La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

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Twin Temple, amants maudits ?

Établis à Los Angeles, Alexandra et Zachary James, mariés à la ville, publieront leur troisième elpee, « Doomed Lovers », le 23 octobre sur leur propre label, Pentagrammaton Records, distribué à travers le monde par Secretly Distribution. L'annonce survient…

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Chroniques

dEUS

Vantage Point

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Joli retour pour la bande à Tom Barman. « Vantage Point », successeur de « Pocket Revolution » et annoncé par l’énormissime single « The Architect », est à peu de choses près ce que l’on pouvait attendre d’un dEUS. C’est-à-dire une série de dix tueries aux riffs accrocheurs et aux refrains impossibles à déloger du cortex cérébral. Même s’il est évident que Barman et co. ne prennent plus autant de risques qu’auparavant, l’ère des « Theme From Turnpike » ou « Everybody’s Weird » étant loin derrière eux, ce nouveau recueil démontre que la formation belge est également à mille lieues d’une potentielle perte de régime.

Ce respectable « Vantage Point » convainc dès les premiers accords de « When She Comes Down », sa plage d’ouverture. La cadence est d’ailleurs conservée tout au long de la durée du disque, des délassants « Eternal Woman », « Smoker Reflect » et « Slow » aux addictifs « Favourite Game », « Is A Robot » et le déjà fameux « The Architect ». dEUS réussit là un nouveau sans faute qui ne fait que conforter le statut de formation culte du quintet. Le disque de l’été made in Belgium.

 

JJ Cale & Eric Clapton

The road to Escondido

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J.J Cale est né en 1938. A Tusla, en Oklahoma. Ce n’est donc plus un néophyte. Devenu intemporel, son célèbre hit, "After midnight", a été composé dans les années 60. Au départ, cette chanson n’était que la flip side d’un 45 tours. La version d’Eric Clapton deviendra un succès international (NDR : elle figure également sur son album éponyme, paru en 1970) ; mais surtout va lancer la carrière de JJ. Dont le premier elpee, "Naturally", paraît en 1972. Dans son repaire, loin du monde et surtout des modes, JJ créée son propre style musical, emprunté au blues, au rock, au jazz et à la country : le Tusla sound, une musique qui sera qualifiée de ‘laidback’ ; c’est à dire décontractée, simple et chaleureuse, un style dont il est le porte-drapeau en compagnie de Tony Joe White. JJ s’est retrié depuis un bon bout de temps à Los Angeles, où il se consacre à la composition. Sa rencontre avec Eric Clapton n'est gère surprenante. Eric a toujours apprécié JJ et en emprunte très régulièrement le style laidback. A deux reprises, il a converti des chansons de Cale en véritables tubes : "After midnight" bien sûr, et un peu plus tard "Cocaïne" (NDR : une compo incluse sur l’elpee "Slowhand", gravé en 77). Si cette collaboration n’apporte pas de surprise majeure, elle est surtout l’œuvre de JJ qui signe ici onze plages, ne concédant que deux morceaux à Eric et une reprise. De nombreux invités ont participé à la confection de cet opus. Dont plusieurs gratteurs. Etonnant lorsqu’on sait que les deux artistes sont des virtuoses de la six cordes. Et en particulier Doyle Bramhall II et Derek Trucks, deux membres de l’EC Band, ainsi que John Mayer et Albert Lee. Feu Billy Preston se réserve les claviers (NDR : oui, oui, c’était lui l’organiste qui se cachait derrière les Beatles !). Nathan East ou Pino Palladino la basse.

