Light Asylum lève le voile sur un nouvel album

Peu de groupes peuvent se targuer d'avoir le statut de 'groupe culte', mais c'est clairement le cas pour Light Asylum. Emmené par la voix énigmatique de Sharon Funchess, le projet basé à Portland, dans l'Oregon, a secoué le petit monde de la musique…

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Chroniques

Liquid Bear

Heavy grounds (Ep)

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Après avoir écouté cet Ep pour la première fois, on partage l’avis des différents chroniqueurs qui se sont prononcés sur la toile en décrétant que les principales influences rencontrées par ce quatuor parisien sont à chercher du côté de King Crimson, Alice In Chains, Birth of Joy et Deep Purple. Ce dernier, surtout à cause de l’orgue rogné qui infiltre les compos, un peu à la manière de feu Jon Lord. Pensez à l’album « In Rock ».

« Heavy grounds » constitue le second Ep de Liquid Bear, un disque découpé en 5 plages de prog/metal au climat ténébreux (NDR : morceau le plus long de ce maxi, « Billions of crabs », en est certainement le plus bel exemple), climat accentué par des lyrics qui traitent de thèmes très contemporains, comme la maladie, le déclin de la planète terre et la difficulté de trouver sa place dans la société. 

Outre la complexité de certaines textures sonores qui peuvent parfois virer vers le jazz (« The frog »), après avoir laissé le drumming galoper, on a droit aux inévitables soli de guitare. Elle est bavarde sur « Goblin crushed », dégouline sur « Waiting for burst » ou gémit sur le titre maître…

The Bullseyes

The Best of The Bullseyes

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Drôle d’idée d’intituler son album « The Best of The Bullseyes », alors qu’il ne recèle que des inédits. En fait, les morceaux de cet opus ont été composés sur une période de 8 années, mais étaient restés à l’état de démos. Les 12 pistes de ce long playing baignent au sein d’une forme de blues/rock/glam qui devrait plaire aux aficionados de The Black Keys. On y retrouve d’ailleurs des tas de références puisées au sein de la fin des sixties et du début des seventies, et tout particulièrement des influences puisées chez T. Rex.

Caractérisé par son psyché/rock aride « Restless mind » réveille le souvenir des Electric Prunes. Imprimé sur un mid tempo et enrichi de chœurs majestueux, « Moment’s arrival » aurait pu figurer au répertoire des Moddy Blues, s’il n’y avait la boîte à rythmes. Et des chœurs, parlons-en ! Ils allègent les plages, parfois de leurs ‘hou, hou’ ou ‘yeah, yeah’, accentuant le profil hymnique des compos. Sur « Yet there’s you », un petit riff de gratte inoculé lors des couplets rappelle le « Ode to John Lee Hooker » de Johnny Rivers. Plus blues encore, « Butterfly » papillonne au gré des envolées électriques percutantes ou geignardes des accords de guitare. Et puis le duo polonais (NDR : il est originaire de Leszno) concède un slow dans l’esprit des groupes de hard rock du début des 70’s, « Regular sky ». Mais c’est lorsque le spectre de Marc Bolan se met à planer que les pistes se couvrent du plus bel éclat glam. A l’instar du titre qui ouvre l’album, « World doen’t care », de « Can’t believer », au cours duquel on retrouve ces riffs de gratte plaqués si spécifiques et puis du final épuré et acoustique « Can’t believe », notamment lorsque la voix de Darek se fait aussi frémissante que celle de feu le mythe londonien, à l’époque où il militait chez Tyrannosaurus Rex…

The Brooks

Any Day Now

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Les excités de The Brooks pratiquent le funk comme à la plus belle époque ! Emmené par le Montréalais Alexandre Lapointe et l’Américain Alan Prater (ex-tromboniste des Jackson tout de même), le groupe nous propose un 3ème album au groove irrésistible. Les cuivres vintage, la rythmique chaloupée et le charisme vocal indéniable alimentent un cocktail sur-vitaminé qui fluctue entre soul et funk. L’octuor se mue en virtuose tout au long de cet « Any Day Now », qui réussit l’exploit d’être vintage sans être passéiste…

AC/DC

Power Up

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Après avoir ouvert le deuxième millénaire par « Stiff Upper Lip » en 2000, suivi de « Black Ice » en 2008 et « Rock Or Bust » en 2014, AC/DC est de retour. Six années ont passé depuis « Rock Or Bust » et, il faut admettre que depuis, de nombreux évènements ont quelque peu bousculé l'équilibre du groupe.

Tout d'abord, confronté à de graves ennuis judiciaires en Nouvelle Zélande, Phil Rudd a été remplacé par Chris Slade. Atteint par la maladie d'Alzheimer, Malcolm a cédé le relais à son neveu, Stevie Young. Souffrant de surdité, durant la tournée ‘Rock on bust’, Brian Johnson a également dû jeter l’éponge. Axl Rose, en congé des Guns'N'Roses, l’a suppléé pour achever ce périple. Depuis, Brian Johnson, guéri de ses problèmes d’acouphènes, a récupéré sa place. Et comme si la roue de l’infortune continuait à tourner, en 2017, Angus a perdu son grand frère George. Ex-membre des Easybeats, formation qui a sévi au cours des 60's, il était devenu le principal producteur d'AC/DC, en compagnie de Harry Vanda.

