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Claud et la musique

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Twin Temple, amants maudits ?

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Kingdom of Sorrow

Kingdom of Sorrow

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Le projet Kingdom of Sorrow est né à l’issue de la tournée accordée, outre-Manche, par Crowbar et Hatebreed, en 2005. La collaboration entre le vocaliste Jamey Jasta et le riff-master Kirk Windstein amorcée, il ne restait plus qu’à la concrétiser. Quelques mois plus tard, les deux compères s’enferment dans un studio de la Nouvelle-Orléans et donnent naissance à l’éponyme « Kingdom of Sorrow », mélange malsain de sludge pachydermique et de metal core halluciné. Si bien que la plaque pourrait séduire ceux qui jugent la musique de Hatebreed trop métronomique, et convaincre les autres, incommodés par celle de Crowbar. Certaines parties de chant on été confiées à Windstein, parfaitement à l’aise dans son nouveau rôle. Une symbiose malsaine à souhait ! Car Kingdom of Sorrow n’est ni plus ni moins qu’un savant mélange des ingrédients qui alimentent la musique des deux combos. Jasta hurle, éructe mais s’évertue néanmoins à élargir sa palette vocale. Les parties de chant sont mélodiques, mais écrasantes. L’atmosphère alterne entre plans ténébreux et hardcore. La production est néanmoins soignée. Ce qui n’est pas toujours le cas dans l’univers poisseux du sludge. En outre, le batteur Derek Kerswill dévoile un jeu technique et diablement puissant. Les amateurs de High on Fire, de Shadows Fall, et même de Pantera, devraient  trouver leur bonheur en savourant les douze fragments de cette nouvelle douceur.

Sebkha Chott

Nagah Mahdi

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Autoproclamé 'Mékanik-Métal-Disco', cet OVNI made in France est en fait une fable délirante lovée dans un écrin musical à la hauteur du propos. Les 48 plages ou opuscrits (moins de 3 minutes chacune et parfois beaucoup beaucoup moins) revisitent entre autres Métal, Samba, Disco, Bossa-nova, Soul, Electro, Fanfare, Reggae, Salsa, Prog et Zeuhl dans un festival très coloré de rythmes, ambiances et sonorités. Faut-il préciser que le second degré surréaliste transpire en permanence de cette œuvre que l'on soupçonne souvent de belgitude ? Cerise sur le gâteau : les musiciens assurent vraiment sans reproche. Des repères ? Frank Zappa, Magma, Gong (période Daevid Allen et son mémorable « Camembert électrique »), Miriodor, un peu de Martin Circus et … Le Grand Orchestre du Splendid ! Si, si… Un CD complètement atypique, bourré de ruptures, insensé et éminemment festif, énergique et étourdissant… à condition d'entrer dedans, ceci dit.

 



Fuck The Writer

Keeping The Aspidistra Flying

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Composé sur l’écrin de George Orwell (cet écrivain anglais talentueux a préféré se tourner vers la poésie plutôt que de subir le confort de ses romans à succès), le Hollandais Emile Van Steen propose un excellent deuxième album, intitulé « Keeping The Aspidistra Flying ». Fuck The Writer reprend ici le titre d’un livre du sieur Orwell (publié en 1936) et commet un petit bijou au parfum lyrique enivrant. Voyageant de Londres à Amsterdam, les 13 morceaux s’amplifient, s’enrichissent, et se succèdent en mélangeant rustique, électronique et mélancolie touchante. Multi-instrumentiste, Emile Van Steen l’unique membre du band, est apparu sur une compile de Subroutine (« Big Things ») en 2006. Il avait, en outre enregistré « Maar Ik Dans Niet », en 2004. Un mini elpee découpé en huit titres. Explorant les sonorités, pour essayer de n’en garder que le fil fragile d’une émotion apaisante, ce dernier opus trace sur la route du Batave, un futur rempli d’expériences et de découvertes intéressantes. Reliant des cordes de cithare aux cliquetis des samples, les compositions parfois aériennes ne sont pas sans rappeler l’univers particulièrement riche et planant de l’excellent groupe Ecossais The Beta Band. Parsemées de bruits, d’échos et de distorsions calculées, les treize plages de la galette semblent s’amuser d’une rencontre au détour d’un chemin, où la légèreté s’étend à l’infini et la méditation est la meilleure des boussoles. Un chemin qui ne laissera pas indifférent les promeneurs chanceux détenteurs d’un plan pour y accéder.