Empruntons la route d'Escondido, une petite cité sise au nord de San Diego, en Californie, nichée au creux d’une vallée entourée de montagnes rocheuses. Plage d'ouverture, "Danger" est un ‘instant winner’, un titre qui accroche immédiatement, vous pénètre, vous contamine et ne vous lâche plus avant d’avoir épuisé sa dernière seconde. L'orgue omniprésent du regretté Billy Preston introduit cette plage (NDR : il s’st éteint le 6 juin dernier). JJ et Eric chantent en duo, avant qu’une guitare largement amplifiée (celle de Doyle Bramhall II ?) ne fasse son apparition. Mais en toile de fond, la gratte d’Eric entre en scène. Feutrée, elle amorce la conclusion. Une formidable entrée en matière. L'album est ensuite partagé entre ballades, plages rythmées et moments intensément blues. Parmi les ballades, le délicat "Heads in Georgia" est traversé de bien jolies parties de guitares. Intimiste, "Who am I telling you?" s’accroche à la slide du jeune Trucks. Quelques plages plus enlevées affichent une coloration country. A l’instar de l'excellent "When the war is over", enrichi de cuivres, mais également parcouru par la slide de Trucks et les cordes d'Eric. Un des grands moments de l’album. Un morceau qui me rappelle un succès de JJ, intitulé "Call me the breeze". Le violon de Dennis Caplinger et la guitare en picking d'Albert Lee tirent leur épingle du jeu tout au long de "Dead end road". Les parties de cordes qui balaient "Anyway the wind blows" sont manifestement southern rock. En finale "Ride the river" synthétise l’œuvre. Compo assez enlevée, "Missing person" concède des accents sudistes. En particulier sous son aspect instrumental. Les guitares (Doyle, Derek) et les claviers y sont bien mis en évidence. Mais le blues n’a pas été oublié. Et je pense tout particulièrement au "Sporting life blues" de Brownie McGhee. Eric chante cette plage très fin de soirée, un morceau qui bénéficie du concours de Taj Mahal à l’harmonica. Impeccable, "It's easy" évolue sur un tempo bien plus enlevé. Un morceau ‘barrelhouse’, idéal pour la route. Blues intimiste, "Hard to thrill" relève de la plume d’Eric et de John Mayer. Les cordes de ces deux solistes et le piano acoustique de Preston sont bien mis en exergue. Autre blues, "Last will and testament" est caractérisé par les interventions immédiatement reconnaissables de Slowhand. Dans le domaine du roots rock, cet album est vraiment d’excellente facture…

 

The Kissaway Trail

The Kissaway Trail

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Cybernétiquement découverts via leur MySpace par Bella Union (aussi label de Midlake et Cocteau Twins), The Kissaway Trail (ex-Isles) amorce des débuts méritoires. Confiée à la production experte de Mandy Parnell (Depeche Mode, Fatboy Slim, Moby, etc.), la formation danoise emprunte des chemins de bon augure. Exhalant une improbable fraîcheur psychédélique, l’opus s’ouvre sur un univers frisant le rêve éveillé. Les atmosphères brumeuses de Broken Social Scene ou Mercury Rev y planent sur une ossature agréablement mélodique, à la fois aérienne et terre-à-terre ( ?!?!?). Trois guitares y règnent en maître, abattant de puissants déluges sonores finalisés en interminables crescendos. Sur une grandiloquence proche des Polyphonic Spree, s’épanchent sans complexe d’expressifs ‘yeah’ et des guirlandes de ‘lalala’ à faire pâlir Dan Bejar (Destroyer). Habité par deux chanteurs et deux songwriters, l’univers ainsi posé est scandé par une batterie volontaire, façon Wolf Parade. Rare doublon, efficace pour brouiller les pistes ; on s’étonne alors de cette voix sur le fil du rasoir subitement chaude et lisse, et des humeurs brumeuses délicatement métamorphosées en bains de soleil. The Kissaway Trail emprunte des chemins balisés en plein cœur du lyrisme indie symbolisé par Arcade Fire ; mais si les influences sont palpables, l’ensemble est bien ficelé et le plaisir reste entier.    

 

 

Boards Of Canada

Trans Canada Highway (EP)

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Premier single extrait de l’album « The Campfire Headphase » sorti en 2005, « Dayvan Cowboy » des Anglais de Boards Of Canada a connu une seconde vie en 2006 sous la forme d’un EP 6 titres recelant le titre original ainsi que son remix par Odd Nosdam. Ces deux versions sont enrichies pour l’occasion de cinq titres inédits. La patte electro-ambient atmosphérique du duo est magnifiquement soulignée sur cet EP, réédité en décembre dernier. Celui-ci s’adresse principalement aux heureux propriétaires du très bon « Campfire Headphase », dont il est quasiment indissociable. Les fans de Radiohead, qui aimeraient découvrir l’origine de l’inspiration de ces derniers pour leurs derniers travaux, ne seront certainement pas en reste.