Bref, si les plus pessimistes imaginaient que l’histoire du band tirait à sa fin, il faudra qu’ils renvoient leurs prédictions à leurs études, car sous ce nouveau line up, le band est à nouveau prêt à rugir.

« Realize » qui ouvre l’elpee nous démontre bien qu’AC/DC est toujours capable de proposer ce qu’il fait du mieux depuis 40 ans : du AC/DC ! Brian hurle, Angus riffe, Phil, Cliff et Malcolm (enfin son esprit dans l’enveloppe charnelle de son cousin Stevie) assurent les fondements de l’édifice. Tout est en place pour une bonne dose de boogie blues rock énervé. Des accords de grattes au ton solennel, un riff accrocheur, une rythmique basse/batterie qui tient bien la route et assure le tempo : la force est avec eux ! Brian Johnson hurle tout au long du refrain, soutenu par des chœurs placés bien en avant afin de sublimer l'ensemble. Bref, dès ce premier titre, on retrouve, revigoré, l'AC/DC qu'on aime, manifestant une efficacité redoutable qui fait mouche à tous les étages.

Renforcé par des chœurs puissants, « Shot In The Dark » se distingue par son refrain fédérateur et « Witch’s Spell » par son riff haché et son solo de guitare bien chaud. Le sulfureux « Demon Fire » macère dans une atmosphère réminiscente du Led Zep des débuts.

Fidèle aux atmosphères bluesy, les Australiens nous gratifient de deux belles pièces particulièrement groovy. Le riff est démoniaque tout au long d’un « Kick You When You're Down » au refrain fédérateur. Les accents sudistes de la slide imprègnent « No Man's Land », une piste envoûtante et dévastatrice, alors que la voix de Brian Johnson campe astucieusement dans les médiums…

Le très bluesy-rock « Through The Mists Of Time » s’avère, finalement, surprenant. Les papys du rock sont à nouveau sur les bons les rails. Il faut croire que le Rock'n’roll permet de conserver la vitalité des corps et des esprits, et on ne va pas s'en plaindre tant que cela fait du bien par où ça passe…

Clara Luciani

Cœur

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Si la « Grenade », qu’elle prenait plaisir à cacher sous les seins, avait marqué les esprits tant par sa (fausse) légèreté, que par la musicalité, l’audace et le manque de pudeur, les battements de son « Cœur » risquent de devenir carrément… explosifs.

Après un premier opus récompensé de deux Victoires de la Musique, Clara Luciani est de retour, non plus comme militante, mais plutôt à travers toutes les facettes de l’Amour, fil rouge décomplexé de son nouvel essai.

Trois années après gravé « Sainte-Victoire » et sa pléiade de chansons radiophoniques (« La baie », « Nue »), celle qui a poussé la chansonnette chez La Femme exploite, sous ce nouveau format, une palette de sentiments joyeusement colorés.

Alors que le titre éponyme et plage d’ouverture s’amorce sur des… chœurs, très vite la direction artistique se confirme et se consolide : basse percutante et synthés dignes du début des 80s. Sans oublier cette voix grave (à la garçonne) si singulière.

La Martégale (donc Provençale), jadis complexée par sa taille et son physique (« J’sais pas plaire »), assume aujourd’hui pleinement son engagement féminin/féministe, en s’autorisant des textes plus personnels et introspectifs qui relatent ses déboires amoureux.

Croquant la vie à pleines dents, elle s’ouvre et (re)définit les contours de l’universalité des épreuves de l’existence, même si sa musique adopte une trame disco dansante.

Femme fragile et/ou femme forte, elle demeure, cependant, très pragmatique. Elle sait ainsi aussi bien s’amuser de la passion des premiers jours (« Tout le monde (sauf toi) »), que de s’inquiéter de la dégradation d’une relation ou encore du drame de la séparation (« Le reste »). Le tout en libérant un groove pétillant qui fait passer la pilule beaucoup moins amèrement.

Enfin, Luciani tente à nouveau un duo audacieux, puisque à l’instar de « Qu’est-ce que tu es beau » partagé en compagnie de Philippe Katerine sur l’elpee précédent, c’est Julien Doré qui s’y risque sur « Sad et Slow », une plage vintage imprimée sur un down tempo gentillet…

Bref, un disque lourd de péripéties, mais chargé d’espoir. Lumineux aussi, mais comme lors d’une nuit d’été. Celui en tout cas d’une femme plus sereine et en phase avec son temps et son époque…

H.C. McEntire

Eno Axis

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Avant de se lancer en solitaire, H.C. McEntire militait chez Mount Moriah et Bellafea. Il a fallu attendre 2018 pour que la compositrice installée à Durham (NDR : c’est en Caroline du Nord) grave un premier opus solo intitulé « Lionheart », un disque sorti sur l’excellent label Merge (Arcade Fire, Conor Oberst, Destroyer, Waxahatchee). Puis elle décide de suivre Angel Olsen, pendant deux ans, comme choriste. Une expérience qui a certainement dû l’influencer lorsqu’elle a commencé à composer la musique de ce nouvel album baptisé « Eno Axis ».

