Fence n’en a rien à foutre…

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Aidan Moffat (Arab Strap) en featuring sur le nouveau single de ĠENN

ĠENN dévoile aujourd'hui « Jaguar Sun », un nouveau single en collaboration avec Aidan Moffat d’Arab Strap. Le titre sort au format digital ainsi qu'en 12’’ sur le label Rock Action Records, fondé par Mogwai, et accompagne l’annonce d’une tournée européenne…

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Jon Spencer
The Cure
Chroniques

Arthur H

La vie (single)

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Recevoir un titre comme celui-ci, en fin d’année, est une véritable aubaine.

Arthur H (NDLR : de son véritable nom Arthur Higelin, c’est le fils de feu Jacques) nous surprend de plus en plus à travers une chanson dont la douceur mêlée de contraste est offerte dans ses textes et sa musique.

Son single, « La vie », raconte le miracle de notre naissance, dans une étincelle de joie et de bonheur, aimés par des êtres bienveillants. Mais arrive ensuite la vie complexe, qui sème le doute, la peur et le désarroi dans les cœurs et les corps.

Ce morceau au texte sublime constitue un message d’espoir qui nous intime à rester positif, confiant malgré les épreuves. La vie est belle, il suffit de la regarder pour ce qu’elle est et non via une image mentale négative que l’on peut en avoir, source de souffrance.

Cette plage s’ouvre par une intro au piano, à l’instar de son morceau phare « La boxeuse amoureuse », pour s’en détacher rapidement dans une montée irrésistible afin de nous procurer des frissons.

Sa voix oscille entre le parler et le chanté, entre le grave et l’aigu, soutenue par des cordes magnifiques, du Sound painting électronique discret.

Le clip, réalisé par Arthur H & Leonore Mercier, évoque une superbe peinture colorée de rouge et de noir. Allégorie des origines, à la terre, la roue de la vie et son équilibre délicat (représenté par des toupies), nos blocages mentaux (les murs transparents), nos ressources (les cristaux), le néant, la séparation, les illusions et désillusions (les fleurs), la souffrance (la boue), l'espoir et l’amour, il nous entraîne dans l'espace. Il est à visionner ici

Sa tournée, qui traversera toute la France, passera par le Trianon (Paris), ce 27 mars (plus d’infos là).

Merci Arthur H de nous entraîner dans vos étonnantes aventures spatiales.

Méthode chanson

 

Σtella

Up and away

Écrit par

Fière de ses origines (NDR : son Sigma en est une parfaite démonstration), l’artiste grecque Σtella Chronopoulou a décidé de concocter un petit mélange détonnant entre ses racines helléniques et sa dream-pop indie racée. Imaginez une version pop et locale de Khruangbin et vous obtiendrez une description relativement exacte de « Up and Away », son très réussi nouvel elpee.

Produit par le Londonien Tom Calvert, a.k.a. Redinho, son second opus puise son inspiration dans les sonorités plutôt psyché des 60’s et des 70’s, des sonorités enrobées d’électro-pop et customisées par des instruments grecs tels que le bouzouki ou le kanoun. Un album qui permet de voyager, se détendre tout en cajolant ses canaux auditifs…

Que demander de plus ?

Mitski

Laurel Hell

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L’américano-japonaise Mitski (Miyawaki) parvient peu à peu à se forger une place importante dans le vivier pourtant pléthorique de l’indie rock US. « Laurel Hell », son 6ème album, devrait confirmer cette progression en mêlant subtilement apparente légèreté pop des mélodies et noirceur des propos. Des influences 80’s marquées (sur l’imparable « The Only Heartbreaker ») mais aussi des mélodies finement ciselées que n’aurait pas reniées Weyes Blood (« Working for the Knife »). L’esprit torturé, elle avait quitté le monde de la musique après avoir publié son dernier elpee, « Be a Cowboy ». Elle est de retour afin d’exorciser ses démons… grand bien lui fasse !