Genghis Tron

Board Up The House

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« Board Up The House » constitue déjà le deuxième méfait du trio new-yorkais Genghis Tron. Et espérons qu’il s’agisse bien du dernier. Expérimental et extrême sans nul doute, Genghis Tron serait le fer de lance d’un nouveau courant musical : l’electro grindcore !?!!? Et même si Genghis préfère évoquer le thème ‘metal’ plutôt que ‘grind’ sur son Myspace, il est incontestable qu’il évolue dans la catégorie des inaudibles. Les chefs-d’œuvre sont peu nombreux dans le petit monde du grind, et cette plaque ficelée par Kurt Balou de Converge ne risque pas de rehausser le niveau. On ne parle plus ici de musique avant-gardiste, mais bien de bouillie sonore. N’est pas Neurosis ou Mastodon qui veut… Aux abris !

Etienne Daho

L’Invitation / Be My Guest Tonight

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En nous adressant « L’Invitation », Daho, le vieux routard de la pop (Etieeeeeeeenne, pour les intimes) dresse, une fois de plus en hôte attentif, la table pour ses convives. Après envoi du bristol de circonstance, l’homme se démène pour servir à ses invités, tout l’arôme de son flegme et la pertinence de ses arrangements musicaux. Pour des hommes de mon âge, dont la carte d’identité affiche froidement le début des années septante, Daho est ce Morrissey dont on comprendrait les paroles. Il est ce dandy posé qui enflamme au premier son de sa voix. Daho est le souvenir d’une époque lointaine et le fil d’Ariane entre le labyrinthe de la pop actuelle. On a tout dit sur lui, une éventuelle homosexualité, une maladie incurable aux prémices de sa mort foudroyante, un dernier album avant la fin complète de sa discographie. L’Homme en rit. Il joue sur cette ambiguïté et parvient même à s’en servir comme fond de commerce. Il trouble quoi qu’on en pense. Derrière lui, traîne une réputation de bête de travail capricieuse et intransigeante. Ce n’est, semblerait-il, que pour mieux mettre en place les idées qui pullulent dans sa tête.

Les dix plages de ce neuvième album, possèdent chacune le copyright indécrottable de l’auteur. Dès l’ouverture de la première partie de l’elpee, on reconnaît la griffe de Daho. Pour les fans de la première heure, ils se sentent en terrain connu. Pour les nouveaux avides d’un revirement, ils doivent bien se demander ce qu’il y a de nouveau dans le chef de « L’Invitation ». Coutumier de la classe, et du bon goût, Daho enfile une fois de plus, le même costume d’apparat, et vient flirter avec nos émotions. Il pousse nos esprits, comme à son habitude, à la réflexion. Il touche aux endroits stratégiques qu’il a pourtant ciblés maintes et maintes fois. Mais ça marche ! On s’emballe vite sur les mélodies, où la voix si discrète mais parfaitement présente du Rennais vient se poser. Et même si il n’y a rien de fulgurant dans l’album, la qualité des arrangements et le travail d’ambiance est remarquable. Après les 45 minutes de cette première invitation, vient s’ajouter une deuxième galette, il s’agit là de Daho qui s’invite lui même sur des covers connues. « Be My Guest Tonight » est le recueil en 5 titres de vieux standards du blues ou du rock. Trahissant un accent ‘frenchy’ à couper au couteau, ses adaptations de morceaux signés Fred Neil, Hank Williams, Billie Holliday ou Smokey Robinson ne sont disponibles qu’en édition ‘de luxe’, et ne s’adressent qu’aux inconditionnels de l’auteur.

 

Pour voir le clip de « La Vie Continuera » 

http://www.wat.tv/video/etienne-daho-vie-continuera-motj_iedf_.html
http://www.wideo.fr/video/iLyROoafYVAh.html
http://fr.youtube.com/watch?v=xfoqbOV8Gpw

Pour voir le clip d’« Obsession »

http://www.youtube.com/watch?v=LKRW2gBLIgA
http://www.wat.tv/video/etienne-daho-obsession-ixip_iedf_.html
http://www.wideo.fr/video/iLyROoaftOOE.html

Pour voir le clip de « L’invitation »

http://www.wat.tv/playlist/660434/video/691623/attitude-etienne-daho-invitation.html
http://www.youtube.com/watch?v=IjWmWYgssXY

 

 

 

 

Various Artists

Folk Off

Écrit par

Signé sur le label anglais Sunday Best et divisé en deux volets, « Folk Off - New Folk And Psychedelia From The British Isles And North America Compiled By Rob Da Bank » est à ranger au rayon ‘anthologie’ (plus que compilation). D’un dépouillement magnifique (guitare-voix) aux plus complexes arrangements, le folk tend à (re)devenir le mode d’expression musicale premier. Moins contestataires qu’aux origines mais toujours observateurs d’un monde perturbé, ses artisans conjuguent le sublime au long des trente chapitres de ce grand journal intime.

