Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

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Un clip d’animation pour le nouveau single d’Σtella

L'artiste grecque Σtella dévoile son nouveau single intitulé « Belinda ». Cette nouveauté s'accompagne d'un clip officiel au format visualizer, dont les illustrations sont nées sous la plume de la chanteuse elle-même, complétées par les animations de Yokanima…

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Chroniques

Cassandra Jenkins

An overview on phenomenal nature

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Issue de New York, Cassandra Jenkins a publié son premier Ep (NDR : un éponyme), en 2013. Elle grave ensuite son premier album, « Play Till You Win », en 2017 et se forge une certaine notoriété, aux States, en bossant auprès de David Berman (Silver Jews, Purple Mountains). Elle devait d’ailleurs assurer le supporting act de sa tournée, lorsque ce dernier s’est donné la mort. C’était en 2019.  

Sur le Vieux Continent, malheureusement, la songwritrice est toujours considérée comme une illustre inconnue. Elle vient donc de graver son second LP, « An Overview on Phenomenal Nature », sur le label de Brooklyn, Ba Da Bing (Julie Byrne, Sharon Von Etten, …) 

Et pour être franc, ce long playing bénéficiera certainement d’une place de choix lors des classements réservés aux meilleurs albums parus en 2021. Car la Newyorkaise vient de frapper un grand coup. Et pour y parvenir, elle a reçu le concours du multi-instrumentiste Josh Kaufman (Bonny Light Horseman, Josh Ritter, Muzz, …)

Sophistication, subtilité et feeling sont les caractéristiques essentielles affichées par les sept plages qui composent cette œuvre.

On ne peut s’empêcher de penser à Dan Bejar (et à son Destroyer) auquel on aurait remplacé la nonchalance par de la sensibilité. Après la ballade introductive « Michelangelo », l’Américaine nous transporte au sein d’une ambiance planante (« New Bikini », « Hard Drive »), une atmosphère entretenue par de superbes interventions au saxophone. « Crosshairs » adopte un profil folk plus classique, mais toujours aussi élégant. Et le reste, même s’il véhicule parfois des accents jazzyfiants, mérite des éloges…

« An Overview on Phenomenal Nature » se savoure de bout en bout. Et si vous souhaitez mieux connaître la musique de la Newyorkaise, sachez qu’elle se produira en concert, au Botanique, le 18 novembre 2021.  


 

Dinosaur Jr.

Sweep it into space

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Le douzième album de Dinosaur Jr. (NDR : le cinquième depuis sa reformation en 2005), a bénéficié de la collaboration de Kurt Vile à la coproduction. Ce dernier apporte également son concours à la guitare sur deux plages, réalisant même de belles figures de style à la douze cordes sur « I ran away », outre sa participation aux chœurs. Des chœurs qui se révèlent carrément falsetto sur l’excellent « I ain’t », morceau qui ouvre l’opus et dont le final se charge d’intensité crazyhorsienne. Une belle intensité alimentée par des riffs saignants qui refait surface régulièrement tout au long du disque. 

Lou Barlow signe et chante deux pistes. Tout d’abord la valse romantique et lancinante « Garden », puis le jovial « Take it back », John Mascis se réservant l’écriture des 10 autres compos. Et bien sur le lead vocal, qu’il épanche d’un ton toujours aussi maussade et mélancolique.

Gémissant, le solo de gratte dispensé pendant « I met the Stones » rappelle ceux qu’Adrian Gurvitz réservait chez The Gun, fin des sixties (NDR : souvenez-vous de « Race with the devil »). Power pop, « And me » mêle judicieusement sonorités de six cordes acoustiques et électriques. Plus enlevé, « I expect it always » s’enfonce progressivement dans la noisy. Enfin, l’album s’achève par la ballade dévotionnelle, « You wonder ».

Bref, un elpee bien dinosaurien, mais aux mélodies qui accrochent instantanément. Ce qui n’est pas plus mal !


