La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

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The Lemonheads rendent hommage à Townes Van Zandt

Un jour, on réalisera un film sur Townes Van Zandt – ce troubadour à part qui a inspiré tout le monde, de Bob Dylan à Willie Nelson en passant par Emmylou Harris et Evan Dando des Lemonheads. Sorti le 9 septembre, le nouveau single « Rake » est le premier…

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Chroniques

Lefties Soul Connection

Skimming The Skum

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Si, par malice, vous projetez d’inviter une connaissance chez vous, et que par un truchement de bougie-qui-sent-bon, d’ambiance feutrée et d’after-shave citronné, vous tentez une approche glamour ; évitez à tout prix d’imprégner votre cocon de « Skimming The Skum ». En lieu et place d’une approche douce et sensuelle, vous vous retrouveriez vite debout en vous déhanchant comme un beau diable, transpirant jusqu'à sentir l’oignon. Et pour cause, Lefties Soul Connection, c’est du funk à l’état pur. Avec ses roulements de batterie, pédale wawa, Hamond clinquant et chœurs gospels à foutre la chair de poule. Les rythmes endiablés auront vite fait de vous envahir et de vous pousser malgré vous, à battre la mesure. Le plus surprenant dans cette histoire, c’est que le groupe n’est pas originaire du pays de l’Oncle Sam, mais, sis au nord du nôtre, bien plus petit, célèbre pour ses canaux (entre autres) : la Hollande. Ces petits gars qui ont la foi et la pêche ( ?!?!?!?), n’ont rien à envier aux monstres qui les précèdent dans ce style musical. Ils ont le funk en eux, et semblent vouloir le propager à grands coups de basse et d’amples brassées. Cette énergie communicative permet à Lefties Soul Connection de frapper fort dès ce premier elpee. Un disque d’excellente facture, tout à fait convaincant, qui mérite toute notre attention. N’oubliez pas de vous munir, lors de son écoute, d’un bon déodorant, on ne sait jamais …

Tara Jane O Neil

In Circles

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Tara Jane O’Neil est une star. Dans les circonvolutions du milieu indépendant, son œuvre fait désormais l’objet d’un véritable culte. Membre des fulgurants Rodan, collaboratrice assidue des Grifters et de June of 44, l’Américaine n’a pas toujours été fidèle à son folk énamouré, mélancolique et délicat. Mais ces impétueuses étapes semblent aujourd’hui indissociables de son évolution musicale et artistique. Parolière, compositrice, dessinatrice, multi-instrumentiste et chanteuse, Tara Jane O’Neil apparaît comme une artiste accomplie.

« In Circles », son dernier album, constitue une nouvelle escale dans ce cheminement qui semble la conduire aux portes d’une reconnaissance de masse. En dix compositions tendres et romantiques, courtes et sympathiques, Tara Jane O’Neil se plie aux règles du format chanson et nous offre son disque le plus immédiat. Facile d’accès et sans excès, « In Circles » confirme son amour pour les mélodies chaudes et réconfortantes. Ecouter des titres de l’ordre de « A Partridge Song » et « The Louder », c’est se résoudre à l’aimer. Pour toujours, Tara Jane O’Neil s’ouvre une voie royale vers nos cœurs. Un album superbe, à ranger entre ceux de Cat Power et de Beth Orton.

 

 

 

 

 

 



