomber…

Photos Ludovic Vandenweghe ici

Setlist

1)In a bed in Yugoslavia
2)Beyond Action and reaction
3)Your guess
4)… Maps in her wrists and arms
5)Dialogue
6)The book burners
7)Virus Meadow
8)Bridges
9)The seven skies
10)Across the divide
11)Brother fear
12)Boden
13)Missing
14)Rive Droite

Rappel 1

1)Bone carver
2)Shaletown
3)The suffering of the stream
4)A room lives in Lucy

Rappel 2

Slow pulse boy

(Organisation : Aéronef, Lille)

 

mercredi, 22 février 2023 16:13

Complexe et brouillon…

C’est en 2015 que ce groupe canadien (NDR : il est issu de Calgary, en Alberta) s’est décidé de changer son patronyme en Preoccupations. Jusqu’alors, il s’appelait Viet Cong, et ce choix créait de plus en plus de polémiques, à cause des massacres perpétrés par cette organisation révolutionnaire communiste, lors de la guerre du Viet Nam. A tel point, que certains organisateurs avaient annulé ou refusé certains concerts en raison du nom plus que controversé.

Responsable d’un excellent elpee (« Arrangements »), paru en septembre dernier, la formation était donc programmée à l’Aéronef de Lille, ce mercredi 22 février. Il doit y avoir plus ou moins 200 personnes, dans la salle.

Première mauvaise nouvelle, Drahla, qui devait assurer le supporting act, a déclaré forfait. Certains membres du groupe ont chopé la COVID. Décidément, il faudra du temps pour se débarrasser totalement de cette pandémie. On débarque donc, un quart d’heure avant le début du set de Preoccupations…

Qui s’ouvre par « Fix Bayonets ! », le premier morceau du quatrième et dernier opus. Surprise, Matt Flegel ne se consacre plus à la basse, mais exclusivement au chant ! C’est son frère qui le supplée, le line up se produisant dès lors sous la forme d’un quintet. Mike Wallace se charge toujours des drums et Scott Munro (NDR : il pourrait jouer le rôle principal dans un biopic consacré à Jésus Christ) ainsi que Daniel Christiansen (NDR : de petite taille et la chevelure bouclée), des guitares, mais également des claviers. Le tempo est martial, mais on a l’impression que le batteur frappe sur des casseroles. Le son n’est pas bon. Problème de balances, de mixing ou manque de cohésion du combo ? Etonnant, car suivant les échos recueillis, lors de sa prestation au club de l’AB, à Bruxelles, le concert était, paraît-il, impeccable…

Le band aligne les 7 morceaux de son long playing « Arrangements », sans autres interruptions que des intermèdes instrumentaux, conférant à l’œuvre une impression de concept album. Mais la ligne de basse a beau être cotonneuse sur « Ricochet » et les guitares se mettre à gémir tout au long de « Death of melody », les arrangements (NDR : un comble !) sont trop approximatifs. Encore qu’au fil du temps, les différents instruments commencent à mieux se coordonner. Ainsi, les deux sixcordistes parviennent à faire carillonner leurs cordes au sein d’un climat brumeux. Mais la voix de Matt est particulièrement écorchée, alors que sur disque, grave, austère, mais bien timbrée, elle rappelle parfois celle de Ian Anderson (Jethro Tull).

La formation prend alors une courte pause, et Flegel en profite pour présenter ses musicos. 

Le contagieux « Continental Shelf » prend le relais et on perçoit bien les sonorités de grattes bringuebalantes et surtout vertigineuses, réminiscentes des Smiths. Plus enlevé « Silhouettes » est boosté par le drumming frénétique de Wallace. Qui enlève ensuite le haut, terminant le set torse-nu. Les riffs de guitares giclent littéralement tout au long de « Bunker buster », la fin de parcours s’enfonçant au cœur d’une forme de délire sonore. Un constat s’impose, les compos sont particulièrement complexes. Retour à la mélodie pour « Disarray », même si la fin du morceau devient hypnotique.

Un sens mélodique qu’on retrouve au début de « Memory », une composition de plus de 10’. Et si votre serviteur n’a pas regardé sa montre, le morceau a certainement débordé ce timing. Il change d’abord de tempo et de mélodie avant de s’enfoncer dans l’expérimentation éthérée, puis de déraper dans l’apocalypse…

Le set de Preoccupations s’achève par un titre du répertoire de Viet Cong, « March of progress », une autre composition atmosphérique alimentée par les deux claviers d’abord, imprimé sur un rythme tribal, avant que le drummer ne se mette à accélérer l’allure et puis d’embrayer sur un tempo plus tribal, sur une musique complexe rappelant parfois The Dodos. Le morceau à peine terminé, les musiciens se retirent, alors que les baffles crachent « The model » de Kraftwerk…

Photos (Ludovic Vandenweghe) ici

 Setlist

Fix Bayonets !
Ricochet
Death of Melody
Slowly
Advisor
Recalibrate
Tearing Up the Grass
Continental Shelf
Silhouettes
Bunker Buster
Disarray
Memory
March of Progress

(Organisation : Aéronef Lille)

vendredi, 17 février 2023 10:16

Les Yeah Yeah Yeahs sur le bitume…

Les Yeah Yeah Yeahs sont de retour et annoncent une tournée internationale qui passera par l’Europe en août prochain. En attendant, il nous propose un nouveau single, « Blacktop ».

A ce sujet Karen O a déclaré : ‘La démo était très dépouillée sur le plan instrumental et émotionnel. C'était un pas vers ce que ressent une proximité radicale après une longue séparation. Chaque album contient un de ces diamants bruts qui me donnent l'impression de voler. Il me semblait juste de garder la vidéo aussi dépouillée et, oserais-je dire, belle dans sa naïveté. David Black nous a mis devant sa caméra analogique des années 70 avec l'intention d'en tirer des images fixes pour les prises de vue du groupe. Il m'a fait chanter sur « Blacktop » avant même d'avoir mémorisé les paroles. Je pensais connaître la chanson par cœur, mais c'était comme une introduction, comme si je la rencontrais pour la première fois. Ce n'était pas prévu de faire une vidéo et comme un retour aux premiers visuels de l'album, cela complète un cercle, nous sommes si heureux de l'avoir, une performance simple et stratifiée pour une chanson faussement simple. Nous espérons que vous apprécierez.’

Le clip vidéo consacré à « Blacktop » est à voir et écouter

 

 

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