 

Alan Vega

Mutator

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Alan Vega, le chanteur de Suicide est décédé en 2016. Réunissant cet artiste et Martin Rev, ce duo s’est servi de l’électronique pour concocter un répertoire singulier et visionnaire. Il va ainsi tracer la voie à des groupes comme The Human League, Cabaret Voltaire, Tubeway Army et surtout Depeche Mode. Cependant le parcours solo de Vega est tout aussi intéressant. Bien sûr, le mélomane lambda se souvient surtout de son hit single « Jukebox babe », mais sa carrière en solitaire, prolifique et riche en collaborations, va accoucher de plus d’une vingtaine d’albums qui vont même mêler hip hop, rock, metal et électro.

Enregistré entre 95 et 96, mais à l’époque inachevé, "Mutator" a été réalisé par l’artiste et Liz Lamere, son épouse et partenaire musicale. Après avoir retrouvé les bandes originales, Jared Artaud –un disciple de Vega qui drive le groupe minimaliste issu de Brooklyn, The Vacant Lots– a produit et mixé le tout.

C'est le premier opus d'une série puisée au sein d'archives, que le chanteur avait baptisé ‘The Vega Vault’, un vaste bric-à-brac d'écrits, de peintures, de dessins et de musique signés Vega.

Court mais obsessionnel "Trinity" ressemble à une invocation glaçante et angoissante. Sur "Fist", Vega chante ‘Destroy the dominators’ sur un lit de synthés rampants et un rythme hip-hop impassible, tandis que sur la ritournelle bucolique "Samurai", il déclame des paroles tour à tour sinistres (‘Missing girls/Who's been killing 'em ?’) et impénétrables, alors qu’à la fin du morceau il prend congé de l’auditeur en prononçant les mots ‘Au revoir’. "Nike solider" se révèle autant troublant que menaçant, alors que tout au long de l’ambient "Breath", il déblatère sur un ton flegmatique. Paradoxalement il est également capable d’emprunter les inflexions d’Elvis Presley. Mais lorsque ses propos deviennent emphatiques, c’est à Simon Huw Jones (And Also The Trees) que l’on se met à penser.

Un album posthume hanté, malsain, dérangé et dérangeant…


 

Amyl and The Sniffers

Comfort to me

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Fondé en 2016, Amyl & The Sniffers compte deux albums à son actif. Un éponyme gravé en 2019, et « Comfort to me », paru en septembre dernier. Amy Taylor en est la frontwoman et la chanteuse. Particulièrement aigüe et vindicative, sa voix évoque Kathleen Hanna (Bikini Kill) voire Poly Styrène (X-Ray Spex). Elle est aussi venimeuse que celle de Johnny Rotten, puisqu’elle traduit sa colère, sa frustration et sa peur existentielle, à travers ses paroles, n’hésitant pas à fustiger le patriarcat, la misogynie, le non-respect des droits de l’homme ou encore le manque de courage des hommes politiques face au dérèglement climatique. 

Le quatuor australien (NDR : il est issu de Melbourne) privilégie les morceaux courts, percutants et frénétiques. « Hertz » évolue même sur un tempo tribal réminiscent des Cramps. Seuls l’incendiaire et provocant « Don’t need a cunt » ainsi que le punk/blues « No more tears », qui ressuscite l’esprit de Gun Club, lèvent quelque peu le pied. Le trio guitare/basse/batterie est une véritable machine à rythme que rien ne semble pouvoir perturber. Ni les accès de basse caoutchouteuse, ni les quelques solos de gratte bien sentis. Parfois le spectre de Cosmic Psychos se met à planer ou alors, lorsque le groove devient plus heavy, carrément, on ne peut s’empêcher de penser aux sulfureuses filles de L7…


 

Manic Street Preachers

The Ultra Vivid Lament

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« The Ultra Vivid Lament » constitue déjà le quatorzième album de Manic Street Preachers, d’une carrière entamée en 1986. Glam/punk à l’origine, la formation galloise a viré peu à peu à la pop, surtout après la disparition de son guitariste rythmique, Richey Edwards, en 1995. Depuis, le line up a décidé de poursuivre son aventure en trio : le chanteur/guitariste James Dean Bradfield, le chanteur/bassiste Nicky Wire et le drummer Sean Moore.