Gary Preston & Anita Bonkowski

Satisfy somebody

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Non seulement, Gary et Anita partagent leur existence, mais la vie et la musique se rejoignent dans leur passion. Celle du blues. Gary chante, compose, joue des claviers et de l'harmonica tandis que sa douce Anita joue de la basse acoustique et se réserve l'une ou l'autre percussion. Ils se sont retirés dans l'intimité d'un studio pour produire ce premier album. Le couple est issu du Canada occidental. Gary a longtemps sévi sur la scène blues de Winnipeg. A une certaine époque, il avait -paraît-il- impressionné le regretté Junior Wells. Il a drivé ses Harpoons avant de fonder son Gary Preston Band, au sein duquel militent Anita et deux autres musiciens. Une formation toujours en activité…

Pour ouvrir les hostilités, le duo s'attaque au répertoire de Willie Dixon ; et en l’occurrence à "Don't go no farther". Gary possède une voix bien assurée. Il double ici au piano et à l'harmonica pendant qu'Anita joue le rôle du géant Dixon sur sa basse acoustique. Mais au fil de la compo, l’instrument chromatique est mis de plus en plus en évidence. "Mighty long time" développe un dialogue entre la voix et l'instrument. Un moment bien intense au cours duquel Gary souffle avec retenue, à la manière de Sonny Boy Williamson II. Parfois le duo emprunte les accents syncopés de New Orléans. C'est évident sur "Cuddle up". Une situation qui se reproduit sur le titre maître. Preston se révèle, par ailleurs, très bon pianiste. Il joue aussi bien des deux mains. Sa voix est percutante tout au long des toniques "Seven nights to rock" et "Lonesome" (NDR : une cover de Memphis Slim). Il est également capable de chanter le blues sur un mid tempo. A l’instar de son "Platypus blues". Sa musique à bouche y produit alors des cris plaintifs. Parfois l'ambiance vire au jazz/cabaret. Comme sur "The bounce" ou encore lors de la reprise du hit planétaire de Ray Charles, "Georgia on my mind". Gary s'accompagne à l'orgue et au piano tandis que la tendre Anita joue des lignes bien mélodieuses sur sa basse. Si "Got an uncle in Harlem" prend une coloration swing jazz, le délicieux "Hurt" se couvre d’accents exotiques. Miss Bonkowski étale alors tout son talent à la basse. "Bayou heat" opère une incursion dans le pays du zydeco, une plage au cours de laquelle Anita est passée au frottoir. Pour achever cette bonne production maison, Gary se remet à souffler comme le vieux Sonny Boy, lui rendant en quelque sorte un hommage à travers ce "Greasy"!

 

 

 

Ghosts

The world is outside

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Dès les premières secondes de « The world is outside », ça sent le ‘fish and chips’ à plein nez ! L’Angleterre dans toute sa banalité s’est dénichée cinq délégués triés sur le volet. Ici, tous les risques sont calculés, les guitares régulées à satiété, les voix filtrées à souhait. On ose à peine évoquer la production boursouflée de cet album sensé raviver les belles heures de la pop britannique. Comment ose-t-on soumettre pareilles escroqueries au public ? Combien d’Air Traffic et de Keane faudra-t-il encore endurer avant de toucher au black-out ? Qu’essaie-t-on encore de nous faire croire ? Que nous tenons les nouveaux Coldplay ? En réalité, même Chris Martin doit aujourd’hui s’en vouloir d’avoir lancé cette surenchère de lyrisme aseptisé. Ghosts, ce sont les ectoplasmes de la Britpop. Même leur nom de scène fait peur ! Demandez à Casper... Seul lot de consolation de cette triste excursion : Ghosts porte bien son nom. Car, comme tous les fantômes, ils brassent du vide !

Julian Sas

Resurrection

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Julian est né aux Pays-Bas. Dès son plus jeune âge, il est fasciné par Jimi Hendrix. Et en particulier par son elpee "Are you experienced". A partir de cet instant, il commence à prendre goût au blues musclé et bien électrique, écoutant alors aussi bien les bluesmen noirs comme Elmore James, Freddie King et Buddy Guy que les princes anglais du british blues boom, Peter Green, Rory Gallagher ou encore Alvin Lee. Il commet son premier album en 1996, "Where will it end?" Depuis, il en a aligné une bonne dizaine, dont trois immortalisés en public, "Live" en 98, le double "DeLivered" en 2002 et le coffret "Dedication" en 2005, trois œuvres incluant à chaque fois une version de "Hey Joe"!