Black Marble

Fast Idol

Écrit par

Depuis le départ de Ty Kube, Black Marble est devenu le dessein solo de Chris Stewart. Et « Fast idol » constitue le deuxième opus du Marbre Noir, sur le label new yorkais Sacred Bones. Une écurie qui convient parfaitement au projet. Il s’agit du premier essai de Stewart depuis qu’il est installé à Los Angeles. Le soleil californien n’a toutefois pas eu d’emprise sur la musique de Black Marble. Elle est toujours trempée dans un mélange de cold-wave et de synth-pop. Le dress code est plus au noir qu’à la chemise à fleurs. Malgré ce constat, les paroles en retrait, « Fast Idol » est loin d’être un album déprimant. On retrouve des mélodies accrocheuses. Le son est éthéré. Stewart s’amuse avec ses synthés qu’il pose sur une boîte à rythmes. Les ambiances planantes laissent place à des passages plus entraînants a l’instar du titre introducteur, « Somewhere ». Ce voyage dans les 80’s nous rappelle les belles heures de New Order, The Smith ou The Cure. Plus proche de nous, on pense à un artiste comme John Maus.

Absurd Heroes

Born in Chaos

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Le premier Ep d’Absurd Heroes (NDR : Le cycle de l'absurde est un terme utilisé par Albert Camus pour désigner une partie de son œuvre) devrait permettre au groupe de se forger un nom au sein de la scène indie-rock hexagonale.

« Born in Chaos » allie conscience sociétale et écologique à travers une musique rock ciselée avec talent et émotion, une opération réalisée depuis sa base arrière d’Aix-en-Provence. Les 5 titres, pour 19 minutes de musique, naviguent aux confins de l’univers du Radiohead première période (« 8 :15 ») …

Belle découverte !

Stephan Eicher

Ode

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Après avoir publié « Homeless Songs », un long playing empreint d’une pointe de mélancolie douce, Stephan Eicher, nous propose son nouvel opus. Un disque qui réunit les titres de deux Eps sortis plus tôt cette année ainsi que cinq inédits.

Sur cet elpee, on retrouve cette voix grave, chaude et éraillée reconnaissable entre toutes. Mais surtout, l’artiste se met à nu en revenant aux fondamentaux, célébrant, en quelque sorte, le disque de la renaissance, après avoir essuyé l'un ou l'autre échec.

Tout au long de cette « Ode », ce polyglotte convaincu étend son champ d’action linguistique, puisqu’après le français, l’anglais, l’allemand, le romanche et l’italien, il se frotte au japonais au contact de la chanteuse nippone Yuuko Sings sur « Où sont les clés ».

Porté par les textes de Philippe Djian et Martin Suter, Eicher s’interroge de « Sans contact » à « Eclaircie, une parenthèse au sein de laquelle il vit de nouvelles aventures, depuis les tumultes de l’« Orage » jusqu’à l'accordéon de Mario Batkovic.

L’artiste conte sa poésie à travers des compositions délicatement nostalgiques, à l’instar d’« Autour de ton cou », au cours duquel de subtiles nuances sont apportées par les accords du piano de Reyn Ouwehand ainsi que les arrangements ou encore « Je te mentirais disant », une plage caractérisée par son spleen vibrant.

Décidément humain, l’homme dans un allemand authentique, chante son ‘amour aux autres’ (« Lieblingsläbe ») en mode acoustique. Une libération en quelque sorte.

Alors épidermique à ses débuts, l’artiste helvète apparaît aujourd'hui plus cool. Ce nouveau format et la force des compos lui permettent de tirer parti du passé et marquent bel et bien le début d'une toute énième (et définitive ?) direction, celle-là même que son public croyait perdue depuis quelque temps.

Le chanteur poursuit doucement et lentement son exploration du monde, mais sur « Ode », il affiche sa face la plus dynamique, rappelant ainsi ses heures de gloire vécues au cours des 90’s.   

Signée par l’artiste Sylvie Fleury, la pochette est illustrée par une énorme boule rouge (Un virus ? Un soleil ?) montée sur des pieds (féminins ?) chaussés d’escarpins de couleur verte. Un 17ème elpee énigmatique propice au questionnement ! 

Une ode ! Quelle soit à la vie ou à l’avenir, peu importe, chacun complètera selon sa propre vision des événements, de la vie ou de ses envies.

Grand Corps Malade, Ben Mazué & Gaël Faye

Ephémère

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Lorsque trois amis de longue date se lancent le défi de s’imposer un court séjour aux confins de Saint-Rémy-de-Provence pour y concrétiser leur désir de croiser des rimes sur des hymnes enchanteurs, le résultat se décline sous la forme de cet opus intitulé « Ephémère ».