The Tellers

Hands Full Of Ink

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‘Un groupe belge qui monte’ titre les journaux nationaux. Oyez citoyens de notre beau pays, ce groupe bien de chez nous, ce sont les p’tis jeunes de The Tellers. Et notre nationalisme artistique nous pousserait bien à les encourager. Ce sera donc l’esprit patriote que j’entamerai l’écoute de « Hands Full of Ink », signé chez 62TV Records (Girls In Hawaï, Malibu Stacy, Austin Lace,…) Ben et Charles, les acteurs du groupe, reconnaissent pour influences majeures The Libertines, Bob Dylan et Aracade Fire. Certains fans y voient même des ressemblances entre Doherty et sa bande et nos deux loustics issus de Bousval. Aidés -comme pour les Artick Monkeys en leur temps- par une célèbre plate forme musicale du web, tout semble aller très vite pour The Tellers, depuis la sortie de leur premier EP éponyme, un disque réunissant sept titres en 15 minutes. Tournant un peu partout dans les festivals européens, ils se sont payé le luxe d’astiquer le manche au Pukkelpop cet été. Festival de pointures reconnues s’il en est. D’après une paire d’oreilles qui m’est proche, leur prestation scénique ce jour là, laisse présager un futur prometteur. « Hands Full Of Ink » semble convaincre une bonne partie de ses auditeurs. D’ici ou d’un peu partout en Europe. La folk pop concoctée par nos compatriotes n’est pas de mauvaise facture. Elle souffre peut-être un peu trop de la pression. Ce qui explique sans doute pourquoi on a l’impression que certains morceaux ont été laissés en chantier. Et nous laissent perplexe. Parachuté sur les ondes par le titre « More », notre duo tente de prolonger l’exercice hertzien en proposant à présent un autre single extrait de l’album : « Hugo ». Même si certains morceaux sortent plus facilement du lot (« Penny » ou « He Gets High »), les 16 plages de l’elpee s’enfilent assez facilement, sans réelle surprise ni déception affligeante. Ce groupe très prometteur aurait donc, à mon humble avis, intérêt à soigner davantage la finition de ses compos, pour son prochain album.

Aunt Kizzy'z Boyz

It's tight like that

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Cette formation est établie dans la partie méridionale de la Californie, près de San Diego. Leur line up a tout pour plaire, puisqu’il réunit trois musiciens noirs et trois blancs. Un premier album chargé de promesses, "Trunk full of bluez", était paru en 2004. Le combo recèle en Sugaray Rayford un formidable vocaliste, un véritable blues shouter. Originaire de Tyler au Texas, il a forgé sa voix dans les chants gospel. Le drummer, Dwane Hawthorn, adore Willie Big Eyes Smith. Originaire de l'Angola, Bastos "Moe" Moenho se réserve les percussions. Côté blanc, le guitariste Jim King est un musicien très affûté. Le mois dernier, je vous avais présenté son album solo, "When the blues are green", un hommage au guitariste anglais Peter Green. Michael Mack siège derrière les claviers et enfin, Big Joe Schiavone tient la basse. AKZ a représenté récemment San Diego à l'International Blues Challenge de Memphis. Il a décroché la seconde place sur un total de 130 formations. Et notez bien, le combo se produira en France, la première quinzaine de novembre. Rayford et King forment une paire de compositeurs prolifiques. Ils signent d’ailleurs la majorité du répertoire de ce nouvel elpee.