Sur ce second essai, l’artiste puise au sein de la culture américaine pour nous restituer un americana réminiscent d’Emmylou Harris. Les instruments utilisés sont classiques pour le style : guitare, lap steel, piano, banjo. Près d’une dizaine de musiciens se relaient au fil des titres de cet LP. Si certaines ballades évoquent les paysages paisibles de la Caroline du Nord, d’autres morceaux, par contre, empruntent un profil plus sombre ; à l’instar de « River Jaws » qui lorgne parfois vers Timber Timbre. D’autres encore sont davantage enrichies d’interventions de guitare, dans l’esprit de Neil Young. Et « Final Bow » en est certainement la plus belle illustration.

Bref, à travers son second long playing, H.C McEntire confirme tout le bien que l’on pensait d’elle. Son écriture s’affûte et l’expression sonore est de plus en plus fouillée. Vivement la suite ! 

Luis Francesco Arena

High Five

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Pierre-Louis François (que l’on a vu au sein de RubiCan et Franky Goes to Pointe à Pitre) nourrissait probablement des rêves d’évasion. Ce qui explique, sans doute, le choix de ce nom de scène imaginaire, qui –avouons-le– claque bien mieux aux oreilles…

Inspiré par des songwriters de la trempe de Troy Von Balthazar ou Ken Stringfellow, le Charentais apprécie les territoires escarpés du folk indie et du power-rock. Paru en 2019, « High Five » constitue le 5ème chapitre d’une belle aventure d’écriture classieuse, sensible et ciselée. Les comptines pop/folk de Luis Francesco Arena révèlent, en effet, un véritable travail d’orfèvre.

Lors de sessions, l’artiste s’est servi d’une basse VI (une basse à 6 cordes, qu’il a découverte) et a reçu le concours de de Nicolas Cueille à la batterie et aux synthés.

Les mélodies sont évidentes mais complexes et dévoilent quelques pépites, dont « Guess My Powers », point d’orgue de cet opus. « High Five » ! Définitivement

Laurent Saïet

After The Wave

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Laurant Saïet est avant tout un compositeur de musiques de films. Et l’écoute de cet « After the wave » le confirme, même si l’artiste a déjà publié 7 albums en solo et un DVD. Sans oublier ses multiples projets collectifs ou participations diverses.

Pour enregistrer ce nouvel opus, il a quand même reçu le concours de toute une vague (?!?!) d’invités. Dont Edward Ka Spel (Legendary Pink Dots), sur deux titres, et tout particulièrement sur l’étrange et angélique « Bypass », au cours duquel sa voix caverneuse a de quoi vous communiquer le frisson. Frissons que l’on rencontre encore sur « Lunar eclipse » et « The third wave », deux pistes qui projettent dans le subconscient de votre serviteur, le film d’un convoi ferroviaire lancé à toute vitesse, les sonneries de passages à niveau accentuant le suspense. Et quand la guitare se met à gémir, on pense au sifflements émis par la locomotive ; et on imagine le pire…

Si le spectre de King Crimson circa Lizard plane tout au long du titre maître, impression accentuée par les incursions au saxophone de Quentin Rollet (Nurse with Sound), rappelant celles de Mel Collins ; en général, ces interventions jazz et free jazz, tout comme celles à la clarinette de Ben Ritter, évoquent les arabesques de Steven Brown chez Tuxedomoon.

Le tempo cubain de « Mambo of the 21st century » (NDR : qui a dit schizoïd man ?) macère dans le jazz noir…

L’électronique infiltre astucieusement la plupart des morceaux de cet LP. Elle domine même le ténébreux, « The second wave ». Et le recours au mellotron est destiné à enrichir les arrangements. Plus étonnant, « Hell ride », s’inspire ouvertement du « One of these days » du Floyd. En moins frénétique, d’accord ! On n’en n’oubliera pas le drumming ample de Paul Percheron, qui s’adapte remarquablement à toutes les figures de style.

Quant au thème principal, il relate les incertitudes de la période tourmentée que nous vivons pour l’instant.

Enfin, quelques mots sur la pochette imaginée par Thierry Müller. Faite de collages, elle réunit des images de sculptures, mais surtout de peintures, parfois proposées en miroir ; et notamment « Le radeau de la méduse » de Théodore Géricault, « Rivage de bohème » de George de la Tour », « Femme nue allongée lisant un livre » de Jean-Jacques Henner, « La partie d’échecs » de Sofonisba Anguissola, la « Tour de Babel » de Brueghel ainsi que le « Jour du jugement dernier » de Hans Memling. Il y en a d’autres, mais on vous laisse le soin de les découvrir. Bon amusement !

Laurent Saïet & Guests

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