Première constatation, le piano est beaucoup plus présent tout au long de cet opus. C’est Bradfield qui s’en charge. Il y a bien encore l’une ou l’autre envolée à la guitare, mais en général, les compos baignent au sein d’une pop sophistiquée, hymnique même, aux orchestrations et arrangements soignés. Parfois les interventions aux ivoires alimentent des mélodies hymniques réminiscentes du groupe suédois, ABBA. Il y a même des chœurs féminins floydiens (« Dark side of the moon » ?) sur « Black diary entry », une plage que Mark Lanegan chante d’une voix sombre et sensuelle. Autre invitée, Julia Cumming (Sunflowers) pose la sienne sur « The secret he had missed », un morceau inspiré par les artistes gallois Gwen et Augustus John.

Rien de bien neuf chez les Manics, si ce n’est une longévité qui a fini par les rendre de plus en plus mainstream, malgré des textes qui traitent, sur cet opus, de résignation, révolution, désespoir et défi…


 

Captain Rico & The Ghost Band

The Forgotten Memory of the Beaches

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Vous appréciez les ambiances ‘tarantiniennes’ et la musique surf ? Alors cet elpee devrait vous plaire. « The Forgotten Memory of the Beaches » constitue le premier elpee du trio basque Captain Rico & The Ghost Band. Et l’univers sonore des Surfaris et autres Dick Dale n’est jamais très loin… Bien sûr, tout a été déjà fait ou dit en matière de surf music mais il demeure un plaisir pas si coupable que ça ; et le Capitaine en question arrive même à y apporter des touches de jazz et une certaine complexité mélodique. En outre, Captain Rico et ses acolytes débordent de cette énergie ensoleillée si chère aux groupes du genre, nés aux cours des sixties…


 

Holy Motors

Horse

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Quand on évoque le rock issu des pays de l’Est, on pense immédiatement au collectif moscovite Pussy Riot. Mais parmi les formations russes, on peut aussi épingler DDT, The Jack Wood et surtout Motorama. Ce sont sans doute les plus connues. Enfin, pour votre culture générale, sachez qu’en Moldavie, Zdob si Zdub et Gândul Mâtei sont considérés comme des valeurs sûres, tout comme Okean Elzy en Ukraine et Molchat Doma en Biélorussie. Il y en a d’autres, mais là, il faudrait alors rédiger un article de fond.

Holy Motors nous vient d’Estonie. Et propose une musique qui mêle subtilement dream pop et shoegaze. Mais bien que vaporeuse et mélancolique, elle est teintée d’americana.

Eliann Tulve –dont la voix rappelle Lana Del Rey– et ses compères ont la tête de plus en plus tournée vers les States (…fantasmées) et un titre comme « Midnight Cowboy » ne ment certainement pas à ce sujet…


 

The Sideshow Tragedy

After the Fall

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The Sideshow Tragedy est duo issu d’Austin, au Texas.

Basique, son rock/blues basique fait mouche. Nathan Singleton (guitare/basse/voix) et Jeremy Harrell (batterie) connaissent leurs classiques sur le bout des ongles. Ils ne se cassent pas la tête pour réinventer la roue, mais simplement ont recours à des formules qui ont fait leurs preuves.

Tout au long d’« After the Fall », le spectre de Lou Reed plane. Ou plus exactement celui du Velvet Underground. A l’instar de « The Lonely One », le meilleur morceau de l’album

Dans un autre registre, « Hold on It » a bénéficié du concours de l’expérimenté et talentueux guitariste, Marc Ribot, alors que « Same Thing » se frotte au funk.

L’opus recèle bien quelques plages dispensables, mais en général, il reste agréable à l’écoute…


 
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