"Texas bluesman" ouvre le disque. Une plage autobiographique consacrée au chaleureux Sugaray. L'introduction est puissante. La guitare de King largement amplifiée et la section rythmique bien solide. L'orgue Hammond tient bien sa place au cœur de l’ensemble. La voix de Sugaray est impressionnante. Elle écrase tout sur son passage. Guère étonnant que le backing group soit de poids. Il faut en effet pouvoir donner la réplique à ce diable d'homme qui récite son chapelet de bluesmen texans, égrenant les très intéressants Freddie King, Stevie Ray Vaughan, Gatemouth Brown, etc., alors qu’en soutien, King ne cesse de distiller des notes très électriques. Rayford nous conte les aventures de la "Bad gal". Le tempo est très marqué. En récitant à l'infini des phrases inspirées par BB et Albert King, Jim King porte bien son nom. L'orgue offensif de Michael Mack est très bien épaulé par les instruments de ses compagnons. Le son est inspiré du Memphis blues. Les lumières s'éteignent. L'intensité devient dramatique, le tempo lourd. King marque son territoire en s'acquittant d'une introduction de choc au classique des classiques : "Sugar mama". Sa voix est également bien puissante. Il l’avait également démontré sur son opus solo, mais ses interventions à la guitare étaient plus réservées. Il est vrai qu'il s'inspirait de Peter Green. Il se révèle un gratteur fort intéressant, mais au style personnel. Il utilise beaucoup l’écho et l’intensité. Son jeu accrocheur exige une lucidité permanente pour ne pas déraper et perdre le contrôle de ses desseins sonores. Le chant de Sugaray nous flanque des frissons partout tout au long d’"I still remember", une plage superbe, très simple et dépouillée, au cours de laquelle les accords acoustiques de Jim trament un rythme hypnotique. A cet instant, il est à la recherche du fantôme de John Lee Hooker et des fameux ‘chillun’, et ‘old folks on the porch on the Sunday afternoon’. Le frisson, je vous disais! Divertissement instrumental, "Bundalogy" est animé par les percussions de Moe et Dwane. Nous entrons alors dans "Juke joint", pas un de ces juke joints délabrés et poussiéreux des collines du Mississippi ; mais encore plus près des lumières de Beale street. Sous les reflets de BB King et aux accents du piano boogie de Mack. Classique de BB, "The thrill is gone" est introduit par un jeu très aérien de King. Le rythme imprimé par les percussionnistes est volontairement exotique. Le tempo est élevé. Cette lecture du "Thrill" est très réussie, à cause du jeu flamboyant du guitariste, de la cohésion de l'ensemble et de la voix épanouie de Sugaray. Cette œuvre fort intéressante s’achève par "Annie Mae's Café", un blues lent majestueux de plus de 10'. Cette longue plage ne suscite jamais l’ennui, car elle évolue progressivement avant d’atteindre sa puissance maximale ; et après plus de 7', Jim King vient occuper le devant de scène pour ne plus guère la quitter, tandis que le chant de Sugaray est beau à pleurer! 

Delavega

The day after

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En septembre 2005, j’avais eu le loisir d’assister à un set de la formation gantoise Delavega. C’était lors d’un festival près de Tournai. Et franchement, j’avais été impressionné par leur prestation. Notamment celle de leur vocaliste Lize Accoe, dont le timbre exceptionnel, sorte d'hybride entre Dani Klein (Vaya Con Dios) et Geike Arnaert (Hooverphonic), apportait une toute autre dimension à la musique du groupe. Mais aussi les cuivres. C’est d’ailleurs à cette époque que le combo avait sorti son premier véritable opus, « Falling into Place » (NDR : paru en 2004, « Digipack De La Vega » n’était qu’un mini album). Malheureusement, Lize a décidé de poursuivre une carrière en solitaire et a été remplacée par Elke Bruyneel. Elle possède une jolie voix, mais manquant singulièrement de relief. Et les compositions du deuxième opus en souffrent. D’autant plus que la majorité des plages ont été surproduites. Le son est uniforme, lisse, et le talent des différents instrumentistes, tant du trio de base JP Debrabander/Ben Van De Velde/David Van Belleghem mais surtout des cuivres, est très peu mis en évidence. Leur mélange de rock, de soul, de funk, de (nu) jazz, de trip hop, de musique de film (Ennio Morricone) et de soul est tellement stéréotypé qu’il pourrait rivaliser avec celui de Joss Stone. Pas un compliment ! Il y a bien une pléiade d’invités, dont Piet Goddaer (Ozark Henry) pour le single « The day after part 1 » ainsi que Marc Ysaye qui déclame sur « La dernière gitane » à la manière de Jean Gabin ; mais au final on reste sur sa faim. Une grosse déception.

4ManBob

Rock Star

Écrit par

A des kilomètres de la Jamaïque mère porteuse et des skateurs californiens, la Nouvelle-Zélande sort ses griffes. Un petit bout de terre qui remue des coudes, balance son rythme binaire et déhanche ses cuivres au soleil sous la direction d’une assemblée en pleine crise d’adolescence. Des rebelles pur jus qui enduisent leur opus de riffs accrocheurs et balance leur sauce « Rock Star » à coups de pieds. Parfumé de ska punk qui secoue la fosse de ses mélodies badigeonnées de wax (l’entraînante « Live People as One »), le combo rend hommage aux torses poilus et figure parmi les nouveaux espoirs d'un label (Uebersee Records) accro à l'antiride. Misant sur la transpiration de sa basse, la salive de ses cuivres et la distorsion de ses cordes, 4ManBob s’assure les ampoules du public. Un produit local embaumé de la culture Nofx qui ravira les fans de la rampe et autres adeptes de la planche.