Les Iles Britanniques ouvrent leur voie grâce au « Pionneers » de Tunng, s’appropriant parfaitement le morceau de Bloc Party. S’ensuit alors une série de titres simplement beaux. Certains instrumentaux (« Guitare miniature » de North Sea Radio Orchestra ou le rayonnant « Dawn » de Eighteenth Day Of May) se glissent parmi les bidouillages électroniques étranges de Same Actor (« Nothing Yet ») ou pénétrants de Listen With Sarah (« Blue Parsey »). Rêves. La présence de talents reconnus (James Yorkston & Reporter) ou à découvrir (Songs of Green Pheasant) renforce l’idée d’avoir entre les mains un monde onirique splendide et douloureux.

Face à ce premier versant, l’Amérique du Nord regorge d’armes plus ou moins secrètes. Première réplique, Micah P. Hinson propose sa version de « Yard Of Blonde Girls » (déjà présente sur l’album « Dream Brother- The Songs Of Tim + Jeff Buckley »). Reprise encore, de Cohen cette fois (il semblait inévitable de passer à côté du maître en ces contrées), Marissa Nadler s’empare du « Famous Blue Raincoat » pour lui offrir une délicatesse aérienne (au détriment d’une profondeur authentique). Délicatesse toujours, Espers reprend le traditionnel « Rosemary Lane ». Le génie d’Animal Collective, les trépidantes Au Revoir Simone, le singulier Sufjan Stevens ou encore la douceur de Mi & L’Au tirent ce deuxième disque vers le sommet, truffé de bonnes surprises telle que la participation de Feist sur « Snow Lion » de Readymade FC.

Pour conclure, cette collection atteste de l’infinité créative que le folk peut offrir. Car ce dernier a cela de passionnant qu’il se surpasse lui-même, abattant toute frontière que l’on croyait érigée. Inépuisable.

 

Hypnos 69

The eclectic Measure

Écrit par

Le pays du surréalisme a encore frappé. Regardez cet objet insolite, emballé de ciel gris, d'arbre mort et de symbolisme mystico-alchimiste. Ecoutez cette musique fascinante. Aux plus âgés, elle rappellera la face la plus sombre du Prog des seventies : King Crimson et Vander Graaf Generator en tête. Aux plus jeunes, elle évoquera l'actuelle école scandinave de notre genre de prédilection. Univers tourmenté, mélancolie et gravité dominent effectivement le propos. Pourtant, ce quatuor est bel et bien belge. Et certains choix de sonorités, cette façon de chanter et de traiter les voix, ainsi que l'architecture des mélodies, ont un je-ne-sais-quoi qui nous rappelle qu’Hypnos 69 a trempé dans le même liquide amniotique que Deus ou Zita Swoon. Au point que l'on pourrait parler d'une 'flemish touch'. Tout au long de ces dix plages, le groupe manie avec bonheur les nombreux breaks qui ponctuent sa musique riche et dense. Basse et batterie sont mixées en avant et participent à cette atmosphère lourde et oppressante, tandis que de nombreuses idées volatiles enrichissent les climats mélancoliques accentués par le mellotron. L'album s'écoute volontiers d'une traite, voire à répétition. Epinglons entre autres l'urgence exaspérée de « Antagonist », la rare sérénité et la guitare sèche enjouée de « Halfway to the Stars », les relents de « 21st Century Schizoid Man » d’« Ominous », la superbe montée en puissance de « Point of no Return », et le final « Deus ex Machina », qui démarre comme du Pink Floyd calme et planant, pour devenir de plus en plus lancinant et romantique. Le pays du surréalisme a encore frappé : ce CD, l'un des plus réussis de l'année, peut d'ores et déjà être considéré comme testamentaire. Le groupe a cessé ses activités.