Ce nouvel opus studio a été concocté quelque part en Allemagne. Il a bénéficié du concours de sa section rythmique : le fidèle bassiste Tenny Tahamata et le batteur Rob Heijne (ex Ruben Hoeke Band). Julian a composé l'intégralité des chansons. L'ami Julian démarre en force par "Moving to survive". Manifestement, il est hanté par le spectre de Rory Gallagher. Il possède la même pêche que l'ange irlandais disparu. Ses cordes sont constamment à l'offensive, ses vocaux éructés. Il ne s’accorde par la moindre seconde de répit, exploitant le re-recording pour ses solos. Sa Stratocaster possède ici le don d'ubiquité! Et avouons que son intention de faire revivre le fantôme du bon Rory est assez réussie. Quoique de bonne facture, "Burnin' soul" se révèle plus dur que celui de son idole. Il aime écraser notre Batave! Caractérisé par ses changements de rythme et ses successions de riffs, ce ‘Sas sound’ me rappelle les glorieuses années des guitar heroes. Une recette reconduite lors du puissant "Runnin' all my life" que Julian domine tel un Alvin Lee survitaminé! Manifestement, l'homme maîtrise parfaitement son style. Lorsque le tempo s'adoucit, il soutient son chant de riffs dramatiques. A l’instar d’"All I know", plage au cours de laquelle nous sommes pris sous le Sas charme, même si la délicatesse ne fait pas partie du Sas world. Et au passage, il dispense des notes meurtrières. Un as ce Sas ! Le titre maître est une petite déception, car il n'apporte rien de neuf. Pourtant, lorsque la basse de Tenny poursuit les six cordes de Sas, on a l’impression de revivre les beaux jours de Ten Years After ; et on se rappelle alors Leo Lyons se tortillant comme un fou pour suivre son leader. Mais franchement, je préfère Julian dans l’exercice des plages lentes et oppressantes. D’ailleurs, s’il se débrouille plutôt bien dans le registre, il n'est pas un petit rat de l'opéra. Et même s’il aime alterner le doux et le dur, il ne fait pas dans la dentelle. Parfois on a l’impression qu’il cumule plus de guitares que le Lynyrd Skynyrd au grand complet. Cri de désespoir concédé au pays des drogues dures, "Junkies blues" est un hymne déjanté. Les cordes opèrent le voyage lysergique tandis que transi d'effroi, Sas se met à souffler furieusement dans un harmo! Quoique naviguant dans des eaux plutôt éloignées du blues, ce "Resurrection" s'inscrit bien dans la sphère du catalogue Provogue.

 

 

 

The Invisible Frog

Space makes noise

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Oreilles sensibles s’abstenir! On vous reparle de cette galette de The Invisible Frog sortie en 2005. Ce noise rock ne dure que 29 minutes mais fait du bien quand il s’arrête. La noise a toujours été un sujet de polémique, mais on tient à dire à tous les détracteurs de ce genre extrême que le duo bruxellois (guitare/batterie) nous proposait un florilège de grincements de guitare, de contretemps parfaitement adaptés et d’instruments totalement décalés. « Space Make Noise » libère des sonorités d’une subtilité à faire dresser les poils ! On découvre chez ce groupe né en 2003, deux musiciens particulièrement doués, dont l’inspiration oscille très souvent entre The Locust et Pink and Brown. Après plusieurs apparitions sur les scènes belges dont une auprès de Amen Ra et de TIF, le duo a été signé chez Amanita Records et enregistré « Space Make Noise », dans le studio de cette écurie à Biarritz, en France. Un opus qui ne décevra les grands amateurs de noise, freenoise, grindcore, etc. C’est certain, en affichant des représentants tels que TIF, Amen Ra et K-Branding (dont le guitariste actuel jouait dans TIF), la scène noise belge se porte plus que bien !

Kingfisherg

Maverick Mouth

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Cartepostale Records nous revient sous la casquette de François Boulanger. A l’instar de Girls In Hawaï, My Little Cheap Dictaphone et Malibu Stacy, cet artiste liégeois est un membre actif du collectif « Jaune Orange », conglomérat de véritables amis souhaitant partager projets et événements musicaux divers. Figé derrière ses consoles et sampleurs magiques, « Kingfisherg » pratique de l’‘abstract hip hop/contemplative electronica’. Un style au nom barbare qui n’explique pas réellement le véritable sens que « Maverick Mouth » tente d’imposer. Sous une expérimentation de sons se dessinent des mélodies apaisantes, rythmées par des beats décomposés et recomposés de façon précise et répétitive. Electronique par sa composition digitale, il remplit son rôle d’aventurier sonore en lâchant un max de crédit dans la créativité. « Maverick Mouth » constitue la deuxième galette de l’artiste. Il avait déjà commis « The Heartspray », sur le même label. En 2005. Les 14 morceaux de ce nouvel elpee semblent venir de au-delà… à moins que finalement ils soient bien plus proches de nous. Marqué par les sons ‘8 bits’ des années 80, le vieux fan de jeu Atari qu’est François Boulanger a rencontré un partenaire à sa hauteur. En l’occurrence François Gustin. Il vient le rejoindre en ‘live’. Cartepostale Records (Hank Harry, Christophe Bailleau, Shelby Trashe,…) prouve une fois de plus son intérêt pour la liberté d’expression et son flair à dénicher des artistes fichtrement audacieux. Ben alors ça c’est cool dis donc…