Various Artists

Make Some Noise-The Campaign To Save Darfour

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Les sentiments de culpabilité et la bonne conscience de l’Occident sont une fois de plus récupérés en faveur du Darfour. Amnesty International souhaite récolter des fonds pour attirer notre attention sur les violences continuelles subies, depuis plusieurs années, par la population établie dans cette région du Soudan. Un problème complexe qui cache d’énormes intérêts économiques. Dommage que le copieux livret de ce double album, consacré aux reprises de John Lennon ne prenne pas la peine de l’expliquer correctement. On a donc demandé à une série d’artistes plutôt réputés (R.E.M, U2, Cristina Aguilera, The Cure, Lenny Kravitz et beaucoup d’autres) de revisiter les travaux solo d’un génie de la pop qui était aussi un grand idéaliste, avec toute la naïveté que cela suppose. Comme d’habitude, la formule se révèle plutôt anecdotique et dispensable. Il est difficile d’apporter davantage à des chansons déjà irréprochables. Ce qui explique sans doute pourquoi beaucoup d’artistes se contentent du minimum syndical. Pas de grosses surprises si ce n’est Aerosmith qui se met au reggae-ragga en compagnie des Sierra Leone’s Refugge All Stars ou Youssou’N’Dour inoculant du wolof dans « Jealous Guy ». En général, sur cet opus, les interprètes ayant repris les titres de façon plus intimiste et naturelle s’en sortent le mieux. On citera pour preuve The Raveonettes, Corinne Bailey Rae, Jack Johnson, Ben Harper et les Flaming Lips. Il aurait peut-être mieux valu résumer ces exercices de style sur un seul disque, le sentiment de culpabilité serait resté identique à ce qu’il est, mais la quantité de musique anecdotique aurait diminué de moitié.

Les Talons Gitans

L’amour sans pédales

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Beaucoup d’humour et d’excentricité chez cette formation louvaniste décrite par le magazine Humo comme le Mano Negra des Plats-Pays. « L’amour sans pédales » constitue leur premier album, un disque qui a reçu le concours de Jean-Marie Aerts à la production. Les Talons Gitans se nourrissent d’éclectisme. D’abord Alain Louis, le vocaliste principal, jouit d’un timbre ample et pose des inflexions surprenantes. Il chante tantôt en français, en espagnol ou en dialecte louvaniste. C’est également le guitariste, percussionniste, etc. Ensuite, les douze plages de cet opus tirent un peu dans toute les directions, depuis le single « Arlette », sorte de croisement improbable entre Adriano Celentano et Enio Morricone au final « Yamilet », tango languissant et sensuel, en passant par le reggae « Adrien le Suisse », au cours duquel Alain pastiche littéralement Bob Marley, les flamencos « Vlam » et « Vraa van », malgré les accès de violon dramatiques concédés sur ce dernier, dans un style proche de Blaine Reininger, « Esmeralda » et « Angel » deux morceaux country manifestement inspirés par Johnny Cash, Alain empruntant même lors du second fragment, un timbre de crooner, le volatil « La bohème », flottant entre rumba et gypsy, le semi ska/semi sirtaki (mais sans les bouzoukis) Thessaloniki », le paso doble « Telkens weer », le punk minimaliste « Mouton » et enfin le folk « Vuurhout » ; sans oublier le titre maître, dont la fièvre électrique évoque Noir Désir, alors que la véhémence des textes contraste avec leur insignifiance. Manquait plus qu’un peu de Krautrock et Les Talons Gitans auraient pu pédaler dans la choucroute.