En seulement 7 morceaux (un titre composé par jour), Grand Corps Malade, Ben Mazué et Gaël Faye ouvrent une parenthèse unique et figée dans un tumulte prolifique pour y conjuguer leurs talents.

Réalisé sous la houlette de Mosimann et Guillaume Poncelet, cet opus constitue un triptyque conceptuel qui magnifie trois plumes d’une efficacité redoutable. Et le titre-phare, « On a pris le temps », en est le plus bel exemple, résumant à lui seul l’urgence de se (re)concentrer tout en créant un espace de liberté pour les autres.

L’exercice de style est intéressant, chacun apportant à l’autre une caractéristique qui lui est propre sans que l’un d’entre eux ne prenne l’ascendant. Si les genres varient, afin d’aérer au maximum l’œuvre, le résultat s’avère particulièrement cohérent. Quant aux voix, elles se conjuguent à l’unisson.

L’album nous réserve également des moments drôles, à l’instar de « Qui a kidnappé Benjamin Biolay », lorsque le trio nous replonge en 2021, lors de la soirée des Victoires de la musique 2021, au cours de laquelle Biolay avait décroché celle de l’artiste masculin. Ou nostalgiques, comme sur « Sous mes paupières », morceau qui s’épanche sur les souvenirs d’enfance. Et même encore quand il s’agit de la crédibilité des artistes à défendre « La cause » intelligemment, une piste régie par un sample de… « La superbe », de ce même Biolay !

Enregistré avec l’intention première de donner du plaisir, « Ephémère » se savoure comme un livre ouvert où défile les inspirations d’hommes qui, franchi le cap de la quarantaine, se questionnent et se positionnent aussi obstinément sur le temps de « Tailler la route ».

Et si « Ephémère » n’était qu’une merveilleuse histoire de temps ? Ou peut-être tout simplement la promesse d’une pause, d’un répit ?

Ozark Henry

Birthmarks (20th Anniversary Edition)

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Plébiscité par Bowie himself qui voyait en lui un artiste novateur, Piet Hendrik Florent Goddaer, dit Ozark Henry, fête le 20ème anniversaire de la sortie de son album « Birthmarks ».

Un opus tout particulier dans la carrière de l’artiste, puisqu’il va se traduire par un succès commercial retentissant en squattant l’Ultrapop 90 semaines consécutives et lui permettre de décrocher un double disque de platine dont une kyrielle de singles radiophoniques seront extraits ; et notamment « Rescue », « Sweet Instigator », « Seaside », « Word Up » et « Intersexual ».

Popularité paradoxale puisque ce disque va aussi connaître non seulement les affres des attentats des tours jumelles à sa sortie en 2011, mais également celles de la Covid lors de sa réédition qui devra même être repoussée d’une année.

Un format né certes sous le signe de la résilience, mais qui constitue surtout un hommage vibrant aux deux femmes qui ont le plus compté dans sa vie. Sa mère, Andréa, décédée d’un cancer de la peau alors qu’il n’était qu’un adolescent et sa femme qui partage sa vie depuis maintenant trente années d’amour et de complicité.

Musicien surdoué, touche-à-tout et perfectionniste, Ozark Henry se plonge, sur « Birthmarks », dans des souvenirs lointains et remet au goût du jour des chansons pop-rock caressées par sa voix si particulière, nappées de claviers qui semblent émaner de fonds sous-marins, mais surtout qui glissent facilement dans le creux de l’oreille.

Si en 2001, son opus était paru alors que le hip hop et le néo r&b commençaient à concurrencer la pop et le rock, il faut reconnaître que 20 ans plus tard, « Birthmarks » n’a pas pris une ride. Preuve qu’Ozark Henry est toujours en phase avec son époque. En en traversant le temps, il en devient intemporel.

Le long playing recèle donc le tracklist initial remasterisé, des inédits, des remixes et des versions ‘live’. Sans oublier, un sublime duo que Piet partage en compagnie de l’actrice et chanteuse batave Ellen ten Damme qu’il avait rencontrée lorsqu’il bossait dans un théâtre aux Pays-Bas.

Ne voyez pas en « Birthmarks » un condensé de belle musique, mais un hymne ultime à la vie et à l'amour inconditionnel porté par les êtres qui nous entourent.

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